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RIEN DE SPéCIAL











Rien de Spécial


Copyright © Novembre 2014, A. E. Via


Couverture par Jay Aheer de Simply Defined Art


Traduit de l’anglais par Bénédicte Girault


Relectures et corrections : Clotilde Marzek-Boulée, Yvette Petek,



Tous droits réservés

Reproduction interdite / do not copy

« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les “copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective” et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, “toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite” (alinéa 1er de l’article L. 122-4). “Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.”





© 2017 Men over the Rainbow pour la présente édition française

ISBN : 979-10-96349-13-5

RECONNAISSANCE DES MARQUES





L’auteur reconnaît le statut de marques déposées et les propriétaires des marques mentionnées dans cette œuvre de fiction.

21 Jump Street : Columbia Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), Relativity Media

44 Magnum : Aldila, Inc.

Air Jordans : Nike, Inc.

Ardesia Stone : Pavestone

Brokeback Mountain : River Road Entertainment & Focus Features

Cap’n Crunch : The Quaker Oats Company

Coke : THE COCA-COLA COMPANY

Converse : Converse, Inc.

Coors Light : Coors Brewing Company

Corona : Crown Imports LLC 

Desert Eagle : Magnum Research, Inc.

Easy Bake Oven : Hasbro

Facebook : Facebook, Inc.

Atlanta Falcons : NFL Enterprises LLC.

Food Network : Television Food Network G.P. 

Ford Explorer & F350 : Ford Motor Company

Google : Google Inc.

Grand Theft Auto : Rockstar Games, Inc.

Guns & Ammo : InterMedia Outdoors

Harley-Davidson : H-D

Hennessy : HENNESSY

Hustler : Larry Flynt

Jacuzzi : Jacuzzi, Inc.

K-Y Jelly : Johnson & Johnson

Keurig : Keurig Green Mountain, Inc. 

La-Z-Boy : La-Z-Boy, Inc 

Levi’s : LEVI STRAUSS & CO.

Lifetime : Lifetime Entertainment Services, LLC, a subsidiary of A+E Networks.

Micarta : Industrial Laminates / Norplex, Inc.

Muscle & Fitness : Weider Publications, LLC, a subsidiary of American Media, Inc.

NASCAR : National Association for Stock Car Auto Racing, Inc.

NyQuil : Procter & Gamble

Phenergan : Pfizer Inc.

Playstation : Sony Computer Entertainment America LLC

Ray-Bans : Luxottica group

SportsCenter : ESPN Internet Ventures

Washington Redskins : NFL Enterprises LLC.

Saving Private Ryan : DreamWorks Pictures, Paramount Pictures, Amblin Entertainment

Similac : Abbott Laboratories

Colt Slick : CeC Products, Inc.

Smith and Wesson : Smith & Wesson

Starbucks : Starbucks Corporation.

Superman : DC Comics, A Warner Bros. Entertainment Company

Timberland : Timberland LLC

TracFone : TracFone Wireless, Inc., a subsidiary of America Móvil

Twilight : Summit Entertainment (presents)

Velcro : Velcro Industries B.V.

YouTube : Google Inc.





REMERCIEMENTS







Un merci très spécial aux Sœurs LaSalle (Stephanie, Cheryl et Iza) de Man2Mantastic.Blogspot.com pour avoir écrit le synopsis et avoir trouvé un titre génial pour ce magnifique travail. Vos jeux de mots sont absolument phénoménaux. Merci énormément de m’avoir aidé à tenir ma deadline très serrée. C’était un plaisir de travailler avec des femmes aussi talentueuses. Vos avis et retours m’ont véritablement aidé à développer l’hilarante intensité entre Cash et Leo. Cheryl, je suis impatiente de voir le trailer !





TABLE DES MATIÈRES







REMERCIEMENTS

TABLE DES MATIÈRES

PROLOGUE : SA FAÇON D’ÊTRE

CHAPITRE UN : Oui, nous sommes les pires

CHAPITRE DEUX : Tu me vois, tu ne me vois plus

CHAPITRE TROIS : Rencontrer la famille

CHAPITRE QUATRE : Que diable se passe-t-il ?

CHAPITRE CINQ : Je ne suis pas dupe

CHAPITRE SIX : Merci à l’application de repérage

CHAPITRE SEPT : Une nouvelle perspective

CHAPITRE HUIT : Il est temps de changer

CHAPITRE NEUF : Bon flic, flic très en colère et effrayant

CHAPITRE DIX : Tu n’entres pas ?

CHAPITRE ONZE : Où est God ?

CHAPITRE DOUZE : Tomber et ne pas se relever

CHAPITRE TREIZE : Autant se mettre à l’aise

CHAPITRE QUATORZE : Jouer au docteur

CHAPITRE QUINZE : Déteste être sans défense

CHAPITRE SEIZE : La querelle

CHAPITRE DIX-SEPT : Je veux qu’il revienne

CHAPITRE DIX-HUIT : Je veux qu’il revienne aussi

CHAPITRE DIX-NEUF : Au diable tes excuses

CHAPITRE VINGT : Oh. Mon. Dieu !

CHAPITRE VINGT-ET-UN : La vérité est révélée

CHAPITRE VINGT-DEUX : Peux-tu encaisser la vérité ?

CHAPITRE VINGT-TROIS : Il est à moi. Bas les pattes !

CHAPITRE VINGT-QUATRE : Le plus gay de tous

CHAPITRE VINGT-CINQ : De partenaires à amants, à… oh, non… Retour à coéquipiers

CHAPITRE VINGT-SIX : Supers Flics

CHAPITRE VINGT-SEPT : Avez-vous déjà rencontré le diable ?

CHAPITRE VINGT-HUIT : Une vérité

CHAPITRE VINGT-NEUF : Je ne peux pas te perdre

CHAPITRE TRENTE : Te rendre complètement fou

CHAPITRE TRENTE-ET-UN : Sommes-nous tous liés par l’amitié, maintenant ?

CHAPITRE TRENTE-DEUX : Visite surprise

CHAPITRE TRENTE-TROIS : Le petit frère – pas si petit

CHAPITRE QUATRE : Que diable se passe-t-il ?

CHAPITRE TRENTE-CINQ : Maman, je suis à la maison

CHAPITRE TRENTE-SIX : Ne me traite jamais de pute !

CHAPITRE TRENTE-SEPT : Trop beau pour être vrai

CHAPITRE TRENTE-HUIT : Réunion entre amis

CHAPITRE TRENTE-NEUF : Faisons-le… C’est l’heure de jouer

CHAPITRE QUARANTE : Un genre d’amitié particulière

CHAPITRE QUARANTE-ET-UN : Le plus beau cadeau de tous

CHAPITRE QUARANTE-DEUX : Le second plus beau cadeau de tous

CHAPITRE UN : Les apparences sont parfois trompeuses

À PROPOS DE L’AUTEUR

ÉGALEMENT PAR A.E. VIA















PROLOGUE : SA FAÇON D’ÊTRE



— Je m’attends à ce que mes officiers soient diligents, dévoués, concentrés et qu’ils travaillent ensemble en tant qu’unité. Plus important encore, je souhaite que mes officiers ne se fassent pas tuer.

Le détective Cashel Godfrey gémit et roula des yeux à la déclaration évidente du capitaine quant à leurs objectifs. Il était pratiquement certain que tous les officiers qui venaient juste d’être diplômés de l’académie n’avaient aucune envie de mourir de sitôt. Quinze nouvelles recrues étaient pressées dans la salle de réunion, anticipant avec impatience de savoir avec qui elles seraient appariées et à quel moment elles seraient en mesure d’arpenter les rues. Le complexe du héros était toujours évident dans leurs yeux.

Godfrey tenta d’examiner discrètement les visages fraîchement rasés. Il ne reconnut aucun d’entre eux. La plupart des bleus ressemblaient à un cliché : cheveux gominés, de gros biceps tatoués et des Ray-Ban reposant sur leur cou épais. Essayant de rester discret pendant qu’il les fixait dans les yeux – il cherchait à vérifier s’il pouvait établir une connexion avec son futur partenaire. Il n’était pas prêt aux prunelles marron clair qui étaient verrouillées sur lui, sans cligner des paupières.

Godfrey remarqua rapidement le physique élancé et fort. Bien qu’il soit assis, il savait qu’il ne devait pas mesurer plus d’un mètre quatre-vingt. Ses cheveux étaient blond foncé, dénués de produit et plus longs que ce qu’il attendait d’une nouvelle recrue. Son ombre de barbe de cinq heures à la mode était déjà présente à huit heures du matin. Inconsciemment, Godfrey saisit son bouc bien taillé et vit l’homme relever un coin de sa bouche, le regard toujours fixé sur lui.

Ses bras étaient croisés sur sa poitrine et la chemise d’uniforme à manches courtes, en polyester bleu, lui permettait de jeter un coup d’œil sur le crâne et les os croisés tatoués sur son biceps gauche. Godfrey dut plisser les yeux pour discerner les lettres simples imprimées sur le badge de huit centimètres, juste au-dessus de sa poche droite. DAY. Quand il releva les yeux, il remarqua que les orbes intelligents de Day l’évaluaient tout aussi attentivement.

Godfrey entendit le capitaine frapper des mains une fois, brisant leur duel de regards.

— Très bien, officiers, vous passerez la majeure partie de la journée à l’administration afin d’obtenir vos identifiants et vos mots de passe pour la base de données. Il y aura également quelques personnes pour vous faire faire le tour du poste : salles d’interrogatoire, cellules de détention, salle d’enregistrement, gymnase, vestiaires, bla-bla-bla…

Il marqua une pause. Le capitaine dévisagea durement tous ceux qui se trouvaient dans la pièce.

— Lorsque vous aurez fini pour aujourd’hui, je veux que vous rentriez tous chez vous pour baiser vos femmes et embrasser vos enfants, parce qu’à partir de demain, je me foutrai totalement de vos heures de bureau… vous êtes ici jusqu’à ce que je vous dise que vous pouvez partir. Je possède vos culs de novices jusqu’à ce que vous me prouviez le contraire. Compris ? Des questions ?

Sa voix résonnait dans la petite pièce.

Godfrey vit Day lever deux doigts.

— Qu’y a-t-il, Officier Day ?

Le capitaine tourna un regard sévère et dur sur l’homme en question, qui affichait déjà un sourire sarcastique.

— Et si on n’a pas de femme à baiser, monsieur ? déclara Day, sa bouche tremblait, essayant de cacher son amusement.

— Alors, baisez votre petit ami, Day, je m’en contrefous, assurez-vous simplement de pouvoir quand même ramener votre cul ici à minuit trente demain, grande-gueule.

Le capitaine saisit ses papiers, puis s’éloigna du podium avant de quitter la pièce.

— Oui, monsieur, murmura Day après le claquement de porte du capitaine.

Les hommes commencèrent à rassembler leurs affaires, se préparant à quitter la salle. Godfrey s’attarda, observant l’officier Day prendre son téléphone portable et utiliser un mince stylet pour manipuler le petit écran.

— Bien, au moins, nous avons repéré le pédé dès le début, alors nous savons de qui protéger nos attributs dans les vestiaires.

Des rires résonnèrent dans toute la pièce.

La tête de Day se releva lentement et montra ce que Godfrey supposait être son expression agacée contre le flic en devenir à la 21 Jump Street, qui s’était arrêté pour voir s’il pouvait énerver Day, tout en assurant sa réputation d’homophobe et de connard.

Godfrey contourna la table, approchant le mec par-derrière et, immédiatement, Day se verrouilla sur ses yeux, par-dessus l’épaule du crétin.

Day jeta un coup d’œil sur le badge du gars.

— Je pense que ta petite bite est en sécurité, Ronowski… tu n’es pas mon genre de toute façon. J’ai une règle stricte qui n’implique aucun bâtard. Maintenant, bouge de là !

— Oh ! Alors, tu es une pédale sélective. Je pensais que vous autres, vous baisiez avec n’importe quelle queue disponible, ricana son collègue.

— Je ne baiserais pas avec toi même si ta bite crachait de l’or liquide.

Day le railla pendant que quelques autres officiers s’esclaffaient.

Ronowski fit quelques pas pour se rapprocher de Day et soudain, les choses devinrent véritablement sérieuses, amenant plusieurs policiers à s’avancer plus près.

— Assure-toi simplement de rester loin de moi, lèche-cul !

Godfrey remontait la rangée quand il vit Day ranger son portable dans sa poche, ricaner, et pousser le côté de son nez avec son pouce, signe révélateur qu’il se préparait à frapper le trou du cul.

— J’ai dit : bouge de là, grogna-t-il, ses prunelles noisette furieuses, désormais de la couleur de l’ambre brûlante alors qu’il comblait la distance entre son intimidateur et lui.

Godfrey se trouvait directement derrière l’imbécile, totalement inconscient de sa position, pris en sandwich entre fureur et dégoût. En fait, Godfrey était au-delà de blasé. Il n’arrivait pas à croire qu’il y avait encore des gens avec cette mentalité de plouc. Il avait dû faire face aux préjugés et à la bigoterie durant toute sa vie, ayant grandi à Clayhatchee, Alabama. Juste au moment où il pensait y avoir échappé… ils montraient de nouveau leurs têtes hideuses.

Le connard tourna les talons et s’encastra dans la large poitrine de Godfrey. Il se frotta le front comme s’il venait de heurter un mur de brique. Ses yeux firent le chemin vers le haut, jusqu’à ce qu’il atteigne les prunelles vertes de Godfrey qui, il le savait, brillaient intensément.

— Qui es-tu ? Son petit ami ? Tu vas m’obliger à le laisser tranquille ? ironisa Ronowski, tentant de le contourner.

Godfrey tendit une main à la vitesse de la lumière et agrippa l’homme par la gorge, ne lui laissant aucune chance de réagir, car ses genoux cédèrent et ses yeux jaillirent de leurs orbites tandis qu’il tentait de s’emparer du bras puissant de Godfrey. Celui-ci l’attira plus près et gronda au niveau de son visage.

— Non, je ne suis pas son petit ami. Mais si tu ne fermes pas ta putain de gueule, je ferai de toi sa chienne.

— Ça dépend… est-ce qu’il avale ? demanda nonchalamment Day.

— Bordel, que se passe-t-il ici ?

La voix forte du Capitaine Murphy obligea Godfrey à relâcher son emprise sur la gorge, mais pas avant de se pencher vers le crétin, le défiant de prononcer un seul mot.

— Nous apprenons juste à faire connaissance l’un l’autre, Cap, répondit Day. L’officier Ronowski montrait juste à mon partenaire la bonne technique pour étouffer les conneries d’un suspect.

Day afficha un grand sourire.

— Pas vrai, officier Ronowski ?

Day gifla durement le dos du flic qui toussait toujours, pendant que Godfrey lui lançait un regard mortel.

— Ouais. Nous ne faisions que déconner, monsieur, souffla Ronowski, frottant sa gorge rouge.

— Eh bien, arrêtez de jouer au con et ramenez vos culs au service administratif, maintenant ! aboya le capitaine, avant de s’éloigner, marmonnant quelque chose à propos d’eux se la coulant douce déjà, tandis qu’il retournait dans son bureau.

Godfrey et Day se dévisagèrent mutuellement pendant quelques instants avant que Godfrey hausse un sourcil dans sa direction.

— Partenaire, hein ?

— Ouais, répondit Day avec confiance.

Godfrey haussa les épaules.

— Ça marche pour moi.

Les autres policiers s’écartèrent de leur chemin, alors que Godfrey ouvrait une voie pour son nouveau partenaire et lui.

CHAPITRE UN : Oui, nous sommes les pires



Quatre ans plus tard



— Police d’Atlanta ! J’ai dit : ne pas bouger ! Putain, ne m’oblige pas à te prendre en chasse ! hurla Day, poussant plus fort sur ses jambes afin d’aller plus vite.

Il se débarrassa de son manteau en cuir et sauta de la voiture à l’intersection, tout en gardant son arme braquée sur l’homme qui se trouvait actuellement à neuf mètres devant lui.

— Stop ! cria-t-il encore.

Son suspect se retourna pour voir à quel point il était près et Day profita de l’opportunité pour sauter, parvenant avec succès à plaquer l’homme imposant sur le sol, roulant avec lui. Immédiatement, Day se débrouilla pour être au-dessus et donna un coup de genou, aussi fort qu’il put dans le rein du type, immensément satisfait par le fort hurlement qui lui échappa alors. Day jeta un coup d’œil autour de lui d’abord, avant de laisser tomber son autre genou sur l’autre rein.

— Ça, c’est pour m’avoir fait courir, connard ! Je viens juste de manger un burrito aux haricots… tu ne veux pas savoir ce qui se passe en ce moment dans mon putain d’estomac.

Il tira des menottes de sa poche arrière, puis releva les yeux et vit Godfrey lui adressant un sourire depuis le côté conducteur de son véhicule.

— Vas-tu le baiser ou l’arrêter, Day ? ricana-t-il.

— Va te faire foutre, God ! grogna Day, relevant son suspect du sol. Pourquoi ai-je toujours à prendre les fuyards en chasse ?

Il haletait et jeta ledit suspect pas très gentiment dans la voiture de patrouille qui était arrêtée.

— Les miens ont trop peur pour s’enfuir, déclara Godfrey avec un haussement d’épaules.

— Je suis impatient de retourner au poste. Je vais botter le cul de James. Il y avait deux fois plus de gars dans cette planque de drogués que ce qu’il avait indiqué.

Day reprit son manteau en cuir des mains du policier en uniforme qui l’avait ramassé pour lui, et grimpa dans le siège passager du Ford 350.

— Ouais je pense définitivement que nous avons besoin d’un nouvel indic, répondit Godfrey, tout en s’insinuant en douceur dans le trafic, avant de mettre pied au plancher sur le boulevard.

— Alors, bon flic, mauvais flic ?

Godfrey sourit à Day.

— Nous sommes tous les deux de mauvais flics, God, rétorqua Day.

— C’est vrai, cependant tu es plus convaincant en bon flic.

God caressa son bouc.

— Hey… euh… tu sais que le Cap va nous botter le cul pour ne pas avoir appelé afin de demander des renforts ?

— À qui la faute ? Je t’ai dit de le faire, God… mais non… Tu dois être Billy Dur-À-Cuire et défoncer la porte avant même que nous ayons décidé d’un plan, argumenta Day.

Il tenta d’étirer ses jambes et siffla à la douleur dans ses genoux.

— God, je jure que tu courras après le prochain, mec, mes genoux me font un mal de chien.

— Si tu arrêtais de les plaquer durement au sol dans des ruelles sombres, ils iraient très bien quand nous arriverions au travail, répondit God, retirant le cure-dents de sa bouche, le lançant par la vitre ouverte.

— Oh, wow ! Tu débordes vraiment de conneries et tu n’arrêtes pas de glousser aujourd’hui.

Day tira une de ses armes de poing de 9mm de son étui et vérifia la sécurité avant de la remettre à sa place et d’enfiler son manteau en cuir noir. Il se tint à la poignée au-dessus de la portière tandis que God virait sec à droite, sur le parking du poste central. Ils virent les véhicules de police entrer dans le tunnel souterrain avec leurs quatre suspects et la camionnette pleine, afin de décharger les vingt-cinq kilos de marijuana qu’ils venaient de saisir lors de leur raid.

Day descendit sur le trottoir et grimaça à nouveau, toujours à cause de la douleur dans ses genoux.

— C’est tout à fait impossible que ces crétins aient pu apporter ce genre de cargaison en ville par leurs propres moyens, God. Nous nous rapprochons du dealer principal… je peux le sentir.

— Eh bien, laisse quelqu’un d’autre le faire, princesse. Tant que nous retirons de la drogue des rues, ça me convient, répondit God, visant son véhicule avec le porte-clefs pour activer l’alarme.

Godfrey – ou comme Day et la plupart des membres de la police aimaient l’appeler, God – accorda son pas à celui de son partenaire alors qu’ils traversaient l’entrée du commissariat comme s’ils se foutaient du reste du monde. Toutefois, Day savait qu’ils avaient merdé. Ils auraient dû avoir une équipe en renfort pour procéder à ce genre d’arrestation, mais leur indic leur avait menti quant au nombre de dealers qui travaillaient dans cette maison. Bien que God et lui aient été capables d’en gérer quatre et de les ramener en détention, trois autres s’étaient échappés… et il y avait eu également quelques coups de feu échangés à l’intérieur.

Le tee-shirt noir moulant de God collait à son corps pendant que son badge doré de détective, qui pendait d’une chaîne en argent massif autour de son cou, se balançait alors qu’il marchait. Son jean noir s’adaptait parfaitement à ses jambes, mais semblait confortable. Ses holsters d’épaules contenaient son Desert Eagle d’un côté et son 9 mm réglementaire de l’autre. Son large manteau en cuir noir qui descendait jusqu’aux cuisses dissimulait à peine la grande arme à feu ou la lame crantée de quinze centimètres avec la poignée perlée, arrimée à son bras gauche.

Day faisait environ douze centimètres de moins que lui, mais ils se complétaient parfaitement l’un l’autre. Il était rapide, spirituel, intelligent, qualifié et très dangereux. Il avait terminé major de sa promotion à l’académie de police et avait déjà bénéficié de recommandations grâce à son adresse au tir. Cela ne lui avait pris que quatre ans pour passer détective et, après avoir supervisé plusieurs des coups de filet réussis chez les trafiquants de drogue, en compagnie de God, tous deux avaient été promus dans l’Équipe Tactique des Narcotiques. God et Day étaient connus dans la rue, ils étaient respectés, révérés même. Quand des barons de la drogue les voyaient arriver chez eux… ils comprenaient que leur règne était terminé.

Tout le monde savait également que Day était gay, mais depuis le premier jour dans la salle de conférence, où God avait étranglé Ronowski, sans y réfléchir à deux fois, personne n’avait titillé Day à ce sujet, parce qu’aucun d’eux ne voulait subir la colère de God (God signifie Dieu en français, donc dans ce roman, il y a énormément de jeux de mots à ce sujet (NDT)).

— D’après ce que nous avons entendu, vous avez démoli ce cartel qui officiait sur la 33ème Rue, lança la Détective Seasel, passant à côté de God tandis qu’il s’asseyait à son bureau, appuyant ses bottes sur le bord.

Day était perché sur un coin, le regard baissé vers son partenaire, communiquant silencieusement avec lui, comme toujours.

— C’est exact, mon cœur, un autre coup de maître pour nous, se félicita Day.

Il regarda derrière Seasel et remarqua son binôme, dont les yeux bleu électrique lançaient des dagues dans leur direction.

— Tu as un problème avec ça, Ronowski ? On dirait que tu meures d’envie de déclarer quelque chose.

— Je n’ai pas un putain de mot à te dire, Day. Viens, Vikki, sortons d’ici, nous sommes attendus à une séance de planification. Contrairement à vous, les ratés, certains d’entre nous croient au travail d’équipe afin de faire le boulot.

— Tsss, tsss, tsss…

Day secoua tristement la tête et fit claquer sa langue en direction de l’homme en colère.

— En pétard, parce que nous ne t’avons pas invité à venir avec nous, Ronowski ?

Celui-ci grinça des dents.

— Putain, tu ne veux pas comprendre ? Cette unité nécessite qu’on travaille en équipe. Et chaque fois, vous, les abrutis, vous partez sur un coup de tête et quelqu’un doit repasser après vous pour nettoyer votre bordel, lança le détective qui fumait littéralement.

God se contenta de secouer la tête, assistant à l’échange plein de colère. Il n’y avait toujours aucun amour entre Day et Ronowski, manifestement. La partenaire de ce dernier, Vikki Seasel était cool cependant. C’était une jolie femme avec un corps à se damner. Elle avait de belles lèvres pleines et de longs cheveux châtain clair qu’elle maintenait toujours en une queue de cheval serrée à la base de son cou. Ses yeux bruns étaient magnifiques et bien qu’elle soit dure comme de la pierre, elle savait comment battre des cils pour déconcerter un suspect lors d’un interrogatoire. Ses hanches étaient bien proportionnées pour sa petite taille, et Day ne manquait pas de remarquer les prunelles emplies de désir pour God chaque fois qu’elle l’approchait.

— Très bien, allons-y, Ro. À plus tard, les gars.

Elle adressa à God un regard appuyé, avant de se retourner et de suivre son partenaire à travers le bureau.

Day attendit qu’ils soient pratiquement de l’autre côté de la pièce avant de crier, de manière à ce que tout le monde puisse entendre :

— Alors, Ronowski, même endroit que la nuit dernière, hein ? Chez moi, d’accord ? J’aurai des capotes grande taille cette fois, afin de ne plus rencontrer ce petit problème à nouveau.

Ronowski tourna brusquement les talons, le visage rouge de colère et Day crut qu’il allait faire péter une veine de son cou.

— Va te faire foutre, Day ! hurla Ronowski, les poings serrés à ses côtés.

— Oh, alors tu veux me prendre cette fois ? C’est cool, je laisserai ton joli petit cul tranquille pour ce soir.

Day feignit la confusion avant d’ajouter :

— Je suppose que nous n’aurons pas besoin de ces préservatifs extra-larges après tout, hein ?

La salle bourdonnait et beaucoup de policiers avaient tourné leur attention vers un Ronowski livide, riant hystériquement. Même God avait du mal à dissimuler son sourire.

Ronowski donna l’impression d’être sur le point de revenir au pas de charge vers leur bureau, jusqu’à ce que God se lève lentement.

— Très bien, laissez tomber maintenant ! Reprenez votre foutu boulot ! hurla le capitaine à travers la pièce, de sa porte de bureau ouverte.

Il tourna son regard perçant vers eux et secoua la tête.

God dévisagea Day.

— Tu n’en auras jamais assez, hein ?

— Ronowski a dit exactement la même chose la nuit dernière, déclara Day avec un clin d’œil.

— Sale fils de pute ! grogna Ronowski alors qu’il était tiré hors de la salle par Vikki, pendant que les autres policiers s’esclaffaient à la dernière pique de Day.

— J’ai dit, laissez tomber !

Leur capitaine dévisagea tout le monde, défiant quiconque de rire.

— Day, God, dans mon bureau, maintenant !

Ils se firent réprimander avec menace de rétrogradation si jamais ils refaisaient un coup pareil. Day empoigna son manteau et sortit du bureau du capitaine quinze minutes plus tard.

— Merci beaucoup, God, j’ai vraiment adoré.

Il cogna durement le bras de son partenaire, réussissant à peine à le faire bouger.

— Sous prétexte que le capitaine était le meilleur ami de mon père, cela ne signifie pas qu’il va y aller mollo avec nous.

— Très bien, la reine du drame, tu n’as pas besoin d’en faire autant, plaisanta God.

Day ne se souciait pas qu’il le traite de tous les noms parce qu’il savait que son partenaire était fou de lui et qu’il tuerait quiconque chercherait à l’insulter pour de vrai.

— Je n’aime pas qu’on me morde les fesses, mec.

Day se laissa tomber dans son fauteuil et lâcha un long soupir.

God s’appuya contre son bureau et le dévisagea.

— J’aurais cru qu’au contraire, tu adorerais. Euh… comment pourrais-je l’appeler ?

God claqua des doigts.

— Oh, ouais… une salade composée !

— Va te faire foutre ! fit Day en riant.

— Même pas lors de ton jour de chance, mon cœur.

God lui lança un clin d’œil, éloignant son imposante carrure du bureau de Day et se rassit sur sa propre chaise, lui faisant face.

Day saisit sa tasse de café préférée et indiqua à God qu’il revenait tout de suite.

— Ouais, ouais, je sais. Tu es un fichu accro, mon pote. Que ferais-tu s’il y avait un jour pénurie de grains de café aux États-Unis ?

God secoua la tête.

— Que crois-tu que je ferais… ? Je déménagerais pour un pays où ils ne seraient pas en rupture, idiot. Je te jure, God, aussi intelligent que tu sois, parfois tu poses des questions vraiment stupides.

Day esquiva le trombone que God lui jeta et se dirigea vers la cuisine du poste de police. Il se mit rapidement à l’ouvrage pour préparer un café sur sa machine Keurig à trois cents dollars. C’était une des meilleures sur le marché et possédait toute une variété de capsules de différentes saveurs. La cuisine en contenait d’autres, des machines de taille industrielle, toutefois, Day devait chaque fois avoir une tasse fraîchement préparée. God avait raison à propos du fait qu’il était accro au breuvage. Il buvait dix à douze tasses par jour. Bien que la décoction accentue son incapacité à dormir, il refusait de la sacrifier, ou de passer à un satané décaféiné.

Day chantonna pendant qu’il dressait l’inventaire de ce qui restait et vit que quelqu’un avait apporté des gobelets aromatisés à la vanille de chez Biscotti. Oui, j’avais l’intention d’en prendre quelques-uns. Tout le monde savait à qui appartenait la machine élaborée. Les autres policiers pouvaient l’utiliser, tant qu’ils la gardaient propre et qu’ils contribuaient au renouvellement du stock.

— Eh bien, salut mon beau, fit une voix profonde qui remonta le long de la colonne vertébrale de Day.

Génial… de toutes les cuisines des commissariats au monde… il fallait qu’il entre dans la mienne…

Il se retourna lentement, tenant sa tasse fumante juste sous son nez, laissant l’arôme audacieux le calmer.

— Détective Johnson, c’est un tel plais… c’est agréable de… bégaya-t-il de manière sarcastique. Enfin, laissez-moi juste dire salut.

— Aïe ! Vous me brisez le cœur quand vous dites de telles choses.

Le grand policier frotta sa main sur son ample poitrine, comme s’il éprouvait une véritable douleur.

— Vous êtes bien trop beau pour faire semblant comme ça.

Qui a dit que je ne faisais que jouer ?

Day observa Johnson envahir son espace, utilisant sa taille pour tenter de l’étouffer, mais tout ce qu’il faisait, c’était de surpasser l’odeur du café par l’eau de Cologne qu’il portait. Il refusa de lever les yeux vers ceux du détective. L’homme était un connard arrogant qui ne méritait pas le respect de Day.

Sous prétexte qu’il était ouvertement gay et fier de l’être, d’une certaine manière, il pensait que cela ferait d’eux un couple parfait. Mais le Détective Johnson était un gosse de riche pourri gâté. Son père était le commissaire de police et il n’avait pas honte de recourir à lui si nécessaire, ce que Day et God détestaient. Il n’y avait pas moyen que Day puisse envisager de sortir avec lui, peu importe combien le bâtard était superbe.

— Où vous cachiez-vous, Day ? J’ai appelé le numéro que vous m’avez donné, cependant, je suis tombé sur un magasin de vidéos pour adultes. Je n’ai pas vraiment apprécié. C’était impoli et puéril, vous ne trouvez pas ? Si vous ne vouliez pas me le donner, tout ce que vous aviez à faire était de le dire.

Je l’ai fait, connard, mais quelqu’un n’accepte pas “non” pour une réponse.

Il ne prit pas la peine d’exprimer sa réponse à haute voix tandis qu’il sirotait son breuvage brûlant, refusant de laisser cet individu gâcher son moment zen. Le Détective Johnson était très loin d’être laid, en fait il était vraiment éblouissant, mais également très pompeux, et absolument pas le type de Day. C’était le genre de gars qui pensait pouvoir obtenir tout ce qu’il désirait parce qu’il touchait une rente d’un fonds de placement.

— Vous m’avez donné ce numéro en indiquant que cela ne vous dérangerait pas que je vous appelle.

Il posa un bras sur le placard derrière la tête de Day. Son souffle parfumé à la cannelle tombait droit sur lui… et dans ma putain de tasse de café.

— Je sais que je vous ai dit que vous pouviez me contacter, toutefois, il y a deux explications à ceci. Maintenant, soit je mentais… soit j’avais tort quant au nombre d’explications.

Day ricana et prit une autre gorgée.

— Cette bouche rusée vous créera des problèmes.

Le Détective Johnson tourna son visage vers lui. Ce gars ne pouvait vraiment pas comprendre une foutue allusion.

Il coinçait Day contre le comptoir, ses lèvres à quelques centimètres à peine des siennes. Il aurait aisément pu se dégager, mais il adorait chambrer ce flic prétentieux. C’était un expert en balistique qui passait de commissariat en commissariat afin d’apporter ses connaissances sur des cas où sa présence était requise. Manifestement le Cap l’avait appelé pour qu’il aide à expertiser les armes qu’ils avaient saisies lors de leur récente descente.

— Eh bien… euh… je vais devoir retourner bosser. Je ne voudrais pas que vous disiez à papa que je suis un tire-au-flanc.

Day posa lentement sa tasse sur le comptoir, se retourna, puis passa sous le bras du policier avant même qu’il ne puisse cligner deux fois des paupières. Il reprit ensuite son mug et se dirigera vers l’autre côté de la pièce.

— Donc… vous et moi, un dîner ce week-end ? lança le Détective Johnson au dos de Day.

Celui-ci ricana, tout en attrapant un muffin pour God.

— Alors, c’est un “non”, Day ?

— C’est un putain de “non”.

Il ouvrit la porte et quitta la pièce. Il pouvait entendre les jurons du policier tandis qu’il s’éloignait.

Il faisait son chemin à travers le bureau et quand il ne fut plus qu’à quelques pas du sien, il lança le muffin à la myrtille à God. Celui-ci le dévisagea pendant quelques secondes, utilisant leur moyen de communiquer muet.

— De rien, répondit Day, se laissant tomber sur sa chaise.

Il prit une autre longue gorgée avant de lâcher un soupir. Il fit craquer son cou des deux côtés et releva son regard noisette vers son partenaire.

— Alors, prêt à faire la sale besogne, God ? demanda-t-il, avec sérieux.

— Autant que je peux l’être. Donne-les-moi, bébé, répondit God, poussant un soupir exaspéré.

Day commença à télécharger une multitude de formulaires et les imprima afin de les compléter. God grogna devant la quantité de papiers sortant de leur petite imprimante de bureau.

— Pfffff… putains de rapports… merde ! Je déteste ça ! cria God.



CHAPITRE DEUX : Tu me vois, tu ne me vois plus


Après deux heures de paperasserie, ils étaient tous deux épuisés et Day avait l’impression qu’on lui avait frotté les yeux au papier de verre.

Il entendit God se racler la gorge avant de tousser à nouveau.

— Je vais m’arrêter au magasin du coin de la rue pour aller chercher du sirop pour la toux, indiqua God.

— Et moi, je veux plus de café, gémit Day, tandis qu’il s’inclinait dans le confortable camion de God.

— Bien entendu, fit ce dernier, entre deux toux.

— Ça va, mec ? Tu tousses depuis plus d’une semaine.

Day garda les yeux fermés tout en parlant.

— Ouais. Je pense que c’est juste une question d’allergie, répondit God, haussant les épaules.

Day ne réfléchit pas plus loin sur le sujet. God était aussi têtu qu’une mule, surtout lorsque cela concernait sa santé, ou à Dieu ne plaise, le fait d’aller voir un médecin. Il ne pouvait même pas se souvenir de la dernière fois que son partenaire avait eu un check-up. Même après avoir eu le biceps tailladé par un suspect qu’ils avaient arrêté l’année dernière. Day avait tenté de le convaincre qu’il avait besoin de points de suture, mais God avait insisté, déclarant que c’était une blessure superficielle – la cicatrice irrégulière était toujours très visible.

God s’engouffra sur une place de parking et appuya des deux pieds sur les freins, juste avant que le pare-chocs avant entre en contact avec le mur de briques.

— Seigneur, mec ! Tu essaies de nous tuer ? souffla Day. Tu n’as pas besoin de toujours conduire comme si tu passais une audition pour le Grand Prix.

— Arrête de râler, Miss Daisy. Si tu n’aimes pas mon style de conduite, tu peux toujours prendre cette moto de course pour aller travailler, répliqua God avec une expression ennuyée.

— Peu importe. Magne-toi.

Day se dirigea vers la petite boutique, juste derrière la silhouette massive de God. Avant même que la cloche de la porte arrête de tinter, Day demanda au caissier :

— Vous avez du café frais ici ?

— Oui. Je l’ai préparé il y a à peine cinq minutes, répondit l’employé avec un épais accent asiatique.

— Bien !

Day alla à l’arrière du magasin, tandis que God prenait l’allée contenant des médicaments.

Il fredonnait en se versant le breuvage fumant dans la plus grande tasse que l’échoppe possédait et entreprit d’ouvrir une quinzaine de petits pots de crème. Il adorait son café avec beaucoup de crème et de sucre, et n’avait pas honte d’ouvrir une tonne de ces minuscules capsules jusqu’à ce que sa tasse soit parfaitement à son goût.

Day mélangea le liquide devenu brun doré et était sur le point d’y goûter quand il entendit la cloche de la porte d’entrée sonner. Cinq secondes plus tard, il perçut un ordre crié par une voix d’homme.

— Ne bouge pas, vieil homme ! Vide ton tiroir tout de suite !

Puis quelque chose, ou plutôt plusieurs, s’écrasa sur le sol.

— Ne fais rien de stupide. Je ne veux pas te faire de mal. Passe-moi juste l’argent ! cria le gars.

Day ne pouvait pas voir par-dessus les rangées d’étagères, mais d’après le son, le voleur devait être en fin d’adolescence, début de la vingtaine. Génial ! Il prit sa tasse et s’approcha des congélateurs, à l’arrière de la boutique. Il jeta un bref coup d’œil dans l’allée où se tenait God et le vit lire l’étiquette d’un sirop contre la toux, tout en mettant une pastille dans sa bouche.

Vraiment, God ?

Day se glissa près de son partenaire, faisant bien attention à ne pas faire de bruit.

— As-tu trouvé ce dont tu as besoin ? murmura-t-il.

— Ouais.

God se tourna pour le dévisager.

— N’as-tu pas entendu que l’endroit était dévalisé ?

— Si.

— Vas-tu l’arrêter ?

— Ouais.

— Tu me vois, tu ne me vois plus ? fit Day avec un clin d’œil.

— Ouais.

God mit le sirop et les pastilles dans la poche de son manteau et avança vers l’avant du magasin.

Day fit le tour, afin de surgir de l’allée la plus proche de la porte. Il entendit le jeune homme crier de nouveau.

— Ouvre le coffre ! Dépêche-toi ! N’essaie pas de gagner du temps !

Pfff ! Putain d’amateur !



God tourna au bout de l’allée et vit une petite silhouette se tenant devant le comptoir, pointant en tremblant un calibre 22 vers le caissier terrifié. Le gamin ne pouvait pas avoir plus de dix-huit ans. Il portait une casquette rouge et bleue à l’effigie des Braves, baissée sur son visage, et un sweat noir dont la fermeture éclair était remontée jusqu’au menton, la capuche passée au-dessus de la casquette. Le jean était délavé, extrêmement moulant et God se retrouva à se demander si les couilles du gars lui en voulaient.

Il avança à pas feutrés vers le comptoir et se trouvait à seulement quelques mètres du gamin lorsque celui-ci se retourna brusquement et pointa son arme vers God.

Le gosse agita la tête de façon saccadée, de haut en bas, notant l’apparence de God, son visage ciselé, sa masse énorme, et sa hauteur qui lui fit écarquiller les yeux comme des soucoupes.

— Hey ! Ne bouge pas ! Lève les mains en l’air !

— Non, répondit God, croisant les bras sur son torse.

— Qu… quoi ? balbutia le gamin.

La douleur et l’incertitude présentes dans ses yeux lui étaient bien trop familières. Il adressa à God un regard suppliant.

— Écoute, mec… contente-toi de venir ici, d’accord ? Je ne veux pas te tuer.

— Bien, parce que je n’ai aucune envie de mourir, répondit God, le visage impassible.

— J’ai le pistolet. Maintenant, lève les mains !

Le jeune visage boutonneux n’était plus qu’un masque de colère, mais ses mains tremblantes trahissaient sa peur.

— Hey, combien pour la tasse de café ? cria Day, d’une voix bien trop forte. Oh, merde ! Désolé. Je ne t’avais pas vu, là-bas, avec le flingue.

L’adolescent tournoya sur lui-même afin de dévisager Day.

— Ouais, alors lève les mains en l’air ! cracha-t-il.

— Pas toi.

Day pointa une direction par-dessus l’épaule du gamin.

— Lui.

Quand le gosse se retourna à nouveau, il se retrouva face au canon du très gros Desert Eagle de God, donnant l’impression qu’il allait se faire dessus.

Tu me vois, tu ne me vois plus. Ça marche à chaque fois.

— Le mien est plus gros que le tien, déclara God avec désinvolture.

— Littéralement, ajouta Day en ricanant.

God roula des yeux vers son partenaire, tout en restant concentré sur le gamin.

— Baisse lentement ton arme et balance-la vers moi, puis mets tes mains derrière la tête.

— D’accord, doucement, mec.

Lentement, le jeune homme posa sa petite arme de poing sur le sol.

— S’il vous plaît, ne me tirez pas dessus.

— Je ne vais pas le faire, gamin, dit-il, tirant sur la chaîne en argent de sous son tee-shirt, révélant son badge doré.

Il vit le gosse pousser son arme vers les pieds de God, puis se démener pour s’allonger, posant sa joue sur le sol sale. Il ne lui avait pas demandé de le faire. Ce jeune n’était manifestement pas un criminel endurci. Il détourna son regard de son suspect et remarqua que Day lisait un exemplaire de Muscle & Fitness qu’il avait pris sur l’étagère. Il roula à nouveau des yeux.

— Day, ramène-toi ici et paie pour ta merde. Je vais m’occuper du criminel le plus stupide au monde – édition lycéenne. Lève ton cul et suis-moi, gamin.

God attrapa le jeune homme par le col de son sweat-shirt, ramassa la petite arme qu’il glissa dans sa ceinture, au bas de son dos.

Il le guida vers l’endroit où il était garé et lança le gosse contre le côté de son pick-up. Il le palpa – pas vraiment gentiment – et sortit un portefeuille fermé par une bande Velcro de sa poche arrière. Putain de portefeuille Twilight… tu te fous de moi ? Il retourna le jeune homme pour qu’il soit face à lui, puis le poussa durement contre le plateau.

— Officier, s’il vous plaît… Je suis déso…

— Détective ! aboya God, lui coupant la parole. Que diable faisais-tu, à braquer un petit commerce ? Putain, quel âge as-tu ?

God tira la carte d’identité et l’examina. Curtis Lamont Jackson, il vivait à quatre blocs de là et n’avait que dix-sept ans.

— J’ai… j’ai dix-sept ans, monsieur, balbutia le gamin.

De la sueur coulait sur son visage et ses bras tremblaient alors qu’il tentait de les garder levés, les doigts entrelacés derrière sa tête.

— Baisse tes putains de bras, pour l’amour de Dieu ! grogna God, balayant le jeune homme de son regard. Tu n’es qu’un foutu bébé, sorti pour jouer au grand.

Il s’éloigna du gamin chancelant et vit que ses lumineux yeux bleus luisaient de peur, ou peut-être était-ce de tristesse ? Il n’arrivait pas à le déterminer.

Day tourna au coin de la voiture, avec un petit sac brun, puis s’appuya nonchalamment contre le capot.

— Mec, c’est bien un team Edward sur son portefeuille ? fit-il, éclatant de rire.

— La ferme, Leo ! As-tu obtenu une déclaration du caissier ?

— Ouais.

Day leva un bout de papier.

— Monsieur, je suis vraiment désolé. S’il vous plaît, je n’allais tirer sur personne, pleurnicha-t-il.

— Je le sais. Ton arme ne contient même pas de balles, fit sèchement God.

Le gamin le fixa, en état de choc.

— Je ne le savais pas jusqu’à ce que je la ramasse… elle est trop légère. Mais j’aurais quand même pu te tirer dessus avant de le savoir.

— Monsieur, ma mère est malade. Elle est reliée à une machine d’hémodialyse et doit l’utiliser chaque nuit, parfois deux fois pendant la journée, ou elle tombe extrêmement malade. Elle souffre d’une insuffisance rénale aiguë. Ils nous ont coupé l’électricité hier soir.

Curtis baissa les yeux vers le sol.

— La machine fonctionne à l’électricité.

God savait que le gamin ne mentait pas. Personne – en particulier à cet âge – ne pouvait inventer ce genre de mensonge et avoir l’air aussi déchiré qu’il l’était.

— Alors, dévaliser quelqu’un était ta solution ? intervint Day.

— Je suis vraiment désolé. Je ne savais pas quoi faire d’autre. Tout mon salaire va dans la location et je ne suis pas qualifié pour demander une autre prolongation afin de régler la facture d’électricité. J’ai vraiment tenté de chercher d’autres options… mais il n’y en a aucune. Je ne peux pas aller en prison, s’il vous plaît, ma mère a besoin de moi. Je suis tout ce qui lui reste.

Une larme unique roula sur sa joue rouge.

— Monte dans la voiture ! ordonna God.

Le regard de Curtis passa frénétiquement de l’un à l’autre.

— S’il vous plaît, je vous en supplie. Je ne peux pas aller en prison. Ma mère mourra. J’ai un bon boulot. Si je ne me montre pas demain, je serai viré.

Les larmes se déversaient librement sur son visage et le cœur de God se serra. Il savait ce que c’était pour un jeune homme de prendre la responsabilité de s’occuper de sa mère. Ce n’était pas juste, mais c’était la vie.

— Grimpe ! fit Day en l’aidant.

God balança pratiquement le gamin sur la banquette arrière et contourna son véhicule pour prendre la place du conducteur. Day monta à côté de lui et s’inclina pour le dévisager. Ils s’entreregardèrent, communiquant aussi efficacement que s’ils discutaient ensemble. Il savait ce à quoi Day pensait… en général. Ils se tournèrent vers le gosse. Il avait remonté ses genoux contre sa poitrine et se balançait d’avant en arrière.

— Je vous jure, je n’aurais fait de mal à personne, même si j’avais eu des balles. Je n’aurais jamais tiré sur lui, et je l’aurais remboursé, vous savez ?

God regarda le jeune homme tirer un morceau de papier chiffonné de sa poche arrière qui avait IOU écrit en grosses lettres.

Curtis essuya d’autres larmes.

— Je ne faisais qu’emprunter. En général, au milieu du mois, j’ai assez pour rembourser n’importe quel prêt que j’obtiens parce que je touche un bonus au travail pour avoir réalisé les meilleures ventes. S’il vous plaît, ne me faites pas perdre ce boulot. Personne d’autre n’acceptera d’offrir un job décent à un adolescent. Je peux vous faire une proposition, si vous me laissez partir.

Les têtes de God et de Day se redressèrent brusquement en entendant ces paroles.

— Je peux exécuter un service communautaire ou être bénévole dans un refuge. Je reviendrai pour m’excuser auprès du caissier, et je ferai tout ce qu’il me demandera d’exécuter dans le magasin. Je suis plutôt doué pour ce qui est de m’occuper d’une maintenance basique.

Oh, Dieu merci ! L’espace d’une fraction de seconde, God avait cru que le gamin offrait quelque chose d’autre.

Les yeux bleus suppliants de Curtis passaient de l’un à l’autre.

Day tendit une main, réclamant le portefeuille du gamin à God, puis sortit son portable de la poche de son manteau.

God se doutait de ce qu’il allait faire. Parce qu’il savait à quel point son partenaire était un homme sensible.

Day composa les trois chiffres pour tomber sur le service des renseignements.

— J’ai besoin du numéro de la compagnie d’électricité.

Il est bien trop généreux pour son propre bien.

God reconduisit Curtis chez lui et s’arrêta dans une allée étroite. C’était une petite maison avec un bardage couleur bronze et des volets bleus. Bien qu’il n’y ait ni fleurs, ni arbustes, le jardin paraissait tout de même bien entretenu. Il put immédiatement deviner que le jeune homme prenait vraiment grand soin de sa maison. Il ne prit pas la peine de demander où se trouvait son père, parce que s’il avait été présent, il n’aurait jamais laissé son fils braquer des magasins pour récupérer l’électricité.

Une fois que Day eut terminé son appel à la compagnie, donné l’adresse du gamin et réglé la facture – qui était de cent cinq dollars – il indiqua à l’employé de le rappeler si une nouvelle coupure était à nouveau prévue.

Curtis les remercia tellement de fois, que God avait presque envie de lui dire de la fermer.

— L’électricité devrait revenir d’ici une heure.

Day sortit une de ses cartes et griffonna son numéro de portable à l’arrière.

— Appelle-moi si tu as d’autres problèmes.

Curtis hocha juste la tête en guise d’acceptation. Ses larmes avaient laissé des traces sur ses joues rougies.

Day saisit le gosse par le col et le plaqua contre le siège avant.

— Plus de crime. Compris ?

Curtis eut l’air honteux, mais répondit rapidement.

— Oui, monsieur. Oui, monsieur. Je vous le jure. Oh, mon Dieu ! Merci…

— Si tu dis encore une seule fois “merci”, je vais t’éclater la lèvre ! l’interrompit Day.

— Oh, désolé.

Il rougit.

— Mec, je n’ai jamais vu de flics comme vous.

— Et tu n’en verras pas d’autres, grommela God de sa voix profonde, une brusque toux interrompant ce qu’il voulait ajouter.

— Vous savez, Détective Godfrey, vous devriez vraiment faire examiner cette toux. Ça ne semble pas bon du tout. J’ai fait beaucoup de recherches médicales en ligne…

— Curtis, sors de là ! Rentre chez toi et prends soin de ta mère, le coupa God.

Day ricana.

— C’est inutile, gamin.

Curtis sourit et descendit de la voiture.

— Curtis…

— Oui, Détective Day ?

— Reste loin de ce petit magasin. Le propriétaire pense que nous t’avons arrêté et emmené en prison. Il n’a pas besoin de savoir que nous ne l’avons pas fait.

— Oui, monsieur.

God et Day observèrent le jeune homme courir dans son allée et rentrer chez lui, avant de s’éloigner. Aucun d’eux ne commenta ce que Day avait fait. Il savait que son partenaire avait un faible pour les gamins… en particulier ceux chez qui il devinait un bon fond. Curtis était certainement un bon gosse, il avait juste tiré le mauvais numéro. Il connaissait ce sentiment.

God prit une autre pastille et fit les quelques kilomètres jusqu’à la maison de Day. Il s’engagea dans l’allée pavée et mit la vitesse au point mort.



— Veux-tu rester et regarder le match ce soir ? demanda Day avant de sortir du gros véhicule.

Il jeta un coup d’œil à toutes les feuilles qui étaient éparpillées sur sa pelouse et supposa qu’il pourrait probablement convaincre son partenaire de les ratisser pendant qu’il leur préparerait à dîner.

— Nan, je dois passer chez ma mère et faire un peu de boulot pendant que Gen et elle travaillent tous les deux, répondit-il.

Il étira son grand corps dans la cabine spacieuse. Son manteau de cuir était rejeté vers l’arrière et son biceps fléchit à cause de la poigne qui faisait blanchir ses jointures sur son volant. Day inclina la tête sur le côté devant le mouvement inconscient. Quelque chose cloche.

— Pourquoi y vas-tu quand elle n’est pas là ? Ne veux-tu pas la…

— Ne va pas par là, Leo. Laisse-moi juste m’occuper de mes affaires. Peut-être que j’aurai le temps de passer plus tard, d’accord ? le coupa God.

— Bien sûr !

Day paraissait incertain et baissa ses yeux vers le sol.

— Arrête de faire cette tête.

— Laquelle ?

Day le dévisagea.

— Comme si j’avais tenté de te baiser sans lubrifiant. Tu sais très bien de quelle expression je parle. J’ai dit que j’essaierais, d’accord ?

La bouche de God remonta sur un côté, obligeant Day à s’avouer vaincu, comme toujours.

— Casse-toi !

Day regarda God manœuvrer aisément le gros véhicule pour le remettre sur la route et disparaître dans la nature en deux temps, trois mouvements.

Cela fait quatre ans, partenaire… que diable me caches-tu ? songea Day tandis qu’il entrait lentement chez lui.

Immédiatement, il retira son étui et ses armes. Il vérifia son arme de poing avant de la cacher sous un des coussins du canapé et glissa l’autre dans la ceinture, à l’arrière de son jean. Il se dirigea vers sa cuisine immaculée et sortit deux entrecôtes, juste au cas où God reviendrait.



CHAPITRE TROIS : Rencontrer la famille



God s’assit dans un coin de la petite maison de deux chambres, s’assurant que personne n’était là. Avec l’aide d’un ancien béguin, il avait été capable de transférer l’hypothèque sur une fausse identité afin que ni sa mère, ni son petit frère ne sachent que c’était lui qui les avait fait emménager ici. Ils pensaient que c’était des amis venant des forces de l’ordre de leur père décédé qui les avaient aidés et s’étaient assuré qu’ils étaient pris en charge. God veillait non seulement à ce qu’ils aient tout ce dont ils avaient besoin, mais à ce qu’ils aient également à peu près tout ce qu’ils désiraient.

Avec God payant l’hypothèque de sa mère et ses redevances auprès des services publics, son salaire ne lui laissait plus grand-chose pour lui-même. Il n’avait pas de besoins extravagants de toute façon… tout ce qu’il possédait, c’était sa PlayStation 3, sa télévision de soixante-cinq pouces, et… son véhicule. Son studio était un trou à rats dans un quartier encore plus pourri. Et quelqu’un cherchant à se foutre de lui était le dernier de ses problèmes.

Il tira le téléphone jetable de sous le siège du conducteur et relut le message.

Monsieur Eudall, je sais que vous avez dit d’envoyer un texto à ce numéro si nous avions des problèmes, alors me voilà, parce que ma mère et moi, nous avons essayé de réparer l’évier de la cuisine et n’avons pas réussi. Le plombier que nous avons appelé veut 500 dollars pour le faire et Maman ne les a pas pour le moment, puisqu’elle fait des économies pour mon ordinateur. Pouvez-vous nous aider, s’il vous plaît ?

God avait envoyé une lettre à sa mère quand ils s’étaient installés dans leur nouvelle maison. Il les avait fait venir à Atlanta, Géorgie, où il pouvait mieux veiller sur eux. Il leur avait donné le faux nom de Monsieur Eudall en laissant son numéro pour qu’ils puissent lui envoyer un message s’ils avaient le moindre problème. Tout ce qu’ils savaient, c’était que les choses étaient réparées quand ils le demandaient – et toujours lorsqu’ils étaient absents. Les factures étaient réglées à temps, et des courses étaient livrées chaque mois. Sa mère avait un simple petit boulot de volontaire dans une maison de retraite puisqu’elle était handicapée. Son père avait vu cela comme un handicap, puisqu’elle ne serait plus capable de marcher ou de se tenir debout pour de longs moments. God trembla au souvenir de cet accident… c’était alors qu’il avait passé un pacte avec le diable qui lui avait coûté sa maison.

God souhaitait désespérément pouvoir à nouveau entendre la voix de sa mère, goûter à sa cuisine, sentir la chaleur de son étreinte, ou jouer au ballon avec son petit frère. Il était au lycée désormais. Il avait probablement des questions à propos des filles et, merde, God ne serait jamais capable de répondre. Il ne pourrait pas boire une bière avec lui lorsqu’il aurait vingt-et-un ans.

Bien qu’ils ne reconnaissent certainement pas sa voix s’il répondait au téléphone en tant que Monsieur Eudall, il ne voulait pas courir le risque. Il avait expliqué dans la lettre qu’il – Monsieur Eudall – vivait dans un autre État, mais qu’il serait toujours joignable. God soupira intérieurement, sa poitrine se serrant douloureusement à chaque pensée. Il voulait avouer à sa mère que c’était lui qui faisait tout ça. Dieu seul savait combien ils lui manquaient comme un fou, mais il y a de nombreuses années, il avait dû les protéger à n’importe quel prix… et malheureusement, cela lui avait coûté leur amour. C’était impossible qu’ils apprennent que c’était lui… qu’il était Monsieur Eudall, l’ami imaginaire de leur père.


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