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Comprendre l’amaxophobie




Par Karol Pignon

Auteur de mon permis de conduire : quelle aventure !!!



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Comprendre l’amaxophobie


All Rights Reserved

Tous droits réservés


ISBN: 978-2-9560005-7-0 (EPUB)

ISBN : 978-2-9560005-8-7 (MOBI)

ISBN: 978-2-9560005-9-4 (PDF)


Copyright© 2017 Karol Pignon

Smashwords Édition


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Présentation



Lorsque j’ai écrit « Mon permis de conduire : quelle aventure !!! », je voulais parler de mon rapport à la conduite de la mauvaise gestion du stress qui a empoisonné ma formation. J’espérais que mon expérience pouvait aider d’autres personnes qui avaient également du mal à gérer le stress.


Quelques temps après la parution de mon livre, Je découvre au hasard d’une recherche sur Internet que le problème de stress dont je parlais avait une appellation scientifique connue sous le nom d’amaxophobie…. Oui, vous avez bien lu : AMAXOPHOBIE.


Certains en savent surement plus. Mais pour les autres vous tombez peut-être des nues comme moi lorsque j’ai fait cette découverte.


Je vous invite donc à aller à la découverte de l’amaxophobie, une phobie diagnostiquée il y a quelques décennies qui nuit non seulement au succès de nombreux candidats à l’obtention du permis de conduire, mais qui empoisonne aussi la vie au quotidien.





Présentation

Table des matières

1- Qu’est-ce que l’amaxophobie ?

2- Les causes, les symptômes et les conséquences

3- Quelques témoignages

- Kashaé

- Laurie

- Mme Danseuse

- Georges et Sébastien

4- Les solutions

- Les solutions scientifiques

- Travail avec les moniteurs

- Autres solutions

Liens utiles

Bibliographie

Crédits




1- Qu’est-ce que l’amaxophobie ?



Pour commencer notre étude, nous allons tout d’abord définir l’amaxophobie.

Du grec amaxa qui signifie chariot(ou voiture pour notre époque), et phobos qui signifie peur, effroi, frayeur. l’amaxophobie est la crainte des voitures.


Il est utile de rappeler ou préciser au passage que la phobie est une crainte angoissante et injustifiée d'une situation, d'un objet ou de l'accomplissement d'une action. Définition Larousse.


Voici comment le magazine Psychologies définit et explique la phobie :

Sont atteintes de phobie les personnes, enfants ou adultes qui, dans une situation donnée, ou en présence d'un élément spécifique, ne présentant pas de danger immédiat, sont saisies d'un effroi qu'elles savent déraisonnable mais ne peuvent contrôler. Ces phobies sont légion : peur panique de certains animaux, des armes à feu, des cavernes, de l'avion, etc.. Généralement, elles ne gênent que modérément et souvent disparaissent avec le temps. Elles s'avèrent plus perturbantes lorsqu'elles sont décuplées par l'angoisse de rencontrer l'objet de sa peur et le souci de dissimuler celle-ci. Elles déclenchent des stratégies compliquées d'évitement et influent sur la vie sociale comme l'agoraphobie, peur des lieux publics, ou la claustrophobie, peur des lieux clos.


À partir de ces deux explications précises, nous pouvons donc dire que l’amaxophobie est une peur irrationnelle de la conduite.


Cela pourrait faire rire certains et on note souvent du sarcasme dans la réaction d’autres personnes lorsqu’on leur parle de ce mal. Mais l’amaxophobie touche bien plus de personnes que l’on pourrait l’imaginer. Et ce quelque soit la couche sociale ou le niveau intellectuel.


Le site Internet Doctissimo fait une petite liste de personnalités amaxophobes : L’animateur de télévision Thierry Ardisson (qui pourtant possède plusieurs voitures de collection), la chanteuse Barbra Streisand (qui n’a plus conduit depuis les années 80), le batteur des Rolling Stones Charlie Watts (qui préfère le cheval !), le chanteur Robbie Williams (qui aime pourtant les courses automobile). http://www.doctissimo.fr/psychologie/phobies/peur-de-conduire-amaxophobie


C’est bien la preuve que toute personne, homme ou femme, quelque soit son milieu peut être touché par ce mal. Et il y a des millions d’amaxophobes qui s’ignorent.


En 2012, le National Health Services , le ministère de la santé britannique a présenté la liste des 10 phobies les plus courantes selon une enquête de Anxiety UK . L’amaxophobie y tient la 5e place, et la claustrophobie est à la 10e place. Cela donne un aperçu de la présence de l’amaxophobie au sein de la société. Pour l’instant, les autorités françaises n’ont pas encore fait d’études de cas à ce sujet. Source :Spychomedia


Mais plus récemment en 2014, selon les statistiques de l’Association Axa Prévention, 23 % des personnes ayant obtenu leur permis de conduire renoncent à conduire à cause de l’appréhension. Source : Hellocoton


Pour certains spécialistes médicaux, ce trouble relèverait de la psychiatrie, d’autres de la psychopathologie, de la névrose,…

Pour l’homme de la rue, la peur du volant ou amaxophobie serait tout simplement du stress incontrôlé.





2- Les causes, les symptômes et les conséquences



A- Les causes


Les causes de l'amaxophobie varient d'une personne à l'autre, selon le passé des personnes concernées. Mais il a toute fois été remarqué que cette phobie touche plus de femmes que d'hommes.


La majorité des personnes touchées par l'amaxophobie a déjà eu une expérience au volant. L'expérience ayant été traumatisante, il est hors de questions de monter à nouveau dans une voiture. Cela peut virer à la crise de panique.

Certaines personnes ont été témoins d'un accident ou en ont été victimes. L'exercice de la conduite devient pour elles synonyme d'accident.


Toujours lié à un accident, c’est l’idée d’être responsable de la vie des autres durant la conduite qui fait peur, ce qui a pour conséquence un sentiment de culpabilité si jamais un accident survient. Les caractéristiques de l’amaxophobie pour cette dernière catégorie peuvent se traduire aussi par un manque de maturité. C’est donc l’habitude d’avoir toujours été conduit qui domine et ils ont du mal à se détacher de cette habitude. Confidentielles

Il y a également des cas de personnes qui n'ont jamais eu de contact avec un véhicule mais qui en ont une peur bleue. Heureusement ces exemples sont rares.


Les traumatismes d'enfance sont aussi un frein à la conduite. Par exemple, une personne qui a été enfermée dans un petit espace dans le noir, peut avoir peur de conduire dans un tunnel. De nombreux témoignages sur internet le prouvent.


La peur de rater les examens du code de la route et du permis de conduire engendre une peur irrationnelle de conduire.

Nous pouvons également ajouter le spectre d'échecs dans le passé comme déclencheur de la peur de passer l'examen du permis.


Certains moniteurs d'auto école distillent sans le vouloir la peur de la conduite chez les élèves. Il suffit d'une série de phrases négatives pour que l'élève voit la conduite comme un monstre à fuir.


"De plus, l’amaxophobie peut trouver son origine tout simplement dans le fait de regarder la télévision à travers certains films et séries télévisées où l’on peut voir de manière très réaliste des accidents spectaculaires et des personnes tuées, du sang…
On retrouve bien souvent dans les émotions liées à l’amaxophobie
le manque de confiance en soi, car il faut se mettre aux commandes d’un véhicule qui peut s’avérer être fortement dangereux aussi bien pour soi que pour les autres, mais aussi que l’on doit faire confiance aux autres conducteurs". Tom Vermeersch, psychologue.



B- Les symptômes


Les symptômes sont nombreux :

- Boule au ventre à l’idée de reprendre le volant même si l’on n’a pas eu d’accident au préalable. http://www.psychotherapeute-paris.info/blog/articles/amaxophobie-ou-peur-de-prendre-le-volant

- Transpiration anormale comme si la personne était dans une pièce de sauna. Certaines se retrouvent même avec tous leurs vêtements entièrement mouillés comme si elles avaient reçu un saut d'eau. Mains moites.

- Tremblements intempestifs des pieds, des mains, et parfois du corps entier.

- Sensation de dédoublement de la personne

- Peur constante d'un accident

- Palpitations et nausées

- Rétrécissement du champ de vision

- Manque de confiance en soi

- Perturbation du cycle menstruel chez certaines femmes

- Bouffées de chaleur

- Bouche sèche et collante

- Et bien d'autres


Chaque amaxophobe a une réaction bien spécifique et la très grande impression de ne pas être compris par son entourage. Ce qui est d'ailleurs vrai dans la majorité des cas. Les proches peuvent parfois ridiculiser l'amaxophobe, ne pas prendre au sérieux sa souffrance. Résultat la personne se renferme et traverse seule le désert.


On pourrait alors penser que cette pathologie n'a pas d'incidence sur la vie courante. Mais la réalité est bien différente pour certaines personnes.



C- Les conséquences


L'amaxophobie peut être un obstacle à l'emploi

En effet, de plus en plus de sociétés demandent des employés avec un permis de conduire et conduisant régulièrement. Si jamais un demandeur d'emploi n'a pas pu passer son permis à cause de ce mal, il aura des difficultés à trouver du travail dans certains secteurs. Parfois le demandeur a son permis de conduire, mais n'arrive pas à conduire. Le résultat est le même : pas de travail.


L'amaxophobie peut diminuer la qualité de vie

Quand bien même une personne trouve un travail, parfois la distance entre son domicile et le lieu de travail est relatif au temps de trajet entre les deux. Certaines personnes peuvent perdre 1h30 ou plus dans les transports pour se rendre au travail alors que si elles s'y rendaient en voiture, le temps de trajet serait parfois raccourci à 30 mins. Donc on se lève bien plus tôt chaque matin et on rentre bien plus tard. Résultat : les victimes de l'amaxophobie sont fatiguées et ne peuvent pas profiter d'un temps spécial avec leur famille ou à faire ce qu'elles veulent.


Il n'est pas question ici de dire que les personnes conduisant une voiture voient la vie en rose. Loin de là, elles ont les maux qui vont avec comme parfois les embouteillages, les accidents sur la route, mais la contrepartie vaut la peine.


Prenons un autre exemple de la vie quotidienne comme acheter des packs d'eau. Ce n'est vraiment pas aisé de prendre les transports avec ses packs d'eau à porter. Il est plus facile pour une personne conduisant une voiture de faire ses courses sans transpirer. On va au supermarché, on se sert d'un caddie, et hop tout est dans le coffre de la voiture. C'est tellement plus agréable et reposant.


L'amaxophobie rend dépendant des autres

Ne pas pouvoir conduire est un puissant frein à la liberté de mouvements. Une personne qui ne conduit pas, devra toujours dépendre de la bonne volonté de son entourage pour l'accompagner chez le médecin, pour un déplacement en urgence à des heures où les transports en commun sont quasi nuls, pour faire quelques achats comme cités plus haut, la liste peut être longue.


Ce sont là quelques exemples des conséquences de cette phobie. Elles ne sont pas très handicapantes pour certaines personnes, mais pour d'autres, l'amaxophobie peut grandement noircir le quotidien. Et pour une dernière catégorie de personnes, la vie vire presqu'au cauchemar.




3- Quelques témoignages


Pour illustrer toutes les explications données précédemment, voici quelques témoignages de personnes souffrant d'amaxophobie


1/ Kashaé


Kashaé souffre d'amaxophobie et a créé un blog pour parler de sa douloureuse expérience : http://gotracetaroute.canalblog.com Voici son témoignage :


Déjà, le concret, je fais partie des personnes ayant leur permis de conduire, mais ne conduisant pas, ou plus. Je l'ai passé tard, ce permis, avec beaucoup de mal. Je l'ai obtenu au bout de la 6ème tentative, et un gros essorage du compte en banque, car je stressais beaucoup lors des examens. Pourtant, en leçon de conduite, ça allait à peu près. Donc ça fait environ deux ans que je suis titulaire du papier rose. Mais je me sers plus souvent de celui qui est dans mes WC on va dire... 


Une fois le permis en poche, j'ai été tout de suite incapable de prendre la voiture, me retrouvant submergée par les mêmes symptômes que lors de l'examen du permis de conduire. Voilà ce qui m'arrive quand je conduis, parfois certains symptômes, parfois tout en même temps (et là c'est horrible).

 

Mes symptômes : 

- Bouffées de chaleur, mon visage me brûle et je deviens très rouge. Un peu comme si j'avais avalé d'une traite du Tabasco.


- Transpiration, je peux tremper mon pull sous les aisselles en moins de deux, et jusqu'au ventre. C'est impressionnant, les chutes du Niagara sous les bras. Mes mains aussi ruissellent, donc ça glisse un peu sur le volant j'avoue.


- Tremblements. Sans stupeur. Surtout les jambes qui parfois sautent carrément sur les pédales. Les mains aussi, un gros tremblement, vraiment, et plus j'insiste, plus il insiste, c'est comme si on jouait à qui aura le dessus sur l'autre, et aucun ne lâche l'affaire. 


- Rétrécissement du champ de vision. Oui, comme si j'avais des œillères. Dur à expliquer, mais du coup je n'arrive pas à vraiment avoir une vue d'ensemble sur l'environnement. Techniquement je vois normalement, mais pas vraiment, c'est un peu dur à expliquer, comme si mes yeux n'étaient plus mobiles. 


- Sentiment d'irréalité. Quand j'ai ça, c'est l'alerte rouge. C'est à dire que j'ai l'impression que mon corps agit à ma place. Que je ne sais plus rien, comment m'arrêter, comment rétrograder, comment passer une vitesse, tout devient flou, le baromètre de la panique explose. J'ai envie de ne plus être là, jamais, que tout s'arrête. Honnêtement je préfère encore me faire ré-opérer des dents de sagesse, et vu la boucherie que c'était, y'avait rien de cool là dedans.


S'ensuit, après ces ressentiments négatifs, quand je rentre chez moi, souvent une crise de larmes, une impression de grand froid qui me fait claquer des dents, et un sentiment à la fois d'impuissance et de nullité profonde. Souvent, je fais des cauchemars la nuit, avec des voitures qui ne roulent pas bien, que je ne peux pas contrôler, avec un volant d'un mètre ou alors 15 vitesses. 


Ca fait deux ans que j'essaie de m'en sortir, avec de longues périodes de baissage de bras total pouvant aller jusqu'à plusieurs mois. Le peu que je conduis, je ne suis pas seule, parce que je ne veux pas, et aussi parce que ce n'est pas ma voiture. Je n'en ai pas et ne peux m'en acheter une pour le moment. Oui je ne suis pas très riche.

 

Voilà qui est très résumé, et je suis profondément malheureuse de ça. Cet état me dérange, je ne peux pas avoir une vie normale. Professionnellement, je travaille à mon domicile. Sinon, c'est mon ami qui m'emmène partout, le moindre déplacement, ce qui est une contrainte pour lui autant que pour moi. Je me sens dépendante, et prisonnière. 


Note : Le témoignage de Kashaé date de 2014,la situation a légèrement évolué depuis. Pour en savoir plus



2/ Laurie


Depuis toujours, la voiture me fait peur. Je vous laisse imaginer le stress à l'idée de devoir un jour conduire une voiture. C'est plus fort que moi, en voiture je suis obligée de penser au pire scénario, même en temps que simple passagère. Toujours le téléphone à la main (quand je suis passagère uniquement, au cas où) je suis toujours stressée, et j'attends avec impatience de pouvoir descendre de ce véhicule qui m'est tout simplement insupportable.


Malgré la peur et le stress, les angoisses et les crises qui vont avec, j'ai passé mon permis et j'ai réussi à l'avoir. Du premier coup. J'ai remarqué avec le temps, qu'accompagnée, j'étais capable de prendre exceptionnellement le volant. J'ai mon permis depuis un an, mais je suis incapable de conduire seule. Il me suffit d'y penser pour avoir mal au ventre et stresser. 


Mais POURQUOI ?

Oui, moi aussi je me suis posée la question. Et je ne sais toujours pas pourquoi... Peut être le fait d'avoir été témoin d'un accident lorsque j'étais petite, et ce pressentiment qui ne me lâche pas que de toute façon je vais mourir en voiture. Là non plus je ne sais pas pourquoi, surement juste dû à cette phobie qui me colle à la peau.


Mais finalement le plus dur dans tout cela, ce sont vos mots & réflexions, votre incompréhension. Vous ne comprenez pas mes maux, mes peurs. Pourtant c'est bien réel. C'est une phobie qui porte le joli nom d' "Amaxophobie". Il y a des réactions physiques à ça : sueurs, douleurs à la poitrine, palpitations (et c'est le cas juste en écrivant cet article et en m'imaginant au volant), nausées, jambes tremblantes,...


Pour vous, cela ne semble pas difficile, conduire c'est presque "normal". Pour moi, et pour d'autres, c'est une épreuve. Une peur panique qui ne s'explique pas (comme la plupart des phobies). C'est handicapant dans la vie de tous les jours, vous dépendez toujours des autres. C'est douloureux, on en souffre. Et vous, vous n'arrangez rien. La critique est plus facile que d'essayer de comprendre. Pourtant la souffrance est réelle, bien plus que vous ne l'imaginez.


Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas, je sais que des solutions existes (l'hypnose notamment) mais je sais aussi que jamais vous ne comprendrez. Le blog de Laurie



3/ Mme Danseuse


J’ai très envie de te parler de ma pire phobie, la plus handicapante que j’ai : la peur de conduire, appelée amaxophobie.


Je ne sais pas quand ça a commencé, mais j’ai toujours eu très peur de conduire. J’adore être passagère, mais depuis toute petite je n’ai jamais cherché à savoir comment les voitures fonctionnaient et je n’ai jamais demandé à passer des vitesses pour jouer à la grande !

Quand j’ai eu 16 ans, mes parents m’ont proposé de m’inscrire à l’auto-école pour passer mon code et faire de la conduite accompagnée, comme mon frère trois ans avant moi. J’ai refusé de suite, je voulais remettre à plus tard ce qui me faisait peur. Quand j’ai eu 18 ans mes parents m’ont à nouveau relancée sur le sujet, pour que j’aille faire le tour des auto-écoles. Bien entendu, j’ai refusé.


Puis je suis allée en école d’ingénieurs, et je me suis rendue compte qu’il était difficile de trouver un stage dans le secteur du BTP sans avoir de permis… En plus, la profession qui m’attendait à la fin de mes études s’appelant « conducteur de travaux », c’était un peu la loose d’être un conducteur sans permis !


Je me suis donc inscrite, la mort dans l’âme, dans une auto-école et j’ai commencé les cours de conduite. Le début a été catastrophique, je n’arrivais même pas à gérer correctement le volant au bout de huit heures de conduite. C’est là que je me suis rendue compte que j’avais peur ET que je n’étais pas douée. Enfin, plutôt que le stress me paralysait et que j’avais la capacité intellectuelle d’une huître quand j’étais au volant !


Après environ soixante heures de conduite sur deux ans, coupées par une pause de huit mois car j’étais partie faire mon stage de fin d’année en Suisse (vive Zürich et ses transports en commun hyper bien pensés !), j’ai enfin eu mon permis, au bout du troisième essai. Pas trop mal comme résultat, pour une sous-douée du volant, tu dois penser ! En fait, j’ai eu pas mal de chance : je l’ai passé en août, quand toute la ville était partie en vacances. Niveau circulation et conditions climatiques c’était difficile de faire mieux ! De plus, en manœuvre on m’a demandé… TADAM… roulements de tambour… une marche arrière le long d’un trottoir, sans pente !


Donc voilà, j’ai eu mon permis. Je me sentais soulagée, libérée d’une charge. Un mois plus tard, toute jeune mariée, je commençais mon premier emploi. Mais je n’aurais pas écrit cet article si tout s’était fini à ce stade !

Depuis l’obtention du permis, je n’avais pas pris la voiture une seule fois ! Peur d’abîmer les voitures de mes parents, bien trop grandes par rapport à la gentille Clio 4 de l’auto-école, peur de conduire seule… j’avais toujours une bonne raison de ne pas conduire !


Pendant la période auto-école, j’étais très concentrée sur le fait d’obtenir mon permis, mais jamais je n’avais pensé à « l’après permis ». Quand, lors de mon premier jour de travail, on m’a donné les clés de ma voiture de fonction, j’ai eu envie de vomir. C’était une voiture temporaire, en attendant la fin de ma période d’essai, et ce n’était pas une petite Twingo comme je l’avais imaginé : c’était un Crossover de Nissan qui avait l’air croisé avec un éléphant ! Enfin bref, un truc très grand qui me terrorisait. J’ai pris le combo train + bus tous les jours en ignorant royalement le tank qui m’attendait au sous-sol.


Deux mois après mon arrivée, un collègue m’a fait remarquer qu’il fallait que je sorte un peu ma voiture, sinon la batterie allait se décharger. Sa remarque m’a fait peur alors un soir, j’ai décidé de partir du travail en voiture. Inutile de te dire que je n’avais quasi rien mangé de la journée tellement j’étais stressée ! Quant à mon premier trajet, eh bien, ça a été une catastrophe !


Les vitesses du tank ne se situaient pas tout à fait comme sur la Clio de mon auto-école, ce qui fait que, de peur de passer la marche arrière, je ne poussais pas assez la première et démarrais en troisième… Enfin, je calais en troisième ! Là, tu dois te dire : la fille est vraiment débile, elle a dû s’en rendre compte et rectifier le tir. Eh non ! Comme j’ai écrit plus haut, dans ces moments je suis tellement stressée que je ne réfléchis plus, mais alors plus du tout !


J’ai fini par m’arrêter sur une bande d’arrêt d’urgence, complètement paniquée parce que mon embrayage avait plus ou moins fondu… Mon premier trajet seule s’est donc terminé chez une société de dépannage avec une voiture foutue.


J’ai de nouveau arrêté de conduire jusqu’à ce que je récupère ma voiture définitive. C’est une voiture que j’ai choisie, et je me sentais déjà mentalement plus à l’aise avec. De plus, j’ai avoué ma peur de la conduite à tout le monde au bureau, et étant donné que je travaille en binôme la plupart du temps, je n’ai pas besoin de conduire. Je n’avais donc pas de pression avec cette voiture.

J’ai commencé à faire de petits trajets, en embarquant un collègue très compréhensif, qui me rassure et me fait un peu de la conduite accompagnée.


Cela fait trois mois que je me soumets à ce rituel, et je commence seulement à prendre confiance. J’ai toujours une bonne appréhension avant de prendre le volant, mais maintenant elle se dissipe une fois sortie du parking, ce qui me permet d’avoir un bon contrôle sur ce que je fais. Je pense qu’il va me falloir un peu de temps avant que je ne me mette à faire des créneaux, ou même avant que je décide de faire des trajets de plus de quinze minutes, mais je pense être sur la bonne voie (sans jeu de mot !).


J’envoie tous mes encouragements à toutes celles et ceux qui ont galéré pour le permis, comme pour la conduite après le permis ! J’ai vraiment l’impression d’être la dernière des andouilles quand je raconte mes déboires avec la conduite, alors que j’ai mon diplôme d’ingénieur, un très bon emploi et que je parle allemand tous les jours au boulot ! Oui je me lance un peu de fleurs, mais je viens de te confier des trucs très délicats me concernant.Lien Mme Danseuse



4/ Georges et Sébastien

Pour Georges : Passer le permis, c’est retourner à l’école. Et franchement, je n’ai plus l’âge.

Quant à Sébastien : J’ai du mal avec l’idée d’être responsable de la vie de mes passagers.


Extraits du site http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Je-refuse-d-apprendre-a-conduire


Ces témoignages sont des exemples parmi tant d'autres. Vous noterez la forte présence féminine.




4- Les solutions


Il existe plusieurs solutions pour lutter contre l'amaxophobie. Certaines sont scientifiques, d'autres naturelles,... Le succès de ces méthodes étant différent d'une personne à l'autre, il convient de trouver laquelle correspond à chaque sujet.



A- Les solutions scientifiques



1- La thérapie comportementale

Selon l'expertise de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale°) la thérapie comportementale et cognitive (TCC) est une technique de psychothérapie reconnue pour le traitement de nombreuses pathologies psychiatriques (phobies, troubles anxieux, troubles thymiques...).

Elle vise à enseigner au patient comment corriger ses pensées erronées, maîtriser ses symptômes, et gérer sa pathologie au quotidien. Idéalement, à l'issue du traitement, le patient devra être à même d'utiliser de façon autonome ces stratégies pour gérer l'évolution de sa pathologie.


Pour le Dr Alexandra Meert, les TCC se caractérisent par :

Une collaboration active entre le thérapeute et le patient. Le thérapeute prend une part active dans le travail, il écoute mais a également beaucoup de choses à vous apprendre. Le but avoué étant qu’en fin de thérapie, le patient connaisse son trouble aussi bien que le thérapeute et apprenne à le gérer par lui-même (autonomie du patient). Pour ce faire, le patient recevra le plus souvent quelques tâches à faire entre les séances.


Des objectifs concrets de changement. La thérapie vise à éliminer ou grandement améliorer ce qui vous fait souffrir actuellement. L’adage qui veut que lorsqu’un problème disparait, un autre se développe est bien sûr erroné. Tout comme une maladie somatique, un trouble psychologique peut être guéri « pour de bon » et c’est l’objectif poursuivi par les T.C.C. Cependant, si le problème se trouve être incontournable (acouphènes, deuil, maladie, etc.), les thérapeutes aident à mieux l’accepter et à apprendre à vivre avec.


Un accent mis sur vos difficultés actuelles. La globalité et l’histoire du patient nous intéresse bien entendu, cependant nous nous concentrerons essentiellement sur le problème qui se pose actuellement et essayerons d’y trouver une solution ici et maintenant.

Comprendre d’où vient un problème n’équivaut pas à le voir disparaitre, c’est pourquoi nous évoquerons les causes supposées des troubles mais ne nous y attarderons pas de façon excessive. Les T.C.C ne consistent donc pas à remémorer l'enfance mais bien à travailler sur les difficultés actuelles.

Les prix d'une séance pour une TCC varie de 30 à 150€ . Le remboursement ou une petite prise en charge est possible selon les mutuelles.


En cas de doute ou d'impossibilité de payer les séances, le comportementaliste Frédérique Arminot donne quelques conseils gratuits sur son site internet. En voici quelques exemples :


- Si vous êtes victime d’angoisse sur la route, n’essayez surtout pas de vous forcer à conduire. Tant que vous n’aurez pas trouvé votre solution à votre angoisse sur la route, utilisez d’autres modes de locomotion

- Faites la liste de tout ce qui vous fait peur à propos de votre angoisse sur la route

- Classez chaque information en lui attribuant une note de 0 à 5

- Classez chaque information par ordre d’importance en partant de celui qui a la note la plus forte jusqu’à celui qui détient la note la moins importante

- Chaque jour, tranquillement installé(e) chez vous, imaginez que vous êtes au volant et qu’il vous arrive tout ce que vous redoutez

- Ne cherchez surtout pas, dans votre imaginaire, au moment de cet exercice, à éviter le problème. Cela signifie que vous ne devez surtout pas imaginer que des solutions vont sortir d’un chapeau et vous sortir de ce mauvais pas. Le pire doit vous arriver dans cet exercice ! 



2- Prescription médicamenteuse

Certains médecins prescrivent des médicaments non pas pour faire disparaitre l'amaxophobie car la phobie relève du psychique, mais pour en atténuer les manifestations et mieux supporter le mal.



B- Travail avec les moniteurs d'auto écoles


Il est important de chercher des solutions à l'amaxophobie en travaillant également, je dirai même en travaillant surtout avec les moniteurs d'auto école. Ils sont en première ligne car ce sont eux qui accompagnent les candidats tout au long de leur formation à la conduite. Leur attitude peut soit enfoncer l'amaxophobe dans son mal, soit l'aider à mieux vivre avec, à défaut de s'en sortir.

Mais pour avancer vers la victoire contre l'amaxophobie il faudrait que les moniteurs y soient sensibilisés.


Mounir Daoudi fondateur de La Drive Acamedy, est un moniteur d'auto école bien connu en région parisienne et sur Youtube. Il a compris que l'amaxophobie est un frein majeur à l'obtention du permis de conduire, mais aussi à la conduite de façon générale. Il a donc une approche pédagogique et psychologique spéciale.

MounirDaoudi a entre autres, crée le programme Pégase pour aider les candidats au permis de conduire à préparer leur examen dans la sérénité.


Geoffrey du site Internet CODECLIC a également dédié une page à l'amaxophobie. Il propose aussi quelques pistes pour lutter contre ce mal :

Certaines personnes peuvent dépasser leur angoisse de conduire sans qu’elles aient besoin de suivre une thérapie en particulier. Certaines précautions sont toutefois à prendre afin d’éviter les accidents de toute sorte. Il est indispensable de bien assimiler les théories sur la conduite de voiture, autrement dît, le code de la route.

Il est important de bien apprendre les techniques pratiques en rapport avec la conduite de voiture : les règles de changement de vitesses, le maintien d’une bonne distance de sécurité, le frein à moteur, les bases du démarrage en côte, les manœuvres pour le stationnement dans un parking…


Même après l’obtention du permis de conduire, des cours de perfectionnement en conduite peuvent être nécessaires lorsque la personne estime encore ne pas maîtriser les techniques de la conduite de voiture. Il convient de trouver un coach qui propose un service d’assistance lors des entraînements à la conduite de sa voiture personnelle.

Il est indispensable d’apprendre à conduire seul sa voiture sur un trajet court et bien connu du conducteur. Il faut s’entraîner pendant des semaines avant d’acquérir une certaine autonomie et ainsi gagner en confiance en soi. C’est juste après cela que le conducteur peut essayer de rouler sur d’autres routes et chemins.


Selon le site Internet Confidentielles, Il est également possible de surmonter la peur de conduire par la simulation virtuelle. Cette simulation informatique vous permet d’appliquer vos compétences de conduite sans réellement prendre le volant. Le processus de simulation crée ainsi des situations réelles de conduite vous permettant d’affronter les situations que vous craignez dans un environnement sécuritaire. Le système est nouveau et très coûteux, certes, mais très efficace !



C- Autres solutions


1- Travail sur soi

Certaines personnes décident aussi de prendre le taureau par les cornes toutes seules. Elles font une remise en question en profondeur, mettent le doigt où ça fait mal, se posent les bonnes questions et y répondent. C'est aussi ce que j'ai décidé de faire.


Voici un extrait de mon témoignage (que vous trouverez chez les la plupart des revendeurs). à ce sujet :

C’est à ce moment-là que j’ai décidé de traiter ce problème. Il était hors de question que le stress empoisonne ma formation. En particulier parce que j’avais déjà su gérer de vraies situations de stress.

J’ai amplement eu le temps de méditer à ce sujet car, quelques temps après l’examen blanc, j’ai eu des soucis de santé, et je n’ai pas pu conduire pendant près de 6 mois. Je me suis donc rappelée les conversations avec ma famille...



2- L’hypnose

Je n'ai pas classé l'hypnose dans les solutions scientifiques parce que ce sujet fait encore débat au sein de la communauté scientifique. Certains le reconnaissent volontiers comme relevant du domaine scientifique, et d'autres non. Mais il est à noter que l'hypnose a été évoquée pour la première fois au 19e siècle par un médecin.

Selon Wikipédia, l'invention du terme hypnose revient au médecin écossais James Braid en 1843. En référence au célèbre médecin allemand Mesmer ayant exercé à Paris, on utilise par emprunt à l'anglais le terme mesmériser pour signifier hypnotiser, bien que ce verbe soit encore inconnu des dictionnaires, (angl. to mesmerize). https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypnose

Pour le site internet scientifique Psychologies, tous les spécialistes ont leur propre définition et aucune théorie ne fait autorité. Le phénomène hypnotique est si complexe que les praticiens disent volontiers qu’il y a, non pas une, mais plusieurs hypnoses. Source : http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/Dix-questions-sur-l-hypnose

Et selon le magazine Science et Avenir, « l'hypnose est cet état dit "modifié de la conscience", un moment suspendu entre veille et sommeil. Car contrairement aux idées reçues, durant la séance, le patient ne dort pas. » Source :https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/question-de-la-semaine-l-efficacite-de-l-hypnose-est-elle-scientifiquement-demontree_111005

Voici la définition du dictionnaire Larousse : « l’hypnose est un état de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion. »

Malgré les nombreuses approches et définitions, l’hypnose est de plus en plus utilisée dans plusieurs domaines de la vie. De nombreuses personnes y ont recours et semblent satisfaites de leur expérience avec l'hypnose. À chacun de se faire son opinion.



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Bibliographie



Chapitre 1 :

Dictionnaire Larousse

Magazine Psychologies

Psychomedia: http://www.psychomedia.qc.ca/phobies/2012-10-21/10-phobies-les-plus-frequentes

Doctissimo http://www.doctissimo.fr/psychologie/phobies/peur-de-conduire-amaxophobie

Hellocoton.fr:http://www.hellocoton.fr/to/12u0M#http://www.codeclic.com/blog-code-de-la-route/4016-quelles-solutions-pour-vaincre-la-peur-de-conduire/


Chapitre 2 :

Confidentielles http://www.confidentielles.com/r_2375_l-amaxophobie-ou-la-peur-de-conduire.htm#0YxgLDxC50oLwt11.99

Dr Tom Vermeersch psychologue http://www.conseilfleursdebach.fr/info/peur-de-conduire/quest-ce-que-lamaxophobie-et-quelles-solutions.htm

http://www.psychotherapeute-paris.info/blog/articles/amaxophobie-ou-peur-de-prendre-le-volant


Chapitre 3 :

Le témoignage de Kashaé: http://gotracetaroute.canalblog.com/archives/2017/02/25/34978365.html

Le témoignage de Laurie: http://www.la-petite-rapporteuse.fr/blog/en-vrac/bonjour-je-suis-amaxophobe.html

Le témoignage de Mme Danseuse : https://www.sous-notre-toit.fr/peur-de-conduire-ou-amaxophobie/

Le témoignage de Georges et Sébastien :

http://www.psychologies.com/Moi/Seconnaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Je-refuse-d-apprendre-a-conduire


Chapitre 4 :

INSERM: http://www.mg-psy.org/php/prise-en-charge/therapie-comportementale-cognitive.php

http://therapie-comportementale.be/mf54_TCC.html Dr Alexandra Meert

https://fredericarminot.com/tag/crise-dangoisse-au-volant/ Frédérique Arminot

Mounir Daoudi : http://drive-academy.net/

Geoffrey Codeclic : https://www.codeclic.com/

http://www.confidentielles.com/r_3781_peur-de-conduire-en-voiture.htm

Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypnose

Psychologies : http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/Dix-questions-sur-l-hypnose

Sciences et Avenir : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/question-de-la-semaine-l-efficacite-de-l-hypnose-est-elle-scientifiquement-demontree_111005

Dictionnaire Larousse




Crédits


Photographie utilisée en couverture : © Fotolia - Michael Spring

Couverture : LSD_GRAPH







Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a déjà perdu.
Bertolt Brecht






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