Excerpt for Ma Mort En Face: Le droit à l’euthanasie by , available in its entirety at Smashwords

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MA MORT EN FACE

Le droit à l’euthanasie

Alexandros Velios



Copyright

Ma Mort En Face: Le droit à l’euthanasie

Alexandros Velios

Copyright 2017 Alexandros Velios

A Smashword Edition

Traduction: Clara Faroudi

Éditeur de photos: Orestis Savvopoulos

Éditeur: Stergiou Limited

ISBN: 978-1-910370-94-0 (Stergiou Limited - Assigned)

ISBN: 978-1-540575-69-2 (CreateSpace-Assigned)

ISBN: 978-1-520827-20-9 (Amazon KDP)

ISBN ePub: 978-1-910370-93-3 (Stergiou Limited - Assigned)

ISBN Kindle: 978-1-910370-95-7 (Stergiou Limited - Assigned)

English Edition

Me and My Death: The Right to Euthanasia

© 2016 Alexandros Velios

Translation: Catherine Pavlou

Publisher: Stergiou Limited

ePub ISBN: 978-1-910370-85-8

ISBN: 978-1-910370-84-1

Audiobook is also available

Greek Edition

ROES has published the original Greek title.

Avertissement de l’éditeur

Cet ouvrage est destiné à des lecteurs adultes.

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A Nadia, en toute justice

A Emilie, qui ne m’aura pas connu bien longtemps

A Nicolas, qui n’a plus besoin de moi



De quel droit la religion, la loi, la médecine, les autres, choisiraient-ils avant moi et pour moi, la raison, la manière, le moment de ma propre mort?

De quel droit les instances qui veulent régenter nos vies nous privent-elles de la liberté du choix de notre mort?

Un journaliste grec connu et sa mort, face à face...

Une confession sincère sous le sceau de l'inexistence...

Et en même temps, un manifeste authentique qui défend le droit fondamental de l'homme à sa propre mort, interprétant et réfutant tous les tabous - religieux, médicaux, sociaux - qui continuent à bloquer le sujet de l'euthanasie…

La bataille personnelle d'Alexandros Velios...

***



1

UN MEDECIN peut aborder le sujet de la mort avec son patient de bien des manières. Il peut faire allusion à son espérance de vie qu’il s’efforcera d’allonger par des traitements appropriés, proposer une thérapie palliative lorsqu’il n’y a plus rien à faire, décrire le risque élevé de complications en cas de chirurgie-limite, se réfugier derrière les statistiques en insistant sur le fait que chaque cas est, bien entendu, particulier. Les médecins doivent avoir le cuir épais, assurément. Car comment dire en face à quelqu’un qu’il va mourir?

C’est en septembre 2015, alors que je venais de rentrer, insouciant, de mes vacances d’été, que l’on me découvrit – cas typique de métastase à partir du colon - un cancer agressif au foie (centre des sentiments selon les poètes grecs anciens, centre du désir selon les philosophes). Un premier trimestre de chimiothérapie réduisit un peu la taille de la tumeur. Durant les deux mois et demi qui suivirent, elle avait retrouvé sa taille du départ, sinon plus. Par ailleurs entre temps, l’option d’une intervention chirurgicale avait été écartée, il ne restait donc aucun espoir de guérison. Un dernier cycle de chimiothérapies encore plus puissantes s’acheva sans effet. Le mal galopait en moi. On me trouva des foyers métastatiques à l’estomac, dans l’os du bassin, sur la rate. Le compte à rebours avait commencé. A l’heure où j’écris ces lignes, il ne reste que la prescription d’une pillule palliative susceptible de freiner un tant soit peu l’évolution du mal et, surtout, d’atténuer d’éventuelles douleurs.

Quoi qu’il en soit, mon espérance de vie se chiffre désormais en mois, au mieux, quelques uns. Je suis pris au piège de données et de statistiques sans merci.

C’est avec ça qu’il me faut vivre.

Apprends à mourir avant d’expirer.1

Il nous est impossible d’imaginer notre non-existence, disait Freud. Comme il avait raison. En de rares occasions seulement où je m’étais réveillé au milieu de la nuit, je me suis approché de la pleine conscience de la non-existence qui m’attend, cet événement qui fait que ce Moi que je suis va cesser d’exister comme s’il n’avait jamais été. C’est un sentiment accablant. Une rage de vivre aveugle nie la fatalité. Pris de panique, on a envie de hurler. On serre les dents, on pense à autre chose, on se rendort.

Avec ma famille, mes amis, les médecins, au travail, je parle de mon “espérance de vie” comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre – comme si je me regardais dans le miroir. Seul, je me laisse aller à l’émotion. Je ne supporte pas de penser – d’essayer d’imaginer – comme il sera difficile pour ma fille de 6 ans d’apprendre à se passer de moi. Des chansons et des airs qui me rappellent certains moments de ma jeunesse, alourdissent ma poitrine. Des images de moments heureux ou intenses me submergent. Je m’oublie dans la lecture. Lorsque j’écris, je me sens encore en bonne santé.

Lorsqu’on apprend pour la première fois que l’on souffre d’une maladie incurable et que l’issue est proche, c’est comme avec les blessures ou les fractures – tant qu’elles sont à chaud et que l’adrénaline est à son comble, on ne les sent pas. On n’est pas tout de suite conscient de ce qui vous tombe dessus. Au fur et à mesure que la conscience refroidit et s’instille en soi, cela devient plus difficile. On est sous l’emprise de l’angoisse qui circule dans vos veines, un sentiment de furieuse injustice s’empare de vous: comment cela peut-il m’arriver à moi? La logique se hâte à la rescousse: rien n’est encore irrévocable, aujourd’hui, la science progresse tous les jours, on a livré tant de batailles dans sa vie, ce n’est pas le moment de capituler devant la plus cruciale de toutes, etc, etc... On trouve aussi du réconfort dans la philosophie: le Phédon de Platon, Marc-Aurèle, Boèce, Sénèque, Schopenhauer, tous offrent un appui. La famille, les amis, la routine quotidienne, sont de solides bouées pour ne pas couler. Pourtant, en dépit de tout cela, la réalité est là: on est dos au mur, pris aux rets de sa mortalité. Personne n’est prêt à mourir à moins d’avoir été vaincu par la souffrance ou la vieillesse, ou brisé intérieurement.


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