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Ici au bout de l’arc en ciel 

 

© 2017 par Foxglove Lee

 

Tous les droits sont réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen, électronique ou mécanique, y compris la photocopie, l’enregistrement, ou par voie de stockage d'information et de recherche documentaire.

 

Ceci est une œuvre de fiction. Noms, lieux, personnages et incidents sont le produit de l'imagination de l'auteur. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, des organisations, des événements ou des lieux est purement fortuite.

 

Conception de la couverture © 2017 Foxglove Lee



Ici au bout de l’arc-en-ciel


Cinq histoires LGBT pour ados de Foxglove Lee



Table des matières

  1. Je déteste l’amour

  2. La soirée de la domesticité

  3. On ne peut plus jamais rentrer chez soi

  4. Le mec dans la jupe

  5. Pour toujours et à jamais



JE DÉTESTE L'AMOUR


Un conte de romance lesbienne



Laura laissa tomber son menton dans le berceau de ses mains. « Pouah! J’ai choisi pour. Qu'est-ce que t’as choisi, Mila? »

Mila cliqua ses dents. «Pour. Je déteste les débats. Je dois toujours faire le cas pour une opinion j’suis pas d'accorde avec. »

Joël, lui aussi, retourna vers son siège. « Vous êtes folles, les filles! Comment pouvez-vous ne pas être pour le jour de la Saint-Valentin?

— Moi, je le trouve stupide, déclara Laura.

— Euh, bon point, taquina Joël. Je suis tellement content de t’avoir sur mon équipe.

— T’es pour, aussi?» Mila demanda, en arrachant le petit morceau de papier de sa main. « Eh bien, au moins tu plaides en faveur de quelque chose en lequel tu crois réellement. »

Joël attrapa le bout de papier qu'il avait ramassé du chapeau de M. Godfrey. « Vous deux, vous êtes contre la Saint-Valentin parce que vous détestez l'amour ! »

Laura savait que Joël plaisantait, mais cette blague était comme un couteau dans son cœur. Elle ne pouvait pas croire à quelle vitesse les larmes ont jailli dans ses yeux. Elle ne voulait pas pleurer en classe, mais les larmes venaient.

Non !

Boulonnant de son pupitre, Laura marmonna « Salle de bain » à M. Godfrey et sortit.

Le moment où son pied franchit le seuil, les larmes coururent sur ses joues. Elle se sentait idiote. Ce ne fut pas elle. Elle ne fut pas une fille qui pleurait dans le couloir, mais Joël lui avait fait vraiment mal.

Le casier de Laura n’était pas loin de la classe. Elle passa la tête à l'intérieur, cherchant tout autour pour les tissus.

Quand la cloche sonna pour indiquer la fin de la journée, Laura se souvint qu’elle avait laissé ses livres sur son pupitre. Maintenant elle devait retourner à la salle de M. Godfrey ressemblant Rudolph le renne au nez rouge !

Elle attrapa son compact et essaya de tapoter assez de poudre pour couvrir les rougeurs.

La voix de Mila était incomparable. « Hé, toi! J'ai apporté tes livres. »

Laura ne sortit même pas de son casier. « Très bien, merci. »

Joël ouvrit son casier. «Qu’est qu’y a?

— Attends, tu pleures? » Mila ricana, puis couvrit sa bouche. « Désolé, chérie. Je n’savais pas qu’y avait de la place pour des larmes dans ce corps tout petit. »

Un flot de colère parcourut le corps tout petit de Laura. Avant qu'elle ne puisse s'empêcher, elle avait fracassé son casier fermé. « Eh bien je le fais, alors tais-toi ! »

Tout le couloir alla mort-tranquille.

Tout le monde la regardait.

Pourquoi avait-elle agi comme un monstre?

La tête de Laura bourdonnait pendant qu’elle arracha ses livres. Elle essaya de ne pas regarder dans les yeux de Mila si dur qu'elle finit par brosser le dos de sa main contre les seins de son amie.

Ce n’était qu’un accident, mais le contact choqua son corps.

Sa peau picotait pendant qu’elle courut à l’escalier.

Du haut, Laura regarda le flux d'étudiants. Dieu merci ce fut la fin de la journée. Si elle avait dû se rendre à classe, elle aurait voulu sauter.

Reposant ses livres contre la balustrade, Laura regarda sa main. Il ne semblait pas différent que d'habitude: doigts boudinés courts, vernis violet ébréché, ongles rongés jusqu'à l'os. Mais elle était différente. Incandescent ou quelque chose.

— Voyez Lau-rasant », déclara un gars. « Elle regarde sa main! »

Laura tourna au même moment ou un autre type vient de dire: «T’es drogué, Lau-ronflements? »

— Reine des glaces ! , un troisième type grogna.

Ils brossèrent tous par elle en riant.

Où devrait aller une fille quand chaque direction est la mauvaise direction?

Sans y penser, Laura leva la main à son nez et inspira profondément. Était-elle complètement fou, ou pourrait-elle sentir le corps de Mila sur sa peau? Les mangues et la vanille : tout c’que Laura aimait. Voilà comment sentait Mila.

Quelqu'un frappa la main de Laura contre son visage assez dur pour conduire la tête dans le mur. « Reine des glaces! »

Un choc de noir stria à travers le champ de vision de Laura. Elle ne savait même pas si ses yeux étaient ouverts ou fermés.

Au moment où la cage de l'escalier vint vaguement en vue, les foules dispersèrent. Elle ne savait pas qui l'avait frappé, mais la secousse avait laissé tomber ses livres de la balustrade. Ils avaient glissé dans les escaliers, tout le chemin à l'atterrissage, et Laura les ont suivis.

Mila et Joël regardaient à travers les portes vitrées. Quand Laura a pris les regards pitoyables sur leurs visages, elle se sentait imbécile. Ils avaient vu l’évènement entier?

Bizarre qu'ils ne demandaient pas si elle allait bien.

— Je suis partie sans mon sac à dos. Je l’ai laissé dans mon casier, » dit-elle, en marchant par eux et en espérant qu'ils ne suivraient pas… mais en sachant qu'ils le feraient.

— Ça va?, demanda Mila.

— Ouais, dit Joël.  Cette fille t’as frappé assez dur.

Laura toucha l'arrière de la tête, où elle avait claqué contre le mur. « Une fille? »

— T’as l'air déçu, déclara Joël avec un rire étouffé.  Euh, oui, c’était cette rousse Tracey avec les grands nichons. »

Mila frappa Joël dans le bras et ses seins bousculèrent avec le mouvement. Son chemise violet était serré et à coupe-bas, révélant son décolleté. Laura essaya de ne pas regarder, mais la croix d'or de Mila brillait comme le soleil sur sa peau brune, tentant l'œil de Laura dans cette zone de danger. De là, elle était transpercée.

— Peux-tu le croire?, demanda Mila.  Même les gars gais prennent compte des gros klaxons. »

La main de Laura palpitait. Elle dut la secouer à côté d'elle.

— Eh bien, désolé pour vivre!, déclara Joël. Mais si les seins sont à l’endroit, vous savez bien que je vais regarder.

— Tu regardes les mien?, demanda Mila.

Laura dut regarder loin de son amie. Elle enfouit sa tête dans son casier.

— Tout le temps!, cria Joël.

— Il le fait, déclara Laura. Tout le temps. »

Et si Joël regardait les seins, peut-être que tout le monde regardait les seins.

Peut-être que Laura n’était pas bizarre après tout. Peut-être que les gens étaient tous les bébés géants qui ne pouvaient pas résister à la vue des gros nichons.

Cela n'expliquait pas pourquoi sa main était chaude comme l'enfer, cependant.

Saisissant son manteau de son casier, Laura enfila puis traîna son sac jusqu'à son dos. Un de ces jours, sa colonne vertébrale allait crouler sous le poids.

Pendant qu’elle ajustait ses bretelles sur ses épaules, son regard rencontra accidentellement celle de Mila. Dans cette seconde, elle vit plus c’qu'elle voulait.

Mila regarda rapidement à Joël et demanda: «Tu viens chez moi pour nous enseigner le vrai sens de la Saint-Valentin ? On doit préparer pour le débat demain.

— Désolé, peux pas!, dit Joël, narguant. Je vais saluer la Saint-Valentin avec mon papa-gâteau Stan!

— Je déteste ce type, déclara Laura. Pourquoi veux-tu sortir avec lui?

— Il est un pédophile total», Mila convenu. Elle ne cessait de parler alors qu'elle ouvrait son casier et sortit son manteau. « Il est, quoi, quatre-vingt ans ? Tu ne peux pas connecter avec quelqu'un qui est né au moins dans la même décennie que nous autres?

— Il perd ses cheveux, » Laura ajouta comme elle zippait son manteau.

Les sourcils de Joël arquaient vers le bas au milieu. « Tais-toi. C’est pas le cas. »

Laura rigola. « Il le perd à l'arrière !

— Et à l'avant, Mila cria à travers le couloir.  Je parie qu'il a la dysfonction érectile. Il a besoin d'une petite pilule bleue pour se branler? 

— Va te faire foutre ! », cria Joël. Ses bottes crissèrent comme il se retourna ... et se trouva face à face avec M. Godfrey.

— 15h40, dit leur prof.  Pourquoi êtes-vous encore là?

— Je m’en vais», dit Joël, puis se tourna rapidement. « Ces deux détestent tellement l’amour qu’elles ne peuvent supporter un ami heureux! »

Joël s’enfuit dans l’escalier.

La porte claqua derrière lui.

M. Godfrey se tenait au milieu du couloir avec son pantalon en velours niché dans ses bottes d'hiver.

Laura regardait à l'endroit Joël avait occupé. Elle et Mila l’avait vraiment fait du mal. Même si elle avait voulu dire chaque mot, elle se sentait mal.

— Mesdames, déclara M. Godfrey.

— Oui, nous allons, Mila marmonna en marchant vers l'escalier.

— Un instant, s'il vous plaît. » Il tendit la main pour les escorter dans la salle de classe. «Je voudrais un mot, si cela vous convient. »

L'estomac de Laura a chuté. «Nous ne faisons rien de mal.

— Oui, je sais.»

M. Godfrey piétina dans sa salle de classe. Ses bottes avaient l'air d’être des années 1970. Ils grinçaient contre le sol à chaque mouvement. Normalement, Mila aurait ri derrière son dos, mais même elle se tut.

Laura ne savait pas quoi dire, alors elle n’a rien dit.

— Je sais que cela est un sujet sensible et vous êtes enclin à ressentir une certaine loyauté envers votre ami, mais un enseignant a de la responsabilité ...» M. Godfrey passa sa main dans sa barbe grisonnante avant de dire: «Nous avons une responsabilité légale de signaler ces spéculations au services sociaux. »

M. Godfrey semblait vraiment mal à l'aise. Laura voulait regarder Mila, mais Mila se tenait derrière elle et elle ne pouvait se déplacer.

— Je ne pouvais m’empêcher d'entendre votre ... euh, votre conversation avec Joël. Corrigez-moi si je me trompe, mais on dirait que votre ami est impliqué dans un ... euh, une relation intime avec un ... euh, quelqu’un de plus âgé?

— Vous n’aimez pas Joël parce qu'il est gay!, dit Mila, si brusquement que Laura sauta.

— Non, non, je vous assure, Mlle Ngatu, ce n’est pas du tout le cas.» Les yeux de M. Godfrey avaient l'air fatigués. Laura se sentait désolé pour lui. «Il est l'obligation légale d'un enseignant à signaler tous soupçons d'agression ou d'abus au services sociaux. Il n’est pas un choix, vous voyez. Joël est un mineur. J’enfreindrais la loi si je ne signalais pas ce que je viens d'entendre.

— Cela, c’est vrai», déclara Laura, en se tournant vers Mila. « Tout le monde qui travaille avec les enfants doivent rapporter des choses comme ça »

L’expression dur de Mila tomba, et Laura pouvait voir la panique dans ses yeux.

— On lui taquinait », dit Mila, jouant avec la croix autour de son cou, l’appuyant fort contre sa peau. « Il sort avec ce mec dont il travaille avec… à temps partiel… au cinéma. Il n’est pas vraiment vieux, ce mec-là. Il n’est que dix-sept ans. Nous n'aimons pas le gars, voilà tout. »

M. Godfrey considéra les deux filles. Son regard doux se déplaça entre eux comme des ailes.

— Désolé que nous vous ayons inquiété, déclara Laura.  Joël, lui, c’est notre ami, mais nous aimons le taquiner. C'est tout.

— C'est tout?, demanda M. Godfrey.  Vous me jurez : ce n’était qu’une blague? »

Il regarda vers Laura sans bouger, sans même clignoter.

Laura acquiesça rapidement pendant que Mila dit: «Nous vous le jurons, monsieur Godfrey. On peut y aller maintenant ? Pour commencer nos devoirs? »

Mila tira sur le bras de Laura avant que M. Godfrey ait même déclaré : «Je vous remercie pour votre temps, mesdames.

— Seigneur, Laura gémit quand elles sont arrivées dans l’escalier. Je crois que je vais vomir.

— Pas sur moi, j’espère. » Mila zippa sa veste d'une main et tira Laura avec l’autre. « Cela a été sérieusement pas bon! »

Au fond de l’escalier, Laura éclata à travers les portes et sortit dans l'après-midi mi-Février. «Ma tante travaille dans une garderie, et cet règlement en va de même pour eux. Si elle pense qu’un enfant est victime d'abus, elle doit appeler les services sociaux.

— Mais nous ne sommes pas enfants», dit Mila, en ajustant son sac à dos sur ses épaules. « C’est pas leurs affaires c’que nous faisons.

— D’accord. »

Lorsque Laura imagina Stan en train de faire toutes sortes de choses désagréables à l'un de ses meilleurs amis, elle frissonna. Elle n'était pas du même avis avec Mila, pas complètement, mais elle ne voulait pas discuter. Pauvre M. Godfrey ! Les croyait-il vraiment, ou allait-il appeler aux services sociaux après tout? Terrible, si Joël aurait dû souffrir une enquête juste parce qu'il avait couché avec un vieil homme. N’est-ce pas le choix de Joël, s’il voulait baiser Stan ou non?

— On y va chez toi?, Laura demanda, en essayant de secouer Joël de sa tête.

— J'ai pensé ainsi. Pourquoi ? Tu veux aller chez toi?

— Non, non.

L'appartement que Mila partageait avec son père ne fut pas le plus chic, mais Laura aimait y aller. Le père de Mila travaillait le quart de nuit dans une usine de biscuits, donc il y avait toujours beaucoup de friandises.

C’est quoi ça?, demanda Laura en indiquant les sacs de biscuits cassés.

— Ce sont les gaufrettes à la vanille. » Mila poussa un autre sac dans la direction de Laura. « Mais celles-ci, voyons, celles-ci sont enrobées du chocolat !

— Ah, mon favori !

Mila alluma la télévision, et elles détendirent complètement avant de commencer les devoirs. Laura ne pouvait croire comment rapidement le temps passait quand sa mère appela à 18h15.

— Quel est le problème?, demanda sa mère, sonnant si soupçonneuse que Laura songeait ce qu'elle avait fait de mal.

— Quoi? Rien. Pourquoi?

Laura savait ce qu'elle avait fait de mal. Elle a menti à M. Godfrey, et sa mère savait toujours quand elle se sentait coupable.

— Ta voix ... vous buvez, vous deux?

— Quoi? Non! Je me trouve chez Mila. On ne boit jamais.

La voix de sa mère changeait toujours quand Laura mentionnait Mila. «Comment elle se débrouille ? Comment va son pauvre papa? »

Laura se détourna de son amie et se dirigea jusqu'à la salle de bain. «Maman, tout va bien. T'es pas obligé de demander à chaque fois.

— Il est bien difficile pour une fille de perdre sa mère si jeune.

— Maman, sa mère est morte il y a cinq ans.

— Je ne peux même pas imaginer, la mère de Laura continua. Quand j'étais une fille, ma tante a vécu avec nous. Elle était malade et… ben, perdre une tante c’est assez difficile. »

Laura sentait dégoûté quand sa mère parlait des émotions : de la tristesse, de l'amour, quoi que ce soit.

Et elle se demandait pourquoi les gens l'appelaient la reine des glaces ...

— Et puis vendre la maison pour régler les factures médicales? Laura, peux-tu imaginer si nous avons dû déménager dans un appartement? Comment te sentirais-tu?

— Maman, je ne me soucierais pas. » Laura se mordit la lèvre. Quelle chose à dire ! Bien sûr, elle se soucierait; mais elle ne savait pas comment le dire sans tomber en morceaux. «Nous avons les devoirs. Puis-je rester ici?

— Ben non, Laura. C’est une nuit scolaire.

— Mais… Mila ... » Laura savait quelles cartes à jouer. « Elle n'aime pas être seul. »

Cela marchait à chaque fois.

— D' accord, mais manger quelque chose de réel pour le dîner. Non seulement les biscuits. »

La mère de Laura la connaissait bien.

— J'aime ta mère», dit Mila sans regarder loin de la télévision.

Laura ne savait pas pourquoi elle prit cela comme un compliment. « Ouais, mais elle se sent mélancolique en ton nom.»

Mila ne répondit pas. Elle était assise sur le canapé avec les deux pieds sur la table basse, son cahier d'exercices espagnols sur ses genoux, le manuel ouvert à côté d'elle.

— Qu'est-ce qu'on mange pour le dinero?, demanda Laura.

Mila se mit à rire. « Dinero ne signifie pas le dîner. »

Laura haussa les épaules, puis saisit la porte du réfrigérateur. « J'ai essayé.

T’as d'argent?, demanda Mila. Je veux de la pizza.

—La pizza, c’est quoi en espagnol ?

C’est encore la pizza ! C’est la même chose, même mot. »

Le frigo était vide. Non pas vide-vide, mais il n'y avait rien de bon à manger. Vide comme il y avait des condiments dans la porte et du lait dans la cruche, et à peu près rien d'autre.

— Ouais», dit Laura, en fermant le réfrigérateur et fouillant dans son sac à dos. «Y’a un porte-monnaie ici quelque part. »

La pizza était une bonne idée. Laura a commandé plus que suffisant, faisant semblable qu'elle était hyper-faim, tellement qu’il y aurait des restes pour le père de Mila quand il rentrait. De la pizza froide était tout aussi bonne que la pizza chaude. Peut-être même mieux.

Au moment où elles avaient fini de manger, il faisait un peu tard et elles n’avaient toujours pas préparé pour l'affectation de débat de M. Godfrey. Chaque fois que Laura y pensait, son estomac se retournait.

Avait-il appelé aux services sociaux?

Avait-il fait un rapport sur Joël et papa-gâteau Stan?

— Tu vas bien? », demanda Mila.

Laura tenait son ventre avec les deux mains, recroquevillé dans l'étreinte grand-ours d'un fauteuil en lambeaux.

— J’ai trop mangé. »

Laura se redressa comme Mila enlevait sa capuche. Oh non! Pas le clivage! Le top de Mila plongeait si bas que Laura pouvait voir la dentelle noire de son soutien-gorge. Mila ne remarqua pas qu'il montrait, ou ne se souciait pas, parce qu'elle ne fit rien.

— Tu veux commencer sur le débat?», demanda Mila.

La main de Laura réchauffa comme elle lorgnait le peu du soutien-gorge qui montrait. Pourquoi ne pouvait-elle pas cesser de regarder? Elle agissait comme une perv totale. Mila, n’avait-elle vraiment pas remarqué?

— Laura?

Hein?» Elle saisit sa main chaude avec celui sang-froid. « Débat? Ouais. Où devrions-nous commencer? »

Mila se pencha en arrière sur le canapé. « Eh bien, nous savons déjà l'ennemi. Nous sommes l'ennemi. Donc, si nous disputions que la Saint-Valentin était merdique, que dirions-nous?

— C'est facile, dit Laura tandis que Mila prenait des notes.  La Saint-Valentin n’est qu’une excuse pour vendre des cartes de vœux, des chocolats, les repas de fantaisie, billets pour des comédies romantiques, et ainsi. Elle est une journée fériée inventée. »

Mila mâchait son stylo. «D' accord, alors nous pourrions dire que la Saint-Valentin a des racines dans l'époque romaine où l'empereur a interdit le mariage parce que les hommes célibataires faisaient de meilleurs soldats.

— Sérieusement?

— Ouais, et Valentin était un prêtre qui disait : Non, c'est pas juste, alors il a effectué des mariages en secret. Quand l'empereur l’a découvert, Valentin a été mis à mort.

Vraiment?, demanda Laura. Où as-tu appris ça? »

Mila haussa les épaules. « Je ne sais pas. Chaîne historique?

— Cela m’rappelle d’aujourd'hui, comment certains prêtres effectuent les mariages gays, même là où il n’est pas légal, parce qu'ils pensent que c'est la bonne chose à faire.

— Ouais, bien sûr. » Mila griffonna vers le bas tandis que Laura l'a rejointe sur le canapé pour voir ce qu'elle écrivait. «Je ne sais pas comment cela correspond à notre argumentation. »

Laura ferma les yeux, parce que c'était la seule façon qu'elle pouvait cesser de regarder vers le clivage de Mila. «D'accord, nous pouvons dire que tous les achats de fleurs et des bonbons contribuent positivement à l'économie.

— Beurk.

— Je sais, mais c’est une défense solide. »

La plume de Mila courut à travers la page. « Quoi d'autre? »

Laura pressa ses paumes contre ses paupières, jusqu'à ce que des étoiles tourbillonnent à travers un fond noir. Tout ce qu'elle pouvait penser était : Joël. Pourquoi était-il si excité par la Saint-Valentin? « Peut-être si on aime faire des cadeaux, alors la Saint-Valentin est du fun?

— Ou si on aime la romance, déclara Mila.  Ou si on est timide et on ne sait pas comment dire à quelqu'un qu’on les aime. Ou si on veut faire quelque chose de spécial, comme cuire le dîner, mais tous autres jours elle penserait que c’était ringard? Vous pouvez faire toutes sortes de choses sur la Saint Valentin que vous ne pouvez pas faire le reste de l'année.

— C'est un peu stupide, déclara Laura.

— Non c’n'est pas.

Elle tira ses mains de ses yeux, mais les étoiles tourbillonnèrent encore autour du visage de Mila comme par magie.

Accrochant sa plume sur son ordinateur portable, Mila demanda: «Pourquoi détestes-tu l'amour?

— Pourquoi tu le détestes?

Pourquoi était-elle tellement sur la défensive?

Laura secoua la tête. « Pardon. Je veux dire ... Je ne déteste pas l'amour. Je pense simplement qu'il est surfait … ou quelque chose. »

Mila ne prit pas son stylo. Elle ne bougea pas. « Est-ce que t’aimais Ryan? »

Un gémissement stria de la gorge de Laura, et elle jeta sa tête en arrière sur le canapé. « Je ne veux pas en parler.

— Jamais?, demanda Mila.  Je suis ta meilleure amie, et tu n’m'a même pas dit c’qu’y est arrivé.

— Rien n’c’est passé, claqua Laura.  Rien. Du tout. Pourquoi penses-tu que toute l'école m’appelle la Reine des glaces?

— On m'a dit qu'il voulait le faire, mais tu ne voulais pas. Et alors?

Laura ne voulait pas en parler, mais si elle n’avait rien dit elle aurait explosé. « Il ne suffit pas de dire que je ne voulais pas le faire avec Ryan. Je ne veux pas le faire avec qui que ce soit. Je ne voulais même pas l'embrasser. Ryan avait essayé, mais chaque fois qu’il m’a touché j’ai devenu de la glace.

— Mais tu l'aimais, dit Mila.  Ou bien, tu m’avais dit que tu l'aimais.

— Ouais.» Laura mâchait son ongle comme elle pensait à Ryan. « Je veux dire ... je pense que oui. J’aimais être autour de lui, de lui parler ou quoi que ce soit. Ryan est vraiment intelligent et drôle et tout ça.

— Mais il manquait quelque chose, Mila dit.

— De la chaleur», a déclaré Laura. Sa main était en feu. «Je pensais qu'il y avait quelque chose de mal avec moi. Il n'y avait pas de passion ou de picotement ... mon dieu, que je suis imbécile.

— Penses-tu que Joël sent cette même chaleur pour Stan?, demanda Mila.  Je veux dire, si l’homme travaille à temps partiel dans une salle de cinéma, il ne peut pas être riche. Il ne peut pas être un véritable papa-gâteau. Peut-être que Joël l’aime vraiment.

— Il n'y a pas de comptabilité pour le goût, déclara Laura. Penses-tu que c’est immoral, c’qu'ils font?

— Pourquoi? Parce qu'ils sont gais ou à cause de la question d'âge?

— Non pas parce qu'ils sont gais», déclara Laura rapidement. Elles étaient assises si près sur le canapé qu’elle pouvait à peine respirer. «Je ne me soucie pas des choses comme ça. Je veux dire, penses-tu que Stan exploit Joël? C’est de l’abus ? Ou penses-tu qu'ils sont un vrai couple et qu’ils vont vieillir ensemble et adopter quatorze chiots ?

— Je ne sais vraiment pas. » Mila mit son cahier sur la table basse et tourna vers Laura. « Est-ce que je peux te dire quelque chose?

— Non.» Laura essaya de ne pas regarder dans le décolleté de Mila, mais elle ne pouvait pas faire face à la lueur terne dans ces beaux yeux noirs. Son cœur battait dans sa gorge. Elle était pratiquement étouffait. « S'il te plaît, Mila… »

Mila prit la main, cela chaude, et la tint serrée. « Pourquoi t’as si peur? »

Tout son corps était en train de se fondre. Laura luttait pour garder son château de glace, mais elle était un gâchis chaud dans les mains de Mila.

— Il n'y a rien de mal avec toi,» murmura Mila. Ses lèvres pleines planaient à proximité. Si proche.

— S'il te plaît… »

Trop tard. Le moment où les lèvres de Mila rencontrèrent les siens, Laura savait ce qu’elle avait besoin. Ce ne fut pas beaucoup. Juste ça, pour l'instant.

Ils se penchèrent sur le canapé et embrassèrent profondément. Laura n'était pas courageuse avec ses mains, mais cela n'avait pas d'importance. La chaleur de Mila inondait le système de Laura et son cerveau frit. Son corps était chaud, jusqu'aux orteils.

Mila avait raison. Il n'y avait rien de mal avec elle. Depuis Ryan, elle avait pensé qu'elle était cassée, mais ici était la preuve - la preuve qu'elle n'était pas cassée. La joie barbotait à travers ses membres. Elle sentit légère comme de l'air.

Elles embrassèrent pour toujours, jusqu'à ce que Mila se dégage en riant.

— Qu'est-ce qui est si drôle?, demanda Laura.

— Ma langue vient de courir un marathon ! » Mila massa sa mâchoire. «Ta bouche est bien souple. »

Laura savait que ses joues doivent être cramoisies. « C’est vrai?

— Ouais. Mon dieu, que tes lèvres sont énormes ! »

Laura les couvrit.

— Non, je le trouve bien chouette. Ils sont vraiment rouges ! Y’a des gens qui paient beaucoup d’argent pour les lèvres aussi engorgées. »

Laura essaya de ne pas sourire parce que sa mâchoire souffrait, mais elle ne pouvait s'aider. Elle ne pouvait pas se rappeler la dernière fois qu'elle avait ressenti un plaisir comme ça. « Penses-tu que Joël se sent aussi heureux quand il est avec son papa-gâteau ?

— J’sais pas. » Mila ramassa ses livres d’espagnol du plancher.

L'esprit de Laura était tellement enflammé de la chaleur de leurs baisers qu'elle ne pouvait pas trouver les mots justes. «Je me demande si nous aurions dû dire la vérité à M. Godfrey. Je n’sais pas. La loi suggère que oui. Penses-tu que Stan irait en prison pour corrompre un mineur? »

L'expression de Mila se vida, comme si elle n'avait jamais considéré cette possibilité. « Peut-être qu'ils n’ont même pas dormi ensemble. Nous ne savons pas, vraiment. Nous ne savons que c’que Joël nous dit. »

L'esprit de Laura se retourna comme un moteur, jusqu'à ce que son cerveau sente blessé. Elle ferait la chose juste dans un battement de cœur, si seulement elle savait ce qui était la chose juste. « Pouah ! Je ne veux plus penser à ce sujet.

— Très bien», dit Mila, en lui baisant la main chaude. « Alors penses à moi. »

Elles étaient assises tout prête ensemble, donc leurs corps se touchaient chaque fois qu'elles respiraient. Un autre baiser les consumait. Elles ne pouvaient pas l'aider.

Et puis Mila dit: « Tu sais quoi? Je suis contente qu’on ait sélectionné pour la Saint-Valentin. Soudainement je ne veux pas argumenter contre l’amour.

— Ouais, » Laura accepta, en fermant les yeux pour la nuit. « Moi non plus. »


 

La soirée de la domesticité

Une comédie romantique lesbienne

 

 

— Comment tu m'as convaincu de t’amener ici ? » grogna Mila pendant que les sacs d'épicerie se creusèrent dans ses mains. « Hé, pourquoi c’est moi qui traîne toutes les trucs lourdes et toi, tu ne portes qu’une petite boîte toute légère?

— Je t'aime, dit Laura.  Mais toi, t’es tant maladroite. Je ne te laisserais jamais porter un gâteau d'anniversaire. »

Chaque fois que Laura disait « Je t’aime », c'était assez gênant pour sa copine secrète, et surtout quand elles étaient à l'école. Heureusement, Mila et Laura étaient seules maintenant sur la rue de sa tante.

— Voilà, par ici c'est la maison de ma tante Qeisha »,  dit Mila quand elles arrivèrent au numéro soixante-douze.

Laura inclina la tête et regarda la maison comme si c'était une sculpture bizarre. «C'est un bungalow ? Ben, c'est plus petit que j’aurais pensé. Tu m’as dit que ta tante est riche. »

Mila grogna : «Voici un quartier hyper-cher. Même les maisons petites sont plus coûteuses que chez toi. »

Laura roula ses yeux. « J'en doute. »

Les dents de Mila se meulèrent, mais elle posa les sacs d'épicerie sur terre et tira sa clé. Elle voulait tellement que Laura fût impressionnée par quelque chose qui appartenait à sa famille.

— Attends jusqu'à ce que tu voies à l'intérieur. » Mila mit sa clé dans la serrure. « Tante Qeisha est une décoratrice étonnante. Elle est très particulière, donc ne bouger rien. »

Laura rit : « Je sais, je sais! Tu m'las dit déjà un million de fois! »

Du coin de l'œil, Mila repéra un VUS blanc dans la rue. Son souffle s'accrocha, et elle poussa la porte ouverte. « Entrons. Vite!

— D'accord. Bon sang! »

Quand le VUS roula dans l'allée voisine, Laura était déjà en sécurité à l'intérieur de la maison. Mila ramassa les sacs d'épicerie. Tante Qeisha lui avait dit d'aller à côté si elle avait de problèmes avec la maison, mais elle s’inquiétait que les voisins allaient rapporter s'ils étaient témoins d'activités douteuses.

La porte de la voiture claqua, et M. Singh salua Mila avec un sourire. Le moment où elle franchit le seuil, elle l’entendit crier : « Mila! Viens vite! »

Elle laissa tomber l'épicerie et sortit. M. Singh semblait paniqué, et elle se demandait s'il s’est blessé. « Qu'est-ce qu’y a?

Abricot ! »

Abricot, le petit chat de tante Qeisha, bondissait comme un acrobate sur le toit de sa voiture.

— On ne l'autorise pas à sortir, n'est-ce pas?, continua M. Singh.

— Merde, murmura Mila en courant vers la véhicule et en ramassant le chat.  Chaque fois que j'ouvre la porte, il s’échappe.

— Vous devriez l’accorder plus d'attention, dit M. Singh d'une voix doucement grondante.

— Ouais, merci. » Elle essaya de ne pas être impolie, même si elle souhaitait qu'il s’occupe bien de ses propres affaires. Sa tante avait définitivement demandé aux voisins de garder un œil pendant que Mila faisait du gardiennage.

— Qu'est-ce qu’y est arrivé ? », demanda Laura de la cuisine.

Le cœur de Mila glissa. « Pendant toute la semaine, j’avais hâte de te donner la grande tournée. » Fermant la porte, Mila posa Abricot par terre. « Je vois que tu t'es déjà montrée, hein?

— Seulement la cuisine, dit Laura.  T’as raison : cet endroit c’est bien chic! J’aime comment les lumières scintillent sur les comptoirs en granit. Est-ce un poêle à gaz? J'en ai jamais utilisé. »

Mila taquina : «Si tu peux brûler les macaronis sur une cuisinière électrique, tu le ferais certainement avec du gaz. Tu vas probablement mettre la maison en feu!

— Très drôle.

— C'est vrai : t’as brûlé les macaronis chez moi. Sais-tu combien de temps il m'a fallu pour frotter cette marmite? Nous n'avons pas tous de lave-vaisselles, tu sais.»

Laura passa ses bras autour de la taille de Mila. Comme elles se tenaient ainsi, tous emmêlées ensemble au milieu de la cuisine, Mila ferma les yeux et sourit. Laura sentait si délicieuse. Ou peut-être c'était le gâteau. Quelque chose sentait de la vanille, et ça faisait grogner l'estomac de Mila.

— Tu veux me montrer?, demanda Laura.

— Bien sûr », dit Mila, mais elle ne bougea pas.

Laura, elle aussi, resta bercée dans l’embrase de sa copine. « Bon anniversaire.

— Merci. J'ai attendu avec impatience.

— Pour que je cuisse pour toi? », rit Laura.

Mila sourit d'un air embarrassé. «Eh bien, je voulais tout simplement être ensemble, être domestique ensemble. Cuisiner, nettoyer, tout ça.

— Mais nous cuisinons tout le temps chez toi, et nous aidons avec la vaisselle chez moi.

Je sais, mais aujourd’hui c'est spécial.» Mila déverrouilla son corps de celui de Laura. « Je ne peux l'expliquer. Ça n’fait rien. Laisse-moi te donner la grande tournée. »

Laura semblait impressionnée par la maison. Mila était soulagée Elle avait inquiété que Laura n'aimerait pas l'influence africaine dans les motifs et les sculptures, mais Laura n'avait que de mots encourageant à dire.

Alors, c'est là où nous mangeons le dîner? », demanda Laura en indiquant la salle à manger.

Mila se mit à rire. « On n’a jamais mangé que devant la télé.

Ouais.  Quelques fois. Chez moi. »


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