Excerpt for Les changements alimentaires (une bouchée à la fois) by , available in its entirety at Smashwords

LES CHANGEMENTS ALIMENTAIRES

(Une bouchée à la fois)

Publié par Daniel Proulx chez Smashwords

Copyright 2017 Daniel Proulx

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Table des matières

Première partie : L’histoire de Moi et l’Autre

1. Introduction

Section 1: Sept ans de changements.

2. Moi et l’Autre : Quelques caractéristiques.

3. La rencontre. (Janvier de l’an 0) (viande)

4. Le végétarisme. (Janvier de l’an 0)

5. La peur. (Janvier de l’an 0)

6. On efface pis on r’commence. (L’an 0 Janvier)

7. Deuxième rencontre. (Janvier de l’an 0)

8. Apprentis cuisiniers cherchent réactions. (Janvier de l’an 0)

9. Un mois plus tard… (Févier de l’an 0)

10. Retour de vacances de l’Autre. (Mars de l’an 0)

11. Six mois plus tard. (Septembre de l’an 0) (produits laitiers)

12. Notre premier anniversaire. (Janvier de l’an 1) (sucre)

13. La vie sans sucre, c’est pas du gâteau. (Janvier de l’an 1)

14. Estomac au repos. (Juin de l’an 1) (jeune hebdomadaire)

15. Orgie pâtissière en vue… (Janvier de l’an 2)

16. On se nettoie plus vert que vert…(Févier de l’an 2) (cure)

17. Stabiliser les acquis? (Juillet de l’an 2)

18. Les nuages, y a que ça de vrai… (Août de l’an 2) (jeune 33jours)

19. Deuxième orgie pâtissière en vue… (Janvier de l’an 3)

20. Jus d’herbe de blé, prise 2… (Févier de l’an 3) (cure printemps)

21. As-tu le foie gras? (Juin de l’an 3) (gras)

22. Comment ça gras… (Juillet de l’an 3) (alcool)

23. Troisième orgie pâtissière en vue… (Janvier de l’an 4) (stimulants)

24. Ah! Ça me tente pas… (Juin de l’an 4) (féculents)

25. J’me permet pis j’me permet pas… (Septembre de l’an 4)

26. Le redressement. (Janvier de l’an 5) (cru partiel)

27. Attention crusiniers à l’œuvre… (Févier de l’an 5) (cure printemps)

28. Attention crusiniers à l’œuvre avec de nouveaux outils.(Mars de l’an 5) (cru complet)

29. Premier défi complété. (Septembre de l’an 5)

30. Réflexions de la mi-temps… (Févier de l’an 6) (cure printemps)

31. Réflexions après 2 ans de cru… (Janvier de l’an 7)

Section 2: L’entraide fait des petits.

1. Pourquoi pas des groupes de rencontre… (Févier de l’an 7)

2. Première rencontre du groupe. (Mars de l’an 7)

3. Réunion de planification. (Mars de l’an 7)

4. Il parait que le corps… (Avril de l’an 7)

5. Il parait que les vitamines, les minéraux et les protéines…. (Avril de l’an 7)

6. Il parait que la pollution…. (Avril de l’an 7)

7. Il parait que les bactéries et le mucus…. (Avril de l’an 7)

8. Quand manger, manger trop? (Avril de l’an 7)

9. Le vivant pour les vivants. (Mai de l’an 7)

Section 3 : Annexes.

1. Introduction

2. Causes et effets potentiels

3. Liste des symptômes hypoglycémiques

Deuxième partie : Mes recettes préférées.

Section 1 : Petites choses pratiques

1. Introduction aux recettes

2. Équivalences.

3. Mes équivalences personnelles

4. Temps de digestion.

5. Pour mieux comprendre.

Section 2 : Craquelins, mets accessoires et entrées

: Boulettes de noix (ou ou )

2 : Burgers

3 : Burgers FROMCRU

: Champignons farcis  

5 : Chutney à l’ananas lacto-fermenté

6. Craquelins au sarrasin germé

: Craquelins cocoignon

8 : Craquelins cocolentilles

: Craquelins de céleri

10 : Craquelins de maïs

11 : Crêpe rouge

12 : Croustilles de maïs

13 : Croute pizza

14 : Croutons au romarin  

15 : Feuilles de vigne lactofermentées

16 : Fromcru

17 : Fromcru au cumin

18 : Fromcru au lait de coco  

19 : Fromcru ricotta

20 : Kale à l’orange  

21 : Lacto-fermantations

22 : Pâté à la saucisse:

23 : Pâté à l’anis

24 : Pâté aux graines de citrouilles

2: Pâté aux olives  

26 : Rejuvelac

27 : Tortillas au maïs

28 : ‘’Viande’’ hachée

29 : Yogourt d’amandes

Section 3 : Soupes et jus

1 : Bol de jours de fête

2 : Borsh cru

3 : Lait d’amande

4. Lait de coco

: Soupe au Bok Choi

7 : Soupe au miso

8 : Soupe au fenouil

9 : Soupe aux algue

10 : Soupe aux carottes

11 : Soupe aux champignons

12 : Soupe aux fruits légunes  

13 : Soupe aux lacto fermentations

14 : Velouté de céleri et concombre

Section 4 : Salades et sauces

1 : Garniture au maïs et coriandre

2 : Ketchup aux poivrons

3 : Mayonnaise

4 : Pâté indien pour sushi

5 : Pesto

6 : Salade aux olives

7 : Salade indienne

8 : Sauce à choucroute

9 : Sauce aux carottes tahini

10 : Sauce aux herbes de provence  

11 : Sauce aux tomates lactofermentées

12 : Sauce aux tomates pour croustilles de maïs

13 : Sauce César

14 : Sauce marinara aux poivrons pour spaghetti

15 : Sauce marinara pour spaghetti

16 : Sauce simili arachides

17 : Trempette aux poivrons

Section 5 : Mets principaux

1 : Carrés de lentilles

2 : Curry à la noix de coco  

3 : Feuilles de vigne farcies 

4. Nouilles thaïlandaises

5 : Pâté aux épinards

: Pâté aux tomates

7 : Pâté Jaune

8 : Pizza grecque

9 : Purée de racinages

10 : Quiche aux légumes  

11 : Quinoa et maïs

12: Ragoût latino

13 : Raviolis de betteraves

14 : Rouleaux aux graines de citrouilles

15 : Sushis

16 : Tour d’algues et champignons

17 : Zucchini Alfredo

Section 6 : Desserts

1 : Barre de fruits et noix

2 : Biscuits aux pommes # 1

3 : Biscuits aux pommes # 2

4 : Chaussons aux pommes

5 : Gâteau à la vanille

6 : Granulé d’amandes

: Mousse à la caroube

8 : Tarte à la lime

9 : Tourte à la crème, bananes et noix

10 : Truffe à la caroube  

A propos de l’auteur

Communiquez avec Daniel Proulx

Remerciements

Tout d’abord, merci à tous ceux qui ont partagé avec moi leurs expériences et réflexions sur les changements alimentaires, que ce soit via des publications écrites, des vidéos ou des discussions ainsi que des conférences. Puis plus précisément, à Ginette Brassard, Jacques Proulx, Hugues Arseneault, Élisabeth Fortin qui ont gentiment critiqué cet ouvrage ou mon essai précédent. Ils ont eu la gentillesse de m’offrir leur aide, l’amitié de tenir leur parole et le courage de me dire ce qu’ils pensaient. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de cuisiner des recettes pour m’envoyer des photos de leurs plats. Finalement cet ouvrage n’aurait pas vu le jour, si Karine Laverdure ne m’avait pas incité à l’écrire et n’avait pas partagé avec moi ses propres expériences et réflexions sur le sujet.

Note au lecteur

J’ai misé sur la simplicité. J’y ai mis toute mon attention mais mes limites en tant qu’auteur et linguiste vont peut-être vous paraître évidentes. J’espère que vous ferez preuve d’un peu d’indulgence et que vous réussirez à passer par-dessus mes imperfections. Si vous sentez la fibre de la gentille vous chatouiller, n’hésitez pas à me faire part de vos corrections. De plus, si vous avez des expériences qui vont dans le même sens ou à contre sens de ce que vous avez lu dans ce livre vous êtes les bienvenus de les partager avec moi.

Bonne lecture!

Première partie : L’histoire de Moi et l’Autre

Introduction

La première chose que je dois préciser est que je ne suis pas formé pour vous donner une opinion scientifique. Dans ce livre, à travers des discussions, je vous partage mes expériences, mes hypothèses et mes réflexions, quelques fois philosophiques, sur les changements que j’ai effectués dans mon alimentation. Je donne très peu de références, car la littérature abonde dans les livres et sur Internet. De plus, j’accorde plus d’importance aux expériences qu’aux explications qui prennent leurs racines dans des données statistiques.

Au fil du temps, la plupart d’entre nous effectuent toutes sortes de changements et je ne fais pas exception. Cependant, les changements alimentaires ont été ceux qui ont eu le plus d’impact dans toutes les sphères de ma vie. J’ai décidé d’écrire ce livre, pour partager ce que j’ai vécu.

Lorsqu’on veut améliorer son bien-être en faisant des changements alimentaires, je crois qu’il est important de ne pas s’identifier au moyen. Vous êtes devenu végétarien ou crudivore et vous vous sentez obligé de suivre la doctrine jusqu’au bout, sans trahir les dogmes. Cette attitude va-t-elle vous permettre d’atteindre vos objectifs de bien-être? Est-elle un terreau favorable aux remords et à la culpabilité? Je crois qu’il ne faut pas perdre de vue qu’on est libre et responsable de notre bien-être.

Je crois que l’essence de tout changement réussi est la motivation. Il y a plusieurs bonnes raisons pour lesquelles nos vies sont ce qu’elles sont. On aimerait tous avoir une énergie constante et forte, n’être jamais malades, avoir l’esprit clair, rire de tout, s’investir corps et âme dans des projets qui nous nourrissent et bien plus encore. Nous avons rempli nos vies d’activités alors il faut se demander si nous sommes prêts à faire de la place pour des changements alimentaires qui correspondent à ce que nous sommes. Le voulons-nous vraiment ou est-ce que ce sont les gens autour de nous qui voudraient qu’on améliore notre façon de s’alimenter? Veut-on être le superman ou la superwoman? Si votre réponse est que vous êtes prêt à examiner la possibilité de faire des changements alimentaires qui vous ressemblent, j’espère que la lecture de ce livre pourra vous éviter les écueils qui vous éloigneraient de votre bien-être plutôt que de vous en rapprocher.

Bonne lecture!

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Section 1: Sept ans de changements.

Moi et L’Autre, quelques caractéristiques.

Moi : J’ai 35 ans, je travaille comme programmeur en informatique et j’ai grandi au Québec dans une famille moyenne, une famille aimante et généreuse. Je suis très attiré par ce que je ne connais pas, je prends des risques sans trop comprendre les conséquences. L’essentiel de ma motivation prend ses sources dans le plaisir, le sport, la musique et les amis. Je me nourris un peu comme la majorité des Québécois de l’époque : la viande, le sucre, le pain et les produits laitiers forment le noyau dur de mon alimentation. À l’adolescence, se sont ajoutés le café et l’alcool. Tout va bien, du moins c’est ce que je pense, jusqu’à ce que mon énergie se mette à baisser sous l’effet d’un horaire trop chargé. Cela est difficile à isoler, mais je crois que, essentiellement, ma vie désordonnée ne fait plus de sens pour moi et je cherche inconsciemment une autre avenue qui pourrait nourrir mon intérêt, ma santé et éventuellement mon énergie. Le signal de départ de mes changements vient d’être donné.

L’Autre : Il suit un cheminement parallèle au mien. À l’aube de nos échanges, l’Autre est du genre à craindre plutôt qu’à faire confiance. Il n’aime pas être contrarié, adore son petit confort et se complaît dans ses habitudes. Néanmoins, il désire voir le monde, expérimenter tout ce qu’il ne connaît pas et vivre en constante recherche de vérité. À 30 ans, son travail d’ingénieur lui demande beaucoup d’énergie et il sent que son corps a de la difficulté à suivre même si de l’extérieur tout semble baigner dans l’huile.

Moi et l’Autre : Ensemble, nous formons une équipe formidable. Moi qui pousse trop et l’Autre qui retient trop. D’expérience en expérience, nous nous soutenons. Un équilibre qu’aucun de nous n’avait connu s’installe. On apprend à se respecter dans nos différences tout en se critiquant abondamment.

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La rencontre.

Moi : Je suis à la librairie en train de feuilleter le livre The first phone call from heaven de Mitch Albom à côté d’un gars qui feuillette Have a little faith du même auteur. Il me demande si j’ai lu le livre qu’il tient dans ses mains. Je lui réponds que c’est Have a little faith qui m’avait ramené ici pour me procurer un autre livre du même auteur. Après avoir longuement discuté de l’auteur, il me demande si je veux l’accompagner à un petit bar qu’il aime bien à deux coins de rue.

L’Autre aime bien la fête. Nous entrons dans le bar où l’Autre connaît tout le monde et on se commande une bière. On jase de tout et de rienet un intérêt commun se dégage de nos conversations : la faim dans le monde. Comme lui, j’ai été mis en contact avec ce problème par des reportages radio, des publicités et des discussions entre amis.

 Alors, qu’est-ce qu’on fait?

 On continue à boire pour noyer notre douleur et après on s’enfile
une bonne bouffe en l’honneur de ceux qui ont faim. Sérieusement, je n’en sais
rien. Nous sommes loin des pays qui souffrent de pauvreté et de malnutrition.
Qu’est-ce qu’on peut faire pour eux?

 On peut boire moins et envoyer plus d’argent aux organismes de
charité, mais ce n’est qu’une partie du problème. Dans bien des pays en voie de
développement, les forêts sont rasées pour élever du bétail qui nourrit cent
fois moins de personnes que de manger directement le végétal. De plus, dans ces pays, ceux qui ont plus de moyens mangent de plus en plus de viande, ça fait riche.

 Tu veux dire qu’on devrait devenir végétarien ?

Pourquoi pas?

Tu penses qu’on va régler le problème? (L’Autre est sceptique)

 On peut continuer à prendre notre petite bière tranquille, au
moins on fera vivre les brasseurs. Ou on peut s’impliquer un peu plus à travers le végétarisme.

 Pas certain.

 Pas motivé?

 Ah, c’est compliqué.

 Pas motivé?

 Quand tu commences à manger différemment des autres, tu commences
à ne plus faire partie de la gang.

 Pas motivé?

 As-tu pensé? Les anniversaires, Noël, le jour de l’An.

 Pas motivé?

 La famille. Qu’est-ce que ma mère va penser? Qu’elle a été une
mauvaise mère? Qu’elle nous a nourris de la mauvaise façon?

 Ta mère va penser qu’elle t’a donné une éducation qui te permet
aujourd’hui de prendre la responsabilité de ton bien-être. Elle sera fière de
toi et elle sera contente d’apprendre de toi. OK, on peut arrêter cette discussion, j’ai compris.

 Ce n’est pas que je ne veux pas, mais…

 C’est correct. Bon ben y faut que j’y aille.

 Tu pars comme ça, t’es fâché?

 Non, je n’avais pas prévu m’arrêter pour prendre une bière, il
faut que j’y aille. Moi non plus je ne sais pas si je suis assez motivé pour
essayer et puis je n’ai pas à essayer de te convaincre.

 Je m’excuse d’avoir été si négatif.

 Je ne crois pas que tu aies été négatif, seulement critique. Je suis
d’accord avec tous les points que tu as mentionnés. C’est pour ça que je te
parle de motivation. Si on veut changer nos habitudes, mais que nous ne voulons
rien changer en même temps, c’est que nous n’avons pas la motivation nécessaire pour faire des changements.

 Si on faisait chacun de notre côté des petites recherches sur les
bienfaits du végétarisme? On pourrait se donner rendez-vous ici la semaine
prochaine et voir si on peut faire naître une certaine motivation.

 Excellente idée.

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Le végétarisme.

Toute la semaine, je parcours des livres sur le sujet, sans compter les discussions que j’ai avec quiconque veut en parler. Je tombe même sur une analyse des motivations pour faire des changements alimentaires.

J’y découvre la question d’esthétique, soit des problèmes de peau ou de poids.

Ensuite, une question de santé. Les problèmes psychologiques tels que la dépression, le burnout ou encore ceux qui se promènent dans des montagnes russes entre la joie et la tristesse. Ceux qui se sentent toujours fatigués. Ceux qui souffrent d’intolérance alimentaire, d’allergies ou d’hypoglycémie. Ceux qui ont des maladies graves telles que le cancer ou les maladies coronariennes, pour ne nommer que celles-ci.

Puis, une question de tendance? Est-ce que ça fait « cool » d'avoir une alimentation spéciale? Dans ce cas, peut-être vais-je porter le chapeau qui paraît bien alors qu’en dessous, il n’y a rien.

Il y a aussi la question spirituelle. Le désir de favoriser la circulation de l’énergie dans un corps le plus libre possible de toxines afin de faciliter la quête spirituelle.

De plus en plus, la question écologique. Réduire l’empreinte écologique. Adopter des habitudes alimentaires qui permettraient à chacun de se nourrir convenablement sans puiser dans les ressources futures de la planète.

Depuis longtemps, la question humanitaire. La complicité de la cruauté envers les animaux.

Finalement, certaines personnes, particulièrement les adolescents qui se cherchent et qui sont en réaction contre les attentes de leur famille ou de la société en général « Moi je mange des insectes. »

Plus je lis et plus je me rends compte que le végétarisme amène avec lui une saine logique alimentaire. Je conclus donc que l’amélioration de la santé des végétariens n’est pas seulement due à l’arrêt de la consommation de viande. Comme les changements de diète apportent avec eux la crainte de manquer de quelque chose, plus particulièrement de protéines, on devient plus avide d’information sur l’alimentation en général, ce qui amène à consommer des aliments entiers et plus variés en plus de bénéficier d’une plus grande connaissance de ce qui est bon ou mauvais pour le corps. Les nouveaux végétariens ont tendance à lire davantage sur les impacts de leur alimentation et à diminuer la consommation d’aliments qui leur sont néfastes.

Plus je me renseigne, plus je me sens attiré par l’idée de me secouer les puces et de me responsabiliser, non seulement par rapport à la faim dans le monde, mais aussi par rapport à ma santé physique et psychologique.

J’appelle donc l’Autre et je lui propose de troquer notre rencontre dans un bar pour un restaurant végétarien où il y a un buffet. Comme ça, l’Autre se sentira moins menacé, il pourra choisir.

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La peur.

Assis à une table un peu à l’écart, j’attends l’Autre. Il arrive vingt minutes en retard, l’air un peu gêné en s’excusant. Je sens que son retard n’est pas la seule raison de son stress. Je pense que c’est le fait de manger différemment.

 — Comment ça va, l’Autre?

 — Bien! Et toi?

 — Prêt à découvrir de nouvelles saveurs, du moins je l’espère? On y va? Je meurs de faim.

 — Espérons que nous allons survivre.

 — Ah oui?

 — Une blague.

Après avoir goûté quelques mets et pigé dans nos assiettes respectives, la discussion, ou plutôt mon monologue enthousiaste, commence. Je lui déballe toutes les motivations qui résultent de ma recherche. Je sens qu’il y a peut-être quelque chose qui le sécurise, mais je sens aussi qu’il y a quelque chose qui ne va pas. « Et toi, qu’est-ce que tu as découvert? »

 — À vrai dire, j’ai eu une semaine surchargée et je n’ai pas eu le temps de m’y mettre.

 — C’est ça le stress que je sentais?

 — Oui! Je suis désolé.

 — Pas motivé?

 — Tu vois bien ma peau. Tu vois bien que je prends du poids et que je ramollis. Et puis les montagnes russes d’émotions dont tu parlais. Finalement, peut-être que c’est une option qui m’aiderait.

 — Assez motivé?

 — Bien assis au restaurant, c’est facile de se conter des histoires, bien que la plupart des mets que j’ai goûtés n'étaient pas si mal.

 — Qu’est-ce qui est important pour toi?

 — Rien que ça?

 — Si tu ne connais pas tes priorités, comment fais-tu pour choisir ce que tu vas embrasser et ce que tu vas repousser?

 — À vrai dire, je n’ai pas vraiment pensé à ça, j’embrasse comme ça vient et je repousse avant que ça vienne.

 — Il me semble que tu ne veux simplement pas que ça change.

 — Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne?

 — C’est certain que les boutons c’est normal. C’est certain que les montagnes russes c’est normal. C’est certain que prendre du poids c’est normal. C’est certain que c’est normal que dans dix ans tu sois un abonné des hôpitaux.

 — C’est probablement que je travaille trop, et puis c’est normal, il faut bien mourir de quelque chose.

 — Oui, dégénérer aussi vite on peut dire que c’est normal, mais est-ce naturel? Comme nous avons à peu près les mêmes habitudes alimentaires, est-ce normal d’avoir à peu près la même dégénérescence?

 — T’as pas fini de m’agresser?

 — Oui!

Sur ce, je comprends que l’Autre ne veut pas changer. D’accord, c’est son affaire et je ne lui demande pas de le faire, ce n’est pas ma responsabilité, mais qu’il s’en prenne à moi, ça, non. Je me lève et déguerpis.

­ — QU’EST-CE QUI TE PREND? ATTENDS! Et puis zut!

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On efface pis on r’commence

Piteux, L’Autre se retranche dans ses quartiers.

Oui, se dit-il, ça m’fait chier d’avoir peur. Je sais que ce n’est pas si facile que ça. Lui il s’en fout des autres, mais moi j’en ai besoin, je veux qu’ils continuent de m’accepter.

Mes priorités, mes priorités. Comme si c’était facile. Lui, c’est quoi ses priorités? Il a l’air plus audacieux que moi. Je ne sais presque rien de lui, mais je me sens très près de lui. Parti comme ça, y'a pas beaucoup de chance que notre jeune amitié se poursuive. Y va falloir que je fasse un pas, un vrai pas, parce que lui il semble décidé à passer à autre chose.

Quelques jours après, l’Autre me téléphone pour s’excuser de ses réactions de peur. Je lui dis que je ne veux pas le convaincre de quoi que ce soit, que c’est sa responsabilité de changer ou de ne pas changer. Je suis plutôt froid. Je pardonne, mais j’essaie de garder une certaine distance avec les agresseurs. Lui, il ne fait pas ses recherches, il arrive en retard et il m’engueule parce qu’il a peur. Est-ce que je veux d’un tel type comme ami? Soudain, il me propose d’essayer un mois végétarien et d’en reparler.

 — Et comment je vais savoir si tu respectes tes engagements? Tu te souviens de nos recherches?

 — Tu as raison de te méfier, mais je peux faire mieux. J’ai acheté le livre de Danielle Starenkyj : le bonheur du végétarisme. On pourrait peut-être se réunir quelques fois par semaine pour essayer des recettes et planifier les autres repas?

Je me dis qu’il a l’air organisé. Je veux donner la chance au coureur. Après tout, un allié, même faible, est peut-être mieux que de faire la route seul. Et puis, il y a quelque chose qui m’attire en lui. Peut-être son insécurité me stimule-t-elle à lui faire dépasser les limites de son confort, peut-être est-ce mon petit côté enseignant.

 — OK! Mais cette fois-ci t’as besoin de respecter tes engagements.

 — Promis! On mange demain soir au même restaurant? J’apporte mon livre et on regarde ce qu’on peut faire?

 — OK!

 — Et puis, j’aimerais bien que tu élabores sur tes priorités ainsi que sur tes motivations.

 — Bien sûr! Et toi?

 — Pour moi, ce n’est pas si facile, je ne pense pas comme toi. Je n’ai pas les idées claires sur ce genre de choses.

 — OK! J’en ai long à dire, on verra si ça te donne matière à réflexion.

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Deuxième rencontre.

Lorsque j’arrive, l’Autre est déjà là et consulte son livre de recettes.

 — Déjà dans les recettes?

 — Non! Je consulte la partie information. J’y apprends beaucoup de choses. C’est étonnant à quel point je suis ignorant des informations qui sont importantes pour ma santé.

 — Pour moi aussi, les lectures ont mis en lumière mon ignorance. Est-ce qu’on essaie de nouveaux mets?

 — Je vais commencer par ceux que j’avais aimé, au cas où…

 — Au cas où trop de bonnes choses seraient incompatibles avec ton corps intoxiqué?

 — Je trouve que les mets que j’ai mangés la dernière fois sont meilleurs aujourd’hui. Est-ce possible que je me sois habitué si vite?

 — Mon hypothèse est que, la dernière fois, tu étais sur la défensive. Tout ton être refusait de se laisser la moindre chance de changer. Aujourd’hui, tu es un peu plus informé et tu résistes moins, tu y vois davantage ton intérêt.

 — Peut-être. Parlant de changements, si tu me disais où tu trouves ta motivation pour changer ton alimentation.

 — Mon niveau d'énergie.

 — C’est tout?

 — Pour moi, mon niveau d'énergie est la fondation sur laquelle repose mon bien-être et qui me permet de faire mes activités avec entrain. Mon expérience m'a appris que tout ce que je fais dans ma vie dépend directement de mon niveau d'énergie. Je suis moins présent à ce que je vis lorsqu’il est bas. Mes joies sont moins vibrantes, mes souffrances plus intenses et plus difficiles à supporter, je choisis des activités plus passives comme la télé qui a tendance à m'hypnotiser, ma disponibilité aux autres est moins active et je suis moins connecté à mon instinct. J’ai aussi remarqué que mon imagination carbure à l’énergie intense. Fatigué, je peux me stimuler à faire n’importe quoi, mais l’imagination n’y est pas.

 — As-tu eu des expériences qui t’ont motivé?

 — Par exemple, à 28 ans, mon optométriste m'a prescrit des lunettes. Il m'a dit que mon problème de vision remontait à l'adolescence. Je lui ai alors demandé pourquoi est-ce que c'est dix ans plus tard que ma vision me fait défaut? Il m'a dit que mon niveau d'énergie n'était plus assez élevé pour compenser. À ce moment, j’avais un horaire complet à l'université et j'enseignais à temps plein.

 — Ça a été assez pour te motiver?

 — Non! Quelques années plus tard, la diminution de mon niveau d'énergie a commencé à se manifester dans la plupart des sphères de ma vie, j'ai alors commencé à examiner mes habitudes. Le bon point : je faisais beaucoup d'exercices. Cependant, j'ai réalisé que je dépendais de plus en plus des stimulants comme le café, le chocolat, le thé ainsi que certains produits naturels contenant des stimulants. Définitivement, mon énergie vitale diminuait, ce que je ne pouvais accepter.

 — Alors, lorsqu’on s’est rencontré, tu y pensais déjà?

 — Oui! J’avais déjà fait quelques lectures, dont le livre que tu as près de toi, mais ma motivation était molle. Lorsque tu as suggéré de rechercher des informations sur la motivation de changer pour une alimentation végétarienne, je m’y suis mis sérieusement. Mes recherches m’ont aussi informé sur les modes culinaires qui se sont imposées au fil du temps : le végétarisme, la macrobiotique, l'alimentation dissociée ou les combinaisons alimentaires du Dr Shelton, le régime Montignac, le crudivorisme, dont le régime Hippocrate, les groupes sanguins, l’alimentation paléolithique, et cetera. Certaines ont perdu des adeptes, d’autres tiennent bien le coup.

 — Pourquoi les gens cherchent-ils des voies différentes?

 — Chacun a ses raisons, mais la plupart de celles-ci sont associées à leur bien-être physique et psychologique.

 — Que choisir?

 — Je crois que chacune de ces approches permet de s’éloigner plus ou moins des habitudes qui nous sont néfastes. Pour moi, la bonne façon de choisir est d’être plus attentif aux réactions de mon corps et de mes émotions en relation avec les aliments que je mange. D’abord, je me renseigne sur les symptômes possibles et de leur relation avec certains aliments. Ensuite, je regarde si les aliments que je mange sont dans la liste et je cible ceux que je considère les plus dommageables. Après, j’en enlève un pour une semaine et je le réintroduis.

 — C'est-ce que tu as fait avec la viande?

 — Non! Ma motivation pour la viande n’était pas qu’égocentrique, il y avait aussi la faim dans le monde.

 — Tu veux devenir végétarien?

 — On se calme! Je vais m’alimenter selon une diète végétarienne. Je ne suis pas un végétarien, je suis un homme libre. Pour moi, ce n’est qu’un moyen pour atteindre un objectif.

 — Tu joues sur les mots.

 — Les mots ont leur importance. Suppose que je m’identifie comme végétarien, je devrais alors suivre les règles, car sans ça, je me sentirais traître à la cause.

 — Tu veux manger végétarien ou pas?

 — Je veux obtenir les bienfaits de ne pas manger d’animaux. Je suis libre de choisir ce que je mange comme je le veux. Tant que mes motivations sont là pour me soutenir, je vais poursuivre mon but, mais c’est moi qui décide à chaque moment selon ce que je juge important. Je n’ai pas de compte à rendre au végétarisme. Par contre, je dois me rendre des comptes. Est-ce que je me responsabilise par rapport à mes objectifs? C'est à moi d’en décider et de trouver des moyens pour les rencontrer. Ce que je veux dire, c’est que je crois que nous ne devons pas nous identifier au moyen. Pour moi, être ou ne pas être végétarien n'est pas une question qui se pose. La vraie question c’est : « est-ce que je me responsabilise pour choisir et atteindre mes objectifs? »

 — Ça veut dire que tu ne suivras pas tes objectifs à cent pour cent?

 — Non! Ça veut dire que je ne deviendrai pas un végétarien. Ça veut dire que je vais monter sur la « slackline » (sangle élastique suspendue entre deux ancrages pour y marcher) la première journée en étant aussi performant qu’il m’est possible de l’être pour ma première journée. Je vais y mettre tout mon être, mais je serai conscient de qui je suis et je serai réaliste, car je vais certainement tomber comme un débutant.

 — Et aux autres, comment tu leur présentes ça?

 — Lorsque nous parlons ensemble, nous sommes dans une démarche de changement, donc nous devons préciser nos actions pour que nous puissions interagir à un niveau qui nous informe suffisamment pour pouvoir faire des choix. Peu importe ces choix, nous sommes continuellement en interaction avec les autres et ça devient embêtant de toujours devoir expliquer où on en est dans nos changements alimentaires, la formule « je suis végétarien » peut alors faire l'affaire. Cependant, cela correspondrait davantage à ma philosophie de dire que j'ai choisi mon bien-être en sélectionnant, au fil des informations que j’ai consultées, les aliments qui me conviennent le mieux et aujourd’hui, j’expérimente de me passer de viande afin de me permettre de mieux atteindre mes objectifs. En ce qui me concerne, je vais dans les explications seulement lorsque la conversation permet d'aller plus profondément.

 — Et tu le dis comme tu viens de me le dire?

­ — Certainement pas. Si on revient aux choix, ce que je recherche ultimement, c’est mon bien-être. Cela implique-t-il que mon objectif soit parfaitement satisfait? Mon objectif ultime n'est-il pas d'être bien? À la limite, je préférerais être bien et malade que de ne pas être bien et en santé. Ma solution actuelle est de voir ce que les règles du végétarisme peuvent m’apporter. Après, je verrai. Je vais tirer les leçons de mes expériences et continuer à m’informer, ensuite je me fixerai les objectifs que je jugerai opportuns.

 — Étape par étape à ce que je vois. Et ta priorité numéro un c’est d’être bien. Puis ton niveau d’énergie là-dedans?

 — Être bien c’est assez élevé comme priorité, pour ça il m’a fallu déterminer quels étaient les facteurs qui contribuaient à mon bien-être ainsi que les facteurs qui l’entravaient.

 — Comment as-tu fait ça?

 — J’ai d’abord commencé à me regarder, à me ressentir, à voir mes réactions physiques et psychologiques et à voir comment les gens autour de moi réagissaient avec moi.

 — Compliqué!

 — Là, je te l’explique avec des mots, mais pour moi ç’a été instinctif. De temps à autre, je vivais des évènements et je prenais conscience de leur importance. Puis après réflexion, je me suis rendu compte que le point central qui déterminait l’intensité de mes états d’esprit et de mon comportement était le niveau de mon énergie.

 — Par exemple?

 — Par exemple : l’autre jour j’avais une partie de badminton planifiée en soirée. Après le souper, j’ai eu un coup de barre et je n’avais plus envie d’y aller. Je me suis fait un bon café, puis mon énergie est revenue et avec elle le goût de jouer. Un autre exemple : l’impatience. Je suis de nature très impatiente et lorsque mon énergie est élevée, j’arrive à canaliser cette impatience positivement, mais lorsque je suis fatigué, je deviens difficile à supporter.

 — Tu dois être très fatigué depuis qu’on se connaît.

 — Oui, je crois que tu me fatigues beaucoup.

 — Alors, ta motivation c’est ton énergie.

 — C’est la plus importante. Mais je ne suis pas insensible aux animaux que nous mangeons, à ma santé physique et psychologique, à l’écologie, et cetera. Cependant, il faut que je porte mon attention sur quelque chose de mesurable et qui est très important pour moi.

 — Pour toi, ça suffit?

 — Je n’en sais rien, je n’ai pas encore essayé, mais si dans les six prochaines années j’obtiens des résultats, même minimes, je vais poursuivre.

 — Six ans?

 — On a des milliards de cellules à régénérer. Soyons réaliste, dans les six prochains mois ça devrait commencer à être perceptible.

 — Vu comme ça.

 — Et toi, tu devrais le voir sur ton tour de taille assez rapidement.

 — Est-ce une menace?

 — Mon expérience de la semaine dernière me dit que je serais justifié de planter au moins un étalon de mesure.

 — Bien sûr, je comprends ton scepticisme. Tu penses que ça va diminuer mon tour de taille?

 — Je crois que ce n’est pas seulement d’arrêter de manger de la viande, c’est aussi de manger des aliments entiers qui te nourrissent. Les cellules étant donc elles aussi mieux nourries, cela permet de manger de moins et moins souvent. Et toi, pourquoi t’embarquer dans cette galère?

 — Je n’ai pas envie du tout de m’embarquer dans cette galère, mais je sens bien que je dois changer quelque chose si je ne veux pas me retrouver comme mon père à fréquenter mon médecin plus souvent que mes amis. De plus, je sens que ma concentration au travail diminue et que je deviens moins productif. J’ai proposé un mois, puis je verrai si je suis capable de continuer et si je veux continuer.

 — OK. Un mois, mais un vrai mois.

 — Oui!

 — Quand est-ce qu’on cuisine?

 — J’ai vu une recette de « rôti d’orge » qui me semble intéressante. On pourrait peut-être s’y mettre demain soir chez moi.

 — OK! Est-ce que j’apporte quelque chose?

 — Non! Je serai chez moi à 17 h.

 — OK! À 17 h.

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Apprentis cuisiniers cherchent réactions

Le lendemain, je constate que l’Autre a fait tremper l’orge.

 — Bravo! Tu as pensé à faire tremper l’orge.

 — Je t’ai dit que je tiendrais parole.

Après avoir préparé le rôti d’orge, l’avoir mis au four et avoir fait la vaisselle, on s’installe à table avec une bonne bière.

 — Finalement, ce n’est pas trop compliqué à préparer?

 — Oui, mais ça demande un peu plus d’organisation pour tremper les céréales, les légumineuses, les graines et les noix.

 — Hier soir, j’ai relu la recette avant de me coucher et je me suis aperçu qu’il fallait faire tremper l’orge. Pour la salade, c’est un peu comme on a toujours fait.

 — As-tu eu des réactions après notre souper d’hier?

 — Non! Excepté que je me sentais plus léger et que je m’endormais moins après avoir mangé. Il faut dire que je n’en ai pas abusé et que je n’ai pas mangé de dessert.

 — Moi, ma digestion a été plutôt difficile. C’était probablement dû à une trop grande variété d’aliments dans le même repas.

 — Possible. Oups, c’est prêt. Le moment de vérité est arrivé.

 — Mumm! Pas si mal pour notre première recette.

 — Mangeable, sans plus.

 — Le goût, ça s’éduque tranquillement. On pourrait bouffer chez moi après-demain. Je vais trouver une recette et me procurer le nécessaire.

 — OK! Je vais séparer ce qui reste en deux et on aura de quoi survivre jusque-là.

 — Oui! Soyons attentifs à nos réactions physiques et psychologiques, nous en discuterons.

 — Parfait! Il va falloir que j’y pense parce que si les réactions ne sont pas fortes, j’ai tendance à ne pas m’en rendre compte, encore moins à les enregistrer.

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Un mois plus tard…

Un mois s’écoule au rythme de nos rencontres autour de nos comptoirs de cuisine, de nos succès et de nos échecs. Pour l’Autre, l’heure du bilan est arrivée. Pour l’occasion, nous refaisons la recette de notre première rencontre d’apprentis cuisiniers végétariens.

 — Et puis, l’Autre, quel est ton bilan?

 — Depuis un mois, je mange du pain entier, des pâtes entières, du riz entier, de l’orge entière, du tofu et d'autres nouveautés. Je dois dire qu’aujourd’hui, en mangeant ce rôti d’orge, c’est la première fois que j’ai vraiment du plaisir.

 — De plus, nous avons toujours préparé des mets différents. Peut-être que de manger quelque chose que ton cerveau reconnaît a créé un effet de réconfort.

 — Peut-être! Je crois que mon besoin de me réconforter avec la nourriture est plus fort que le tien. Je suis une bête plus sociale que toi, j’aime faire la fête, ça me dégage l’esprit. Depuis le début de notre expérience, j’ai mis la pédale douce sur mes activités sociales et je ne crois pas que je pourrai continuer longtemps comme ça.

 — Ça veut dire qu’on arrête nos expériences?

 — Oui et non. On pourrait continuer à se cuisiner des petits plats végétariens de temps en temps.

 — Je suis partant.

 — OK, on retourne à nos anciennes habitudes.

 — TU retournes à tes anciennes habitudes.

 — Pas toi?

 — Non! Moi, je continue.

 — Pourquoi?

 — Il y a des inconvénients à manger différemment, mais il y a des avantages. Ça fait seulement un mois et déjà j’ai constaté que mon énergie est plus stable et que mes hauts et bas émotionnels sont moins intenses. Je crois qu’à long terme c’est prometteur.

 — Pour moi, c’est certain que ma peau est plus belle et que ma ceinture a gagné un trou, mais c’est trop difficile.

 — Plus j’ai d’énergie, plus je me sens bien, plus l’univers me semble accueillant, plus le jeu est présent dans tout ce que je fais, bref, plus je me sens vivant. Je vais continuer dans la même veine sauf que je vais relâcher un peu la garde, car j’essaie d’être réaliste sur ma capacité à maintenir le rythme. Mon objectif est de prendre le temps d’apprivoiser le monde du végétarisme pendant assez longtemps pour voir si les bienfaits sont au rendez-vous et si mon plaisir de manger continu à s’améliorer.

 — Peut-être qu’on devrait se donner un mois de répit. Je vais partir la semaine prochaine en Europe pour mes vacances, à mon retour on se fait une petite bouffe végétarienne?

 — OK! Je prends ça en note. À ton retour je vais te chercher à l’aéroport et je t’amène chez moi pour célébrer ton retour à la végétarienne.

 — Ou plutôt, pour célébrer à la végétarienne mon retour.

 — Ah oui! L’importance des mots et de leur ordre.

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Retour de vacances de l’Autre

À l’aéroport, j’ai aperçu l’Autre et de loin je pouvais me rendre compte de ses quelques livres en plus. De près, sa peau était saine, mais son poids s’était nettement élevé.

 — Salut, l’Autre! Passé de belles vacances?

 — Oui! Splendides. Et toi, toujours les bonnes habitudes?

 — Oui! De plus en plus. Cependant, je me suis tapé un bon roast-beef saignant hier soir, au restaurant.

 — On triche?

 — Non! Je poursuis mes objectifs, j’ai dit que je ne serais pas aussi strict que je l’ai été le premier mois. Et toi?

 — J’ai mangé quelques noix. C’est végétarien, je crois?

 — Oui! Un fruit oléagineux.

 Pour ne pas trop le traumatiser, je lui prépare une lasagne et une salade.

 — Excellente ta lasagne!

 — Et le vin que tu as rapporté aussi. Je mange moins de pâtes ces temps-ci, je recherche davantage les céréales non transformées, mais je me disais qu’après un mois de régime carnivore et d’aliments transformés ça serait plus accessible pour toi.

 — Merci, bien raisonné! Comment a été ton deuxième mois?

 — Beaucoup plus facile que le premier. Je suis de plus en plus familier avec le goût des aliments entiers. Et toi, tu te sens bien?

 — Oui et non. Tu as certainement remarqué mon investissement dans quelques livres, malheureusement rien à voir avec la culture. Non seulement j’ai regagné mon poids d’avant, mais j’ai profité un peu plus. Mon entraînement a été intensif et je suis maintenant prêt à affronter les terrasses québécoises.

 — Si tu peux encore passer entre les bras des chaises.

 — Sérieux, je me sens plus lourd. J’ai eu beaucoup de plaisir dans mes orgies de bouffe et de boisson, mais en même temps, je sens que je fuis une avenue que je dois prendre. J’ai pensé à ça à travers mes excès et les lendemains de veille me rappelaient que je dois payer le prix et que ce prix est de plus en plus élevé. J'ai rencontré un gars qui mangeait cru depuis dix ans. Il avait presque deux fois mon âge et il avait plus d’énergie que moi.

 — Oui, j’ai lu là-dessus, l’effet des enzymes.

 — Pas pour moi, mais ça a l’air de fonctionner.

 — Pas pour moi non plus pour le moment, mais peut-être plus tard. Actuellement, c’est déjà assez difficile de m’habituer aux nouveaux goûts des aliments entiers, un changement à la fois.

 — Mon banquier m’a dit que je ne pouvais pas renouveler ma garde-robe. Qu’est-ce que tu dirais de refaire un autre mois d’essai avec moi?

 — Oui, bien sûr, mais moi, je suis rendu plus loin. Actuellement je suis une ligne moins « pure » que notre premier mois ensemble. De temps en temps, je me tape un dessert de fabrication plus que discutable.

 — Ça me va comme ligne de conduite.

 — Je crois que je ne ferai plus d’écarts sur les desserts industriels, je vais choisir les desserts sans sucre avec des aliments entiers.

 — Moi je vais m’en tenir aux desserts « de fabrication plus que discutable ».

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Six mois plus tard…

Il m’arrive, en de rares occasions, de boire une boîte de sirop d’érable en lisant un bon livre, histoire de satisfaire ma passion dévorante pour le sucré en me convainquant que du sirop d’érable ce n’est quand même pas du sucre blanc. Cependant, à chaque fois, je me demande pourquoi je torture mon corps à ce point. À ce stade de mes engagements, je me concentre sur l’abstinence de la viande, quoiqu’un des effets collatéraux est que je développe en même temps le plaisir de manger des aliments entiers. Pour ce qui est du sucre, même si je sais qu’il est néfaste et bien que je ne sache pas encore à quel point il mine mon énergie, il ne fait pas partie de mon engagement. Il est temps de faire le bilan des six derniers mois. L’Autre et moi sommes réunis autour d’un excellent plat « d’empilade lentipomme ».

 — Et puis, l’Autre, non seulement tu as refait un mois après tes vacances, mais tu en as rajouté cinq. Et si on faisait une petite révision?

 — Pas très pur, mais de plus en plus convaincu que c’est la bonne voie. Et toi?

 — Moi aussi. Je constate que mon niveau d’énergie, bien qu’il ne soit pas stable, est meilleur et que mes problèmes de constipation se sont grandement résorbés, avec comme impact que mes problèmes d’hémorroïdes se sont calmés. De plus, ça me fait du bien de faire un effort qui ne sert pas seulement à moi, mais aussi aux autres. Je ne suis qu’une goutte dans l’océan, mais sans gouttes, il n’y a pas d’océan.

 — Moi aussi je prends de plus en plus conscience des transformations qui s’opèrent en moi. Chemin faisant, je continue à m’informer sur l’alimentation, car je suis craintif des effets à long terme des changements que j’entreprends. De plus en plus de personnes me parlent de leur intolérance aux produits laitiers et mes recherches me font conclure que d’en consommer après avoir été sevré n’est peut-être pas si naturel que ça, que c’est sans doute même néfaste. Vrai ou faux? Est-ce essentiel à la santé? J’ai lu que la consommation de produits laitiers produit généralement un excès de mucus qui engorge le système immunitaire et favorise les allergies, les propensions aux rhumes et aux grippes, les problèmes de sinus, d’asthme, les problèmes intestinaux comme le Candida, certaines formes d’infertilité, l’athérosclérose, les maladies du cœur, les kystes et les tumeurs, particulièrement celles aux seins et à la prostate.

 — Il me semblait que le mucus était nécessaire.

 — Le rôle du mucus, en tant que barrière protectrice qui garde humide les tissus sous-jacents et tient à l’écart les bactéries et autres organismes étrangers, est essentiel, mais lorsqu’il se retrouve en excès il congestionne le système immunitaire. La caséine, protéine principale présente dans les produits laitiers, favorise la formation de mucus dans l’organisme. Elle peut également faire épaissir le mucus déjà présent dans les sinus, le nez, les oreilles, les bronches ou même dans n’importe quelle partie de l’organisme. Les produits laitiers, la farine blanche, le sucre, la viande, les œufs, le beurre d’arachides, les fritures et les matières grasses sont les aliments les plus susceptibles de favoriser la formation de mucus. À qui me fier? Depuis mon abandon de la viande, mis à part quelques crises de désintoxication, je me sentais mieux physiquement et émotivement. Pour les produits laitiers, je me suis dit que le meilleur moyen de savoir était d’essayer et d’être attentif. La première conséquence fut que je me sentais plus léger et mon niveau d’énergie augmentait sensiblement. Je ne suis pas prêt à arrêter complètement, mais les essais que j’ai faits sont positifs. Il me reste à me convaincre que je peux en faire mon deuil.

 — Est-ce que ton niveau d’écarts te convient?

 — Oui et non. Ce qui me dérange le plus ce sont mes écarts incontrôlés. Lorsque ça arrive, je me sens vaincu.

 — Moi aussi ça me dérange de ne pas contrôler mes écarts. Je crois qu’on devrait se pencher sur les conditions favorables à en faire.

 — LA FÊTE! Lorsque je participe à une fête, je me sens obligé de faire comme les autres pour faire partie du groupe, ce qui me donne une bonne raison pour succomber.

 — Pour éviter de succomber, je crois qu’il faudrait établir la stratégie avant de s’y rendre. Avant d’y aller, je détermine si je vais m’en tenir à mes nouvelles habitudes ou si je vais tout simplement faire comme tout le monde.

 — Pas fou. J’ai aussi découvert que les fêtes m’attiraient davantage qu’avant d’entreprendre mon changement et que c’était probablement une façon détournée de me trouver un prétexte valable pour tricher.

 — Oui, je crois que moi aussi je recherche des excuses pour succomber. Pour moi, mon principal ennemi est la fatigue. Lorsque je suis fatigué, mon attention baisse, j’ai envie que ce soit facile et il est ainsi aisé de retomber dans mes vieilles habitudes. Pour éviter de succomber, je me suis conditionné à en prendre connaissance et à envisager immédiatement la possibilité de faire une sieste ou de méditer avant de prendre une décision qui m’éloigne de mes objectifs.

 — Oui, la fatigue m’influence aussi. De plus, la peur de manquer de quelque chose est constamment présente. Je sais que mon nouveau régime est meilleur, mais il y a une petite voix qui me dit « oui, mais à long terme… » et me voilà qui ai peur. Je crois que de façon intrinsèque, j’ai horreur de changer.

 — Moi je me suis rendu compte que je me disais : « c’est moins pire que… », mais qu’est-ce que ça veut dire « c’est moins pire que… » ? Je justifie l’écart que je me propose de faire par « c’est moins pire que… » . Je réalise que je ne veux pas faire d’écarts, mais qu’en même temps, je veux faire des écarts. Il faut alors que je me justifie par rapport à moi-même, que je diminue l’importance de l’exception que je me propose de faire.

 — Lorsque je m’écoute parler ou simplement penser, je peux reconnaître des expressions tel que : « Ah, juste une fois! Ah, juste de temps en temps! Faut que je me récompense. Je le mérite bien. Je ne peux pas me surveiller tout le temps. C’est la fin de semaine ou mon anniversaire ou…. »

 — Je les reconnais chez moi aussi, mais plus je ressens les améliorations reliées à mes changements, plus je m’assume et moins je recherche mes vieilles pantoufles confortables. Il y a aussi le corps qui demande. Lorsque mon corps manque de quelque chose, il puise l’information dans mes expériences et dans ma mémoire. Par exemple, une femme me disait qu’enceinte, après trois ans de végétarisme, elle avait des rages de poulet. Elle avait développé le dédain de la viande, mais elle ne voulait pas que son fœtus manque de quelque chose. Son mari lui a suggéré de manger son poulet pour calmer ses inquiétudes. Après, il lui a fait part de son hypothèse : « Je crois que ton corps te fait savoir qu’il a besoin de plus de protéines. Si tu veux essayer de faire germer des lentilles et d’en manger chaque jour, tu verras si tes envies de poulet disparaissent. » C’est ce qu’elle fît et l’hypothèse de son mari était probablement juste, car ses goûts de poulet ne sont pas revenus et à sa grossesse suivante, c’est une envie de lentilles qui a pris sa place.

 — Pour moi, il y a aussi la tradition. Lors de certains évènements, je me sens obligé de la perpétuer même si elle gruge mon énergie et me mène à la maladie. Je vois bien que j’en suis esclave. Va donc dire à ta mère : « Je n’en veux pas de ta tourtière, de ta dinde farcie et de ton jambon à l’ananas! »

 — Cette belle tradition qui fournit tant de travail à nos médecins, au personnel infirmier, aux praticiens de médecines douces, fabricants d’hôpitaux, de CHSLD et autres. Et que penser du guide alimentaire canadien si fortement « influencé » par les lobbies des producteurs de bétail, des produits laitiers et des « spécialistes » de la santé?

 — Oui, mais mes parents m’ont nourri d’une certaine manière et de bonne foi. D’admettre que certains aliments qu’ils m’ont donnés peuvent être néfastes à ma santé pourrait faire en sorte qu’ils se remettent en question à un moment de leur vie où ils n’ont peut-être pas l’énergie pour changer si facilement leur point de vue et se réjouir de mon nouvel éclairage sur mes habitudes alimentaires. D’un autre côté, je ne peux pas leur cacher indéfiniment. Là où nous en sommes, les améliorations sont visibles. Ma mère a mentionné que j’avais l’air plus en forme. Lors de ma prochaine visite, je lui expliquerai ma démarche, je me sens prêt.

 — Le contexte du voyage amène probablement le même sentiment d’obligation de goûter aux plats locaux. Il y a des gens qui sont insultés si tu ne goûtes pas à leurs plats. Manger représente même pour certains un objectif de voyage. Lorsqu’on organise nos voyages autour de la bouffe, qu’est-ce que ça signifie?

 — Les gens qui insistent pour qu’on goûte à leurs plats sont probablement fiers de partager avec nous ce qu’ils aiment.

 — Il est certain que dans certains cas, ils ne comprennent pas ce que signifie « respecter l’autre ». Après réflexion, je crois que dans la plupart des cas c’est de la manipulation. Je te donne de ma bouffe et en retour, tu me donnes quelque chose d’autre. Moi, je veux être libre et laisser les autres libres. Sinon, je vais voir ailleurs pour trouver quelqu’un qui soit assez ouvert d’esprit pour respecter mes choix.

 — Et si c’était simplement de l’hospitalité?

 — On parle des gens qui sont insultés si on ne goûte pas à leurs plats. Si c’était de l’hospitalité, ils ne seraient pas insultés. Ils ne voudraient pas qu’on soit inconfortable. Ils voudraient qu’on se sente bien chez eux.

L’Autre me semble perplexe.

 — Pas d’accord?

 — Non, je réfléchis. Ta réflexion est logique, mais je crois que la plupart du temps c’est qu’ils ne se sont pas arrêtés à y penser. Pour eux, c’est comme si on les rejetait.

 — Je crois que tu as raison. Une autre chose qui me fait tomber : lorsque ma glycémie baisse. Là, je suis prêt à manger n’importe quoi.

 — Du sucre peut-être?

 — Oui, le sucre c’est ce qui me vient en premier, suivi de près par les féculents.

 — Un mélange des deux c’est l’ultime solution.

 — Et le stress? Lorsque je me sens stressé, je cherche à compenser.

 — Oui, moi quand je suis stressé, je cherche du réconfort dans mes vieilles habitudes. C’est la même chose lorsque je suis triste.

 — Es-tu influencé par ce que tu vois ou ce que tu sens? Moi, ça me joue quelquefois des tours. Il flotte une petite odeur ou il passe dans mon champ de vision une image de nourriture et tout d’un coup, il me prend une irrésistible envie de satisfaire ce désir.

 — Pour moi, si c’est le cas, c’est moins conscient. Je vais essayer d’être plus attentif. Toi, as-tu ce problème d’entêtement lorsque tu prends la décision de faire un écart?

 — Oui! Et ma décision de changer, pourquoi est-elle révocable? Quel est le mécanisme qui me mène ainsi à l’échec?

 — C’est un mécanisme qui est très fort chez moi. L’avenir me dira si je peux comprendre ce qui se passe. C’est peut-être relié aux priorités. Je comprends l’importance d’avoir de l’ordre dans celles-ci et qu’il ne peut pas y avoir deux priorités numéro un. Cependant, même si je le sais, il y a en moi quelque chose qui m’empêche de mettre ça au clair.

 — Si tu faisais une réflexion sur l’ordre de tes priorités, peut-être que tu pourrais découvrir qu’elles sont plutôt floues, que ça t’offre une grande marge de manœuvre, et que ça fait ton affaire à un moment donné.

 — Peut-être.

 — Dans le choix des priorités, il y a nos motivations. Dans mon cas, ma motivation c’est mon niveau d’énergie. Au début de mes changements, mon énergie suivait un cycle avec une courbe sinusoïdale de trois jours d’énergie vers le bas, suivi de trois jours d’énergie vers le haut. Je me sentais comme dans des montagnes russes. Il semble que lorsqu’on cesse de donner à notre corps des aliments qui génèrent un travail d’élimination des déchets et qu’on les remplace par des aliments qui le nourrissent, il utilise toute cette énergie pour se régénérer. Il a fallu que je comprenne et accepte que mes objectifs n’allaient pas s’atteindre tout d’un coup et que c’était une progression non linéaire. Au début, les changements dans mon énergie étaient inexistants et il n’y avait que mes hauts et mes bas habituels. Ensuite, mes hauts se sont mis à être plus haut et mes bas moins bas. Finalement, l’écart entre les hauts et les bas a rétréci vers le haut. C’est un début qui m’encourage et je verrai si ça se maintient.

 — Je fais probablement trop d’écarts pour voir une tendance. Maintenant qu’on a mis le doigt sur les conditions propices à faire des écarts, il faut qu’on regarde comment on peut en arriver à contrôler nos écarts.

 — À ce stade-ci, ma règle de base pour ne pas succomber est que lorsque la tentation s’installe dans mon cerveau et que je commence à argumenter avec moi-même, je cède presque inévitablement à la tentation. Ma façon la plus efficace de sortir vainqueur de la tentation est de la reconnaître et de rapidement passer à l’action. Il faut vite que j’occupe mon cerveau à autre chose, sinon c’est l’obsession qui s’installe. Je fais de la marche, de la course et du vélo, le lis un livre qui m’intéresse ou je fais du ménage. Lorsque la tentation naît, j’ai une liste mentale de choses qui m’intéressent où je peux très rapidement sélectionner une occupation qui m’éloigne des tentations.

 — Moi aussi j’ai développé des petits trucs qui m’aident comme je ne garde plus de ces aliments à grignoter à portée de main, je vais courir et les endorphines viennent toujours me rééquilibrer. Sinon je fais une sieste ou je médite avant de prendre une décision qui m’éloigne de mes objectifs. Lorsque je fais des écarts, je m’entraîne à ressentir les désagréments que ça engendre et à les mémoriser. Mon écart devient ainsi un moyen d’atteindre mes objectifs.

 — Et comme ton écart devient un moyen d’atteindre tes objectifs, ça devient un moyen privilégié pour t’entraîner. Est-ce que ça t’encourage à faire de plus en plus d’écarts?

 — Au début oui, mais de moins en moins, car plus les conséquences de mes écarts sont évidentes, moins j’ai envie d’en faire. Quand je grignote toute la soirée, le lendemain matin j’ai envie de lancer mon cadran par la fenêtre et ça me prend du temps pour reprendre contact avec la réalité. Sans mon café, je suis à peu près zombi. Pour moi, c’est le bon moment de m’asseoir et de faire un lien conscient avec ma soirée de grignotage. La foi d’après, lorsque l’envie de grignoter me revient, je ressens mon état du lendemain de veille comme si j’étais déjà le lendemain.

 — Et ça t’arrête?

 — La plupart du temps, oui. Pour moi, l’important c’est d’éviter de faire des écarts qui me donnent l’impression que je suis faible. Je crois qu’il serait bon que je sois plus réaliste face aux changements. Je peux être cent pour cent en accord avec mes objectifs en permanence, mais ne pas être capable de les suivre tout le temps et complètement. Je crois qu’il faudrait que je détermine le rythme que je suis capable de tenir et de planifier mes écarts. Ainsi je devrais pouvoir minimiser ceux-ci et être plus fier de moi.

 — Je crois que c’est un moyen qui vaut la peine d’être essayé. Je vais me pratiquer en passant à l’étape suivante : les produits laitiers. C’est un départ pour les six prochains mois.

 — Six mois?

 — Je veux éliminer de plus en plus les protéines animales de mon alimentation. Le retrait de la viande se passe très bien. Depuis le début de mes recherches, je constate que l’argument principal contre la viande concerne la différence entre l’intestin d’un carnivore et celui d’un végétarien. Je dois dire que ce n’est pas ce débat qui m’intéresse, même s’il est valable. Je suis davantage motivé par les effets de la viande sur ma santé et sur l’environnement plutôt que par les arguments scientifiques portant sur la nature du fonctionnement du corps. Au fil des années, les recherches ont pointé la viande du doigt pour bon nombre de maladies qui affligent les patients et qui encombrent nos hôpitaux.

 — Il faut aussi dire qu’on a plus la viande qu’on avait. J’ai lu une théorie qui prétend que les produits animaux contiennent beaucoup d’hormones qui stimulent l’organisme de façon générale. Tout comme avec les stimulants, le corps devrait utiliser cette énergie pour assurer sa régénération, mais elle est drainée pour être disponible à des activités extérieures.


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