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Legends





by Eren SARI

Legends

Copyright © 2017, (Eren SARI)

Tous les droits appartiennent à l'auteur.

Première édition: 2017

Publishers Adresse:

NoktaE-Book Publishing

Aşağı Pazarcı Mah.1063 Sokak.No:7

Antalya / TÜRKİYE

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Web:http://www.noktaekitap.net

Couverture: NOKTA E-KİTAP

Éditeur NET MEDYA YAYINCILIK

Nokta E-Book International Publishing















Les géants de Nideck

Le Château de Nideck, en Alsace, est composé de 2 ruines sur une colline en forte pente. Cette curiosité d'installation et la présence proche d'une grande cascade très bruyante (voir diaporama ci-dessous) ne pouvait qu'engendrer une légende, que l'on se raconte de père en fils depuis de nombreuses générations.

La légende raconte que le château était habité par un couple de géants et leur petite fille. Un jour d'ennui, celle-ci se promena jusqu'à la plaine d'Alsace et découvrit ce qu'elle prit pour des jouets vivants. Une fois rentrée au château, son père lui expliqua qu'il s'agissait d'hommes et qu'il fallait les laisser à leur place car ils cultivaient la terre pour nourrir les géants.

Charlotte Engelhardt-Schweighaeuser (1781 - 1864) recueillit la légende de la bouche d'un garde forestier. Elle en fit un poème en alsacien. Grimm lors de son passage en Alsace en 1814 le transcrivit en prose allemande et l'inséra plus tard dans ses "Contes Allemands". C'est ce texte qui inspira le poète Adelbert von Chamisso pour composer Das Riesenfräulein - la fille du géant.



La Dame Blanche du château de Hohenbourg

Messire Treitlinger, Conseiller de la Régence de Montbéliard qui représentait son Altesse le Duc de Wurtemberg dans ses possessions en Alsace, lors d’une visite à Riquewihr, avait été invité par le Bailli à une partie de chasse dans les vastes forêts du domaine. A cette occasion le Sire Treitlinger fut scandalisé par le laisser-aller qu’il constatait dans l’administration des domaines de ses maîtres ; nos chasseurs trouvèrent un faon pris par la gorge dans un collet meurtrier.Dès le lendemain furent convoqués le Directeur du domaine et les Officiers de la Forêterie. Le Conseiller le la Régence exigea plus de rigueur dans l’économie forestière et l’abattage des arbres. Il enjoignit au Maître des Eaux et Forêts de mettre fin au braconnage. L’Officier des Eaux et Forêts demanda donc à ses quatre forestiers de parcourir aux heures les plus inattendues, les belles futaies de sapins, de hêtres et de chênes, qui recelaient en abondance cerfs, chevreuils, sangliers, tous gibiers tellement convoités par les manants.Les bûcherons et les charbonniers qui, depuis 1720 s’étaient établis à Ursprung avec autorisation spéciale, pratiquaient avec beaucoup d’habileté le braconnage au plus profond des bois, où personne ne les avait inquiétés jusqu’alors.

C’est ainsi donc que Jacob Gebhardt, le forestier et garde-chasse assermenté se trouvait un soir de juillet 1769, par un magnifique clair de lune, sur le sentier qui longe le Sembach tout au fond de l’étroit vallon. Il allait être minuit, la pleine lune était au zénith. Soudain il fut fort intrigué par un flocon de brume blanche qui se détachait du vieux donjon en ruine de Reichenstein. Il sentit un frisson parcourir tout son corps, lorsque ce singulier nuage prit peu à peu la forme d’une dame en longue robe blanche. Sidéré, appuyé à un chêne, il resta immobile, osant à peine respirer.

L’apparition descendit lentement vers la rivière. Jacob la vit se mettre à genoux sur une dalle plate. Elle tenait en main une grosse clef qu’elle trempa dans l’eau.

Elle la lava, la frotta, la gratta énergiquement, interminablement, comme s’il fallait la purifier d’une tache rebelle, indélébile.

Jacob bougea-t-il à ce moment ? Toujours est-il que la dame se leva, mais loin de disparaître à la manière d’un spectre, voici qu’elle s’avança vers lui. Le garde-chasse était dans un état si singulier, si euphorique, qu’il n’eut même pas l’idée de fuir. La dame blanche lui prit la main et lui dit d’une voix douce :

" Ecoute-moi, je t’en prie. Viens demain soir, à la même heure, sur ce chemin, et allume deux torches. Voici exactement cinq cents ans que je souffre. C’est toi qui peux me délivrer. Je te conduirai dans une salle où tu verras sur un grand bahut de chêne un gros chien noir. Il me garde captive. Tu serreras très fort ma main droite, à tel point que le sang jaillira de mes doigts. Surtout ne te laisse pas effrayer par les hurlements du chien. Alors je serai délivrée et toi, tu seras riche. Ce coffre contient un trésor fabuleux dont tu donneras la moitié aux pauvres ; le reste t’appartiendra. "La dame retourna au château où elle redevint blanc nuage et disparut. Jacob Gebhardt rentra chez lui mais ne dormit guère. Ce qu’il avait vécu dans le vallon du Sembach ressemblait à un rêve; pourtant il n’avait pas dormi pendant sa ronde de nuit. Il n’en parla à personne, craignant qu’on se moquât de lui. La nuit suivante, s’étant muni de deux torches et d’un briquet, Jacob mit son fusil à l’épaule comme pour une ronde normale. Il remonta d’un bon pas le Kleintal et le sentier du Seelbourg pour observer par le haut la ruine du Reichenstein. Il n’y remarqua rien de suspect. Peu à peu il fut obsédé par le doute et la honte de s’être fait prendre naïvement à une illusion ou un rêve. Arrivé en haut de sa course il prit pourtant le vallon du Sembach appelé Grosstal et dévala allègrement le sentier.

Il était environ minuit lorsqu’il arriva à la hauteur de la ruine. Il accrocha son arme au chêne auquel il s’était adossé la veille. Il entreprit d’allumer les deux torches. Sitôt que brillèrent les deux flammes, le sentier devint un chemin dallé et la ruine de Reichenstein fut métamorphosée en un édifice intact et illuminé.Sortant du portail largement ouvert, la Dame Blanche vint à la rencontre de notre forestier qui aussitôt, se sentit rassuré, heureux, euphorique. Elle prit une des torches dans sa main gauche, et donna sa droite à son nouveau chevalier, lui recommandant de ne pas la lâcher. Par un bel escalier illuminé miraculeusement, la Dame conduisit le garde-chasse vers la salle des chevaliers, une pièce avec cheminée, table massive, et contre le mur, le coffre fatidique sur lequel s’allongeait un énorme chien noir. Jacob serra la main droite de toutes ses forces. Le furieux animal se mit à hurler si fort, si affreusement, ouvrant une gueule si menaçante, que le chasseur d’ordinaire courageux retira sa main et s’apprêtait à fuir.

Il entendit encore la pauvre Dame Blanche dire d’une voix brisée :" Il me faudra donc attendre neuf fois quatre vingt dix neuf ans jusqu’à ce que je croise enfin le chêne dont les planches serviront à confectionner le berceau de l’homme qui pourra me délivrer. "

La Dame Blanche du château de Hohenbourg

Ilya longtemps de cela, la source du Maïdenbrunnen était vive, et généreuse en eau fraîche. Il y avait même un petit étang, où Hedvige, fille du seigneur de Hohenbourg, descendait parfois pour se refraîchir.Mais un jour, un sanglier rendu furieux par une blessure de chasseur fonce dans les taillis et les près. Et, voyant une forme humaine, se retourne et assaille Hedvige. Par miracle Robert de Wegelnbourg, fils du seigneur du château voisin, jaillit d'un fourré, bande son arc et touche la bête qui s'enfuit. Une idylle est née, à laquelle le père de Hedvige est farouchement opposé. Un jour, il surprend les amants et tue le jeune homme. Brisée de chagrin, Hedvige s'enferme dans sa chambre et se laisse mourir. Avec elle disparait toute la beauté du site. Les nénuphars qui fleurissaient sur l'étang se fanent aussitôt. L'herbe jaunie parfois de tristesse, et les fleurs n'osent plus se montrer au printemps. Seul quelques rares myosotis tentent de pousser sur les bords de l'ancien étang, qui chaque année s'appauvrit de son eau si claire.On prétend que certaines nuits, quand la lune disparaît derrière des voiles de nuages, on peut discerner la silhouette d'une jeune femme vêtue de blanc, à la chevelure dense et noire qui descend, pieds nus, de la ruine du château de Hohenburg.

Elle s'arrête près de la fontaine, écoute le murmure de l'eau et le bruissement du vent dans les arbres. Elle semble attendre son amant et certains prétendent qu'elle chante son amour.

Vers une heure du matin, elle part en pleurant et disparaît dans la sombre forêt.



























La Nymphe du château de Wangenbourg

Au temps jadis, habitait dans le château de Wangenbourg, un seigneur très querelleur et à la moralité très douteuse. Au retour d'une de ses sorties guerrières avec ses compagnons d'arme, il vit une jolie jeune femme dans un près fleuri. Avec ses marguerites Le seigneur fut pris du désir de la séduire, par tous les moyens.

La princesse n'était pas seulement belle,elle avait été bénie à la naissance par une fée, et tout en elle était merveilleux. De nombreux prétendants avaient tenté de la séduire, mais étant trop jeune pour le mariage, elle avait du les repousser.

Le seigneur de Wangenbourg déploya tout le savoir faire de ses conseillés pour conquérir cette "tour imprenable" et, un beau jour, elle accepta sa demande.

Il lui promit de ne chérir qu'elle, et de ne plus convoiter d'autres coeurs.

Ils étaient heureux, et malgré les sollicitations de la vie d'un seigneur, il respecta sa promesse.

Mais, un jour, il se mit à regarder d'autres damoiselles, et, trahissant sa parole, il reprit sa vie d'avant.

La princesse en fut terriblement affectée. Elle décida de se laver de cet affront à la cascade de Nideck, qu'elle connaissait bien. Mais Wangenbourg est loin de Nideck pour une frêle princesse à pied.

Elle se blessa plusieurs fois sur les branches basses, les pierres acérées, et les ronces. Il lui semblait que le flamme de l'enfer sortait du sol pour la brûler. La densité de la forêt ne laissait passer que peu de lumière.

Lorsqu'elle arriva, épuisée, en haut de la cascade, ses jambes ne purent soutenir notre malheureuse princesse ensanglantée, et elle glissa dans le vide.

La fée, ayant eu vent de ses malheurs, arriva à travers les nuages, et dans un éclair, la rattrapa avant la chute fatidique.

- ' Mais que faire d'une beauté désespérée qui sera toujours la proie des hommes ? ' se dit la Fée.

Et l'idée lui vint de la transformer en Nymphe.

Depuis ce jour, les habitants prétendent qu'une ombre blanche danse sur l'écume de la cascade prévenant les promeneurs d'un orage proche.





Le Lindenschmitt

Vers 1380, un chevalier peu fortuné et sans terre s'empare par la force du château de Loewenstein, site délaissé par la famille Ochsenstein.

Pour survivre, le chevalier, accompagné par une bande de coupeurs de gorges, rançonnent tous les voyageurs et passants circulant sur son territoire.

Afin de cesser les pillages et rendre le calme à cette région, une armée est levée contre lui. Les cavaliers le pourchassent à chacun de ses larcins. Curieusement, ils restent introuvable. Des limiers sont recrutés pour suivre les traces laissées par sa monture, mais ils ne réussissent jamais à comprendre sa direction.

On prétend qu'il disparaît dans la roche, ou qu'il s'évapore comme un nuage. La légende du chevalier prend forme. Certains pensent que ce cavalier a fait un pacte avec Satan, d'autres affirment que c'est un fantôme.

Mais nul ne sut la vérité pendant des siècles. Le château fut maudit et la contrée fut isolée du monde. On découvrit finalement le secret de ses disparitions : il ferrait ses chevaux à l'envers.Les traces allaient dans le sens inverse de sa direction.

La légende raconte aussi que le Linkenschmidt, arrêté par Gaspard de Freundsberg, espion du margrave de Bade,fut décapité à l'aube avec son fils et son serviteur. Depuis, a ruine du châteauest hantée : à chaque fois qu'une guerre se prépare, on entend à la nuit tombée le Linkenschmidt qui sort avec sa bande en poussant des cris sauvages.

Le Lindenschmitt est aussi appelé le Lœwenstein, ou encore le Linkenschmidt (le forgeron gaucher).























Le vieil orme de Biscarosse

Dans les Landes à Biscarosse, se trouve un orme près de l’église du village; remarquable par son âge avec ses 600 ans; remarquable aussi car c’est un survivant de la graphiose, terrible maladie fongique apparue au début du 20e siècle qui décima une grande partie de la population d’ormes.

Cet arbre est légendaire dans tout le pays en raison d’un étrange phénomène: une couronne de fleurs apparait sur le tronc au même endroit tous les ans. Il est mort en 2010.

La légende :

Vers 1450, une jeune bergère, Adeline, fut injustement accusée d’avoir trompé son fiancé Pierre avec un officier anglais dont elle avait repoussé les avances. Pour ménager l’occupant, le conseil des anciens la condamna a être exposée nue, pendant une journée, sous l’arbre de la justice. Au coucher du soleil, elle mourut de honte et de chagrin. Le lendemain, on vit fleurir, sur le tronc de l’orme, à l’endroit où la malheureuse avait la tête, une couronne de fleurs blanches semblable à celle des jeunes mariées. Depuis, tous les ans au printemps, une couronne blanche fleurit au même endroit.



Le Serpent des Pyrénées

Une légende gasconne affirme qu’il y avait autrefois, dans la Montagne (les Pyrénées), un Serpent long de cent toises, plus gros que les troncs des vieux chênes, avec des yeux rouges, et une langue en forme de grande épée. Ce Serpent comprenait et parlait les langues de tous les pays ; et il raisonnait mieux que nul chrétien n’était en état de le faire. Mais il était plus méchant que tous les diables de l’enfer, et si goulu que rien ne pouvait le rassasier.

Nuit et jour, le Serpent vivait au haut d’un rocher, la bouche grande ouverte comme une porte d’église. Par la force de ses yeux et de son haleine, les troupeaux, les chiens et les pâtres, étaient enlevés de terre comme des plumes, et venaient plonger dans sa gueule. Cela fut au point que nul n’osait aller garder son bétail à moins de trois lieues de la demeure du Serpent.

Alors, les gens du pays s’assemblèrent, et firent tambouriner dans tous les villages : « Ran tan plan, ran tan plan, ran tan plan.

Celui qui tuera le Serpent, sera libre de toucher, pour rien, sur la Montagne, cent vaches avec leurs veaux, cent juments avec leurs poulains, cinq cents brebis et cinq cents chèvres. »

En ce temps-là vivait un jeune forgeron, fort et hardi comme Samson, avisé comme pas un. « C’est moi, dit-il, qui me charge de tuer le Serpent, et de gagner la récompense promise. » Sans être vu du Serpent, il installa sa forge dans une grotte, juste au-dessous du rocher où demeurait la male bête. Cela fait, il se lia, par la ceinture, avec une longue chaîne de fer, et plomba solidement l’autre bout dans la pierre de la grotte. « Maintenant, dit-il, nous allons rire. »

Alors, le forgeron plongea dans le feu sept barres de fer grosses comme la cuisse, et souffla ferme. Quand elles furent rouges, il les jeta dehors. Par la force des yeux et de l’haleine du Serpent, les sept barres de fer rouges s’enlevèrent de terre comme des plumes et vinrent plonger dans sa gueule. Mais le forgeron fut retenu par sa chaîne, et il rentra dans la grotte. Une heure après, sept autres barres de fer rouge, grosses comme la cuisse, s’enlevèrent de terre comme des plumes et vinrent plonger dans la gueule du Serpent. Mais le forgeron fut retenu par sa chaîne, et il rentra dans la grotte.Ce travail dura sept ans. Les barres de fer rouge avaient mis le feu dans les tripes du Serpent. Pour éteindre sa soif, il avalait la neige par charretées ; il mettait à sec les fontaines et les gaves. Mais le feu reprenait dans ses tripes, chaque fois qu’il avalait sept nouvelles barres de fer rouge. Enfin, la male bête creva.

De l’eau qu’elle vomit en mourant, il se forma un grand lac. Alors, les gens du pays s’assemblèrent, et dirent au forgeron : « Ce qui est promis sera fait. Tu es libre de toucher, pour rien, sur la Montagne, cent vaches avec leurs veaux, cent juments avec leurs poulains, cinq cents brebis et cinq cents chèvres. »

Un an plus tard, il ne restait plus que les os du Serpent sur le rocher dont il avait fait sa demeure. Avec ces os, les gens du pays firent bâtir une église. Mais l’église n’était pas encore couverte, que la contrée fut éprouvée, bien souvent, par des tempêtes et des grêles comme on n’en avait jamais vu. Alors, les gens comprirent que le Bon Dieu n’était pas content de ce qu’ils avaient fait, et ils mirent le feu à l’église. (D’après « Les Légendes des Hautes-Pyrénées » paru en 1855)















Le château de la Reine des Fées

Gustave Doré - Rising of the bones En contemplant les restes de l'effondrement d'un dolmen, à Saint-Ciers-de-Canesse, non loin de Blaye, vous serez loin de vous imaginer l'histoire qu'abrite cette ruine; vous vous trouverez, en réalité, devant ce qui fut, jusqu'au XIXème siècle, l'entrée du château des Fées.

On prétend que nul homme ne s'y serait aventuré sans y perdre la vie... Nul homme, en dehors d'un pasteur. Fuyant la tyrannie de son maître, il se serait réfugié dans le repaire et y aurait alors découvert une grotte faites d'ossements humains !

La cavité étaitégalement empruntée par de mauvais génies, dont Timer, le plus redoutable d'entre eux, était le chef. A peine eut-il pris conscience de l'horreur du spectacle, que le jeune pasteur fut transporté dans une salle magnifique, brillant de mille éclats: il se trouvait alors dans la demeure des Fées. Leur reine, Fréa, vint à lui pour lui annoncer son sort: il serait offert en tribut à Timer, qui le dévorerait vivant. Et Nul ne saurait espérer un autre sort, à moins de prendre possession de l'œuf des serpents - dont le contact serait fatal au génie. Troublée par le courage du pasteur, qui jura d'accomplir la mission, Fréa lui fit don d'une bague qui le rendrait invisible aux yeux des reptiles.

Grâce à ce talisman, il put retourner dans la caverne s'emparer de l'œuf des serpents.

Après avoir vaincu Timer en le touchant avec l'œuf, le pasteur l'enchaîna pour l'éternité, et vécut une longue et heureuse vie avec la reine des Fées.





























La légende de Sainte Procule

Elle était fille du comte de Rodez et s'était vouée à Dieu. Son père ayant voulu la marier à un Géraud d'Aurillac - peut-être un neveu du grand saint -, elle s'enfuit furtivement, marcha longtemps, arriva aux collines de Gannat, alors couvertes de grands bois, et s'y réfugia. Mais Géraud partit à sa recherche, découvrit sa retraite et, devant son refus obstiné de l'épouser, lui trancha la tête d'un coup d'épée.

Décapitation

La tradition rapporte que ce martyre eut lieu au Maturet, près du faubourg de Saint-Étienne qui passe pour avoir été à l'origine de la cité de Gannat, (voir la curieuse et complexe église Saint-Étienne, XIème siècle). Mais l'histoire de la sainte ne s'arrête pas avec sa décollation.

La légende ajoute que Procule se releva, prit sa tête entre ses mains et la porta, après cinq stations, sur les marches de l'autel de l'église Sainte-Croix. Quelques années plus tard, les habitants de Gannat, qui avaient choisi Sainte Procule pour patronne, firent élever, à chacun des cinq endroits où la vierge avait fait ses stations, une chapelle dans laquelle était représentée la posture qu'elle devait avoir eue en s'y reposant. Le temps les a fait disparaître1.

Plus tard, une autre chapelle lui fut construite près du couvent des pères Augustins de Gannat; elle fut détruite en 1793. On restaura alors, en l'honneur de la patronne de Gannat, une ancienne chapelle oubliée par les révolutionnaires, à une petite distance de la ville, dans un site pittoresque appelé "le pas de Sainte Procule" parce qu'on croit voir l'empreinte de ses pas sur les rochers d'alentour.

Cette chapelle est adossée à une colline couverte de gazon, sur les flancs de laquelle sont entassés des rocs granitiques. C'est dans cet endroit que, le lundi et mardi de Pâques, les habitants se rendent en foule, selon l'antique coutume. Chaque jeune fille achète en sortant le ruban de la Vierge qu'elle ajoute à sa parure.

Vers la même époque, ainsi qu'à celle où l'hiver les rappelle dans leur pays, les pieux montagnards de la Marche et de la Haute-Auvergne, qui vont exercer leur industrie dans d'autres provinces de France, s'arrêtent à la chapelle de Sainte Procule. Là, ils se découvrent, s'agenouillent et prient. Avant de se remettre en route beaucoup d'entre eux détachent, pour les conserver, de légères parcelles de la porte de la chapelle. Ces reliques les protègent dans leurs lointains voyages et favorisent leurs laborieuses entreprises.

La légende de Saint Dominique

Sur la route de Saint Jacques de Compostelle, Saint Dominique, injustement accusé de vol, fut pendu à La Calzada.

Or, son père averti en songe, reçut ordre d'aller le chercher (Dominique était encore vivant).

Le Malheureux se mit en route et arriva à La Calzada un jour où les autorités étaient en banquet. On se gaussa de lui car son fils était pendu depuis plus d'un mois. Le vieillard insista : «Dominique était vivant comme le coq rôti qui était sur la table.»Le coq rôti, aussitôt s'envola. Émus par ce prodige, les convives se levèrent de table. En hâte, on courut au gibet. Dominique était bien là, vivant et bien portant.

Dans l'Église de Murat, un tableau de l'École espagnole du XVIIème siècle retrace cet épisode. Dans ce tableau offert sans doute par un émigrant, on retrouve les grands faits de cette légende : l'arrestation de saint Dominique, le banquet et la résurrection du coq, les fourches et le pendu réconforté par un ange.Dans l'église rupestre San Michele alle Grottelle, à Padula, en Italie, de petites fresques en vignettes montrent des épisodes de la vie de saint Jacques de Compostelle. Voici les vignettes rapportant la légende de Saint-Dominique :

Vignette coq

Version de Santo Domingo de la Calzada :

En 1130, Hugonel, jeune pèlerin germanique en route avec ses parents vers Saint-Jacques-de-Compostelle, passa la nuit dans une auberge de Santo Domingo de la Calzada. Une jeune servante lui fit des avances, qu’il repoussa. Éconduite, elle cacha dans son bagage de la vaisselle d'argent. Au moment du départ, elle l’accusa du vol du plat. Il fut condamné et pendu pour ce vol qu’il n’avait pas commis.Les parents éplorés continuèrent leur pèlerinage et prièrent saint Jacques. À leur retour de Compostelle, ils l'entendirent leur dire du haut du gibet qu'il vivait, car saint Jacques le protégeait. Émerveillés, ils s'adressèrent à l’alcalde, (de l’arabe al cadi : le juge) qui était en train de déguster un coq et une poule rôtis, leur répondit avec ironie : « Si votre fils est vivant, cette poule et ce coq se mettront à chanter dans mon assiette. » Ce qu’il advint, le coq chanta et la poule caqueta. L’alcalde bouleversé fit dépendre le jeune homme et pendre à sa place la fautive.L'église Sainte Jeanne d'Arc de la place du Vieux-Marché de Rouen possède de superbes vitraux du XVIe siècle provenant de l'église Saint-Vincent de Rouen détruite en 1944. L'un d'entre eux nous conte l'histoire du pendu dépendu qui se raconte sur les chemins de Compostelle. (Cliquez sur le vitrail pour lire l'explication par partie)

La Procession des Trépassés

De l'Abbaye d'Aurillac, à part l'église abbatiale, il ne reste plus grand chose aujourd'hui à part des noms et quelques pierres.

Il faut citer la Fontaine de l'Aumône qui coule au coin de la rue du Buis et du Square Saint Géraud. Son nom lui vient de l'aumônerie du Monastère qui se trouvait là et l'on raconte qu'elle a donné parfois non pas seulement de l'eau mais de l'huile et du vin.

La fontaine qui se trouve sur la place Saint Géraud devant la maison Renaissance des chanoines, est taillée dans un énorme bloc de serpentine verte qu'un abbé d'Aurillac, vers la fin du XIème siècle, fit venir de Griou pour orner ses jardins. Le bassin que l'on peut voir reposait sur un autre bien plus grand, qui fut brisé par les protestants. L'église Saint Géraud, telle qu'elle s'offre aujourd'hui, est elle aussi bien attachante.De la première basilique Romane, il reste un beau chapiteau, qui a été creusé pour en faire un bénitier, et deux dalles décorées de feuillages et d'animaux symboliques, encastrées dans le mur de la chapelle, à gauche du chœur. Il y a là aussi, sculpté dans la pierre, un curieux Samson datant du Xème siècle, le plus ancien spécimen de la sculpture préromane à Aurillac. Des fouilles récentes ont également fait apparaître le transept romain.

Les protestants incendièrent l'église avec tout son riche mobilier en 1569. Les reliques de Saint Géraud furent elles aussi brûlées : on ne put sauver que quelques ossements, qui portent la trace du feu.

Cependant, Mgr. de Noailles releva le chœur, restaura le transept et une travée de la nef. On y travaillait encore en 1643. Le reste de l'église date de la fin du XIXème siècle.

Une légende raconte qu'autrefois, le jour des morts, à minuit, les fantômes de ceux qui devaient mourir dans l'année sortaient par le porche abbatial et s'en allaient lentement vers le cimetière.

Un garçon se crut assez fort pour aller voir passer cette procession de la Nuit des Trépassés, mais s'étant reconnu lui-même dans un de ces fantômes, il tomba sur la place sans connaissance. On le releva au petit matin, mais il avait perdu le sens, bientôt après il perdit la vie.











Le chien noir de Pontgibaud

Vers 1470, le père Imbert, charpentier à Pontgibaud, accusé de sorcellerie, fut brûlé vif.

Deux années plus tard, ce fut le procès du fils qui avoua l'histoire suivante :

Un soir à la brune, venant de son pré, il avait été abordé par un chien noir nommé Allonzo, et qui lui proposa de venger son père. Le chien arma son bras en lui procurant les cendres d’ossements provenant du cimetière de Volvic, et un bâton de mort, qui estropiait ceux qu’il frappait.

Il expliqua aussi qu'une nuit, le chien le conduisit en un lieu nommé La Garde. Là, au milieu d'un feu et monté sur un âne, un géant qui avait la figure large comme un quarton (1) lui fit donner un grand cierge noir, lui ordonna de l'allumer et de faire le tour de la compagnie (2) (Le géant était entouré de serviteurs).

Après quoi le géant dit le pacte conclu et admit le garçon au rang de ses serviteurs.

Accusé de sorcellerie, le garçon fut condamné à mort. Il tenta d’échapper au bûcher en se lançant contre les murs de son cachot. On l’enchaîna. Mais il parvint à ses fins en utilisant les brins de paille de sa paillasse, qu’il enfonça dans son nez jusqu’à l’hémorragie…

(1) Mesure de superficie qui varie de 6 à 10 ares selon les régions.

(2) C'était la façon celtique, antique, de se vouer aux Dieux. Vercingétorix en signe de soumission à César, avait fait le tour de son tribunal...





























Le sabbat du Puy-de-Dôme

Selon certains auteurs, après le départ des moines, le sommet du Puy de Dôme servit de lieu de sabbat aux sorciers.

En 1594, "la femme Bosdeau", sorcière du Limousin, fut condamnée par le parlement de Bordeaux et brûlée vive. La malheureuse laissait une confession et c'est ainsi qu'on apprit tout :

«La nuit de la Saint-Jean d'été donc, les sorciers arrivaient là, de l'Auvergne, du Limousin, de la Marche, du Velay, du Vivarais, du Gévaudan, voire du Languedoc. Car ils n'avaient qu'à enfourcher leur balai de bouleau pour être rendus en un clin d'œil dans les vents de la nuit.Leur maître, c'était Satan, qui avait la figure d'un bouc. Il les recevait au milieu d'un rond tracé sur le gazon au sommet de la montagne. Chacun venait allumer sa chandelle à la chandelle noire qu'il portait sur les cornes et dévotieusement lui baiser la fesse.Pour commencer le sabbat, le diable disait la messe à sa façon, avec une tranche de rave en guise d'hostie. Puis il distribuait les métiers de sorcellerie pour leur nouvelle année, faisant largesse de charmes contre le feu, les loups, les bêtes sauvages, et soufflant sur ses suppôts pour leur donner le pouvoir de prédire l'avenir.

La tradition populaire veut que, pendant cette messe noire, à cet endroit du puy de Dôme qu'on appelle "le cratère du Nid de la Poule", soit apparue une énorme poule noire à trois queues (elle pondait trois œufs noirs puis disparaissait dans les flammes). Les sorciers se précipitaient alors, brisaient les œufs et y trouvaient les ordres de Satan pour l'année à venir.



























La bête faramine

L'oiseau-bête faramine volait de la butte de la roche de Solutré à la butte de la roche de Vergisson. Dans cette dernière commune, il planait et tombait sur un cabri, une chèvre, un agneau. L'oiseau faisait tellement de bruit avec ses ailes que, depuis la fontaine au Ladre jusqu'à la pierre Cale, les animaux s'enfuyaient. Le pays était terrifié. On réunit donc un jour les chasseurs du village qui, armés de fusils, partirent à la roche. La bête, perchée, s'envola et l'un des chasseurs tira et la blessa. Le monstre tombé était encore menaçant et on dut l'achever en faisant feu directement dans le bec géant, ce que l'on ne réussit que lorsque la bête faramine fut acculée contre la roche puis le monstre fut plumé et brûlé sur la place publique.

Légende mâconnaise du 18ème siècle, écrite par l'abbé Ducrost publiée pour la première fois dans les Annales de l'Académie de Mâcon en 1888. Le titre local « Peteu de Vergisson » est le nom patois du « roitelet », petit passereau qui affectionne les endroits à végétation dense au sol : « repteu, peteu ou encore p'teu ».

Journal de Saône-et-Loire, N°261 du 23 septembre 1895, d'après Les Annales de l'Académie de Mâcon en 1888, par L'Abbé DUCROST :

Au ciel dès que cet oiseau point

D'où vient que le soleil s'éclipsa ?

Ce monstre ne serait-il point

La Bête de l'Apocalypse ?

Tremblez, fuyez, Vergissonnais !

Avec raisons vous frissonnez :

Au ciel que l'éclair illumine,

Voici la bête pharamine.



Le vieux savant qui se promène

Tenant en main son manuscrit

Se croit bien seul dans son domaine :

Dans l'air, la Bête a fait son cri,

Et cet animal amphibie

Sur le cahier fait, cadédis !

Ce qu'une hirondelle jadis

Fit dans les yeux du vieux Tobie.



Quand la patrie est en danger

Ses fils savent mourir pour elle :

Tes fils, épousant ta querelle,

O Vergisson, vont te venger...

Dans la nuit propice aux grands coups

Ils arrivent l'un après l'autre :

Quand le soleil luit sur le plateau

Pas un ne manque au rendez-vous.



"Braves chasseurs", leur dit le maire

Quand il les voit tous réunit,

"C't'usiau-là n'est pos un'chimère,

"On en parle tant qu'à Cluny :

"Vous ai du plomb dans v'tes gibernes,

"Vous ai du coeur sous v'tes tetons,

"Et, quand ça s'rait l'hydre de Lerne,

"Astujord'hi nous l'abattons."



Où courent-ils, tous ces grands coeurs ?

Est-ce à la mort ? à la victoire ?

En tous les cas c'est à la gloire :

Ils reviendront morts ou vainqueurs...

Ils vont, déchirants aux bouchures

Leur culotte et même leur peau ;

Et plus d'un dans cette aventure

Perd son sabot ou son chapeau.



Les bons chasseurs ont vu la Bête,

Mais la Bête aussi les a vus :

A les combattre elle s'apprête,

Elle pousse des cris aigus.

La troupe aussitôt se rassemble,

Tous les héros sont sur les lieux

Et pas un seul d'entre eux ne tremble...

Que va-t-il se passer, grands dieux ?



Mais les chasseurs de Vergisson

Ne sont pas des couyons, ma chère :

Sans un émoi, sans un frisson

L'un d'eux fait feu sur l'adversaire ;

L'oiseau crie, atteint en plein vol,

Et de Tramayes à Serrières

Quand il s'écroula sur le sol

Chacun sentit trembler la terre.



Le bec ouvert, l'oeil en furie,

On voit contre eux l'oiseau bondir :

C'est une effroyable tuerie,

Car il faut vaincre ou bien mourir...

Homère, il me manque ta lyre

Pour chanter ce combat fameux !...

Mais enfin l'animal expire,

Et le soleil lui, radieux.



A l'aide de grands "pots" de benne,

Joyeux, chantant sous le ciel bleu,

Quatre hommes portent avec peine

La dépouille du noir Peteu...

Et vous, femmes de Vergisson,

Arrachez-lui plume après plume :

Et, pour le bucler sans façon,

Allons ! que le bûcher s'allume !



Mais quand on eut plumé la Bête,

Le monstre jadis triomphant,

Il n'étit pas, foi de poète,

Gros comme le poing d'un enfant ;

Et cette bête épouvantable

Qui fit trembler les environs

(La chose est à peine croyable)

Ne pesait pas un quarteron.



La « pierre qui croule » d'Uchon

Au milieu du XIXe siècle, la « pierre qui croule » d'Uchon, galet de granit de huit mètres de large et de 2 mètres 30 de haut, pesant plus de 20 tonnes et situé à l'orée du bois d'Escrots, jouissait jadis d'une propriété curieuse, celle d'osciller du nord au sud à la moindre pression. C'était mystérieux et divertissant. Les savants expliquaient déjà prosaïquement le phénomène : la « pierre qui croule » et son support, appartenant à la catégorie des granits porphyroïdes tendant à se décomposer, les parties exposées aux intempéries, depuis des siècles, s'effritèrent peu à peu. Seuls, les points de contact échappant à cette décomposition, formèrent un pivot naturel qui, par sa position légèrement oblique, permettait un déplacement facile du centre de gravité.

Mais pour les habitants, la « pierre qui croule » était auréolée de surnaturel. Les anciens, paraît-il, la consultaient comme un oracle, et leurs descendants, vigilants gardiens des traditions ancestrales, la prenaient encore pour arbitre. Seulement, par une singularité de leur nature, ils l'avaient transformée en juge spécialiste de la fidélité conjugale. Quelque mari jaloux concevait-il des doutes sur la sagesse de son épouse ?

Il l'amenait de gré ou de force à la « pierre qui croule ». Et là, de son doigt tremblant, l'inculpée devait mettre le juge en mouvement. Le nombre des oscillations fixait, sans erreur possible, le soupçonneux conjoint sur son bonheur ou son infortune.Que de drames, que de comédies se jouèrent à l'ombre du rocher ! Les bonnes langues disent même que certaines villageoises à l'âme inquiète venaient en cachette s'exercer à risquer l'épreuve. Néanmoins, la « pierre qui croule » était la terreur des petites Morvandelles à tête folle, la bête noire aussi de tous les coqs de village. Une longue rancune s'amassait contre elle et devait, tôt ou tard, causer sa perte.

C'est en l'année 1869 que l'événement survint. Mortifiés par les méfaits de la pierre, naïvement curieux, surtout, d'en connaître le secret, les gars du pays, par un beau matin, s'acheminèrent au bois d'Escrots avec des cordes, une paire de bœufs et des leviers solides. Ils arrivent, lient étroitement le roc et attellent les bœufs à la corde. Puis, les leviers posés, l'attaque commence dans un effort combiné de pesées et de tractions. Comme surprise d'abord, la pierre vacille désespérément, mais résiste, Et c'est en vain que, tendue par les bœufs, la corde grince ; c'est en vain que les hommes halètent dans une poussée rageuse, le bloc les nargue et paraît inébranlable.

Alors les assaillants se piquent au jeu. On court chercher du renfort, l'attelage est doublé, l'assaut recommence furieux. Cette fois, la pierre, lasse de tant d'affronts, après une oscillation suprême, quitte son pivot, se déplace de quelques pouces et se condamne pour toujours à l'immobilité. Ce fut tout ! Une bande de niais venait, en une heure, de détruire l'œuvre patiente des siècles. A présent, rien n'est changé. Le roc est toujours là, énorme sur son socle de granit. Mais, ne l'interrogez plus, son âme est absente. Absente ? En est-on sûr ? Arc-boutez-vous contre la pierre ; imprimez-lui une secousse et vous la sentirez tressaillir. Un rien, peut-être lui rendrait la vie, et quelque puissant vérin, prudemment secondé par des coins mis à propos, suffirait sans doute à rétablir l'oracle.

Un peu plus bas que l'église, à une centaine de mètres de celle-ci, l'oratoire présente un singulier aspect. Il est une sorte de guérite en pierres de taille ouverte d'un côté, et dont les parois latérales construites en encorbellement sont ornées de deux petites niches en accolades. On y accède par quatre marches disjointes, mais sa toiture en pinacle se compose de mœllons bien équarris et d'une conservation parfaite. La croix, déposée à l'intérieur, remplace une stèle à tablette circulaire d'un usage indéterminé, provenant sans doute du château.

Le pinacle lui-même était probablement amorti par une croix monumentale, car de tout temps l'édicule porta le nom de Belle-Croix.

Son histoire est intéressante. Les seigneurs d'Uchon gardaient jalousement, paraît-il, dans leur chapelle, quelques ossements de saint Sébastien. Or, saint Sébastien, comme on le sait, détournait la peste. Ses statues s'étaient multipliées au XVe et au XVIe siècle dans nos églises de campagne, lorsque le fléau grandissant menaçait de devenir endémique. Autun fut, à maintes reprises, particulièrement éprouvé, et les habitants se rendirent plus d'une fois, au cours du XVIe et du XVIIe siècle, en pèlerinage aux reliques d'Uchon.

L'affluence était grande et l'église trop étroite. Aussi s'avisa-t-on de construire, au XVIe siècle, le petit édifice de Belle-Croix, afin que le prêtre y célébrât la messe et que tous les pèlerins pussent y assister en plein air. La chronique rapporte qu'en 1637, « sous la conduite de leur évêque, Messire Claude de la Magdelaine, 4 500 pèlerins d'Autun passèrent la planche de Mesvres » pour monter à Uchon. Et toute la région suivait l'exemple. Saint-Nizier, Montcenis, Luzy, Blanzy, Saint-Bérain, Charmoy, Arnay-le-Duc, venaient à tour de rôle prier saint Sébastien, chaque fois que la peste faisait de nouvelles victimes.

Les habitants de Montcenis, même, offrirent longtemps en reconnaissance, à l'église d'Uchon, un pain bénit le lendemain de la Trinité.

Une après-midi suffit à l'excursion de la montagne rocheuse. Elle n'est d'ailleurs pas éloignée du village. Mais, quel étrange spectacle ! On a comme une impression de chaos. Il semble que ces blocs ont été projetés là, en de bizarres amoncellements, par des Titans en délire. On admire et on a le cœur serré devant ce bouleversement de la nature sur un sol aride et escarpé. Ces masses de granit grisâtres affectent les formes les plus hétéroclites. Imaginez-les en silhouette sur une demi-clarté lunaire, projetant leurs grandes ombres et vous aurez le décor le plus fantastique qu'il soit donné de rêver.

Ici, un sphinx pose éternellement son énigme ; plus bas, un monstrueux éléphant paraît s'être couché complaisamment pour présenter sa croupe aux visiteurs.

Voyez cette grotte : longtemps elle servit d'asile à une pauvre vieille qui inspirait à tous crainte et respect. Sa demeure a conservé le nom de Celle aux fas (fas pour fées). Plus loin, c'est la chambre du loup de la Gravelière qui garde encore un mauvais renom. D'autres anfractuosités prêtent moins à la légende.

Les tapis de plumes de volailles et de perdrix qui en garnissent l'entrée dénoncent assez les repaires du renard, le damné rôdeur de la montagne. Tout en haut dominent les amas gigantesques de la Ravière arrondis et patinés par le temps. Et, comme pour ajouter un attrait au paysage, certaines cavités circulaires ou elliptiques auxquelles on donne le nom d'écuelles ou de bassins, se rencontrent à la surface de gros blocs ; elles affectent la forme d'une demi-sphère concave ou la disposition de sièges.

Les savants expliquent la présence des écuelles et chaises d'Uchon par l'action des premiers rayons du soleil sur l'eau congelée dans quelques dépressions naturelles qui se creusent ainsi progressivement. Mais les pâtres y voient tout autre chose.

S'ils jouent sur les rochers tant que le soleil brille, ils s'en éloignent avec crainte dès que la nuit tombe. Des êtres fallots, croient-ils, farfadets et lutins, rôdent dans ces solitudes, s'installent dans les fauteuils de granit, se baignent dans les bassins, hantent les grottes, agitent les pierres dans l'ombre.

Au fait, voici la griffe du Diable qui n'est rien moins que rassurante. C'est une roche haute de trois mètres et mesurant douze mètres de tour, tombée, on ne sait comment, en équilibre sur un socle.

Elle porte dans ses flancs une large empreinte produite par des érosions naturelles et qui ressemble à une griffe colossale. A ses pieds, l'amoncellement des pierres donne l'impression d'un caméléon apocalyptique préposé à sa garde.

Comment une pareille mise en scène n'inspirerait-elle pas la légende ? Et celle que l'on conte est si vieille, qu'elle est, depuis bien longtemps, reçue dans la tradition. Pour Uchon, c'est de l'histoire. L'action se perd dans la nuit des temps, mais on sait qu'elle se passait à l'époque lointaine où les habitants de Toulon avaient décidé de jeter, sur l'Arroux, un solide pont de pierre. On procédait alors à peu près comme aujourd'hui, et plusieurs concurrents briguaient l'adjudication des travaux.

Or, si le prix proposé paraissait rémunérateur, les conditions étaient dures. L'une d'elles notamment, plus dangereuse, fixait, pour l'achèvement du pont, un délai trop court à dire d'experts. L'inexécution de cette dernière clause entraînait retenue de la moitié du paiement.

Effrayés par ces exigences, les entrepreneurs d'alentour s'étaient retirés les uns après les autres, peu soucieux de risquer la ruine pour un gain peut-être illusoire.

Un jour, survint à Toulon une sorte d'aventurier, maître maçon ambulant, comme il s'en trouvait au Moyen Age, habile de son métier, d'ailleurs, et confiant en son expérience. D'où venait-il ? Du Nord, croit-on. Il menait à sa remorque une gracieuse enfant, sa fille, à qui de grands yeux bleus dans un visage pâle auréolé de cheveux d'or donnaient un charme indéfinissable.

A peine arrivé, le maçon s'enquiert. Il apprend qu'un pont est à construire, examine les charges imposées, et, plus audacieux que ses confrères, prend l'engagement de livrer le travail en temps voulu. Il se met à l'œuvre, engage ses ouvriers et pousse activement les travaux. Cependant, le temps presse et bien que l'arcade soit menée bon train sur ses étais habilement combinés, voici venir la veille de l'échéance fixée pour la livraison du pont, et, par une erreur incompréhensible, la clef de voûte manque. Il faudrait une énorme pierre pour combler le vide et parachever l'œuvre.

Où la trouver ? On n'en connaît pas sur place ; Uchon seule pourrait la fournir. Mais Uchon n'est pas proche et le transport d'une telle masse, si tant est qu'il soit possible, exigerait plusieurs jours. Le maçon perdra-t-il donc le bénéfice de son industrie ? Le pauvre homme se désespère et s'arrache les cheveux. Au demeurant, il n'était point dévot et plutôt que d'invoquer le secours du Ciel : « Holà ! s'écrie-t-il, Messire Satan, venez à mon aide, et vous n'en serez point leurré. » Rarement le diable se mêle ostensiblement des affaires des hommes. Il n'en finirait plus de répondre à tous les mécréants qui l'invoquent. Mais il a parfois son idée et se montre quand il lui sied.Cette fois, Satan mûrissait un projet. Ce maître en laideur et en corruption voyait d'un œil haineux croître en sagesse et en beauté la fille du constructeur. Rebelle à ses instigations, la belle enfant nourrissait en son cœur l'amour le plus chaste pour un brave garçon qui secondait son père avec intelligence. Le jeune homme, violemment épris de ses charmes lui avait demandé sa main et tous deux, fiancés désormais, n'attendaient que l'achèvement de l'entreprise pour obtenir le consentement paternel.

Trop favorable était l'occasion, le diable parut. Dans sa hâte, il n'avait pas pris le temps de se donner une apparence décente. Aussi n'était-il pas beau ! Sa longue tête grimaçante, ornée d'une barbe de bouc, d'oreilles de loup et de deux cornes sinistres, ballottait sur un corps noir efflanqué, de stature colossale. Ses pieds et ses mains se terminaient en griffes, et, sur son dos, deux longues ailes nervées comme celles des vampires, se repliaient, au repos, avec un bruit de papier froissé.

« Or ça ! tu réclames mes services ? Je suis à toi, bonhomme ; mais rien pour rien, à bon entendeur salut ! »

Puis, de sa voix tantôt rauque, tantôt glapissante : « Je vois d'ici, parmi les roches d'Uchon, la pierre qui, sans équarrissage, sera ta clé de voûte. Demain je te la baillerai avant l'aurore. » Tremblant, d'abord, et médusé par la frayeur, le maçon s'était ressaisi. L'appât du gain l'endurcissait. « Oui bien, fit-il, mais qu'exigerez-vous en échange ? Mon âme, peut-être ? - Ton âme ne vaut pas qu'on se dérange. Non, ce qu'il me faut, c'est ta fille. - Ma fille ? vous plaisantez, elle n'a point seize ans ! - Il me la faut, te dis-je, ou tire-toi d'affaire. »

Certes, le constructeur n'était pas un père modèle, mais la prétention du diable lui parut si monstrueuse, qu'il résista longtemps. Cependant, Satan voulait sa proie. Tantôt persuasif, tantôt menaçant, il fit tant et si bien que le malheureux père, grisé par ses promesses de fortune, se laissa tenter. Au bout d'une heure, il apposait sa signature sur le contrat livrant sa fille au diable, à condition que la clé de voûte lui serait apportée secrètement la nuit suivante, avant que le coq n'eût chanté. Satan avait partie gagnée. Satisfait, il étendit ses ailes et prit son vol en ricanant.

A peine eut-il franchi l'horizon qu'un homme effaré surgit d'un buisson et prit sa course vers la ville. C'était le triste fiancé, involontaire témoin du marché criminel qui allait briser sa vie.

Haletant, il accourt près de la jeune fille, et lui conte tout ce qu'il vient de voir et d'entendre. Terrorisés, les pauvres enfants vont se jeter aux pieds de la Madone. Et soudain, le jeune homme se relève, une inspiration lui vient. Sans perdre une minute, il se munit d'un sac, glisse au fond le coq le mieux gorgé du bourg et s'élance vers le pays d'Uchon. Cinq lieues l'en séparent, mais le danger lui donne des ailes. Avant minuit, il atteint le sommet de la montagne et se blottit contre un rocher. La nuit est belle, la lune étend partout ses rayons blafards. Bientôt, un gigantesque oiseau de nuit grossit dans le ciel et vient planer sur la montagne. Il tournoie, descend et s'abat sur une roche comme un vautour sur sa proie.C'est Satan. Il saisit le bloc entre ses griffes et, de nouveau, s'élève dans les airs. De sa cachette, le jeune homme a tout vu. Prestement, il tire du sac le coq endormi, le secoue et, bien en face de la lune, le perche sur le roc. Réveillé en pleine nuit, le chanteur matinal s'imagine voir l'aurore, et, de sa voix la plus claironnante, jette vers le ciel son cri de triomphe. Tout aussitôt déchire l'espace un affreux blasphème répercuté par les échos de la montagne. Dupe de l'ingénieux fiancé, Satan croit son marché rompu. Ses griffes se détendent, ses bras s'ouvrent et le rocher fend les airs pour retomber avec fracas sur le granit qui, depuis lors, lui sert de piédestal.

Telle était la dureté de la pierre, que le choc ne la brisa point ; mais, la griffe du diable, brillant des ardeurs de l'enfer, s'y était incrustée. L'empreinte en est visible et demeure en témoignage de l'histoire. Vainement, au point du jour, le constructeur attendit sa clé de voûte. Satan fut infidèle et le maçon encourut la déchéance. Mais, tandis qu'il se lamentait, vinrent à lui les deux fiancés. La joie qui rayonnait sur leur visage avait assez d'éloquence. Et comprenant enfin son ignominie, le père dénaturé implora son pardon. Ici se termine le récit. (D'après « Revue de Bourgogne » paru en 1911)















La Pierre de la Wiwre au Mont Beuvray

Le Mont-Beuvray (Bibracte des Eduens) célèbre à la fin de l'indépendance gauloise par la réunion des chefs gaulois pendant la guerre des Gaules, possède un rocher imposant connu sous le nom de Pierre de la Wiwre ou Theureau de la Wirve ou Theureau de la Wivre.

Wivre Sous cette pierre, un serpent volant cachait un trésor qu'il défendait âprement mais une fois l'an, il déplaçait le rocher et étendait sa fortune au soleil, pendant la procession, le dimanche de Pâques. On disait volontiers que si une personne jetait de la mie de pain sur les richesses, tout ce qui serait ainsi touché appartiendrait à l'heureux personnage. Si quelqu'un parvenait à voler le trésor, pour échapper à la wivre, il suffisait de pouvoir franchir de l'eau, ne serait-ce qu'un mince ruisseau.

Certains affirment que le trésor était accessible pendant la messe de minuit de Noël. D'autres enfin disent que pendant les douze coups de minuit la pierre tourne. La légende rapporte donc, qu'une femme pendant ce laps de temps s'empara du trésor mais en oublia son enfant emprisonné sous la pierre. Sur les conseils du curé, elle apporta chaque jour du lait et du miel à l'enfant et au bout d'un an, rapportant les richesses, elle retrouva l'enfant vivant. La wivre avait pris soin de l'enfant La wivre se déplaçait parfois et allait à Thouleurs puis aux roches de Glenne.

La pierre est sur l'Oppidum de Bibracte au mont Beuvray



La rivière de la Vingeanne

Si vous vous interrogez sur l'origine de son nom, vous aurez à choisir entre deux sources... L'une prétend que le nom viendrait des étoiles d'ail qui jonchent les bords de la rivière, en mai, les couvrant d'un manteau blanc; à l'époque carolingienne, on lui aurait alors donné le nom de rivière blanche, "Vindogena".

Mais les gorges de la Vingeanne furent le témoin, au temps des croisades, du long et douloureux deuil du Seigneur d'Aprey qui aimait à s'y rappeler sa défunte épouse. "Là, vint Jeanne", disait-il dans un soupir, baptisant, du même fait, la rivière.







La ville d'Ys

Ys (ou Is), parfois appelée « Ker Ys » (« Kêr-Is » en breton, de « Kêr Izel »,"Ville basse"), est une ville légendaire de Bretagne, qui est censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez ou au large de celle-ci, puis engloutie par l'Océan.


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