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Excerpt for Un Hiver au Texas by , available in its entirety at Smashwords

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Tous les personnages et évènements de ce livre sont des fictions. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées serait pure coïncidence.


Texas Winter, RJ Scott, Copyright © 2011 RJ Scott

ISBN: 978-1-78564-099-5


Couverture par BitterGrace Art

Traduction de l’anglais : Bénédicte Girault

Relecture et corrections : Clotilde Marzek-Boullée, Yvette Petek



dicace

Pour tous les lecteurs qui voulaient plus de Riley et Jack.


Pour Phil Cooper, sans qui les livres de la série Texas nexisteraient pas.


Et comme toujours, à ma famille.



Table des matières

CHAPITRE UN

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

CHAPITRE HUIT

CHAPITRE NEUF

CHAPITRE DIX

CHAPITRE ONZE

CHAPITRE DOUZE

CHAPITRE TREIZE

CHAPITRE QUATORZE

CHAPITRE QUINZE

CHAPITRE SEIZE

CHAPITRE DIX-SEPT

CHAPITRE DIX-HUIT

CHAPITRE DIX-NEUF


Chapitre Un

Le téléphone, marmonna Jack.

Il tendit une main à l’aveuglette au-dessus de Riley et tâtonna pour attraper lappareil dérangeant, il réussit enfin à le saisir et à vérifier qui appelait – numéro inconnu. Une vague dirritation le traversa. Il hésitait entre en avoir à l’appelant ou être énervé que le téléphone de Riley ne soit pas réduit au silence, pour deux précieuses heures de sommeil. Il pouvait aisément imaginer que c’était un foutu journaliste, à la recherche d’une interview, même après tout ce temps. Une année s’était écoulée depuis lassassinat de Jeff et les tabloïds restaient à l’affût dhistoires concernant les Campbell-Hayes.

Quoi ?

Riley était à peu près aussi lucide que Jack et leva une tête aux yeux à moitié ouverts. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés par le sommeil ainsi que, fort probablement, par leur dernière séance de sexe. Ses yeux noisette semblaient injectés de sang et, en une seconde, ce n’était plus de lirritation que Jack ressentait face à l’incapacité de son mari d’éteindre son portable, mais de laffection et de l’amour.

Retourne dormir, ordonna-t-il.

Riley ne chercha pas à épiloguer et se rallongea sur loreiller, reprenant la respiration lourde à laquelle Jack s’était habitué. Ce dernier tenta également de se rendormir, et même si linstant de panique quil avait éprouvé suite à l’appel subsistait, son cerveau refusait d’arrêter de penser. Avec précaution, il sortit de leur grand lit et jeta un rapide coup d’œil matinal à l’extérieur de leur villa. La mer des Caraïbes brillait, affichant une couleur bleu saphir et la plage le long du rivage était déserte. Pas une seule âme en vue.

Quand Riley s’était présenté devant lui avec des tickets pour ce quil avait appelé avec enthousiasme une lune de miel, Jack avait trouvé tout un tas d’excuses : les chevaux avaient besoin de lui ; sa mère se montrait trop amicale avec le vétérinaire auquel ils faisaient appel ; Emily allait commencer à parler et ils ne voulaient pas manquer cela ; Josh était occupé avec le nouvel ajout de sa famille, son bébé, Sarah, et il ne pouvait pas veiller sur le D. Le ranch lui-même, le Double D avait besoin dune nouvelle barrière et Jack devait être celui qui faisait le travail. Riley avait écouté chacune de ses justifications. En fait, elles lui avaient pris dix bonnes minutes. Jack avait affirmé que ce n’était pas quil ne voulait pas y aller et que, bon sang, la pensée de passer un peu de temps seul avec Riley lui paraissait très bien même. C’était juste quese la couler douce et ne rien faire ? Ce serait une première pour lui et l’idée le mettait mal à l’aise. Riley, ce bâtard, avait alors fait ce pour quoi il était doué. Il navait rien rétorqué, laissant simplement Jack vider son sac. Puis il lavait juste regardé avec des yeux attendrissants et une expression suppliante.

Ce nest que dix jours et jai besoin dun peu de temps seul, avec toi.

Cela avait été une simple déclaration, mais elle avait suffi à rallier Jack à sa manière de penser en un instant. L’année dernière avait été pleine de rebondissements, avec des hauts et des bas, et ses soucis tenaient peu la route comparés à tout ce que Riley avait enduré : la mort de son frère, dautant que sa belle-sœur était responsable du meurtre, et son père endossant la de lacte avant de succomber dun cancer. Puis il y avait eu tout le problème autour de la parenté du bébé de Beth. Riley travaillait dur, dautant que Jack et lui avaient eu des désaccords sévères, et très souvent, Riley se perdait dans tout ce qui s’était déroulé et ensuite, une vague de culpabilité déclenchait une grimace qui se voyait sur ses traits. Ajouté à cela, son implication jusquau cou dans les droits dexploitation afin de prospecter sur dix millions dacres de minéraux sous-marins dans le Golf du Mexique. Aussi jeune quil soit, lexpertise de Riley et sa position au sein de la HayesOil étaient suffisantes pour que ses conseils balbutiants en exploitation de nappes pétrolifères, de manière éthique, augmentent de façon exponentielle. Ils avaient eu trop de jours de séparation, et Jack naimait pas penser à lui-même comme à un pot de colle, mais bon sang, un simple week-end complet ensemble aurait été le bienvenu.

— D’accord, nous irons, avait-il finalement accepté.

Et, heureusement quil lavait fait. Parce que cela signifiait quil se trouvait avec Riley, dans ce paradis et quil pouvait faire glisser la porte, sortir sur la plage de sable doré et courir vers leau. Plonger dans la mer céruléenne reviendrait à recevoir une claque bien fraîche en pleine figure à cette heure matinale, mais il nexistait que deux autres meilleurs moyens de se réveiller, d’après Jack – soit être allongé avec les bras de Riley autour de lui, soit se tenir près de la barrière du corral et regarder laube se lever sur ses terres texanes. Il déverrouilla la porte et louvrit sans faire de bruit.

Ne pars pas.

Jack s’arrêta à ces mots et jeta un coup d’œil en arrière, vers le lit où il avait laissé un Riley comateux, sattendant à voir son amant, son mari, réveillé, mais endormi. Au lieu de cela, il eut droit à une vision de draps repoussés, révélant un mètre quatre-vingt-quinze de peau bronzée et musclée. Non seulement cela, mais Riley avait une main autour dune érection matinale plutôt impressionnante et affichait le plus grand et suggestif sourire que Jack avait vu depuis la veille.

Je voulais aller nager, déclara-t-il.

Et je te veux nu et au-dessus de moi.

Riley se cambra tandis quil poussait dans son poing. C’était une vue magnifique son mari nu et prêt, des centimètres carrés dune peau chaude et dorée, libre de la toucher.

Est-ce ça qui est censé me donner envie de rester, het-boy ? lança Jack, se contredisant tandis quil refermait la porte et laissait les rideaux retomber, la chambre sassombrissant en un instant.

L’obscurité n’était pas suffisante pour cacher la vue de Riley Campbell-Hayes qui lui mettait leau à la bouche, faisant courir sa main le long de son sexe et arquant son dos à la sensation. Riley tendit sa main libre et attrapa la bouteille presque vide de lubrifiant posée sur la table de chevet. Il visa, puis la lança à Jack, qui la rattrapa adroitement.

— L’un dentre nous est bien trop habillé.

Riley regarda avec insistance le short que Jack avait enfilé pour aller nager. Celui-ci arbora un air innocent et repoussa le vêtement le long de ses jambes jusqu’à ce quil tombe sur le sol. Sil avait pris un peu plus de temps que nécessaire pour le faire, alors, tant pis. Riley n’était pas le seul qui pouvait jouer aux allumeurs.

Que veux-tu que je fasse avec ceci ?

Jack indiqua le lubrifiant dans sa main. Il grimpa aussi gracieusement quil le pouvait sur le lit et enjamba les genoux de son mari, profitant de tout son saoul de la vue du corps ferme allongé sous lui. De ses larges épaules à ses hanches étroites, et de son torse imposant à son sexe impressionnant, Riley était la perfection personnifiée. Sans oublier de mentionner le léger saupoudrage de poils blonds sur sa poitrine et les deux mamelons foncés qui attendaient d’être sucés et mordus.

— C’est mon tour, cow-boy, déclara Riley. Alors, je suppose que tu as besoin d’être préparé avec quelques doigts dans le cul.

Jack adorait quand Riley était si excité que son accent denfant de la ville bien éduqué passait à celui d’un pur cow-boy texan en un instant.

Ton tour, hein ? lança-t-il sérieusement.

Il ouvrit la bouteille de lubrifiant et en versa une dose généreuse sur ses doigts. Ils avaient peut-être fait lamour la veille et dans la matinée, mais merde, le sexe de Riley était sacrément énorme et il devait vraiment sassurer quil était suffisamment étiré pour se sentir à l’aise.

— Vérifie les encoches de mon côté du lit.

Riley se cambra dans son poing et passa sa langue sur sa lèvre inférieure, laissant une trace dhumidité brillante. C’était une invitation que Jack ne pouvait pas refuser. Malgré les relations les plus brûlantes quil avait pu avoir au cours de sa vie avec un amant qui ne se retenait pas, à la fin de la journée, c’était lintimité liée aux baisers quil souhaitait partager. Il se pencha en avant et se traça un chemin jusqu’à la langue de Riley, tirant sur sa lèvre inférieure avec ses dents, puis relâchant la peau rebondie. Le baiser sapprofondit à mesure quils sembrassaient, Jack sappuyait sur une main tandis quil utilisait lautre pour se préparer. Son sexe était prêt, fuyant abondamment et si foutrement dur. De temps en temps, il effleurait celui de Riley, déclenchant un contact électrique. La main de son amant sinsinua auprès de la sienne, rejoignant ses doigts et l’étirant avec lui. Avec la sensation des doigts à l’intérieur de lui et du lubrifiant, Jack haletait beaucoup trop vite contre la bouche de Riley. Il se repoussa sur les doigts de son mari, puis se releva avant de ramper plus haut sur le lit pour utiliser sa main lubrifiée afin daligner le membre de Riley à son ouverture. En lespace de quelques secondes, son mari senfonça si loin en lui que le choc dû à la douleur et à la sensation dinconfort se dissipa rapidement, laissant place aux besoins et au désir. Jack décida du rythme, se pencha brièvement pour quelques baisers supplémentaires, puis se redressa. Riley enroula une main autour de son érection et ferma les yeux. La vue et les sons de son mari, qui se cambrait, gémissait et suppliait, allaient le faire basculer dans lorgasme bien trop vite pour quil puisse s’arrêter.

Ouvre les yeux, supplia Riley.

Tout ce que Jack put faire fut de secouer la tête.

— S’il te plaît… ouvre-les. Regarde-moi lorsque nous jouirons ensemble.

L’orgasme de Jack se rapprochait et, avec chaque poussée, son apogée augmentait davantage. La main de Riley sur son membre devint erratique. C’était un signe évident quil était près dexploser et enfin, Jack ouvrit les yeux. Le visage de Riley était dun rouge profond, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte et Jack céda à son orgasme. Dun dernier mouvement, une torsion et la caresse du sexe de Riley sur sa prostate, il éjacula, recouvrant son ventre de son sperme chaud et humide. La tension de ses muscles internes déclencha celui de Riley et la sensation d’être rempli était exquise.

— Je t’aime, Jack.

— Je t’aime aussi, répondit-il, alors quil se soulevait aussi doucement que possible, avant de se laisser tomber, épuisé, à côté de lui. Seigneur, comme je taime !

* * *

Riant comme des enfants, ils saisirent leurs maillots de bain et la crème solaire avant de décoller vers la plage. Jack avait préparé un sac contenant des serviettes, des livres et une multitude dautres objets vitaux sur une plage. Riley prit son téléphone, cependant, après y avoir réfléchi à deux fois, ce que Jack observait sans que ce soit trop évident, il le rangea simplement dans le tiroir du haut de la commode. Il ne leur restait plus que deux jours à passer ici et Jack fut soulagé que Riley se soit enfin éloigné du bureau.

Ils passèrent toute la journée sur le rivage, à parler, à planifier et à discuter de leurs familles.

— C’est un gars gentil, déclara Riley avec précaution.

Jack secoua la tête, montrant son refus.

Il a vingt ans de moins que maman, déclara-t-il.

Il se raccrochait à la différence d’âge, dès la minute où sa mère avait révélé quelle éprouvait de laffection pour Neil Kendrick, le nouveau vétérinaire auquel il faisait appel.

Mais il la rend heureuse.

Il vit dans un studio de location.

Il nest arrivé ici que depuis trois mois, lâche-le un peu !

Il nest pas ce que je veux pour elle.

— C’est son choix.

Cela a peut-être rapport avec largent. Je devrais sans doute engager un détective privé pour vérifier son passé.

Pour l'amour de Dieu, Jack ! Tu ne peux pas demander à un détective privé d’enquêter sur le véto parce que ta mère a des sentiments pour lui.

Jack resta silencieux puisquil ne parvenait pas à trouver quoi répondre. Ce n’était pas comme sil ne voulait pas que sa mère soit heureuse. C’était le cas. Beth et Josh avaient des familles, lui avait Riley et elle avait passé bien trop de temps pour sa famille, soubliant totalement. Neil semblait être un gars gentil, donc peut-être quil devrait écouter son mari ou, du moins, avoir un mot gentil pour lui. Bon sang. C’était la différence d’âge… c’est tout. Il regarda Riley, à plat ventre sur la serviette. Chaque seconde quil passait à l’extérieur, il perdait un peu plus de la pâleur quil portait si bien, attribuable à ses heures de bureau. Il devenait aussi bronzé quune noix.

Je ne dis pas que tu nas pas raison, reconnut-il à contrecœur. C’est un type bien, doué avec les chevaux. Je vais

Lorsque sa voix seffilocha, Riley leva les yeux vers lui et le fixa avec expectative.

Je vais essayer, daccord ?

Riley sourit, montrant son approbation, puis se releva.

— J’ai faim, déclara-t-il, tapotant son ventre pour souligner ses mots.

Tu as toujours faim, marmonna Jack, utilisant la main tendue de Riley pour se redresser.

Ils s’étreignirent rapidement, et Jack se délecta de l’étendue de peau chaude de son mari, le serrant sans autre raison que la sensation était agréable. Ils se séparèrent finalement pour ramasser les objets quils avaient amenés avec eux.

Douche. Nourriture. Sieste. Sexe, compta Riley sur ses doigts et, lentement, la main dans la main, ils revinrent vers la villa installée près des arbres.

La douche fut paradisiaque et le repas livré tandis quils se séchaient. Ils dévorèrent tout avec un enthousiasme sans limites. La sieste ressembla davantage à un échange de câlins agrémenté d’une discussion qu’à un véritable repos et se trouva seulement dérangée quand le téléphone de Riley sonna encore, depuis le tiroir.

— J’attends un appel de Travers et du consortium, expliqua Riley.

Avec une expression désolée, il ouvrit le tiroir et en sortit son iPhone, jeta un coup d’œil sur l’écran daffichage, le déroulant à mesure quil lisait. Jack en fit de même, par-dessus son épaule.

Douze appels manqués et trois messages vocaux ? Ce truc de consortium représente-t-il un problème pour toi ?

Riley n’avait pas dit grand-chose de sa dernière intervention en tant que consultant, en dehors des choses habituelles. La création de CH Consultancy avait été difficile pour lui en plus de tout le reste. Il passait énormément de temps dans le bureau de la maison et son portable était devenu un compagnon constant.

Pas vraiment, répondit Riley. Je croyais que tout était fait et terminé avant de venir ici.

Il interrogea sa boîte vocale. La liste ne contenait quun seul nom : Eden Hayes. Jack observa Riley écouter ses messages, surveillant les réactions de son mari afin de se faire une idée sur le problème en cours. Riley paraissait de plus en plus confus à chaque seconde qui s’écoulait.

Puis il pâlit brusquement. Littéralement. Toute couleur disparut de son visage et il laissa tomber son portable. Celui-ci chuta sur le sol et rebondit, s’arrêtant à côté du mini réfrigérateur.

— Ri ? demanda Jack.

Riley ne répondit pas. Il se contenta de le fixer avec une expression montrant un mélange de perte et de choc extrême.

Quel est le problème ? Parle-moi !

Toujours aucune réponse et Jack avait de plus en plus peur.

Est-ce la famille ? Eden ? Le bébé de Beth ? Quoi ?

— C’était Eden, répondit enfin Riley.

Sa voix était dénuée de toute émotion.

Elle envoie le jet. Nous devons rentrer à la maison.

Riley se leva puis se dirigea vers les valises, ouvrit la sienne et ramassa ses vêtements rangés dans le placard, les jetant de manière désordonnée. Jack ne savait pas quoi dire, mais les actions parlaient plus fort que les mots. Il arrêta Riley dune poigne ferme sur ses bras musclés et sinsinua dans son espace personnel.

Quel est le problème ? Dis-moi ce qui se passe.

Il secoua légèrement Riley pour le sortir de son état de choc qui le conduisait à faire ses bagages sans parler. Riley cligna des yeux, sembla revenir dans linstant présent, une lueur chagrinée emplissait ses yeux. C’était une expression déchirante et Jack lavait vue bien trop souvent depuis quil lavait rencontré pour ne pas comprendre que quelque chose de terrible était survenu. Il additionna deux et deux et en vint à la seule solution qui semblait logique dans tout cela.

Ont-ils découvert ce que Lisa a fait ?

Personne, en dehors de quelques membres de la famille, ne savait que c’était la femme de Jeff qui avait tiré sur lui, dautant que le père de Riley avait endossé le rôle. Si quiconque le découvrait maintenant, cela signifierait la révélation de bien trop de secrets pour certaines personnes.

Non. Cest moi.

— Toi ?

Seigneur ! Je suis désolé. Je ne savais pas.

Le visage de Riley montrait tellement de peine.

Ri, tu me fais peur.

Eden a dit

Riley passa ses doigts dans ses cheveux courts, fermant les yeux.

Quoi ?

Une fille.

Riley souleva ses paupières et son expression montrait son angoisse.

Merde, Jack ! J’ai une fille.



Chapitre Deux

Quoi ?

Jack était choqué, et c’était un doux euphémisme. Il n’était pas certain davoir bien compris ce que Riley avait annoncé. Peut-être avait-il mal entendu ?

Les appels. Tous. Ils venaient d’Eden. La grand-tante de l’enfant essayait de me contacter à travers elle. Merde, Jack ! Il y a une lettre qui indique que je suis le père.

Quand ?

Les mots dune seule syllabe semblaient parfaits pour linstant présent. Un père ? Riley ne pouvait pas avoir engendré d’enfant depuis quils étaient mariés. Il navait pas eu le temps de le tromper. Non. Il rejeta la réaction instantanée avec une vague de honte intérieure. Riley naurait jamais fait ça de toute façon. Ils saimaient tous les deux.

Elle a huit ans, répondit Riley, au plus grand soulagement de Jack, puis il se laissa tomber sur le lit, posa ses coudes sur ses genoux, se prit la tête entre les mains.

— D’accord. Alors, tu avais quoi ? Vingt ans ?

— J’étais à l’université. La femme fille Lexie, elle suivait les mêmes cours que moi. Je me souviens du nom.

Jack se mordit la langue pour suivre ses réponses. Étant donné ce quil savait du passé de Riley, se souvenir dun nom parmi toutes ses conquêtes était un exploit. Sa vie, avant le mariage, navait été quune longue suite de fêtes sans fin.

Donc, tu as une lettre ? Cela ne prouve rien. Nous effectuerons des tests et nous nous battrons au besoin.

Riley leva les yeux vers lui, une sombre détermination plissa sa bouche.

Je me souviens delle, dit-il. Lexie, je veux dire. C’était juste quelquun avec qui je suis sorti, bien que cela ait duré plus longtemps quavec dautres. Pratiquement trois mois. Je laimais bien. Bordel ! Je l’ai même amenée à la maison pour Pâques et lai présentée à ma famille, pour ce que cela a serviElle était normale, tu sais, pas de la haute société, ni la fille de quelquun qui se croyait sorti de la cuisse de Jupiter. C’était juste une fille à côté de qui je masseyais pendant les cours de management.

Riley fronça les sourcils tandis quil parlait.

Elle a brusquement disparu, quelques semaines après notre rupture, après avoir laissé une note qui déclarait quelle changeait d’université, me remerciant pour rien.

Elle ta quitté alors quelle était enceinte ?

Je ne sais pas. Sa note était brève.

— Tu n’as pas soupçonné quelle puisse être enceinte ?

Riley secoua la tête.

Non et je me suis toujours montré très prudent. Chaque fois.

Rien ne fonctionne à cent pour cent, Ri. Tu le sais.

Jack ne voulait pas balancer sa réflexion sans ménagement, mais il faisait de son mieux pour trouver les mots justes.

Merde ! s’écria misérablement Riley.

Écoute, elle teste peut-être les eaux pour savoir combien dargent elle peut te soutirer et obtenir un test de paternité est aisé. Dans le pire scénario, si elle te réclame de largent au titre dune pension alimentaire pour lenfant, alors cela pourra être fixé, d’une manière ou dune autre, par un tribunal. Dans le meilleur des cas, cela prouvera que tu es hors de cause.

Riley le fixa, les yeux écarquillés. Jack avait le sentiment qu’énoncer les cas extrêmes était la solution que son mari avait besoin dentendre. Il sattendait à ce quil accepte, mais ce que Riley ajouta le toucha en plein cœur.

Elle ne se battra pas pour ça.

Riley ferma les yeux.

Elle est morte, Jack. Cest la raison pour laquelle Eden ma appelé. Elles se sont présentées à la maison. La tante, avec la fille de Lexie. Elle sappelle Hayley. Amusant, non ? Elle serait Hayley Hayes.

Jack s’agenouilla entre les jambes de Riley, levant les yeux vers lui. La dernière partie de sa réponse donnait limpression quil était proche de perdre le contrôle. Dans son état de choc, toutes ses paroles allaient staccato.

Quoiquil en soit, nous allons démêler tout ça.

Le mot sous-entendu était « ensemble » quil najouta pas à la fin de sa phrase.

Et si c’était bien ma fille ? Que vais-je faire ?

Riley l’observait, cherchant à être rassuré. Il désirait entendre les mots justes qui feraient en sorte que tout ceci paraisse normal. Le cœur de Jack se serra et l’émotion forma une boule dans sa gorge. Intérieurement, il avait toujours su quune partie du passé de son mari surgirait et viendrait leur botter le cul à tous les deux. Un fait datant de l’époque dHayesOil, ou se rapportant à la mort de Jeff, nimporte quoi, sauf un foutu enfant né d’une ex. Pourtant, cela ne changeait rien à ce quil ressentait et sa réaction instinctive était « nous nous en sortirons ».

Nous, déclara-t-il simplement, appuyant sur le seul mot, et il enfonça son doigt dans la large poitrine de Riley. Tu veux dire, que ferons-nous ?

Je ne sais pas… commença Riley avant de s’arrêter, incapable de croiser le regard de Jack.

Celui-ci nallait pas perdre de temps à se demander dans quel endroit Riley avait disparu. Il avait besoin quon lui assène des faits froids et durs afin de prendre une décision.

Je ne sais pas ce qui se passera. Je ne sais strictement rien. Eden a juste dit que je dois rentrer à la maison.

Allons-y.

Jack injecta autant dencouragement dans sa voix quil put en trouver et, laissant Riley assis, immobile, engourdi dans un silence choqué, il entreprit de faire les bagages.

* * *

Le jet de la HayesOil était stationné au bout de la piste de l’île. Jack ne put s’empêcher de se souvenir dun autre moment où il avait pris le jet avec une expression tout aussi choquée. C’était la fois où il était en chemin pour conclure un mariage arrangé avec lhomme qui le faisait chanter. Mais aujourdhui, il tentait danalyser tout ce qui était tombé sur les épaules de Riley en un seul foutu appel téléphonique, et ce n’était pas aisé. Riley était mortellement silencieux et Jack ne savait pas quoi dire. Son mari était perdu dans ses pensées, paraissant de plus en plus perturbé à mesure que le temps s’écoulait. Il ne savait pas ce qui serait le mieux à faire, cependant il ne voulait pas que Riley se perde dans ses souvenirs. Jack était un homme qui prenait des décisions sur des preuves et une infime partie de lui considérait le problème comme une chose sur laquelle il ne pouvait pas se concentrer jusqu’à ce quil ait toutes les cartes en main. Ils embarquèrent en silence, Riley manifestement toujours perturbé et se retrouvèrent dans les airs en moins de dix minutes, puis sur le chemin de la maison.

Merde ! jura Riley tandis quil défaisait sa ceinture de sécurité et commençait à arpenter les coursives du jet.

Jack défit également la sienne, et se pencha en avant dans son siège. Il attendit. Riley avait parfaitement le droit de réfléchir à tout ça, et autant Jack voulait lempêcher de perdre la tête, autant il se retint dinterférer. Il sattendait à d’autres jurons et explosions de colère, et se trouva totalement époustouflé quand tout ce que Riley fit, fut de se laisser tomber dans le siège en face du sien et de se prendre la tête entre les mains.

Je suis vraiment désolé.

Les émotions de son mari étaient tellement proches de la surface que Jack pouvait sentir chacune d’entre elles.

Arrête de texcuser, ordonna-t-il.

Il détestait lorsque Riley avait le sentiment quil avait besoin de continuer à dire « désolé ».

— Désolé, lâcha instantanément Riley, puis il sourit brièvement à sa réaction. Daccord, je ne présenterai plus dexcuses, ajouta-t-il, avant de se redresser et de fixer directement Jack.

Comment te sens-tu ?

Que son amant soit capable de mettre des mots sur ce quil éprouvait était un tout autre problème. Riley Campbell-Hayes était doué dans lart de ne rien dire et de tout intérioriser.

Énervé. Triste. Effrayé, répondit Riley, après un bref instant.

Eh bien, cest un début, pensa Jack. Riley avait énoncé toutes les émotions naturelles qui survenaient après un choc, en une seule fois.

Nous devons discuter.

Riley se pencha en avant et paraissait plus sérieux et sincère que Jack ne lavait jamais vu.

— J’ai réfléchi, passé le premier moment de surprise, à toute cette situation. Cela représente bien plus que ce pour quoi tu as signé. Si cest bien la miennesi cest une Hayesou bordel, même si ce nest pas ma fille, et quelle est toute seule ? Je ne peux pas la rejeter.

Je sais que tu ne le feras pas, Ri.

Un sentiment de compassion emplit Jack alors quil voyait différentes décisions traverser le visage de Riley. Son mari ne pouvait pas plus se détourner dun enfant que Jack lui-même.

Donc, ce que je veux dire, c’est…

Riley soupira et prit sa main quil agrippa fermement.

Je ne ten voudrais pas et je pourrais comprendre si tu décidais quun enfant une fille – était trop difficile à accepter.

Les mots sortirent en une précipitation d’émotions et il fallut quelques secondes à Jack pour comprendre la signification de ce que Riley cherchait à lui dire. Lorsquil y parvint, il ne savait pas quoi ressentir en premier : être énervé que Riley pense quil puisse s’éloigner ou fier quil ne remette pas en question la place de cet enfant quelque part dans sa propre vie. Cependant, la fierté l’emporta, avec une bonne dose daffection.

— D’accord, répondit-il prudemment.

Il imita la posture de Riley et se pencha en avant.

Viens plus près pour que je puisse te frapper pour t’être montré aussi stupide. Penses-tu que cela taiderait ?

Me frapper ?

Une expression choquée apparut, repoussant les prunelles empreintes de sincérité quil tentait dafficher. Il baissa les yeux vers les mains de Jack posées sur les accoudoirs du siège, puis remonta vers lui. Cette fois, il affichait clairement son incertitude.

Je ne le dirai quune seule fois, reprit Jack, très lentement. Tu es mon mari et ce qui tarrive à toi, m’arrive à moi aussi. Est-ce plus clair ?

Riley hocha la tête.

En effet. Je suis juste si fatigué.

Nous navons pas dormi depuis un bon moment. Nous aurons besoin davoir la tête claire à la maison, alors peut-être que nous devrions essayer de nous reposer un peu ?

Je ne pense pas y parvenir.

Riley resta rigide tandis que Jack tirait sur sa main et lemmenait vers le canapé à l’arrière de lappareil. Il était noir, doux et incroyablement confortable, installé juste en face d’un énorme écran de télévision plat. Jack choisit une chaîne musicale et les deux hommes sassirent côte à te. En quelques minutes, Riley était appuyé contre lui et avait fermé les yeux, sommeillant.

Jack ne le rejoignit pas dans le sommeil avant un bon moment. Son cerveau était aussi perturbé quil lavait été ce matin. Cette fois cependant, il y avait un nouveau sujet dinquiétude qui le taraudait et un nouveau sujet de réflexion. Il ne plaisantait pas quand il avait déclaré quil aurait pu frapper Riley pour avoir pensé quil senfuirait au premier signe de troubles. Il avait mis ça sur le compte du choc, toutefois il chercha à analyser davantage le problème. Au lieu de ça, il se concentra sur la petite fille qui avait été amenée à Dallas, à la recherche dun père. Les enfants étaient un sujet omniprésent qui dansait dans sa tête avec son plan de vie. La possibilité d’adopter afin d’étendre sa famille avec Riley faisait partie de son avenir. Il navait simplement pas réfléchi plus loin et surtout, il nen avait pas discuté avec son mari. Hayley était peut-être destinée à devenir un membre de leur famille. Ce ne serait pas facile d’intégrer une fillette âgée de huit ans dont la maman venait juste de mourir. Une grand-tante sen occupait actuellement, et la petite avait perdu sa mère. Le cœur de Jack se serra pour elle et ce grand monde, plein de monstres effrayants.

Riley interrompit ses pensées en murmurant dans son sommeil. Jack dressa loreille pour écouter, mais ne parvint pas à discerner les paroles tourmentées. Une vague de compassion lenvahit parce quil était certain que les rêves de son mari n’étaient pas bons et quils sapparentaient plus à des cauchemars. Se demandant sil devait le réveiller, il posa une main sur son bras, et au lieu de le secouer, il passa ses doigts sur les muscles tendus, suivant un rythme lent. Il nempêcha pas Riley de se retourner afin d’être plus proche de lui, alors quil enfouissait son visage à la jonction du cou et de l’épaule de Jack. Il bougea légèrement, et sabaissa afin de senfoncer dans le canapé, Riley se lova naturellement contre lui et suivit le mouvement. Bercé par ses respirations et les souffles qui réchauffaient son cou, il ne fallut pas longtemps à Jack pour le suivre dans le sommeil.



Chapitre Trois

L’avion atterrit tôt dans la soirée et rejoignit la zone privée de Love Field. Jack réveilla Riley et, ensemble, ils se tinrent prêts à débarquer dès que la porte serait ouverte. Les marches vers le tarmac étaient raides et Jack était tellement perdu dans ses pensées quil ne faisait pas attention. Il vacilla à quelques marches du haut, et afin d’éviter de tomber au sol, il agrippa Riley. Ils s’arrêtèrent. Jack, parce que son cœur fut soudain envahi par l’adrénaline et Riley, parce que son mari serrait son bras si fort quil savait quil aurait des contusions.

Tu vas bien ?

Riley avait lair inquiet et son regard passa de la main de Jack à son visage, avant de revenir. Jack ne relâcha pas sa poigne. Soudain, cela le frappa de plein fouet : lorsque leurs pieds toucheraient le sol texan, plus rien ne serait pareil. Quils deviennent les pères dHayley ou non, un chemin totalement différent avait été choisi pour eux. Ils ne formeraient désormais plus juste un couple. Il avait besoin de discuter avec Riley de tout ce qui tourbillonnait dans sa tête, notamment que son mari ne devrait pas craindre ce qui était sur le point de se passer ou encore que Jack resterait avec lui quoi quil arrive. De plus, il se sentait excité à l’idée de rencontrer une petite version féminine de Riley. Il leva sa main libre et retraça le visage anguleux de son mari, glissa ses doigts dans les courts cheveux blonds, puis plongea dans les yeux noisette qui avaient lair plus verts aujourd’hui. L’amour, le désir et le besoin déferlèrent en lui et il se demanda si, un jour, il parviendrait à se rassasier de cet homme.

— Je t’aime, dit-il gentiment.

L’expression soucieuse de Riley se détendit à ces simples mots et il sourit. Ils se croisèrent à mi-chemin et scellèrent linstant privé d’un doux baiser avant que Jack relâche son bras et quils continuent à descendre vers le sol noir. Leurs bagages formaient une petite pile et chacun prit un grand sac ainsi quune valise. Il ny avait vraiment rien que Riley ou Jack puisse faire à propos dHayley avant le matin et ils avaient besoin de rentrer chez eux pour le moment. Ils passèrent les douanes, Eden les attendait sur le parking privé de la zone datterrissage VIP. Sans cérémonie, les deux hommes placèrent leurs bagages dans le coffre. Riley attira sa sœur contre lui pour un câlin fraternel, et ils s’agrippèrent un long moment l’un à l’autre. Jack fut soulagé de son geste, plutôt que de se lancer dans des milliers de questions. Cependant, cela changea dès que Riley grimpa sur le siège avant, confinant Jack à la banquette arrière.

Que peux-tu me dire dautre ? Nous dire… ?

Jack nota la correction et croisa le regard de Riley dans le rétroviseur, lui adressant un sourire dencouragement.

Cela a commencé il y a deux jours. Jai essayé de ne pas te téléphoner tant que je nen avais pas vraiment besoin, répondit-elle avant de franchir le portail principal et de se diriger vers lest. Nous avons reçu la visite de cette femme, âgée de soixante-dix ans environ, qui se trimbalait avec une petite fille. Elle a indiqué quelle était la grand-tante de la mère, une femme appelée Lexie Samuels et quelle cherchait Riley Nathaniel Hayes. Elle possédait une lettre qui lui avait été donnée par sa nièce, te désignant en tant que père de lenfant. La missive était accompagnée de toute une série de documents. Elle a dit quelle reviendrait demain à neuf heures et que nous devions alors décider de notre position par rapport à l’enfant. Puis elle a déclaré, en présence de cette petite fille, quelle devait être rapidement placée puisque sa mère venait juste de mourir.

Quel genre de personne fait ça ? commenta Jack.

Elle semblait désemparée. Je ne suis pas certaine quelle ait réfléchi à ce quelle disait.

Tout de même, elle doit bien avoir un foutu cœur, non ?

Elle était épuisée et paraissait malade. Elle ta traqué jusqu’à la demeure des Hayes. Les nouveaux propriétaires lui ont alors appris que nous étions partis et lont envoyée au D. Donna ma contactée et je suis allée là-bas dès que je lai pu. Nous lui avons proposé de rester.

Au D ? précisa Jack.

Ouais, mais elle a refusé, nous informant quHayley ne resterait pas jusqu’à ce quelle ait discuté avec Riley.

Alors, que sest-il passé ? A-t-elle emmené l’enfant ailleurs ? Dans un hôtel ? Est-ce quelle va bien ? Sais-tu où elles sont allées ?

Les questions de Riley arrivaient de manière désordonnée. Eden leva une main pour arrêter son frère. Elle pouvait lempêcher de parler avec ce simple geste, aussi efficacement que Jack le faisait avec deux cordes et un tube de lubrifiant.

Elles sont descendues au Oak. Elles ont été déposées au D par un taxi, donc je les ai conduites au motel.

Crois-tu que ce soit la mienne ?

Bordel, Riley, cela ne fait aucun doute. Elle me ressemble comme deux gouttes deau lorsque javais son âge. Elle a nos cheveux, nos yeuxJe nai pas songé, ne serait-ce quune minute, quelle était la fille de quelquun dautre que toi.

Ils atteignirent la banlieue de Dallas, puis se dirigèrent vers les extérieurs, et elle appuya sur la pédale daccélération dès quils se retrouvèrent sur des routes plus désertes.

Lexie était ma petite amie, déclara mélancoliquement Riley. Eden, te souviens-tu delle quand je l’ai amenée à la maison ?

Elle secoua la tête et appuya son action dun grand soupir.

Pour être honnête, Ri, je ne me souviens pas delle, mais je suis surprise que cela ne se soit pas produit plus tôt. Vu le nombre de filles avec qui tu es sorti à l’époque et depuis, tu as de la chance de ne pas être le père dune douzaine denfants.

Elle ne plaisantait pas. En fait, elle était mortellement sérieuse et Riley ne réagit pas à son commentaire, bien que cela fasse grimacer Jack.

La presse est-elle déjà au courant ?

Jack se montrait simplement pragmatique. Cela faisait partie intégrante de la vie de tous les jours dEden et de Riley. Les journalistes épiaient la famille Hayes comme des vautours.

Non, jusqu’à présent. Elle na pas mentionné le fait de raconter lhistoire à la presse et il ny a eu aucune menace lancée en ce sens lors de sa visite. Elle paraissait juste résignée. Toutefois, nous devrions songer à garder cela sous silence. Quel quen soit laboutissement.

La voix d’Eden était ferme. Jack désirait alléger la tension qui régnait dans la voiture et, plus que tout, il voulait retrouver le côté cœur tendre de sa belle-sœur plutôt que ce côté pratique.

Eden, peux-tu nous parler delle ?

Elle fut rapide à répondre et, cette fois, une pointe daffection agrémentait sa voix.

Petite, minuscule avec de longs cheveux blonds qui lui arrivent à la taille et de grands yeux bruns. Très calme. Elle na rien dit, ma juste regardée, ainsi que le ranch et les cheveux, puis elle a caché son visage.

Je ne comprends pas. Pourquoi la tante la-t-elle amenée au D ? Cette pauvre enfant vient juste de perdre sa mère.

Jack fit en sorte que sa question ressemble davantage à une observation, l’énonçant suite à son raisonnement.

Elle aurait certainement pu attendre afin de sassurer que Riley soit présent.

Apparemment, la fille a demandé à sa tante de retrouver rapidement ta famille.

Elle a vraiment fait ça ?

Riley observait attentivement sa sœur.

Elle a dit quelle voulait rencontrer son papa.

À cette déclaration, Jack sut que peu importe quHayley soit une Hayes de sang ou non. Elle était à eux.

Ils allaient devenir pères.

* * *

Le ranch ne paraissait pas différent depuis quils lavaient quitté. La route était toujours bosselée, la barrière intacte, les chevaux tournaient dans les paddocks et les champs du Double D. Donna les attendait à la maison principale, impatiente d’étreindre les deux hommes. En fait, Jack avait le sentiment quils n’étaient jamais partis.

— J’ai du café, déclara simplement sa mère, et des cookies.

Typique. Donna faisait face à une crise en utilisant une combinaison de caféine, de chocolat et de ses câlins brevetés.

Assis à la table de cuisine bien usée, ils discutèrent très peu du sujet tabou pour commencer. Personne ne posait de questions qui nécessitaient réellement une réponse. Nul ne demanda « que vas-tu faire » à Riley. Au lieu de ça, au moment où Jack et Riley se dirigèrent vers leur chambre, ils avaient couvert tous les sujets de discussion, allant du temps, à la lune de miel et au marché du pétrole. Toute conversation sérieuse à propos dHayley ou de sa mère, brillait par son absence, en dehors du rabâchage de ce qui avait déjà été dit auparavant. Ils se trouvaient dans une curieuse sorte dimpasse, jusquau lendemain et discuter avec des « et si » ou des « peut-être » ne servirait à rien.

Riley fut au lit le premier, allongé sur le dos, fixant le plafond. Son téléphone portable était dans sa main, et il ne cessait de le tourner dans tous les sens. Jack tendit une main et le saisit dun geste rapide avant que Riley puisse se fâcher. Il le déposa sur la table de nuit, grimpa dans le lit et stoppa ce que son mari allait dire en guise de protestation, dun baiser à couper le souffle. Ce n’était pas le genre de geste qui servait de prélude à des relations sexuelles, toutefois, il avait juste pour but de réconforter et dapaiser.

Il ny a rien que nous puissions faire ce soir.

Riley ferma les yeux et roula sur le côté, loin de Jack, avant de se retourner afin de sinstaller en petite cuillère derrière lui. Pratiquement deux mètres dhomme musclé avaient besoin de son soutien et Jack serait là, dès quil en aurait besoin. Que lun ou lautre puisse sendormir était sujet à débat, au moins, ils étaient ensemble.



Chapitre Quatre

Riley s’appuyait contre le mur froid de la douche, son dos collé au carrelage tandis que leau brûlante tombait sur son torse et ses jambes. Être réveillé d’un sommeil sporadique par les rayons du soleil brillant à travers les rideaux ouverts n’était pas une bonne façon de commencer une journée. Ajoutez à cela que Jack ne se trouvait plus dans le lit et cela n’améliorait en rien son état de nerfs pour la matinée qui débutait. L’épuisement assombrissait ses pensées et, même après deux tasses de café noir brûlant, il faisait tout son possible pour se tenir droit dans la cabine de douche. La note de Jack posée sur loreiller, une simple missive indiquant « chevaux nerveux reviens vite » était suffisante pour expliquer pourquoi son mari n’était plus auprès de lui. Riley lui envoya une rapide pensée. Il espérait que les bêtes allaient bien. À plus de la moitié de sa période de gestation, Taylors Wood paraissait agitée et avait besoin du contact de Jack. Il savait exactement ce quelle ressentait, moins la partie enceinte. Il désirait sentir les bras de Jack autour de lui maintenant, et il réprima la pointe irrationnelle de jalousie quil éprouvait à l’égard dun cheval. Jack avait une façon bien à lui pour apaiser ses émotions y parvenant avec un contrôle calme.

Prenez la nouvelle que Riley pouvait avoir engendré un enfant par exemple. Cette petite information aurait pu être suffisante pour que certains partenaires prennent la poudre descampette, mais tout ce que Jack avait déclaré, c’était que tout se passerait bien. Riley voulait désespérément le croire. Cependant, comment la situation pourrait-elle rester la même ? Était-il père ? Lexie avait-elle quitté l’université enceinte de son enfant ? Qui était cette grand-tante ? Pourquoi Lexie ne lui avait-elle rien dit ? Était-ce même important quHayley soit la sienne ou non si elle se retrouvait toute seule en ce monde ?

Il ne se souvenait pas avoir échangé beaucoup dinformations avec Lexie sur la famille quelle pouvait avoir, alors quil se souvenait du week-end où il était brièvement passé chez elle pour la ramener chez lui avec une absolue clarté. Elle avait incarné sa rébellion contre ce quon attendait de lui, sa manière de prouver à Gerald, lhomme quil croyait être son père, quil était capable de se trouver une gentille fille, bien élevée. Sa mère s’était montrée polie, Gerald avait été étrangement silencieux, Jeff n’était même pas à la maison et Eden était jeune et bavarde. Il était surpris quelle ne se souvienne pas de Lexie, bon sang, ce n’était pas comme sil ramenait des filles différentes chaque week-end à la maison. Puis, il se souvint quEden, alors adolescente, se trouvait perdue dans son propre monde. Lexie n’était pas la fille dun des amis de la famille. Elle était toute à lui et très différente. Elle navait pas discuté des défilés de mode à Paris ou des chaussures belles à en mourir avec Eden et navait certainement pas bavé sur lui ou ce quil possédait, ni sur les richesses de sa famille.

Il n’était pas parvenu à ses fins avec elle lors de leur premier rendez-vous, à l’exception dune claque en plein visage pour l’inébranlable Riley Hayes. Elle avait rejeté sa première tentative divrogne de base, dun regard glacial, empli de dédain, et cela avait scellé son destin en tant que sa prochaine conquête. Incroyablement brillante, amusante, impertinente, elle incarnait exactement ce que désirait un jeune gars qui navait goût à rien. Elle représentait un défi.

Riley se souvenait de cheveux brun foncé, de grands yeux bleus et dun corps à se damner, dissimulé par un jean moulant et un tee-shirt qui arrivait juste sous son imposante poitrine. Il se rappelait également quelle lavait fichu à la porte de sa chambre, nu après être revenue de ses cours pour le trouver se prélassant sur son lit. Cela avait pris beaucoup de temps et de nombreux procédés sournois pour se glisser dans son pantalon, toutefois, cela en avait largement valu le coup. Elle était enthousiaste au lit et c’était tout ce que Riley recherchait chez une partenaire à cette époque. Être bi signifiait quil était le chéri de tout le monde, mais les filles l’intéressaient davantage quand il était à l’université, ne cédant à son goût pour les garçons que pour une masturbation mutuelle lorsquil était ivre. Jack avait été son premier homme réel, et le seul à présent, pour le reste de sa vie. Jack était à lui et il lui appartenait.

Lexie lui avait montré ce que pouvait potentiellement être la monogamie. Non pas quils soient véritablement amoureux, c’était le genre daffection et dattirance créées par le désir et quand elle était partie, il était passé à autre chose en quelques jours. Lexie lui rappelait Jack. Il ne savait pas d’où lui venait cette idée, mais elle sattarda alors même quil commençait à se laver les cheveux. Elle possédait la même liberté de penser et de loyauté. Jack était lautre moitié de lui que ce soit dans un lit ou en dehors. Ils étaient parfaits ensemble et Riley ne pensait pas pouvoir aimer une seule autre personne plus que Jack Campbell-Hayes. Mais Lexie avait capturé son âme de vingt ans, nourri son esprit et lavait fait réfléchir.

Elle lavait aidé à remettre en question limpact quHayesOil avait sur le monde et implanté les premières graines du doute dans son esprit. Leur relation navait duré que trois mois. Il y avait efficacement et soigneusement mis un terme après avoir couché avec deux filles de son cours d’économie, lune après lautre, probablement un des seuls regrets de sa vie, en dehors de sa famille biscornue. Une grande quantité de sexe anonyme sur le campus avait adouci son malaise après quelle lait quitté avec un e-mail disant quelle devait être transférée dans une autre université. Il avait lu entre les lignes. Elle ne voulait plus de lui. Cela au moins, c’était parfaitement clair, mais cool parce quil lavait rapidement remplacée.

C’était aussi bien pour elle, avait-il pensé, avec une bonne dose dautodépréciation. Bon sang, et si elle avait surmonté ses beuveries et ses relations sexuelles avec dautres filles et était restée à ses côtés plus longtemps ? Elle aurait alors vu un Riley de vingt-sept ans qui était toujours aussi autodestructeur, un riche gamin pourri gâté qui navait rien à lui offrir à long terme. Bordel, il lui avait fallu huit autres années et lexplosion déclenchée par larrivée de Jack dans sa vie pour quil commence à grandir et à vraiment faire quelque chose de ses rêves.

Et si elle avait su quelle était enceinte ? Comment avait-elle pu le quitter ? Elle n’était pas du genre à coucher à droite et à gauche. Elle n’était pas vierge non plus quand ils s’étaient mis ensemble, mais elle avait certaines valeurs morales. Contrairement à moi. Pourquoi serait-elle partie avec juste un e-mail expliquant quelle terminait ses études à l’université du Maine et un « merci pour les souvenirs » ? Elle devait savoir que Riley aurait soulevé des montagnes pour un enfant et payé n’importe quelle quantité d’argent pour sassurer que leur bébé était heureux. Il grogna intérieurement alors que cela le frappait de plein fouet : c’était peut-être précisément le cœur du problème. La vitesse avec laquelle il avait autrefois résolu les complications de sa vie en utilisant son interminable réserve d’argent était effrayante. Riley étant riche comme Crésus, elle avait probablement pensé quil la paierait pour quelle sen aille ou, merde, quil prendrait lenfant, ou pire encore, quil voudrait quelle avorte. Durant les trois mois quils avaient passés ensemble, il ne s’était pas exactement montré comme sensible et digne de confiance. Comment aurait-elle su quelle aurait pu croire en lui ? Bordel ! Il ne se serait même pas fait confiance lui-même.

— Riley, vas-tu rester là-dedans toute la journée ?

La voix était forte, passant par-dessus le bruit de leau. Celle de Jack. En fait, c’était son corps qui se trouvait à l’intérieur de la douche et qui lui volait toute son eau. Il navait même pas entendu la porte souvrir, encore moins sentit la fraîcheur de lair provenant de l’extérieur et soudain, Jack se trouvait là. Son mari visait toujours laspect pratique, et nettoya la poussière et lodeur de la grange bien quil ne semble pas enclin à entamer quoi que ce soit de physique, ni même à parler. Ce qui, pour être juste, était une bonne chose, puisque Riley avait la tête pleine de questions. Ils échangèrent un baiser pour se souhaiter le bonjour, partagèrent le savon et une étreinte, puis, une fois rincés, Jack coupa l’eau. Habillés, ils sassirent pour siroter une tasse de café dans la cuisine, la troisième de la matinée pour Riley, et il se sentait nerveux et agité.

Taylors a une infection, indiqua Jack, sur le ton de la conversation, Riley grogna en guise de réponse.

C’était vraiment tout ce quil pouvait faire sans hurler et demander pourquoi diable Jack pensait que discuter de ces foutus chevaux était plus important que sa paternité imminente. Un sentiment dirritation augmenta, mettant laccent sur sa propre incapacité à formuler verbalement ce quil éprouvait.

— Vas-tu te raser ? cracha-t-il finalement tandis quil regardait Jack dévorer un toast comme s’il était déjà périmé.

Celui-ci cessa de bouger, avec un morceau de pain à mi-chemin de sa bouche et fixa Riley avec une lueur incrédule dans les yeux.

Je le ferai dans un moment, répondit-il prudemment, mais Riley se hérissa.

Il utilisait ce ton de voix quil prenait pour sous-entendre « merde, Riley perd la boule ».

Nous devons donner lexemple, pas montrer que nous sommes des cow-boys qui sen fichent.

Il aurait aimé ravaler ses mots alors même quil les lâchait. Jack était le cow-boy ici, certainement pas lui. Il navait toujours pas perdu son accent et ses manières dhomme de la ville, donc par voie de conséquence, Riley venait de le rabaisser.

À sa décharge, Jack ne releva pas le commentaire. Il posa simplement, avec précaution le toast sur le comptoir et inhala profondément. Riley vit le soulèvement de sa poitrine et grimaça.

Veux-tu faire ça maintenant ? Est-ce ce dont tu as besoin ? demanda Jack. Tu veux vraiment avoir une discussion à propos de cow-boys qui se font du souci dans la cuisine de ma mère ?

Merde ! Mentionner Donna n’était pas juste. Riley ladorait et il aimait cette maison. Ses entrailles se nouèrent et il se leva rapidement, se redressa de toute sa hauteur, puis croisa les bras sur son torse.

— Ne mêle pas ta mère à ceci, dit-il simplement.

Jack fit un pas en avant, jusqu’à ce quils soient nez à nez et le fixa droit dans les yeux.

Je ne vais pas me disputer avec toi, Riley.

Alors, va te raser.

Je suis levé depuis trois heures du matin. Je. Prends. Mon. Petit-déjeuner.

Chaque mot de Jack était clair, net et précis.

Pourquoi Donna nest-elle pas allée voir Taylors ?

Merde ! Mais que faisait-il ? Pourquoi avait-il même emprunté ce chemin ? Il pouvait sentir lenfant quil était intérieurement, pétulant et pleurnichard, et ce n’était pas attirant du tout. Qu’était-il arrivé à l’adulte quil était devenu ?

Maman a passé la nuit avec le vétérinaire !

Jack cracha le mot « vétérinaire » ne laissant aucune place à l’incertitude quant à ce quil pensait à ce sujet. Sans oublier la fin de phrase non formulée « c’est à moi de surveiller les chevaux ».

Cela stoppa efficacement chaque argument quil avait dans la tête. Frustré, il rétorqua :

Eh bien, j’avais besoin de toi !

Jack avança plus vite que Riley ne lavait vu faire auparavant et il perdit l’équilibre, se retrouvant plaqué contre le mur le plus proche en un instant. Jack lui ouvrit les jambes, jusqu’à ce quil soit obligé de se baisser, les mettant ainsi à la même hauteur. Riley passa d’énervé à dur comme de lacier en une putain de seconde. Seigneur, leffet que Jack lui faisait lorsquil agissait comme un alpha !

Je comprends que tu flippes. Daccord ?

Riley cligna juste des yeux et Jack agrippa ses mains plus fort.

— D’accord ? répéta-t-il.

— Oui.

Mais ce dont nous navons pas besoin ce matin cest dune engueulade à propos dune connerie sans importance. Compris ?

Les lèvres de Jack étaient juste devant lui. Un infime millimètre entre eux et une vague d’émotions inattendue traversa Riley. Il ne voulait pas se disputer. Bon sang, il ne voulait même pas de relations sexuelles. Il désirait simplement que toute cette histoire de visite soit terminée et quil sache enfin ce quils allaient faire. Lattente le tuait à petits feux. Il voulait un baiser. Il s’étira pour appuyer ses lèvres sur celles de Jack et, il lui accorda son dû, sans reculer. C’était sa manière de s’excuser d’avoir perdu les pédales, et une supplication pour réclamer son affection et son soutien. Jack le connaissait trop bien. Le baiser sapprofondit jusqu’à ce quun rire amusé les sépare. Jack recula et posa son front sur le sien.

Tu vas bien ? demanda-t-il gentiment et Riley ferma brièvement les paupières avant de les rouvrir.

Je veux que ce soit terminé, reconnut-il.

Toi, comme moi, het-boy.

Ils se séparèrent face à Eden, la propriétaire du petit rire, qui leur tournait le dos pour se remplir une tasse de café.

— Hey, Eden, lança Riley.

Il ne posa pas la question évidente quant à la raison de la présence de sa petite sœur si tôt. Il savait quelle était là pour lui, et pour Jack, et plus que tout, pour Hayley. Elle se tourna vers eux, sirotant sa boisson chaude, les étudiant par-dessus le bord du mug.

Je nai pas pu dormir la nuit dernière, alors que je pensais à ce qui se passait. Jaimerais quelles se dépêchent darriver, grogna-t-elle, puis elle plissa les yeux en direction de Jack. Tu vas te raser, cow-boy ?



Chapitre Cinq

En fait, ce fut légèrement après neuf heures que le nuage de poussière soulevé par un taxi le long du chemin menant au D indiqua larrivée de ce qui allait être lavenir de Riley. Il songea à appeler sa mère et Jim, puis reposa son téléphone aussi rapidement quil lavait attrapé. Eden et Donna souhaitaient garder la nouvelle exclusivement pour Riley et Jack et, pour linstant, c’était ce que Riley voulait faire également. Il ne savait pas comment il pourrait gérer sa mère et larrivée d’une fille potentielle, en lespace dune heure. Sa tasse de café numéro cinq était finie depuis longtemps, et Eden lempêcha den prendre une autre en versant le reste de la cafetière dans l’évier. Jack s’était rasé et avait revêtu son plus beau jean accompagné d’une chemise blanche. Il incarnait limage dun rancher, très gentleman, superbe, sexy, celle dun cow-boy apprivoisé. Riley jeta un bref coup d’œil à ce quil portait un costume Armani noir, une chemise blanche et une cravate bleu marine et or, le tout datant de l’époque où il passait sa vie à la tour HayesOil. Le costume, rangé une housse, se trouvait au fond de son placard. Trop de souvenirs attachés aux vêtements ne lui donnaient pas envie de les voir chaque jour. Il s’était trop habitué à mettre des jeans et des tee-shirts pour éviter les restrictions liées à une chemise et une cravate. Même pour ses rendez-vous de consultant, il sy rendait vêtu d’un simple pantalon noir et dune chemise.

— Ai-je l’air bien ?

Il avait besoin que quelqu’un, n’importe qui, le lui dise.

Tu ressembles à un homme daffaires sensible, répondit Jack alors quEden et Donna répondaient « bien » en chœur.

Lequel est-ce ? Est-ce juste « bien » ou trop ? Devrais-je me changer ?

— Riley… tu ressembles à un père se rendant à une réunion de parents d’élèves. Daccord ?

Il pouvait faire confiance à Jack pour sortir la phrase qui ne manquerait pas de lui donner limpression quil étouffait. Un père ? Lui ?

Le taxi apparut dans la cour poussiéreuse et se gara entre le pick-up de Jack et son propre 4x4. Deux personnes en descendirent. Une femme âgée, manifestement la grand-tante, qui se tenait là, observant la maison et une deuxième personne, beaucoup plus petite. Riley retint son souffle et chercha aveuglément la main de Jack, entrelaçant leurs doigts et les serrant fort. Main dans la main, ils sortirent de la maison et se tinrent au bas des marches. La grand-tante avança de quelques pas. Lenfant qui se tenait à son côté était un modèle réduit dune adulte avec les plus grands yeux bruns que Riley avait jamais vus et elle le fixait simplement du regard. Riley ne s’était jamais senti aussi grand de sa vie auparavant, et utilisant la main de Jack pour garder l’équilibre, il saccroupit afin d’être à sa hauteur.

— Riley Hayes ? Je m’appelle Sophie McGuire, déclara la femme, cependant Riley ne pouvait pas lui parler.

Il était tellement concentré sur lenfant quil lignora.

Salut, Hayley, dit-il à la place, relâchant sa poigne sur la main de Jack. Comment vas-tu ? ajouta-t-il avec un sourire.

Elle se dissimula momentanément derrière Sophie qui lencouragea gentiment à faire un pas en avant. Riley put alors enfin jeter un bon coup d’œil à la belle enfant. Elle était la copie conforme d’Eden à son âge, avec des yeux bruns et de longues mèches blondes qui tombaient pratiquement jusqu’à sa taille, ondulées et brillantes dans la lumière du soleil. Il y avait une pointe d’entêtement dans la manière dont elle levait le menton et bien que Riley puisse voir le même geste sur ses propres traits chaque fois quil se regardait dans un miroir, elle tenait également beaucoup de sa mère.

— Êtes-vous mon père ? demanda-t-elle enfin.

Oui, il lest, linterrompit Sophie.

Son ton mettait Riley au défi de renier sa parenté avec Hayley. Cette seule question plana entre eux, malgré ce que la grand-tante avait répondu, et il ny avait aucune arrière-pensée en Riley lorsqu’il intervint.

Oui, ma chérie, je le suis.

Jack le rejoignit en saccroupissant lentement.

Alors, je peux rester ? demanda Hayley avec prudence, son regard passant de sa tante à Riley et Jack.


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