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EXISTENCE - TOME II


La boîte de pandore

Chapitres Quatre-Cinq

Copyright 2016 Désiré Gnani ZORO

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Table des matières

Avertissement

Chapitre Quatre

Chapitre Cinq

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« Existence » est un feuilleton romanesque relatant une histoire fictive de la création et du destin de l’humanité. Au travers d’un délicieux cocktail mêlant science-fiction, intrigues politiques, affaires d’Etats, espionnage, terrorisme, guerres, religions, spiritualité et romance, le feuilleton présente une civilisation extra-terrestre similaire à la société humaine mais qui en diffère fortement sous plusieurs aspects fondamentaux.

Plein de suspens et de rebondissements, « Existence » est un long et passionnant voyage se déroulant à travers le temps et entre plusieurs mondes, voyage au cours duquel les heureux et privilégiés lecteurs seront transportés dans d’exaltants moments d’évasion, voyage qui sera aussi peut-être parfois agrémenté de sujets de réflexion ou de méditation.

« Existence » est enfin une œuvre qui tente d’apporter quelques suggestions de réponses à des questions fondamentales portant sur certaines croyances et principes religieux, questions qui sont le plus souvent l’objet d’intenses controverses entre adeptes de différentes croyances ou idéologies.

Les lecteurs se devraient de garder à l’esprit que le récit est avant toutes choses une œuvre de science-fiction. Il faudra donc s’attendre à ce que la plupart des concepts scientifiques et technologies qui y sont évoqués s’écartent assez fortement de la réalité et de la vérité telles qu’elles se présentent à nous de nos jours, voire même de la réalité et de la vérité tout court.

Le présent document ne contient que les quatrième et cinquième chapitres du Tome 2 du feuilleton. Les chapitres précédents sont disponibles à l’URL suivante :

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Bonne lecture à tous!


L’auteur

Chapitre Quatre

Le Rédempteur GAUHZE

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Cela faisait déjà plus de 3000 ans qu’il se trouvait presque totalement coupé des siens, et ce sont les intérêts supérieurs du Royaume et son devoir de citoyen qui l’avaient contraint à cela. Hôkcyll constituait un dispositif capital du système de renseignement sioniste. Le renseignement sioniste était en effet essentiellement basé sur l’analyse des signaux de télécommunication (SIGINT). Ce fait résultait d’abord d’une certaine performance d’ALICIA. A la suite d’Hôkcyll, aucun Sioniste ne fut jusque-là capable de simuler assez parfaitement une personnalité arienne en raison de la très grande performance d’ALICIA. En outre, seules des nanoparticules telles que celle subtilisée par Khantt du voisinage d’un Arien et l’implant espion connecté à ALICIA semblaient pouvoir permettre à un Sioniste de simuler plus ou moins parfaitement une personnalité arienne. Or il se trouve que les Sionistes n’avaient pas réussi pour l’instant à reproduire suffisamment la nanoparticule de Khantt. La presque totalité des nanoparticules reproduites étaient utilisées par Hôkcyll dans le cadre de sa mission d’infiltration. Ce dernier constituait de ce fait l’un des deux principaux leviers du renseignement élohien (ELOHINT) du CIHL, l’autre étant l’agent sioniste ayant infiltré les milieux ariens bien avant la mission d’Hôkcyll. Celui-ci devait probablement être un Neuromax doté de talents très spéciaux.

En dehors des canaux purement basés sur des technologies d’espionnage à distance, Hôkcyll était pratiquement le seul canal élohien par lequel le CIHL pouvait acquérir des informations sur des technologies, dossiers ou projets secrets ariens. Car l’autre infiltré semblait disposer d’une marge de manœuvre très réduite en ce qui concerne l’acheminement des informations vers Sion. Ceci était très certainement dû aux contraintes imposées par les investigations menées par Ara et Seid en vue de le démasquer.

Rappelons qu’avant toutes choses, la mission d’Hôkcyll consistait essentiellement à obtenir des informations susceptibles d’aider à prévenir une conflagration de la situation qui prévalait sur Elohis, ou à donner une plus grande chance aux Sionistes de venir à bout de Luxland au cas où un conflit armé éclatait entre les deux nations élohiennes. Au regard de cette mission, pour le moins qu’on puisse dire, Hôkcyll semblait avoir assez bien choisi sa couverture. Il exerçait le métier de consultant en ingénierie et technologie militaire pour le compte des forces armées gouvernementales ariennes. Ceci comprenait la fourniture à l’armée arienne d’inventions relatives à des technologies militaires. Une telle aubaine résultait-elle presqu’entièrement d’une stratégie d’infiltration savamment élaborée ? Ou alors était-ce principalement due à une certaine fortune ? Pour sûr, une stratégie d’infiltration bien huilée en constituait essentiellement la cause. Oui, la technologie factice de conversion de personnalité conçue par Hôkcyll dans le cadre de sa stratégie d’infiltration dut jouer un rôle clé dans le décrochage de ce métier de consultant.

Mais bien évidemment, cette technologie seule, au regard de son caractère factice, était très loin d’expliquer entièrement le brin de confiance que l’armée arienne plaçait déjà en Hôkcyll en lui donnant d’exercer cette profession. Cette position qu’Hôkcyll occupait dans le cadre de sa mission et qui revêtait tout de même quelques privilèges dut en réalité nécessiter un certain coût. Un coût que se devait de supporter le GOETHE.

Pour faciliter le processus d’infiltration de l’agent Hôkcyll dans la haute administration arienne, la technologie factice de conversion ne constitua qu’une porte d’entrée, un point de départ. Sion se vit par la suite dans l’obligation de vendre des secrets relatifs à des technologies militaires à Luxland. C’était le prix à payer pour donner plus de crédibilité à une certaine expertise dans le domaine des technologies militaires que l’agent espion sioniste était supposé posséder aux yeux des autorités ariennes. La culture générale dudit agent devait faire le reste. Ceci expliquait d’ailleurs en partie le fait que Luxland possédât apparemment une légère avancée sur Sion en matière d’ingénierie et de technologies militaires. Il apparaît alors assez évident que le coût de toute cette stratégie d’infiltration semblait vraiment assez énorme. C’était un véritable pari risqué dans lequel s’étaient ainsi lancées les autorités sionistes. Attendons simplement de voir si la suite des évènements pourra justifier cette prise excessive de risque.

Pour l’instant, le bilan à mi-parcours de la mission d’Hôkcyll semblait tout de même assez loin d’être lamentable. Il s’était jusqu’alors montré à la hauteur de la tâche, toutes choses qui poussèrent la patronne des services de renseignement sionistes à faire de lui l’une de ses cartes maîtresses et un pion secret dans l’enquête qui était menée relativement au plan d’action du GAA. Rappelons que la mission de Tyriane révéla qu’il existait un lien entre le but ultime poursuivi par le GAA et un convertisseur de personnalité. Il fut donc demandé à Hôkcyll de jouer son va-tout pour découvrir tout ce qui pouvait l’être sur d’éventuels projets ariens de conception de technologies de conversion. Notons par ailleurs qu’Hôkcyll lui-même fut écarté du projet gouvernemental arien consistant à améliorer le pseudo convertisseur qu’il conçut, et ce, pour des raisons de secret défense. Après quelques mois d’investigations, Hôkcyll arriva à réunir un certain nombre d’informations. Celles-ci paraissaient néanmoins assez loin d’aider le TEDMAHK à avancer substantiellement dans ses enquêtes. Ces informations n’avaient pas encore été livrées aux services de renseignement sionistes mais elles étaient sur le point de l’être. A cet effet, le contact d’Hôkcyll avait rendez-vous avec la patronne de l’agence HEMYCYX en personne. Le lieu de rendez-vous était un jardin public de la localité de Beythaine, la ville la plus discrète et la plus secrète de Sion. Assises sur un banc, la conversation était déjà engagée depuis deux ou trois minutes entre les deux Elohae. C’est le contact qui avait la parole et elle semblait bien préférer aller droit au but.

« …le GAA possède un prototype qui semble fonctionner plus ou moins parfaitement. Ça été testé sur trois Sionistes et ça a effectivement marché. Seulement, ce prototype est très limité et les limites se trouvent à deux niveaux. D’abord ses effets ne vont pas au-delà du subconscient des individus testés. Cela signifie que ceux-ci deviennent des Ariens sans s’en rendre compte, et de plus, de tels effets ne peuvent être détectés par des systèmes intelligents tels qu’ALICIA ou le Super Ordinateur. Ensuite ces effets ne durent pas plus de trois ans. Trois ans après, il y a de très fortes chances que les individus testés redeviennent entièrement des Sionistes authentiques. »

Ces propos semblèrent jeter un vent glacial dans le dos de Whezan. Fixant son regard sur le contact lorsque celle-ci intervenait, elle détourna ce regard pour le garder droit devant, arborant un air pensif et empreint d’une certaine anxiété, mêlée à quelque indignation. Le silence se fit pendant quelques secondes.

Lorsqu’ils apprirent pour la première fois que les opérations du GAA pourraient avoir un lien avec le convertisseur de personnalité, certains responsables du système de défense et de sécurité sioniste furent en proie à des sentiments assez confus. Les autorités ariennes étaient en effet censées se rendre compte au bout d’un millier d’années du caractère factice de la technologie de conversion élaborée par Hôkcyll. Toutes les dispositions avaient été toutefois prises pour qu’elles attribuent l’aspect factice de la technologie à quelques erreurs. D’abord une erreur concernant l’interprétation du phénomène constaté chez l’Eloha X et celle des tests effectués sur l’Eloha Y. Ensuite une erreur relative à la faisabilité de la technologie de conversion de personnalité. Toutes ces erreurs étaient supposées émanées d’ALICIA, des autorités ariennes elles-mêmes, ainsi que d’Hôkcyll. Tout avait été en outre orchestré pour que les autorités ariennes croient qu’Hôkcyll s’était trompé de bonne foi, tout comme elles. Tous les précieux et crédibles conseils que l’agent sioniste leur aura entre temps fournis étaient supposés contribués à cela.

Si plus de trois milles ans plus tard les autorités ariennes semblaient toujours prendre très au sérieux le projet d’Hôkcyll et paraissaient œuvrer activement à son amélioration, cela pourrait signifier que le projet d’Hôkcyll n’était pas aussi factice que les Sionistes le croyaient. Et un certain nombre d’implications découlaient évidemment de ce fait. D’abord, s’il se trouve que la technologie de conversion était faisable, cela devrait en principe amener les autorités ariennes à accorder une plus grande confiance en Hôkcyll et permettre alors à ce dernier d’infiltrer davantage les hautes sphères ariennes. Mais en mêmes temps, une technologie de conversion de personnalité aux mains des Ariens représentait un danger énorme pour Sion. Ce sont là les facteurs qui plongèrent des personnalités sionistes dans des sentiments mi-figue mi-raisin depuis le moment où les révélations relatives au convertisseur de personnalité furent déduites des données recueillies par Yokauhama. Néanmoins, Whezan, elle, ne semblait depuis lors que percevoir les aspects négatifs de ces révélations.

Pour sûr, avant les informations que venait de lui livrer le contact d’Hôkcyll, la directrice de l’agence de renseignement sioniste osait encore espérer que le GAA et les autorités ariennes ne faisaient que poursuivre une utopie concernant le convertisseur. Mais les révélations du contact d’Hôkcyll durent certainement la désillusionner quelque peu. Au regard de celles-ci, elle entrevoyait sûrement déjà toutes les implications d’un tel dispositif aux mains d’entités ariennes. Ce ne serait pas simplement la fin des projets sionistes. Pour elle, ce serait tout simplement la fin même de Sion.

« Et qu’en est-il du gouvernement de Luxland ? » Interrogea-t-elle après le long moment de silence, en gardant toujours le regard droit devant.

« A ce niveau les choses s’avèrent pour le moment assez compliquées et pour l’instant il n’a pu obtenir aucune information. Mais si… »

Whezan interrompit aussitôt son interlocutrice pendant que celle-ci apportait une réponse à l’interrogation qu’elle venait d’émettre.

« Je vois. » Dit-elle, « le GAA a sûrement des contacts au sein du gouvernement de Luxland et de ce fait ce dernier doit très certainement disposer également d’un prototype qui fonctionne au moins aussi bien que celui de l’organisation activiste. Mais je suis toutefois persuadée que ce gouvernement n’est pas significativement plus avancé que le GAA. Et ne va surtout pas croire que ceci est une sorte d’auto consolation ou un optimisme forcé quoique je me fonde simplement sur mon intuition pour affirmer cela… » Whezan marqua une très brève pause pour reprendre ensuite la parole.

« …Et quel lien donc il pourrait y avoir entre ce prototype et les opérations menées ou projetées par le GAA ? » Interrogea-t-elle à nouveau, déclenchant une autre intervention du contact.

« J’en venais justement. Des investigations menées par l’organisation activiste ont fait croire à ses dirigeants que des chercheurs Sionistes indépendants ont élaboré des outils permettant de concevoir un convertisseur complètement abouti et ce, à l’insu de l’autorité sioniste. Ils ne sont certes pas persuadés à cent pourcent de cette information mais une chose est sûre. L’attentat de Veyron et le second attentat projeté contre Sion et qui a été déjoué ont précisément un lien avec cette information. Hôkcyll croit que ces attentats ont été planifiés afin d’aider le GAA à trouver des éléments susceptibles de lui permettre d’améliorer son prototype. En quel sens ? Là se trouve pour l’instant l’énorme point d’interrogation. »

Whezan demeura silencieuse et pensive encore une fois à la suite de cette intervention du contact de l’agent Hôkcyll. Les informations livrées semblaient assez légères, mais au regard de propos qu’elle tint par la suite, le chef du HEMYCYX donna cette fois-ci l’impression d’avoir eu des idées susceptibles de lui permettre de faire sortir un univers de ce gamma-gène. Elle paraissait entrevoir une certaine piste, une piste qui pourrait apparemment s’avérer quelque peu prometteuse.

A mille lieux de Beythaine, quelques semaines après cette entrevue entre Whezan et le contact d’Hôkcyll, un couple pour le moins singulier s’offrait un moment d’évasion aux confins d’un paysage forestier sioniste. On a affaire ici à une idylle qui débuta pendant les temps forts du Grand Débat il y a trois milles ans de cela. En ce moment-là, les couples mixtes foisonnaient encore sur Elohis. Ceux-ci n’entamèrent un déclin progressif qu’à la suite des découvertes de Jason. Quelques mois après la scission du Royaume, il n’existait pratiquement plus d’appariement entre Sionistes et Ariens, et il n’y en avait aussi pratiquement plus eu depuis lors. « Pratiquement », car un couple mixte semblait tout de même étrangement résister à toutes les fissures idéologiques, politiques, et surtout culturelles qui ne cessaient d’élargir le gouffre qui séparait les sociétés sioniste et arienne.

L’aventure débuta par un coup de foudre. Ce fut un soir, lors de l’une des nombreuses conférences qui se déroulaient dans le cadre du Grand Débat. La salle était pleine à craquer, l’atmosphère était des plus religieuses. Car que l’on fût d’accord ou pas avec lui, au moins une chose était sûre, ses conférences étaient de véritables envolées lyriques qui ne laissaient personne indifférent, Ariens comme Sionistes. Sur ce point précis il était la copie presque parfaite de son plus fidèle ami Ben Ara. Il semblait avoir cette magie de captiver plus que de raison l’attention de son auditoire. Comme seul artifice, il ne disposait pourtant apparemment que de son charme. Un charme qui, quoique revêtant quelques spécificités dans son expression habituelle, était assez loin de faire partie des tops du Royaume. Le charme d’Horvak prenait toutefois un aspect exceptionnel lorsqu’il lui était donné de se retrouver dans son jeu favoris, les grandes conférences.

Et pour le moins qu’on puisse dire, ce soir-là, la Volontariste Zeyloppe ne put s’empêcher de faire les frais des discours endiablés d’Horvak. On aurait dit que deux entités bien distinctes cohabitaient en elle lors de cette conférence. Une qui percevait nettement les incongruités évidentes d’un discours observé à travers le prisme des principes fondamentaux du Royaume, principes auxquels elle semblait extrêmement accrochée, et une autre qui se laissait emporter, éblouir, voir envoûter par un charme dont le magnétisme avait prodigieusement atteint une intensité à nulle autre pareille. Les choses évoluèrent par la suite assez rapidement entre elle et lui. Une rapidité qui n’était qu’à la dimension de l’apparente robustesse des liens passionnels qui les unissaient depuis lors. Même le « sabre » qui servit à scinder le Royaume en deux nations ne sembla pas assez acéré pour rompre ces liens. Le « feu » qui jaillit des entrailles de la culture arienne au travers de l’attentat de Veyron et qui faillit embraser quelques mois plus tard tout un monde ne sembla non plus assez ardent pour consumer ces liens.

Au regard de tout ceci, on est bien en droit de se demander si l’idylle était vraiment authentique et mutuellement ressentie comme telle, ou si l’une au moins des parties engagées dans la relation était purement et simplement dupée sans s’en rendre compte jusque-là. En attendant que des faits notables puissent suggérer le contraire, toutes les apparences militaient dans le sens d’une authentique, passionnante et exaltante aventure romanesque entre nos deux hautes personnalités élohiennes. Rappelons-le, un grand secret entourait cette liaison car elle allait à l’encontre des lois ariennes. Etait-ce l’une des raisons qui poussèrent nos deux tourtereaux à s’évader au milieu de nulle part, dans les confins de la flore sioniste ? Pas forcément. Un certain besoin d’un peu d’exotisme avait certainement guidé le choix de ce domaine paradisiaque de la patronne du CIHL.

Planté au beau milieu d’un immense paysage forestier, ce domaine était situé sur un plateau qui surplombait légèrement une grande plaine herbeuse. Celle-ci était parsemée de buissons et d’arbres et serpentée par un cours d’eau aux gracieuses courbures. L’ensemble de la végétation était doté de magnifiques colorations variant entre le jaune, le blanc, le bleu nuit, le rouge bordeaux et majoritairement le vert. Plus loin, au-delà du cours d’eau, se trouvait un grand lac dont les rives étaient garnies de sable fin d’une blancheur éclatante et de blocs de pierre. Et au-delà de ce lac, se trouvait une immense chute d’eau qui s’y déversait. L’herbe verte recouvrant toute la plaine, les surfaces du lac et du cours d’eau, le sable et les blocs de rochers garnissant les bords du lac, le feuillage des buissons et des arbres, la chute d’eau, tous étincelaient sous la lumière du jour. Des oiseaux et différentes espèces animales survolaient et arpentaient toute cette plaine surplombée par le domaine. Le reflet de toute cette vision transparaissait également plus ou moins à travers l’herbe jonchant la plaine et la chute d’eau, et aussi à travers la surface du cours d’eau et du lac. Tout ceci donnait à la plaine l’aspect d’un superbe parc ou jardin naturel. Et ce beau spectacle faisait bien sûr l’objet de contemplation par nos deux amoureux.

Ceux-ci étaient assis sous un arbre et sur un banc. Zeyloppe avait la tête posée sur les épaules d’Horvak et son bras roulé autour de la taille de ce dernier. Horvak quant à lui avait son bras roulé autour de l’épaule de Zeyloppe et étreignait celle-ci légèrement. Les deux autres mains se tenaient affectueusement et étaient posées sur leurs jambes respectives. Ils gardaient tous deux le silence et avaient le regard orienté en direction de la plaine surplombée par le domaine. Après d’intenses échanges de propos romantiques, le temps semblait venu de laisser dame nature apporter sa pierre à l’édifice, à la construction de ce moment d’évasion. Tandis que la mine de Zeyloppe semblait marquée par une certaine mélancolie mêlée à de la nostalgie, celle d’Horvak paraissait évidemment assez macho, manifestant un certain hermétisme. La causerie reprit par la suite de plus belle lorsque Zeyloppe tourna son regard vers Horvak, arborant un doux et léger sourire.

« Tu ne crois pas que nous sommes l’incarnation même de l’espoir d’un retour à l’état d’antan, à cette belle époque qui semble être en train de s’évaporer sous nos yeux ? » Interrogea-t-elle.

A la suite de cette interrogation, elle et Horvak se fixèrent dans les yeux pendant un moment sans mot dire. Ce dernier continuait d’arborer un air placide tandis que Zeyloppe gardait toujours son sourire. Horvak posa ensuite tendrement ses lèvres sur celles de Zeyloppe. Il s’en suivit une intense partie d’embrassades. A la fin de celle-ci, Horvak arbora à son tour un léger sourire. Il se mit à passer la main dans les cheveux et sur la joue de Zeyloppe en signe de caresse tout en la fixant dans les yeux. Il finit ensuite par réagir à l’interrogation précédemment émise par celle-ci.

« Et si on était plus que ça ? » Dit-il, « nous sommes peut-être la preuve par excellence que tout ce que le Royaume vit présentement comme crise n’est qu’un cauchemar éveillé, une sorte d’illusion qui ne pourra que se dissiper comme si elle n’avait jamais existé. »

La causerie reprit ainsi de plus belle pour évoluer cette fois-ci progressivement vers des sujets moins romantiques.

« …Je n’ai jamais cessé d’être intriguée par cette histoire de Vice-Roi qui est censé être une sorte de solution magique à la crise. Je me suis toujours demandé qui ça pourrait bien être. Tu en as une idée ? »

Ces propos furent de Zeyloppe et appelèrent une intervention d’Horvak après un bref moment de silence.

« Je n’en ai aucune idée mais il ne serait pas du tout surprenant que le candidat idéal se trouve parmi les sept grands de Sion. » Répondit-il.

« Ça ç’est plus qu’évident. » Réagit à nouveau Zeyloppe, « mais qui parmi les sept pourrait bien avoir le profil le plus adapté ? Cela constitue une véritable énigme pour moi depuis plus de trois milles ans. »

Ces propos de Zeyloppe poussèrent cette fois-ci Horvak à vouloir apparemment réorienter la conversation.

« Pourquoi se ronger les méninges pour des choses qu’on saura de toutes les façons tôt ou tard et qui ne sont pas de notre ressort ? Pour ma part il m’est arrivé de me demander plutôt s’il pourrait exister quelques conditions spécifiques susceptibles de donner des chances à un Arien d’occuper ce poste. Tu crois que c’est possible ? »

Sur cette question d’Horvak, Zeyloppe le fixa tendrement dans les yeux pendant un court instant sans mot dire. Elle mit ensuite ses deux bras sur les épaules d’Horvak et finit par réagir, avec une note de plaisanterie dans le ton et le faciès.

« Excepté toi je ne vois aucun autre Arien susceptible de mériter le titre de Seigneur que projette Adonaye. Or il se trouve que toi tu es déjà mon Seigneur à moi et je ne souhaiterais pour rien au monde te partager avec qui que ce soit. Même pas avec une éventuelle solution au règlement de la crise, aussi miraculeuse soit-elle… »

Zeyloppe marqua une pause, avança sa tête vers Horvak pour poser ses lèvres longuement et tendrement contre les siennes, puis reprit la parole.

« Je pourrais toutefois te prêter temporairement à celle-ci. Deux milles, trois milles, humm…disons cinq milles ans tout au plus. »

Ces propos firent sourire Horvak et provoquèrent une nouvelle partie d’embrassades.

Environ trois mois plus tard, à mille lieux de l’endroit qui accueillit cette partie d’intense romance, une scène nettement plus sombre se déroulait. Une poignée de mois suffirent amplement pour que la rumeur d’une certaine singularité qui la caractérisait se rependît dans une bonne frange de la population élohienne. Le LED et le CIHL étaient activement à sa recherche. Son cas semblait tout aussi revêtir un certain intérêt pour des entités ariennes. « Le futur incarné de Sion », « la Perle de Gotthampolis », « la singularité élohienne », ce sont là quelques-unes des expressions sarcastiques qui pullulaient dans les milieux ariens et qui étaient censées la désigner. Elle devait au moins être pleinement consciente de la nature excentrique de son accoutrement et de l’aspect général qu’elle dégageait. Toutes choses qui constituaient certainement l’une des raisons qui l’obligeaient à fuir toute présence élohienne dans son entourage, et à changer incessamment de lieu d’habitation.

Des habitations de fortune le plus souvent emménagées dans les confins des brousses ariennes et dignes des scènes les plus surréalistes des œuvres cinématographiques, romanesques, ou de jeux de logigrammes, semblaient être l’unique solution qu’elle put trouver à ce besoin impérieux d’éviter la moindre interaction entre elle et la société élohienne. Une solution qui, disons-le, tenait pour l’instant et assez étonnamment la route. Toutes les investigations menées en effet par les agences de police et de renseignement sionistes et ariennes demeuraient jusqu’alors infructueuses après de longs mois. Pour ce qui est de ces investigations, s’il est tout-à-fait aisé de comprendre les raisons sous-tendant celles menées par les agences sionistes, il faudrait toutefois éviter de se méprendre sur les motivations réelles des entités ariennes qui cherchaient à établir des contacts avec elle.

Une certaine opinion arienne estimait que le cas « Eckthane » pourrait être révélateur de la nature arriérée des principes et du mode de vie sionistes, relativement à l’ensemble des valeurs et au standard de vie ariens. Il se pourrait donc qu’une étude plus approfondie de la personnalité d’Eckthane fournisse assez d’éléments pour convaincre un grand nombre de Sionistes, si ce n’est tous, que l’avenir d’Elohis se trouvait dans le système adopté par Luxland. Mais malgré tous les efforts déployés par les uns et les autres pour la retrouver, comme une ombre, Eckthane demeurait insaisissable. On aurait dit que les déficiences psychiques causées en elle par les chocs émotionnels qu’elle venait de subir auraient par la même occasion et de façon compensatoire accru certaines de ses capacités. Des capacités qui lui permettaient de faire échec à toute l’opération de maillage du territoire arien menée à l’aide d’expertises et de technologies qui firent pourtant leur preuves de nombreuses fois en d’autres occasions.

Vêtue d’une longue robe blanche qui lui arrivait presqu’aux chevilles, Eckthane avançait avec grande peine vers une marre d’eau qui constituait presque l’unique composante d’un régime alimentaire auquel elle se trouvait astreinte depuis bientôt 13 semaines. Luxland ce n’est pas Sion et donc ici, pas d’interaction sociale, pas moyen d’amasser des shems, et pas de shems, impossible d’accéder à la plupart des ressources vitales. Même tout ce qui se trouvait dans l’environnement naturel arien et qui pourrait revêtir un certain intérêt faisait l’objet d’une surveillance minutieuse. Et pourquoi donc avait-elle choisi de vivre dans ce milieu ? Pour la simple raison qu’elle était bien consciente des opérations menées par les entités sionistes et ariennes pour la retrouver. Au vu des données dont les Sionistes disposaient sur elle, celles-ci auraient presque l’assurance de la retrouver pourvu qu’elle se trouvât en territoire sioniste. C’est ceci qui justifiait cette vie de bohémienne qu’elle menait depuis au moins 6 mois dans les confins des forêts ariennes. Le régime alimentaire drastique auquel elle était astreinte était loin d’être sans conséquence. Quoique la nourriture soit beaucoup plus vitale à un humain qu’à un Eloha, il n’en demeure pas moins que ce dernier a périodiquement besoin d’une certaine ration alimentaire de qualité pour maintenir son biosystème et son organisme dans des conditions normales.

Des cavités oculaires dont les contours se mettaient de plus en plus en évidence au fil des jours, des globes oculaires qui semblaient avoir de plus en plus de mal à tenir dans ces cavités, tout ceci sous l’effet du flétrissement de la peau du visage et des joues, le tout donnant à ce visage un aspect qui pourrait horrifier plus d’un Eloha parmi tous ceux qui l’apercevraient pour la première fois. Le reste de son corps n’était aucunement épargné par les ravages causés par ce régime de misère. Si la longue robe sans manche qu’elle portait camouflait à souhait toutes les autres horreurs qui entachaient son anatomie, les segments filiformes qui lui servaient de bras et qui étaient bien mis en évidence, son faciès et sa démarche suffisaient amplement pour se faire une idée de l’aspect que pourrait revêtir les parties de son anatomie qui avaient l’avantage de profiter de son accoutrement de fortune.

La marre vers laquelle elle se dirigeait se trouvait à quelque 300 mètres de l’habitation de fortune qu’elle s’était érigée. Une fois arrivée au niveau de ce point d’eau, comme à l’accoutumée, elle s’agenouilla et y plongea la face, ingurgitant des quantités d’eau avec une certaine avidité. Ce devait être sa deuxième ration quotidienne. Mais cette fois-ci quelque chose sembla soudainement retenir son attention. Elle arrêta subitement de boire tout en fixant une image reflétée par la surface de l’eau. Elle souleva ensuite la tête et fixa son regard en direction d’un arbre qui se situait à une certaine distance de l’endroit où elle se trouvait. Eckthane parut décidément avoir perçu quelque chose qui devait représenter pour elle un trésor inestimable. Elle se leva brusquement, rassembla tout ce dont elle devait encore disposer comme énergie, et se mit à avancer avec une certaine précipitation vers un arbre qui avait l’air de retenir son attention. A peine eût-elle le temps de juger s’il était plus judicieux de contourner l’étendue d’eau que de la traverser. Elle opta presqu’instinctivement pour la deuxième solution. Après avoir traversé le point d’eau, lequel n’était pas assez profond et faisait environ sept mètres de diamètres, elle continua d’avancer sur la terre ferme et se retrouva quelques instants plus tard sous l’arbre qui avait captivé son attention. Quelques fruits mûrs d’apparence comestible jonchaient sur le sol au-devant d’elle. Elle s’agenouilla encore une fois et se mit à ramasser ces fruits qu’elle mettait dans le pan de sa robe, tout en s’évertuant à jeter des coups de dent dans certaines d’entre elles.

Mais encore une fois quelque chose parut retenir son attention. Alors qu’elle tenait le bout de sa robe à l’aide de sa main gauche, soutenant ainsi la dizaine de fruits qui se trouvaient dans le pan de cette robe, tout en dévorant l’un de ces fruits à l’aide de sa main droite, elle mit subitement une pause à son fameux déjeuné. Elle orienta son regard droit devant elle, le fixant dans le vide. Elle adopta cette attitude pendant quelques secondes. Elle tourna ensuite légèrement la tête d’un peu plus de 90°. Il aurait peut-être mieux valu pour elle quitter ce lieu sans faire ce dernier geste. Car celui-ci déclencha toute une série d’évènements dont certains se trouvèrent chargés de quelques désagréments à son égard.

Son regard croisa en effet celui d’une jeune Elohae âgée d’une huitaine de cycles environ. L’air horrifié que celle-ci arborait déjà en observant Eckthane de dos s’intensifia soudainement lorsqu’il lui fut donné de découvrir son faciès. Consciente de l’effet qu’elle avait provoqué chez la jeune Elohae et de ce que cela pourrait entraîner, Eckthane s’évertua tant bien que mal à amoindrir cet effet en s’efforçant un sourire et en tentant d’établir un dialogue avec elle. Mais cela ne fit qu’empirer la situation. L’enfant recula de quelques pas en arrière tout en continuant de fixer Eckthane sans mot dire, l’air davantage horrifié. Elle se mit par la suite à appeler un nom avec grand cri. Sans qu’Eckthane eût eu le temps de s’éclipser, une autre Arienne âgée d’une vingtaine de cycles rejoignît aussitôt l’enfant. A la vue de cette dernière, Eckthane estima sans doute qu’il était trop tard pour fuir, et qu’il fallait plutôt prendre des initiatives, qu’il fallait se montrer quelque peu audacieuse. Elle s’était d’ailleurs certainement dit que la deuxième Arienne, puisque plus âgée, pourrait se montrer plus compréhensive. Réalisant visiblement qu’elle se trouvait sur une propriété privée, elle tenta d’exposer à son interlocutrice les raisons de sa présence en ce lieu.

Mais à peine eut-elle le temps de placer son premier mot qu’une déflagration se fit entendre. Celle-ci provenait d’une arme que tenait l’Arienne la plus âgée et dont elle venait de faire usage. Cette arme dont les effets n’étaient pas mortels ne servait qu’à tenir les animaux indésirables assez loin du domaine. Et apparemment, aux yeux de l’Arienne, Eckthane n’était rien d’autre que l’une de ces créatures animales qui n’étaient pas les biens venues sur cette propriété privée. Le coup partit en réalité presqu’instinctivement, en raison sûrement d’une certaine frayeur qui parut s’emparer de l’Arienne à la vue d’Eckthane. Sous l’effet donc du coup qu’elle venait de recevoir à la tête, Eckthane s’écroula dans un premier temps. Elle se releva ensuite aussitôt et se mit à courir dans presque tous les sens, comme affolée, tombant et se relevant à plusieurs reprises, tout en s’éloignant néanmoins des limites de la propriété. Elle n’avait pas encore grande conscience de tous les mouvements quelque peu désordonnés qu’elle effectuait, car se trouvant toujours sous l’effet de l’arme dont elle avait reçu un coup.

Se réveillant quelques minutes plus tard d’un évanouissement, elle se retrouva couchée dans des broussailles, à quelques centaines de mètres de l’endroit où elle aperçut les jeunes Ariennes. Elle chercha dans un premier temps à repérer des yeux la position de la cabane qui lui servait d’habitat. Mais elle semblait avoir beaucoup de mal à localiser sa demeure. Elle estima finalement qu’il était plus judicieux de s’éloigner des lieux et de se trouver une autre habitation, vu qu’elle avait déjà été repérée dans les parages. Dans ce contexte, plutôt que de chercher à retrouver sa cabane pour récupérer des affaires qui y seraient restées, la seule chose qui semblait importer était de savoir si son MPU se trouvait toujours sur elle. Elle tâta avec une certaine précipitation la partie de son torse où cet appareil était censé se trouver. L’air de soulagement qu’elle arbora par la suite donna l’impression que la chose qui lui importait décidément le plus était toujours en place.

Oui, en dépit de toutes les vicissitudes qu’elle traversait, Eckthane était toujours accrochée à la recherche de solutions à ce problème dont Elvyn serait en proie selon elle. Les données relatives à ses travaux concernant cette recherche se trouvaient sur son MPU. Et c’est ceci qui donnait donc tant de valeur à cet appareil. L’air extrêmement assoupi et toujours couchée dans des broussailles, elle procéda à quelques vérifications en activant de façon télékinétique des fonctionnalités de son MPU. Arrivant à peine à soulever ses paupières, elle observa pendant quelques secondes des données qui apparaissaient au-devant d’elle sur un écran holographique. Une fois ces vérifications achevées, le MPU fut désactivé et l’écran disparut. Mais Eckthane restait toujours couchée. L’effet de l’arme à laquelle elle fut exposée, couplé à celui provoqué par son régime alimentaire de misère devait être la cause de cette extrême fatigue qui la clouait ainsi sur le sol. Eckthane donna néanmoins par la suite l’impression que quitter le plus vite possible les lieux s’avérait d’une extrême importance. Usant du peu d’énergie qui lui restait encore, elle se mit à ramper dans les herbes, histoire certainement de s’éloigner davantage de l’endroit où on l’avait aperçu avant même de récupérer toutes ses forces.

Mais Elvyn était-il réellement en proie à un quelconque problème ? Ou alors cette appréhension d’Eckthane n’était-elle qu’une chimère, une manifestation de troubles psychiques dont elle serait en proie selon des expertises médicales sionistes ? La clairvoyance dont la Sioniste semblait toujours faire preuve et qui lui permettait de faire échec aux investigations menées par des entités sionistes et ariennes, ce, malgré son état mental, devrait en principe inciter à se garder de se faire des réponses toutes faites à ces questions.

Quelques semaines après cette situation particulièrement pathétique que venait de vivre Eckthane, celui qui constituait désormais pratiquement la seule chose qui donnait encore un sens à son existence se trouvait impliqué dans une scène qui avait justement un rapport avec elle. A des années-lumière d’Elohis, dans un camp extra-élohiste sioniste, Elvyn s’entretenait avec des individus dont l’identité n’était pas clairement révélée. Cet entretien se déroulait apparemment dans le cadre de ses mystérieuses nouvelles activités. Activités qui, rappelons-le, constituaient les raisons pour lesquelles il lui était désormais impossible d’établir des contacts avec Eckthane. Dans une pièce marquée par un certain confort, le Sioniste s’entretenait avec deux personnes, deux Elohae. Lui et ses deux interlocutrices étaient assis autour d’une table, et ces deux dernières lui faisaient face.

« …considère que la mission qui t’es confiée revêt un niveau de priorité absolue, ce, pour la simple raison qu’il est hors de question que les recherches qu’elle mène présentement puissent aboutir. Tu comprends donc aisément pourquoi tu es la personne la mieux indiquée pour nous faire atteindre ce but. »

Ces propos furent de l’une des interlocutrices d’Elvyn, et ils s’adressaient bien évidemment à ce dernier. Elvyn réagit aussitôt aux instructions qu’il venait de recevoir, arborant un air assez fermé :

« J’ai bien cerné toutes les raisons que vous avez évoquées et qui révèlent pleinement l’urgence de cette mission. Mais croyez-moi, j’ai des raisons personnelles qui s’avèrent encore plus importantes pour moi que toutes celles que vous venez de mentionnez. Et ce sont d’ailleurs ces dernières raisons qui m’ont essentiellement poussé à me porter volontaire pour la mission… »

Au regard de ce bout de l’entretien qui se déroulait entre Elvyn et ses deux interlocutrices, on peut aisément constater qu’on venait de lui confier une mission. Cette mission consistait tout simplement à empêcher Eckthane de faire aboutir les recherches auxquelles elle procédait. S’il s’avère pour l’instant trop précoce de juger de la nature bonne ou mauvaise des motivations sous-tendant une telle mission, l’entretient pourrait néanmoins permettre de fournir un début de réponse à des questions précédemment soulevées. Les recherches auxquelles il est fait allusion dans cette entrevue consistaient très probablement en celles qu’Eckthane menait relativement à Elvyn. On réalise alors finalement que les appréhensions d’Eckthane précédemment mentionnées et concernant Elvyn pourraient bénéficier d’un certain fondement véridique.

Presqu’au même moment où cet entretien se déroulait, dans un jardin public d’une localité de Luxland, Skyndick et Seid tenaient une conversation. On devinera tout de suite que celle-ci porte sans doute sur l’affaire relative à l’agent espion Sioniste qui infiltra les milieux ariens bien avant la mission d’Hôkcyll. C’était effectivement le cas. Pour rappel, la mission confiée à Seid par Ara lui permit d’aboutir à quelques découvertes, mais Seid préféra révéler ces découvertes à Skyndick plutôt que de le faire directement à Ara. Ce dernier n’avait donc jusque-là pas été mis au courant de ces découvertes. Dans le contexte du projet du GAA consistant en une opération dirigée contre le gouvernement de Luxland, projet dont les Sionistes mirent le gouvernement arien au courant, Skyndick se demandait s’il n’était pas temps de dévoiler le secret qu’il y avait entre lui et Seid à l’autorité suprême de Luxland.

« …en tant que chef du COSDA Horvak est pratiquement responsable de tout le système de sécurité et de défense de Luxland. Il est vrai que depuis que tu m’as révélé l’information j’ai mis en place un système censé le surveiller très discrètement. Mais je crois que l’efficacité de ce système ne pourra pas être assurée dans le temps si l’information n’est pas portée à Ara, surtout dans le contexte du coup que projette le GAA contre le gouvernement. Il est vrai que nous avons pris des mesures sécuritaires suffisamment efficaces pour faire échouer l’opération du GAA en moins d’une heure de combat au cas où celle-ci était déclenchée. Mais à mon avis il est absolument préférable que cette opération ne soit pas déclenchée. Il y va de la stabilité politique de Luxland, et celle-ci dépend bien évidemment en partie de la confiance que les citoyens ont en l’efficacité de l’appareil gouvernemental. Pour prendre donc des mesures plus efficaces censées réduire presqu’à néant les chances que le GAA puisse déclencher son opération je crois qu’on devrait songer à lever un coin de voile sur le secret. Ce n’est pas ton avis ? »

Ces propos furent de Skyndick et ils s’adressaient bien sûr à Seid. Il faut dire que c’est sur une recommandation ferme de Seid qu’il fut décidé que le secret relatif à la véritable identité d’Horvak restât entre lui et Skyndick ainsi que les deux autres agents du COSDA qui eurent accès à l’information. Cette recommandation se fondait sur un certain nombre d’arguments qui paraissaient jusque-là quelque peu valides aux yeux de Skyndick. Il se trouvait toutefois que les véritables arguments sur lesquels reposait cette recommandation n’avaient pas été révélés à Skyndick. Les raisons pour l’instant connues de Skyndick étaient qu’il existait un tel degré de confiance entre Horvak et Ara que si ce dernier venait à apprendre que son plus fidèle compagnon était en réalité un agent à la solde des Sionistes, cela pourrait entraîner des conséquences imprévisibles et dommageables à l’efficacité de l’appareil gouvernemental arien. Mais dans le contexte de la menace que faisait planer le GAA sur le gouvernement de Luxland, Skyndick semblait disposer d’éléments qui imposaient finalement à ses yeux la nécessité d’informer Ben Ara, et Seid devait apparemment être tout aussi conscient de cela.

Pour Seid néanmoins, il était sans doute préférable que Skyndick ne soupçonnât pas les véritables raisons qui le poussaient à éviter d’informer Ara pour l’instant. Et la spontanéité avec laquelle il réagit à la question soulevée par Skyndick, ainsi que la nature de la réponse qu’il donna devait certainement répondre à ce besoin :

« Je vois effectivement qu’on y est finalement obligé. » Dit-il, « il faut seulement croiser les doigts afin qu’une méfiance généralisée n’entame quelque peu l’efficacité de l’appareil gouvernemental… »

Après ces propos de Seid, il eut un bref moment de silence. Ils étaient assis face à face mais pendant ce moment de silence, Skyndick avait plutôt le regard orienté dans le vide et arborait un air pensif. Cette attitude semblait bien donner l’impression qu’elle soupçonnait que Seid ne lui avait pas révélé les vrais raisons pour lesquelles il lui paraissait souhaitable qu’Ara ne fût pas informé des résultats des investigations. Dans ce cas il n’est pas à exclure que l’interrogation émise par Skyndick eût en réalité pour but de lui permettre de confirmer ses appréhensions, voire même de pousser Seid à révéler les véritables raisons sur lesquels reposait ce besoin de secret concernant l’identité réelle d’Horvak. Mais Seid réussit apparemment à éviter cette question piège, au grand désespoir de Skyndick. Car les appréhensions de cette dernière paraissaient toujours demeurer, malgré la manière dont Seid réagit à la question qu’elle lui posa.

Skyndick fut sur le point d’interrompre ce bref moment de silence lorsque Seid arbora subitement un air qui sembla l’en empêcher. Une frayeur et un grand étonnement semblèrent en effet s’emparer soudainement de Seid. Alors qu’il avait les yeux fixés sur Skyndick, il détourna son regard pour le fixer dans le vide, donnant l’impression d’entrevoir des choses qui pourraient revêtir quelques aspects problématiques. D’un geste très lent, il fourra la main à l’intérieur de la chemise qu’il portait, au niveau de sa poitrine. Il venait ainsi d’activer une fonctionnalité de son MPU. Comme résultat de cette activation, un écran holographique apparut entre lui et Skyndick. A la vue de cet écran et des images qui y apparaissaient, la frayeur qui semblait s’être emparée de Seid se transmit aussitôt à Skyndick, mais disons en plus grand « format » en termes d’intensité. Ils demeurèrent tout silencieux, tout hypnotisés devant les informations bouleversantes que transmettait l’écran télévisuel qui se trouvait au milieu d’eux. A peine eurent-ils le temps de digérer ces informations que des évènements similaires à ceux qui s’y rapportaient se déclenchèrent aux alentours de l’endroit où ils se trouvaient. Ils perçurent en effet des déflagrations, des coups de feu, et des bruits d’explosion. Dans une réaction instinctive et à la vitesse de l’éclair, dès les tout premiers retentissements de ces bruits, Seid saisit Skyndick par le poignet et l’entraîna dans une course visant évidemment à les éloigner le plus tôt et le plus loin possible de l’endroit où ils se trouvaient.

Mais après une soixantaine de mètres de course effrénée, une très forte détonation se fit entendre et Skyndick s’écroula soudainement. Dans cette situation, la première réaction de Seid fut de jeter des coups d’œil furtifs autour de lui, sûrement afin de détecter d’éventuels menaces qui se trouveraient dans les environs, ou plus précisément la source du projectile qui venait de faucher Skyndick. Cette fouilla rapide visuelle sembla toutefois n’aboutir à aucun constat notable. Seid prit alors Skyndick dans ses bras et s’engagea dans une voie autre que celle qu’ils suivaient avant que Skyndick ne s’écroulât. Celle-ci était totalement inconsciente et semblait grièvement atteinte. Mais Seid ne disposait apparemment pas d’assez de temps pour l’examiner afin d’avoir une idée beaucoup plus exacte de la gravité de son état.

Seid et Skyndick venaient en fait d’apprendre que des combats avaient lieu entre les forces gouvernementales ariennes et des troupes armées du GAA. Ces combats se déroulaient à Luxtha et dans plusieurs autres localités de Luxland. Près de six heures après la réception de cette information par Skyndick et Seid, ces combats étaient toujours en cours. Les nouvelles faisaient état de la prise d’une dizaine de bases militaires gouvernementales ariennes par les forces armées du GAA. A travers ces combats le GAA ne visait rien d’autre qu’à renverser le gouvernement légal arien et à prendre le pouvoir à Luxland. Et c’est ce en quoi consistait l’opération projetée par le GAA et dirigée contre Luxland, opération dont les autorités sionistes mirent le gouvernement arien au courant quelques mois plutôt.

Les autorités ariennes semblaient totalement dépassées par les évènements, pas en raison de l’offensive du GAA en elle-même (vu qu’elles en avaient été déjà informées), mais plutôt en raison du moment précis de l’attaque, ainsi que de l’efficacité avec laquelle l’organisation secrète et clandestine menait cette offensive, et surtout en raison aussi de la nature de certains moyens utilisés par les troupes du GAA. Lorsqu’elles furent en effet tenues au courant de ce projet de coup d’Etat du GAA, les autorités ariennes prirent immédiatement d’importantes mesures sécuritaires. La nature de ces mesures était telle qu’aux yeux des autorités légales de Luxland, elles (les mesures) étaient censées réduire substantiellement les chances que le GAA mît en œuvre son projet. Le gouvernement de Luxland avait toutefois prévu que dans le pire des cas, c’est-à-dire au cas où le GAA arrivait malgré tout à déclencher son opération, les combats ne devraient pas durer plus d’une soixantaine de minutes, et il était impensable pour les officiels ariens qu’une seule base militaire gouvernementale arienne tombât aux mains du GAA. Mais malgré toutes ces mesures, la réalité finit par s’imposer au gouvernement arien, faussant toutes les prévisions et attentes.

La surprise qui s’était emparée des autorités de Luxland, en raison de l’efficacité avec laquelle le GAA menait l’opération, atteint en réalité son paroxysme lorsqu’il fut découvert que cette efficacité se fondait sur une technologie militaire dotée d’une certaine performance et totalement inconnue du gouvernement de Luxland. Toutes les réunions et opérations qui se déroulaient alors dans les locaux des institutions politiques, administratives et militaires ariennes dans le cadre de ces confrontations avaient essentiellement trait à la quête de solutions relatives à ces technologies militaires. Et chose étonnante, concernant ces technologies, les officiels de Luxland étaient apparemment loin d’être ceux qui furent les plus surpris du fait que le GAA détînt ces types d’armes.

A des milliers de kilomètres de Luxtha, en territoire sioniste, plus précisément dans les locaux du GOETHE, des autorités militaires et sécuritaires réunies en conclave planchaient tout aussi sur ce fait, lequel fait parut à leurs yeux comme un vrai mystère lorsqu’ils l’apprirent. Lynkhôn, Whezan ainsi que 3 experts du GOETHE et du HEMYCYX donnaient étrangement l’impression de disposer d’informations beaucoup plus précises et détaillées sur ces armes détenues par le GAA et qui donnaient du fil à retordre aux forces gouvernementales ariennes. Parmi toutes les questions dont discutaient ces cinq Sionistes, se trouvait l’éventualité d’apporter un appui aux forces gouvernementales ariennes afin d’empêcher le GAA de prendre le pouvoir à Luxland. Manifestement, aux yeux des autorités sionistes, il était de loin préférable que l’autorité légale de Luxland demeurât aux commandes de ce territoire plutôt que le GAA prît le pouvoir. Cette préférence se justifiait tout simplement par le fait que les Sionistes disposaient significativement de beaucoup plus d’informations sur le gouvernement officiel de Luxland que sur l’organisation presque fantomatique et nébuleuse que constituait le GAA. Mais au regard de la connaissance que nos cinq Sionistes semblaient avoir des armes dont disposait cette organisation, l’indésirable risquait fortement de se produire à leurs yeux. Ils étaient donc finalement presque tous d’accord sur le fait qu’il fallait se préparer à apporter un soutien au gouvernement légal de Luxland. « Presque » car un détail empêchait tout de même pour l’instant d’aboutir à un consensus définitif sur la question.

« …quelque chose d’assez grave a dû se produire et nous n’en connaissons pas encore toutes les raisons et implications. Dans ce contexte nous estimons pour l’instant beaucoup plus judicieux de le tenir à l’écart de toute éventuelle opération consistant à apporter un soutien au gouvernement arien. Mais tout ceci est laissé à l’appréciation des décideurs que vous êtes. »

A la suite de cette intervention qui émana d’un des experts, le silence régna pendant un bref moment. Lynkhôn, qui était assis aux côtés de Whezan, fixa celle-ci de profil, donnant l’impression de s’apprêter à tenir des propos qui lui étaient particulièrement adressés. Whezan quant à elle arborait un air pensif, le regard plongé dans le vide.

« Il s’agit ici d’un problème lié au domaine d’action du HEMYCYX même si diverses questions militaires sont impliquées. Je me suis déjà fait mon opinion là-dessus mais bien évidemment je ne peux la jauger qu’à la lumière de la tienne. »

Dès la fin de ces propos de Lynkhôn, Whezan se mit aussitôt à le fixer dans les yeux, arborant toujours un air pensif. Elle prit ensuite la parole d’un ton très calme et plein d’assurance, en tournant cette fois-ci son regard vers l’expert qui venait de s’exprimer :

« Il est pour moi hors de question qu’il ne soit pas informé. Bien plus, j’estime même que toute éventuelle opération visant à apporter un soutien au gouvernement arien devrait nécessiter son accord. Je ne peux pas pour l’instant vous exposer toutes les raisons qui fondent mon point de vue mais croyez-moi, c’est ce qu’on aurait de mieux à faire. » Déclara-t-elle.

« Ok, c’est très risqué comme solution mais c’est vous la patronne. » Réagit l’expert du HEMYCYX.

Lynkhôn semblait néanmoins avoir un petit souci avec les propos que Whezan venait de tenir.

« " Le consulter " et " demander son accord " il y a bien une nette différence entre ces deux termes. Moi j’avais plutôt opté pour le premier. » Remarqua-t-il, tenant ainsi des propos voilant manifestement un certain nombre d’interrogations destinées à la patronne du HEMYCYX. Les discussions se poursuivirent encore pendant quelques minutes et le point de vue de Whezan finit par s’imposer.

Il se trouvait en effet que les technologies militaires dont disposaient les forces du GAA étaient de conception sioniste. Ces technologies étaient censées être livrées aux forces gouvernementales ariennes dans le cadre de la stratégie visant à aider l’agent Hôkcyll à infiltrer davantage la haute sphère de l’administration arienne. On comprend donc pourquoi nos cinq Sionistes paraissaient beaucoup plus étonnés que les autorités ariennes après avoir appris que celles-ci n’avaient aucune connaissance d’armes dont elles étaient pourtant supposées disposer. Cela posait alors un véritable problème, un problème spécifiquement lié à la mission d’Hôkcyll. Ce problème constitua d’ailleurs l’un des principaux objets du conclave qui venait de se tenir entre nos cinq Sionistes. Vu que c’est par le biais d’Hôkcyll que les armes étaient supposées être livrées aux autorités ariennes, les autorités sionistes se virent contraintes de ne pas totalement écarter l’hypothèse que l’agent Hôkcyll fût retourné par le GAA. Mais ce point de vue ne faisait toutefois pas l’unanimité entre les autorités de Gotthampolis qui se trouvaient dans le secret de la mission d’Hôkcyll. Le conclave qui venait de se tenir avait par conséquent pour principal objectif de décider s’il fallait envisager une opération de soutien aux forces gouvernementales ariennes en prenant en compte l’hypothèse d’un agent Hôkcyll retourné ou non. Mais comme on vient de le voir, tous finirent par s’engager dans la voie préconisée par la patronne du HEMYCYX, laquelle semblait toujours disposer d’une bonne dose de confiance en la loyauté de l’agent espion sioniste, voire même en une expertise dont ce dernier devait faire preuve relativement à certains sujets.

Un peu près d’une quarantaine de minutes après la fin de ce conclave, les combats faisaient toujours rage à Luxland entre les troupes du GAA et les forces gouvernementales ariennes. C’était presque le branle-bas au niveau des plus hautes instances politiques et militaires de Luxland. Les réunions se multipliaient, dans une ambiance tantôt très surchauffée, tantôt marquée par la lourdeur. Les décisions se succédaient à un rythme presqu’effréné, mais aucune de ces décisions ne semblait tenir face à l’énigmatique technologie militaire dont disposait le GAA. Il est vrai que les forces militaires gouvernementales de Luxland disposaient d’armes qui étaient en elles-mêmes plus puissantes et plus destructrices que les technologies militaires que détenaient les troupes du GAA. Mais au regard de la nature des confrontations, et surtout des combattants (confrontations entre entités ariennes), aucune technologie militaire arienne ne semblait assez efficace pour venir à bout des armes sionistes détenues par le GAA.

Tandis que les combats se déroulaient, une rencontre ultra secrète avait lieu entre Hôkcyll et son contact dans une zone du territoire de Luxland imperméable aux signaux de télécommunications entrants et sortants. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de l’application des décisions issues du conclave qui s’était précédemment déroulé entre Whezan, Lynkhôn et trois experts du système de défense et de sécurité de Sion. Le contact venait d’exposer à Hôkcyll les raisons de cette rencontre. Dès la fin des propos de son interlocutrice, Hôkcyll prit aussitôt la parole, s’exprimant d’un ton calme mais très ferme :

« Je recommande très fortement de n’engager aucune opération de soutien aux forces gouvernementales. Je ne peux pas pour l’instant exposer les raisons pour lesquelles ces armes se retrouvent avec le GAA et non avec le gouvernement de Luxland. Mais dis leur seulement que ça vaut énormément la peine qu’il prenne le risque de m’accorder un minimum de confiance sur ce coup. Bref, je ne serai pas long au risque de perdre de vue l’essentiel dans mon intervention. Et l’essentiel, je le répète, ils devraient absolument se garder d’apporter le moindre soutien aux forces gouvernementales ariennes. »

Eh oui, il ne peut décidément pas y avoir de propos plus clairs. Qu’est-ce qui pourrait bien justifier cette ferme mise en garde d’Hôkcyll ? Pour sûr, ces propos d’Hôkcyll devaient certainement s’inscrire dans un plan bien élaboré. Mais ce plan obéissait-il toujours aux intérêts de Sion ? Difficile de répondre pour l’instant à ces questions, même si ce serait fort étonnant que l’agent Hôkcyll fût retourné par le GAA. Il faut toutefois noter que les autorités sionistes prirent le risque de se plier à la volonté d’Hôkcyll. Aucun soutien sioniste ne fut donc apporté à l’autorité gouvernementale arienne. Mais quelques semaines plus tard, celle-ci vint finalement à bout des troupes du GAA, déjouant ainsi la tentative de coup d’Etat.

Près de deux mois après la fin de ces confrontations, la plupart des autorités Sionistes qui étaient dans le secret de la mission d’Hôkcyll n’avaient pas encore perçu les raisons exactes qui poussèrent ce dernier à refuser que Sion apportât un soutien aux forces gouvernementales ariennes. Mais ce fait semblait finalement revêtir une moindre importance aux yeux de certains. Nombreux étaient ceux qui finirent par se contenter d’un certain nombre de raisons qu’ils s’étaient forgées. Toutefois, deux mois après la fin des combats, une discussion se déroulant dans la localité de Gaurkhy (ville sioniste) semblait se rapporter à des sujets liés à l’affaire des armes de conception sioniste détenues par le GAA. La discussion se déroulait apparemment dans le cadre d’un plan visant à régler le problème consistant en une possible évolutivité des IHTEL ariennes. Les propos pour l’instant tenus au cours de cette discussion donnaient clairement l’impression que ce plan fut conçu et mis en œuvre en marge des canaux officiels et à l’insu des principaux responsables d’institutions royales telles que le HEMYCYX et le GOETHE. La discussion se déroulait entre quatre éminentes personnalités Sionistes. Ceux-ci sont Ben Deykhart, Ben Hedwitten, Ben Dakkota et Ben Newtton. Ils portaient tous les quatre le titre de Prince et étaient des membres du REX (Royal Executive Council). Hedwitten et Newtton font partie des principaux concepteurs du gamma-générateur qui, rappelons-le, est la technologie qui permit de générer l’univers Tertius. Deykhart quant à lui contribua fortement à l’élaboration de la TGM. Le mystérieux auteur de cette théorie avoua en effet que des travaux effectués par Deykhart relativement au principe de la science infuse inspirèrent la majeure partie des résultats qu’il eut à établir dans le cadre de ses recherches relatives à cette théorie.

Lorsqu’elle apprit la nouvelle concernant l’éventuelle évolutivité des IHTEL ariennes, Dakkota en fut si bouleversée qu’elle n’arrivait pas à imaginer jusque-là que l’on puisse procéder à la sélection des rachetés dans un contexte de probable évolutivité de ces IHTEL. Elle eut donc visiblement du mal à comprendre que l’unique solution officielle envisagée en la matière ne consistât qu’en un double plan de rachat s’avérant incapable d’empêcher les effets socioéconomiques susceptibles de découler de l’évolutivité des IHTEL ariennes. Elle tenta alors de convaincre plusieurs autorités sionistes de la nécessité d’accorder la priorité à l’annulation de ces effets. Toutes ses tentatives semblèrent toutefois s’avérer vaines. Elle réussit néanmoins à rallier à sa cause trois éminentes personnalités, en l’occurrence Newtton, Hedwitten et Deykhart. Ce quatuor décida alors de concevoir secrètement et officieusement un plan censé s’attaquer aux effets socioéconomiques que risquait d’entraîner une éventuelle évolutivité des IHTEL ariennes. Ce plan fut baptisé projet EQUIDEV.

La mise en œuvre du projet EQUIDEV parut nécessiter que l’agent Hôkcyll et certains aspects de la mission d’espionnage que ce dernier effectuait à Luxland fussent mis à profit. EQUIDEV reposait en partie sur une certaine stratégie, laquelle stratégie avait essentiellement trait à l’affaire des armes de conception sioniste qui se trouvaient à la disposition du GAA. Cette stratégie d’ailleurs, en dehors du fait qu’elle était supposée aider à atteindre les objectifs visés par EQUIDEV, pourrait aussi aider Hôkcyll dans le cadre général de sa mission. La stratégie en question consistait-elle à se servir du GAA pour renverser le gouvernement légal de Luxland ? Au regard de l’ambiance générale qui prévalut au cours de cette réunion secrète entre les quatre personnalités sionistes, on peut dire qu’apparemment non. Mais pour sûr, le fait que des armes de conception sionistes qui étaient censées être livrées au gouvernement de Luxland se retrouvassent plutôt entre les mains du GAA devait avoir un lien avec le projet EQUIDEV.

Tandis que Dakkota, Hedwitten, Newtton et Deykhart tenaient leur conclave, à des milliers de kilomètres de Gaurkhy, au Palais Royal, une autre réunion, toute aussi liée directement au sort de l’humanité, se déroulait. Depuis qu’ils apprirent l’existence de problèmes liés à la mise en œuvre de la proposition de Gouryhône, Adonaye et les cinq confrères de Zehdong et d’Haraphat au sein du cercle des 7 grands de Sion se trouvaient en proie à une certaine impatience, désireux sûrement de découvrir au plus vite les détails relatifs à ces problèmes, mais surtout les solutions que comptaient préconiser Zehdong et Haraphat. Cette réunion entre Adonaye et les sept grands enregistrait cette fois-ci la participation spéciale d’Aurntadiop. Ce dernier contribua en effet de façon exceptionnelle au niveau de détails techniques relatifs à la mise en œuvre de la solution conçue par Haraphat et Zehdong, en raison de l’expertise dont il disposait concernant le SAS.


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