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L’effet de la corruption

Par

Claire Manning




Copyright © 2017 Claire Manning


Chapitre 1 Ville de Montréal, hiver 2012

Chapitre 2 La famille Pinocchia

Chapitre 3 Le destin d’Alfonzo Pinocchia

Chapitre 4 L’effet de la Corne d’Abondance

Chapitre 5 La première étape de la création d’un criminel

Chapitre 6 Une rencontre avec le chef de la mafia

Chapitre 7 Martina Di Salvo

Chapitre 8 L’union parfaite par amour et par affaires

Chapitre 9 Une découverte des plus sinistres

Chapitre 10 Une découverte des plus sinistres

Chapitre 11 Une « réunion de famille » devenue nécessaire

Chapitre 12 Un jour de Noël pas comme les autres

Chapitre 13 Commencer un nouveau

Chapitre 14 Ajout de munitions pour leur protection

Chapitre 15 L’inimaginable destin

Chapitre 16 Le secret d’Imie

Chapitre 17 Encore plus de drames

Chapitre 18 Traiter le procès avec justice

Chapitre 19 Cour supérieure de Montréal

Chapitre 20 Les Interrogations

Chapitre 21 Le lendemain, lors du procès

Chapitre 22 La localisation des kidnappés

Chapitre 23 Le procès d’Alfonzo Pinocchia

Chapitre 24 Une performance sans failles

Chapitre 25 Loyale jusqu’à la mort

Chapitre 26 La comparution de Martina devant le tribunal

Chapitre 27 Derrière des portes closes

Chapitre 28 La deuxième ronde

Chapitre 29 Les déclarations du juge

Chapitre 30 Un sauvetage réussi

Chapitre 31 Derrière la scène

Chapitre 32 Le verdict du Jury

Chapitre 33 La fin du procès

Chapitre 34 De retour à la maison

Chapitre 35 Une vérification de sécurité essentielle

Chapitre 36 Le Boss de la Mafia

Chapitre 37 Les victimes de Paolo Di Salvo

Chapitre 38 L’évitement d’une embuscade explosive

Chapitre 39 Un criminel toujours en liberté

Chapitre 40 Le processus d’embauche de tueurs à gages

Chapitre 41 L’ennemi silencieux

Chapitre 42 À la poursuite du deuxième intrus

Chapitre 43 Les Fuyards

Chapitre 44 Le refuge fantasmé du Boss de la Mafia

Chapitre 45 La stratégie pour une embusquée

Chapitre 46 La Cour européenne

De l’auteur


Chapitre 1


Ville de Montréal, hiver 2012


Située entre les stations de métro Champ-de-Mars et Place-d’Armes, la Cour supérieure de Montréal sur la rue Notre-Dame Est comptait plusieurs salles d’audience. Mais une, en particulier, portait sur un dossier particulier sur lequel les médias avaient centré leurs efforts à tout publier à son sujet depuis des mois. Ce procès faisait les manchettes au quotidien comme étant celui du siècle. Il y avait bien eu beaucoup d’autres poursuites du même genre dans le passé, mais celle-ci n’était aucunement comme les autres.


Que tous se lèvent! exprima un greffier invitant tout le monde à collaborer comme un homme aux cheveux blancs et au visage barbu, vêtu d’une robe noire, entra et marcha sur les quelques marches qui se terminèrent à une plate-forme surélevée. Justice Mercier, qui siégeait dans cette affaire de recours collectif, regarda la salle du tribunal bondée de gens, là où se trouvait également plus d’une douzaine de journalistes de la cour. Tous étaient assis dans leur secteur réservé aux médias, tous étaient aux aguets pour écrire ce qui se passerait en cette journée très importante.


Ils étaient plus que désireux d’enregistrer tout ce qui serait révélé pendant le procès. Une énorme pression pesait sur eux, car des milliers de personnes s’attendaient à ce qu’ils fournissent l’information en raison du fait que la procédure judiciaire ne serait pas télévisée. Il s’agissait d’un business étant engagé dans des activités dites criminelles et hautement médiatisées. Ce procès visant à poursuivre en justice une icône financière, un homme d’affaires ainsi que sa conjointe maintenant libellée d’être sa complice. Alfonzo Pinocchia et Martina Di Salvo étaient accusés d’avoir utilisé leur société d’investissement pour commettre des détournements et des escroqueries de biens immobiliers, appartenant à des personnalités fort aisées, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.


La douzaine de membres du jury composé de six femmes et de six hommes se tenaient debout, affichant leurs airs inquiets à cause des regards très intimidants de certains sympathisants des victimes dirigés vers eux; sûrement pour les convaincre de ce qu’ils considéraient être le verdict logique et juste : Que ces deux accusés étaient absolument coupables des chefs d’accusation portés contre eux. Les plus agressifs prirent leurs sièges les plus près du jury.


Les trois avocats représentant les centaines de plaignants qui hurlèrent pour leur cause applaudirent leur arrivée pendant qu’ils se placèrent à la gauche du banc du juge et retirèrent une grande quantité de documents de leurs mallettes à roulettes. Selon leur apparence, ces procureurs affichèrent leur détermination de lutter vigoureusement envers ce défi pour gagner le procès et obtenir la justice pour leurs clients. L’un d’entre eux semblait être le leader comme étant beaucoup plus vieux et une certaine froideur émanait de sa personne. Les deux autres défenseurs étaient dans la quarantaine et projetaient un regard plus doux que leur supérieur.


Ensuite, tout changea en une fraction de seconde tandis que tous virent Alfonzo Pinocchia qui avança dans l’allée centrale tout en poussant le fauteuil roulant de sa femme handicapée. Ils étaient accompagnés de trois avocats montréalais de La Prosperità, une firme d’excellente réputation. Lorsqu’ils firent leur chemin dans l’arène judiciaire, un greffier leur indiqua la table qui leur était attribuée, située à l’avant, à la droite du banc du juge.


Alfonzo Pinocchia, maintenant un individu beaucoup plus âgé qui avait perdu sa respectabilité irréprochable pour avoir dirigé une entreprise très réussie, sa jeunesse et sa bonne mine. Le cours des événements avait pris son essor. Il n’était plus l’homme pour qui beaucoup de femmes avaient consacré leur vie pour gagner le prix tant convoité à devenir sa riche conjointe. Avec le temps, Pinocchia parut être un autre homme.


On pouvait entendre des grondements et des cris de personnes très en colère alors qu’ils regardaient ses avocats descendre l’allée centrale avec leurs mallettes en cuir très reluisantes. Ils semblaient vivre dans une ère différente du reste de la foule. Ils portaient tous des habits créés sur mesure avec des boutons de manchette en or et des cravates de haut de gamme. Ces hommes ressemblaient à des représentations typiques de films et de télévision de Mafiosos. La senteur d’une eau de Cologne, ce parfum assez prononcé, fit réagir immédiatement les gens comme ils marchaient vers l’avant de la salle du tribunal. Ils étaient les meilleurs avocats de l’entreprise : La Prosperità de Montréal. Ils avaient étendu leurs activités dans toutes les grandes villes du Canada, des États-Unis et d’Europe.


Pinocchia conserva son sourire malgré tout jusqu’à la table, illustrant par son regard son défi devant les « opinions déjà toutes faites à son sujet » par cette foule intimidante. Sa marque de commerce unique et renommée de lui-même; une rose rouge attachée au revers gauche de sa veste était la seule chose qui contrastait de son regard maintenant devenu froid. Martina garda ses émotions pour elle-même. Elle était impeccablement maquillée avec ses cheveux élégamment tressés autour de sa tête. Elle portait un blazer très chic bleu foncé, et elle était sans aucun doute la femme la plus élégante de la salle. Ses jambes étaient couvertes d’une simple couverture de plaid écossais. Elle fixait le bureau du juge sur la plate-forme surélevée, semblant donner l’impression qu’elle ne se cèderait jamais afin de subir les conséquences d’un procès inéquitable.


Alors qu’ils atteignirent leur table de la défense, un jeune homme fit son entrée, traînant deux lourdes serviettes à roulettes, déchargea des tas de documents et les déposa de façon très ordonnée. Il ne s’attendit pas pour une gracieuse appréciation de ce qu’il venait de faire; il indiqua tout simplement qu’il avait terminé sa tâche et quitta la salle du tribunal.


Comme les avocats examinaient leurs dossiers et la pile de papier, leurs montres Rolex très brillantes furent certainement remarquées. Ils avaient gagné depuis des décennies, en raison de leur travail, la réputation d’être les meilleurs au pays. Ces hommes avaient un taux très élevé de succès dans la victoire des affaires judiciaires incluant les plus infâmes escrocs de la nation.


Le commis de la salle d’audience se dirigea vers son siège près du juge.


Veuillez vous asseoir, annonça le juge Mercier. Il heurta son maillet à plusieurs reprises pour rappeler tout le monde à l’ordre tandis que la foule ne cessait de bredouiller hystériquement.


Quand tout se calma, le bruit de son petit maillet de chêne sur le socle retentit dans la salle du tribunal maintenant silencieuse. Le juge vit que le moment était venu d’inviter M. Millburn, l’avocat représentant les plaignants, à réciter la liste des accusations portées contre monsieur Pinocchia et sa conjointe.


Je vous prie de faire vos déclarations, Monsieur Millburn.


Je vous remercie, Votre Honneur. Nous allons dans le cas présent passer au dossier de monsieur et madame Pinocchia, accusés de détournement de fonds d’investisseurs pour des milliards de dollars américains.


Votre Honneur, voici la liste de toutes les chefs d’accusation des plaignants que je présente devant le tribunal aujourd’hui, le lundi 3 décembre 2012.


Les Pinocchia ont bénéficié illégalement des investissements financiers de leurs clients et ont retiré leur argent durement gagné pour leurs fabuleuses propriétés immobilières situées dans les Bahamas, les îles des Caraïbes et plusieurs villes au Canada ainsi qu’en Europe et en Asie. Toutes ces propriétés qu’ils ont vendues ou qu’ils se sont appropriées sans le consentement de leurs clients! Ils ont commis des crimes et aujourd’hui, la raison pour laquelle ils sont présents devant ce tribunal est due aux crimes qu’ils ont commis : vol, fraude, falsification de documents, faux papiers, prétextes, vol d’identité, blanchiment d’argent et criminalité. Votre Honneur, sans plus tarder, j’aimerais citer plusieurs témoins.


Le juge accepta et c’est alors qu’ils procédèrent à la convocation de tous les témoins, l’un après l’autre, de comparaître devant le tribunal pour témoigner qu’ils furent brutalement arrachés de leurs épargnes de retraite. Et que dire au sujet de leurs investissements de bourses pour leurs petits-enfants et leurs biens immobiliers qui dans ces cas étaient leurs maisons de rêve dans lesquelles ils avaient l’intention d’habiter dès leur retraite.


Nous allons approfondir ces points au cours des procédures, mais je voulais que tous dans cette salle comprennent qu’il ne s’agit pas ici d’un cas insignifiant. Les Pinocchia sont des criminels professionnels et à l’aide de leurs parfaites séductions, ils devinrent les meilleurs dans le domaine, ils ont dupé une énorme quantité de gens honnêtes qui souffrent et pour qui leur vie est maintenant complètement ruinée


Mes clients ont tout perdu, leurs maisons et leurs richesses. Ils sont maintenant contraints à survivre de chèque à chèque. Plusieurs ont été obligés de retourner sur le marché du travail, et les plus âgés qui ne peuvent plus travailler, ont à vivre de leurs pensions qui, comme vous le savez tous, les gardent sous le seuil de la pauvreté. Leurs rêves se sont évanouis avec tous les avantages que leur promettait leur dur labeur pour le reste de leurs vies. Les Pinocchia ont sournoisement détruit leurs espoirs d’indépendance et de liberté.


Je soumets tous les rapports écrits et les déclarations de chacune des victimes des Pinocchia qui dénoncent indéniablement et clairement leurs crimes. Votre Honneur, j’aimerais d’abord exposer les incidents de façon chronologique afin que vous et le jury puissiez tous comprendre avec qui nous faisons affaire.


L’« opération financière » de M. Pinocchia que l’on prétend être telle a duré plus d’une décennie, ce qui lui a permis d’accumuler d’énormes richesses au détriment de ses proies. Avec ce que je vous ai déjà présenté, je vous soumets tous les brefs de saisie qui renferment les biens de M. Pinocchia.


Ils comprennent tous les comptes bancaires liés à ces activités monétaires criminelles, les biens matériels, sa collection de voitures « ventage », ses possessions immobilières. Nous avons inclus les dossiers d’appropriation des immeubles de luxe situés dans le quartier Griffin de Montréal ainsi que d’autres au centre-ville de Miami.


S’appropriant des documents, un greffier de la cour annonça qu’en les remettants à l’assistant du juge, qu’ils documentaient tous les rapports de l’avocat et de tous les témoignages de leurs clients.


Ce sont des escrocs! Où est notre argent? Ils ont ruiné nos vies! Emprisonnez ces escrocs pour la vie! Ils devraient être pendus! Certaines des victimes des Pinocchia hurlèrent.


Appel à l’ordre! Appel à l’ordre! Appel à l’ordre! Dit le juge, vous ne serez pas autorisé à demeurer dans la salle si vous continuez à perturber le tribunal. C’est mon dernier avertissement; j’aurai l’ordre dans ma cour! Si vous n’obéissez pas aux règles, vous serez escorté hors de ma cour sans hésitation! Je vais nettoyer la place des désobéissants! Comprenez que nous allons procéder avec les lois actuelles du pays et l’intention ici est de donner un procès qui est juste!


Le juge ne cessait pas de frapper son maillet comme les blâmes devenaient de plus en plus vocaux. La cour devint un lieu qui se remplit de brouhahas selon ce qu’il observait.


Quelques victimes de Pinocchia, y compris une femme avec un accent allemand très prononcé, qui était accompagnée de membres de sa famille, furent escortées hors de la salle de tribunal. Les avertissements répétitifs du juge ne les convainquirent nullement de se taire. Ils refusèrent de garder le silence étant en présence de ces individus qu’ils qualifiaient de criminels et qui avaient ruiné sa vie.


Tout le monde pouvait sentir la tension électrique à l’intérieur de la cour. C’était un cas très controversé dont les journalistes avaient continuellement alimenté dans tous les médias et réseaux sociaux; y compris les conspirations très troublantes que les Pinocchia avaient des connexions à la mafia sicilienne et également avec celle bien établie dans la ville de Montréal.


Le montant de spéculations théoriques liées à cette histoire était hors de l’ordinaire. Les gens avaient beaucoup souffert mentalement et physiquement et comptaient sur les avocats assignés à cette affaire afin de prouver à tous qu’ils avaient droit à la justice pour les sortir de leur misère.


Chapitre 2


La famille Pinocchia


Alfonzo Pinocchia était l’heureux propriétaire d’une compagnie financière très prospère. Il était devenu un héros au sein de la haute société montréalaise parmi l’élite italienne, y compris la mafia. Il fut reconnu comme un magnat de générosité dans un cercle de la « famille » et de ses amis. Sa réputation était celle d’un homme qui avait le cœur sur la main, prêt à répondre aux cris des pauvres et des nécessiteux, en particulier pendant la période de Noël.


De nombreuses boîtes de marchandises, de jouets et de nourriture littéralement versées dans plusieurs magasins Renaissance et banques alimentaires. Il avait toujours contribué aux causes de façon anonyme, mais en raison de sa grandeur d’âme sans précédent, beaucoup avaient soupçonné au cours des années qu’il était derrière cette abondance si altruiste.


Alfonzo est né au milieu des années 1970 dans le quartier très pauvre de la petite Italie à Montréal où sa famille d’immigrants s’était installée dans le pays de leurs rêves et eut des débuts très humbles. Un bon nombre de Siciliens immigrèrent dans ce secteur de la ville pour une meilleure vie économique.


Son père Alessandro et sa mère Helena, propriétaires d’une pizzeria sur le boulevard St-Laurent. Ce boulevard connu sous le nom de Main. Ils étaient de très honnêtes gens qui travaillaient dur.

Ils ne prenaient jamais de vacances. Le resto était ouvert 7 jours par semaine. Plus tard, au cours des années qui suivirent, plusieurs de leurs parentés et amis rejoignirent l’entreprise dès qu’ils obtinrent légalement leur statut d’immigrant. Elle avait évolué en une affaire familiale.


Il ne fallut pas très longtemps, depuis l’ouverture de ses portes, pour que le IL Sicilian devienne l’un des plus célèbres restos de la ville pour ses différents types de pizza et de sa variété de saveurs. Avec les bruits de grésillement et la fumée sortant d’une énorme cheminée de poêle à bois, il était devenu le joyau très unique du quartier.


Le restaurant fut édifié avec un concept ouvert où tout le monde pouvait observer Alfonzo, son père et ses assistants lancer la pâte dans les airs, à la faire tourbillonner si agilement comme les maîtres du métier. Tous pouvaient les voir ajouter les ingrédients clés pour créer la pizza parfaite; cette œuvre d’art qu’ils déposaient dans le four magique.


L’arôme irrésistible émanant à l’extérieur par la cheminée excitait les papilles gustatives des gens du quartier. Le resto avait d’énormes fenêtres et personne ne pouvait pas résister à ralentir leurs pas et à regarder les cuisiniers exhiber habilement leurs habiletés.


Ils pouvaient voir que les clients et les employés appréciaient ce lieu. Des verres de vin se soulevèrent en l’air, chacun souhaitant que ces bons moments puissent continuer pour le reste de leur vie. L’atmosphère à l’intérieur produisit un sentiment, pendant quelques heures, de s’être magiquement téléporté vers la Sicile, l’île méditerranéenne qu’ils aimaient tant.


Pour la communauté italienne vivant à l’époque à Montréal, ce restaurant leur rappelait certainement leur quartier unique de Catane, où plusieurs propriétaires de pizzeria et leurs travailleurs étaient occupés dès le lever du soleil. Ils étaient tous affairés à préparer les ingrédients clés tout en chantant leurs meilleures interprétations des opéras de soprano populaires du temps.


Malgré les circonstances opportunes inégalées offertes par leur nation d’adoption, le processus de guérison subséquent pour avoir quitté leur pays fut très lent pour ces immigrants qui avaient encore à surmonter ce sentiment du mal du pays. Certains souhaitaient retourner chez eux, mais le climat économique était difficile dans cette partie du monde. C’était maintenant cet endroit particulier pour se réunir afin de jouir de la bouffe et de l’ambiance si extraordinaire de leur contrée d’origine. Le resto il était une opération bénéfique de cette cure psychologique contre la nostalgie que beaucoup avaient ressentie depuis leur arrivée dans leur nouvelle communauté.


Avec la nourriture qui était de loin la meilleure de la ville et l’atmosphère de toute la place devenue si spéciale, le restaurant dut s’agrandir afin de satisfaire ses clients; non seulement pour dîner, mais aussi pour la livraison de pizza à domicile. Alessandro se devait d’agir rapidement comme il était dans une situation où il perdrait beaucoup de ses chiffres d’affaires s’il ne trouvait pas un moyen de pouvoir répondre à la demande toujours croissante.


Enfin, le père d’Alfonzo utilisant son caractère Sicilian incroyablement convaincant acheta les deux entreprises qui étaient ses voisins dans l’immeuble. Cela ne s’est pas passé sans combats. La popularité du IL Sicilian leur profita grandement et ils ne voulaient pas renoncer à ce qu’ils prévoyaient devenir une mine d’or pour eux. Le père d’Alfonzo était un individu très pragmatique et charismatique. Alors qu’il n’était pas un grand homme, son charme et son talent annexés à un énorme montant d’argent firent qu’il était difficile de lui résister.


C’était la première leçon qu’Alfonzo avait apprise de son père, le regardant parler et gesticuler avec ses mains, illustrant qu’il était un personnage possédant une confiance de soi inébranlable; ce qui, assez souvent, lui sembla intimidant envers les gens avec qui il faisait affaire. Il utilisa ses talents et sa persistance afin de convaincre ses marchands voisins que c’était la marche à suivre. Alessandro devint le propriétaire de tout l’édifice. Peu de temps suivant l’acquisition de toute la place, Alfonzo sentit qu’il s’était passé quelque chose qui l’avait changé. Il n’a jamais paru heureux depuis cette discussion avec ses voisins-commerçants. Il n’oublierait jamais ce que son père lui avait dit suivant sa réussite.


« Là où il y a de l’argent mon fils, il y a des moyens pour parvenir à ses buts! N’oublie jamais cela ».


Suivant cette victoire qu’il obtint en échange d’une très généreuse compensation, l’entreprise devint encore plus prospère et c’est là où un jeune âge qu’Alfonzo apprit la recette pour faire la meilleure pizza en ville. Alfonzo était impatient d’aider ses parents et ils lui enseignèrent cet artisanat particulier et unique à perfection. Son père lui partagea tous ses secrets; l’art de pétrifier la pâte et la faire virevolter dans les airs afin qu’elle soit parfaite; pour ensuite étaler leur sauce maison épicée qui a été lentement mijotée dans un énorme chaudron de fonte sur le poêle pendant des heures. Il lui expliqua de façon très poétique comment épouser les fromages avec les divers autres ingrédients y compris les saucissons, les oignons, les anchois, l’ail, les herbes, les poivrons, les épices et l’huile d’olive. Son père réussit à importer tous les produits de la Sicile; les vrais ingrédients comme il les appelait. Les gens se sont toujours demandé comment il était capable de commander les véritables marchandises siciliennes quand personne d’autre ne semblait pouvoir le faire.


Nulle part ailleurs dans la ville ou même dans le pays ne pouvait-on déguster quelque chose de plus authentique que ce qui se trouvait au menu du restaurant IL Sicilian. Ronde ou carrée, chaque pizza artisanale était réalisée avec amour.

Les racines religieuses de la famille s’illustrèrent par des chandelles sur chaque table et des images chrétiennes faisant partie du décor. Des chansons siciliennes de sopranos siciliens de renom étaient entendues provenant de haut-parleurs désassortis suspendus dans divers endroits au plafond. Un mur entier exhibait la grande variété de bouteilles de vin que son père avait importées.


Avec le temps, le plancher de bois d’érable commença à montrer plusieurs rayures en proportion du nombre de clients qui ne cessait d’augmenter. C’était une preuve évidente que la place était absolument bourdonnante.


Les nappes de table allaient d’humbles carreaux de coton à de belles bandes de lin de couleur ou blanches, leurs contours présentant des dentelles ou des filets de crochetage très chic. Ils étaient tous couverts d’un bouclier en plastique très mince. Les parents d’Alfonzo firent de ce restaurant un endroit où les gens se réunissaient pour apprécier l’ambiance et la nourriture sicilienne si uniques.


Comme il grandit, Alfonzo fut diplômé de l’école secondaire et fit part de sa décision à son père. Il ne demeurait pas dans l’entreprise de la pizzeria. Malgré le fait que leur revenu était très bon, son père évidemment déçu par la nouvelle et lui avoua son désappointement, il comprit que le rêve de son fils de devenir un entrepreneur financier était plus important pour lui. Il était heureux qu’il fasse son propre chemin et se crée une belle vie. Après tout, c’est ce qu’il avait souhaité en immigrant dans ce pays.


En plus d’aimer l’argent, il désirait visiter sa nation d’origine et se connecter avec ce paradis, dont ses parents lui avaient parlé tant de fois.


Entre les voyages d’affaires, il avait toujours réussi à faire une halte sur l’île. Il se sentit de plus en plus en harmonie avec ce lieu, son unique beauté et sa culture; il avait ce sentiment qu’il était plus chez lui en Sicile qu’à Montréal.


Chapitre 3


Le destin d’Alfonzo Pinocchia


Quelques années plus tard après avoir établi sa société financière appelée « Dream Investments », non seulement il avait fait des progrès importants dans son entreprise, Alfonzo était devenu un individu très séduisant, souvent recherché par les dames à cause de sa réputation de charmeur. Son travail acharné à la pizzeria sculpta son corps; il était physiquement très fascinant à regarder.


Alors qu’il avait les traits du visage de son père, il avait grandi en un homme beaucoup plus grand que lui. Sa taille et son charme provenaient de sa mère qui avait toutes les caractéristiques d’une vraie femme fatale d’Hollywood. Il devint bientôt le nouveau « Valentino » du quartier et beaucoup de dames de tous âges en devinrent irrésistiblement séduites.


Toujours vêtu d’un habit fait sur mesure et impeccable noir ou bleu foncé, il n’a jamais été vu sans qu’il ne porte une rose rouge sur le côté gauche de sa veste. Elle était sa marque de commerce personnelle. Nulle part, il n’est allé dans des rencontres et réunions sociales sans qu’il n’ait cette couleur contrastante qui le caractériserait parfaitement. Avec ses yeux bruns si étincelants, pas une femme ne pouvait résister à ses approches très uniques et provocantes.


Il construit un harem de maîtresses sous de fausses promesses d’un avenir meilleur pour chacune d’elles, distribuant quelques cadeaux, des bagues en diamant et d’autres faveurs en échange de leur fidélité. Son club préféré, où il rencontrait les dames, était Blvd44 sur St-Laurent, situé à quelques coins de rue de la pizzeria de son père.


Déjà à un très jeune âge, il avait bâti une solide réputation dans le cercle de gens influents de très haut profil. Il était vénéré non seulement sur le fait qu’il était très riche, mais parce qu’il avait également enrichi beaucoup de personnes. On le baptisa le mâle alpha de la ville. Beaucoup d’hommes d’affaires de la région l’enviaient pour sa popularité toujours croissante. Alfonzo était tout simplement irrésistible.


L’argent était abondant; les femmes ne pouvaient lui résister. La vie était belle, il ne put demander mieux.


Chapitre 4


L’effet de la Corne d’Abondance


Ses affaires se sont développées et furent si fructueuses, qu’elles exigèrent de moins en moins sa supervision directe grâce à ce qu’il avait mis en place; une équipe de direction très compétente et forte. Alfonzo progressivement étendit la durée de ses vacances. Il avait délégué son empire à des gens très loyaux qui aimaient travailler pour lui, car ils étaient plus que généreusement rémunérés. Par rapport à toutes les autres entreprises multinationales existantes à travers le monde, ils étaient de loin les employés les plus payés.


Alfonzo se rendait en Sicile et profitait de son temps. Il s’appropria d’un yacht d’OKTO de 217.85 pieds de 40 $ M; le yacht le plus cher et le plus luxueux en son genre à être vue sur la mer Méditerranée. Comme il naviguait sur l’océan, le yacht tourna beaucoup de têtes et créa des questionnements quant à qui pouvait bien se permettre de le posséder. Les beaux paysages de Monaco des bateaux célèbres et d’élite étaient de loin surpassés par celui d’un luxe exceptionnel, d’une unique catégorie.


Le navire avait deux chambres de maîtres, un jacuzzi, une piscine sur le pont promenade, un ascenseur d’invités, un grand garage qui pouvait se convertir en un rien de temps en un club de plage ou salle de gymnase; il avait 8000 pieds carrés d’espace habitable avec des hublots panoramiques, un salon avec des plafonds voûtés atteignant près de 10 pieds de hauteur. Onze personnes pouvaient confortablement profiter de la vie incluant l’équipage. Seul le meilleur de tout était offert sur son yacht.


L’excellence en tout était devenue sa marque. Cuisine exotique, champagnes et vins de haute gamme; tout était servi dans de la Flora Danica qui avait des sculptures délicates et des accents en or 24 carats avec des motifs botaniques riches tous peints à la main. Les spiritueux étaient versés dans des coupes de cristal. Il avait un chef exécutif, un sous-chef et un chef pâtissier. Ils étaient disponibles 24 hrs/7 jours pour satisfaire les palais les plus perfectionnistes qui seraient prêts pour leur service, même sur un court préavis. Des musiciens locaux étaient embauchés pour la durée de ses vacances. Ils performaient tous les soirs avec un large éventail d’opéra et de musique classique pendant qu’Alfonzo et ses invités appréciaient leurs liqueurs et cigares à 4 500 $ du Roi du Danemark autour de la piscine sur la terrasse.


Alfonzo avait très rapidement atteint un nouveau niveau d’existence dont il n’avait jamais soupçonné sa réalité. Il faisait dorénavant partie de l’élite, des personnes les plus riches et les plus célèbres du monde des affaires. Avec ces actuels contacts, il comptait bientôt même dépasser sa propre prédiction. Tout l’encourageait fortement à influencer positivement le marché dans sa poursuite d’échelons plus élevés de pouvoir, de créer l’excellence et l’abondance pour ses investisseurs.


Il n’était pas rare de voir des hommes accompagnés de belles femmes, des services d’escortes très chères visitant le yacht d’Alfonzo. Tout était permis pourvu que ce fût gardé secret pour protéger leur réputation.


Ayant plus d’argent qu’il ne savait quoi en faire, Alfonzo était cependant devenu très sélectif comme les années passèrent quant à qui inviter sur son yacht. Une des raisons, conduisant son penchant indéniable pour de grandes dépenses sans l’affecter d’une façon ou d’une autre, est qu’il devint un joueur indiscipliné. Comme il développait cette nouvelle dépendance au jeu, il consacra son temps de vacances à sa toxicomanie. Plus il en perdait, encore plus il semblait apparaître dans ses comptes bancaires. Le dicton qui disait de donner afin de recevoir plus d’abondance en retour s’appliquait à la lettre dans son cas.


Alfonzo était devenu une icône populaire reconnue dans le monde entier par de nombreuses organisations. Il fut connu comme un philanthrope, un généreux donateur qui avait une appréciation de l’argent, mais qui, en même temps, avouait que la richesse devait être partagée s’il voulait que son style de vie puisse durer. Il était reconnaissant pour sa bonne fortune et il croyait fermement qu’il était béni par cette corne de l’abondance illimitée; la Cornucopia qui répondait aux personnes qui montrèrent leur tempérament de leadership et qui travaillèrent dur pour gagner leur puissance financière.


Alessandro et Helena Pinocchia ne pouvaient pas être plus fiers de leur fils unique. Il fit son chemin en rêvant d’abord grand et puis il tourna ces rêves en une réalité; en matérialisant une prodigieuse entreprise qui le récompensa généreusement pour ses efforts. Alfonzo insista sur le fait que ses parents vendent le restaurant, qu’ils se retirent de leur business pour profiter de tout ce que la vie pouvait maintenant leur offrir grâce à sa richesse. Ils refusèrent de prendre leur retraite et gardèrent leur restaurant. C’était trop dur de laisser leur mode de vie, ils lui dirent. Ils étaient attachés à leur clientèle de longue date et l’atmosphère unique qu’il leur procurait. Ils se sentaient « chez eux loin de chez eux ».


Après plusieurs vacances en Sicile, Alfonzo allait bientôt être présenté à plusieurs hommes d’affaires prospères de la région, il amarrerait son yacht dans la baie de Cala Mosche où l’accès aux piétons était très limité. Il n’y avait pas de bars ou de chaises ou des tables sur la plage pour les touristes ou des marchands de souvenirs aux alentours. C’était la place idéale, désertée de tous pour le calme parfait. Elle était peu connue pour son sable doux; pour quelqu’un comme lui qui cherchait un endroit paisible pour sa détente et ses rencontres. Comme il aimait cette région de l’île, il en fit finalement acquisition avec un accord de la ville. Il acheta une partie de la plage et du terrain et en fit un lieu très privé pour lui.


Il fut interrogé sur la manière dont à un si jeune âge il avait gagné sa fortune; d’autres voulaient connaître ses règles de succès, etc.


Alfonzo se sentait complètement au nirvana, il était tellement admiré par tant de personnes. Son ego augmenta de façon exponentielle.


Des dignitaires et des gens très influents se présentèrent pour en savoir davantage à son sujet comme ils devinrent ses invités réguliers sur son yacht. Ils aimaient cet homme aux débuts très humbles. Originaire d’une jeune famille d’immigrants dans son nouveau pays, il était maintenant un symbole significatif prouvant à n’importe qui voulant réussir que c’était possible, peu importe leurs modestes origines.


L’élite de la mafia sicilienne qui, avec le temps, était devenue une grande admiratrice de son succès; reconnu l’importance d’Alfonzo de faire partie de leur fantastique cercle familial. Elle était à la recherche de circonstances opportunes quant à la façon dont ils pourraient obtenir un morceau de sa fortune provenant de Dream Investments. Ils avaient déjà leurs liens à Montréal comme dans beaucoup d’autres villes clés sur de nombreux pays. Ils avaient une prise solide sur tout ce qui avait à voir avec l’argent ayant établi un réseau très sophistiqué à travers le monde.


Ce qu’ils trouvèrent intéressant à propos de la société d’Alfonzo, c’est que, même s’ils voulaient contrôler ce qu’il réalisait si talentueusement; ils étaient devenus plus intéressés par sa méthode de faire ses affaires. Elles qui ne comprenaient pas la vente de drogue, le blanchiment d’argent ou tout ce qui exigeait d’être fait dans des salles à l’arrière ou dans des sous-sols de commerces.


Son modèle d’affaires était exécuté impeccablement. Ils glorifiaient cette proposition idéaliste de se joindre au fonctionnement de son entreprise, car elle ne donnerait lieu à aucun soupçon d’être impliqués dans des activités malhonnêtes. Comme ils se positionneraient sous son parapluie, avec sa réputation bien ancrée dans la communauté en raison d’années de dur labeur; ils resteraient dans l’ombre tout en recueillant d’énormes quantités d’argent. Alfonzo n’avait jamais reçu de critiques négatives; c’était une firme sans reproches et très éthique.


Les biens immobiliers étaient un produit en haute demande et il avait acheté des centaines de condominiums autour du monde, situés dans les endroits les plus exotiques et exclusifs. Il avait mis sa société à la bourse pour les investisseurs institutionnels, les rendements étaient trop bons pour être vrais, mais ils étaient réels. Sa compagnie avait les meilleurs profits boursiers sur le marché. Ils faisaient l’envie d’autres entreprises. Plusieurs d’entre eux atteignirent leur pot d’or et de nouveaux sommets de richesse que personne n’avait auparavant acquis en si peu de temps.


Chapitre 5


La première étape de la création d’un criminel


Avec le temps, la mafia sicilienne développa très graduellement des liens avec Alfonzo. Il y avait d’abord des rencontres décontractées et amicales sur son yacht ou le leur, en buvant des cognacs et des cigares cubains. D’autres fois, c’était la dégustation exclusive de vin dans les villas situées dans les montagnes pittoresques surplombant la Méditerranée où certaines activités qui n’étaient pas des plus catholiques eurent lieu.


Ils ne retinrent rien en payant pour la vie privée et l’exclusivité qui leur permirent des randonnées à cheval et des excursions dans le parc Madonie à l’Etna. Alfonzo avait voyagé à plusieurs reprises au cours des années en Angleterre pour participer avec l’échelon supérieur de la mafia sur les courses de chevaux comme il était devenu le propriétaire de plusieurs pur-sang. D’autres fois, ses liaisons mutèrent plus subtilement, car elles l’initièrent à tester un type de cocaïne pour laquelle il fut rapidement accroché.


Au fil du temps, il fut introduit à de nouveaux contacts et membres de leur « famille »; un de ses amis qu’il fréquentait régulièrement tenta, à quelques reprises, de le présenter à son chef; cet homme provenant d’une autre lignée considérée très particulière. Mais il réussissait toujours de manière très diplomatique de refuser ses invitations. Il soupçonnait très fortement que ce pouvait être un déguisement pour prendre le contrôle de sa compagnie. Alfonzo ne savait pas grand-chose de la mafia, mais il en connaissait suffisamment de la façon dont celle-ci pouvait exercer son influence et faire son chemin dans son entreprise.


Il pressentait qu’aussitôt il exprimerait son consentement à leur rencontre, que ce serait le point de non-retour et qu’il ne serait jamais en mesure de sortir du piège pour le reste de sa vie. Il devait trouver un moyen de se déconnecter d’eux pour le mieux, mais il était parfaitement conscient que ce serait difficile.


Il avait cette pensée qui le hantait derrière la tête; que s’il continuait à se diriger dans cette voie avec cette relation discutable qu’il perdrait sans doute non seulement de son empire financier, mais du plein contrôle de sa destinée.


Ils voulaient lui assurer qu’il faisait maintenant partie de la grande famille sicilienne. Après tout, Alfonzo était d’origine sicilienne. L’adhésion à la « Cosa Nostra » n’était qu’ouverte aux hommes siciliens.


Alfonzo se sépara d’eux pendant un certain temps et fit des voyages en Sicile moins régulièrement comme qu’auparavant. Il fit de son mieux pour garder son secret de ses périodes choisies de vacances et les rendit volontairement plus courtes qu’à l’habitude. Il réussit à donner toutes sortes de raisons pour lesquelles il ne pouvait pas répondre positivement à leurs invitations, en raison d’autres déplacements pour des rencontres d’affaires, etc.

Il inventa toutes sortes de justifications comme étant les causes derrière lesquelles il ne pouvait pas les joindre. Il les justifiait principalement sur le fait que l’état de ses affaires était fragile; qu’il avait besoin de tout superviser pour un certain temps afin de comprendre la volatilité des marchés d’investissement et d’être aux aguets et pouvoir réagir rapidement. Il devait répondre aux préoccupations et incertitudes de certains de ses investisseurs pour ne pas les perdre.


Personne de la direction de sa compagnie ni ses parents ne savaient qu’il avait développé des liens avec la mafia sicilienne.


Alfonzo gardait tout pour lui. Mais il était déjà trop tard. Trop de gens étaient au courant de ses rencontres sociales avec eux.


C’était devenu un danger potentiel pour sa réputation, pour ses clients et la confiance de ses investisseurs qui pourraient être ciblés pour chantage et brutalement démolir ce qu’il avait tant sué pour atteindre : son succès et sa notoriété irréprochable.


Avec le temps, ils finirent par le persuader qu’il avait besoin d’une certaine protection puisque tant d’information à son sujet était maintenant exposée à l’air libre pour quiconque d’y avoir accès et détruire son renom. Ils lui présentèrent des plans sur la façon dont son entreprise pourrait prendre en charge les marchés immobiliers supplémentaires et d’autres investissements dans le monde entier.


Ils voulaient une partie des revenus en échange de leurs connexions, de leur puissance et de leurs influences, mais, plus importants, de leurs appuis contre la concurrence et le vol. Ils avaient une excellente réputation d’aborder ces sujets énergiquement. Tous les fonds provenant de leurs activités de gains illégaux seraient canalisés au sein de sa société.


Comme leurs transferts d’argent illicite à son entreprise seraient entièrement faits clandestinement afin de tout transformer en argent propre, Alfonzo n’aimait pas l’approche de ce modèle de finance ombragé. Ce ne fut jamais sa façon d’opérer, mais il devint complètement conquis, il n’eut pas le choix; il céda face à leur pression.


L’affaire semblait tourner contre lui comme il avait risqué de contrer le punch de leur avance afin de garder sa compagnie à l’abri de leur influence. Il savait certainement combien la puissance de la mafia avait évolué, de sa réputation à commettre des violences, en particulier des assassinats, qu’ils exhibaient ces actes contre ceux qui s’objectaient à leur vision des choses. Il savait qu’il ne faisait pas exception à leurs règles en matière de traitement de leurs opposants.


Il avait le pressentiment de ce qu’ils seraient capables de lui infliger s’il tentait de se désister de leur proposition. Une partie du chantage impliqua le fait qu’ils prendraient soin de l’entreprise de la pizzeria familiale, ce qui incluait de toute évidence le sort de ses parents et d’autres membres de sa famille. Ils lui présentèrent quelques photos et vidéos. La totalité de ses accolements qui n’étaient pas très moraux fut secrètement filmée avec certaines dames, ce qui ferait certainement de bons titres dans les médias s’il n’allait pas de pair avec ce qui était désiré. Ce fut un assortiment complet afin de détruire sa réputation et cela devint très terrifiant pour lui.

En y réfléchissant pendant des jours, il donna son accord en vertu de cette contrainte et ils furent aussitôt partenaires à part entière de son entreprise; il ressentit une grande panique à la pensée de voir les autorités informées et qu’il leur soit révélé qu’il était complètement à la merci de criminels. Imaginant ce qu’ils feraient à sa famille, il recula complètement de cette idée. Il savait à ce moment-là; avant même de commencer ce partenariat d’affaires qu’il était perdant. Il était impossible pour lui de se retirer d’eux.


Avec le nouvel accord, il vira ses cadres à la direction qui lui étaient des plus fidèles depuis la conception de sa compagnie. Ils furent tous remplacés par des membres de la famille de la mafia qui prenaient dorénavant soin de l’entreprise aussi efficacement, comme on lui avait souligné, que leurs prédécesseurs. Il n’avait jamais critiqué ses employés. Ils étaient irréprochables. Il n’y avait aucun doute qu’il avait embauché les gens les plus qualifiés pour que Dream Investments devienne un succès en si peu de temps.


Les raisons pour lesquelles il les congédia tous furent inventées sur des raisonnements superficiels et lorsqu’il fut plusieurs fois mis au défi de soumettre les preuves de ce qu’il les accusait de faire, ils ne gagnèrent pas.


Ce qui avait joué en sa faveur, tout en se tirant de ses employés, fut lorsque le marché était imprévisible et volatil depuis les derniers mois. Cela supporta sa décision d’effectuer des changements des plus drastiques s’il ne voulait pas voir les actions de la société chuter.


Alors qu’il savait que ce qu’il avait imposé à son personnel était manifestement fictif et sans fondement et en train de détruire tout ce qu’il avait lui-même fondé; son désir de survivre surpassa son intégrité. Alfonzo allait bientôt devenir un homme méconnaissable comme il accepta finalement de rencontrer le patron de la mafia.


Ses employés soupçonnaient que quelque chose de louche se passait, mais quand ils le confrontèrent sur le fait de ce qu’ils ressentaient si fortement, Alfonzo réussit toujours à le nier.


Chapitre 6


Une rencontre avec le chef de la mafia


Tout ce qu’Alfonzo savait de la mafia provenait des films du God Father et quelques autres séries télévisées telles que les Sopranos. Alors que Montréal était le deuxième berceau de la mafia sicilienne dans le monde, il ignora tout à propos de l’impact direct qu’elle avait dans le quartier de la petite Italie dans laquelle il avait grandi.


Rien n’avait jamais traversé son esprit que ses parents pussent être leur cible ou que ça pouvait même être le cas. Alfonzo n’avait jamais observé ou entendu quelque chose qui aurait pu créer des soupçons.


La raison était très simple; la base d’exploitation de la mafia dans la ville était faite de façon très subtile et elle s’est toujours tenue dans l’ombre du mieux qu’elle pouvait. Il n’y avait aucune intention d’exposer quoi que ce soit à leur sujet relié à leurs diverses activités. Que ce soit pour les drogues, la prostitution, les contrats de construction, les pots de vin pour acheter diverses sociétés et chefs de divers syndicats, le blanchiment d’argent qui se produisait au quotidien dans les casinos. Si ses parents étaient victimes de la mafia, ils ne lui ont jamais révélé cette possible affiliation.


Leur méthode d’approche des clients potentiels, était agressive, mais sympathique, ils « marketaient » leur travail comme étant des vendeurs de porte-à-porte à la recherche de petites et grandes entreprises. Pour une petite contribution mensuelle du pourcentage de leur profit net, on les protégerait. Le degré de persuasion était tel qu’ils ne pouvaient pas les combattre puisqu’en le faisant, ils seraient rapidement convaincus de se soumettre à leur chantage. S’échapper d’eux se traduisait en désolation et violences qui suivirent; telles que des cocktails Molotov explosant bientôt à l’extérieur ou à l’intérieur de leurs commerces ou un chantage constant menaçant de voir des membres de leur famille disparaître.


Au cours de l’une de ses dernières vacances, où il avait amarré son yacht près de la plage Cala Mosche au coucher du soleil, Alfonzo patienta pour le message du boss de la mafia des détails de la réunion. Il les reçut et trouva un nouveau plan d’affaires structurelles qu’ils avaient en tête pour la compagnie de Dream Investments nouvellement rebaptisée.


Alfonzo s’envola dans un avion privé de l’aéroport de Catane à Aeroporto Vincenzo Florio où une Rolls Royce l’attendait près du tarmac où il devait atterrir. Il fut conduit à Marsala, une ville italienne située dans la province de Trapani dans la partie ouest de la Sicile. Après un court trajet en campagne, la voiture s’immobilisa devant une haute barrière métallique où le conducteur se présenta à la sécurité avec son invité.


Comme la barrière ouvrit, la Rolls Royce se dirigea jusqu’à une allée en une demi-lune devant une immense villa. Un homme, une femme et trois enfants se tenaient à l’entrée de la maison, évidemment en attente pour lui. C’était la famille Di Salvo.


Tout autour d’eux, il y avait plusieurs hommes lourdement armés qui assez étonnamment ne semblaient pas intimider sa conjointe ou ses enfants qui le regardaient comme il sortit de la voiture. Alfonzo réalisait tout en les observant comme si ces hommes armés faisaient simplement partie du décor habituel. Alfonzo ne pouvait pas expliquer ce qu’il voyait de toute autre manière.


Bienvenue à ma villa de campagne, Alfonzo! L’homme se dirigea vers lui et ils se serrèrent la main. La prise en main de l’homme était très ferme. Je suis Paolo, dit-il. Voici ma conjointe, Marcella et mes trois enfants, Paolo junior, Mario et Manuela. Allez les enfants! Allez jouer, s’il vous plaît suivez-moi, ce sera mieux à l’intérieur, l’humidité est vraiment trop élevée aujourd’hui pour profiter du plein air. Les enfants ne tardèrent pas à réagir et disparurent dans la maison. Sa femme avait l’air d’un type très réservé envers laquelle Alfonzo sentit qu’elle avait fait un énorme effort pour produire un sourire. Alors qu’elle lui serra la main, elle le fit de façon très faible, ce n’était pas vraiment authentique. Sa main était si molle, qu’il ressentit ce contact comme si elle n’avait pas d’os.


C’est alors que Paolo invita Alfonzo à entrer dans sa maison et signala au conducteur de quitter l’entrée puisque ses services ne seraient pas nécessaires pour quelques heures. Le chauffeur réagit aussitôt, le salua et conduit la voiture sur une route étroite à côté de la villa.


Ce n’était pas une résidence ordinaire d’été, Alfonzo se dit juste en regardant tout autour de lui. L’endroit extérieur était entouré de vignobles, un paysage magnifique donnant sur l’océan.


Il y avait une piscine avec un solarium et des chaises longues, avec une vue sur les vignes et une grande véranda qui cédait la place à un jardin de fleurs. Tout était impeccablement bien entretenu.


Comme il entra au rez-de-chaussée, il estima avoir pénétré dans un château conçu avec le style d’architecture méditerranéenne. Marcella s’excusa bientôt pour laisser les deux hommes seuls.


Venez avec moi, Alfonzo. Nous serons plus à l’aise de converser dans mon salon de cigares.


Avec les accents de pierre, un parquet de marbre et le plâtre vénitien sur les murs et le plafond, la pièce illustrait une classe d’élite des plus particulières. Les fauteuils en cuir et les murs texturés faisaient de cet espace contemporain d’une ressemblance très remarquable d’un salon de cigares du vieux temps, appartenant à des clubs très sélectifs de gentlemen. Alfonzo devint de plus en plus négativement impressionné par ce manoir luxueux comme il fut conscient de l’énorme quantité d’argent sale que cela dut nécessiter pour le construire.


Voulez-vous prendre un verre? Comme il fit un geste vers un immense bar avec une étonnante variété de vins, liqueurs, bières, vodkas, gins, whiskies, rhums, cognacs, etc. L’endroit avait un choix plus varié de spiritueux que tous les bars qu’il avait fréquentés.

Ce sera un bourbon, s’il vous plaît.


Paolo Di Salvo avait une caractéristique au visage très particulière; une ligne entaillée juste sous son œil gauche. Alfonzo fut frappé par le regard de cet homme. Il tenta de son mieux pour se retenir d’imaginer le genre de contrainte dans laquelle il s’était soumis pour avoir hérité d’une telle blessure maintenant cicatrisée. Ce ne fut certainement pas une tache de naissance.

Paolo prit avec beaucoup d’élégance quelques cubes de glace et les plaça dans un verre de cristal à fond épais et versa le bourbon. Il lui remit un vieux Pappy Van Winkle Family Reserve des années 20.


S’il vous plaît, assoyez-vous. Je suis heureux que vous ayez accepté mon invitation. Je suis, depuis assez récemment, la tête de la famille comme mon oncle Alberto est malheureusement décédé d’une crise cardiaque. Il était un personnage très fidèle envers tous les membres de la famille et il va sans dire que j’ai toujours eu énormément de gratitude envers cet homme; ma vie n’aurait pas été aussi fortunée sans son intervention paternelle.


Alfonzo se sentait comme s’il était en train de fondre dans son fauteuil; il était très nerveux à l’idée que cet homme était sans aucune hésitation sur le point de détruire son entreprise.


Qu’est-ce que vous voulez exactement? Questionna Alfonzo qui avait quand même bon espoir qu’il pourrait, avec la grâce du ciel, sortir indemne de cette rencontre et de cette offre de fusion imposée.


Eh bien, nous en sommes tous venus à la conclusion que vous seriez en meilleure position de pouvoir avec notre aide et la combinaison de nos efforts pour vous garantir que vous resterez fort et que vous soyez la seule société multinationale reconnue; celle qui survivra toute autre entreprise similaire dans le monde.


Alfonzo pressait son verre dans sa main droite; il fulminait dans sa tête depuis ce qu’il venait d’entendre. Le cristal brisa en morceaux. Le bourbon se répandit sur le fauteuil en cuir. Alfonzo se leva et tira son mouchoir de sa poche et essuya la chaise du mieux qu’il put.


Ne vous souciez pas du dégât, insista Paolo. C’est juste un petit accident. Je vais demander à l’une de mes servantes pour faire le nettoyage.


Il appuya sur un bouton situé sous la moulure boisée du foyer de pierre et une servante accourut et apparut dans le salon à moins de 20 secondes et se mit immédiatement à nettoyer comme il lui indiqua le fauteuil. Elle nettoya tout rapidement utilisant un vaporisateur nettoyant et elle balaya le sol pour ensuite disparaître aussi vite qu’elle était apparue.


Dans sa tête, Alfonzo souhaitait se trouver à des milliers de miles de distance du parrain. À ce moment, il ne pouvait pas entièrement concevoir un moyen d’échapper à la situation. Il n’avait certainement pas de désir de voir ses parents devenir victimes de cette affaire jusqu’à ce qu’il se sente confiant pour s’en sortir sans danger. Il dut jouer la comédie selon ce que Paolo désirait.


Alfonzo fut par la suite invité à se rassoir avec un autre bourbon et écouter très attentivement ce que Paolo était sur le point de lui dire. Il voulait qu’il saisisse et réalise l’importance de ce qu’il devait savoir à propos de sa famille et qu’il devait respectueusement l’écouter.


Leur clan hiérarchique était composé de Paolo Di Salvo, le père de tous. Il était, en fait, assez surprenant de constater qu’il était du même âge d’Alfonzo. Il avait une famille, trois enfants et sa femme qui avaient été pendant plusieurs années une actrice italienne très populaire jusqu’à ce qu’elle épouse Paolo. Au début de cette rencontre, Alfonzo pensa qu’ils ressemblaient à une famille très ordinaire, mais plus la discussion évolua, plus il découvrit son côté très morbide, la face réelle du parrain-mafioso. Il comprenait maintenant l’expression du visage de sa conjointe. Elle était fort probablement terrifiée par cet homme.


Paolo lui décrit tout au sujet de l’entreprise familiale; leur hiérarchie, la cérémonie d’initiation à laquelle il allait bientôt participer. Il serait incessamment informé de tout ce qui se rapportait à l’étiquette au sein de son établissement, comme il l’appelait; la signification de ce qu’était l’Omertà, la loi du silence qui devait être respecté et que la peine pour sa transgression était la mort. Il lui décrit ensuite l’ensemble des relations clients qu’il avait dans son entreprise; dans laquelle il s’était personnellement impliqué, comment il protégeait ses territoires, en fonction du type d’activités actuelles de la mafia.


Il fit une pause pendant quelques secondes, le temps d’humecter sa bouche avec son bourbon.


Vous savez, Alfonzo, que vous êtes très fortuné de faire partie de la famille. Vous n’avez pas de rapport avec l’agence policière et vous avez de bonnes valeurs morales. C’est sûrement la raison pour laquelle tant de gens et hommes d’affaires ont été attirés envers vous. Vous êtes célibataire, cela n’est cependant pas très difficile à comprendre. Mais un jour, vous trouverez votre match et vous serez en mesure d’avoir votre propre famille où chacun de vos descendants sera fier de vos réalisations.


Il sera bien sûr nécessaire pour vous d’épouser une Sicilienne. Mais ce n’est pas la priorité en ce moment. Bien que ce soit très important, je veux prioriser notre rencontre sur l’établissement de notre façon de travailler. Vous constaterez que notre réseau est très sophistiqué et efficace. Beaucoup d’argent fut investi afin d’avoir un système de communication informatique inattaquable et très complexe; nos multiples serveurs qui, pour la plupart, fonctionnent sans fil et d’un « cloud computing » nous permettent d’accéder à l’information en utilisant tout dispositif compatible avec nos systèmes. Nous sommes capables de savoir ce qui se passe dans notre entreprise partout sur la planète en quelques minutes. Tout est bien sûr échangé en crypte ou en chiffre texte qui rend toute communication impossible d’être craquée par des individus dont nous ne souhaitons pas la participation dans nos affaires.


Pressant sur un bouton, un écran de télévision apparut après que deux tableaux d’œuvres d’art glissèrent de chaque côté. Paolo lui présenta tout l’état des transactions financières de ses entreprises connectées en réseau à travers le monde.


Des graphiques bougeaient, montaient et descendaient par catégories telles que : l’identification monétaire de chaque pays, leurs collections brutes individuelles, internationales et chaque type de leurs transactions. Sa façon de diriger ses affaires était très impressionnante. Paolo lui donna plus de détails comme il pressa un autre bouton qui lui montrait la richesse de son empire; des opérations réussies que son oncle avait structurées et construites juste avant sa mort.


Toute l’entreprise était des plus élaborées; elle se composait de plusieurs investisseurs très actifs dans le domaine et l’argent affluait de partout. Paolo opérait en toute sécurité sous un pavillon de bonne volonté et toute la famille se partageait leur actif sous plusieurs pseudonymes aux fins de couverture.


Leur contrôle sur les contrats de construction, à la fois publics et privés donnèrent lieu à des milliards de revenu et à l’écrasement de leurs concurrents. Bien qu’il y ait toujours eu de la violence et du vandalisme, ils voulaient utiliser ce moyen, pourvu que ce fût « nécessairement » en dernier recours.


La même base d’exploitation était également en place pour le prêt usuraire. Leurs taux d’intérêt étaient phénoménaux; pour que quelqu’un puisse leur faire face, il se devait d’avoir des nerfs solides tout en étant absolument désespéré pour emprunter d’eux.


Assurément qu’il y eut des victimes en cours de route; inévitablement en raison de leur dernier recours dans certaines circonstances. Leur sale travail avait été exécuté par l’échelon le plus bas de connexions qui n’ont jamais été informées pour qui ils travaillaient exactement. Ils étaient principalement des tueurs professionnels et des tireurs d’élite. Paolo ou toute personne appartenant à son réseau n’employaient jamais les habitants de la même ville là où ils devaient régler des comptes. Ils étaient plutôt des vacanciers qui venaient pour une visite, se prélasser dans des hôtels luxueux; de profiter du beau temps et des plages jusqu’à ce que le moment arrive afin d’accomplir parfaitement de but de leur mission.


Ils pouvaient être la grand-mère improbable ou le grand-père qui se trouvait être des ex-détenus prêts à tout risquer pour une récompense rapide et très lucrative. Le choix des individus et leur âge dépendaient du type de ciblage. Ils étaient toujours contactés par un tiers. C’était, il va sans dire, une opération coûteuse, mais très bien réalisée.

Alfonso soupçonna fortement qu’ils avaient une très mauvaise réputation pour la violence, mais Paolo insista sur le fait pour que ce fût chose du passé et qu’ils utilisaient maintenant une approche plus souple dans leurs relations. Ils avaient comme habitude de se débarrasser des personnes, mais comme ils avaient pris le pouvoir de plusieurs filiales clandestines de la traite, la nécessité d’exterminer les gens crus menaçants avait à peu près disparu puisque ces individus rejoignirent leurs rangs. Plusieurs d’entre eux succombèrent aux intimidations, étant terrifiés à la pensée de faire face à tout le monde de la « famille » et les moyens qu’ils emploieraient pour faire prévaloir leur point de vue. Leur réputation redoutable avait gagné en force grâce à leur abus verbal très convaincant; ce qui créa les effets recherchés.


Après plusieurs heures de discussion et d’accord, Alfonzo avait finalisé les règles selon lesquelles sa compagnie serait désormais exploitée et était prêt à quitter la villa; il obtint 10 milliards de dollars américains qui lui seraient câblés et déposés dans son compte bancaire dès le lendemain. Une entente commerciale fut conclue.


Alfonzo demeurerait en théorie en tête de la direction et président de la société, rien « ne changerait jamais » à ce sujet, mais la puissance et la distribution « d’énergie » seraient originaires d’une autre source. Il restait celui qui devait faire rapport au boss et être responsable de toutes les opérations financières, les achats, etc.


Une fois qu’il gagnerait l’approbation du boss, il serait libre d’exécuter ses affaires comme il le souhaitait. Elles furent les conditions les plus importantes à accepter aux yeux de Paolo Di Salvo.


Chapitre 7


Martina Di Salvo


Depuis leur association avec le boss de la mafia sicilienne et sa main-d’œuvre, les actions de Dream Investissements grimpèrent à de nouveaux sommets. Avec cette étrange alliance, il ne fallut pas très longtemps pour Alfonzo à observer l’écrasement des groupes d’investissement compétitifs; de les voir prendre des plongées ahurissantes.

Ils écrasèrent impitoyablement toute autre concurrence d’entreprises similaires; la réduction du nombre de concurrents atteignit un niveau jamais vu historiquement.


Certaines des firmes attaquées n’étaient pas sur le point d’abandonner et, en dernier recours, elles embauchèrent des enquêteurs privés. Leur spécialité les aiderait à identifier les sources originales de leurs attaques en suivant les schémas de tendance financiers qui faisaient basculer les investisseurs et qui provoquaient les engrenages et transferts de leurs fortunes chez Dream Investments. La direction de ces investissements était trop évidente pour être ignorée. Mais ce qui était un plus important défi était de savoir ce qui avait créé de tels ravages envers eux dans un si court laps de temps. Ils espéraient que ces gestes de vengeance viennent bientôt hanter Alfonzo.


Tout en souffrant de cette douleur imposée, ils essayèrent de ramper hors du chaos à la vitesse d’un escargot ou de finalement s’humilier et se contraindre de déclarer faillite.


La vie était bonne pour Alfonzo et tout le monde chez Dream Investments. Il mit rapidement de côté ses craintes qu’il aille en enfer comme il se rendit compte que son statut de célébrité avait atteint un nouveau sommet de gloire et de fascination. Il était le financier supérieur, le magnat régnant sur le marché international.


Pour commémorer leur première année de succès, l’emplacement pour la célébration avait été choisi dans la ville de Syracuse à un club privé 5 étoiles où la vue sur la Méditerranée était à couper le souffle. Seuls les investisseurs d’élite et de nouveaux riches investisseurs furent invités à célébrer les réalisations de l’entreprise.


C’est durant ces festivités qu’Alfonzo rencontra l’amour de sa vie. Son nom était Martina. Une femme qu’il trouva très impressionnante, non seulement physiquement, mais aussi par la façon dont elle regardait les hommes de sorte qu’elle défiait leur audace de croire que les femmes étaient inférieures aux hommes.


Elle était grande et avait l’aspect et la présence d’Uma Thurman, cette actrice américaine qui avait joué un rôle de premier plan dans une variété de films; allant de comédies romantiques et des drames à la science-fiction et action.


Paolo faisait son tour parmi les invités pour les saluer, il était accompagné d’une femme qu’Alfonzo n’avait jamais rencontrée auparavant. C’est alors que Paolo introduit sa belle cousine à Alfonzo suivant leur dîner gastronomique.


Ma cousine, Martina, Martina, je te présente Alfonzo, notre partenaire d’affaires.


Alfonzo se leva tout de suite, impressionné par cette étonnante beauté blonde.


Elle portait une robe Dolce & Gabbana blanche, montrant ses courbes avec aisance étant corsetée.


Cupidon, le fils de la déesse de l’amour cibla le cœur d’Alfonzo!


Ravi de vous rencontrer Martina, s’il vous plaît, accompagnez-moi au bar, je voudrais vous offrir un verre. Alfonzo avait tous ses yeux uniquement sur elle. Ne pouvait pas s’imaginer comment s’éloigner d’elle. Son instinct de mâle alpha prit le dessus et il dut trouver un moyen pour la charmer et la séduire.


Paolo s’excusa de sa présence, convaincu que le contact fut favorablement établi, espérant que sa cousine devienne amoureuse de son nouveau partenaire d’affaires. Il était important que tout, y compris les liens créés, demeure forcément au sein de la famille.


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