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La Famille



Rain Carrington



Série Les Hommes de l’Ombre 1





Titre anglais : The Family

Copyright © Rain Carrington

Copyright © 2017 Men over the Rainbow pour la présente édition française

Tous droits réservés

Traduction de l’anglais : Lily Karey

Relecture et corrections : Clotilde MARZEK, Yvette Petek, Laurent Besançon, Lily Atlan


Dépôt légal : Septembre 2017

ISBN papier : 979-10-96349-17-3

ISBN numérique : 979-10-96349-18-0


TOUS DROITS RÉSERVÉS : Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite, stockée dans un système d’extraction ou transmise, sous quelque forme que ce soit ou par n’importe quel autre moyen, sans l’autorisation écrite préalable de l’éditeur, ni être distribué sous toute autre forme que celle dans laquelle il est publié et sans être dans un état similaire, cette condition étant imposable à l’acquéreur subséquent. Votre achat est non remboursable et ne vous permet qu’une copie légale de cette œuvre pour votre propre usage personnel. Vous n’avez pas le droit de revendre ou distribuer ce livre sans l’autorisation écrite préalable de l’éditeur et du propriétaire du copyright. Ce livre ne peut être copié dans n’importe quel format, revendu ou transféré d’un ordinateur à un autre par voie de téléchargement ou autre.

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NOTE DE L’ÉDITEUR : Il s’agit d’une œuvre de fiction. Tous les personnages, lieux, entreprises ou évènements relèvent de l’imagination de l’auteur. Toute ressemblance avec des lieux réels, des personnes ou évènements serait purement fortuite. Toutes les marques déposées mentionnées dans ce document relèvent de leurs propriétaires et ne signifie en aucune façon que l’œuvre est parrainée ou associée aux propriétaires de la marque. Toutes les marques utilisées sont spécifiquement détaillées dans un descriptif. Le résultat final appartient à l’auteur.

Ce roman fait partie de notre collection « Dark » et contient donc des sujets pouvant heurter la sensibilité de certains lecteurs, notamment dû à l’absence de consentement, meurtres, actes de barbarie, tortures. Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains.

TABLE DES MATIÈRES

RÉSUMÉS

AVANT-PROPOS

CHAPITRE UN

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

CHAPITRE HUIT

CHAPITRE NEUF

CHAPITRE DIX

CHAPITRE ONZE

CHAPITRE DOUZE

CHAPITRE TREIZE

CHAPITRE QUATORZE

CHAPITRE QUINZE

CHAPITRE SEIZE

CHAPITRE DIX-SEPT

CHAPITRE DIX-HUIT

CHAPITRE DIX-NEUF

CHAPITRE VINGT

CHAPITRE VINGT ET UN

CHAPITRE VINGT-DEUX

CHAPITRE VINGT-TROIS

CHAPITRE VINGT-QUATRE

CHAPITRE VINGT-CINQ

CHAPITRE VINGT-SIX

NOTE

À PROPOS DE L’AUTEUR

RÉSUMÉS



Les Hommes de l’Ombre

Cette série comporte des personnages qui vivent dans l’ombre des hommes qu’ils aiment, des individus qui ne font guère de différence entre le bien et le mal, des êtres qui ont une conception bien à eux des lois et de la morale.

Ces hommes de l’ombre ne sont en aucun cas silencieux. Leurs puissants amants peuvent être sur le devant de la scène, mais, dans les coulisses, leur amour est leur force. Peut-être sont-ils plus forts dans l’ombre que d’avoir à se battre pour la lumière qui brille si facilement sur leurs compagnons dangereux.

Mauvais garçons, bons amants et cœurs brisés ne manquent pas, mais l’amour illumine même les recoins les plus sombres.

Voici ces hommes de l’ombre :

Tome 1 – La Famille

Blaine tombe amoureux d’un homme abusif qui, sous prétexte du BDSM, blesse celui qu’il est supposé aimer. Lorsqu’il rencontre Dante, le frère d’un baron de la pègre, le danger ne lui fait pas aussi peur que ses sentiments.


Tome 2 – Le Biker

Lorsque Malcolm perd sa mère d’une overdose, il est vendu à un autre biker par son beau-père. Le type est bourru, sévère et irrésistiblement beau. Malcolm se rend compte que le gars a un cœur et finit par tomber amoureux de lui. Lorsque Kirk se retrouve en prison après avoir été piégé, Malcolm doit survivre sans lui et, surtout, faire face à la colère vengeresse de son beau-père.

Tome 3 – Le Maître du Donjon

Dans La Famille, nous avons rencontré Devin et appris son horrible passé. À présent, il est Maître du Donjon et a un problème : le nouvel esclave, Sergio, est borné, rebelle et c’est le plus bel homme qu’il ait jamais vu. Sergio hante ses rêves et le pousse à briser toutes ses règles lorsqu’il tombe éperdument amoureux de lui, mais le donjon rencontre des difficultés financières et la seule chose qui pourrait sauver son emploi et sa vie, serait de vendre Sergio.

Tome 4 – La Porn Star

Dans Le Biker, nous avons rencontré Sammy et Neil, deux hommes amoureux, mais déchirés par les mensonges et un sentiment de trahison. Sammy comprend que ses penchants doivent être surveillés, alors, quand Neil le reconquiert, Sammy lui parle de filmer leurs ébats sexuels et de les mettre en ligne sur Internet. Cependant, ce n’est pas assez pour le satisfaire, et Sammy se retrouve impliqué avec un producteur de films pornos et devient son modèle favori. Pourra-t-il se sortir de cette vie avant de s’égarer et de perdre l’homme qu’il aime ?


Tome 5 – Missions Secrètes

Tom a un secret. Il travaille comme garde du corps pour un homme riche et privilégié, un être qu’il aimerait pouvoir contrôler et soumettre. Andrew est gâté, capricieux, cruel envers ceux qu’il estime en dessous de lui, mais le gars immense, engagé par son père, roi de l’industrie pharmaceutique, éveille en lui l’étrange besoin de s’agenouiller et de se plier à sa volonté. Lorsque celui-ci l’emmène dans son lit et lui apprend combien ça peut être bon de renoncer à sa volonté, il tombe amoureux. Quand il découvrira la véritable raison de la présence de Tom, aura-t-il le cœur brisé ou rejoindra-t-il la quête de Tom ?

AVANT-PROPOS



Il y a quelques années, j’ai commencé à écrire sur des sites de fanfictions, deux principalement, répondant à une envie qui me tenaillait depuis une vingtaine d’années. Celle de mettre en mots une histoire que quelqu’un, quelque part, pourrait aimer lire.

Je m’y suis fait de bons amis qui m’ont encouragée à continuer et qui insistaient pour en avoir plus. Alors, j’ai trouvé le courage de parler à un célèbre auteur M/M. Elle a lu mon histoire, « Le Biker » et l’a aimée. J’étais abasourdie. J’étais malade d’excitation, rien qu’en discutant avec cette femme, mais quand elle a apprécié mon histoire, j’étais sur un petit nuage. Elle m’a encouragée à m’autoéditer et, bien que j’aie eu une trouille de tous les diables, Honky Tonk était né.

J’ai maintenant plusieurs livres à mon actif, cependant, je n’ai jamais oublié mes premières histoires, celles avec lesquelles tout a commencé. J’ai essayé tant de fois de les remanier, de les rendre toutes nouvelles, mais ça ne semblait jamais marcher.

La réécriture leur faisait perdre quelque chose, un détail que les gens qui les aimaient détesteraient. Je le sais. Donc, au lieu de cela, j’ai déplacé quelques mots, corrigé certaines virgules et fautes de frappe et leur ai redonné leur forme originale.

J’ai beaucoup progressé, il se peut que ces histoires n’aient pas le dynamisme de mon travail actuel, mais elles font vivre des personnages attachants que j’aime autant que les nouveaux. Dante, Blaine, Malcolm, Kirk, Devin et Sergio m’ont manqué et, comme promis, les voilà. J’espère que vous les aimerez !

Rain Carrington

CHAPITRE UN





C’était un des plus petits lacs de la région, mais il était très prisé par les vacanciers. L’Hôtel Twin Pines et les bungalows avaient été construits au faîte de sa popularité. Maintenant, le plus grand lac près de la route, avec ces nouveaux quais fantaisistes, ainsi que la station à quinze millions de dollars qui était bâtie, Terawanda Lake attirait une bonne clientèle et Monument Lake, celui où travaillait Blaine Matthews, hébergeait principalement les riverains et les jeunes mariés en quête d’intimité.

Intimité qu’ils obtenaient. La moitié du lac appartenait à Tall Pines, avec ses quarante chambres et ses vingt bungalows. Sur l’autre moitié se trouvaient des pavillons privés, éparpillés et principalement utilisés par des familles en vacances ou des chasseurs à l’automne. Seules trois familles y vivaient à l’année, dont une récemment.

Blaine était reconnaissant envers Gary Fenton, propriétaire de l’hôtel et ancien petit ami de sa défunte mère, de lui avoir donné un emploi. C’était parfait pour lui qui préférait faire un peu de jardinage et de tonte plutôt que d’être entouré de gens. Ce n’était pas qu’il les détestait ; il appréciait généralement tous ceux qu’il rencontrait, mais il était très timide.

— Salut Blondie, fit une voix féminine derrière lui.

Il sursauta, répandant au sol le sachet de graines de tournesol qui se trouvait sur ses genoux, devant le banc où il était assis. Il connaissait cette voix, alors il se tourna et se plaignit :

— Ne peux-tu pas prévenir ?

Ne semblant qu’à moitié agacé, il se pencha pour récupérer le sachet et ramasser les graines qui n’avaient pas touché l’herbe. Il était dépendant de ces petites choses ; en fait, il était tellement accro qu’il avait toujours un sachet, saveur salsa à portée de main.

Tara Shultz s’assit près de lui avec un sourire en coin.

— Désolée.

Elle tourna son regard vers l’eau. Le banc était à environ six mètres de la rive, sur un monticule herbeux, offrant une vue spectaculaire sur les montagnes qui se reflétaient à la perfection sur la surface miroitante de l’eau.

Blaine aurait aimé qu’elle ne s’asseye pas. Il appréciait Tara, cependant, il passerait bientôt, faisant son jogging, et il était assis sur ce même banc depuis des semaines pour l’observer. Sa peau luisante de sueur, ses cheveux blond foncé collant à ses tempes. Il avait des épaules larges et fermes, des cuisses musclées. Il venait d’emménager dans l’un de ces bungalows privés autour du lac et sortait courir chaque jour, à exactement 18 h 20. Enfin, presque quotidiennement, sauf le samedi. Ce n’était pas un beau garçon, c’était un homme, et son visage était magnifique, à coup sûr ; une forte mâchoire ciselée, une petite fossette sur le menton, un corps bien bâti et musclé. Juste… parfait. Du moins, aux yeux de Blaine.

— Tu viens à la fête de Gary demain ? demanda Tara, et Blaine haussa les épaules.

— Probablement pas. Trop de monde.

Son rire était rauque. Il était heureux d’être gay, sinon il serait tombé amoureux d’elle, comme tout homme dans la région. Très belle, avec de longs cheveux auburn et d’étincelants yeux bleus, elle était mariée et mère de quatre enfants, ce qui semblait absurde, puisqu’elle ne semblait pas plus vieille que lui et qu’il n’avait que vingt-deux ans.

— Tu es tellement drôle, Blaine ! Si tu n’étais pas si timide, tu pourrais te trouver un homme bien et être heureux.

— Dans le coin ? À Rainbow Central ?

Tara secoua la tête et passa une mèche de cheveux derrière son oreille.

— Je sais qu’il y a de braves garçons, certains sont juste dans le placard. J’ai vu de nombreux beaux hommes disponibles te regarder. Non pas que tu l’aies remarqué, cependant. Toujours le nez fourré dans un sachet de graines ou dans un buisson envahi par la végétation !

Regardant sa montre et voyant qu’il était 18 h 17, il déglutit. Bientôt, l’homme de ses rêves arriverait par la courbe du rivage et entrerait dans son champ de vision. C’était une conversation qu’il ne voulait pas qu’il entende, alors il changea rapidement de sujet.

— Comment vont les enfants ?

Tara leva les yeux au ciel et soupira bruyamment.

— Des terreurs ! Je pensais que les élever à la campagne serait une bonne idée, tu sais, pour ne pas avoir à m’inquiéter des psychopathes et autres, mais tout ce que ça donne, c’est de les transformer en Indiens sauvages !

18 h 18.

— Tu ne t’inquiètes pas pour eux, n’est-ce pas ?

— Je me fais davantage de souci pour moi. Ils pourraient s’en prendre à moi comme dans Sa Majesté des Mouches et décider que je gêne !

Blaine songea à son enfance, élevé dans une petite maison en périphérie de la ville, des voitures roulant à tombeaux ouverts dans sa rue, raison pour laquelle il ne faisait jamais de vélo là-bas.

— J’ai grandi en ville et ma mère me perdait à peine de vue avant qu’elle tombe malade, alors j’imagine que tu as de la chance de pouvoir les laisser jouer dehors, au moins.

— Je suppose. C’est agréable de les voir grimper aux arbres et s’amuser dans la boue au lieu d’être coincés devant des jeux vidéo, des tablettes ou des téléphones portables, comme les gosses de nos jours. S’ils faisaient leurs devoirs, ce serait encore mieux. Leurs professeurs me détestent.

Blaine gloussa et regarda l’étendue d’eau avant de répondre.

— J’en doute.

18 h 19.

Tout à coup, les bois devinrent silencieux, du moins pour Blaine. Il garda les yeux rivés sur la courbe du rivage, oubliant la graine qu’il venait juste de mettre dans sa bouche et ignorant Tara, qui continuait à parler. La brise fraîche provenant de l’eau n’eut aucun effet sur lui alors qu’il regardait, puis…

18 h 20.

Il était là. Le doux bruit de ses baskets frappant le sable humide de la plage, le balancement de ses bras épais, l’expression paisible de son visage bronzé. Les grands yeux bleus de Blaine capturèrent chaque centimètre de l’homme, tandis qu’il courait et tournait la tête, afin de lui adresser le petit signe qu’il lui faisait toujours. Il inclina la tête, lui lançant un petit sourire, puis il le dépassa, et Blaine continua à admirer ses fesses rebondies dans son short ; un côté fléchissait, puis l’autre, encore et encore, jusqu’à ce qu’il atteigne la courbe suivante et que sa vue soit bloquée par le chêne suspendu.

Durant tout ce temps, Tara l’avait observé. Le monde autour de lui réapparut et il se souvint qu’il était assis près d’elle. Il se tourna vers son amie et remarqua un sourire connaisseur étirant ses lèvres minces.

— Quelqu’un est amoureux !

Blaine sentit son visage le brûler et sut qu’il était inutile de nier son attirance, mais il essaya quand même. Il tenta d’atténuer ses soupçons.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

Tara se leva du banc.

— Peu importe, Blaine, tu désires le corps de Troy Castor !

Blaine écarquilla les yeux, puis cilla, avant d’assimiler ses paroles.

— Troy Castor ? C’est son nom ?

Elle passa la sangle de son sac à main sur son épaule.

— Oui, c’est son nom. Il sera à la fête de Gary demain. Du coup, tu pourrais vouloir reconsidérer ta présence. À plus tard, chéri.

— Au revoir, Tara.

Troy… son prénom était Troy. Quel beau prénom ! Le plus beau qu’il ait jamais entendu. Troy... Blaine se leva à son tour, roula son sachet de graines et le fourra dans sa poche, avant de se diriger vers sa maison.

La maison, pour lui, c’était un des bungalows. Gary les laissait, lui et Dave, l’homme d’entretien, l’habiter contre une partie de leur paie. Ils avaient une petite kitchenette, ce qui était parfait pour ce dont Blaine avait besoin. Il ne possédait pas grand-chose. Il avait vendu la plupart de ses biens, ainsi que ceux de sa mère, pour payer le reste des factures médicales que l’assurance maladie ne couvrait pas.

L’intérieur était cosy, ni trop chaud ni trop froid, même durant les changements de saisons. Il faisait rarement un feu dans la petite cheminée en hiver.

Dès qu’il entra, il fit ce qu’il faisait toujours ; sauter dans sa minuscule douche pour se laver, se préparer un plateau télé et s’asseoir sur son lit pour regarder ce qu’il pouvait y avoir comme émission intéressante. Vue de l’extérieur, la vie de Blaine pouvait paraître ennuyeuse et ceux qui le pensaient ne seraient pas les seuls. Il était d’accord, cependant, il aimait l’ennui. C’était moins compliqué. Après des années passées en tant qu’infirmier de sa mère mourante, à devoir apprendre le milieu médical à la dure, il appréciait pouvoir flâner et s’occuper du paysage comme il le souhaitait.

Quand elle était morte, même s’il l’aimait, cela avait été une bénédiction. Il n’avait que dix-sept ans alors, mais étant presque majeur, les services sociaux ne l’avaient pas fait entrer dans le système. Il avait payé les factures avec la vente de la maison, des meubles, et accepté l’offre d’emploi de Gary faite lors des funérailles, cela lui permettait d’avoir un endroit pour vivre.

Gary et sa mère s’étaient mis ensemble lorsque Blaine était enfant. Leur relation n’avait pas marché, toutefois, ils étaient restés en contact et il avait été une des rares personnes qui avaient assisté à la mise en terre de sa mère avec lui. À présent, Gary était son patron, le propriétaire le plus facile à vivre que Blaine aurait pu espérer.

Et demain, il organisait une fête. C’était un événement annuel, destiné à célébrer le jour où il avait acheté l’Hôtel Twin Pines. Les employés étaient tous invités pour l’occasion, car Gary engageait du personnel extérieur.

Toutes les chambres et les bungalows vides leur étaient ouverts pour la nuit, afin que personne n’ait à conduire sur les longues routes sinueuses pour regagner leur domicile. Blaine travaillait ici depuis des années, mais ne s’y était jamais rendu. Il n’aimait pas vraiment les fêtes. Il ne buvait jamais et les gens avaient tendance à l’intimider.

Cependant, cette année, il s’était trouvé une raison d’envisager d’y participer. Une raison aux yeux vert foncé et au sourire qui transpirait le sexe. Blaine posa son plateau vide sur sa table de nuit et se laissa tomber sur son lit, fermant les yeux afin de pouvoir mieux visualiser les souvenirs de ce bel homme. Il s’endormit en pensant à Troy.

***

Au matin, il s’éveilla tard. C’était samedi et il avait sa journée de libre, mais il se leva et s’habilla prestement. Helen, la cuisinière à temps partiel du petit restaurant de l’hôtel, lui gardait toujours son petit déjeuner lorsqu’elle travaillait le week-end. Elle était comme une grand-mère pour lui. Sa meilleure amie dans cet endroit. Il sortit précipitamment de son bungalow et se dirigea vers la porte arrière. Il mangea dans la cuisine en sa compagnie, tout en la regardant cuisiner. Elle avait soixante-sept ans, mais se déplaçait comme si elle avait la moitié de son âge. Elle n’avait pas besoin d’argent, lui avait-elle dit, elle travaillait parce que cela lui permettait de faire une pause dans son tricot et elle avait arrêté de faire semblant d’écouter son mari depuis quarante ans.

— Bonjour mon garçon. J’avais presque renoncé à te voir.

Elle lui disait toujours cela. Un grand sourire étira ses lèvres d’un rouge profond et il lui répondit :

— Tu es la meilleure cuisinière du monde, Helen. Je serais stupide de manquer ton omelette espagnole.

Elle lui sourit tendrement, lui fit un clin d’œil et posa son assiette sur la petite table avant de retourner à la gazinière. Blaine l’observa en mangeant, tentant de trouver une manière de lui parler de Troy.

— Euh… Helen ? Quand Cal et toi, vous vous êtes rencontrés… qui… je veux dire, comment…

— Tara m’a dit que tu avais le béguin pour le petit nouveau du vieux bungalow Farrow.

Sa fourchette tomba dans l’assiette et il fixa le dos d’Helen.

— Tu te moques de moi !

— Non, gloussa-t-elle. Mais ne t’inquiète pas, Blaine, elle ne l’a révélé qu’à moi.

Elle déposa une louche de pommes de terre dans une assiette et la plaça sous les lampes chauffantes, puis se tourna vers lui et posa ses mains ridées sur la table.

— Tu dois sortir de ta coquille, c’est tout. Il te suffit de trouver un peu de courage pour parler à cet homme. Tout ce que tu risques est qu’il te dise qu’il n’est pas gay ou qu’il n’est pas intéressé. Tu n’en mourras pas, même si tu as peur d’un rejet, je te le promets. Tu seras abattu, blessé l’espace d’une minute, puis tu réessayeras avec le prochain. Finalement, tu prendras tes marques et récolteras un « oui ». Avec ton beau visage, je pense que tu obtiendras plus de « oui » que de « non », de toute façon.

— Ce n’est pas aussi facile, Helen. Il est tellement… et je n’ai jamais…

— Je sais, mon chou, tu n’as jamais eu la chance de connaître les choses de l’amour à l’adolescence et de grandir avec. Cela signifie simplement que tout ce bon karma que tu as construit devrait fonctionner pour toi à présent.

Blaine sourit et hocha la tête.

— Oui, le karma. Bien sûr, Helen.

Durant le reste de la journée, Blaine déambula, l’âme en peine, tentant de décider s’il devait aller à la fête, et encore plus s’il devait parler à Troy. Lorsque la soirée approcha, il se retrouva dans son bungalow, les cheveux mouillés par la douche qu’il venait juste de prendre, hésitant sur une tenue à porter qui le ferait paraître moins maigre et dévoilerait le peu de muscles qu’il avait gagnés en travaillant au lac.

Il opta finalement pour une chemise gris foncé et son meilleur jean. Il ne possédait pas de belles chaussures, mais il avait une paire de baskets qui n’était pas encore ruinée par les tâches d’herbe dues à ses tontes. Dès que ses cheveux furent peignés, se maudissant de ne pas les avoir fait couper, il se dirigea vers la porte et se figea. Allait-il réellement faire cela ? Vraiment ?

— Oui, Blaine, un peu de courage.

C’était son mantra personnel, qui reprenait les mots d’Helen. Il n’avait jamais eu de petit ami, ni même de véritable rendez-vous. Ce qui y avait le plus ressemblé s’était passé il y avait quelque mois, lorsqu’un homme qui séjournait à l’hôtel avait semblé s’intéresser à lui, cherchant toujours à lui parler, lui posant des questions et flirtant avec lui. Son nom était Brian, et Blaine avait commencé à penser qu’il se passait quelque chose entre eux, lorsque Brian avait brusquement quitté l’hôtel au milieu de la nuit, sans un mot. Blaine avait été blessé, s’étant pourtant dit qu’il n’avait aucune raison de l’être. Ils n’étaient pas sortis ensemble, ne s’étaient pas embrassés, rien, cependant, cela avait quand même fait mal.

Il passa les portes du hall de l’hôtel. L’endroit ressemblait à une immense cabane en bois. C’était la seule manière que Blaine pouvait utiliser pour le décrire. Des planchers en pin brillaient suite à un récent polissage, des murs en bois, de hauts plafonds avec des poutres apparentes et des meubles fabriqués dans la région, de petits rondins, des chaises et des canapés rembourrés vert foncé et bleu ciel. La pièce était déjà pleine de fêtards et il chercha un coin tranquille pour se cacher, cependant, il était trop tard. Tara et son géant de mari, Pete, un magnifique Afro-Américain, se dirigeaient vers lui. Elle lui donna une brève étreinte.

— Salut ! Je n’aurais jamais pensé te voir ici !

— Bonsoir Tara, Pete, je me suis dit que j’allais venir manger, puis que je partirais.

Tara lança un coup d’œil à Pete, puis à Blaine, un côté de sa bouche se relevant en un sourire contenu.

— Je sais que tu es venu pour le jogger canon. Il est au bar en ce moment. Va chercher ton homme !

Blaine sentit son visage s’empourprer, toutefois, son regard erra vers le bar de l’autre côté de la pièce. Troy était assis, discutant avec Gary. Il était vêtu d’un costume et, si c’était possible, paraissait encore plus beau qu’avec sa tenue de sport. Son complet était noir, associé à une chemise vert clair, sans cravate. Il riait, et Blaine était déchiré entre son désir de courir vers lui, de l’attraper pour l’embrasser passionnément et celui de passer la porte afin de se cacher dans son bungalow pour le restant de ses jours.

Tara tira Pete vers la piste de danse, le poussant en direction du bar avant de partir. Il la regarda un instant, paupières baissées, puis s’avança vers le comptoir, dressant un rapide plan dans son esprit avant d’y parvenir.

  1. Arriver avant de vomir.

  2. Agir comme s’il venait parler à Gary.

  3. Féliciter son patron pour ses seize années dans l’industrie hôtelière.

  4. Établir un contact visuel avec Troy.

Il put rapidement cocher le numéro 1. Il arriva et, tandis qu’il approchait, Gary le remarqua et lui sourit.

— Blaine, comment vas-tu ? Content que tu sois venu !

Le jeune homme sentit sa langue gonfler tant qu’il crut bientôt s’étouffer, cependant, il lui adressa un signe de tête et accepta la main tendue, la serrant un peu trop rapidement.

— Salut Gary. Belle soirée.

Salut Gary, belle soirée ? Banal !

Gary se mit à rire, regardant autour de lui et hocha la tête.

— Oui, c’est un bon point.

Son regard passa de Troy à Blaine.

— Connais-tu notre Blaine, Troy ?

Il fut forcé de se tourner vers Troy, qu’il évitait délibérément de dévisager jusque-là. Troy souriait et Blaine remarqua que ses yeux étaient bordés de cils épais.

— Je le vois presque chaque jour, mais je n’ai jamais eu le plaisir d’être présenté.

Troy parlait à Gary, sans jamais détourner les yeux de Blaine, puis il tendit la main.

— Blaine, c’est ça ? Je suis Troy. Très heureux de te rencontrer enfin dans les règles.

Blaine savait que son visage était rouge vif, car la température le faisait transpirer, toutefois, il serra la main de Troy. Sa chaleur et la fermeté de sa prise firent tomber son estomac droit dans ses bourses.

— Enchanté.

— Tu as l’air un peu jeune pour quoi que ce soit de plus fort qu’un Coca-Cola ou qu’un Sprite, mais je serais ravi de t’en payer un, si tu as soif.

Blaine pourrait écouter Troy parler toute la nuit. Sa voix était douce et basse, lui correspondant bien.

— J’ai vingt-deux ans. Oui, merci.

— Assieds-toi.

Troy lui proposa le siège près de lui, ce qu’il s’empressa d’accepter, plaquant ses mains sur le bar devant lui pour les empêcher de trembler. Troy lui commanda un Sprite et, dès qu’il fut servi, Blaine en but une gorgée, souhaitant stupidement avoir pris des graines de tournesol avec lui.

— Je te vois assis sur ce banc tous les jours. C’est un bon endroit pour prendre une pause dans le travail, je parie.

— Oui, j’aime bien être là-bas.

Troy baissa la voix après avoir avalé une gorgée de son verre de scotch et se pencha de quelques centimètres vers Blaine.

— C’est la partie favorite de ma course. La plus belle vue.

Voilà ! Blaine allait mourir là, droit sur ce tabouret de bar. Il était engourdi de la tête aux pieds, il ne savait même pas si son cœur battait toujours. Troy flirtait-il vraiment avec lui ? Était-il la vue qu’il aimait ? Était-ce bien ce qu’il insinuait ? Que devait-il dire ?

Avant qu’il puisse trouver quoi répondre, la jambe de Troy frôla la sienne, ce qui lui fit savoir qu’il n’était pas complètement paralysé, finalement.

— Pouvons-nous aller autre part pour discuter ? Seuls ?

Sa tête allait exploser. Il pouvait voir sa matière grise dégouliner sur le miroir derrière le bar et l’un de ses globes oculaires atterrir dans le pichet de bière que Merle versait aux femmes qui gloussaient au bout du comptoir.

Après un court instant, qui lui parut des heures, Blaine retrouva la voix et tourna légèrement la tête pour jeter un regard en coin à Troy, juste pour s’assurer que c’était bien à lui qu’il parlait.

— Oui, bien sûr.

— Génial.

Troy se leva et Blaine le suivit jusqu’à la porte d’entrée, avant d’emprunter le trottoir. Le jeune homme était juste derrière lui et Troy ne ralentit pas afin qu’il le rattrape. Dès qu’ils eurent dépassé le bâtiment et quitté le bas-côté, Troy s’engagea sur le sentier qui menait aux bois. Blaine ressentait tant de sentiments contradictoires, le plus important étant de l’excitation. Il était seul avec Troy, l’homme de ses rêves, celui sur lequel il fantasmait depuis des semaines.

Dès qu’ils furent entourés d’arbres et que la lumière de l’hôtel ne fut plus qu’une faible lueur sur leur gauche, Troy pivota brusquement, obligeant Blaine à le percuter. Le contact amena le torse dur de Troy contre le sien et, avant qu’il puisse reculer avec des excuses bredouillées, Troy le saisit par les épaules et appuya durement ses lèvres sur les siennes. Il l’embrassa une fois, puis une autre et, la troisième fois, Blaine lui rendit son baiser. Troy ouvrit la bouche, laissant sa langue glisser contre la sienne. Il ne pensait plus à rien, il ne le voulait pas. Tout ce qu’il désirait, c’était plus… Plus de baisers, plus de Troy. Plus…

Il était sur le point d’obtenir bien davantage qu’il n’aurait pu l’imaginer.

CHAPITRE DEUX





— Je… euh… je suis vraiment désolé. Je suis très agressif quand il s’agit d’une chose ou de quelqu’un que je veux.

Troy recula un peu et laissa Blaine reprendre son souffle. Celui-ci avait toujours le goût du scotch sur sa langue et ses lèvres picotaient à cause du baiser. Bien sûr, ce n’était pas la seule partie de son corps qui le démangeait.

— Je ne suis pas en colère. Tu n’as pas à t’excuser.

Les coins de la bouche de Troy se relevèrent légèrement.

— Bien. Il m’arrive d’avoir ce genre de réactions. Cela effraie certains hommes, mais je suis comme ça. J’ai tendance à prendre ce que je veux.

À nouveau, il l’attrapa par les épaules et les yeux de Blaine se fermèrent automatiquement, tandis qu’il attendait un baiser. Encore ! Il avait été embrassé par ce type, qui était probablement le plus sexy de la terre, et c’était sur le point de se reproduire.

— Ouvre les yeux, Blaine.

Il obéit et vit que Troy le fixait, l’air sévère.

— Tu as vraiment envie que je t’embrasse encore, pas vrai ?

— Eh bien, je… je pensais que tu allais le faire.

Son cœur sombra. Il le savait ! Il savait qu’il était fou de penser que quelqu’un comme Troy l’appréciait. C’était l’alcool. Fichu Gary et ses maudites fêtes…

— J’allais le faire, je veux juste t’entendre le dire. Reconnaître que tu as envie que je t’embrasse.

Encore plus confus et prêt à défaillir à cause du stress, il hocha rapidement la tête et déclara, sans la moindre trace d’hésitation dans la voix :

— J’ai vraiment envie que tu m’embrasses encore.

Le sourire dont il fut récompensé apaisa son appréhension. Il garda les yeux ouverts, afin de voir le visage de Troy se rapprocher du sien. Il lui suça la lèvre inférieure, juste assez pour que ses dents le mordent doucement. Le regard de Troy ne quitta jamais le sien, toutefois, ses mains quittèrent ses épaules, glissant le long de ses bras pour prendre ses mains et les poser sur son torse.

Blaine sentit les muscles sous ses paumes, la fermeté de Troy, et la présence de cet homme le réconforta en même temps qu’elle lui donnait l’impression de marcher sur une corde raide, au-dessus du Grand Canyon. Le baiser suivant fut passionné, les mains de Troy se plantant fermement sur les hanches de Blaine, juste au-dessus de ses fesses. Tandis que le baiser s’intensifiait, Troy l’attira plus près de lui, poussant ses hanches en avant. Blaine gémit contre sa bouche, lorsque l’érection de Troy appuya contre la sienne. Il dut s’écarter afin de se retenir de jouir dans son pantalon et de gâcher l’instant. Sans parler de s’embarrasser jusqu’à l’autodestruction.

— Qu’est-ce qui ne va pas, Blaine ? N’as-tu pas envie de faire un peu plus connaissance avec ça ? demanda Troy poussant un peu plus son bassin.

Avant qu’il ne puisse s’en empêcher, sa mâchoire se décrocha et il la referma rapidement.

— S… si. Si, répondit-il, le regard rendu flou par un désir irrésistible.

Troy hocha la tête, sans sourire.

— Bien. C’est très bien, car j’ai vraiment envie que tu apprennes à la connaître.

Troy s’écarta de lui et reboutonna sa veste, ses yeux noirs toujours ancrés dans ceux de Blaine.

— Veux-tu que je te ramène chez toi ?

— Oui, bien sûr… d’accord.

Une fois encore, Troy se tourna et s’éloigna. Blaine le rattrapa et marcha à ses côtés, sans dire un mot, tandis qu’il émergeait de sous les arbres et tournait à gauche, en direction des bungalows. Le chemin le plus court... L’esprit de Blaine partait dans au moins cinquante directions différentes, bien que ce soit un miracle qu’il fonctionne tout court, avec chaque goutte de sang rassemblée dans un certain endroit, sous la ceinture de son jean. Il songea à ce qu’il avait laissé dans sa chambre ; les vêtements qu’il avait essayés et éparpillés un peu partout. Il avait au moins deux plateaux télé sur la table de nuit et il ne pouvait qu’imaginer l’état de la salle de bain. Troy allait penser qu’il était un porc.

Celui-ci s’arrêta devant les bungalows, faisant signe à Blaine de lui montrer le chemin. Le jeune homme se dirigea vers le deuxième et monta les trois marches menant à sa porte. Au moment où il posait la main sur la poignée, Troy arriva derrière lui et plaça sa main sur la sienne. Sa bouche trouva le cou de Blaine, qui fut heureux que Troy ne puisse pas le voir, le contact de ses lèvres faisant rouler ses yeux dans ses orbites et presque flancher ses genoux.

— Allais-tu partir sans me dire au revoir, mon beau ?

Le front de Blaine se plissa et il pivota, sa confusion faisant sourire tendrement Troy.

— Je pensais que… tu ne veux pas entrer ?

Troy fit courir le bout de ses doigts sur la joue rougie de Blaine.

— Veux-tu vraiment que notre première fois se passe comme ça ? Je n’aurais aucun problème à te pousser à l’intérieur, te jeter sur ton lit et ravager ton jeune corps splendide, mais as-tu vraiment si peu d’estime de toi que tu veuilles te donner à un homme que tu viens juste de rencontrer ? Qu’il connaisse la partie la plus intime de ton corps avant même ton nom de famille ? Si c’est celui que tu es, alors tu n’es pas pour moi. J’aime un bon coup d’un soir, autant que n’importe qui d’autre, toutefois, je pensais que nous pourrions avoir plus que cela. Je l’espérais, même.

Blaine ne pouvait pas imaginer ce que Troy aurait pu dire qui lui aurait donné envie d’en avoir plus. Il sourit et baissa la tête.

— Tu as raison. Donc… et maintenant ?

Troy lui releva le menton d’un doigt et embrassa tendrement ses lèvres, puis sa joue.

— J’aimerais te revoir demain. Nous pourrions prendre la voiture et tu me montrerais les environs. Je travaille à domicile, donc je ne suis pas beaucoup sorti. Est-ce que ça t’intéresse, mon beau ?

Avec un peu de chance, le sourire sur le visage de Blaine indiquerait combien il aimait cette idée, cependant, Troy attendait une réponse verbale.

— Oui, ce serait génial.

— Je viendrai te chercher à onze heures. Ne sois pas en retard, s’il te plaît ; j’ai une sainte horreur des gens qui me font attendre.

Blaine ne reconnut pas le courage sorti de nulle part qu’il ressentit à cet instant précis.

— Tu vois ? Je connais déjà quelque chose sur toi.

Troy cligna des yeux, puis son visage s’illumina et il éclata de rire.

— Très bien !

Un autre doux baiser et Troy fit demi-tour pour partir, lançant par-dessus son épaule :

— Tu comprends combien ça peut être bon d’attendre quelque chose dont on a envie ?

Blaine lui fit un signe de la main et entra dans son bungalow, se jetant tête la première sur son lit, riant et balançant les pieds, ayant l’impression que le ciel l’avait aspiré et qu’il se trouvait quelque part sur un nuage moelleux. Les aigles ne volaient jamais si haut et les avions étaient loin en dessous de lui, ils pouvaient aussi bien être des grains de poussière.

Il se tourna, frottant ses mains sur son visage, puis les releva au-dessus de sa tête. La chaleur qui inondait sa poitrine était un sentiment totalement nouveau et il se demanda follement si c’était à cela que ressemblait l’amour.

Brusquement, il bondit et commença à nettoyer. La peur qu’il avait ressentie à l’idée que Troy voie sa chambre dans un tel bazar ne se reproduirait plus, alors il rangea, tentant d’imaginer ce que Troy remarquerait s’il entrait. Dès qu’il eut fini, il se déshabilla, ne gardant que son boxer, s’installa sous le drap fin, l’oreiller entre les bras, et se força à dormir. Le lendemain n’arriverait pas assez vite.

***

Au matin, il se réveilla avec l’odeur de la pluie. Ce ne fut pas un grand choc, l’Oregon était célèbre pour son climat humide, à peine moins qu’à Washington. Pourtant, il fronça les sourcils. Aujourd’hui, il avait son premier rendez-vous avec Troy et il pleuvait. Il avait toujours aimé l’Oregon, il n’avait jamais voulu déménager, pourtant, ce matin, il aurait aimé vivre en Arizona.

Il se leva et se rendit dans la salle de bain, souriant, constatant combien elle était propre. Il urina, puis alla au lavabo se laver les dents. Il nota la présence d’un sourire sur ses lèvres. Il souriait, évidemment qu’il souriait, toutefois, il ne s’était jamais vu le faire de cette façon auparavant. Il l’avait seulement lu dans les livres. C’était un sourire qui atteignait ses yeux, car ses prunelles s’étiraient également. Il secoua la tête, se moquant de lui-même, cracha et finit de se brosser les dents. Puis il se dirigea vers son armoire et se retrouva dans la même situation embarrassante que la veille. Que diable allait-il porter ?

En tout et pour tout, il n’avait qu’une seule belle chemise et il l’avait mise hier soir. Le reste de ses vêtements était composé de tee-shirts et de jeans déchirés. Il n’avait pas besoin de beaux habits pour travailler, pas vrai ? Tous ses pantalons avaient des tâches d’herbe autour des chevilles et de minuscules trous à cause des épines et des branches rebelles.

Il enfila le pantalon qu’il avait la veille, heureux de ne pas avoir éjaculé dedans comme il avait été sur le point de le faire, et le lissa de la main. Ce n’est pas trop mal, décida-t-il. Il peigna ses cheveux, cinq fois, souhaitant une fois de plus avoir demandé à Helen de les lui couper.

Les deux heures suivantes semblèrent s’éterniser, mais, alors qu’il regardait par la fenêtre, la pluie cessa et le soleil se mit à briller. Blaine sortit, faisant attention d’éviter les petites flaques d’eau qui s’étaient formées tout autour de chez lui. Quand il leva les yeux, il remarqua un arc-en-ciel à l’horizon. Il le prit comme un bon signe.

— Wow, tu es tellement beau !

Blaine pivota brusquement, sursautant violemment alors qu’il était brutalement tiré de ses pensées. Troy se tenait là, souriant. Blaine s’agita, frottant ses mains sur le devant de son jean.

— Oh, salut. Je…

— Semble tout droit sorti d’une peinture grecque ?

Le jeune homme s’empourpra. Quand allait-il cesser de faire cela ? C’était ce qu’il pensait de toute façon, mais le sourire de Troy à cette vue indiqua clairement qu’il espérait que Blaine ne perdrait jamais ce trait.

— Il est déjà onze heures ?

— Presque. Je pensais venir te chercher à pied, je viens juste de laver mon Land Rover. Moins il y a de boue qui l’éclabousse, mieux c’est.

Blaine jeta un regard à son bungalow et monta les marches au pas de course pour fermer la porte. Troy observa chaque mouvement.

— Tu ne verrouilles pas ?

— Pourquoi ? répondit Blaine, haussant les épaules. Je n’ai rien de valeur et il n’y a pas de voleurs ici de toute façon.

Troy fronça les sourcils, alors que Blaine avançait vers lui. Il déposa un petit baiser sur ses lèvres, puis lui prit la main et ils se mirent en route.

— Tu sais, tu es très confiant. Tu ne connais pas les gens autant que tu le crois. Et, même si tu ne possèdes rien de valeur, tu ne sais pas ce que les autres considéreront comme précieux.

Blaine ne comprenait pas, si bien qu’il pencha la tête sur le côté.

— Eh bien, s’ils veulent une vieille télé, des albums photo et quelques CD rayés, ils peuvent les prendre.

Blaine jeta bientôt un premier regard attentif au bungalow fraîchement rénové dans lequel Troy avait emménagé quelques mois auparavant. Alors qu’il paraissait délabré auparavant, à présent, les mauvaises herbes avaient été enlevées, le porche peint d’un blanc lumineux et il y avait une nouvelle porte avec un vitrail en son centre. Ils le dépassèrent sans y entrer, Blaine ressentit une pointe de déception qui s’estompa rapidement. Ils se trouvaient sur le côté, où étaient garés trois véhicules ; un vieux pick-up bleu délavé, une Cadillac couleur argentée et un Land Rover blanc. Troy les guida vers ce dernier et lui ouvrit la portière passager, l’attirant pour un baiser plus intense que le précédent.

Blaine posa doucement ses mains sur la taille de Troy et s’abandonna au baiser. Troy l’appuya contre l’encadrement de la portière, lui prenant le visage en coupe et l’étreinte devint plus urgente. Il s’écarta quelques instants plus tard et se lécha les lèvres.

— Fais-tu en sorte de rendre l’attente difficile ou est-ce naturel ?

— Ce doit être naturel, je n’ai aucune pratique.

Blaine n’avait pas eu l’intention de paraître aussi déprimant, mais il le pensait. Comment pourrait-il dire autrement à cet homme qui, de toute évidence, pouvait avoir qui il voulait, qu’il n’était qu’un puceau inexpérimenté ?

— Bien, je n’aime pas que mon homme joue avec moi.

La tête de Blaine lui tourna l’espace d’un instant, lorsque Troy se référa à lui comme « son homme ». Puis il contourna rapidement le véhicule et monta. Troy s’engagea sur la route principale avant de briser le silence :

— Donc c’est toi l’expert, où allons-nous ?

Il ne lui avait pas échappé que Troy portait des vêtements décontractés, comme lui, alors il pensa à son endroit préféré, espérant que cela ne semblerait pas aussi puéril qu’il en avait l’air.

— Il n’y a pas grand-chose d’autre que des collines et des arbres par ici, cependant, il y a un coin où j’aime beaucoup aller. Il y a un beau zoo de l’autre côté de Roseville.

Troy pince les lèvres.

— Un zoo... Tu aimes les animaux ?

— Oui, j’ai eu un chien une fois, mais ma mère est tombée malade. Nous avons dû le donner. Il était trop excité, il voulait tout le temps lui sauter dessus.

Troy hocha rapidement la tête.

— Ce sera le zoo alors. J’apprécie également les animaux.

Une fois arrivés, Troy paya leurs entrées, prit sa main, ce qui fit hausser les sourcils de quelques personnes, pourtant il ne sembla pas le remarquer, alors Blaine les ignora également. Avoir la grande main de Troy enveloppant la sienne lui donnait l’impression d’être un roi escorté vers son trône.

Tandis qu’ils se promenaient, Troy dévoila son côté joueur lorsqu’il fut pourchassé par une oie, qu’il prit à son tour en chasse. À la boutique de cadeaux, il acheta à Blaine chaque animal en peluche qu’il y avait, quatorze en tout, puis demanda à la femme derrière le comptoir de les garder jusqu’à ce qu’ils soient prêts à repartir. Il impressionna Blaine plusieurs fois en soulevant des enfants afin qu’ils caressent les animaux, comme le bébé girafe ou l’âne avec de grandes taches brunes autour des yeux. Blaine ne pouvait s’empêcher de le regarder interagir avec les gens, comme s’ils étaient amis depuis des années et non pas de parfaits inconnus. Chaque fois que l’un des employés les aidait en quoi que ce soit, même pour un truc aussi simple que leur indiquer la direction de certaines zones du zoo, il leur glissait un pourboire. La seule fois où Blaine vit sa valeur fut lorsqu’il aperçut le billet du coin de l’œil. C’était une coupure de vingt. Il fit un rapide compte dans sa tête et écarquilla les yeux lorsque l’addition lui révéla que Troy avait dépensé près de trois cents dollars jusque-là.

Non pas qu’il soit intéressé par l’argent, cependant, à chacun des gestes que Troy effectua durant cette journée, Blaine se sentait de plus en plus attiré par lui. Il ne savait pas comment cela était même possible.

Il leur achetait des sachets de friandises pour animaux à chaque enclos devant lequel ils se trouvaient et ils passèrent des heures à flâner tout en apprenant à se connaître.

Troy lui posa prudemment des questions sur sa mère. Blaine pouvait sentir qu’il abordait le sujet avec légèreté et il ne voulait pas qu’il pense que c’était hors limite.

— Ma mère était tout ce que j’avais. Mon père est mort quand j’étais enfant. C’est elle qui m’a élevé, puis elle est tombée malade quand j’étais en cinquième. Elle s’est durement battue, mais, à la fin, elle a perdu.

— Puis-je demander ?

— Cancer du sein, il avait fini par s’étendre à son foie et à son pancréas.

Troy s’arrêta et revint en arrière, entraînant Blaine avec lui contre le mur du poulailler contenant des poules de Guinée. Il le prit dans ses bras et embrassa son cou.

— C’est beaucoup pour quelqu’un de si jeune. Tu es fort.

Blaine haussa les épaules et se pencha vers Troy, répondant contre son torse :

— Je ne le suis pas. J’ai pleuré chaque jour la dernière année, voire même plus.

— Pleurer ne signifie pas que tu es faible, Blaine. Les larmes servent à nettoyer la faiblesse afin qu’il ne reste que la force. Je ne serais pas aussi intéressé que je le suis par toi si je croyais que tu étais fragile. C’est la raison pour laquelle j’ai attendu que tu viennes à moi.

Blaine releva la tête, le front plissé.

— Quoi ?

— J’aurais pu m’arrêter n’importe quand durant mon jogging pour te parler, te demander de sortir avec moi, or, je voulais que tu viennes à moi. Je ne te faciliterai jamais les choses, ce n’est tout simplement pas dans ma nature.

— Est-ce pour cela que nous n’avons pas… tu sais… hier soir ?

— Oui. Il aurait été facile de nous envoyer en l’air comme des étalons en rut et de laisser nos désirs prendre le dessus. Mais patienter, faire en sorte que tu me veuilles que tu n’as jamais désiré personne d’autre, te prouvera que te donner à moi est la bonne chose à faire.

Les yeux de Blaine étincelaient et son sourire était à mi-chemin entre la timidité et l’effronterie, lorsqu’il demanda :

— Avons-nous attendu assez longtemps ?

Troy ne put s’empêcher d’éclater de rire.

— Tu es une petite salope qui baise au premier rencart, hein ?

— Je ne l’ai jamais fait auparavant, alors je ne sais pas si je suis une salope ou non.

Le rire de Troy s’effaça. Blaine recula, regrettant soudain d’avoir été si désinvolte.

— Tu es puceau ?

— Je pensais que c’était évident.

— Non... Je veux dire, je supposais que tu n’étais pas très expérimenté, mais vierge ? Ça ne m’a jamais traversé l’esprit.

Blaine baissa les yeux vers le sol, donnant un petit coup de pied dans un caillou.

— J’imagine que c’est un motif de rupture ?

Troy inspira vivement et posa ses mains de chaque côté de la tête de Blaine, relevant son visage et lui parlant d’une voix sévère :

— Bien sûr que non, ne sois pas stupide ! J’aime savoir que tu n’as couché avec personne. Je serais plus qu’heureux d’être le premier. Je veux juste que tu saches que si je te fais l’amour, je serai le seul. Lorsque nous coucherons ensemble, cela signifiera que tu seras à moi et à moi seul.

— Bien sûr ! Je ne…

— Non, Blaine, je ne m’exprime pas clairement. Quand je suis avec un homme, j’ai besoin de savoir qu’il m’appartient. Certains ne l’ont pas compris, c’est pourquoi je te le dis maintenant, avant de te toucher de cette manière. Je te posséderai. Tant que tu accepteras cela, je te traiterai comme un trésor, toutefois, si jamais tu franchis la limite, je serai irrité. Et je te préviens tout de suite, tu n’as pas envie de me voir en colère.

Blaine ne parvenait pas à réfléchir au-delà de certains mots, sinon il se serait enfui, mais la voix de Troy flottait dans son esprit « te traiterai comme un trésor », « te toucher de cette manière ». Il perdit toutes ses autres pensées ou inquiétudes et se pencha pour l’embrasser.

— Je suis déjà tout à toi, à moins que ce ne soit pas aussi évident que je le pensais.

CHAPITRE TROIS



La glace qu’ils mangèrent au zoo ne suffit pas à combler leur faim, alors, dès que Troy récupéra le sac d’animaux en peluche auprès de la vendeuse de la boutique, Blaine et lui s’en allèrent et ils se rendirent en ville, dans un fast-food dont tout le monde parlait.

Troy jeta un coup d’œil au menu et annonça avec un sourire en coin :

— Je sais que tu vas me prendre pour un non-américain, mais je déteste les hot-dogs et les hamburgers.

— Alors pourquoi sommes-nous ici ?

— Parce qu’aucun restaurant ne sert que des graines de tournesol.

Blaine fut pris au dépourvu, comme avec la plupart de ses déclarations, alors il sourit, embarrassé.

— Oh ! Tu es au courant de ma petite addiction.

— Addiction ? Aux graines de tournesol ? Existe-t-il un programme en douze étapes pour cela ?

Le son du rire de Troy fut si sexy que cela donna envie à Blaine de sauter le repas et de retourner à l’un des bungalows, toutefois, il appréciait le temps qu’ils passaient ensemble. La serveuse arriva à la table, détournant ses pensées d’un Troy nu et, après avoir commandé un hot-dog au chili pour lui et des lamelles de poulet pour Troy, celui-ci s’adossa à sa chaise, le fixant, un soupçon de sourire jouant sur ses délicieuses lèvres.

— Donc quelle est ta nourriture préférée ?

Blaine secoua la tête.

— Tu vas trouver que c’est étrange.

— Pourquoi penserais-je que ta nourriture préférée est bizarre ?

— Parce que la plupart des gens répondraient pizza, tacos ou quelque chose comme ça, la mienne c’est… eh bien, c’est la salade de fruits.

Troy se pencha en avant et haussa les épaules.

— En quoi est-ce insolite ? Non conventionnel, peut-être, mais pas biscornu.

— Une certaine salade de fruits, cependant.

— Celle de ta mère ?

Blaine releva brusquement la tête.

— Comment le sais-tu ?

— Le plat préféré de tout le monde est généralement celui de sa mère.

— Oui, tu vois, elle avait l’habitude de préparer de grands repas. Elle aimait cuisiner, et quand elle est tombée malade, elle n’avait plus l’énergie pour le faire. Elle avait une amie singulière qui aimait les aliments sains. Rosa venait et enlevait toute nourriture agréable de la maison pour la remplacer par des brindilles et des baies. Nous avions toujours une tonne de fruits, de yaourts et de trucs comme ça. Alors, un jour où ma mère se sentait vraiment mal de ne pas me cuisiner de dîner, elle a attrapé mon plateau-repas et l’a jeté. Elle a regardé dans le frigo et a trouvé tous les ingrédients que Rosa avait achetés. Elle a coupé tous les fruits qu’elle savait que j’aimais, fouetté un peu de sucre et de cannelle dans du yaourt et l’a ajouté au mélange. Pour couronner le tout, elle avait une bouteille de sirop au chocolat dans un placard que la petite Rosa ne pouvait pas atteindre. Elle m’a servi un bol et l’a arrosé d’une tonne de chocolat.

— C’est une très belle histoire. Tu es quelqu’un de spécial, Blaine.

Celui-ci haussa les épaules. Son visage était aussi cuisant qu’un soleil et il commença à gigoter.

— Ne sois pas embarrassé chaque fois que je te fais un compliment, dit Troy, lui prenant la main au-dessus de la table. C’est vrai.

— Je me sens vraiment bien avec toi, Troy. Merci.

— Pas de quoi, mon beau. Maintenant, si tu veux bien m’excuser un instant, je dois passer un coup de fil professionnel. Je reviens tout de suite.

— Bien sûr.

Pendant son absence, les plats arrivèrent, toutefois, dès qu’il fut de retour à la table, il appela la serveuse et lui demanda l’addition.

— Je suis vraiment désolé, Blaine, je dois aller travailler. Je vais te déposer chez toi. Tu me pardonnes ?

Le jeune homme agita la main.

— Ne t’inquiète pas, le travail passe en premier.

Troy s’arrêta et se pencha vers lui, se rapprochant de son visage.

— Non, bébé, tu passes en premier, toutefois, je dois vraiment y aller. J’essaierai de finir de bonne heure. Tu laisses aussi ta porte ouverte la nuit ?

Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Vient-il réellement de m’appeler bébé ?

— Je le ferai cette nuit.

Un sourire de pure luxure étira les lèvres de Troy.

— Bien, tu te réveilleras peut-être avec une surprise.

Troy arrêta la voiture à quelques mètres des bungalows et attira Blaine à lui, afin de lui donner un baiser mouillé et brûlant qui recroquevilla ses orteils.

— Je te vois plus tard ou demain. Demain soir au plus tard, c’est certain.

— D’accord. Rien ne presse.

Il avait sorti « rien ne presse », mais, en fait, ce qu’il voulait dire c’était « dépêche-toi de revenir, s’il te plaît. Je trouve de plus en plus difficile d’être loin de toi, même pour une minute, maintenant que je t’ai trouvé ».

Il rentra dans son cottage et vérifia tout une fois de plus, afin de s’assurer que c’était suffisamment propre si Troy venait. Il s’assit sur son matelas et s’adossa à la tête de lit pour manger le hot-dog au chili qu’il avait emporté lorsque Troy lui avait annoncé qu’ils devaient partir. Il en avait avalé au moins une trentaine venant de ce restaurant, curieusement, celui-ci avait meilleur goût. Même l’air avait un meilleur parfum maintenant. Tout était mieux à présent qu’il connaissait Troy.

Lorsque la nuit commença à tomber et que Troy ne revint pas, Blaine ne put supporter de rester chez lui une seconde de plus. Il sortit et se dirigea vers l’hôtel, espérant que quelqu’un y serait.

Dans le hall, il avança vers le fond, où Gary était assis sur un tabouret de bar. Merle, accoudé au comptoir, discutait comme toujours avec lui. C’était une scène normale dans le coin. Non pas que Gary boive beaucoup, quand même un peu, surtout depuis l’année dernière, quand ses affaires ont baissé à cause du complexe hôtelier.


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