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De la Dérive des Continents (en son versant psychanalytique) tome 2

by Hubert de la Faribaule

ISBN 9781370250523



L’homme me regardait depuis un moment déjà, lorsque je m’aperçus que mon imbécile de chien était occupé à lui suçoter l’extrémité d’une chaussure qu’il avait déposée, avec mon consentement exprimé d’une seule inclinaison de tête, sur le tapis qui recouvrait le dallage à l’entrée du vestibule.

Je fulminai bien que silencieusement, et me répétai pour la énième fois que décidément la môme Sophie ne m’amenait que des emmerdements depuis déjà plusieurs semaines qu’elle conduisait son espèce de monstre (un bouledogue plus ou moins abâtardi de pitbull) que, malgré une tête vraiment pas sympathique pour deux sous et bien qu’une bave dégueulasse s’écoule quasiment en permanence de sa gueule aux mâchoires toujours à demi écartées lorsqu’elles étaient au repos, je n’arrivais pas à détester. Je me demandais toujours comment il se débrouillait, pour attirer quelques caresses. Bien au contraire, j’avais compris après quelques jours de fréquentation de cette jeune personne, (je parle de Sophie), que si sans m’en apercevoir, j’avais continué à fréquenter la donzelle après simplement quelques contacts intimes, c’était peut-être parce que ce foutu animal arrivait à exprimer au moyen d’un regard et de manières qui paraissaient être l’émanation d’un être hyper-sensible, toute l’intelligence dont il pouvait être capable.

A cet instant même je me pris à le maudire et Sophie également. Ce foutu chien était tout simplement en train de compromettre une très forte chance de voir pendant plusieurs mois voire même plusieurs années des sommes importantes sur mon compte bancaire. L’homme dont ce bâtard de bouledogue mâtiné de pitbull était occupé à détruire un godasse en la dégueulassant avec de la bave, n’était autre que Maître Rondelard, le notaire qui m’avait demandé un rendez-vous en urgence il y avait de cela trois jours en m’indiquant d’un ton qui m’avait semblé quelque peu énigmatique qu’il devait me parler de quelque chose au plus tôt.

Je dois préciser que Maître Rondelard se trouve être le beau-père de la belle Sophie ou plus tôt l’amant du moment de la maman de la dite. J’ignore comment Maitre Rondelard en est venu à connaître l’existence de mon officine qui est plutôt discrète puis qu’elle ne figure dans les annuaires téléphoniques qu’à la rubrique « conseils et enquêtes divers ». L’avantage de mon téléphone c’est qu’il ne sonne pas souvent, jamais même.

Maître Rondelard, en entrant dans la maison m’a demandé sitôt parvenu dans le vestibule, s’il pouvait enlever ses chaussures. Il a posé la question plus pour la forme que pour entendre la réponse et a commencé à défaire les lacets des dites chaussures sans attendre. Mon attention a été, alors qu’il procédait à cela, attiré par le comportement de Médor qui a cessé sa mimique de mâchonnement, une espèce de tic sans doute, pour fixer obstinément d’un regard hostile, Monsieur Rondelard , qui ne paraissait pas s’occuper de lui. Après que le notaire ait fini de procéder à ce qui pouvait être comme un rituel mais aussi un geste destiné à soulager un pied douloureux, je l’invitai à me suivre et le reçus dans mon bureau qui n’avait pour seuls mérites que d’être spacieux, clair et meublé sobrement mais élégamment de quelques unités telles que bureau, classeurs, fauteuils, toutes en merisier qui dégageait une ambiance de sérieux, de bon goût en même temps que d’efficacité.

Maître Rondelard, une fois installé m’a regardé d’un air tranquille. Son visage dans un passé quelque peu éloigné a dû être celui d’un homme à la fois élégant et séducteur. Sa silhouette aujourd’hui est enveloppée, le cheveux coupé court ménage un début de calvitie qui demeure discret. Après avoir posé sa serviette sur la moquette et joint ses deux mains devant lui il me regarde d’un air pensif. Cela me parait durer trop longtemps. Cet homme dégage comme de la satisfaction mais aussi une certaine bienveillance. Il se décide enfin :

-Jeune homme, je suis venu vous trouver pour vous parler d’une affaire qui me paraît être quelque peu troublante. Ma belle-fille Sophie m’a parlé de vous en terme plutôt élogieux. Elle m’a confié que vous étiez un enquêteur aux compétences nombreuses et profondes. Je sais aussi que bien que ne reposant pas sur un matelas de diplômes, vous ne manquez pas de culture. Est-ce que je me trompe ?

Il est exact, lui dis-je qu’après mon bachot, j’ai passé dix bonnes années dans diverses universités, en France ainsi qu’à l’étranger et que j’ai acquis durant l’ensemble de mes pérégrinations, à la fois quelques compétences en matière d’analyse sur des plans assez divers. J’ai conduit quelques-unes de ces analyses de caractère, avec succès. Je sais rendre des services, qui bien que ne donnant pas lieu à de grandes démonstrations me valent une certaine renommée!

Cela me convient, parfaitement, me dit-il ! Ma belle-fille Sophie qui, soit dit entre nous est une dévoreuse de partenaires, m’a donné quelques détails sur … comment dire … certains comportements qui demandent une bonne connaissance pour pouvoir en traiter. Elle m’a confié l’excellence de vos connaissances en de nombreuses pratiques et elle s’y connaît !

J’aurais besoin pour l’une des familles qui m’honore d’être depuis longtemps ma cliente et de le demeurer, de recruter un collaborateur qui serait pour le fils aîné de ladite famille un garçon de bientôt trente-cinq ans, un conseiller, un psychanalyste, un psychothérapeute et pourquoi pas un conseil juridique. Je me suis laissé dire qu’il n’y a pas bien longtemps, vous avez eu la témérité mais aussi une certaine prudence d’aborder une science nouvelle que vous avez dénommée la psycho-optométrie dans laquelle vous abordez certains travers de la psychiatrie actuelle mais en laquelle vous gardez une certaine foi. Je vous avoue que je me suis fait traduire cet ouvrage ou à travers un humour parfois un peu frustre par lequel vous bousculez ensemble et les traditions et leurs lustres vous dites avec parfois peut être trop de franchise de nombreuses maladresses et quelques incorrections tenant à l’orthographe, à la grammaire, la syntaxe ou le style, ce que d’autres ressentaient comme vrai sans toutefois éprouver le besoin de s’en ouvrir aussi complètement.

- En somme Monsieur, Maître, pardonnez-moi, je suis un peu ce que vous-même et vos confrères rêvez d’avoir à votre disposition, quelqu’un qui sait travailler à des tâche qui vous répugnent à vous les diplômés de bonne famille, les avocats, les notaires, les médecins, vous, les tenants de tous les savoirs officiels, je suis celui qui est utile et dont on sait que l’on va s’en servir, mais dans ce petit atelier demeuré secret au fond de l’arrière-cour, celui dont la porte branlante n’ouvre qu’après que l’on soit passé derrière les chiottes ou plus personne ne va si ce n’est la petite Mélanie, cette petite curieuse qui la dernière fois qu’elle a eu envie que sa grande sœur redevienne un peu gentille, est allée balancer sa poupée une dizaine de fois contre la rude écorce du vieux prunier pour qu’elle en garde des traces, qu’elle saigne salement. Mélanie est en colère, elle veut une autre poupée, et comme elle a entendu papy dire récemment alors qu’il se secouait justement avec maman, « si on peut pas » respirer un peu non plus, bordel de dieu, a quoi ça servirait ?

Je m’aperçois tout d’un coup que Maître Rondelard est perdu dans des pensées qui paraissent aussi profondes que son cul doit l’être aussi. Mais queue diable on ne vas pas se livrer à un sondage anal dès maintenant d’autant plus que la compagnie de eaux vient de couper la distribution du précieux liquide. Je me racle assez bruyamment la gorge. L’homme a un sursaut, il vient de s’apercevoir qu’il serait temps d’émerger des brumes. Un bruit se fait entendre à deux pas de là, comme un bruit de succion, je tourne la tête, c’est Médor qui a fini de suçoter la godasse de Rondelard.

Ce dernier est sorti de son espèce de rêverie qui paraissant avoir englouti l’homme et son environnement immédiat. En quelques minutes, je me suis livré à une analyse rapide de la situation, de ma situation. J’ai mis à profit cette espèce de répit que m’ont accordé à la fois Maitre Rondelard, dont on peut penser qu’un début de sénilité l’avait fait plonger dans une sorte de rêverie faite d’une déambulation dans un milieu dont la structure telle que je l’imaginais encore il y a peu, pourrait être un mélange tenant à la fois de l’immensité d’une steppe aride plantée au fin fond de nord de la Sibérie là où les fonctionnaires de la Poste ne se rendent jamais pour y distribuer un courrier dont tout le monde se moque.

C’est bien ça je me dis, Maitre Rondelard va payer quatre cents euros par jour de travail d’enquête que je conduirai à raison de six jours par semaine et le septième jour, je me livrerai à une analyse et une synthèse s’il y a lieu de telle manière que dans deux à quatre ans, lorsque son client aura entièrement vidé son sac et espérons-le rempli le mien, nous nous livreront alors à une synthèse qui pourrait alors être un peu non comme un accouchement mais plutôt une résurrection.

Le notaire revenu complètement à lui. Alors que j’accordais une attention vraiment persistante à ce tas de muscle et ce flegme qui tous deux me déconcertent en même temps qu’ils me dégoûtent chez Médor, un quelque chose dont je ne pourrais définir la nature exacte me conduit à regarder à nouveau Maitre Rondelard qui comme par hasard me fixe d’un regard qui me paraît n’être rien d’autre que bien disposé.

Je vais donc, me dit l’homme vous donner la précision qui va faire de vous en toute hypothèse un homme engagé. Je dis, Monsieur, engagé en toute hypothèse parce que, que vous acceptiez ou non de devenir le conseiller que je recherche vous serez engagé et je sais, vous connaissant bien mieux que vous ne le croyez, que je n’ai rien à attendre sur le plan de la formalisation du marché, aucune précaution à prendre que celle d’avoir la connaissance de votre promesse tacite de vous comporter, concernant la conservation du secret, comme le ferait une tombe.

Donc Monsieur puis-je considérer à partir de cette minute que vous êtes le conseiller à titre général, mais aussi particulier du jeune Monsieur X, dont vous recevrez dans l’heure l’identité complète. Si vous acceptez, vous aurez, un compte permanent ouvert dans mon étude qui vous garantira une somme de deux mille huit cent euros à la semaine, soit sept jours et cela durant cinquante-trois semaines par an.

Nos regards, à Rondelard et à moi, qui jusque-là s’étaient accrochés et demeuraient prisonniers l’un de l’autre se détachent. Mon esprit tout à coup se met à caracoler, comme un jeune poulain le ferait dès que libéré de l’étreinte mentale d’une mère restée possessive par des peurs que jamais elle n’est parvenue à chasser. Je devrais certainement sourire mais je ne peux pas, je suis en train de calculer que cette somme quotidienne que Maître Rondelard me promet si j’accepte, représente presque autant que ce que je reçois de sources multiples quand je fais mon bilan comptable de fin de semaine. Dans ce bilan comptable j’inclus aussi les piécettes que ma voisine, Madame Boudu me remets losque je me charge d’aller chercher la baguette parisienne dont elle raffole. J’ai un peu honte parce que Madame Boudu me donne un euro pour une baguette qui coûte trente-cinq centimes. En plus, elle me tricote des chaussettes que je ne mets pas parce qu’elles ne me plaisent pas.

Nos regards, au notaire et à moi-même se croisent de nouveau. Je fais un signe d’assentiment. Il me semble que l’œil de cet homme qui paraît faire un effort pour demeurer simple, s’est allumé l’espace d’une fraction de seconde. Vous êtes donc Monsieur, me dit-il, le psycho-optomètre conseiller du jeune Monsieur X.

J’ai envie de sourire mais en même temps, je frissonne. J’entends depuis quelques temps ce terme nouveau de psycho-optométrie, une soi-disant nouvelle science qui au dire de certains, révolutionne les diverses optiques. A entendre parler certains, il devient presque criminel de peler les patates avant de les mettre dans l’huile bouillante pour faire des frites. D’autres disent que depuis la venue au jour de ladite science, on peut distribuer l’eau dans les villes et les campagnes en aboutant de bambous. On a beau dire, je me prends à penser tout à coup, qu’il est heureux et bien établi que l’eau bouillante reste de l’eau chaude !

Il m’apparaît, que quelque chose vient de se passer dans mon univers qui somme toutes est fait de simple simplicité (cette formule, qui est de moi et qui est idiote, bien sûr, me paraît adaptée. Il reste bien sûr à se demander adaptée à quoi et à qui, mais ça c’est une autre chose !

J’éprouve une sensation qui paraît être un mélange de satisfaction raisonnable en même temps que de libération d’une emprise qui parfois devenait prégnante. Je savais depuis longtemps que je n’appartenais pas à l’espèce des génies, ni n’étais du genre de ceux auxquels on lance les récompenses et distinctions au visage en gardant l’air contrit de celui par exemple qui doit s’excuser d’avoir osé vous déranger à l’heure du repas pour pouvoir vous rencontrer.

Cette bonne nouvelle me cueille toutefois à froid. Je sors, il y a quelques temps seulement, d’un deuil cruel quoique indirect. Je dirais même, si je n’avais pas peur d’emprunter des mots à des compartiments de la connaissance académique, que ce deuil avait pour moi un caractère putatif. Ce terme je le sais, emprunté au vocabulaire juridique me ferait rire si j’étais un idiot. Mais je ne le suis pas, ou pas assez en tous cas pour ignorer qu’il prend son sens de par la vraie nature du lien qui m’unissait à la personne en question. Je me suis surpris à la considérer comme une amie alors qu’en réalité mes deux petits coffres demeuraient les seuls objets de ce qui pour elle, Jacqueline, était le sujet, le vrai sujet. J’avais rencontré un amour, je le croyais en tous les cas, qui pouvait être l’expression d’un indéfectible engagement. Quoi qu’il soit vrai que la belle Jacqueline ait fini sa dernière course sur le pavé rendu gras par le noir de fumés et les derniers crachins tombés au petit jour. ( voir à ce sujet De la Dérive Des Continents (en son versant psychanalytique- tome 1) , elle n’en constituait pas moins un être, à mes yeux, irremplaçable. Elle était irremplaçable, je le vois maintenant comme l’est ce livre flambant neuf que la maîtresse d’école distribue à ses jeunes élèves en début d’année scolaire. Ce livre que des pédagogues tous bourrés de beaux et forts diplômes ont concocté par un travail acharné durant des heures passées dans des métros parisiens. On a beau être un hyper-diplômé en psychologie de l’enfant, on a beau partir à neuf heures trente de chez soi, la-bas à perpète, la-bas où le calme et le silence arrivent encore à se frayer un chemin, on n’en est pas moins un savant et un homme ou une femme, on sait que dans ces RER, ces métros aux petites heures du jour, les hommes et les femmes qui n’ont pas appris a bien lire ni écrire sentent mauvais. Ils se lavent bien sûr, mais une fois par semaine s’ils ont de l’eau. Ils pourraient aussi en boire, de l’eau, je veux dire, par le bordel de tous les dieux, mais qu’est ce qu’il pue ce connard, il aurait déféqué dans son calbar ? Peut-être pas mais c’est un dégueulasse ! Comment tu veux, qu’un professeur émérite diplômé de psychologie comportementale de l’enfant en milieu critique puisse se concentrer si on l’oblige à déféquer sous lui parce qu’une jeune fille lui a foutu un lézard au sucre mou dans le col de sa chemise. Et encore la mouflette n’a pas été vache, elle aurait pu lui colloquer une tarte ou bien le même lézard mais enrobé de gros sel !

Ce deuil était putatif, car et avant tout, Jacqueline et moi n’étions plus liés au moment où la malheureuse était, semble-t-il tombée sur le pavé de sa rue. Je me demande toutefois, ce qui m’a valu le bénéfice du choix qu’à fait Maître Rondelard.

Je veux bien admette que depuis quelques temps, le pays entier ne parle ( à mots couverts, très couverts, à moins aussi que ce ne soit le résultat de la persistance d’artefacts au niveau de mon intellect, plutôt que la résonance laissée par une science qui selon certains serait toute nouvelle et qu’avec pudeur ils appellent science de malade pour les malades, d’autres encore science d’un crétin pour les crétins. Il n’en demeure pas moins que l’ouvrage est loin de faire un tabac comme il le pourrait. (il faut dire qu’avec les efforts des différents gouvernement contre les addictions on verrait mal ce livre faire un tabac) Cela peut signifier qu’il s’agirait plutôt d’une science dite de con pour les cons, dans l’optique d’un langage dont le caractère un peu cru est de nature à resserrer les liens que chacune des parties de moi-même entretient avec celle devant demeurer unitaire. Le lecteur sera heureux d’avoir découvert par lui-même que j’en suis l’auteur et que je ne me cache pas du tout. Je, c’est-à-dire Hubert de la Faribaule, lequel ouvrage par ailleurs a été rédigé en italien dont on ne peut exiger jusqu’à l’impossible puisque précisément Hubert de la Faribaule est comme il a été déjà dit un psycho-poète c’est à dire que pris dans un tourbillon de silence dont le caractère bidimensionnel ne fait aucun doute (on comprendra par là qu’il est un assemblage de hurlements silencieux et de silences assourdissants) . En d’autres mots, le problème qui parait se poser est celui que nous tenterons d’aborder ultérieurement et qui concerne d’une manière indéniable les rapports et relations susceptibles d’exister entre les névroses et les psychoses.

Il m’apparaît qu’il soit et demeure possible que dans le cas d’une société réelle, ces rapports soient susceptibles de conduire et ce depuis des millénaires à des confrontations épiques entre les dominants psychotiques et les dominés névrotiques, ce qui en toute occurrence a conduit ou pu conduire à des bouleversements, parfois cocasses par leurs caractères démonstratifs et générateurs de mouvements économiques conduisant à des fortune immenses comme à des disettes dramatiques, mais aussi meurtriers.

Ainsi, il a pu arriver que nous même, H. De la Faribaule, excédé par son caractère d’excessive réserve ayons repris parfois par la force à un certain M.D une matière qu’il avait certes exposée avec un brio assez remarquable quoiqu’en langue italienne et en ne manifestant que de discret regrets pour une maitrise de la langue de Dante plus que perfectible. L’ouvrage en question « Chiacchierando Su Di Psico-Optomeria » « by Michel Dupouy », sera la base fondamentale du travail que nous aurons à conduire durant plusieurs années avec le jeune Monsieur X qui, je le sais maintenant n’est autre que Monsieur R.A.B de la Rémoulère.

Je sais par Maitre Rondelard depuis peu que Rodolphe Anatole Bertrand de la Remoulère est un homme de trente-cinq ans, que sa famille a possédé une affaire prospère dans le travail de la laine jusqu’à la moitié du vingtième siècle et possédé d’importants intérêts dans la filature de ce matériau et la production de tissus de grand relief. C’est lorsque l’industrie textile a commencé à décliner que le jeune R.A.B de la Remoulère a été envoyé, avec son agrément et pour conserver à ce jeune d’alors presque vingt ans, l’avantage de fortune accumulé par plusieurs générations de de la Remoulère qui dirigeaient alors un ensemble d’affaires dont une exploitation agricole dont les surfaces constituées de causses parfois arides s’étendaient sur plus de neuf cents hectares. La famille, était connue dans le milieu sud alpin autour de Gagny, (dont il a été déjà question dans le tome premier de l’ouvrage), comme austère et travailleuse, constituée d’hommes et de femmes, dotés par la nature d’avantages tant physiques qu’intellectuels ayant contribué au cours des décades et des siècles à façonner une réputation de force, de constance et d’aptitude à l’effort qui en général attirait le respect et conduisait certains adversaires potentiels sur chacun des plans de confrontation possible, à préférer une soumission tacite à toute rencontre de deux adversaires dans des joutes appelées à durer jusqu’à l’épuisement.

La dite famille n’était pas considérée comme cherchant à montrer une quelconque supériorité, pas plus physique, qu’intellectuelle ou économique. Rodolphe Anatole Bertrand était le benjamin de trois enfants dont les deux aînés étaient des filles, l’une le devançant de huit années à 43 ans et l’autre de dix à quarante-cinq ans. A trente-cinq ans, il était un vieux garçon dont on aurait pu dire qu’il demeurait jeune d’apparence et n’eût été un crâne déjà fortement dégarni à partir de la ligne de front et des tempes qui commençaient à grisonner, on aurait pu penser qu’il était encore un jeune homme ayant à peine mordu avec délicatesse sur une post-adolescence nonchalante. Bref, aurait été conduit à penser un observateur non averti, un gentil garçon qui profite de la fortune de papa et maman déjà bien servis par grand papy et grand mamys. Sauf que le grand garçon qui paraissait regarder avec placidité un avenir semblant devoir s’ouvrir à lui comme une terre de vallée porteuse de fruits dont le caractère de générosité paraissait ne devoir jamais cesser, était tout autre de ce qui paraissait n’être pas qu’apparence. Durant son séjour sur les terres lointaines de la Nouvelle Zélande, dont l’objectif était d’y apprendre l’élevage des ovidés en régime extensif, Rodolphe Anatole Bertrand de la Remoulère avait été conduit à étudier l’élevage des brebis et béliers, à se forger une idée claire sur la conduite d’un troupeau de plus de vingt mille ovins, ce qui lui permettait de demeurer ferme sur les moyens d’existence que lui devait sa famille, mais, en terre Néo-zélandaise les journées sont parfois longues et les rencontres inattendues bien que parfois coûteuses.

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Au moment où je me réveille en sursaut, je me rends compte je m’aperçois que Rondelard, à qui je ne donne plus du Maître, est parti. Il m’a laissé ce crétin de Médor qui n’a semble-t’il pas fini de bouffer la godasse de son ancien maître et qui de toute façon n’a pas dû se contenter du peu de moelle cirée qu’il a pu trouver dans cette foutue godasse. Il me regarde depuis l’autre côté du tapis, à deux mètres de moi. Ce sympathique bâtard de bouledogue et de pitbull garde la tête placée entre ses deux pattes avant, le museau largement étiré arrive au niveau de l’étui en cuir travaillé du porte clef de voiture de Rondelard. La bave séchée du monstre l’a recouvert d’une pellicule grasse qui me dispense d’y toucher.

C’est à ce moment-là que je m’aperçois, par les volets que j’avais pris la peine de tirer de manière à ne laisser qu’une maigre rai de lumière filtrant jusqu’à cette pièce, une petite demie heure avant l’heure prévue pour la visite du notaire, qu’il fait nuit. Il doit être au moins vingt heures me dis-je avant d’aller jusqu’à la porte des toilettes, pris que je suis d’une pressante envie de soulager ma vessie. Cela fait, au moment de libérer le flot parcimonieux d’eau azurée, mon œil fatigué tombe sur l’horloge murale qui surplombe le chambranle de la porte d’entrée de cette minuscule pièce. Il n’est pas vingt heures, il est huit heures. Nous sommes donc au petit matin d’un jour nouveau. Je ne suis plus le pauvre Hubert de la Faribaule, que tout le monde à vue il y a de cela quelques mois à l’inhumation de la pauvre mais belle Jacqueline qui voulait bien rendre quelques services et qui en fait en rendait, non, je suis Hubert de la Faribaule, celui qui malgré son air un peu dégingandé, après qu’il ne se soit couvert d’aucun diplôme, mais surtout de honte plusieurs fois, n’en a pas moins dissipé le contenu de plusieurs coffres dans un dépôt de banque, après et c’est là que se trouve la partie la plus belle, avoir fait accuser et condamner le directeur qui était d’ailleurs une vieille fripouille et qui buvait, ça c’est banal, mais pas que de l’eau , ce qui est plus grave. Je suis le conseillers spécial aux intérêts matériels, intellectuels, juridiques de Monsieur Rodolphe Anatole Bertrand de la Remoulère et à ce titre j’ai à charge comme me l’a indiqué Maître Rondelard, en même temps que Médor finissait d’enduire l’extrémité de sa godasse posée à quelques mètres, d’une bave épaisse et gluante mais aussi puante. Maître Rondelard avait d’ailleurs, il y a quelques heures de cela (environ douze à quatorze ), procédé avec, sans aucun doute une ironie destinée à me montrer qu’il entendait bien rester maître de la procédure en chacun des sens imaginables, autrement dit qu’il me prenait bien pour un peigne cul. Il avait dit nous sommes entre nous et je puis vous appeler cher confrère. Autrement dit ; Monsieur de la Faribaule, malgré tous vos diplômes il parlait sans doute de ceux que n’aie pas, vous êtes un crétin et je vous tiens bien pour ce que vous êtes ! J’avais bien vu venir Rondelard et j’avais compris le message surtout dans la partie demeurée hors toute formulation.

Rondelard outre qu’un Maître en certaines choses avait bien l’air de me prendre pour une bille et qui plus est en me payant rondement, avec l’argent des autres. Cela, je n’avais pas eu besoin de compulser l’énorme stock de documentation numérisée contenue sur des disques qui depuis longtemps n’en étaient plus, mais dix fois plus rapides que les disque tournants, des SSD, « solid state disk » et pas de la moindre marque, j’avais choisi l’une des meilleures, trois unités de stockage que j’avais agregées en RAID « sous une distribution Linux Fédora, version stable. Lorsqu’une nouvelle version de ce système venait au jour, je passais quelques heures dans un upgrade, qui en général ne me créait pas de réelle difficulté. Ainsi je disposais de l’ensemble des documents juridiques, scientifiques, et informatif dans les langues les plus usitées. Lorsque je ne trouvais pas ce que je cherchais dans l’une ou l’autre des bases documentaires officielles ni dans mes archives aussi bien purement romancées anticipatives que de science-fiction devenues des classiques, il me suffisait de lancer l’un ou l’autre de mes moteurs de créativité auquel j’appliquais l’un des préceptes de la rigueur en matière d’enquête ; [F.D.L.F.T.D.C.S.N.V, ( foi de la Faribaule, tous des cons s’il ne vole), ceci en parlant d’un petit avion mis en panne au cours d’une enquête à laquelle l’un de mes amis (l’inspecteur principal Alexandre Benoit Bérurier après qu’il se soit mis à suivre un régime allégé en calories et privatif de libertés (éviter de boire plus d’un litre de vin par jour et remplacer douze apéritifs anisés par de l’eau pure)]. J’avais en effet mis à profit une année universitaire sérieuse pour concocter durant quelque bref séjour aux diverses terrasses de la place de la Victoire à Bordeaux, un régime des liquides ingérés pour alléger quelque fardeau de cet homme qui était passé dans un imaginaire quelque peu perturbé, le mien parfois, pas celui d’Alexandre Benoit. Ainsi, certains préceptes que je m’étais moi-même fabriqués, maximes, théorèmes, postulats de toutes sortes, depuis que j’avais été capable de me tenir debout et d’aligner deux bêtises à la suite pour m’apercevoir que je pêchais vraiment par excès de gentillesse et de naïveté.

Je me rappelais en effet, qu’un soir, de retour d’une battue au renard qui est restée comme incrustée dans ma mémoire parce que j’avais sans le vouloir foutu un coup de fusil à un vieil oncle à moi, un de la Remoulère, s’il vous plait. Le vieux en question était passé chez moi, rue de la poudrerie ( on lira à ce sujet utilement ; De la Dérive Des Continents « en son versant psychanalitique tome 1», il m’avait copieusement engueulé, m’indiquant qu’avec tout ce qu’il avait fait pour les miens, il serait étonnant qu’il me félicite. Comme précisément il n’avait jamais rien fait, à ma connaissance, je me décidai à le mettre à la porte, ce que je fis sans ménagement. Je lui décochai deux ou trois coups de pied dans le postérieur qui partirent chacun en flèche, j’entends par là sous l’effet d’une intense mauvaise humeur et sans réflexion préalable d’aucune sorte.

Je ne compris que bien plus tard, lorsque je rendais visite une à deux fois par ans à ma famille, qu’il était bien possible qu’une distorsion majeure me handicape au niveau des rapports financiers qui existaient entre chacun des membres de la fratrie dont j’étais un élément. J’habitais en effet quasiment une maison dont le caractère majeur qui aurait pu figurer sur une nomenclature d’un agent immobilier chargé de l’expertiser aurait été sans doute d’avoir donné lieu à une moue de mépris avant de faire l’objet d’une coche au marqueur rouge, priant un agent commercial de s’en débarrasser au plus vite quel que soit le prix offert. Enfin j’avais appris par la suite qu’elle se trouvait dans un périmètre à risque pour les états de submersion décennale. Bref j’avais reçu une maison, qui paraissait à première vue de bonne constitution mais cependant ne présentait rien de comparable avec les deux maisons bourgeoises dans lesquelles chacun des autres membres de la fratrie, des de la Faribaule comme moi, se trouvait être, bien qu’à l’heure où je vous parle chacun des représentants, mâles tous deux, étaient décédés depuis longtemps.



Je me demande tout en procédant à ma toilette, puisqu’il est bien confirmé que Maitre Rondelard a quitté mon domicile hier au soir, et que j’ai dormi toute la nuit assis à mon bureau sans être dérangé le moins du monde dans mon sommeil, si je vais devoir accroître ma puissance et mes moyens informatiques, et finalement après une revue rapide opérée mentalement, je conclus qu’il n’en sera rien. J’ai fini de procéder à ma toilette, je me suis en effet douché, rasé, puis habillé. Au moment où une automobile s’arrête devant la maison. Je ne m’étonne pas lorsque je vois Sophie en descendre. Médor, a entendu et sans doute senti lui, que l’une de ses connaissances était arrivée. Il a manifesté cette perception avant même que la belle et perfide n’ait coupé son moteur et ne soit descendue de son véhicule. Je sais que la perfide et vénéneuse mais toutefois si belle, aime les petites anglaises. Celle-ci que je compare à une boite à savon doit être une mini Austin, un de ces petits bolides que les jeunes femmes affectionnent particulièrement. Sophie, que j’appellerais pour peu, la tueuse, a chassé je le sais sur des terrains plus giboyeux que celui qui paraît constituer son environnement actuel. Cette fille en digne héritière de la tribu Rondelard a d’abord dû accorder toute son attention aux jeunes diplômés des professions supérieures, médecins, notaires, avocats, cadres supérieurs du commerce et autres du même acabit. Ce n’est pas d’ailleurs que la jouvencelle n’ait pas eu un certain succès, bien qu’éphémère. La jeune (pas si jeune que cela) et innocente fille (pas si innocente, non plus), paraît depuis un certain temps être descendue d’un cran puisqu’elle parait décidée à m’accorder une attention que décidément à l’origine je n’avais pas sollicitée. Il semblerait que son coup le mieux réussi a été de me filer son foutu clébard à garder, je me demande d’ailleurs si l’animal n’est pas préalablement passé par une école du KGB moscovite ou son digne successeur pour se livrer à un travail d’espionnage en règle. La jeune femme, j’allais presque dire la jeune fille, dont je me demande maintenant si elle ne m’a pas rencontré alors qu’elle se trouvait en service commandé, a presque réussi sa première partie de pénétration de la sphère privée du camp adverse. Elle m’a filé Médor et je me suis attaché à ce connard de clébard à tel point qu’il m’est arrivé d’avoir avec lui de longs échanges du genre soliloque et je dois dire que ce monstre s’en est bien sorti en général, puisque parfois de notre explication prolongée a jailli la lumière dans la sphère de ce qui pourrait être nommé mon entendement, à charge pour les vrais analystes rationnels de rétorquer qu’en général cette clarté qui apparaissait à l’issu du soliloque le faisait à l’apparition du jour au moment où fraîchement lavé et rasé je me préparais à engloutir une platée d’œufs brouillés avec s’il vous plaît parfois des champignons des prés. En général, lorsque Médor, ce putain de clébard que je me surprenais parfois à vouloir voir crever dans d’atroces souffrances, surtout lorsqu’il me bouffait un pieds de chaise dans la cuisinette où je l’avais enfermé par inadvertance, lorsqu’il comprenait dans ces rares moment qui faisaient suite à de tels soliloques conclus avec bonheur et donnant parfois lieu à une expression de quasi béatitude venait poser son museau sur l’un au l’autre de mes pieds comme heureux d’avoir été un auxiliaire utile.



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Médor, je le vois à l’instant par la fenêtre du salon qui donne sur le jardinet, alors que Sophie attend hypocritement que j’aille au-devant d’elle pour l’accueillir comme elle semble penser être en mesure de le revendiquer, et que je la regarde en me demandant qu’elle vacherie cette petite garce blonde va pouvoir encore me jouer histoire de se fendre la pêche. Médor disais-je, n’est pas un vrai bouledogue pas plus qu’un vrai pitbull. Pour être un vrai bouledogue il devrait peser cinquante pour cent de moins et pour être un vrai pitbull il devrait mesurer au garrot presque vingt-cinq pour cent de plus.

Sophie se décide alors à porter son regard vers moi, m’aperçois ou fait semblant et s’avance vers la porte d’entrée de la maison. Je la regarde et à l’instant je me dis qu’il aurait bien mieux valu, lorsque j’ai fait sa connaissance, à l’occasion d’une imprudence de sa part alors que circulant à vélo elle parcourait sans aucune gêne apparente une tourne à gauche de façon telle que ce qui aurait dû se produire ne s’est pas produit grâce à ma promptitude à réagir et au bon état de ma bagnole. Après que je sois descendu de mon véhicule et lui ai demandé de m’excuser, (bien que n’ayant aucune responsabilité dans ce qui était arrivé ou plutôt qui avait failli arriver), la charmante personne, (je l’avais vue peut être de façon différente de celle avec laquelle je la voyais aujourd’hui) avait bredouillé ce qui paraissait être des excuses et exprimé un trouble dont j’ai pu m’apercevoir plus tard qu’il pouvait s’agir d’un affichage de façade qui, s’il était charmant parce que semblant spontané la première fois, il m’était vite apparu comme constituant une arme propre à défaire certains adversaires plus aguerris que moi.

La jouvencelle pendant que je me remémorais ces détails, qui somme toute avaient leur importance, était entrée dans la maison, elle n’avait d’ailleurs pas eu de mal, puisque comme je l’ai expliqué, mon sommeil concluant un quasi triomphe ( je le croyais à ce moment-là), s’était déroulé durant quasiment plus de douze heures sous la seule vigilance de Médor, qui au demeurant avait accompli un sans-faute puisque aucun malfaiteur ne paraissait avoir fait le moindre dégât et que par ailleurs, l’animal ne s’était même pas laissé aller à pisser durant ce laps de temps, ce qui paraissait relever presque du miracle.

La belle Sophie, arrivée dans mon antre, prend un air détaché, me tend une joue comme quelqu’un qui paraît accomplir plutôt une routine sans y accorder la moindre importance et me tend une enveloppe de papier bulle de format commercial qui, je le pense contient mon contrat qui me lie à Monsieur R.A.B de la Remoulère. Je m’en saisis, sans manifester la moindre émotion, me détourne légèrement et le pose négligemment sur un guéridon se trouvant là comme à propos. Sophie, (j’aurais dit la belle Sophie il y a encore quelques jours), me regarde comme on regarderait un animal étrange, un de ceux qu’on prend pour un rhinocéros ou encore pour un hippopotame mais qui tout à coup se met à voler en émettant des sortes d’éclair de lumières multicolores. Je n’ai pas envie de lui faire plaisir, pas du tout. Je suis rendu méfiant car il y a plusieurs semaines c’est un peu comme cela qu’elle m’a fourgué Médor, dont d’ailleurs je n’ai pas à me plaindre. Je me prends à penser que la gentille Sophie n’est pas tombée dans mes bras par un hasard qui pourrait être heureux si précisément il en était un. Cette jeune fille à la belle chevelure blonde paraît s’être rendue compte qu’une partie assez serrée est en train de se jouer et qu’elle en est une carte maîtresse. Le sourire qu’elle me décoche est une espèce d’hybride entre une promesse de rigolade et une rigolade déjà bien partie. Je sens que le clan Rondelard me destine à un jeu dont je ne possède pas l’entière distribution et d’ailleurs le jeune ou à demi jeune R.A.B de la Remoulère est susceptible de constituer un élément dont le contrôle sera ruineux pour ma personne.

L’abondante documentation constituée à grand renfort de moyens informatiques plus ou moins bricolés m’a permis de rechercher et de trouver quelques traits particuliers de ce beau jeune homme plus très jeune. Toutefois la documentation que je me suis constituée demeure limitée. Le sujet en effet n’a mis en œuvre que de rares activités demeurées d’un intérêt strictement privé et de peu de relief. Aucune biographie, aucune présence dans le whois who. Je sais simplement que le charmant garçon a quelques ombres au niveau de quelques dossiers de police dont je n’ai pas pu me procurer de vrais éléments concrets. A ce jour, il demeure vierge, manifestement de toute condamnation pénale et de toute action civile en réparation. Sur le plan de ses fréquentations, aucune extravagance n’est signalée. Les ombres signalées comme possibles consisteraient en de très anciennes parties de poker ayant entraîné des pertes consistantes en fin d’adolescence que la famille aurait honorées par peur de scandale. Cette tendance marquée au jeu et à une certaine débauche aurait voisiné avec de puissants éléments de prodigalité, d’oisiveté et d’intempérance. Ce parait pouvoir être en rapport avec ma désignation par Maître Rondelard, dans un premier temps, acceptée, par moi-même, en qualité de conseiller général et spécial du jeune de la Remoulère.

Cette version des faits qui me vient non pas de ma documentation très puissante parce que massivement "computée", mais d'un copain camarade avocat des causes perdues et qui après quelques déboires professionnels, a fini dans l'environnement des de la Remoulère. Il m'a fallu pour réunir ces informations, que j'étais peut-être le seul à ne pas connaître, me fendre d'un modeste repas à la seule cafétéria de mon quartier, (à deux pas de la rue de la poudrerie) et de beaucoup de finesse pour obtenir cette précision qui paraît du même prix que le repas que j'ai offert à ce camarade. Nous avons parlé de beaucoup de choses lui et moi. Lorsque nous en sommes arrivés à évoquer nos bonheurs respectifs en matière d'affection, et que sans avoir le moins du monde été sollicité par des restes d'idées salaces ou même simplement par une quelconque envie de vantardise, j'ai distingué un soupçon de sourire qui paraissait comme cachant une ironie naissante. Je n'étais pas dans un état d'amitié suffisant pour considérer qu'il serait souhaitable ou simplement sain de me livrer à un interrogatoire digne de celui d'un inquisiteur, en remplaçant toutefois la torture par un jeu complexe de confidences incitatives à l'épanchement. Nous regagnâmes la voiture de mon invité et quelques dix minutes après nous nous quittâmes devant mon domicile sans effusion excessive après qu'il m'eut remercié mollement. Lorsque j'eus ouvert la porte d’entrée, plus de dix minutes s’étaient écoulées, j'avais en effet eu le tort d'accepter que cet ami me reconduise chez moi et nous avions rencontré trois feux rouges four faire un demi-tour de ville, ce qui m'aurait pris beaucoup moins de temps à pieds.

Toutefois, je considérais que ce temps que finalement je n'aurais employé à rien de bien utile si je n'avais pas mangé avec cet ami, n'avait pas forcément été perdu puisque j'avais un tuyau bien que vague de ce qui avait pu motiver Rondelard à m'engager comme conseil auprès de R.A.B de la Remoulère. Je savais dès maintenant que Sophie, une belle jeune femme si je puis dire, pouvait avoir elle aussi quelques ardoises, au moins sur le plan affectif et qu’il faudrait bien, tout au moins si elle entendait persister dans une idylle qui pour moi n'en était pas vraiment une, apurer un certain passif susceptible d'assombrir quelque peu nos relations.

Je décidai de me mettre au lit, c'était sans avoir pensé que j'avais quelques obligations à l’égard de Médor qui me regardait en remuant son moignon de queue qui n'était que sa façon de me rappeler à mes devoirs (lesquels devoirs n’avaient nullement été formalisés par un pacte pas plus civil que d’habitat contractuel) . Je lui distribuai donc sa ration de croquettes, et d'eau dans une vaisselle en aluminium de pacotille sans doute, mais fraîchement lavée.

Cet animal, que j'aurais dans un premier temps conduit à la fourrière après avoir balancé un coup de pied au cul de le garce de Sophie, et qui n'a dû son salut qu’à son regard bonasse dénudé de tout caractère de cruauté comme on en rencontre chez beaucoup de pitbull, possède toutes les qualités. Je suis heureux de lui offrir après une bonne platée de croquettes accommodées comme chez grand-mère et accompagnées d'un plein baquet d'eau fraîche, de venir se coucher nonchalamment près de la cheminée dans le salon. Cette cheminée que j'ai depuis peu, apporte un confort certain. Elle dispense une chaleur et une intimité jusque-là insoupçonnée de moi. Ses quelques diodes électro luminescentes ne consomment que quelques micro watts (le lecteur se référera utilement à l'ouvrage "De la Dérive des Continents (en son versant psychanalytique) tome 1, qu'il trouvera à l'aide de son navigateur internet à l'adresse ; https://www.smashwords.com/books/view/674574 .

Médor, comme à son habitude, fait aller et venir ses mandibules, comme si un mécanisme quasi rémanent lui permettait, ayant dégusté son repas, d'en apprécier un second. Ce grand "gousier", bientôt lâche un rot qui comblerait de joie un vétérinaire spécialisé en nutrition animale, je l'entends encore durant quelques trente à cinquante secondes qui paraît rechercher une position optimale sur la couverture qu'il a délicatement arrachée au bas de mon lit et enfin un silence quasi intégral enveloppe la rue de la poudrerie. Je pourrais dire de la rue dite de la poudrerie, qu’elle est devenue un écrin et que même un enfant en bas âge y dormirait comme doivent le faire tous les bienheureux.

Je me demande alors au bout de quelques instants par quoi je vais commencer ma journée de demain. On est vendredi, le printemps a déjà commencé à instiller dans les corps, et les âmes quelques prémisses d'esprit nouveau. Les regards paraissent être plus directs, les sourires qui parfois révèlent encore des dentitions toujours préhensiles, sont plus prompts à jaillir. Les jeunes femmes et adolescentes me paraissent apporter une touche de fraîcheur et de gentillesse à des paysages et des mœurs dans lesquelles trop d'automatismes paraissent avoir formé des indurations. Les cœurs en leur parties censées supporter les âmes bien que prisonniers d'amalgames parfois lourds et putréfiant, paraissent en majorité chercher à s’ouvrir comme pour apporter non d'innocentes nouveautés mais une parfaite connaissance des réelles faiblesses qui paraissent être le lot commun de chacun des êtres qui peuplent cette terre.

Demain, j'aurais à demeurer comme en chacun des jours qui viendront, prudent et avisé.

Étant, depuis très peu de temps une sorte de tuteur d'un jeune homme ou plutôt d’un homme encore jeune, Monsieur R.A.B de la Remoulère n'a en effet que trente-cinq ans, je me dois de poser sur cette personne un regard privé de tout a priori. Je suis en effet à la fois une sorte de superviseur tant sur le plan de la connaissance juridique que, si l'on peut dire, un référent en matière de comportement et enfin, j'aurais comme il m'a été précisé la charge de conserver s'il en est possible une attitude de mesure, d'équilibre, d'ouverture qui en toute occurrence devra soit ramener le jeune homme dans le sillage de ce qui a fait depuis de nombreuses générations des de la Remoulère une famille dont le standard de dignité et de renommée est demeuré inaltéré ou en tous les cas n'a souffert d'aucune altération autre que celles inhérentes à ce qui différencie le vivant du simple organique. Jusqu'à ce jour, R.A.B de la Remoulère demeure un quasi complet inconnu. Je l'ai, à l'occasion d'une fête de campagne ou d'un voyage à la métropole de région croisé sans qu'aucun regard ne soit intentionnellement échangé. Nos deux vies, chacun pourrait l’affirmer, se sont jusqu'à ce jour ignorées. Aucun de nous deux ne s'est, de façon quasi certaine, soucié de procurer ou provoquer le moindre bienfait devant motiver une reconnaissance pas plus que la plus petite contrariété ni préjudice de nature à motiver par l'un ou par l'autre un mobile pour une pensée ou une action gratifiante pas davantage que pénalisante. Je me trouve donc dans la situation d'un conseil en psycho-optométrie sans d'ailleurs avoir le moins du monde reçu la moindre formation en dehors de quelques séjours volontaires en situation d'internat. ( le lecteur se référera à l'ouvrage en langue italienne parfois approximative, à l’aide de son navigateur internet en se rendant à l'adresse; https://www.smashwords.com/books/view/674574 )

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Lorsque le lendemain matin, je suis réveillé en sursaut par les grognements de Médor, il est huit heures. Le jour est largement levé, j'aperçois une rai de lumière entre les rideaux disjoints à la fenêtre de ma chambre.

Médor renifle, la pointe du museau collée au bas de la porte. Une clef essaie de s'engager dans la serrure, rencontre la mienne déjà présente. Je comprends que Sophie, est déjà là. Elle seule me rend visite. A cette heure-ci, elle doit vouloir me surprendre au lit. Je sais comment cela va se passer. A onze heures, elle prendra un air contrit et m'indiquera qu'il est trop tard pour prévoir une sortie pour manger à l'extérieur. Elle proposera de se remettre au lit un moment et lorsque nous ferons à nouveau surface, il sera midi et demi voire treize heures. Elle prendra un air désolé, faussement désolé, et elle s'allongera à nouveau. Son corps nu s'abandonnera entier, prêt à se prêter aux outrages. Ce genre d’exercice, répété plusieurs fois jusqu'à seize heures ou dis sept heures. Elle se lèvera ainsi, plusieurs fois, déambulera sur le sol nu en bois de la chambre et reviendra à chaque fois toujours aussi nue et innocente tenant un plateau de très sérieux Saint Emilion rouge dont elle sait que j’en raffole. Il y aura aussi une demi parisienne et une cassolette de cassoulet au confit de canard. En fait, ce qui lui plaît, c'est qu'un hommage lui soit rendu toute la journée en des séquences courtes mais nombreuses.

Sophie a des tendances à l’hystérie marquées par des besoins sexuels dévorants. Elle apprécie et recherche plus que de raison les attentions et compliments même si elle sait que ces attentions sont motivées chez le partenaire potentiel par une pure recherche de plaisir. Elle se montre généralement sous un jour de sérieux qui peut laisser croire, au début d’une relation, au caractère dominant dont le focus est principalement relatif à l'argent.

Derrière une apparence de douceur et de sensibilité appuyée sur un fond culturel paraissant abondant et de qualité, qu’elle s'efforce de laisser remarquer avec adresse, elle est une calculatrice d'habitude, atrocement calculatrice. Son excellence dans la dissimulation ne parvient toutefois pas bien longtemps à donner le change. Elle déclenche en général des poussées de bienveillance exacerbée qui sont de courte durée tant le caractère outré du jeu d'innocente séduction est sinon grossier mais fréquemment visible. En deux mots elle est une chasseresse qui part en campagne avec des armes plus que légères et presque inoffensives mais investit par contre massivement sur la partie épices et condiments tant elle a une vue claire sur la façon dont elle accommodera la volaille fraîchement abattue. Hélas, il arrivera fréquemment que ce gibier déjà pour partie accommodé au cours de longs délibérés secrets, de rêves éveillés voire de quasi délires recevra par mégarde l'un de ses accommodements prêts à l'emploi sur le crâne ce qui anéantira encore une fois des préparatifs, minutieux certes mais précipités. Ainsi le coq de bruyère tant convoité s'envole sans espoir de retour fuyant vers l'horizon au-dessus de la lande, l'alouette dissimulée et craintive qui attendait le retour du seigneur, cachée dans un chaume d'où quelque grain demeuré là sous l'andain la nourrissait, s'ébroue et disparaît, le faisandeau alerté qu'il devient de sa prochaine fin se tire et ne revient !

Sophie, bonne perdante ne désespère et un peu comme mégère, serre les dents, ne s’exaspère, regarde au loin ne voit rien qui soit mieux que d’attendre l’ortolan qui lui par vols entiers revient, se signale par un chant qui l’annonce depuis le lointain comme innocente proie pour celui qui attend et y croit. Sophie sait pour avoir observé le vieux Rondelard mi dieu en ce milieu campagnard mi renard comme en atteste ces fils d’argent demeurées en quelques broussaille où les goupils à dû trousser en vitesse puis détaler comme pour s’abriter de quelque danger. Goupil est celui qui ne parle mais voit. Le maître n’a pas tout dit de ses nombreuses et parfois cruelles expériences, il sait depuis longtemps que les pièges pour être efficaces doivent s’il se peut, être sur un coté bien mielleux, présenter à celui qu'on convoite, qui du bonheur est envieux et s’il peut, doit par une subtile et diabolique malice convaincre sa victime, telle qu’entrevue si possible niaise et parfois déjà volontaire pour le sacrifice d’autant que les amours prochains sonnent le trépas de ce qui sans avertir peut ressembler ici-bas à d’imprudents et bien nombreux faux pas générateurs de blessures préjudiciables et cruelles jusqu’à y laisser quelques abats.



Nous sommes alors, Sophie et moi, en ce beau dimanche matin, après une nuit passé en certaines attitudes dont à tout le moins il apparaît qu'elles aient alterné entre quelques altitudes, mais aussi en certaine "mornitudes" ou bien aient ressemblé autant de platitude. Il n'en demeure pas moins que cette adorable jeune femme, alors  que je me suis levé de bonne heure, sept heures environ, me suis rendu ensemble avec Médor, gardant toutefois pour la bonne compréhension de moi-même et des choses la suprématie, telle que je la conçois en ce qu'elle m'est indispensable si ce n'est pour le bon déroulement d'un ensemble de mécanismes quasi organiques mais surtout en ce que la dite suprématie est nécessaire à l'économie des différents commerces entre les différentes parties de ma personne et en ce que celle-ci souhaite et se permet de revendiquer une certaine unité. Nous avons, le mastodonte et moi, parcouru bientôt quelque quinze cents à deux mille mètres lorsque brutalement nos voies divergent. Médor d'un air innocent s'est mis en attente, appuyé sur son train arrière, il paraît attendre que je m'engage plus avant, m’aperçoive de mon erreur et revienne vers lui à l'entrée de l'autre branche située sur la gauche et constituée d'un sentier déjà bien marqué par des passages de randonneurs et autres, fréquents et tentateurs. Je m'aperçois de tout cela alors que précisément je suis revenu auprès de mon animal, qui m'observe sans aucune rancune apparente. N'avais-je pas parlé de suprématie, de ma suprématie. Je m’aperçois que Médor qui est déjà passé ici en ma compagnie deux à trois fois, possède une bien meilleure mémoire que moi. Je souffre en effet, je le sais depuis longtemps d'une capacité mnésique largement imparfaite, qui me laisse parfois démuni face à certains événements qui chez d'autres personnes produiraient un résultat apparemment probant même si parfois erroné.

Un monstre, ce brave Médor, monstre de gentillesse, de calme, et d’appétit. Le bougre pèse comme deux et mange comme quatre. Pour l'instant, après que je me sois engagé comme il me l'a fait remarquer et avec lui, dans le sentier qui est, celui que j'aurais dû reconnaître et emprunter, après une large boucle de contournement nous nous présentons à l’extrémité de la rue de la poudrerie, ou ma petite maison figure toujours en bonne place.

Je trouve Sophie seulement vêtue d'un T-shirt qui lui descend jusqu'à mi-cuisses quelle peut montrer sans honte, ce qu’elle fait sans aucune gêne. Elle se trouve dans ma kitchenette où on ne tient quasiment qu'à deux lorsque l'on mange à la petite table. Elle est en train de faire quelques crêpes ce qui ne manque pas de me surprendre. Ainsi, j'apprends qu'elle a l'intention de me conduire cher les Rondelard, en me tenant par une oreille s'il le faut et qu'elle s'est mis en tête que nous nous présenterions aux environs de midi aux Myosotis, c’est la villa qui abrite les époux Rondelard à quelque quinze minutes en voiture et que nous serions porteurs du dessert pour le repas de midi. Lorsque je fais remarquer à la donzelle qu'elle aurait pu me demander mon avis et surtout m'avertir, je vois comme un geste de colère s'esquisser et la sens prête à sortir de ses gongs, mais finalement le calme prévaut et c'est avec un délicieux sourire qu'elle m'indique avec un air de fausse déférence envers l'intéressé que Maître Rondelard me réserve quelques surprises. J’évite la dispute que je sens en préparation, toujours pas décidé à me satisfaire d'un coup bas comme celui qu'elle a concocté à mon insu. Je reviens à la partie attribuée à mes affaires que j'appelle pompeusement mon cabinet.



Mon "cabinet", j'aime bien ce terme car il laisse persister une ambiguïté que d'aucuns pourraient qualifier comme étant de mauvais goût et indigne de quelqu'un de mon âge. Pour moi, il persiste à me situer comme rien tout en étant malgré tout quelque chose, quelqu'un. Je suis, si je puis dire l'aboutissement, ou plutôt le départ à nouveau, je l'espère, d'une ruine aboutie, celle des de la Faribaule, vers autre chose, un autre état. Il me semble, que je me trouve être celui qui ayant été précipité au fond d'un puit comme si quelqu'un avait voulu se débarrasser d'une chose dégoûtante, d'une merde pour ainsi dire, je me retrouvais tout à coup m'ébrouant à la surface d'une onde peut être guère brillante dont l'odeur, loin d'être très agréable, m'étant déjà connue pouvait rencontrer un quelconque agrément. Il m’apparaît donc en regardant le monde, que je suis une espèce de malotru qui pense (mal peut être mais c'est une autre question), qui respire, qui mange, bref qui présente tous les signes caractéristiques de la vie, sans rien coûter ou si peu à la société.

Je suis un de la Faribaule et ma famille ou ce qu'il en reste, paraît n'être plus autre qu'un ramassis de personnes qui ne présente pas davantage que les autres de défauts ou de vices qui se rencontrent chez autrui. A la sortie de ce puits, je m'interroge d'une façon qui pourrait être encore une invite à peine dissimulée de réintégrer cette masse liquide et de m'y laisser contenir par je ne sais quelle loi faite de fatale désespérance en même temps que de lâche abandon. Il n’y a que bien peu d'aspérité auxquelles je puisse m'accrocher. Je sens, entends ou crois entendre et vois les difficultés qui paraissent surveiller de près les téméraires, hasardeux brouillons qui paraissent croire que la société qui les attend là dehors est faite de généreuses intentions. Un écho me parvient qui paraît d'un seul coup se scinder en plusieurs branches un peu comme si un rayon composite formait un faisceau dont l'inébranlable dureté sitôt que parvenu à la lumière se dissociait en une infinité de composantes dont une particularité pouvait être de graviter autour d'un centre un peu comme l'âme d'une structure, une sorte de médiateur qui au fil du temps arbitrerait entre divers éléments solliciteurs rangés par la voie des contraires. L'équilibre toujours précaire de ces milliers d'éléments lancés dans des querelles folles, revenus d'un long voyage au creux de ce magma infâme et parvenant au jour, n'a de cesse que d'accaparer et l'espace et le temps pour faire ce qu'en soi tous feraient s'il n'y avait ce que certains nomme le moi et dont chacun s'il n'en a connaissance ou bien rendu comme on le croit craintif comme il se doit demeurent en quelque équilibre sans qu'il ne se voit.



Tout à coup, j'entends ce qu'il me semble être un mugissement qui pourrait bien être une quelconque alarme annonçant quelque malheur encore l'un de ceux qui à la société procure quelques heurts, de ceux peut être dont un humain réclame la présence pour justifier les peurs.

Non, ce n'est que Sophie qui ayant fini ses quelques six douzaines de crêpes réclame de Médor qu'il évacue la pièce et, n'étant que mollement obéie paraît avoir appuyé sa demande d'un coup de pieds dans le flanc, adroitement tiré.

Cette jeune femme de laquelle j'ai pu dire qu'elle était certainement une comédienne ambitieuse et au demeurant sans doute dangereuse, m'apparaît tout à coup comme une beauté rayonnante mais aussi peut être une tueuse. Elle a passé le reste de ses vêtements, ou plutôt remplacé son T-shirt qui paraissait recouvrir simplement une tenue plus que légère au-dessous. Je me dis à l'instant que si en plus d'être assez mignonne elle était intelligente comme elle le prétend, et un peu plus riche, elle pourrait éventuellement me procurer quelque bonheur. Mais ce bonheur sitôt qu'entrevu, paraît se recouvrir d'un voile de réserve. Serait-ce là-bas presque au firmament qu’apparaît la bonne vierge, celle qui aux enfants montre ce que sont les sages et leur apprend à se méfier de l'air des plus hauts étages. Par tous les dieux me dis-je, j'étais jusqu'à ce jour bien trop confiant. Ainsi cette beauté, après que bien boostée et soudoyée par un milieu auquel je suis étranger me donnera bien vite une vie quotidienne confinant au malheur. Quelque étrange refrain le même que dans un murmure le paysan envieux de rendement chante à son vieil âne rabaissant le chanfrein pour d'une main habile lui passer le harnais tel que le pauvre derrière son œillère ait à tirer vers l'avant si bien la herse que le brabant, accompagné qu'il est par le brave paysan muni d’un long bâton et s’il le faut en son extrémité d’un perfide aiguillon. N'y a-t-il pas parfois quelque flacon de poisons variés qui présente une attractivité à même de faire fondre les résolutions les plus fortes. Ainsi la belle Sophie, avec un charme et une prestesse qui me laissent entrevoir les délices dont au demeurant je connais quelques détails, ce qui ne manque pas de provoquer quelques lassitudes. La charmante jeune femme qui au demeurant me renvoit un profil dont la pureté n’est altérée que par quelques réminiscences de péchés dont on pourrait dire qu'il sont de commission, mais queue diable, est que l'on sort d'une nuit d'amour dans une maison de célibataire ou de la révision d'une séance paroissiale de préparation à une communion solennelle.


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