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HISTOIRES





Compilé par: Eren SARI

HISTOIRES

Copyright © 2017, (Eren SARI)

Tous les droits appartiennent à l'auteur.

Première édition: 2017

Publishers Adresse:

NoktaE-Book Publishing

Aşağı Pazarcı Mah.1063 Sokak.No:7

Antalya / TÜRKİYE

contacter: noktaekitap@gmail.com

Web:http://www.noktaekitap.net

Couverture: NOKTA E-KİTAP

Éditeur NET MEDYA YAYINCILIK

Nokta E-Book International Publishing















L’ingratitude

La famine régnait alors dans tout le pays. Un homme sort de chez lui, pour aller se promener en brousse. Il arrive au bord d’un vieux puits. Il se penche pour voir s’il y avait de l’eau, et il découvre, au fond du puits, un homme entouré d’un lion, d’un singe et d’un serpent. Il décide de les sortir de là.

Il part chercher de longues lianes. Il attache une extrémité des lianes à une grosse branche située près du puits, et il jette l’autre extrémité dans le puits. Le singe se précipite et sort le premier du puits. Il est bientôt suivi du lion, puis du serpent. Il ne reste plus que l’homme à tirer d’affaire. Les animaux sortis du puits conseillent alors notre promeneur :

« Attention, surtout ne laisse pas cet homme sortir du puits ! »

Mais notre homme réplique : « Comment çà ? Je vous ai aidés à sortir, et j’abandonnerai mon semblable au fond de ce puits ! ». Et il aide l’homme à sortir du puits. Tous remercient notre promeneur, et lui promettent qu’ils n’oublieront jamais ce qu’il a fait pour eux.

Quelques jours plus tard, la famine sévissait toujours. Notre homme décide d’aller à nouveau en brousse, en quête de fruits sauvages.

Il rencontre le singe qui lui demande : « N’est-ce pas toi qui nous a aidés à sortir du puits, l’autre jour ? ». L’homme lui répondit : « C’est bien moi ! ». Alors le singe lui rappelle qu’il lui avait promis de l’aider quand l’occasion se présenterait. Puis il invite notre homme à s’asseoir. Le singe appelle alors ses congénères qui arrivent nombreux. Il leur dit :

« Cet homme m’a sauvé la vie. Allez chercher les fruits du néré, et apportez-moi tout ce que vous aurez trouvé. ». Ils partirent aussitôt. Ils apportèrent une telle quantité de gousses de néré, que notre homme n’a pas réussi à emporter le tout à la maison.

Quelques jours plus tard, notre homme sort de chez lui, pour parcourir la brousse à la recherche de nourriture. Il croise le lion qui lui demande :

« N’est-ce pas toi qui nous a aidés à sortir du puits, l’autre jour ? ». L’homme lui répond : « C’est bien moi ! ». Alors le lion se met à rugir longuement, et une foule d’animaux sauvages se rassemble. Le lion leur dit : « Écoutez bien ma parole. C’est un ordre que je vous donne. Retournez en brousse, et rapportez moi sans tarder du gibier. »Peu de temps après, les animaux sauvages reviennent avec quantité de gibier. Et voici notre homme, tout heureux, qui retourne à la maison ployant sous le poids du gibier.

Bientôt, il entend parler de l’homme qu’il avait sauvé. Ce dernier s’était mis au service d’un homme riche et puissant. Comme la famine sévissait toujours, il se dit qu’il va aller le trouver pour lui demander son aide.

Il arrive dans le village de cet homme riche et puissant au moment où la fête battait son plein. Il croise l’homme qu’il avait sauver du puits. Mais le regard haineux de celui-ci en dit long sur ses intentions ! Cet homme connaissait bien le chef du village. Il va le trouver pour lui dire : « Prends garde à toi. Un étranger vient d’entrer dans ton village. C’est un homme mauvais.

Chaque fois qu’il entre dans un village, ce n’est que malheurs et destructions pour tous les villageois. Le seul remède : Il faut l’attraper, le ligoter et l’abandonner sur une haute colline. Trois jours après il faudra l’égorger et faire une fête en l’honneur des esprits du village pour écarter le malheur. »

Le roi suit aussitôt ces conseils. Et notre homme se retrouve sur la colline qui domine le village, sous un soleil brûlant. Il ne peut pas bouger. Les cordes avec lesquelles il a été ligoté le font souffrir, et le blessent cruellement. Parfois il gémit, parfois il hurle de souffrances.

Un serpent passait par là. Il entend notre homme et s’approche : « N’est-ce pas toi qui nous a aidés à sortir du puits, l’autre jour ? ». L’homme lui répondit : « C’est bien moi ! ».

Le serpent reprend : « Je vais te donner un remède, une feuille magique. A l’aide de cette feuille, tu iras ressusciter le fils du chef de village que je vais aller mordre mortellement tout de suite. Toi, pour l’instant, n’arrête pas de crier ceci : ‘ Chez nous, un serpent ne peut pas nous faire de mal. S’il mord l’un d’entre nous, notre médicament le protégera ou le ressuscitera. »

Et le serpent entre au village. Il n’a pas de mal à trouver le fils du chef qu’il mort à la jambe, et bientôt notre homme entend les pleurs et les cris qui montent jusqu’à lui depuis la cour du chef. Au même moment, une vielle femme passe devant lui : elle rentre de la brousse avec son fagot de bois sur la tête. Elle entend notre homme qui crie : « Chez nous, un serpent ne peut pas nous faire de mal. S’il mord l’un d’entre nous, notre médicament le protégera ou le ressuscitera ».

Quand elle a déposé son fardeau, on lui annonce la mort du fils du village, mordu par un serpent. Elle va trouver le chef et lui rapporte les cris de notre homme ligoté et abandonné sur la colline :

« Chez nous, un serpent ne peut pas nous faire de mal. S’il mord l’un d’entre nous, notre médicament le protégera ou le ressuscitera. »

Le chef ordonne alors d’aller détacher notre homme, de lui donner à boire, et de le conduire auprès de son fils. Bientôt notre homme se trouve auprès de l’enfant du chef, étendu sur une natte, sans vie. Il pose la feuille que le serpent lui a donné sur la tête de l’enfant. Celui-ci commence par éternuer, puis il se relève comme s’il sortait d’un profond sommeil.

Le chef se tourne alors vers notre homme pour le remercier, et lui promet de lui offrir tout ce qu’il demandera. Celui-ci, réclame alors la cervelle de celui qui a menti sur son compte. Ce dernier se trouvait alors auprès du chef. Celui-ci ordonne aussitôt de le saisir et de le mettre à mort, pour en donner la cervelle à notre homme. Ce qui fut fait sur le champ.

Conte en boore (apparenté au bwamu) - région de Bomborokuy - Zékuy : Nord-Ouest du Burkina Faso.







Le vieillard est un remède

Un homme avait mis au monde un enfant.

Quand l'enfant grandit un peu, il se fit régulièrement raser la tête.

Un moment arriva où l'enfant dit à son père :

"Papa, tu avais l'habitude de me raser la tête.

A partir d'aujourd'hui tu ne me raseras plus la tête jusqu'à mon mariage.De plus, je me marierai avec une femme qui a déjà eu deux enfants de son premier mariage. Et après ce mariage, je n'irai plus au champ pour cultiver.

Le père accepta la proposition de son fils.

L'enfant devint adulte et atteint l'âge du mariage.

Il rechercha et trouva effectivement une femme qui avait déjà eu deux enfants de son premier mariage. Les deux jeunes se mirent d'accord, et le jeune homme aller demander la main de la femme à ses parents qui acceptèrent. Il alla ensuite trouver son père qui, lui aussi, donna son accord.Ils se marièrent, et, ce même jour, on lui rasa la tête en lui laissant quatre touffes sur la tête :une touffe au-dessus du front, une de chaque côté du crane,et la quatrième sur la nuque.

Il avait précisé qu'après son mariage, il ne cultiverait pas.

C'est avec cette idée en tête, qu'il prend un sac et se rend chez le chef du village.

Il s'adresse au chef en ces termes :

" Chef, je suis venu vous voir. Avez-vous remarqué ma tête rasée ?"

Le chef répond par l'affirmative.

Il demande alors au chef : "Combien y-a-t-il de touffes de cheveux ?"

Celui-ci répond : "Quatre."

Le jeune homme dit alors au chef :

"Chaque touffe a un sens bien particulier.

Si vous arrivez à trouver le sens de chacune de ces touffes,coupez-moi la tête.

Si vous n'y arrivez-pas, alors, regardez ce sac.

Vous le remplirez de mil pour me permettre de nourrir ma famille."

Le chef rétorque que cela n'est pas difficile.

Qu'il a déjà eu à faire à des énigmes plus difficiles,et qu'il est parvenu à s'en sortir.

Le chef se met alors à réfléchir, du matin jusqu'au soir.

En vain. Il ne trouve aucun sens à ces quatre touffes de cheveux.

Il finit par donner l'ordre à ses serviteurs de servir le jeune homme.

Et celui-ci rentre chez lui avec son sac plein de mil.

Par la suite, dès qu'avec sa famille il a mangé tout le mil,il retourne chez le chef avec son sac vide.

Et chaque fois, c'est le même stratagème.

Tant et si bien que c'est maintenant le chef qui nourrit sa famille !

Le chef du village avait une fille.

Cette dernière observa le manège de cet homme,et demanda à son père s'il était l'esclave de ce dernier.

Le chef répondit à sa fille que cela la dépassait.

Puis il lui expliqua la situation.



C'est alors que sa fille lui demanda du miel,avec lequel elle allait prendre sa revanche sur cet homme.

Le chef accepta. Peu après la jeune fille dit à son père qu'il était temps, maintenant, d'appeler l'homme en question.

Quand celui-ci arriva, la fille lui donna une pleine calebasse de la liqueur qu'elle avait préparé avec le miel. Il faisait chaud. L'homme avait soif, et il but toute la liqueur d'un seul trait, si bien qu'il ne se possédait plus.

Alors la fille du chef s'approche de lui, et lui demande pourquoi on l'avait rasé ainsi, en laissant quatre touffes de cheveux.

Le jeune homme lui répondit : "Même mon père ne le sait pas !

Pourquoi veux-tu que je te le dise ?

La fille répond : "Alors, tu ne peux pas le dire à quelqu'un ?"

Il répond : "Je peux le dire, mais pas à n'importe qui !

Je peux même te le dire, mais à condition que tu ne le dises pas à ton père."

La fille accepte alors la proposition.

Le jeune homme lui dit alors :

La touffe de cheveux qui se trouve sur le front s'appelle :

"Le chef n'est pas la propriété d'un seul sujet."

Celle qui se trouve sur le côté droit veut dire :

"Le vieillard est utile dans un village."

La touffe du côté gauche signifie :

"Il ne faut pas s'approprié l'enfant d'autrui."

Enfin, celle de la nuque a pour nom :

"Il ne faut pas marché au pas de course avec une femme."

La fille s'écria : "C'est cela que mon père a rechercher en vain !

Mais je ne lui dirai pas."

L'homme lui dit alors que s'il ne lui avait pas dit, elle-même ne pouvait pas trouver seule cette énigme.

De retour chez lui, le jeune homme commença à avoir peur.

Il se dit que la fille allait certainement dire tout à son père.

Pour en avoir le cœur net, il se rend à nouveau chez le chef avec son sac.

Arrivé, sans tarder, il dit au chef : "C'est toujours la même chose qui m'amène ici."

Cette fois-ci le chef répond : "Aujourd'hui, quelqu'un aura des surprises !"

Aussitôt, il fait appeler les vieux du village, et aussi le bourreau pour lui couper la tête, en lui précisant de bien aiguiser son sabre.

Ensuite, il demande aux enfants du jeune homme d'attacher leur père, et de le coucher à terre. Les deux enfants de la femme s'exécutent. Seul son fils se met à pleurer. C'est alors qu'un vieillard apostrophe le chef du village, et lui dit :

"Chef, tu nous a convoqué, mais tu ne nous a pas dit un mot sur ce que tu es en train de faire."

Le chef raconte alors à l'assemblée qu'aujourd'hui il a réussi à trouver l'énigme, et qu'il est temps maintenant de couper la tête à ce plaisantin.

Le vieillard lui demande alors comment il a fait pour percer le secret.

Le chef avoue que c'est sa fille qu'il lui a révélé la solution.

Alors le vieillard demande au chef de prendre le temps de réfléchir à ce qu'il est en train de faire, en lui disant :

"Chef as-tu réfléchi ?

Est-ce toi qui a créé la chefferie ?

Certains citoyens ne te connaissent pas, mais quand ils viennent à toi,

ils disent qu'ils vont voir le chef.

Peux-tu prétendre appartenir à une seule personne ?

De plus, pourquoi n'as-tu pas voulu couper la tête toi-même à ce jeune homme, et pourquoi as-tu fais appel à nous les sages ?

En plus de cela tu as demandé aux enfants d'attacher leur père.

N'as-tu pas remarqué que seuls les enfants d'autrui ont exécuté ton ordre ?

Et puis, n'est-ce pas ta propre fille qui t'a informé du secret ?



Le chef répond que tout cela était vrai.

C'est alors que le vieillard précise au chef :

"Le jeune homme n'a fait que de te donner des conseils.

Et donc, il est plus sage que toi !

En plus de ces conseils, il t'a averti du danger de se confier aveuglement à sa femme préférée !

Le chef reconnu ses torts et fit relâcher le jeune homme.

Ce dernier, également, se rendit compte de son impertinence envers le chef.

( Conte traduit du jula par M. Tamini Gabriel )















"Si Dieu ne le permet pas, le chef ne peut pas tuer"

Il y avait un chef à la tête d'un village.

Dans ce village, un homme avait un fils à qui il donna le nom de "Si-Dieu-ne-tue, le-chef-ne-peut-tuer".

Mis au courant d'un tel nom,le chef, à cause de ce seul nom,envoya chercher l'enfant pour en faire son serviteur afin de se venger de lui.

Chaque jour, il manifeste son affection à l'enfant.

Chaque fois qu'il a besoin de quelqu'un, il appelle "Si-Dieu-ne-tue, le-chef-ne-peut-tuer".

Pour n'importe quelle chose, c'est à lui que le chef s'adresse, entourant l'enfant d'une grande affection.

Un jour le chef présente à l'enfant un anneau en or massif.

C'est pour lui en confier la garde.

L'enfant se mit à porter l'anneau au doigt pour se promener avec ses camarades.

Il prit même l'habitude de se baigner, l'anneau au doigt.Quant au chef, il ne manifestait aucun signe d'indignation.

Il gardait le silence.

Mais un jour, l'enfant alla, avec d'autres camarades, se baigner au marigot.

L'anneau lui glissa du doigt et disparut dans le marigot.

Il chercha... , chercha... , mais en vain, car un poisson avait avalé l'anneau.

Ses camarades coururent vite dire au chef :

- "Un tel a perdu ton anneau"

- "Il l'a perdu ? Tant mieux !

On dit qu'il s'appelle "Si-Dieu-ne-tue, le-chef-ne-peut-tuer".

Je vais le chauffer."

Son père l'a nommé : "Si-Dieu-ne-tue, le-chef-ne-peut-tuer".

"Il y a une fête dans trois jours, dit-il à l'enfant.

D'ici là, j'aurai besoin de mon anneau.

Si je viens à le manquer,bien que ton papa t'ait nommé : "Si-Dieu-ne-tue, le-chef-ne-peut-tuer",moi, je vais te tuer.

Si, dans trois jours, tu ne me retrouves pas mon anneau, pour mon doigt,même si Dieu ne tue pas, moi je vais te tuer."

L'enfant se mit à pleurer.

Il va en informer sa mère.

La veille, le chef appelle l'enfant et réclame son anneau,car le lendemain est un jour de fête.

L'enfant est tout en pleurs.

Le chef lui donne cette permission :

"Vas à la maison, que ta mère te prépare ton plat préféré.

Tu mangeras toute ta part aujourd'hui."

Il indique l'heure à laquelle l'enfant sera exécuté.

Celui-ci retourne informer sa mère,et lui dit de préparer du tô (*) ,avec une sauce au poisson, pour qu'il en mange avant d'être tué.

La mère porte du mil à la meule;elle l'écrase tout en pleurant.

Avec la farine, elle prépare le tô.

Elle se rend ensuite au marché,pour chercher du poisson à acheter,afin de préparer la sauce.

Au marché, elle cherche... , elle cherche... ,mais point de poisson.

Au bout d'un moment, elle voit un seul poisson,un silure, posé sur le couvercle d'une corbeille.

Elle avance, et demande le prix du poisson.

La vendeuse le lui indique.

Et la mère de l'enfant l'achète aussitôt.

De retour à la maison, elle prépare la sauce avec le poisson.

L'enfant, attaché avec des chaînes, gisait à terre.

Le chef ordonne qu'on lui détache les mains.

Sa mère lui donne le tô.

Il s'assoit pour manger.

Le chef avait convoqué tous ses sujets.

Les griots sont là; les bourreaux aussi.

Ils se tiennent dehors jouant des instruments de musique autour de celui que l'on va tuer.

A la fin du repas, on conduit l'enfant au lieu du supplice.

Le chef aussi est dehors, assis sur sa chaise.

La place est entourée de monde.

Tous attendent de voir comment on va le tuer.

L'enfant prend une première bouchée.


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