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Histoires Enfants





by Eren SARI

Histoires Enfants

Copyright © 2017, (Eren SARI)

Tous les droits appartiennent à l'auteur.

Première édition: 2017

Publishers Adresse:

NoktaE-Book Publishing

Aşağı Pazarcı Mah.1063 Sokak.No:7

Antalya / TÜRKİYE

contacter: noktaekitap@gmail.com

Web:http://www.noktaekitap.net

Couverture: NOKTA E-KİTAP

Éditeur NET MEDYA YAYINCILIK

Nokta E-Book International Publishing















Cendrillon

UUn homme riche avait une femme qui tomba malade ; et quand celle-ci sentit sa fin prochaine, elle appela à son chevet son unique fille et lui dit :

– Chère enfant, reste bonne et pieuse, et le bon Dieu t'aidera toujours, et moi, du haut du ciel, je te regarderai et te protégerai.

Puis elle ferma les yeux et mourut. La fillette se rendit chaque jour sur la tombe de sa mère, pleura et resta bonne et pieuse. L'hiver venu, la neige recouvrit la tombe d'un tapis blanc. Mais au printemps, quand le soleil l'eut fait fondre, l'homme prit une autre femme.

La femme avait amené avec elle ses deux filles qui étaient jolies et blanches de visage, mais laides et noires de cœur. Alors de bien mauvais jours commencèrent pour la pauvre belle-fille.

Faut-il que cette petite oie reste avec nous dans la salle ? dirent-elles. Qui veut manger du pain, doit le gagner. Allez ouste, souillon !

Elles lui enlevèrent ses beaux habits, la vêtirent d'un vieux tablier gris et lui donnèrent des sabots de bois. « Voyez un peu la fière princesse, comme elle est accoutrée ! », s'écrièrent-elles en riant et elles la conduisirent à la cuisine. Alors il lui fallut faire du matin au soir de durs travaux, se lever bien avant le jour, porter de l'eau, allumer le feu, faire la cuisine et la lessive. En outre, les deux sœurs lui faisaient toutes les misères imaginables, se moquaient d'elle, lui renversaient les pois et les lentilles dans la cendre, de sorte qu'elle devait recommencer à les trier. Le soir, lorsqu'elle était épuisée de travail, elle ne se couchait pas dans un lit, mais devait s'étendre près du foyer dans les cendres. Et parce que cela lui donnait toujours un air poussiéreux et sale, elles l'appelèrent « Cendrillon ».

Il arriva que le père voulut un jour se rendre à la foire ; il demanda à ses deux belles-filles ce qu'il devait leur rapporter.

– De beaux habits, dit l'une. – Des perles et des pierres précieuses, dit la seconde.

-– Et toi, Cendrillon, demanda-t-il, que veux-tu ?

– Père, le premier rameau qui heurtera votre chapeau sur le chemin du retour, cueillez-le pour moi.

Il acheta donc de beaux habits, des perles et des pierres précieuses pour les deux sœurs, et, sur le chemin du retour, en traversant à cheval un vert bosquet, une branche de noisetier l'effleura et fit tomber son chapeau.

Alors il cueillit le rameau et l'emporta. Arrivé à la maison, il donna à ses belles-filles ce qu'elles avaient souhaité et à Cendrillon le rameau de noisetier. Cendrillon le remercia, s'en alla sur la tombe de sa mère et y planta le rameau, en pleurant si fort que les larmes tombèrent dessus et l'arrosèrent. Il grandit cependant et devint un bel arbre. Cendrillon allait trois fois par jour pleurer et prier sous ses branches, et chaque fois un petit oiseau blanc venait se poser sur l'arbre. Quand elle exprimait un souhait, le petit oiseau lui lançait à terre ce qu'elle avait souhaité.

Or il arriva que le roi donna une fête qui devait durer trois jours et à laquelle furent invitées toutes les jolies filles du pays, afin que son fils pût se choisir une fiancée. Quand elles apprirent qu'elles allaient aussi y assister, les deux sœurs furent toutes contentes ; elles appelèrent Cendrillon et lui dirent -

– Peigne nos cheveux, brosse nos souliers et ajuste les boucles, nous allons au château du roi pour la noce.

Cendrillon obéit, mais en pleurant, car elle aurait bien voulu les accompagner, et elle pria sa belle-mère de bien vouloir le lui permettre.

– Toi, Cendrillon, dit-elle, mais tu es pleine de poussière et de crasse, et tu veux aller à la noce ? Tu n'as ni habits, ni souliers, et tu veux aller danser ?

Mais comme Cendrillon ne cessait de la supplier, elle finit par lui dire :

– J'ai renversé un plat de lentilles dans les cendres ; si dans deux heures tu les as de nouveau triées, tu pourras venir avec nous.

La jeune fille alla au jardin par la porte de derrière et appela :

« Petits pigeons dociles, petites tourterelles et vous tous les petits oiseaux du ciel, venez m'aider à trier les graines :

Les bonnes dans le petit pot,

Les mauvaises dans votre jabot. »

Alors deux pigeons blancs entrèrent par la fenêtre de la cuisine, puis les tourterelles, et enfin, par nuées, tous les petits oiseaux du ciel vinrent en voletant se poser autour des cendres. Et baissant leurs petites têtes, tous les pigeons commencèrent à picorer : pic, pic, pic, pic, et les autres s'y mirent aussi : pic, pic, pic, pic, et ils amassèrent toutes les bonnes graines dans le plat. Au bout d'une heure à peine, ils avaient déjà terminé et s'envolèrent tous de nouveau. Alors la jeune fille, toute joyeuse à l'idée qu'elle aurait maintenant la permission d'aller à la noce avec les autres, porta le plat à sa marâtre. Mais celle-ci lui dit :

– Non, Cendrillon, tu n'as pas d'habits et tu ne sais pas danser : on ne ferait que rire de toi.

Comme Cendrillon se mettait à pleurer, elle lui dit :

– Si tu peux, en une heure de temps, me trier des cendres deux grands plats de lentilles, tu nous accompagneras. – Car elle se disait qu'au grand jamais elle n'y parviendrait.

Quand elle eut jeté le contenu des deux plats de lentilles dans la cendre, la jeune fille alla dans le jardin par la porte de derrière et appela :

« Petits pigeons dociles, petites tourterelles et vous tous les petits oiseaux du ciel, venez m'aider à trier les graines :

Les bonnes dans le petit pot,

Les mauvaises dans votre jabot. »

Alors deux pigeons blancs entrèrent par la fenêtre de la cuisine, puis les tourterelles, et enfin, par nuées, tous les petits oiseaux du ciel vinrent en voletant se poser autour des cendres. Et baissant leurs petites têtes, tous les pigeons commencèrent -à picorer : pic, pic, pic, pic, et les autres s'y mirent aussi : pic, pic, pic, pic, et ils ramassèrent toutes les bonnes graines dans les plats.

Et en moins d'une demi-heure, ils avaient déjà terminé, et s'envolèrent tous à nouveau. Alors la jeune fille, toute joyeuse à l'idée que maintenant elle aurait la permission d'aller à la noce avec les autres, porta les deux plats à sa marâtre. Mais celle-ci lui dit :

-– C'est peine perdue, tu ne viendras pas avec nous, car tu n'as pas d'habits et tu ne sais pas danser ; nous aurions honte de toi.

Là-dessus, elle lui tourna le dos et partit à la hâte avec ses deux filles superbement parées.

Lorsqu'il n'y eut plus personne à la maison, Cendrillon alla sous le noisetier planté sur la tombe de sa mère et cria

« Petit arbre, ébranle-toi, agite-toi,

Jette de l'or et de l'argent sur moi. »

Alors l'oiseau lui lança une robe d'or et d'argent, ainsi que des pantoufles brodées de soie et d'argent. Elle mit la robe en toute hâte et partit à la fête. Ni ses sœurs, ni sa marâtre ne la reconnurent, et pensèrent que ce devait être la fille d'un roi étranger, tant elle était belle dans cette robe d'or. Elles ne songeaient pas le moins du monde à Cendrillon et la croyaient au logis, assise dans la saleté, à retirer les lentilles de la cendre. Le fils du roi vint à sa rencontre, a pris par la main et dansa avec elle. Il ne voulut même danser avec nulle autre, si bien qu'il ne lui lâcha plus la main et lorsqu'un autre danseur venait l'inviter, il lui disait : « C'est ma cavalière ».

Elle dansa jusqu'au soir, et voulut alors rentrer. Le fils du roi lui dit : « je m'en vais avec toi et t'accompagne », car il voulait voir à quelle famille appartenait cette belle jeune fille. Mais elle lui échappa et sauta dans le pigeonnier.

Alors le prince attendit l'arrivée du père et lui dit que la jeune inconnue avait sauté dans le pigeonnier. « Serait-ce Cendrillon ? » se demanda le vieillard et il fallut lui apporter une hache et une pioche pour qu'il pût démolir le pigeonnier.

Mais il n'y avait personne dedans. Et lorsqu'ils entrèrent dans la maison. Cendrillon était couchée dans la cendre avec ses vêtements sales, et une petite lampe à huile brûlait faiblement dans la cheminée ; car Cendrillon avait prestement sauté du pigeonnier par-derrière et couru jusqu'au noisetier ; là, elle avait retiré ses beaux habits, les avait posés sur la tombe, et l'oiseau les avait remportés ; puis elle était allée avec son vilain tablier gris se mettre dans les cendres de la cuisine.

LLe jour suivant, comme la fête recommençait et que ses parents et ses sœurs étaient de nouveau partis, Cendrillon alla sous le noisetier et dit :

« Petit arbre, ébranle-toi, agite-toi,

Jette de l'or et de l'argent sur moi. »

Alors l'oiseau lui lança une robe encore plus splendide que celle de la veille. Et quand elle parut à la fête dans cette toilette, tous furent frappés de sa beauté. Le fils du toi, qui avait attendu sa venue, la prit aussitôt par la main et ne dansa qu'avec elle. Quand d'autres venaient l'inviter, il leur disait : « C'est ma cavalière. » Le soir venu, elle voulut partir, et le fils du roi la suivit, pour voir dans quelle maison elle entrait, mais elle lui échappa et sauta dans le jardin derrière sa maison. Il y avait là un grand et bel arbre qui portait les poires les plus exquises, elle grimpa entre ses branches aussi agilement qu'un écureuil, et le prince ne sut pas où elle était passée. Cependant il attendit l'arrivée du père et lui dit :

– La jeune fille inconnue m'a échappé, et je crois qu'elle a sauté sur le poirier.

« Serait-ce Cendrillon ? » pensa le père qui envoya chercher la hache et abattit l'arbre, mais il n'y avait personne dessus.

Et quand ils entrèrent dans la cuisine, Cendrillon était couchée dans la cendre, tout comme d'habitude, car elle avait sauté en bas de l'arbre par l'autre côté, rapporté les beaux habits à l'oiseau du noisetier et revêtu son vilain tablier gris. Le troisième jour, quand ses parents et ses sœurs furent partis, Cendrillon retourna sur la tombe de sa mère et dit au noisetier :

« Petit arbre, ébranle-toi, agite-toi,

Jette de l'or et de l'argent sur moi. »

Alors l'oiseau lui lança une robe qui était si somptueuse et si éclatante qu'elle n'en avait encore jamais vue de pareille, et les pantoufles étaient tout en or. Quand elle arriva à la noce dans cette parure, tout le monde fut interdit d'admiration. Seul le fils du roi dansa avec elle, et si quelqu'un l'invitait, il disait : « C'est ma cavalière. »

QQuand ce fut le soir, Cendrillon voulut partir, et le prince voulut l'accompagner, mais elle lui échappa si vite qu'il ne put la suivre. Or le fils du roi avait eu recours à une ruse : il avait fait enduire de poix tout l'escalier, de sorte qu'en sautant pour descendre, la jeune fille y avait laissé sa pantoufle gauche engluée. Le prince la ramassa, elle était petite et mignonne et tout en or.

Le lendemain matin, il vint trouver le vieil homme avec la pantoufle et lui dit :

– Nulle ne sera mon épouse que celle dont le pied chaussera ce soulier d'or.

Alors les deux sœurs se réjouirent, car elles avaient le pied joli. L'aînée alla dans sa chambre pour essayer le soulier en compagnie de sa mère. Mais elle ne put y faire entrer le gros orteil, car la chaussure tait trop petite pour elle ; alors sa mère lui tendit un couteau en lui disant :

– Coupe-toi ce doigt ; quand tu seras reine, tu n'auras plus besoin d'aller à pied.

Alors la jeune fille se coupa l'orteil, fit entrer de force son pied dans le soulier et, contenant sa douleur, s'en alla trouver le fils du roi. Il la prit pour fiancée, la mit sur son cheval et partit avec elle. Mais il leur fallut passer devant la tombe ; les deux petits pigeons s'y trouvaient, perchés sur le noisetier, et ils crièrent :

« Roucou-cou, roucou-cou et voyez là,

Dans la pantoufle, du sang il y a :

Bien trop petit était le soulier ;

Encore au logis la vraie fiancée. »

Alors il regarda le pied et vit que le sang en coulait. Il fit faire demi-tour à son cheval, ramena la fausse fiancée chez elle, dit que ce n'était pas la véritable jeune fille et que l'autre sœur devait essayer le soulier. Celle-ci alla dans sa chambre, fit entrer l'orteil, mais son talon était trop grand. Alors sa mère lui tendit un couteau en disant :

– Coupe-toi un bout de talon ; quand tu seras reine, tu n'auras plus besoin d'aller à pied.

La jeune fille se coupa un bout de talon, fit entrer de force son pied dans le soulier et, contenant sa douleur, s'en alla trouver le fils du roi. Il la prit alors pour fiancée, la mit sur son cheval et partit avec elle. Quand ils passèrent devant le noisetier, les deux petits pigeons s'y trouvaient perchés et crièrent :

« Roucou-cou, roucou-cou et voyez là,

Dans la pantoufle, du sang il y a :

Bien trop petit était le soulier ;

Encore au logis la vraie fiancée. »

Le prince regarda le pied et vit que le sang coulait de la chaussure et teintait tout de rouge les bas blancs. Alors il fit faire demi-tour à son cheval, et ramena la fausse fiancée chez elle.

– Ce n'est toujours pas la bonne, dit-il, n'avez-vous point d'autre fille ?

– Non, dit le père, il n'y a plus que la fille de ma défunte femme, une misérable, Cendrillon, malpropre, c'est impossible qu'elle soit la fiancée que vous cherchez.

Le fils du roi dit qu'il fallait la faire venir, mais la mère répondit :

– Oh non ! la pauvre est bien trop sale pour se montrer.

Mais il y tenait absolument et on dut appeler Cendrillon. Alors elle se lava d'abord les mains et le visage, puis elle vint s'incliner devant le fils du roi, qui lui tendit le soulier d'or. Elle s'assit sur un escabeau, retira son pied du lourd sabot de bois et le mit dans la pantoufle qui lui allait comme un gant. Et quand elle se redressa et que le fils du roi vit sa figure, il reconnut la belle jeune fille avec laquelle il avait dansé et s'écria :

– Voilà la vraie fiancée !

La belle-mère et les deux sœurs furent prises de peur et devinrent blêmes de rage. Quant au prince, il prit Cendrillon sur son cheval et partit avec elle. Lorsqu'ils passèrent devant le noisetier, les deux petits pigeons blancs crièrent :

« Roucou-cou, Roucou-cou et voyez là,

Dans la pantoufle, du sang plus ne verra

Point trop petit était le soulier,

Chez lui, il mène la vraie fiancée. »

Et après ce roucoulement, ils s'envolèrent tous deux et descendirent se poser sur les épaules de Cendrillon, l'un à droite, l'autre à gauche et y restèrent perchés.

Le jour où l'on devait célébrer son mariage avec le fils du roi, ses deux perfides sœurs s'y rendirent avec l'intention de s'insinuer dans ses bonnes grâces et d'avoir part à son bonheur. Tandis que les fiancés se rendaient à l'église, l'aînée marchait à leur droite et la cadette à leur gauche : alors les pigeons crevèrent un œil à chacune celles. Puis, quand ils s'en revinrent de l'église, l'aînée marchait à leur gauche et la cadette à leur droite : alors les pigeons crevèrent l'autre œil à chacune d'elles. Et c'est ainsi qu'en punition de leur méchanceté et de leur perfidie, elles furent aveugles pour le restant de leurs jours.



La Petite Filles Aux Allumettes

IIl faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.

Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.

L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

EElle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine.

Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.

-- Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.







Les Châtaignes

Il était une fois une petite fille appelée Zoé.

Sa maman l’envoie chercher des châtaignes dans la forêt, pour cela, elle lui donne un panier, un goûter, et... des gants. Car, tu sais, les châtaignes sont pleines de piquants qui piquent très fort les mains quand on les ramasse...

En chemin, Zoé rencontre un bébé écureuil :

" J’ai faim ! J’ai faim ! J’ai faim ! ...Crie le bébé écureuil

- D’accord, dit Zoé, je te donne mon goûter. "

Plus loin, elle rencontre un vieux hérisson tombé sur le dos.

" Au secours ! Au secours !... Je n’arrive pas à me remettre sur mes pattes ! Au secours !

-D’accord, dit Zoé, je vais t’aider. Aïe ! Aïe !...Tu piques avec tes piquants ! Comment faire ?...Ah, je sais, je vais mettre les gants... "Et hop ! Elle retourne le vieux hérisson! Et tip et tap et tip et tap... s’en va le hérisson sur ses pattes ! Zoé continue son chemin, elle marche, elle marche longtemps, mais elle ne trouve pas de châtaigne, aucune châtaigne ! Alors Zoé s’assoie sur une pierre et pleure :

" Je n’ai rien trouvé... Rien... "

Tout à coup, elle entend, grignoti-grignota, un petit bruit au-dessus d’elle : C’est le bébé écureuil avec son papa et sa maman !

" Tu as donné à manger à notre petit... Nous allons t’aider... Viens, nous savons où sont les châtaignes... "

Les écureuils sautent de branche en branche et conduisent Zoé à un arbre immense. Dans l’arbre, il y a un grand trou... rempli de châtaignes ! ...Plein de châtaignes !... Bien piquantes !...

" C’est notre cachette, voilà nos provisions pour l’hiver mais tu peux en prendre... Dit papa écureuil.

- Oh, mes gants ! J’ai perdu mes gants ! s’exclame Zoé... Qu’est-ce que je vais faire ?...Sans mes gants, je ne peux pas prendre de châtaigne, ça pique trop ! ! ! "

Tip et tap et tip et tap... arrive le hérisson sur ses pattes !

- Hum hum ...

- Oh, le vieux hérisson !

- Je peux t’aider comme tu m’as aidé, petite Zoé. Regarde ..."

Le vieux hérisson se roule alors dans les châtaignes qui s’accrochent à ses piquants !... Puis il se remet sur ses pattes, couvert des gros fruits.

" C’est comme ça que je transporte ma nourriture...

- Bravo ! Tu es un hérisson " porte-châtaignes " ! ! ! Bravo !Bravo !...Quelle bonne idée ! ! ! "

Zoé danse autour du vieux hérisson en tapant dans les mains. Les écureuils dansent aussi en poussant de petits cris . Puis ils sautent dans le panier de Zoé :

" Nous allons te raccompagner chez toi ! Et nous t’aiderons à les ouvrir, les châtaignes, elles ne nous piquent pas ! "

Ce jour-là, tu sais, on a vu un drôle de tableau, dans la forêt : Une petite fille qui discute avec trois écureuils dans un panier et un hérisson hérissé de châtaignes qui trottine à ses côtés! ! !











Les Caries

" Maman, qu'est-ce que c'est une carie ?

- Un trou dans une dent.

- Un trou ? ! !

- Oui, un petit trou dans une dent, et si on ne la soigne pas, ça finit par faire très mal.

- Un trou dans une dent...

- Il est tard mon garçon, bonne nuit. Bisous... "

Petit Pierre embrassa sa maman, éteignit sa lampe de chevet et resta les yeux ouverts, les yeux grands ouverts, dans le noir. Un trou dans une dent... Mais pour quoi faire ? Et un trou grand comment ? Qui emmène jusqu'où ? Et creusé par qui ? Voilà qui paraissait bien mystérieux, il faudrait mener une enquête dès que possible.

Petit Pierre fit des rêves étranges cette nuit là. Il rêva qu'il explorait une dent gigantesque, l'escalade n'était pas facile, la dent glissait, il n'y avait pas beaucoup de prises; heureusement Petit Pierre a de bons yeux et il devina une sorte de fissure, non, plutôt une grotte : ce devait être ça, une carie. Il parvint à atteindre cette grotte et hésita avant d'y pénétrer, et si la grotte était habitée ?

Et si les habitants de la grotte étaient méchants ? Il s'y glissa malgré tout, la curiosité est toujours la plus forte, même dans les rêves. Et là, il découvrit une armée de petites bestioles noires et grises en train de creuser des galeries dans toutes les directions, elles ne s'aperçurent pas de sa présence, elles continuaient à creuser en silence, on n'entendait que le bruit de leurs pinces en train de grignoter la porcelaine, Petit Pierre s'approcha pour leur parler mais...

Mais le réveil sonnait, c'était l'heure de se lever, c'était l'heure du petit déjeuner puis de l'école. Et zut, se dit-il, juste quand j'allais pouvoir leur parler... Il se leva à toute vitesse et fila à la salle de bain, ouvrit grand la bouche et se colla contre la glace. Regarda ses dents une à une. Pas le moindre trou, pas la moindre grotte. Dommage... Maman et Papa étaient déjà installés devant leur café, ils ne sont jamais pas très bavards le matin. Alors Petit Pierre garda pour lui ses questions et son rêve, il demanderait à la maîtresse tout à l'heure...Avant de rentrer en classe, il parla des caries à Jérémie mais ce dernier n'avait pas beaucoup d'informations sur la question. Il savait juste que lorsque qu'on en a une, il faut aller chez le dentiste et " subir la roulette ", ça fait mal aux oreilles et aux dents paraît-il mais il n'était pas sûr. Jérémie prétendait également que ce sont les bonbons du soir qui font des trous dans les dents. C'est sa maman qui lui a dit ça, donc ce doit être vrai. Lors de la récréation, Petit Pierre partit voir la maîtresse et lui demanda ce qu'elle savait des caries. La maîtresse commença par éclater de rire mais voilà que deux garçons de la grande section commençaient à se bousculer de plus en plus fort et elle dut intervenir pour les séparer, laissant là Petit Pierre et sa question sans réponse... La sonnerie se déclencha quand elle revint vers lui et elle lui dit que là, tout de suite, elle n'avait pas le temps mais qu'un dentiste devait intervenir la semaine prochaine dans l'école, et qu'il pourrait lui poser toutes les questions qu'il souhaitait.

Ce fut une longue, une très longue semaine pour Petit Pierre. Il continuait à rêver de dents, de grottes et de petites bestioles mais il se réveillait toujours avant de pouvoir leur parler. Il continuait à surveiller ses dents dans la glace mais ne voyait ni trou, ni galerie, ni rien. Il examina des bonbons sans détecter la moindre trace de bestioles.

Qu'est-ce que ça peut être long une semaine à se poser la même question... Le jour de l'intervention du dentiste, Petit Pierre fut le premier à rentrer dans la salle de classe, le premier à s'asseoir au premier rang, le premier à sortir ses affaires. Le dentiste leur parla pendant presque une heure.

Il montra des photos, des dessins, et Petit Pierre fut déçu de ne pas voir les bestioles noires et grises de ses rêves. Il posa une bonne dizaine de questions : est-ce qu'on peut manger le dentifrice, pourquoi certaines personnes ont les dents grises et pourquoi les adultes accusent toujours les bonbons... Petit Pierre avait maintenant toutes les réponses à ses questions et il se dit que ce devait être un beau métier, dentiste, chasseur de caries, mais en même temps, se pencher toute la journée sur des dents abîmées, ça ne devait pas être très amusant... Et depuis ce jour là, sa maman ne peut plus faire les courses sans que Petit Pierre ne glisse un tube de dentifrice dans le caddie...

















Le Petit Tyran

"Maman, mes chokopics!

Maman, il est où mon t-shirt rouge ?

Maman, mes lacets !

Maman, tu portes mon cartable ! "

Avec Nico, c'est comme ça : dès qu'il veut quelque chose, il appelle sa mère et son vœu est exaucé. Pratique.

Mais aujourd'hui, maman a dit non. Ils sont allés au square et Nico a absolument voulu prendre le vélo à roulettes en plus du ballon vert.

" D'accord, mais je te préviens, c'est toi qui le pousse, ton vélo, jusqu'au bout, et au retour aussi. Moi, je n'y touche pas.

- Oui, oui, a répondu Nico."

Résultat : A l'aller, ça allait, c'est en pente. Au retour, c'était beaucoup plus dur, ça montait et il faisait chaud, et Nico a joué toute l'après-midi au ballon, il est fatigué.

"Maman….il a commencéà couiner.

-Non, Nicolas.

-Maman, aide-moi… S'il te plait.

-Tu as voulu le prendre, maintenant, débrouille-toi !

-Tant pis, je le laisse là !"

Nico est sûr que maman va le ramasser, on ne laisse pas un beau vélo rouge tout neuf, comme ça, dans la rue !

"Eh bien, tu n'auras plus ton vélo et voilà tout !"

Là, Nico est soufflé: maman est prête à abandonner le vélo et elle ne se fâche même pas… Nico y tient à son vélo, il l'a eu du père Noël quand même; alors Nico pousse et souffle, souffle et pousse le vélo jusqu'à la maison !

Maintenant, il boude dans sa chambre. Elle exagère, maman !

"Nico, voilà ton copain Tonio !"

Tonio, c'est un grand, il est allé en "colo" cette année, pour la première fois. "C'était super, on a fait de l'escalade, des randonnées, des veillées, on a même inventé une histoire et on a fait un livre, regarde : Cette histoire se passe chez les indiens. Elan-avisé aperçoit le tourbillon de la mort, terrible tempête, qui fonce droit sur une tribu voisine. Il faut vite prévenir tous ces pauvres indiens pour qu'ils fuient.

Elan-avisé envoie son perroquet qui parle parfaitement bien et grâce à lui, les indiens évitent la catastrophe et se réfugient dans la tribu d'Elan-avisé. Quelques jours plus tard, les indiens qui s'étaient sauvés décident de retourner dans leur camp, prêts à tout reconstruire courageusement.

Ils s'attendent à trouver des dégâts épouvantables, tous leurs biens détruits… A leur grand étonnement, le camp est encore plus beau qu'avant, avec de magnifiques tepees…Et un homme est là, debout, au milieu… Le chef demande :

"Qui es-tu ?…Comment as-tu fait cela ?…

-Je suis un génie, il m'a suffit de dire cette formule : "Souffle sur le malheur et la beauté apparaîtra" pour reconstruire votre campement.

La tribu décide d'en faire leur chef et lui donne le nom de OITITOU.

Ils lui laissent le plus joli tepee. Les indiens profitent beaucoup du génie et lui demandent toutes sortes de choses :

"Tu peux nous amener la nourriture ?

- Tu peux créer un lac dans le camp : on aura de l'eau, des poissons…

- Construis-nous les plus belles flèches du monde avec les plus beaux arcs, et des lance-pierres géants et des catapultes pour nous défendre.

-Amène-nous les plus beaux chevaux…"

La vie est devenue très facile pour les indiens. Le génie, lui est débordé! Or, non loin de là vit une sorcière aux cheveux verts, la sorcière Mortadelle, elle déteste les indiens, son seul but est d'en faire ses esclaves. Il lui faut neutraliser ce génie qui les défend. Elle fabrique un chapeau maléfique qui enlève les pouvoirs magiques. Un matin, elle envoie son aigle, Diabolique, poser le chapeau sur la tête du génie pendant qu'il dort. Oititou le génie devient un homme normal, tout ce qu'il avait fait pour les indiens disparaît, les jolis teepes, les totems, le lac et ses poissons d'or…

Tout triste, il pleure et s'en va du village… Les indiens le laissent partir, sans une parole réconfortante, sans essayer de le retenir, rien. Alors, Mortadelle, la sorcière, s'empare de la tribu et fait des indiens ses esclaves, elle ordonne : "Donnez-moi à manger ! Creusez-moi un lac, que j'aie de l'eau et des poissons ! Donnez-moi le plus beau cheval ! Défendez-moi, ce doit être le but de votre vie !" Et les indiens comprennent qu'eux aussi, ils ont mal agi avec le génie.



-Alors, demande Tonio, elle te plait notre histoire ?

-oui, elle est chouette, mais ça se termine comme ça, ils restent esclaves de Mortadelle ?

-Ben, oui !

-Parce qu'ils y ont été un peu fort avec Oititou ?

-Ben…Oui !

-Oui, maintenant, ils doivent tout faire eux-même."

Nico baisse la tête et rajoute doucement: "

Comme moi, je dois pousser mon vélo moi-même. Mais c'est parce que j'ai été un peu fort avec Oititou-maman !"















Les Perles De Larmes

Il y avait un homme… mais peut-être était-ce une femme ou un enfant, qui traversait le désert. Oui, le désert, à pied. Et il pleurait, il pleurait, sans cesse, régulièrement, parfois doucement et parfois fort mais sans jamais s'arrêter, il pleurait au rythme de ses pas dans le sable.Un jour, dans le grand désert, il croise un oiseau qui lui demande :

-"Que fais-tu seul dans le désert ?

-Je marche et je pleure…"

Et une grosse larme tombe de son oeil qu'il ramasse aussitôt.

-"Pourquoi es-tu si triste ?

-Je ne suis pas triste.

-Alors, pourquoi pleures-tu ?

-Regarde. Mes larmes deviennent des perles, dit-il en saisissant la larme lisse et brillante, j'en ai des milliers dans les poches. Veux-tu les voir ?

-Oui, oui !"

L'homme plonge la main dans sa poche gonflée et en ressort une poignée scintillante.

-Comme elles sont belles !

-Choisis-en une si tu veux.

-C' est pour cela que tu ne t'arrêtes jamais de pleurer, pour avoir de plus en plus de perles ?

-Exactement. Allez, choisis !

-Je veux bien : celle-ci ! Ce n'est pas la plus grosse mais c'est la plus brillante.

-Tu as bien choisi. Adieu !

-Adieu !

L'oiseau saisit dans son bec la perle devenue trésor et s'éloigne, léger, rapide, tandis que celui qui pleure reprend de plus belle ses gémissements et sa marche lente. Plus loin, l'oiseau se pose et contemple la larme précieuse. Il se dit qu'il aimerait en avoir d'autres, oh, pas énormément, juste quelques unes comme cadeaux, pour d'autres voyageurs ailés. Alors il rebrousse chemin vers celui qu'il a laissé, "l'homme qui pleure", et le voit de loin peiner, alourdi par ses deux énormes poches emplies de perles. Bientôt, il ne peut plus mettre un pied devant l'autre, il tombe à genoux, se traîne encore et pourtant, malgré tout, il continue à pleurer, à pleurer et à recueillir ces "larmes perles" qu'il met dans ses poches.

-"Mais arrête de pleurer, ce sont tes larmes qui t'empêchent d'avancer !

-Je ne peux pas m'arrêter, je ne peux pas."

Et deux grosses larmes tombent qu'il ramasse.

"Pourtant je suis épuisé mais j'ai trop pris l'habitude… Je ne peux pas m'arrêter, non…"

Soudain, l'oiseau d'un coup de bec vif et acéré, fait une petite entaille dans la poche de l'homme qui pleure, puis dans l'autre poche "crac", une autre entaille. Il aide l'homme à se relever, à marcher à nouveau, debout . De son chant et de ses ailes, il l'encourage. Alors, des poches trouées, une perle tombe, puis une autre; deux filets de perles sur le sable brûlant dessinent un chemin. Au fur et à mesure qu'il avance, l'homme est de plus en plus léger. Au fur et à mesure que ses poches se vident, traçant une route lumineuse, la source de ses larmes s'apaise et se tarit. Et quand ses poches sont enfin vides, alors, ses yeux sont enfin secs, son cœur à nouveau au bonheur et son pied si léger, si léger qu'il s'envole avec l'oiseau. Parfois, dans le grand désert, on peut voir un chemin de perles qui ne mène nulle part et si on lève le regard, on peut voir, auprès d'un oiseau, planer un homme… mais peut-être est-ce une femme, ou un enfant, qui sait ?

Pauvre Pomme

Une autre version de la princesse au petit pois ...

Mettre des chaussures serrées, des robes à falbalas, rester debout des heures lors des cérémonies... PFFUIT ! La princesse Pomme, ce qu’elle aime, c’est sauter dans les flaques d’eau, grimper tout en haut du chêne, faire la course avec le fils du fermier, manger des mûres sauvages et toutes sortes de choses amusantes...Mais le roi et la reine, ses parents, ne sont pas contents car elle n’est toujours pas fiancée et ça, Princesse Pomme, ça la rend triste aussi...

Un jour, elle entend l’histoire de sa cousine, la princesse au Petit Pois ( Tu la connais aussi, non ?...) et Pomme décide qu’elle se trouvera un fiancé de la même façon :

D’abord, elle va chercher sa plus belle robe, celle qui reste bien au fond du placard et qu’elle ne porte jamais parce qu’avec toutes ses dentelles et ses rubans, c’est vraiment pas pratique de courir ! ! ! Puis, elle met ses chaussures vernies, elle se coiffe du mieux qu’elle peut, en rangeant bien dans une barrette dorée les petits cheveux qui s’échappent toujours et font le désespoir de sa maman. Ca y est, elle est prête !

Elle n’est pas très à l’aise, elle se sent déguisée, comme un arbre de Noël, mais, bon, il faut ce qu’il faut . Dans la forêt, elle passe exprès dans les ronces et dans la boue, elle s’arrange pour bien déchirer la robe. Parfois, elle s’arrête et écoute le hibou et l’écureuil qui grignote, elle essaie d’avoir peur mais elle connaît si bien la forêt qu’elle reconnaît tous les bruits, et ça lui fait plaisir d’être là en pleine nuit, entourée des animaux...

Alors, elle va plus loin, elle marche et marche longtemps, elle court et court et saute par dessus les branches mortes...

Bientôt, elle arrive aux portes d’un château : sa robe est bien déguenillée, ses mains et son visage sont noirs de saleté, ses cheveux tout emmêlés et ses jambes écorchées. Tout est comme prévu. Les serviteurs la reçoivent à la cuisine et quand elle dit qui elle est : La Princesse Pomme, on ne la croit pas, on se moque d'elle, comme pour sa cousine.

"Si, si, je suis la princesse Pomme, je me suis perdue dans la forêt... Conduisez-moi auprès de la reine..."

La reine décide de tester cette prétendue Princesse, (elle aussi connaît l’histoire !) et de même que l’autre , elle installe Pomme dans une chambre magnifique, avec un lit aux cent matelas et dessous...

Un petit pois ! Pomme dort mal, non à cause du petit pois, elle qui dort souvent sur des cailloux, à la belle étoile, non, c’est que le lit est trop mou, trop doux ! Le lendemain, au petit déjeuner, la reine demande :

" As-tu passé une bonne nuit ?

- Heu, non...( Pomme est toute rouge, elle n’aime pas mentir... ). Il y avait une bosse et je n’ai pas fermé l’œil ... C’était affreux !

- Ha oui, dit la reine, tu es bien délicate... Pour un petit pois glissé sous cent matelas... Pour mon fils, le prince, je veux une reine solide et courageuse, pas une chochotte qui se plaint pour un oui ou pour un non. D’ailleurs, une reine ne doit jamais se plaindre... Tu es peut-être la princesse Pomme mais tu n’épouseras pas mon fils ! Adieu ! "

Pauvre Pomme qui s’est forcée à jouer la délicate ; elle qui, en fait, est pleine de santé ! ...

" Tant pis, se dit-elle, de toutes façons, il avait un gros bouton sur le nez ce prince-là !... La prochaine fois, je serai moi-même et celui que j’aimerai devra m’accepter comme je suis ! "





Le Caillou Qui Voulait Voir Le Monde

C’est l’histoire d’un petit caillou au bord d’un chemin. Un chemin de campagne.

Il est là, au bord du chemin, depuis sa naissance. Devenu grand, il a désormais envie de découvrir le monde, de parcourir la terre...

« Hélas, caillou que je suis, comment sortir de mon bord de chemin ?... » se demande-t--il sans cesse.

Son désir le torture, jour et nuit, il songe à des horizons nouveaux, à des rencontres imprévues...

« Oui, mais voilà, se dit-il, pour me déplacer, je n’ai pas de jambe ni de patte comme les chiens, les chats ou les renards... Je n’ai pas d’ailes comme les mésanges, les canards ou les hirondelles... Je n’ai même pas la légèreté d’une feuille pour me faire porter par le vent. Comment faire ?... »

Alors, réunissant toute sa volonté en un effort superbe, il réfléchit, réfléchit, réfléchit longtemps dans sa tête de caillou d’où lui surgit enfin une idée:« Voilà, j’ai trouvé !... Si je deviens lisse et bien rond et que le vent se montre clément pour m’aider un peu, je pourrai rouler le long du chemin, qui, derrière le talus, est en pente. Alors, je dévalerai le chemin et je pourrai voir le monde et ses richesses. »

En effet, au bord du chemin, le caillou a souvent entendu parler du monde - comment dire, du monde derrière le talus ! - il y a les marchands de tissu et les marchands de tapis qui discutent le bout de gras, les laitières qui reviennent du marché et les amoureux qui roucoulent des histoires d’îles parfumées... Et surtout, les enfants qui reviennent de l’école :

« Toi, tu iras voir Lens-PSG, samedi ?

- Non, moi je suis puni, à cause de mes notes en maths. Mes parents m’obligent à regarder « Des chiffres et des lettres » en DVD... Pfff, je ne te raconte pas le week-end ! »

De fil en aiguille, à chaque fois que le caillou sent quelqu’un s’approcher dans le chemin, il s’efforce de tendre ce qui lui sert d’oreille, - deux minuscules orifices de chaque côté.

Ainsi, il connaît vaguement Lens et PSG, les tissus de coton ou de nylon, le prix des oeufs et du lait, les maths si terribles et les DVD mais il se demande à quoi toutes ces choses peuvent ressembler, lui qui n’a jamais bougé de sa place, dans ce chemin où il commence sérieusement à s’ennuyer...

A force d’écouter les gens parler, lui vient l’envie d’en savoir plus, car ce caillou est curieux !

Brûlant de désir, il demande à son entourage de l’accompagner et de l’encourager dans son effort : les autres cailloux, la terre, les herbes et les fleurs du chemin mais aussi le vent et la pluie, tous lui donnent un coup de main et le soutiennent dans sa quête. Pour devenir lisse et rond, il faut d’abord que le caillou cesse de grossir, au régime caillou ! Interdit d’absorber les sels minéraux et les ions qui passent, il faut au contraire se concentrer sur l’érosion. Han ! Han ! C’est dur de faire partir ses peaux mortes quand on ne peut pas bouger...

La pluie et le vent aident le caillou à perdre ses poussières extérieures, les moineaux piquent son dos pour le rendre bien rond et les fleurs qui poussent autour de lui remuent leurs racines pour le déloger.... Mais rien à faire, il est trop lourd, et les fleurs, si gentilles soient-elles, sont incapables de donner le coup du départ.

« C’est trop triste, se dit le caillou, tant d’efforts pour rien !... »Et là, au bord du chemin, il se met à pleurer...C’est la première fois qu’il pleure...C’est très très rare chez les cailloux mais parfois cela arrive, c’est qu’il est trop malheureux, malheureux comme les pierres... Et parfois, vous savez, quand on ne voit pas le bout du chemin et qu’on ne sait plus comment faire, le destin donne un petit coup de pouce....

Eh bien, pour notre caillou, c’est plutôt un petit coup de pied qui fait basculer la situation... L’enfant puni à cause de ses maths a réussi à s’échapper de la télévision, il grogne et boude sur le chemin, il regrette tellement de ne pas être allé voir le foot avec son père et son frère !...Du coup, il shoote dans tout ce qu’il trouve, il shoote à droite, il shoote à gauche...OUIIIIII !!!....BUUUUT !!!...Dans le caillou !...DANS LE CAILLOU !!!... Le voilà qui s’envole au dessus des fleurs, quel vole-plané, mes amis !...Il atterrit au delà du talus et roule, roule à travers un petit sentier raviné par l’écoulement de la pluie.

Ca y est, le caillou est parti !

« Au revoir mes amis. Merci, merci ! Jamais je ne vous oublierai... » se dépêche-t-il de crier parce que déjà il ne peut plus s’arrêter sur la route en pente, pas de frein, pas de limite au voyage !

Il se met à dévaler le versant à une allure incroyable, vertigineuse. Le caillou est ivre de joie, dans ce tourbillon, il ne manque pas une image du nouveau paysage qui défile à ses yeux. La rivière, oui, il y a une rivière de l’autre côté du talus et, quelle bête étrange, le caillou n’en a jamais vues de pareilles : une voiture !... Le plus étrange, c’est qu’elle roule comme lui !... Il se cogne la tête contre ses collègues, les autres cailloux du chemin

« Pardon, excusez-moi... Je ne peux pas m’arrêter! ».

Toutes ces collisions sur les obstacles du chemin, résonnent comme des percussions et produisent une jolie musique. Le caillou est si heureux de s’ouvrir au monde qu’il accompagne cette musique de son chant et de sa mélodie personnelle... Peut-être un jour le croiserez-vous sur un chemin, roulant et chantant, peut-être vous demandera-t-il un petit coup de pouce, non, de pied, pour aller plus loin, toujours plus loin dans son voyage !...

Par Sabine D'Halluin





















Le Premier Jour D’école

Simon rentre juste de l’école avec un grand sourire et plein de mots dans la bouche. Pourtant ce matin, il ne disait rien, il était intimidé devant le maître et tous les enfants qu’il ne connaissait pas. Il a même un peu pleuré et maman aussi. C’est normal, c’est son premier jour à l’école maternelle.« Maman, à l’école, j’ai dessiné un bonhomme vert et j’ai chanté la chanson du petit train. Mon maître il s’appelle Christian et il a une guitare. Je pourrais avoir une guitare ? J’ai joué à la poupée avec Manon et François mais François a tapé Manon alors je suis allé regarder l’escargot et je lui ai donné de la salade. Maman, à l’école, les toilettes, elles sont toutes petites, à ma taille, et les tables pour manger aussi. J’ai eu de la purée et des petits pois. Tu sais, à la récréation après la sieste, j’ai joué avec Jean-Loup. C’est mon copain. Lui, il n’a pas emmené son doudou à l’école parce qu’il est en moyenne section. Regarde ! C’est moi qui l’ai fait ; c’est de la peinture avec les doigts !"

Simon donne à sa maman une grande feuille où s’étalent des tâches rouges et jaunes aux couleurs de l’automne, les empreintes de ses petites mains. Comme il a grandi en un an !

« Maman, je peux y retourner demain à l’école ?… »

Les Pattes Palmées Du Lion

D ns la savane africaine vivait un lion qui n'était jamais content. Il se plaignait sans cesse, et les animaux l'entendaient râler durant toute la journée, sans jamais s'arrêter.

Le lion n'était pas méchant, mais c'était un éternel insatisfait. "Le soleil est trop chaud !" l'entendait-on dire. "L'herbe est trop haute !", "Les singes sont trop bruyants !", "L'eau de la marre a mauvais goût !". Et comme cela pendant des heures et des heures.

Il lui arrivait même de se réveiller la nuit pour se plaindre d'un rêve qu'il venait de faire, ou de n'importe quelle autre chose pour laquelle il trouvait immédiatement un prétexte pour râler.

AÀ la nuit tombée, le lion alla voir le pélican. Le pélican fut très surpris de recevoir le lion à une heure si tardive mais l'invita à entrer. C'était le roi après tout.

- Hum, les journées sont chaudes en ce moment, commença le lion, et peut-être pourrais-tu me rendre un petit service.

- Mais bien sûr, répondit le pélican, que faut-il que je fasse ?

- Voilà, expliqua le lion, j'ai un petit problème, il ne faudra pas que tu le répètes aux autres animaux. Je n'ai jamais appris à nager, j'ai bien essayé une ou deux fois, mais avec mes grosses pattes je coule comme une pierre.

J'ai un marché à te proposer, si tu me prêtes tes pattes le temps de la saison chaude je te prêterai les miennes. Comme ça, avec tes pattes palmées, je pourrai aller me baigner et nager sans problème et toi avec mes pattes munies de griffes, tu pourras te défendre contre les prédateurs.

Le pélican accepta le marché, et le lion rentra chez lui, impatient d'essayer ses nouvelles pattes une fois le soleil levé.

Le lendemain, le lion marcha lentement jusqu'à la marre. Ce n'est pas vraiment facile pour un lion de marcher avec des pattes de pélican ! Il arriva tout essouflé à la marre, il faisait encore plus chaud que le jour précédent.

Et pour la première fois, il put entrer dans l'eau et nager avec une facilité qui étonna tous les autres animaux. Il passa la journée à nager, et y resta aussi la nuit, puis le jour suivant.

Mais il commençait à avoir faim, il fallait qu'il parte chasser.

Mais hélas, des pattes de pélican, ce n'est pas très pratique pour chasser le zèbre ou la gazelle ! Il trébuchait sans cesse, se prenait les pattes dans les branches mortes, et ses pieds palmés faisaient "Flotch ! Flotch !" sur le sol sec et dur de la savane. Ce n'était vraiment pas discret pour chasser.

Très vite, il eut des ampoules aux pattes, sans compter qu'il s'était tordu le petit orteil plusieurs fois. En plus, il avait pris des coups de soleil sur les mollets .

AAlors, il recommença à se plaindre, tout en se disant quand même que ça irait mieux demain. Mais le lendemain, ce fut pareil. Et le jour d'après aussi. Et chaque soir, il revenait de la chasse épuisé et le ventre vide.

Au bout de 5 jours, il retourna chez le pélican.

Comme le premier soir, le pélican le fit entrer. Il avait toujours les pattes du lion mais ses plumes étaient terriblement sales, gluantes et toutes collées et il avait des griffures plein la tête.

- Mais que s'est-il passé ?? demanda le lion.

- Oh, répondit le pélican, je ne sais pas me servir de tes pattes, je ne peux même plus entrer dans l'eau pour me laver car je n'arrive pas du tout à nager avec ! En plus, à chaque fois que je veux me gratter, j'oublie que j'ai des griffes acérées au bout des doigts et je me blesse !

Le lion raconta alors à son tour au pélican qu'il n'arrivait pas non plus à se servir de ses pattes palmées, et qu'il n'avait pas mangé depuis des jours.

Alors, il décidèrent chacun de reprendre leurs pattes d'origine. Et le pélican put à nouveau aller dans l'eau, et le lion recommença à chasser comme avant.

Une chose avait changé cependant. On n'entendit plus jamais le lion se plaindre. Il avait compris qu'on ne peut pas être bon en tout. Lui ne savait pas nager, mais il était l'animal le plus silencieux et le plus respecté de la savane et il n'aurait changé cela pour rien au monde.















Nicolas En Chocolat

Ils étaient trois enfants qui s’étaient perdus

Etaient allés par ici, par là,

Etaient perdus, perdus...

Ils sont allés la nuit venue chez le boucher

Le vieux boucher fatigué " Encore des enfants ! Des enfants perdus ! J’en ai mangé trois déjà, je n’ai plus faim ! allez chez vous, rentrez chez vous ! "

" Mais, boucher, nous sommes perdus." Répondent les enfants tous ensemble

" Et puis, tu es le boucher, le méchant boucher, tu dois nous manger !

- Oui, oui, oui, tu dois nous manger !

- Ou alors nous couper en petits morceaux et nous mettre au saloir comme pourceaux !

- Mais je ne veux pas, je suis fatigué, et j’ai horreur du sang, des cris, des os qui craquent... D’abord, moi, ce que j’aime, c’est la musique, les pommes de terre vapeur et les carottes avec des bonbons..."

Alors le plus jeune des enfants se met à pleurer, à pleurer...

" Si le boucher ne nous mange pas, sniff, sniff, alors jamais Saint-Nicolas ne viendra nous recoller... Et moi, je veux voir Saint-Nicolas !"

Que faire, que faire ??? Le boucher n’est pas mauvais bougre, il voudrait aider les enfants à rencontrer Saint-Nicolas, mais s’il faut pour cela les manger, ah, non, non et non ! Que faire, que faire ??? Découragé, et aussi parce qu’il est fatigué, le boucher s’est assis sur le pas de sa porte au milieu des enfants. Tous les quatre, ils regardent le ciel noir piqué d’étoiles. De sa grande poche, le boucher sort un gros paquet de bonbons et commence à les manger machinalement... Les enfants lorgnent du côté des bonbons...

" Et nous, et nous, on peut en avoir...

- Oui, oui, bien sûr... Excusez-moi... Heu, s’il vous plait, ne prenez pas ceux au citron...C’est mes préférés !

- D’accord, d’accord... Pas au citron ."Disent-ils en plongeant toutes leurs mains dans le paquet...

- Pourquoi tu n’es pas méchant ?...Les bouchers, c’est méchant dans les histoires normalement...

- Je sais, je sais, j’ai essayé, vous savez, j’ai fait pousser les poils de mes sourcils, j’ai pris des cours pour crier très fort, j’ai appris à faire peur et à découper la viande, je suis devenu très grand et très fort, vous voulez voir mes muscles ?... Mais je n’ai pas envie, pas envie... Plus envie..."

Les deux grands enfants se sont regardés, complices :

"Oh, lui, il nous fait une petite déprime... Il lui faut ...du CHO-CO-LAT !!!"

"Attend-nous ici, on revient tout de suite... Heu, toi, Fabien , on te confie le boucher, tiens-lui compagnie, il en a besoin !" En riant, les enfants s’éclipsent dans la nuit...

"C’est toujours comme ça, dès que je commence à me faire des amis, ils s’enfuient..." Et le boucher se met à pleurer, à pleurer de grosses larmes de crocodile...

- Moi, c’est pareil, dit Fabien, comme je suis le plus petit, je me retrouve toujours tout seul !"

Lui aussi se met à pleurer... Mais les enfants reviennent, tirant derrière eux... Saint-Nicolas !!!... Oui, Saint-Nicolas. Immense, énorme, doré,...En chocolat ! Oh, le petit Fabien était heureux et le boucher donc !... Ils ont mangé Saint-Nicolas, tous les quatre, en regardant les étoiles !.... Il était bon, Saint-Nicolas... en chocolat !



Premier Jour D’hiver :

Premier Bonhomme De Neige

Ce matin-là, quand sa maman réveille Nicolas, elle est toute excitée, toute nerveuse. Heureuse.

Nicolas, lui, il a du mal a ouvrir ses yeux.

« Nico, mon bonhomme, j’ai une surprise pour toi. C’est grande nouvelle. Tu vas être très heureux », lui dit sa maman.

Nicolas a les paupières encore toutes collées de sommeil. Sa maman lui fait un gros câlin. Il se frotte les yeux, les poings serrés, et il se gratte les cheveux. Après, il baille très fort, pendant que sa maman tire les rideaux. Dehors, tout est blanc La lumière est éclatante. Et les murs de la chambre de Nicolas, sont eux aussi éblouissants. Juste devant la fenêtre de la chambre de Nicolas, le grand sapin du jardin, est tout blanc, lui aussi. Nicolas sort de ses draps. A quatre pattes sur le lit, il s’approche de sa maman. Et il regarde à travers le carreau.

« C’est beau, n’est-ce pas ? », lui dit-elle.

D’un seul coup, Nicolas saute comme une puce sur son lit.

« C’est Super, il a neigé. C’est tout blanc partout ! » Nicolas bondit hors du lit, et sans prendre le temps d’enfiler ses chaussons, il sort de sa chambre en courant.

« J’y vais », dit-il, en riant.

« Attends, Nico, lui crie sa maman, tu es encore en pyjama. Il faut tout de même te laver, t’habiller, déjeuner …».

Nicolas fait presque tout ça, en un rien de temps. Et très vite avec sa parka, un gros pantalon d’hiver, des moufles aux mains, un bonnet sur la tête, une écharpe autour du cou, et avec encore des après-skis tous chauds, aux pieds, il sort dans le jardin. Il marche dans la neige. Ça fait comme dans du coton. Ça fait des drôles de bruit : des « che-crounks », des « che-cruinks », et puis des « che-croinks ». Au bout d’un moment, Nicolas s’arrête, ne bouge plus du tout. Et tout d’un coup, « sploum » : il se laisse tomber pat terre. Il n’a pas froid, à cause de ses habits d’hiver. Il roule, et il s’enroule. Il nage dans la neige. Il rit. Il rit de plus en plus. Il envoie de la neige partout autour de lui. Il jette des boules au dessus. Il leur donne des coups de tête, des coups de pieds, des coups de poings. Et il continue à rire, de plus en plus fort. Derrière la fenêtre, sa maman l’observe.


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