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LA LUMIERE DU NOIR



Alban



Livre autoédité

Europe



LA LUMIERE DU NOIR

Alban

Copyright © 2016 by Roussel

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Photo couverture : libre de droits.



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ISBN : 979-10-96028-00-9





L’écriture de cet ouvrage a débuté en 2003, l’histoire ayant pour décor la société occidentale de 2013. . Le réaménagement du récit eut lieu en 2015, pour un hypothétique nouvel avenir revu en fonction de l’avancée du monde. L’histoire en est restée identique. Tout a été écrit avant les évènements du 13 novembre 2015 à Paris… paix à l’âme des victimes, tout comme à celle des bourreaux…

























































«NOUS NE POUVONS fonder la nouvelle civilisation seulement sur la science et la technologie. Elles ne fournissent pas de fondation à laquelle on peut se fier. Nous devons apprendre à vivre sur une nouvelle base, si nous voulons éviter la catastrophe qui nous menace. Nous devons découvrir les réserves de la spiritualité, le sens du sacré présent dans toutes les traditions religieuses, et les utiliser pour façonner un nouveau type d’homme qui se sert des instruments qu’il a inventés avec une conscience renouvelée, qui le rend capable de choses plus grandes que la maîtrise de la nature. Le service auquel l’homme doit revenir est l’homme lui-même, l’esprit en lui. »



S.RADHARISHNAN, président de l’Inde de 1962 à 1967.













{ Les êtres humains ne s’aiment pas, ils se gèrent… }













1











An 1312 : Marinette, blonde crinière, la quarantaine, peint du bout des doigts une nature morte à la naturelle lueur de la porte d’entrée. De par celle-ci, un œil est jeté. Un homme approximativement visible, et du même âge, se distingue, avançant, les bras chargés de rondins de bois, ceux-ci faisant office, dans la chaumière, de chauffage central.



 Tu ne seras jamais une bonne épouse !!! s’écrie-t-il, entrant furieux en sa direction, suite à avoir ratissé, en long et en large, les lieux !! Que fais-tu ?? As-tu fais chauffer la soupe ?? 

Elle, l’air détaché, sans un semblant de regard en sa direction :



Je suis libre comme l’air, libre comme l’air… il n’est pas encore temps... 

Le sang de l’homme ne faisant qu’un tour, il se rue vers sa dulcinée et arrive ce qui suit : un grand coup de poing sur la table en bois massif.





OH QUE SI !!... MAIS QUE DIABLE, AFFAIRE-TOI !!



"La vie et la mort sont deux gouttes d'eau que l'on différencie à tort", voici les textes d'un des derniers poètes/chanteurs (et non « pouêt-pouêt » comme beaucoup) de cet an 2033, trente troisième années de ce nouveau millénaire... changements, régressions du plan culturel, humain, mais aussi, espérances du nouveau monde se profilant à l'horizon que les adeptes astrologico-new age nomment l'ère du Verseau. 2000 ans après celle du signe des Poissons: Jésus Christ, christianisme, "aimez vous les uns, les autres" entre frères et sœurs sur cette terre... vaste programme, paradis annoncé qui se révèlera un immense bourbier de haine, excès de pouvoir, rivières de sang - le pire étant souvent prodigué par les donneurs de leçons eux-mêmes - et, pour finir, grand règne de l'argent -Roi ainsi que de l'amour des objets, de la technologie, du sport, du sexe à outrance, ces derniers agissant comme psychotropes, alliant la fuite physique et cérébrale du vide spirituel grandissant.

La religiosité en a perdu le sens du sacré de la nature tellurique et cosmique, hantée par ses démons destructeurs, tout comme les progressistes-modernisto-scientistes de tous ordres oubliant que la Mother Nature (comme la nomme ainsi les anglo-saxons) est aussi à aimer et, que les enfants issus de ce règne, ne doivent surtout pas prendre le pouvoir sur ceux qui les ont enfantés.

En 2033… année sombre… très sombre... Pluton est pourtant entré en 2024 dans le signe du Verseau annonçant de l’ouverture... Luminosité? Mon œil ! Les lunettes de soleil ne sont point de mise…



"Lumière, Lumière, tu es la Lumière..." Marc Minard, au sein de son habitacle automobile téléguidé, a vocalement zappé pour Radio Catho, et, reste l'oreille fixée sur celle-ci.



C'est cool aujourd'hui, on n'a plus besoin de « faire » en voiture, la route et tout le boulot qu'on se farcissait avant pffff,

terminé!! Programmation de l'itinéraire et hop !! Cool oui mais bon, les accidents d’antan, c'était aussi un peu de malheur

partagé, de la vie quoi!! De la vie aussi pour ces individus qui,

durant toute une vie ont travaillé en tant que "ramasseurs de cadavres silencieux ou hurlants" sur les routes de nos belles campagnes... hommes, femmes, enfants... parfois récupérés en divers morceaux : bras d'une femme à cent cinquante deux mètres, tête d'enfant au bord de la rivière, pénis d'un homme accroché au volant... drôle de vie, drôle de métier... la vie, la mort... un métier, réalisé par des gens vivant de la mort, de la souffrance agonisante... un métier plus trop en vie… spécialité dont on n’a jamais trop entendu parlé médiatiquement à l’instar du travail au sein des hôpitaux psychiatriques. En effet, il faut savoir que l'être humain, être émotionnel fortement perturbé par des parasitages divers, préfère occulter les choses qui lui font peur, qui le ramènent à lui-même, ces quelques lignes ayant surement eu comme effet, chez pas mal de lecteurs, la répulsion, voire la nausée face à cette « bizarrerie d’idées » entraînant sûrement l'arrêt total de la lecture de ce roman-essai. Je vous dis donc "au revoir", vous, messieurs-dames, profitez bien de votre cocon douillet... et, bon dodo, cette nuit, ainsi que durant votre existence. A l'image des humains en 2033... Pourtant de « la vie » en cette année, on en souhaite !! Les « morts vivants », connaissant souvent le syndrome d’«addict au logis », n'ont jamais autant pullulé en ces temps ténébreux... NO life... un terme à la mode… pourtant même avec ceux qui « sont en vie » : peu de YES !!... peu de communication et,

lorsque celle-ci se met en branle, peu de vagues... très peu de vagues... peur de vivre, d'exprimer, de se transcender, d'ouvrir son cœur, son âme, d'altruister, de rencontrer l'autre, de sortir de sa douillette bubulle... et, quasi tout le monde, collabore. Pourtant les tentatives ne manquent pas d’essayer de faire du lien social, mais, à chaque fois, tout ou presque tombe à plat… presque personne n’ose exprimer son individualité en groupe de peur de violenter émotionnellement un ou une autre… la joie de vivre, l’humour, alors là n’en parlons pas !! Le moindre trait d’esprit qui faisait les beaux jours d’antan, le moindre pas de danse spontané se fait, illico-presto, stigmatiser telle une attitude déviante, hors norme, voire culpabilisante par une masse ankylosée qui surement, inconsciemment envieuse, se permet de freiner les élans joyeux.



La dictature émotionnelle est bien ancrée, gonflée par une négativité nauséabonde, cantonnée par une sensiblerie puérile, un confort de mise douillet, conformisme où il faut douiller sans arrêt. Etre rassuré en payant, voilà une saine activité de ce début de millénaire où, contradictoirement, les individus « no life » sont constamment agités, pressés, n’ayant jamais le temps de se poser. Tels des quadrupèdes en pleine jungle, ils démarrent au quart de tour en réactions primaires lorsqu’un simple bruit, une simple attitude inhabituelle au train-train quotidien pointe son nez… étrange non ??… et oui ! Le bipède soit disant le plus évolué, qui débarqua le siècle dernier sur la Lune, dénicha le nucléaire des forces plutoniennes, se rapproche comportementalement parlant de son frère le quadrupède, pouvant déclamer une agressivité similaire lorsqu’il se sent insécurisé… au-delà de cette primarité de « quart de tour », s’impose à l’extrême, un désir de contrôle sur tout… un pape du siècle précédent, Jean-Paul 2 avant de quitter son corps, déclama cette phrase : « n’ayez pas peur »… la peur, culture de la peur… partout… et étouffement d’énergie ou profusion de cette dernière à des fins obsolètes de mainmise… mainmise sur quoi ? Sur qui ?? La nature, son jalousé collègue de travail, son instinct créatif, imaginatif, humoristique ??... foutaise !!



Minard lui, sait tout cela et, est bien décidé à ne pas participer à cette immense maussade individualiste mascarade. Il est bien décidé à remplir ce vide existentiel occidental (qu'endurent docilement, en le sachant bien au fond d'eux-mêmes, ses contemporains), par des valeurs... chrétiennes... y croyant toujours - même après cet affligeant constat 2000 ans plus tard - faisant foi de résistance face à « l'invasion » musulmane qui, depuis peu, a pris d'assaut un grand nombre d'âmes en berne, en soif, tout simplement, de sens existentiel nouveau.

Il l’a vu lui depuis des années, petit à petit se disloquer le savoir-vivre de ses contemporains, la déresponsabilisation galopante, la perte de leur réactivité, créativité, de leur respect entre eux (où l’on ne sait même plus chuchoter dans les églises, bibliothèques, au cinéma...), de la fraternité, convivialité, des sourires, de la simplicité d’accueillir, de l’énergie tout simplement, de la chaleur humaine, de l’amour quoi… en résumé : une belle crise de foi en l’être humain chez ses contemporains ! Dans la forme, disparurent aussi les couleurs chatoyantes des vêtements, des véhicules qui tournèrent au gris clair, voire très foncé, pour atteindre le noir total des ténèbres ! Seuls les militaires présents partout arboraient toujours leur kaki de service.

Une main mitainée de noir appuie sur un lobe d’oreille piercé, de la micro-oreillette intra-peau, comme pour mieux entendre. Une bouche badigeonnée de noir, féminine, tout comme la voix... forcément.



  • Allo !!

C’est Minard, debout sur un trottoir, qui s’est fait arrêté par son véhicule ; c’est lui qui appelle cette femme.

Cette belle bouche bien dessinée d’où stationne, à proximité, une tache vin de 2 cm carré de superficie environ, gesticule, tout comme le corps, marchant.



  • Oui madame Fauvelle, bonjour… voilà, je suis Marc Minard et l’on m’a dit que vous souhaitiez me joindre à propos de tirages papier en grande quantité… c’est bien vous n’est-ce-pas ?



Cette femme porte de longs cheveux noirs. Elle remue vivement dans cette rue, prodiguant d’expressifs gestes, mains et doigts de temps à autres en l’air. Autour d’elle une ambiance bizarroïde règne : passants, airs blafards, livides, limite agressifs… comme elle, certains gesticulent tout en parlant seuls, invisible oreillette à l’appui, le vide au niveau du regard.



-  Oui, oui, répond elle, je suis sur une Expo et je

souhaiterais sortir quelques centaines de cartes postales de chacune de mes belles œuvres.



- Très bien, et bien faîtes un tour à l’imprimerie,

nous effectuerons un devis comme il se doit… allo ? Allo ??

- Allo, allo ?? 



"Ça a coupé", comme disent les gens de cette époque post-moderne, lors du rappel de leur interlocuteur.



Et merde !! lance cette énigmatique femme, d’un ton agacé…

Minard semble lui aussi perturbé par cette coupure. Mais, cela ne semble pas tant la coupure que la voix de cette femme. Ce n’est pas dans son habitude de se laisser happer par son émotionnel, lui tant dans la maîtrise de lui-même, de ses désirs, son cadre intérieur forgé par le sentiment religieux, la pratique de la quotidienne prière.

Il se refait trimballer par son véhicule lorsqu’il rentre au bureau plutôt contrarié. Occupations, occupations ne calment pas toujours la nervosité : il range des papiers, écrit des notes, tapote dans les airs sur le clavier holographique de son espèce d’ordinateur.



Et oui, plus rien ou presque n’est matériel, tout écran s’inscrit désormais dans l’air : la Tv, les écrans de cinéma, les jeux vidéos d’antan que l’on avait beaucoup de mal à porter à la déchetterie du coin surtout si on ne possédait pas de véhicule. Car dans l’ancien temps, moins qu’aujourd’hui d’accord, les différences sociales étaient creusées et tout le monde ne pouvait accéder à ce pouvoir d’achat matériel. Mais on possédait tout de même davantage, on ne louait pas, ne s’échangeait pas comme aujourd’hui…



Minard a donc des problèmes de concentration. Il range rapidement des affaires de bureautique, les tremblements se faisant ressentir en son for intérieur et percevoir à l’extérieur.



-  Je finis la journée plus tôt aujourd’hui Fanny dit-il à

une de ses employées. Je compte sur vous pour le travail de Meredim pour demain matin… avant 11H, merci d’avance.



- Oui, si je peux… 



Cette Fanny secrétaire, semble exténuée à la tâche comme bon nombre de travailleurs de nos jours… la pression du rendement, de la concurrence à tout va, du toujours plus à tous niveaux. Cette mentalité ancrée dans la cervelle, dès la naissance de l’humain, partout sur le globe, est devenu norme, énorme norme !! Comment lutter face à ce rouleau compresseur capitalistique qui gangrène les énergies, sape les envies ?? On pâlit, on est cerné (et pas que sous les yeux) de toute part et on ne bronche pas ! On s’écrase tel l’esclave de la galère recevant des coups de fouets… ces coups de fouets là étant envoyés insidieusement à l’intérieur des crânes, lacérant psychologiquement, émotionnellement les âmes de bonne volonté, transformant celles-ci en machines robotisantes dociles et malléables à souhait.



Minard sait bien cela… il essaye de ne pas culpabiliser de cet état de fait, et surtout de l’état de son employée qui croule sous les tâches. Elle a, de plus, vivant seule (comme 80% de la population), à s’occuper de ses mômes, de son logis, de ses courses ainsi que de ses emmerdes. Minard est le dirigeant de cette imprimerie depuis bien 20 ans... disons 2013… déjà, à l’époque, ce n’était pas très jojo mais, la pression de la concurrence asiatique s’est accentuée d’années en années pour en devenir terrible en 2033.

Aujourd’hui, les gens envoient souvent tout en Asie pour faire revenir ensuite en Europe… ; les prix sont bien meilleurs et, avec l’arrivée en force de la technologie, on n’a plu vraiment à se déplacer : le Net règle la totale à bas coûts !! Très prochain stade, le rachat des imprimeries par les chinetoques eux-même : ce sera plus écologique !... peut-être…



Minard, sans savoir pourquoi, se sent stressé ; la

tachycardie pointe le bout de son pif.



Très étrange tout ça, marmonne-t-il intérieurement, je dois couver quelque-chose, moi qui ne suis jamais malade… 



En un saut de seconde, il se réfugie dans les toilettes pour

prier. Cet acte l’a toujours beaucoup rassuré, apaisé, limite « soigné »… en se livrant au « grand tout » il s’abreuve de tendresse auprès de son père adoptif: Jésus Christ.

Minard est un père de famille de deux charmants bambins, tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Il essaye d’être « droit dans ses pompes », de respecter, d’être dans la compassion de ses prochains, la fidélité envers sa femme mais, sans être intégriste pour un sou. Il n’est en rien dans l’extrême de quoi que ce soit. Il souhaite une vie professionnelle et familiale placée sous les cieux de l’harmonie et, les écarts ne sont pas de mise chez un tel individu : pas un mot, une expression en l’air, le ton toujours maîtrisé. 48 ans, marié depuis 25 ans, il est un de ces rares hommes qui arrivent à garder une femme (de la même sphère ceci-dit), sous son aile de part ses valeurs, son comportement doux et compréhensif, le cadre intérieur et religieux qu’il entretient chaque jour avec madame ; celle-ci, est forcément au même diapason que lui pour que l’union sacrée fasse force face à l’ignominie sociétale qui gangrène à grand pas l’extérieur de cette bulle familiale, elle, pleine d’amour et de vitalité.

Cet homme de 48 ans se retrouve donc, totalement chamboulé, un peu plus tard, dans la rue, à la limite l’air paumé, à l’image de tous ces visages blafards, inexpressifs, fermés voire apathiques et tous vêtus de cette même couleur normative, le noir, porte drapeau d’une atmosphère, d’une psychologie de ce début de millénaire : le glauque.

Assis dans le bus, il entrecroise les regards de ses contemporains. Parfois en étant dans le même état d’esprit que les autres, on arrive à mieux comprendre. C’est comme lorsque l’on se moque, que l’on critique quelqu’un se trouvant dans la panade professionnelle, familiale ou autre ; lorsque cela nous

tombe dessus, de la même manière, on le vit vraiment et là, de fait, en général,  on comprend mieux : par exemple, un riche qui devient pauvre ou un pauvre se faisant riche…



Oui, sur ce dernier point paraissant anachronique, peu de gens ont empathiquement compris la souffrance que peuvent endurer les fortunés: peur de se faire voler, de se faire abîmer leurs biens matériels et, toujours ce désir, de vouloir plus quand

on a déjà, mais… qui ne satisfait que rarement; et puis la souffrance des jalousies, des compétitions, des « quand dira-t-on », des pique-assiettes-vautours qui rôdent autour de façon sournoise, mielleuse, grands sourires en vitrine.



«  Cette voix… pure et belle… où l’ai-je déjà entendue, je la connais pourtant… mais d’où ?? Elle me fait trembler, pourquoi ?? ».



C’est en descendant du bus et en s’infiltrant dans la bouche de métro qu’il se questionne ainsi, à voix haute, ce qui est loin d’être dans ses habitudes.

Des hologrammes TV flottent dans les airs, où des films/spots sans sons diffusent. Une vivace particularité : tout le monde a la banane, l’air heureux, épanoui par tout ce qu’offre la société post-consumériste ; c’est ainsi qu’on la désigne aujourd’hui.



Le terme « post » signifiant simplement que le cap est vraiment franchi entre ceux qui possèdent, la minorité, et ceux qui souhaitent posséder, toute leur énergie étant mise en général à ce profit là… si l’on peut dire. Chacun est bien entendu au jus de cela mais, en toute hypocrisie et total foutage de gueule, la société continue de gargariser, en substance,  le peuple de sa bonne vieille soupe de début de millénaire, à savoir: la publicité.

Même l’unique gouvernement européen désormais en place depuis un an, sous couvert de bonne foi, promettant un pouvoir d’achat au top pour chaque citoyen de ce beau regroupement de nations, n’a pas, comme il se doit, réussi à endiguer les ravages du rouleau compresseur et tractopelle, qui creuse, creuse encore et encore les sociales inégalités.

Publicité donc, la pub !! Les êtres humains soumis à la tentation, en toute connaissance de cause, continuent allégrement à jouer au jeu de la carotte et du bâton tout en regardant, collaborant à, travaillant dans ce milieu étrangement démoniaque. On l’a nommé publicité, laissant la pub en toute licité depuis plus d’un siècle. Quand pensera-t-on un jour à la nommer publillicité ?? Ceci dit, interdire un "dogme religieux" comme celui là, serait l’affaire d’une révolution culturelle et causerait un vide immense au sein des consciences. Car, cela ne

remplit pas toujours les chariots à l’hypermarché, mais, au moins, la cervelle et ça, c’est hyper-rassurant.

Ce qui est formidable avec ce dogme, c’est que, contrairement à la religion catholique par exemple, on va directement au sens, la vue, l’ouïe mais aussi, le sens en tant que tel : donner du sens. En effet, on voit directement, sans passer par quatre chemins, le « bonheur » et comment y accéder. On se rend dans l’antre de la pseudo-église et là, en achetant, on accède directement au bonheur, à la joie de vivre, à l’estime de soi, des autres. C’est fantastique !! Bien plus simple que toutes ces métaphores où personne ou presque ne comprend rien : "Jésus marche sur l’eau", "Marie a eu son fils par l’opération du Saint Esprit" etc etc… et parfois dans une langue d’un autre temps. C’est quoi ce bazar ??!!

On a, depuis des décennies, inculqué aux enfants (qui connaissent à peine la différence entre un noyer et un bouleau ni même le boulot de sauver un noyé), des théories bizarres, sans aucun sens qu’ils ne peuvent transcrire au quotidien. Pour les mathématiques à l’école: théorème de Thalès !



-  Ça sert à quoi maman ??



- Ne cherche pas à comprendre, applique, comme un jeu !!



- Mais dans un jeu il y a des règles, un but, un sens ? 



- Dépêche-toi d’apprendre, tu as un contrôle demain !! 



Ces enfants aimeraient pouvoir mettre un visage sur ce bon vieux Thalès, ce bougre de Pythagore… quelle tronche avaient-ils ? Ils aimeraient savoir pour quel dessein ce théorème a été créé… car il y en avait bien une, raison, tout de même !!... On ne se masturbe pas le cerveau comme ça impunément et on n’offre pas son matheux-savoir en pâture, comme cela, sans raison à toute une génération quasi-planétaire de bambins !!

Ces derniers auraient tant aimé des anecdotes croustillantes mathémateuses, du genre de celle du berger qui oublia son lait dans sa hutte en pierres durant un certain temps, et qui, revenant, le vit et goûta cette moisissure qui devint le roquefort !

Carence de sens comme une carence en fer alimentaire : il en ressort des anémiés de la vie, de toute forme de poésie qui, épuisés par leur tête bien pleine plutôt que bien faite et leur course à l’emploi stable ou l’emploi tout court (où être éboueur gagne plus que d’être enseignant, éducateur ou infirmer), au fond d’eux-mêmes, ont pas mal de mal à s’avouer qu’on les a, un petit peu malgré tout, prit pour des bœufs ! Et encore ! Des bœufs oui, mais à qui l’on a fait bouffer de la farine de bœufs !! Et hop, direction le psychologique abattoir !!

Eviter coûte que coûte la dépression, voilà à quoi en était réduit le citoyen lambda concernant le sens de sa miséreuse existence...

En contrepoint de cette inhumanité généralisée, les dépressifs ne seraient-ils pas les individus les plus humains, trop sensibles faibles et désarmés devant l’ignominie du vice sociétal ?



Et l’on ne s’étonne même plus de voir ces neurasthéniques visages, lessivés, des individus de tous âges au sein de cette bouche de métro, plantés, face à un spot vantant, vendant les miracles d’une poudre à récurer (la couleur noire étant tout de même plus écolo, la saleté se voyant moins, mais tellement peu fun pour l’esprit, les hippies des sixties nous ayant pourtant tracés le chemin du pouvoir des couleurs…).

Le contraste des couleurs est assez détonnant: du chamarré, du lumineux, du fantaisiste en haut, du terne, livide, sombre, en bas. Cet amas glauquisant et tendu parle souvent seul au milieu des mitraillettes en berne, souvent micro-oreillette greffée à l’un des côtés de la face.



Soudain, une femme seule, au fond d’une rame, l’air misérable, un bébé dans une poussette à ses côtés, s’écrie, visage et poing en l’air :



Non tu ne peux pas me faire ça… salaud, pourriture va !! C’est moi qui aurai la garde de la petite de toute manière… va te faire mettre !! »



Minard, qui évite en général ce genre de lieu, le métro, préférant de loin la bicyclette, est davantage sensibilisé que les autres par ces comportements. Il a toujours eu dû mal à s’y faire… la vulgarité, ce côté relents de clinique psychiatrique. Il évite, non pas par snobisme de trop se mélanger à la popu-lasse, mais par protection des énergies négatives pullulantes au cœur de la cité.

Les autres passagers eux, tournent puis, détournent routinièrement la tête, sans particulière expression.

Soudain, en sortant de la rame, le portable de Minard retentit en un beau chant grégorien. Il retire la machine de la poche de son veston. Ne souhaitant pas devenir perturbé par ces machines justement, en général, il garde éteint ce portable, mais, pour son travail, il faut avouer que cela est bien pratique, la possibilité d’être joint à tout moment.

- Oui j’écoute



- C’est Jocelyne Fauvelle, je vous ai eu récemment, ça a coupé… un sourire aux lèvres.



Minard répond :



- Oui je me souviens parfaitement… il faudrait que l’on se voit.



- Et bien disons Mardi prochain ça vous va ?? propose-t-elle.



Minard, le cœur battant la chamade, d’un ton grave et directif :



 Non de suite !! »

Puis, se reprenant suite à cette inhabituelle impulsivité inhérente à sa personnalité…



- Euh… ça serait possible ??



- Pas vraiment non, je prends le métro pour…

- Ah… 



C’est à ce moment là, tête baissée, sortant de la bouche, que le crâne de l’imprimeur heurte justement une bouche mais, celle-ci, humaine ce coup-ci, beaucoup plus sensuelle et maquillée de noir. La femme la possédant trébuche et déboule les escaliers, Minard n’ayant pas eu le temps du reflexe pour la retenir. Le regard hagard d’une personne assise à terre est présent à l’instant précis. Un homme agé que l’on nomme toujours SDF a vécu oculairement la scène. Il est une sorte de dandy vêtu du siècle dernier, revêtissant un costard « pieds de poules » à rayures, à l’anglaise. Mais le gras, le sale de ses cheveux, ainsi que son air alcoolisé, drogué ou tout naturellement halluciné, illuminé lui amène pas mal de remarques en tous genres sur son compte : on le traite souvent de fou, ce à quoi il répond : « c’est celui qui dit, qui est !! » et « heureux les fêlés car, eux, au moins, ils laissent passer la lumière !! », avec un édenté sourire désarmant à la face de ses contemporains. En fait il les intrigue ou parfois les effraye de par son charisme, son apparence. La couleur originale de sa vestimentaire tenue : du bleu clair à rayures, viré au sombre malgré tout, le peu de lavages faisant que. Que d’originalité, de fantaisie distinguée, de classe face à cette masse vêtue comme lors des enterrements du siècle dernier qui se révèle pourtant adepte de mode, de shopping, voire accro !!! Tout ça pour ressortir du magasin avec un haut, un bas noir basique !! Tout ça pour ça !!… mais revenons à ce vieil homme, et surtout à ce regard que certains nomment de « dérangeant », « d’illuminé » (étiquette pour lui ô combien flatteuse). Il détonne de la masse. Il est pourtant noir oui, mais férocement lumineux tel l’atome des forces plutoniennes en explosion! On pourrait dire qu’il semble tout simplement vivant et expressif, non docile, insoumis, mais aussi clair et pur, à contrario du reste de son enveloppe corporelle. Mais, vu que la forme l'emporte toujours sur le fond, il est stigmatisé au possible.



Bravo !!! Encore un coup de cette fameuse technologie !! De mon temps, il y avait des lieux précis

pour téléphoner: la petite chaise/meuble du couloir ou



la cabine ! Avec ces tous ces téléphones, ces écrans, ces puces, les gens ne savent plus où ils marchent ! 

Il se plante debout et aide Jocelyne Fauvelle à se relever puis, fou de rage se dirige vers Marc Minard à quelques mètres de là et s’empare violemment de son portable non éteint, le porte à sa bouche, mimant et gesticulant :



Vous ne pouvez pas vous arrêter pour téléphoner ?? C’est pourtant simple non ?? Vous recevez un coup de fil et vous stoppez dans un coin !! Pas très compliqué bordel !! C’est devenu invivable dans ces villes, un vrai asile de tarés, tous en train de gesticuler comme des malades… j’en ai fait de la psy moi monsieur, à l'époque où on nous gardait… la même ambiance !! TARES QUE VOUS ETES ! » 

C’est en exprimant ces termes de manière criarde (surtout les derniers) que Jocelyne Fauvelle, retrouvant ses émotions et située aux profils des deux hommes (ne le percevant toujours pas distinctement), fait la grimace ; la sonorité dans l’oreillette qu’elle porte devient insupportable. Pas seulement à l’oreille gauche, car elle subit la double sonorité dans le carafon !! Une virtuelle à gauche, l’autre réelle à droite. En un coup d’œil en direction des deux hommes, tout en baissant le niveau sonore de sa transmission pressant son pouls du poignet droit d’un pouce, elle comprend aisément que les deux sonorités proviennent de la même voix et en l’occurrence celle de ce vieux type qui, malgré tout, en un temps record, lui apporte un sympathique ressenti. En effet, cette femme d’une quarantaine d’années aux lèvres noires en adéquation avec son style littéralement gothique, affectionne les vagues humaines; en deux mots, elle kiffe les personnages à personnalité (au vu de la rareté), les excentriques, les fous de liberté, les fous de vie tout simplement.

Cela la renvoie à elle-même, l’effet miroir, car elle a également ça dans la peau cette Lilith en personne !



Lilith dans la mythologie, pour les néophytes, symbolise cette insoumise femme que nous avons tous en nous et en l'occurrence

face à la masculinité que symbolisait Adam… elle incarne la rébellion de la femme libre en tous points, capable de pactiser avec le diable pour accéder à ce statut suprême.



Jocelyne est de la veine de cette race là, artiste excentrique, rebelle, sans foi ni loi !



 Merci monsieur, c’est très gentil de votre part dit-elle au vieux d’un ton ferme, rendez ce portable à monsieur et laissez-nous!

Le vieil homme abasourdi obtempère en s’écartant, tandis que Minard, à la bouche béante, scrute intensément la femme.



-  Je vous connais… on s’est déjà croisé ??…



- Ah non, je ne crois pas ! répondit-elle étonnée. Par contre, ce dont je suis sûre c’est qu’on doit…



- On doit !??



- Ben oui !! D’un ton agacé du fait qu’il ne comprenne pas. 



Un ange passe…



-  Ben vous êtes Minard !!



- Oui… oui… effectivement… monsieur Minard…



Il ne comprend toujours pas… interloquement intimidé.



 Oulahh cerveau lent le monsieur dans son genre!! en s’esclaffant… Fauvelle !! Jocelyne Fauvelle !! 



Il est toujours assez étonnant de découvrir la façon dont un visage peut changer d’aspect en une fraction de seconde, s’ouvrir, se colorer, se transformer. Celui de ce brave homme, classique dans son genre, vertueux, dans la constante mesure et

donc peu démonstratif, s’éclaire soudainement. Une énergie venue des tréfonds de son âme soudainement le transcende !! L’enfant ressurgit…



 C’est… c’est vous… ?? C’est fou !!... incroyable !!! 

Ils se regardent mutuellement durant une dizaine de seconde, Marc inquisiteur au possible, Jocelyne, elle, en pleine confiance mais, fait rare chez elle, avec une pointe de malaise au fur et à mesure que l’intensité du  vis-à-vis visuel va crescendo.



-  Bon, cette Expo... il me faudrait un tirage de cartes postales assez rapidement... disons dans 4 ou 5 jours! dit-elle d'un ton sec et autoritaire, ses esprits déjà repris et d'attaques.



- Je... je n'ai pas vraiment l'habitude de traiter les affaires sur les marches d'escalier de métro rétorque l’imprimeur, qui reprend instantanément, lui aussi, un peu du poil de la bête. Où alors… marchons dans le parc d'accord ?? 



Cette dernière proposition fut si agréablement proposée, d'un large sourire en voie de disparition en ces temps troubles, que mademoiselle Fauvelle se laisse malgré tout embarquer. Embarquée au sein d'un navire, dont elle ne connaît pas l'envergure, ni la destination finale. Chaque choix de notre vie est un peu comme cela... on se laisse transporter par la vie; la vie propose et l'on dispose de nos décisions personnelles ou de celles d'autrui.



On ne sait jamais ce qui va arriver, c'est le sel, la magie de la vie. Quoi de plus ennuyeux que de savoir l'avenir, ne croyez vous pas !!?? Cette pratique est devenue monnaie courante (c’est le cas de le dire) en 2033, beaucoup plus que dans les années passées. Les gens se sentent ainsi si dépourvus de sens commun, de structures sociales et spirituelles, livrés en quelque sorte à eux- mêmes, que les fauves ou minuscules insectes de cette jungle, demandent un assistanat mental, maternel, paternel.

Pour se rassurer, tel l'agrippage du téton de la maman pour le nourrisson lorsqu'il se sent abandonné. Abandonnés... c'est un

peu cela... un sentiment d'abandon par l'état souverain qui avait fait les beaux jours de la République. On ne peut leur en vouloir à ces êtres humains du début de millénaire, en Europe et en France notamment. Ils ont d'accord été très gâtés durant les décennies des trente glorieuses, mais, il faut savoir, que, sous couvert d'imitation du modèle ultralibéral anglo-saxon (avec plus aucune maîtrise sur quoique que ce soit), ajouté à la mondialisation anarchique, on a liquidé la souveraineté française jusqu’à vendre cette France à tout va et ainsi ôter tous privilèges et idées de solidarité, de collectivité du service public, pourtant belles idées de l'Etat Providence. On a affaibli émotionnellement, solidairement le peuple d'une belle République qui fonctionnait plutôt pas mal à la fin du siècle dernier.

La loi de l’argent, le "tout pour le fric" a créé cynisme, désunion populaire et, l'être humain, en a perdu confiance en la patrie, les valeurs de fraternité, de cohésion sociale. Il est certain que beaucoup de morts-combattants pour cette cause, des siècles passés, doivent aussi se retourner dans leur tombe s’ils aperçoivent, de là-haut, le capharnaüm communautariste qu’est devenu le notre aujourd’hui avec climat de terreur, à même pas deux doigts de la guerre civile.

Mais, malgré tout - et depuis tout ce temps, et dans n'importe quel monde qui soit, paradis ou enfer - cela n'empêche pas que notre vie, c'est nous qui la faisons... et que, savoir si nous allons rencontrer un grand brun avec une chaussure blonde en septembre ou pas, ne changera pas vraiment grand chose… à part exalter les émotions extrêmes d'un côté ou de l'autre de la balance selon les prédictions réalisées ou non. Quoique finalement tout cela soit à relativiser si l'on prend pour argent comptant, l'adage: "un homme averti en vaut deux". C'est aussi valable finalement, sans en faire une religion…

Joss - car elle se fait nommer ainsi par ses proches, écrit avec deux s - et que nous, là, écrivain ou lecteurs de ce roman sommes aussi, en quelque sorte, sans qu'elle le sache bien sûr… chuttttt... des proches aussi... Joss, disais-je, écrivais-je plutôt, est donc, portée par cette énergie qui la fait naviguer aux portes de sa destinée.

Elle acquiesce. Si réponse: non à cet imprimeur, en conséquence : destin différent. Tous les deux marchent

tranquillement donc, côte à côte, droit vers le fameux parc de la Tête d'Or, haut lieu pseudo-champêtre dominical lyonnais. Autour d'eux, souffrent des joggers vêtus sombrement avec actives oreillettes musicales, dans l’optique sans doute, d’atténuer ce dur labeur. Ils ont l'air exténués, courbés en avant comme des êtres apeurés. Les expressions de leurs figures sont grossières, et, il est à se demander pourquoi les séances ritualisées du Marquis de Sade, ainsi que les théories de Mr Masoch du siècle antérieur sont, d'un seul coup, déballées au grand jour sur la place publique et, ainsi légalisées. Peut-être parce qu'il ne s'agit que d' « autopunition », sans la présence d'une autre personne pour infliger la torture... qui sait...

Tandis que le bas du corps de Minard s'agite pas à pas, le haut, en voix intérieure, s'exprime :



« J'ai l'impression de la connaître depuis des siècles... comme elle m'attire, c'est incroyable!!... ce n’est pas sexuel! Ça non, c'est sûr... jamais été tant troublé de ma vie... même lors de ma rencontre, mon mariage avec Lyne... je ne peux me retenir de désirer la connaître davantage... incroyable... ».



Cette courte réflexion se fit sur le limité laps de temps de leur promenade car Joss, elle, n'hésite pas à se livrer, tout du moins professionnellement.



C'est à l'espace Chocan, du 5 au 28 Avril... l'expo s'appelle " ART OF LOVE ".



- Tiens donc et pourquoi un tel nom, dites moi ?? rajoute-t-il, large sourire au faciès. 



Un léger agacement en prime, elle ose sarcastiquement:



- Parce-que j'aime l'art, c'est tout ! Et l'anglais est très utilisé de nos jours vous savez ! Vous comprenez " ART OF LOVE " bien sûr!!



- Oui, oui j'ai été au Lycée et à la Fac... rajoute-t-il, narquois sourire aux lèvres. Mais c'est plutôt « LOVE ART » alors si vous le prenez dans ce sens là... non ??

- Euh... non, non!! " ART OF LOVE " et c'est comme ça !! Le ton de sa réponse marquant le réel agacement. 



Minard ne renchérit point sachant, comme tout homme qui se respecte, que rien ne sert d'insister lorsqu'une femme sort de ses gonds et qu'elle se barricade dans sa position irréversiblement dominante du: "j'ai raison et c'est comme ça, si ça ne plait pas, c’est pareil !!". Certains mettent cela sur le compte des hormones; n'empêche qu'une fois engouffré, sans le vouloir, dans cette voie sans issue, mieux vaut bifurquer à droite ou à gauche. C'est ce que l'imprimeur directement exécute.



 Et vous aimeriez en tout 1250 cartes, c'est donc bien cela ?? Sinon… il y a quelque chose que j'aimerai vous avouer... ose-t-il. 

Ce monsieur vient, au moment présent de réaliser un extraordinaire effort, à savoir, souhaiter exprimer son ressenti présent, envers cette femme, qui le trouble indéniablement. Il a sorti un chiffre aléatoire de nombre de cartes postales, mais cela n’a pas réellement grand intérêt au vu des deux perturbations psychiques qui sont en train de se profiler chez ces deux individus aux convergentes destinées.

C’est alors qu’une musique d'un style indus-électro-gothique s'échappe en sourdine de l'oreille de Joss: un petit gadget sonore fonctionnel que l’on peut modifier à son gré. Cela signifie qu'elle vient de recevoir un appel. Sans que Joss n'eût à avertir Minard de ce fait là, la communication réelle des deux individus est ainsi stoppée.



De nos jours, tout le monde ou presque est habitué à ce genre de situation. Il y eut quelques gens pour s'en offusquer prétextant le non-respect, la perte de lien avec l'autre mais, la "norme coup de massue" (de la masse) a tout englouti.

Aujourd'hui, quasi 95% de la population arbore le portable intégré à l'oreille: facilité de mouvement, côté pratique, rapidité etc... Minard lui, continue la résistance en mettant toujours, à l'ancienne, son téléphone en main et non passivement scotché à l'esgourdine...

Depuis, en gros, ce début de millénaire, ce genre d'attitude

est donc considéré comme normative. Même si depuis que l'accès à la virtualité est devenu ultra-accessible dans le quotidien, celle-ci n'a de cesse de couper, cloisonner voire étouffer totalement la vie "EN VRAI".

Lors des concerts de musique notamment, les individus font des pieds et des mains pour filmer au lieu de vraiment VIVRE, RESSENTIR le concert comme jadis.



Marc Minard a souvent été désappointé par ce genre de comportement et il rage intérieurement  d'autant plus depuis qu'il lui est arrivé l'anecdote qui suit: un jour de 2005 comme un autre, il se trouvait en ville. Soudain, il tombe nez à nez sur un faciès connu depuis belle lurette. En effet, il s'agissait de l’un de ses meilleurs amis d'adolescence.

Exalté par ces retrouvailles impromptues, voire incongrues, il laisse exprimer un élan de joie (rentrée) tout comme son ex-ami, qui attaque la remémoration de souvenirs à volo. Et ça y allait des anecdotes croustillantes, des fous rires ne tardant pas à faire surface. Puis vint le moment plus sérieux du "et alors que deviens-tu toi ??" jusqu'à ce que... "Biiip, biiiip", la sonnerie du portable de son pote retentisse.

Machinalement l'ami sortit le portable de sa poche et, à l'image d'un robot bien formaté, il répondit sans même s'excuser, comme s’il allait rater quelque chose de fondamental qui allait changer le cours de son existence. Et puis, entre nous, même si c'était le cas, il existe toujours des répondeurs consultables quelques minutes plus tard, n'est ce pas ?? Et bien non, la primarité du geste fit loi et il répondit probablement à sa femme, sa compagne du moment (car il la nomma "chérie"), sur un truc basique, genre « à quelle heure tu rentres ce soir ou qu’est ce que tu prends à manger »... une minute, 2, 3... l'ami se retournait parfois pour parler... quatre… sept… c’est alors que Minard se sentit en situation de non respect. Il le regarda dans les yeux en un «salut vieux… à, une prochaine qui sait !... ». Il savait, à presque cent pour cent, qu’il ne le reverrait jamais de sa vie. Pour lui tout était gâché... la magie de la vie avait été ainsi brimée ! Jamais il ne saura ce que devenait familialement, professionnellement, son pote..

Face à Joss, même scénario, même topo !!

Allo? Oui... salut Cathy, comment tu vas peau de vache ?!! ... où es-tu ?? 

Et patati et patata… elle s’affaire en vains commérages et lui, avec un début de nervosité remue sa jambe droite rapidement d'impatience, comme s'il subissait une crampe. Décidemment, cette rencontre l'oblige à des réactions inhabituelles, le poussant jusque dans ses retranchements.

Sa voix intérieure s'active alors de plus belle:



«  Mince, j'allais lui dire... il faut que... » 



Puis, l'interrompant en pleins songes:



- Bon je te laisse ma pupuce. Elle coupe. Ben que disions-nous ?? lui sourit-elle sortant de sa virtuelle bulle.



- Euh... je ne sais plus s’exclame-t-il dans une absolue sincérité.



- Moi non plus... coïncidence quand même!! La technologie rapproche les gens au point de se faire se percuter ?? dit-elle, s'esclaffant.



- C'est étrange effectivement, ahurissant... drôle de hasard… enfin, s’il existe ! répond-il… pas comme Dieu… 



Il est toujours un peu ahuri et regrette cette précédente parole. Comment a-t-elle pu sortir de sa bouche?? Lui qui ne parle de Dieu devant qui que ce soit!! Il sourit très gêné.



Pfff... je ne vois pas ce que Dieu a à voir là-dedans dit-elle... enfin bref, bon pour se remettre de toutes ses émotions… »

Tout à coup, un chant grégorien retentit. Là il s'agit de la musique du portable de Monsieur Minard. En le sortant de son manteau, il scrute et note qu'il est inscrit "chérie".

Machinalement, à l'image de son pote de classe, de Joss, il répond... lui qui, en général maîtrise réellement bien ses pulsions jusqu'à en faire une belle ligne de conduite. Soudain là, il faute.



 Oui !! Oui… ah... et bien j'ai un rendez-vous .... en ce moment oui... je ne sais pas, je t'appellerai plus tard... oui je t'embrasse… »



Le malaise est palpable... Minard se sent limite mal... de part sa réaction d'immédiateté, sans même avoir pris la peine de s'excuser auprès de sa femme, à qui il a plus ou moins falsifié la vérité, mais aussi auprès de cette femme, ne souhaitant pas que celle-ci sache de suite qu'il est marié. Bizarre tout cela... il ne se reconnaît plus, ses valeurs, ses sentiments, son émotionnel.



 Vous avez l'air occupé! On verra ça une prochaine fois, j’y vais! s’exclame-t-elle sèchement. 

Elle se permet ainsi de, sournoisement reprocher, à son interlocuteur, le fait d'avoir reçu un coup de fil alors qu'elle vient, juste cinq minutes auparavant, d’en faire de même. Rappelons que cette femme est une "Lilith" et que leur manière, à ce genre là de déstabiliser en une fraction de seconde la gente masculine passe rarement par quatre chemins. Et souvent de manière totalement gratuite, juste pour assouvir un désir de castration symbolique face au, soit disant, "mâle dominant".



 Mais non, j'ai le temps !! affirme-t-il autoritairement, tentant de la rattraper par l’épaule. 

Ce ton là, il ne l'utilise en général qu'en tant que patron ou père de famille.



 Moi plus du tout !!... je vous rappelle bientôt d'accord ? déclare-t-elle très cool, en un léger signe de main aux vents. 

Elle s'éloigne en un large sourire, laissant l'imprimeur béat… ébahi.

Marc Minard est un père de famille d'une fille et d'un garçon de cinq et sept ans respectivement. Tous deux sont des enfants paraissant « éveillés » comme on dit, voire intelligents, si tant soit peu cette fonction peut-être réellement évaluée ; nous dirons plutôt harmonisés. Minard, connait donc, un épanouissement familial et personnel avec femme et bambins. Les valeurs familiales de transmission, de partages et d'échanges sont fondamentales dans la lignée des Minard. Un point d'honneur est porté sur ce fait là, de père en fils, et de mère en fille si l'on peut dire.



La société occidentale s'y est aussi mise, sur le souci porté aux enfants, aux liens familiaux qui s'étaient, peu à peu disloqués. Mais, avec le nombre croissant des séparations depuis des décennies, avec garde alternée, le résultat n'est forcément pas aussi probant qu'avec une famille soudée avec valeurs à la clé.

Et bien cet homme, raffole de jouer avec ses deux bambins comme, à l'instant présent, sur le canapé du salon de leur belle villa de campagne. Les chatouilles, les rires aux éclats des enfants vont bon train. L'amour est palpable... avec du temps, temps précieux, que le chef d'entreprise ne rechigne jamais à prendre pour de tels instants de bonheur, en compagnie de sa progéniture.



Il faut dire que la société s'est enfoncée dans un tel glauque économique et surtout humain, qu'il s'agit là, des quelques dernières vraies raisons de se faire du bien relationnellement avec ses « frères et sœurs » sur cette terre: les enfants ! Avec les adultes, le vice sociétal a gangrené trop d'âmes et, les relations ne sont plus spontanées, libres d'intérêts personnels et toujours affectées de peurs inconscientes. Même avec de conscients efforts, la majorité est en méfiance voire sur la défensive. Les rapports humains, sont ainsi devenus surfaits, surjoués tels de mauvais comédiens (parfois de bons) se présentant, comme dans les publicités, tels des présentateurs TV. Et les gens n'étant pas dupes tout de même, personne n'y croit vraiment à tout ce cirque !

Il s'est ainsi instauré, au fur et à mesure que s'écoulait ce deuxième millénaire, d’étranges attitudes, que l'on peut nommer "d'ultra-positive-attitude" c'est à dire, en gros ne jamais rien dire de négatif sur le monde qui nous entoure ou sur une attitude de quelqu'un; tout cela sous couvert d'un pseudo respect de l'autre, d'un pseudo amour de la vie ou d'on ne sait quoi. En fait, il semblerait que ce soit surtout une attitude de sensiblerie qui a la faculté de ne plus accepter de recevoir des choses soit disant « négatives ». En gros, on ne peut plus vraiment dire que l'on est dans une « société de merde » par exemple, comme ont pu le faire nos ancêtres depuis des siècles, genre de constat qui eut des avancées humaines, sociales etc: comment a-t-on pu arriver à édifier la charte des Droits de l’Homme, les congés payés etc. sans énoncer clairement les choses négatives de la société ?? Et bien... les médias eux-mêmes, avaient déjà utilisé ce phénomène insidieusement avec le "politiquement correct", mais également, la sournoise et perfide censure, instituée avec arguments économiques ou autres non réellement valables.

En fait, il semble que cette intellectuelle attitude, mais surtout émotionnelle, amène à la réelle fuite de la vérité, celle que la vertu imposait dans le temps, celle utilisée par les progressistes humains, les grands hommes.

Il s'agit donc de comportements d'ultra-positivité ultra-prononcés, artificialisés.

Se mettre des œillères, voire des voiles sur la face pour espérer ne pas troubler le bonheur de quiconque et surtout de soi même… voilà la nouvelle idéologie de ce début de millénaire. Faire semblant que tout va bien, sans création de vagues, en étalant des phrases toutes faites, lieux communs en un cynisme

jusqu'au bout des ongles. Un peu comme si l'on faisait du surf à côté de la Baie de Pearl Harbour, suite aux bombardements des mers et des cieux, et répondre agressivement à votre partenaire de loisir, qui vient de dire que le monde est cruel et horrible, qu'il doit vivre l'instant présent et arrêter de déprimer et de se plaindre. En fait exprimer l'objectivité, la lucidité sur les choses est devenue une attitude déplaisante. Ainsi l'on juge en freinant illico-presto l'élan du genre "arrête de te plaindre !!", alors qu'il s'agit juste d'une information d'un objectif constat.

Une autre métaphore peut aussi être celle des chefs nazis

qui, sachant que la déconfiture était imminente, que leur heure allait sonner, d'un instant à l'autre, faisaient parait-il, une sorte d’orgiaque bamboula totalement décadente question d'oublier que tout était foutu, au lieu de se questionner, se repentir sur leurs mauvaises actions, se remettre en cause quoi.

Quoique, tout était quand même bien véritablement foutu pour ces pauvres « enfants tortionnaires ». N’en sommes nous pas nous mêmes ?? Parfois même sans le savoir, en consommant nourriture et biens manufacturés, liquidant arbres, terres fertiles, espèces vivantes de toute sortes (y compris l’homo sapiens) : perverse situation d’un génocide au compte goutte, depuis des décennies d’obscurantisme souterrain: le mauvais pan de la belle énergie féminine qui, sous couvert de bons sentiments oeillèro-hédonistes soutient la plus importante destruction nihiliste de tous les temps.

En fait, la situation est devenue, tout comme pour les Nazis à ce moment là, tellement critique, culpabilisante que l'on ne veut rien voir, ne rien entendre. On imagine la réaction d'Adolf, similaire, vivant ses dernières heures au sein de son Bunker.

Enfin, si cela s'est bien déroulé de cette manière of course !



 Arrête papa !!... ah, ah... papa arrête !! Tout cela dans un chatouillardage de rires d'une petite enfant. 



L'amour est devenue fondamentale envers les enfants donc... mais, fait en recrudescence: l'extrême inverse, à savoir, s'en prendre à l'innocence enfantines pour se venger, faire payer les propres frustrations, mauvaises actions des adultes.

S'attaquer aux faibles, les enfants, tout comme il se fait avec les pauvres quand l'être humain, soi-disant adulte est perdu et, au fond… a les foies de lui-même.

Il est intéressant de voir l'être humain face à lui même, alors qu'il vient de réaliser une immense connerie; " Ce n'est pas moi, c'est l'autre"! Les cours de récréation sont truffées de ce genre de propos mesquins... et bien la tradition se perpétue avec l'âge !!

Au lieu de s'excuser et de reconnaître son erreur, on désigne l'autre, on cherche un bouc-émissaire et c'est le faible qui trinque



à ce moment là. Avant, en voiture, au lieu d'un geste de la main amical, d'un sourire, le ou la fautive s’agaçait encore plus, essayant de faire porter la faute à l'autre. Schéma classique, compréhensible chez des mineurs, hallucinant chez des soit disant "majeurs";  "majeurs" dans la connerie surtout !! La connerie de l'égo quoi !!... chez des gens qui, pourtant ne sont plus en âge d’y jouer aux Lego !!... pouf pouf… valait mieux en rire (mais… chut… seulement intérieurement car c’est mal vu en société…).

Tout à coup, le fils de Minard s'en mêle et apparaît derrière son père, lui saute dans le dos en lui entourant le cou comme pour l'étrangler.



- Daddy, je suis le justicier Captain Zowie venu sauver la fille du seigneur des Chakras !



- Ah ah, je suis pris… Zowie est trop puissant ! Mais... mais je ne lui voulais pas de mal moi à la princesse... rétorque Minard. 



Le fiston:



 Trop tard... 

Le père se jette en arrière, tombe du canapé simulant un gémissement... le fils en profite pour l'achever à terre en lui simulant des coups d'épées en plastique dans le ventre.



 Ok c'est bon, je suis mort, j'le mérite. 

Puis Ganimède, le fils, se lève en criant d'enthousiasme.

Ce prénom fût choisi par Minard, en référence, au soit disant nouveau prophète qui devrait débarquer en 2136, à l'image de Jésus-Christ plus de 2000 ans plus tôt. Ceci fait référence à l'Ere du Verseau, énergie cosmique envers laquelle le monde tend, tout comme celle du Poisson a caractérisé celle, entre autres, du Christianisme. Tout cela semble étonnant de la part de Minard, fin gourmet de la Bible et de tout ce qui s'ensuit

mais, l'homme, contrairement au fervent chrétien lambda, est ouvert à de diverses lectures, dont astrologiques, se reliant au « Grand Tout » le cosmos…

Perpétuant la vraie tradition chrétienne, celle associée aux rythmes de la nature intégrant ses forces cosmiques ainsi que telluriques, avec son heure de gloire durant la Renaissance, Minard au sein de ses lectures, ne laisse pas de côté le versant ésotérique, sacré de la dimension religieuse. Son ouverture d'esprit l'amène donc à s'autoriser, à se sentir sensible aux paroles des prophètes de tous ordres. D'ailleurs, il est le premier à dire que toutes les religions parlent de la même chose : l'amour universel et, qu'il est important de voir les similitudes, plutôt que les quelques détails, qui amènent discorde et guerre au sein des peuples et ce, depuis des plombes.



En parlant de vraie tradition, il va de soi qu'en faisant référence à l'Astrologie, il ne s'agit pas là de celle propre à la vulgarisation offerte en pâture aux hordes de lecteurs ou plutôt lectrices en quête de rêve, de magie des magazines torchons qui pullulent depuis plus d'un siècle all over the world. Et oui, l’être humain possède la caractéristique de savoir transformer le plomb en or (les alchimistes) tout comme celui de… l’or en merde…



Donc, ce fiston, à prénom prochainement fameux, se lève en criant d'enthousiasme:



 Un Vidéo Game daddy, un Vidéo Game !!! 

C'est alors que quelques secondes plus tard, le père ayant acquiescé à la demande, toute la familia, (excepté la mère de famille), se retrouve assis en rond, casque virtuel et auditif clippés à la face.



- Ouais !! J’ai délivré la Princesse!! s’exclame de joie le petit Ganimède.



- C'est à toi papa... c'est le stade de "l'équilibriste". Prends la perche, elle est connectée !! 



Le père de famille se lève, bougeant lentement, un pied

devant l'autre, en sur place, tout en tendant à demi, les deux bras et, en empoignant l'air devant lui comme s'il tenait un

guidon de vélo. Il progresse ainsi, sur un virtuel fil, tout comme notre avancée peut l'être au fil des jours, tout au long de notre existence; perche invisible en main, en sur place, lentement, tout en tâtonnement, il se meut…



Bienvenu dans un autre monde !! L'être humain en rêvait depuis des siècles et des siècles. Et bien que sa volonté soit ainsi faite !! Auparavant, l'imaginaire permettait de grands bonds. Aujourd'hui, nous pouvons y être assistés, quand nous le souhaitons, sans prendre de risques physiques, émotionnels ou, qui pourraient troubler l'ordre public. Le mode placenta avec baignade dans le liquide amniotique du ventre de la maman, juste avant de sortir à la lumière de ce "monde de brutes" comme l'on dit, faisait, sans doute, le même effet. A mi-distance entre la mort et la vie nous pouvions flotter, flâner en toute sécurité, coupés des responsabilités qui nous incombaient, ou qui nous incomberont, lors de cette vie prochaine où nous aurons à nous améliorer, nous perfectionner etc. etc... pfff... qu'on serait mieux à faire mumuse dans notre bubulle n'est ce pas!??



De part les jeux, les risques ne sont pas physiques certes, mais peuvent se révéler être psychologiques quant à l'utilisation intempestive de ce genre de sympathiques et addictologiques au possible joujoux. En effet, Marc Minard est lui-même très conscient de l'impact négatif sur l'âme humaine que peut engendrer le recours trop important à cette sorte de fuite ludique du réel. Il se prête au jeu seulement occasionnellement avec ses enfants, avec interdiction formelle d'utilisation sans sa présence. Ce père de famille a tellement été souvent le témoin d'attitudes négatives d’enfants, adolescents mais aussi d'adultes face à ce monde parallèle avec fascination, addiction entraînant au bout d'un certain temps apathie, comportements autistiques, qu'il a compris le vrai danger.



Avec des oreillettes, écrans de toutes sortes dès la naissance on cloisonne nos progénitures dans leur « bubule » et la schizoïdie s'immisce insidieusement ; l'altruisme, que porte en elle toute spiritualité qui se respecte, vole ainsi en éclat

entraînant repli sur soi, fermeture des chakras.



PARCOURS DE VIE: MAITRISE, CALME, VIGILANCE, ACTION



Sur le fil, des repères sur lequel le père de famille progresse.



Le côté pernicieux de certains jeux comme celui-ci, c'est que, malgré tout, ils apprennent aussi à l'humain qui l'utilise à mieux gérer ses aptitudes mentales et physiques qu'il pourra, par la suite adapter dans la vie réelle. Il est à noter que cet aspect initiatique des jeux, n’est pas du domaine de la généralité, la majorité attisant plutôt les instincts les plus bas de l'être humain.



NAISSANCE, ENFANCE, ADOLESCENCE, PERIODE ADULTE... 30 ANS, 40 ANS, 50 ANS... MORT: QUITTE TON CORPS, TON AME VOYAGERA, L'ENERGIE RESTERA...



Marc Minard a pris énormément soin du choix de ce jeu pour sa progéniture.Tout comme pour l'influence de l'énergie cosmique, planétaire au travers de l'astrologie, Minard préserve également, au fond de sa caboche, un des fondamentaux fondements que toutes les religions portent en elles, mais que la plupart, à part certaines orientales ont su faire subsister, à savoir la survie, puis, la réincarnation de l'âme.

Au travers du choix de ce jeu, ce père de famille, au delà des textes chrétiens enseignés, souhaite aller plus loin, et, tout comme l'ère du Verseau semble l'indiquer, trouver une spiritualité moins dogmatique, plus libre, ouverte et, par extension, la transmettre à ses enfants.

Ainsi, pour symboliser ce que le bouddhisme, hindouisme, entre autres, nomment karma, l'intérieur du jeu, fait apparaître en bas à droite de l'écran (en portant le casque bien entendu), une ampoule éclairée avec un vibrant violet fil d'énergie. La métaphore de cette ampoule fait donc référence à la vie après la mort, l'électricité étant la symbolique de l'énergie de vie ne s'arrêtant jamais...



 Vas-y daddy !! Il faut aller jusqu'à la mort au bout du fil ensuite, si tu réussis, tu as le droit à une autre vie... la



vie n'est pas très longue ce coup-ci, ça va jusqu'à 50 ans.



Moi, la dernière fois, j'ai fait la vie jusqu'à 120 ans... le fil était hyper-long!! s’exprime ainsi la gamine casque sur tête. 



Minard atteint pratiquement le bout du fil et, le noir total se réalise pleinement au sein de son habitacle facial.



 Ouais t'assures daddy !! Ne perd pas l'équilibre dans le noir !! 

Minard vacille, il est à deux doigts (de pieds) de perdre l'équilibre dans le salon, mais, sans tomber, il se maîtrise .



-  Oulahh mon dieu !!



- Ouais tu as réussi ! clame Ganimède à son père. Maintenant phase 2: tu dois délivrer la princesse, c'est l'épreuve du labyrinthe. 



Minard lâche virtuellement la perche, se rassoit, tapotant de joie au creux de ses pognes, les bras en l'air. Soudain une voix jaillit au loin.



 On mange, on mange, tout le monde à table!! Fleur, Ganimède !! 

Il s'agit de madame Minard, femme ô combien dévouée, sensible, amoureuse et possédant une écoute, un caractère bienveillant hors du commun.

Elle rencontra Marc un après-midi de Noël. Dans un salon de thé, il était seul un peu désespéré et puceau. Elle, vierge seulement de part son signe solaire zodiacal et célibataire-esseulée, était accompagnée de ses parents, grands parents, cousins... des enfants couraient un peu partout dans la salle.

Soudain elle prit un nouveau né dans ses bras, et là, Minard eut une sorte de vision de sa future femme et enfants: c'était elle, il n'y a avait aucun doute... Il lui sourit une première fois,

elle, surprise et sans réponse... un quart d'heure plus tard pour une deuxième, et là, l’homme eut le bonheur du retour... merveilleux un sourire... merveilleux sourire... de cette femme.

Pris d'un élan incommensurablement courageux, étant donné le niveau de timidité de cet homme de 21 ans, il engagea tranquillement la conversation. Au fil des propos, l'énergie coulait telle une eau fraiche et limpide d'un ruisseau vagabondant, au cœur d’une vallée, au gré du vent. A tel point, que les proches de la jeune femme, furent irrémédiablement

happés par l'énergétisante osmose diffusée aux environs. Tout le monde se retrouva inclus au sein d'une sorte de transe communicative d'amour partagé; ainsi, la mère, le père, les grands-parents engagèrent la conversation avec Marc. On parla de la neige et du beau temps, puis de religion chrétienne - le jour de Noël favorisant ce genre de propos - puis… de solitude; Minard pris par l'effusion, l'écoute de ces charmantes et délicates personnes, sentit que l'empathie était à son summum et naturellement, il se confia, se dévoila sur la situation d’extrême solitude qu'il vivait au moment des faits. Ce sentiment comme point commun avec la femme, tomba furieusement à pic.

La rareté de comportement de ces individus emplis d'une humanité qui n'existe quasi plus en 2033, se révéla comme le jour le plus important de sa vie. Ce jour de Noël, qui se préparait à être un calvaire avec sentiment d’être seul au monde, devint un inouï émerveillement, suite à la spontanée décision d'invitation de la famille au cœur de leur douillet nid.




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