Excerpt for DIALOGUANT AVEC NIETZSCHE by , available in its entirety at Smashwords

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Table des matières Poèmes

INTRODUCTION 6

PRÉMONITOIRE 11

APPRENDRE À VOIR 13

TÉLÉOLOGIE 14

FEU VIVANT 15

PENSER DIALECTIQUE 16

SAVOIR EN ACTION 17

SISYPHE 18

NOÛS 19

SUBORDI-NATIONS 20

IL EST INTERDIT D’INTERDIRE 21

L’ILLOGIQUE NÉCESSAIRE 22

TAGS DE NUAGE 1 23

ENNOBLISSEMENT PAR DÉGÉNÉRATION 24

SUCCOMBER AU LIEU DE SE... 25

ESPRITS SUBVERSIFS 26

FRAGILITÉ DES VALEURS 27

ANTICIPATIONS 28

CREDO QUIA ABSURDUM EST 29

JUS PRIMAE NOCTIS 30

LA VOLONTÉ, IN EXEMPLAR 31

POUR LES ESPRITS LIBRES 32

APPRENDRE À DÉSAPPRENDRE 33

TAGS DE NUAGE 2 34

LES MOIRES GRECQUES 35

ACCOUTUMÉS À LA NÉCESSITÉ 36

LE PENSEUR MALADE 37

DUALITÉS 38

LE RÉEL 39

DIEU EST MORT 40

CONVICTION EN TANT QU’AFFECTION 41

CONSCIENCE DE SOI 42

LA VITRE 43

ANTICIPATIONS 44

TAGS DE NUAGE 3 45

VOLONTÉ DE PUISSANCE 46

PAR-DELÀ LE BIEN ET LE MAL 47

APPARENCES 48

CONTRADICTIO 49

CONTRE-NATURE 50

ANTICIPANT LE JUGEMENT DERNIER 51

FAIRE LE NON 52

ERREURS 53

S’IMITER (PORTRAIT DE NIETZSCHE 1) 54

S’IMITER (PORTRAIT DE NIETZSCHE 2) 55

TAGS DE NUAGE 4 56

PRÉ-JUGÉS 57

JUGEMENT À PRIORI 58

VALEUR ET VALORISATION 59

CULPABILITÉ ET DETTE 60

LES CROYANTS 61

LE MONDE VRAI 62

CURES ET SINÉCURES 63

RIEN N’EST RESTÉ INTACT 64

OFFRANDE EN VIE 65

SÉLECTION EN TANT QUE SALUT 66

TAGS DE NUAGE 5 67

OFFRANDE EN VIE 68

DIEU ANTHROPOMORPHE 69

INTERTEXTUALISANT 70

CONVICTIONS, NOS PRISONS 71

MENTIR CONSCIEMMENT 72

AGIR (CONSCIEMMENT ?) 73

COGITO 74

CHOISIR ? LEITMOTIV 75

CE QUE JE VOIS DE JUSTICE 76

TU DOIS, IL TE FAUT 77

TAGS DE NUAGE 6 78

JE ME SUIS DÉPASSÉ 79

PAR-DELÀ LE BIEN ET LE MAL 80

OMBRE ET CLARTÉ 81

VOLONTÉ DE PUISSANCE 82

SENS 83

INTER(PRÉT)A(C)TION 84

LA MORALE 85

VESTALES MORALES 86

INSTINCT DE TROUPEAU 87

SE MARIER ? 88

TAGS DE NUAGE 7 89

SOUFFRANCE ET RÉMISSION 90

AUTOSUPPRESSION (Selbstaufhebung) 91

ANIMA / A(C)TION 92

LE CORPS PENSE 93

PENSER AVEC DES PAROLES 94

SIGNE, SIGNIFICATIF, SIGNIFICATION 95

SIGNIFIER 96

PSYCHOPHYSIOLOGIE 97

VÉRITÉS I 98

VÉRITÉS II 99

TAGS DE NUAGE 8 100

LA VÉRITÉ OU LE VRAI 101

LA SCIENTIFICITÉ DE LA PHILOSOPHIE 102

DÉCHIFFRANT NIETZSCHE 103

RUMINER 104

LECTURE DU MONDE 105

WILLE ZUR MACHT ET LA CONNAISSANCE 106

ÊTRE 107

ÉGOÏSME 108

HÉMIPLÉGIE DE LA VERTU 109

L’HOMME RELIGIEUX 110

TAGS DE NUAGE 9 111

POUVOIR SACERDOTAL 112

DIFFÉRENCES ET CROYANCES 113

DIVERSITÉ 114

MÉDIOCRITÉ 115

MONDE MONDE VASTE MONDE... 116

PUISSANCE DE LA VOLONTÉ 117

CROÎTRE 118

CORPORE SANO 119

SÉMI-O(P)TIQUE 120

INDIVIDU ET DEVENIR 121

TAGS DE NUAGE 10 123

COLOPHON 126

CONTACTEZ NOUS 127









INTRODUCTION



« cet ami de l´inconnu » Guyan

« La philosophie la plus avancée du XXe siècle se tient en deçà de l’horizon que Nietzsche embrassa au XIXe » Flavio R. Kothe

« (...) si l’on comprend que l’œuvre de Nietzsche englobe une philosophie de la nature, une philosophie de l’esprit et une théorie de la connaissance, encore qu’elles soient toutes tournées à l’envers, on pourra peut-être le nommer alors un penseur systématique » Scarlett Marton

« À quoi sert un livre qui n’est pas capable de nous transporter au-delà des livres ? » Nietzsche



Quand j’étais un garçon de 14 ans et que j’habitais à Rio de Janeiro, la bibliothécaire du quartier se plaignit auprès de ma mère de ce que je lisais un livre « inconvenant », L’Antéchrist de Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900). Ce titre-là faisait partie de l’Index librorum prohibitorum.

Ma mère expliqua que j’étais un lecteur vorace, que je lisais toutes sortes de livres, y compris ceux qui traitaient d’autres religions, de même que les œuvres philosophiques jusqu’aux textes sur le bouddhisme zen. Quant à Nietzsche, c’était un auteur démonisé, méchamment associé au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce fut notre critique Antonio Candido qui s’engagea dans la défense du grand philosophe, écrivant en 1946 pour les journaux de l’époque. Rappelons-nous un de ses passages :

« Cet antipangermaniste convaincu doit être considéré comme celui qu’il est en réalité : un des plus grands inspirateurs du monde moderne, dont la doctrine, loin d’être épuisée, peut servir de guide à plusieurs problèmes de l’humanisme contemporain ».

Il y a de nombreux textes qui défendent Nietzsche contre ces infamies. Nul doute. La science lui doit cette vision qui culminera, quelque temps après, par la conception des « conjectures et réfutations » de Karl R. Popper, sans oublier que Freud doit beaucoup à Nietzsche, lui aussi, en ce qui concerne la construction de sa psychanalyse. Une autre accusation fausse, celle d’avoir été un machiste. Je lis et relis l’auteur du Gai Savoir et d’Ecce Homo, portant un intérêt toujours renouvelé à ses diverses traductions, car l’allemand que j’ai étudié autrefois ne me permet pas d’en lire les originaux... En voilà un travail de Sisyphe : on n’en vient jamais où l’on veut en venir. Il y a une pierre au milieu du chemin, comme l’a prophétisé Drummond... On ne monte donc la colline qu’en montant celle de Mangueira pour entendre le piano de Tom Jobim jouer et les interprètes de sambas chanter.

Un poète de la « Génération 45 » écrivit une thèse entière afin de prouver qu’il n’y avait que de la poésie dans la littérature. Quelle bévue, aurait sans doute dit Ledo Ivo, mon cher défunt... Il y a assurément de la poésie dans la littérature, mais il est possible d’en chercher aussi dans d’autres manifestations culturelles... Ce fut la nietzschéenne Scarlett Marton, l’auteure de la thèse « Nietzsche : des forces cosmiques aux valeurs humaines », qui éclaira le chemin ; tout en développant les idées de Deleuze, elle affirma que le créateur de Zarathoustra « avait privilégié l’aphorisme et le poème »... Réitérant ensuite :

« La façon dont il écrivait était importante à l’égal de ce qu’il écrivait, de sorte que ce serait indispensable de remettre en question les formes littéraires qui tendaient à soutenir le contenu philosophique » – réaffirma-t-elle, citant à l’appui Deleuze, Derrida et Foucault. On finit par préconiser « la suppression des frontières entre la philosophie et la littérature ».

Cette auteure soulève en outre une question fondamentale : la distance entre « interpréter », ce qui rend possible une pluralité des interprétations suivie du droit à l’usage de paraphrases, et « commenter », ce qu’elle préfère elle-même par le fait qu’on se concentre ainsi davantage, méthodologiquement, sur « l’objet de la connaissance » lequel doit être construit par le chercheur. Il est certain que les « interprétants » divaguèrent et accaparèrent les textes de Nietzsche jusqu’en sens contraire aux idées du philosophe. Ce fut le cas du nazisme qui traita les questions de la « volonté de puissance » et du « surhomme » de manière idéologique, voire raciste... Toutefois, j’ai opté, moi aussi, pour cette voie interprétative dans le but de transposer Nietzsche à l’époque actuelle, sans jamais prétendre « l’actualiser ». Je me base sur la conception de Gilvan Fogel relative au « droit à l’interprétation » vu comme :

« la promotion du sens [dans lequel] s’opère le mouvement de modification, de variation et de transformation du sens, c’est-à-dire la création. Un tel sens persiste, perdure, se perpétue à mesure et seulement à mesure qu’il se transforme, se modifie, varie... enfin, qu’il devient ou constitue une création. »

Un poète, qui est en même temps un philosophe, vient de publier un livre destiné à « prouver » qu’il n’est pas possible de concilier la poésie et la philosophie, dont les domaines sont indépendants l’un de l’autre. C’est vrai : chacune d’elles suit son propre chemin, mais elles sont nées ensemble et leurs parcours sont jumeaux maintenant et le seront toujours.

« René Char publia dans la revue “La Révolution surréaliste” deux articles sur Héraclite dit l’Obscur, qui l’avait convaincu d’une seule chose : la poésie n’est rien du tout, à moins qu’elle propose une vision du monde ; elle naît avec la philosophie et n’en peut être dissociée » (CASTRO, Gustavo de ; DRAVET, Florence. Comunicação e Poesia: itinerários do aberto e da transparência. Brasilia : Editora UnB, 2014, p. 46).

Castro et Dravet en vont même au-delà, affirmant que « Hölderlin ne croyait pas qu’une philosophie pût naître sur un terrain qui n’eût pas été arrosé par la poésie » (Op. cit., p. 68).

Le livre que voici est une tentative de poésophie, une combinaison du poïésis et de la philosophie. Pourquoi pas ? Si je n’y réussis guère, c’est autre chose... Je n’ai été le premier ni ne serai le dernier à poursuivre cet idéal. C’est un livre d’auto-assistance... seulement, je l’ai tourné à l’envers. De même que cela se produit dans les textes de Nietzsche, je me propose d’éviter un discours totalement linéaire, fondé sur la logique, d’essayer des ruptures, de sauter d’un thème à l’autre et d’en mélanger plusieurs, d’interrompre le raisonnement pour semer le doute et le non-sens... J’ai recours aux ressources paralinguistiques : les couleurs, le déploiement de mots dans l’espace, les vers rimés sans l’unique prétention d’élargir le sens du texte, mais quelquefois avec l’intention de contredire ou de réfuter, les parataxes et les hypotaxes... Ou bien « l’envers à travers le vers », comme l’a défini Emanuel Dimas de Melo Pimenta.

L’herméneutique est la clé de l’interprétation, sans dogmatismes religieux ni méthodologiques. Compte tenu de cette remarque de Pierre Lévy en défense de l’équanimité herméneutique :

« La clôture herméneutique (par opposition à l’ouverture herméneutique) doit être ici comprise comme l’exclusion a priori des autres interprétations au profit de l’“unique vrai sens” d’un événement, d’un phénomène ou d’un texte en général. » (LÉVY, Pierre. A esfera semântica. 2014, p. 26).

Lévy qu’on vient de citer nous conduit vers une dimension dépassant les objectifs du présent livre, laquelle ne se tient cependant pas, d’une manière sous-jacente et provocante, trop loin des spéculations nietzschéennes :

« La liberté était-elle essentiellement une ouverture à la multiplicité ou bien une unité forgée dans l’indépendance et l’autonomie ? Ou bien encore quelque chose comme un équilibre dialectique entre ces deux moments ? Et l’ouverture à la multiplicité pouvait-elle être pensée hors d’une universalité capable de la contenir sans la contraindre ? » (Ibidem, p. 31).

[« Il est probable qu’aucun autre philosophe n’ait été aussi paradoxal, sous l’aspect stylistique, que Nietzsche », affirme Jorge Luiz Viesenteiner. Nietzsche confirme, lui : « Il est difficile de me comprendre, et je serais un sot, moi, si je ne donnais pas à mes amis une marge d’action pour le cas de malentendus, et si je n’étais pas de bon gré reconnaissant à une certaine liberté d’interprétation ».] Nietzsche se montre encore plus radical pour ce qui est de la possibilité de compréhension : « Celui qui a cru avoir compris quelque chose de moi s’est refait à mon image... » Clairvoyant comme il l’était, il se classait parmi « les hommes posthumes »... Sans une ombre d’affectation.

Je n’y présente qu’une seule version. Comme il s’agit d’un processus, on n’en prévoit pas de conclusions... Ce serait possible de composer par dérivation des centaines d’autres poèmes... et de les refaire infiniment. Des versions, des interprétations. Non seulement l’œuvre de Nietzsche est ouverte, mais encore elle est kaléidoscopique ; ses textes sont holographiques, c’est une sorte de mœbius qui se nourrit de soi-même, d’une façon polyphonique et multifacette ! Je continuerai certainement à réviser mes textes et à les réécrire tant que je le pourrai. Les critiques seront bienvenues.

Antonio Miranda







PRÉMONITOIRE



C’est un jeu d’échecs sans pièces,

rien que des mots.

Pas de victoire :

un acte continu

– de l’épistémè à la doxa.

C’est un paradoxe.

Infini, jusqu’à ce que...

jusqu’à quand...

pour qui croit à l’Apocalypse.

Ellipses, subterfuges,

déguisements, malentendus,

affrontements. Le dit par le non dit

– le maudit et la foi sans questionnement.

Croi (x/se) ment.





« La douleur de Dieu est plus profonde,

ô étrange monde ! »



« Ô hommes supérieurs, que vous en semble ?

Suis-je un divinateur ? Un rêveur ? Un rebelle ?

Un interprète des songes ? Une cloche de minuit ? »

D’Ainsi parla Zarathoustra









Nietzsche a pleuré, j’en ai retiré

les larmes du texte !



Nietzsche a agonisé là-dedans,

j’en ai décanté le sens.



Désolé, il nous a promis,

avec véhémence, le pire.



J’en ai éventé la satire.









1



APPRENDRE À VOIR



« apprendre à différer le jugement, à cerner le cas particulier au plus près et à le saisir de tous les côtés »



De la patience face à tout :

chaque chose est une chose

à découvrir, à comprendre

en silence et à distance,

sans s’en délivrer ! S’y livrer :

impulsion sans contention

ni précipitation. Réagir.

Aller vers l’autre, pénétrer

et partager, sans forcer.

Nous évoluons en compétition,

contrôlant notre instinct.









2



TÉLÉOLOGIE



« qu’est-ce qui devait être fait (...) pour que le chaos devînt un cosmos ? »



Si tout est un mélange, être refait ; si

tout est un (perpétuel ?) devenir, en

mouvement (permanent), indifférent

puisqu’il est différent : être existant.

Le blanc se fait noir, le léger se condense

et le dur tombe en poussière – rien à faire.

En ex p a n s i o n

jusqu’aux con/fins des temps :

le mouvement d’un papillon se transforme

en tsunami, l’ouragan perd sa force et s’endort.

Pure poésie, pur vœu. Tout en feu.









3



FEU VIVANT



« et de même que jouent l’enfant et l’artiste, joue le feu éternellement vivant »



À l’instar de la mer qui fait et défait :

écume et sable ; à l’instar de l’impulsion

ludique de l’artiste et de l’enfant

béatitude sans certitude –,

au-delà des préceptes éthiques, sinon au moyen

de la délivrance esthétique ou bien artistique.

« Pourquoi les hommes sont-ils si stupides

et méchants ? » – demande Héraclite.

Nous sommes égaux, mais tout en différant l’un de l’autre :

nous sommes bons et méchants, nous alternons.

« Le désir et la haine constituent le monde »

ponctue Parménide. Être et non-être :

perversion de notre pensée, survenance

des contraires dans un équilibre impossible.

« On était », « on sera » : s’engendrer soi-même.

Raison et contradiction. Oui et non.

Résolution : le « non-être » n’existe pas...

En effet ! acquiesce le physicaliste.









4



PENSER DIALECTIQUE



« cette même lucidité qu’a le poète dramatique lorsqu’il se métamorphose »



Vers du poète & penser dialectique du philosophe ;

pour traduire ce qu’on a vécu en geste et musique :

le contemplé, médité, mais manifesté

métaphorique, le devenir à travers d’autres corps !

Mais toujours indéterminé, mais celui qui se veut

déterminé, terminé : la matrice

de toutes les choses ! Ou bien une « chose en soi ».

Malédiction éternelle, ce devenir

périssant et puis renaissant, existant.

Héraclite : « Je ne vois rien que le devenir ».









5



SAVOIR EN ACTION



« utilisant ce qu’on a appris pour la vie, non pas pour la connaissance érudite »



Plus que les origines du savoir

valent ses déploiements

la philosophie est surmontable, elle aussi !

Les religions aussi se métamorphosent,

quand elles ne se fossilisent pas, aliénantes ;

le savoir est insatiable et irréfrénable ;

il sert à vivre, non (seulement)

à mourir. Action et civilisation.









6



SISYPHE



« Toute la petite philosophie moderne (...) se borne aux académies, coutumes, modes, lâchetés des hommes. Mais si... »



Savoir de sapio, de savourer, déguster !

Avec son envie d’apprendre, la science

surabonde en recherches sans fin

« convoitise aveugle » –, et la philosophie

avec sa morale et son esthétique –

fait l’essai des conceptions, entravant les préconceptions

reflets de ce monde : liaison ou combinaison...

avec des finalités et des casualités.









7



NOÛS



« alors le noûs se remettra en mouvement et, non plus divisé lui-même, vaguera par le monde... »



Le vouç qui dirige tous les processus

de l’Univers, vers à vers,

en nous unissant à tous et à tout : ceux et celles,

dans sa compréhension de la vie –

signification. Intelligentsia.

Noûs, mens, nous, vous, eux –

l’esprit actif d’Anaxagore.

Néoplatoniciens, néobaroquistes, non.

De l’uNique au multiple, lorsque

ou quoique – activités

de l’être... paraître : ravissements.

Du Bien au Zen, sans reflux,

un flux infini : matière

et forme, formation, oui et non.

Pourquoi non ? Parce que oui. C’est ainsi :

actif et passif – transitif.









8



SUBORDI-NATIONS



« les Romains et les Étrusques tranchaient le ciel avec de strictes lignes mathématiques et, dans un espace ainsi délimité, ils enfermaient un dieu comme dans un temple »



Comment édifier un discours sur des fondements

mobiles, créant des hiérarchies et des métaphores ?

Édifier des langages, créer des lois et des privilèges

sortilèges – des subordi-

nations, des démarcations, des institutions !

C’est pourquoi nous sommes des humains ! – assure-t-on.

Chaque dieu est sur son territoire,

chaque homme en ses lieu et moment,

comme un facteur survenu, migratoire.

Anthropologique, anthropomorphique :

homo sapiens, mesure de toutes les choses,

une « chose » éloignée de cette Origine

qui prétend dévoiler et puis dominer.









9



IL EST INTERDIT D’INTERDIRE



« je parle immoralement, extramoralement, par-delà le bien et le mal »



Esprits libres, ceux d’Humain, trop humain.

Vie artificielle, contre la maladie et l’isolement :

« établir l’emprise de l’art sur la vie » ;

« cette splendeur des institutions métaphoriques ».

Déguisé, Nietzsche cherche ses pareils

ou tente de se reproduire en eux ; il égalise

les inégaux en les transformant.

Si c’est possible une fois, que ce soit

possible de se maintenir, de reproduire, de multiplier.

Peu de gens peuvent en changer beaucoup ! Il n’y eut

que 100 hommes qui forgèrent Athènes ;

la Renaissance dépendit d’une poignée d’hommes.

Combien sont ceux qui forgent le Nouveau Temps ?

Quelle Histoire sera la nôtre dans la mémoire

des peuples, quelles traces vont persister ?

Et les plus illuminés, les créateurs,

qui vivent toujours dans l’avenir ?

Il est interdit d’interdire : on marche vers l’impossible.









10



L’ILLOGIQUE NÉCESSAIRE



« il n’y a pas de faits éternels, de même qu’il n’y a pas de vérités absolues »



La « supériorité » du prédicateur, prestidigitateur,

des aeternae veritates, quelque chose qui reste

immuable dans le culte marmorisé de notre foi :

« témoignage sur l’homme d’un espace

de temps très limité », sacrosaint.

La Sainte tunique, la raison ritualisée.

L’apparence au lieu de l’essence.

Le langage en tant que connaissance du monde...

« Seules les désignations ». Seules, veules, les

représentations ! Et se sentir humain !

« Des peurs superstitieuses et religieuses »

délivrance de la peur et du péché originel !

« Manque de finalité ultime de l’homme ».

« Les poètes savent toujours se consoler ».



TAGS DE NUAGE 1






















11



ENNOBLISSEMENT PAR DÉGÉNÉRATION



« c’est de ces individus les plus dissociés, beaucoup plus indécis et moralement plus faibles, que dépend le progrès spirituel »



C’était Nelson Rodrigues qui disait acquiesçant :

« Toute unanimité est niaise ! » Consacrées

les « natures dégénérées » qui déstabilisent

les hégémonies, selon Nietzsche, qui transforment

(je ne sais si c’est pour le bien ou pour le mal :

je persisterai à chercher la réponse...). Ce qu’on se propose

c’est de continuer à lire cet auteur d’Humain, trop...

chez qui l’on rencontre : « Tout progrès sur une vaste échelle

doit être précédé d’un affaiblissement partiel ».

Sans crise il n’y a pas de changement. Faut-il de l’entêtement ?

« Les natures les plus fortes raffermissent le type,

les plus faibles aident à l’améliorer ». Or, je me tais.

Entêtés et dégénérés, unissez-vous ! Dans un équilibre

instable : enseigner à questionner, tandis qu’on se (re)

construit. Nietzsche avertit : « la plus dangereuse

compagne de toute continuité, l’autorité

se défendra contre cela ». Et c’est pour cela...









12



SUCCOMBER AU LIEU DE SE...



« les âmes de tous ces prétendants à la vérité étaient totalement imprégnées de jalousie et d’écume »



Ayant surmonté « la civilisation d’hommes », les Grecs

(au sixième et au cinquième siècles av. J.-C.)

« n’eurent jamais plus de traitement aussi amoureux ».

Les éphèbes ! Les femmes dans le processus de procréation !

« Rien de plus n’était pris en considération ».

Il restait pour les femmes « des cultes religieux ».

Il y avait des personnages féminins dans leurs tragédies,

mais interprétés par des acteurs,

hommes chaussés de cothurnes, élevés au-dessus des autres.

Le danger « de ces communautés puissantes »,

basées sur des individus homogènes,

contre la liberté de la majorité dissipée

capable d’« accueillir cette nouveauté » et de prospérer.

« C’est de ce hasard précis que la vie émane, vieille comme Hérode, mais avec l’amnésie des débuts » (Eduardo Mondolfo).









13



ESPRITS SUBVERSIFS



« la religion rassérène l’esprit de l’individu en temps de perte (...) pour atténuer les souffrances de son âme »



La religion est une arme dont l’État fait usage pour maintenir

la foule dans la soumission. Ou bien, à sa place,

les idéologies et les règlements,

la supervision, la censure, la socialisation... Oui ou non ?

« Les intérêts du gouvernement tutélaire

et ceux de la religion marchent main dans la main ».

Avec « le doigt de Dieu » – Dieu m’en garde ! –,

nous sommes tous sujets aux dispositions

qui viennent de « là-haut »... Du « haut » du Pouvoir terrestre,

ce « tuteur au nom d’une foule incapable ».

Et si la Religion devenait un sujet privé ?

Sans l’institution de l’État ni de l’Église ?

N’y aurait-il pas une foule de sectes radicales, voire terroristes ?

Ça ressemble un peu à l’époque que l’on vit.









14



FRAGILITÉ DES VALEURS



« Rien n’a coûté plus cher que ce grain de raison et de liberté qui nous enorgueillit aujourd’hui »



Sans doute toutes les choses « bonnes »

« ont-elles été mauvaises autrefois, tout le péché originel

transformé en vertu originelle ». C’est de lui que nous provenons

(il y en a qui y croient). Le mariage était un délit... la procréation,

pas question ! Toutefois, les plus humbles procréent

comme des lapins, comme si c’était un dessein divin.

Il n’y aura pas d’espace pour tous, annonce un nouveau Malthus.

Les enfants sont élevés (croit-on) dans des conditions (im)possibles.

Sacrifice humain, votif, vomitif. Est-il primitif ?

Avortement ? Contrôle de natalité ? On améliore

les végétaux pour qu’ils se multiplient : ô la faim !!!

On clone des animaux et des gens afin de combiner

les gènes et non seulement les prénoms et les noms.









15



ANTICIPATIONS



« Ce qui est grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but »

« J’aime Celui qui ne réserve pas une seule goutte de son esprit pour lui-même, mais qui veut être tout entier l’esprit de sa vertu : c’est ainsi qu’il passe en esprit sur le pont » ZARATHOUSTRA



En fait, c’est ainsi : Celui, avec ce C majuscule,

comme un dieu pour lui-même, qui s’assume.

Nietzsche voyait Zarathoustra comme un « soi »

hors de soi, transcendant, divin et affirmatif,

doué d’une âme qui « se prodiguait » sans quêter de gratitude.

Il tenait ses promesses.

Il vivait dans l’avenir en s’extériorisant, en s’y retrouvant.

Il est parmi nous, et nous sommes avec lui.









16



CREDO QUIA ABSURDUM EST



« La conviction c’est la croyance qu’en un point donné de la connaissance on possède la vérité inconditionnée »



Croire aux méthodes parfaites

d’accéder à la vérité. La pensée scientifique ?

Mourir par les certitudes du moment.

Expression dogmatique, non pas scientifique !

Seuls les fanatiques ont foi en leurs croyances.

Des idéologies sans espace pour le contradictoire.

« Ce ne fut pas le combat des opinions

qui rendit l’Histoire tellement violente ;

ce fut le combat des croyances en ces opinions ».

On offrait des sacrifices. Sermon vs Sinon.

Si... quelque questionnement l’admettait,

« quel aspect pacifique aurait l’Histoire

de l’humanité » ? Conjectures et réfutations.









17



JUS PRIMAE NOCTIS1



« La douleur passait alors pour vertu, la vengeance pour vertu, le renoncement à la raison pour vertu, le bien-être passif pour danger, le désir de savoir pour danger, la paix pour danger, la miséricorde pour opprobre, le travail pour démérite, la démence pour quelque chose de divin, la conversion pour immoralité et la corruption pour quelque chose d’excellent » (de « La Généalogie de la Morale »)



Vendre et se vendre, s’approprier.

Ensuite, se soumettre au droit ! Ce n’est plus

vetitum, une innovation, un délit institué

avec violence et outrage. Renoncer à la vengeance.

« Rien n’a coûté plus cher que ce grain de raison

et de liberté qui nous enorgueillit aujourd’hui ».









18



LA VOLONTÉ, IN EXEMPLAR



« inconditionnée / liberté et irresponsabilité de la volonté »



La « volonté » qui met tout en mouvement

et hors d’ordre. Mais contre le sentiment

de Culpabilité. Nier le Péché.

« Dieu, le pécheur, et l’homme, le rédempteur ».

Contre cet homme agneau « qui traîne

les péchés du monde », sans salut.

Néga(c)tion ! Oui ou non ? Fausse

et aveugle commisération.

D’après Lawrence Sterne, « tout ce qui

se trouvait entre le sublime et le vil

lui était familier ». De la volonté à volonté.

[Je vois par son entremise, je prévois.]









19



POUR LES ESPRITS LIBRES



« On doit parler seulement lorsqu’on ne peut se taire, et parler seulement de ce qui s’est surpassé, le reste étant de la logorrhée, de la “littérature” »

Ne plus croire en rien !

C’est « sur vérité et mensonge au sens

extramoral » qu’écrivit Nietzsche.

Défiant, cheminant vers soi-même,

évitant tout et n’importe quel conformisme.

Ainsi donc : « parler de l’ermite »,

« gratitude à l’égard de la vie »,

mais la regardant de travers...

« Déchaînement » des envies.

« C’est ainsi que quelqu’un se parlait à soi-même ».

(Mais je vais avec lui, sans qu’il me voie).









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APPRENDRE À DÉSAPPRENDRE



« pour en arriver enfin, peut-être trop tard, à changer notre façon de sentir »



Bénéfices intellectuels et mentaux

« qui apportent avec eux une solitude

profonde ». Liberté de devoirs

et de mœurs, s’isoler du « dehors ».

« Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

hurla Christ sur sa croix. Sainte Croix !

Comme Don Quichotte, contre ces moulins

de la pensée. Désolation et solitude,

mais tout en recouvrant sa vision

du monde. Je dis donc :

qu’on vienne me défendre contre moi-même,

qu’on me sauve de moi-même.

Je veux être innocent, sans péché,

ressuscité et en train de me transformer.



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LES MOIRES GRECQUES



« Les Grecs donnaient à ce royaume de l’incalculable, [du hasard] et de la sublime niaiserie éternelle le nom de Moires (...) »



Rêvant au crépuscule des dieux,

se délivrant de la peur de vivre.

Redoutant que tout accident

ou rachat vienne de Lui !

Fuir la « fantaisie excitable de la peur »

sans subir l’exil ni l’isolement,

et que « chacun s’aide soi-même »

sans se moquer des souffrances d’autrui.

Ma

l(h)eur. Et alors ?

L’auto-assistance ? L’abnégation,

sentiment confus et diffus.

Comment s’élever au-dessus de la morale ?









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ACCOUTUMÉS À LA NÉCESSITÉ



« nos élans vers la connaissance sont trop forts pour que nous soyons encore capables d’estimer un bonheur sans connaissance »



Croire : la connaissance est capable de tout

notre passion et notre réalisation, toutes deux suprêmes.

Seule une commisération sans rémission des péchés.

Quelle est la connaissance que nous acquérons

et puis partageons ? A-t-on fait naufrage

dans l’infini ? En voir davantage et d’une autre façon ?

La nécessité (actuelle) d’une logique, ou non,

en opposition – « des êtres intuitifs ».

Veut-on de la philosophie ou recherche-t-on de la religion ?

Il « attend et accepte ce qu’il y a de meilleur de la grâce

et de l’amour divins », non des siens, le chrétien.

« D’autres oiseaux voleront plus loin ».









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LE PENSEUR MALADE



« il se peut que les penseurs malades en viennent à devenir prépondérants dans l’histoire de la philosophie »



Ceux qui emploient la philosophie pour

se rendre compte de leur malheur humain

y voient un médicament et leur dernier

refuge. Il y en a tellement !

La pensée soumise à la maladie.

Ils prétendent encore guérir tous les autres.

Leur propre corps en observation.

Pourquoi pas ? Un cobaye pour soi-même.

Si le corps est malade, l’esprit est-il sain ?

L’esprit sage, réflexif :

« l’un à part et l’autre au-dehors ».

La physio-logique, l’expéri-actualité.

Quelle est la valeur réelle de l’existence

ou de la faillite de l’être ? L’idéelle.









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DUALITÉS



« Comment faire du bien et vouloir du bien à ceux qui dépendent de nous »



Il est plus manifeste, le mal

que l’on fait... que le bien

qu’on pratique distrait.

On suscite, on provoque, on agit :

sentiment de puissance ou de sacrifice.

Métier de qui rentre, soumis, au bercail,

risqué et téméraire, ou bien solidaire.

Vision de l’égalité ou de la supériorité,

commisération, piété ou insanité.

« Habitués (nous le sommes) à la doctrine

de l’égalité des hommes, mais

non pas à l’égalité comme telle ».

La puissance du philosophe à la grecque :

« l’esclave est tout un chacun qui n’est pas

philosophe », y compris le Puissant...

Humanité et bestialité : dualité.









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LE RÉEL



« l’apparence (...) finit (...) par se transformer en essence, et elle produit ses effets comme telle ! »



On vit d’apparences.

Des noms au lieu de choses. Peu

importe ce qu’elles sont...

Réputation construite, projetée

ou perdue. Une garde-robe

en mouvement, un catalogue ex-

posé, simulacre et projection créée.

Nietzsche préfère l’effectivité, lui : production

d’un effet (Wirkung) au lieu

d’une réalité, à en croire Héraclite.

« S’effectuer » comme l’a voulu Schopenhauer.

Comme une « phrase d’effet », des « effets spéciaux ».









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DIEU EST MORT



« on naît déchiffreur d’énigmes ». « On se sent, apprenant que “le vieux Dieu est mort”, comme illuminé par les rayons d’une nouvelle aurore ». « toute audace de connaisseur est de nouveau permise »



Réaction dans une université chrétienne américaine :

« Nietzsche est mort. Signé : Dieu ». Qui est convaincu

de quoi ? Les convictions sont passagères, fugaces, quelque

durables qu’elles soient. Fruition, stupéfaction, oubli. Hypothèses

hypothéquées, presque des affiquets, mais qui valent autant

qu’elles durent ! La science présuppose-t-elle la croyance (éthérée) ?

Mais avec les assises de l’avenir.

« Défiant, inconditionnel ou confiant inconditionnel ? »

Et ce qui est accidentel ? Eurêka ?! Par contre,

« la volonté de vérité ». Une croyance métaphysique !!!

D’après Platon, Dieu serait la vérité divine

ou ce mensonge-là, généreux et consolateur ?

[Si Dieu est mort, c’est qu’il avait existé].

Oh pardon : en voici une métaphore mal venue.









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CONVICTION EN TANT QU’AFFECTION



« sous l’emprise d’une certaine morale (...) diverses superstitions populaires de l’Europe chrétienne » : « renoncement à soi-même aboutissant à la négation de soi-même, au sacrifice de soi-même (...) »



Aurait-il sa morale, un consensus universel ?

« Tu dois », c’est ainsi, il le faut...

« Une morale pourrait avoir dérivé

d’une erreur ». Valeur curative ou fatale.

Moralisme, nihilisme...

Qu’il nous domine : un Dieu, un politicien,

un confesseur, un médecin, un professeur...

Par-delà notre volonté, au-delà de la liberté,

« le fanatisme à l’époque où la volonté

s’assoupit », comme la protection ou l’orientation

des « faibles et indécis ». Partout où l’homme

en arrive à la conviction fondamentale qu’il faut bien

qu’on le commande, il devient

un « croyant ». Sur quoi fonde-t-on la morale ?









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CONSCIENCE DE SOI



« Conscience : en quelle mesure pourrait-on s’en passer ? » « le raffinement et la force de la conscience sont toujours en proportion avec l’aptitude à communiquer que possède un être humain »



La conscience serait née de la nécessité

de communiquer, de se refléter,

du lien « entre homme et homme »

(ou femme...) ou, pour mieux dire : s’extérioriser,

se faire comprendre en se persuadant

de sa propre conscience-existence.

En quelle mesure serait-elle intelligible et nécessaire ?

Pensée consciente (ou bien indulgente),

pensée exprimée par des mots, de dedans en dehors.

(Mais pas nécessairement due à notre raison...)









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LA VITRE



« méfiez-vous de tous ceux dont la volonté de punir est puissante ! » « On domine celui qui ne peut obéir à soi-même »

ZARATHOUSTRA



On doit se méfier de ceux qui parlent beaucoup

de la justice comme telle. Ceux qui dominent

en portant le fardeau de ceux qui obéissent.

Il y a toujours un péril pour qui domine

et un autre, plus grand encore, pour qui obéit.

Même « quand on se domine soi-même »...

Et pis que cela : « un bien et un mal qui soient impérissables,

il n’y en a pas ! » D’où cette erreur de se tromper soi-même.

La volonté de puissance. Être une vitre et son éclat.

La volonté de vaincre sans dominer à son corps défendant.

Mieux vaut être suivi sans se soumettre.









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ANTICIPATIONS



« c’est de compagnons de voyage que j’ai besoin, et qu’ils soient vivants (...) parce qu’ils veulent aller, de par eux-mêmes, où je veux aller, moi »

ZARATHOUSTRA



Nietzsche, un prophète, un pasteur – en voilà une drôle d’histoire !

Fuyant les troupeaux en quête de compagnons.

Contre les croyants, quelle que soit leur croyance.

Brisant les valeurs, les questionnements.

« Je veux » AU LIEU DE « Tu dois ».

Être libre pour de nouvelles créations.

« Un tout nouveau commencement », « un grand oui à la vie ».

Ainsi parla Zarathoustra. Nous n’aurons qu’à...



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VOLONTÉ DE PUISSANCE



« rien d’autre n’est donné pour réel, si ce n’est notre monde des appétits de passions » (...) « précisément la réalité de nos impulsions »



« Volonté de puissance » ou, mieux encore, celle de dominer

pour vaincre le nihilisme – vitale et affirmative,

valeur biologique de la connaissance, fonction de la vie !

Étendre toujours !

Une vérité métaphysique, transformatrice, dynamique.

Non seulement le devenir de l’être, cette « essence intime de l’être ».

Pathos. En opposition à la « volonté de vérité ».

Par-delà le bien et le mal. Instinct. Intention.

« Curieux jusqu’au vice, inquisiteurs jusqu’à l’atrocité » ;

« c’est cette espèce d’hommes que nous sommes, nous,

libres d’esprit ». Libér

a(u)teurs.









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PAR-DELÀ LE BIEN ET LE MAL



« attendre l’avènement d’une nouvelle espèce de philosophes (...), inverse à celles qui ont déjà existé, espèce de philosophes du dangereux sous tous les aspects »



Contre les jugements synthétiques a priori que l’on croit

justes ! Émis par ceux qui imposent leurs pré/conceptions...

« Admettre » donc « la contrevérité comme une condition

de vie ». Ce pourraient être des jugements faux, impossibles,

ceux d’une « croyance de façade ». « Le Malade imaginaire »

(Molière), virtus dormitiva. Des principes téléologiques

superflus ! Séduction des paroles... Penser comme on le veut

(peut-être), comme on le sent. Mentir.









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APPARENCES



« Est-ce que c’est seulement de la conception de “soi” que découle, comme son dérivé, le concept d’“être”... ? »



Les éléates croyaient – comme beaucoup d’entre nous,

d’ailleurs – que nous étions venus du divin,

car nous sommes doués de raison ! Concept d’être :

le langage en tant que raison de savoir.

L’artiste enclin à se fier aux apparences :

création nouvelle et perfectionnée – « le vrai

monde se tourna en parabole »... « Le »

dionysiaque, paradisiaque, aphrodisiaque...

« moi, Platon, je suis la vérité » (...).









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CONTRADICTIO



« Les agnostiques adorent-ils maintenant le point d’interrogation à l’égal de Dieu ? » « Chaque opinion est aussi une cachette, chaque mot est aussi un masque »



L’interprétation peut être aussi une falsification.

Croyance en une valeur métaphysique,

mais aussi en son opposé.

La réciproque tenue pour vraie...

Contre la vérité divine.

Idéal ascétique. Contradictoire

quant aux fonctions de la vérité. Le début

et la fin, si le penser est ontologique.

Mettre en question la valeur de la vérité

pourquoi pas ? –, un des préceptes du Gai Savoir.

La science en tant que créatrice de valeurs.

Jeu de masques. Quelle horreur,

cette dogmatisation. Elle est intouchable, la vérité.









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CONTRE-NATURE



« nous autres, les immoralistes, avons (...) notre cœur ouvert à toute forme de compréhension » « les affirmatifs »



Contre la négation « de la volonté de vivre »,

celle des trappistes qui s’imposent des mesures

« de castration, d’extirpation ». Non et non !

Une rébellion contre la vie, des guérisons radicales.

« La vie se valorise elle-même à travers nous autres,

quand nous en établissons les valeurs ». La « liberté

intelligible » de Kant. De Platon. Nietzsche.

« On est en tout », libre de la fatalité.

« Le concept “Dieu” fut jusqu’ici

l’objection maximale contre l’existence... »

Apaiser l’homme bestialisé moyennant « le perfectionnement ».

Animaux mis en cage pour l’apprivoisement.

Cette morale-là qui esclavage ceux qu’elle veut libérer.

(« Que notre Reich arrive ». Gérard Lebrun).









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ANTICIPANT LE JUGEMENT DERNIER



« Être prêt à sacrifier des êtres humains, sans exception pour soi-même, à sa cause » « à cinq pas de la tyrannie, sur le seuil de la servitude menaçante »



Le Jugement dernier est une condamnation annoncée,

« une vengeance ». Dernier, il anticipe sur le Péché.

Porter la croix de son impureté originelle.

Transformer le condiment de sa vie en poison.

Vertus conditionnées, bontés imposées,

égalités simulées, progrès caduc.

« Le libéralisme : terme allemand, bestialisation en troupeau... »

La liberté : « quelque chose qu’on possède et qu’on ne possède pas,

qu’on désire et qu’on conquiert... »









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FAIRE LE NON



« ce n’est pas l’impuissance face à la nature, mais l’impuissance face aux hommes qui suscite l’amertume la plus désespérée face à l’existence »



Cette façon primitive de se soumettre

au mal (religion et morale) pour se justifier.

Vertu en tant que ruse et théodicée.

Jusqu’à quand peut-on supporter la « vérité » ?

Entre le « oui » dionysiaque et le « non » démoniaque.

Sans la « volonté de puissance », succomber,

se résigner, se faire humble et indécis...

Ceux qui ont besoin d’articles de foi poussés à l’extrême.

Ainsi le mal est-il justifié en tant que punition...









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ERREURS



« Abstenons-nous de dire qu’il y a des lois dans la nature (...) elle n’a rien qui commande, rien qui obéisse, rien qui transgresse »



Il n’y a pas de finalités ni de hasard.

Ni de mort qui s’oppose à la vie.

Ni de substances éternelles,

bonnes pour nous et en soi.

Raison en tant qu’activité libre,

originaire d’elle-même.

Jugements et convictions en tant que « vérités ».

Connaissance et erreur en combat.

D’où vient-elle, la logique que nous soutenons ?

Dans quelles hypothèses serions-nous égaux ? Nietzsche :

« Nous voulons devenir ceux que nous sommes » !









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S’IMITER (PORTRAIT DE NIETZSCHE 1)



« tout idéalisme est une tartuferie face au nécessaire, mais l’aimer... »



Nietzsche a insisté sur une « transvalorisation des valeurs ».

Il était « sain dans ses bases ». Volonté de vivre.

Il a eu recours à de mauvaises choses « pour son avantage ».

En sommant toutes les choses.

Tout ce qu’il entendait, voyait et vivait.

Toujours en sa propre compagnie.

Sans culpabilité ni péché, « quitte envers soi ».

Sublimé dans l’intimité de Wagner.

Des instants profonds, des hasards sublimes.

Allemand par antonomase, toujours étranger.

Ces petites choses, si importantes, vitales.

Contraire au fanatisme, supposé sain.

Souffrir à cause de la multitude, sortir du troupeau.

« Je suis une chose, moi ; mes écrits sont autre chose ».

Pour ne pas être confondu, il tâchait de ne pas confondre.









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S’IMITER (PORTRAIT DE NIETZSCHE 2)



« L’impossibilité d’une unique interprétation du monde »



Non à l’existence vue comme un châtiment – « une estimation

morale des valeurs ». Dépouiller la science de toute valeur morale !

En faveur d’une critique sévère de la morale chrétienne.

Échapper à une certaine autorité surhumaine :

« plus la morale s’émancipe de la théologie,

plus elle devient impérative » ;

« la forme la plus extrême de nihilisme :

le rien (le non-sens) éternel ! »

Annihiler le fanatisme avec du bonheur.

Chaque événement vu comme un trait fondamental

de l’être, « chaque instant de l’existence universelle ».

Un intemporel qui habite l’avenir.

Zarathoustra ne cherchait pas d’épigones.



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PRÉ-JUGÉS



« Toute morale est (...) une partie de la tyrannie contre la “nature” et contre la “raison” aussi (...) » « nous sommes depuis nos origines, depuis l’Antiquité, habitués à mentir »



Ce serait (c’est, dit Nietzsche) « l’hypocrisie de qui commande ».

Et qui ment... Tout en servant les troupeaux qu’il dit protéger.

Mentir comme une forme de survivance ;

vivre d’apparences... Des masques.

Nos « valeurs » tenues pour vraies,

reconnues comme des vérités et vertus :

« Une nouvelle espèce de philosophes : ceux du dangereux,

peut-être sous tous les aspects »...









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JUGEMENT À PRIORI



« survoler ce qui est entièrement contradictoire ou bien en passer à côté... » « quelle origine ont-ils proprement, notre bon et notre mauvais ? »



Nietzsche a cherché sa réponse à lui.

Immoraliste, tout en séparant « le préjugé

théologique du moral », il n’a plus scruté

« l’origine du mal ».

Dieu en tant qu’origine du bien et/ou du mal ?

Le bon et le mauvais favorisent-ils l’humanité ou l’entravent-ils ?

Ascension ou dégénération de la vie ?

Elles sont venues, les réponses et les nouvelles questions...

Croyances et méfiances... Méfiances, divergences.

La violence. Précepte versus préjugé.









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VALEUR ET VALORISATION



« cette théorie recherche le point d’apparition de la conception du “bon” au lieu de l’“erroné” proprement dit »



Jugements suprêmes : la bonté qu’on attribue aux nobles,

la méchanceté dont on accuse les plébéiens, hommes ordinaires...

Sentiments inférieurs... Valeurs autoproclamées.

Hiérarchie et pouvoir, valeurs et... compétiteurs.

Pas de pardon pour le non ! Bon et mauvais, le bien et le mal.

Le langage en tant que puissance des dominants,

quant à la société, au gouvernement et aux religions.

Les généalogistes de la morale tenus pour égoïstes...

Un troupeau. La parole comme une forme de domination,

sacrée, consacrée ou bien dégradée.

Instinct et valeur, est-on maître de soi ?

Maître de qui ? Ces valeurs augustes. Vétustes...

« La rédemption du genre humain (c’est-à-dire

sa rédemption en qualité de “maîtres”)

est sur le bon chemin », ironise Nietzsche.

Qu’elle soit théocratique, qu’elle soit laïque... Dire oui à soi-même,

c’est noble : « la morale des esclaves dit non ».









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CULPABILITÉ ET DETTE



« Le sentiment de culpabilité, celui d’obligation personnelle (...) eut pour origine (...) la plus ancienne et la plus originaire des relations interpersonnelles (...) celle d’acheteur et de vendeur, de créancier et de débiteur... »



Mesurer la valeur, l’estimer (!), acheter et vendre.

Serait-ce différent dans une institution religieuse ?

Je donne, tu reçois ; elle se dit magnanime,

altruiste... mais elle attend sa récompense, une reconnaissance. Serait-ce une offense ? Châtier, réclamer son dû.

La douleur d’autrui, rédemptrice... et des sacrifices.

Ces mutilations propres aux religions, ces exorcisations.

« Ce ne fut point par ingénuité que l’Église postconciliaire

(...) changea le texte de Notre Père, remplaçant

remettez-nous nos dettes” par

pardonnez-nous nos offenses” »... tant d’idées fixes.

Lois divines et humaines. Culpabilité et dette.

Le don de la vie. Nous en sommes les débiteurs.

Plus nous payons, plus grande devient notre dette.

Devrons-nous nous rendre ?









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LES CROYANTS



« La volonté de vérité nécessite une critique » ; « la valeur de la vérité doit être pour une fois, expérimentalement, remise en question »



Les idéalistes, les ascètes radicaux,

ces « impies » sont croyants eux aussi.

Ils prétendent expliciter leurs croyances...

« l’invraisemblance » de ce qu’ils croient vrai !

Ils se considèrent comme fortunés par rapport aux croyants.

Ils constituent une « vraisemblance », celle du leurre.

« Ces sceptiques (...), pâles athées,

antéchrists, immoralistes, nihilistes (...) », affirme

Nietzsche, « ils sont encore loin d’être

des esprits libres, car ils croient encore à la vérité... »

Lorsque rien n’est vrai, tout est-il permis ?

Lorsque le « non » est prohibé avec la même rigueur du « oui ».

On peut donc se méfier de toute espèce de croyants.

Et si Dieu n’est-il que « le mensonge le plus long » ?









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LE MONDE VRAI



« C’est seulement de la conception de “soi” que découle, comme son dérivé, le concept d’“être” » « Le bonheur équivaut à l’instinct »



Le monde vrai est celui que nous habitons.

Le soi-disant monde « apparent » de Kant : la « réalité »,

« mais triée, renforcée, corrigée », garantit

Nietzsche. Ce « vrai monde »-là inatteignable,

il est en outre inconnu. Inutile. Une idée futile.

Si l’on nie le vrai monde où l’on vit,

quelle sera la réalité qu’on habitera ?









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CURES ET SINÉCURES



« la négation de la volonté de vivre – c’est l’instinct de la décadence en soi qui se change en impératif : “Coule à pic !” –, elle est le jugement des condamnés »



Les immodestes manquent de modestie, pas de cruauté.

Il y aurait de la sincérité dans leur crédulité,

leur ingénuité, leur bonne volonté... Une « cure » pour eux !

Car ils prêchent, eux, toutes les cures ! Et les sinécures.

« Castration, extirpation, dation et absolution ».

Préjudices incomptables, avantages intégraux.

Le jugement d’un condamné :

« Non ! L’homme devrait être fait d’une autre manière ».

« Il sait (...) comment il devrait être,

ce pauvre petit bigot » (Nietzsche, Le Crépuscule des idoles).









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RIEN N’EST RESTÉ INTACT



« La croyance tenue pour impérative est un veto à la science – in praxi, un mensonge à tout prix »



L’Église a falsifié l’histoire de l’humanité

« comme étant la préhistoire du christianisme » :

le créationnisme. « Rien n’est resté intact ».

Former des troupeaux, « tyranniser les masses » ;

« la preuve de vie est encore celle du rédempteur ».

Résurrection. Sujétion au Jugement :

« l’immortalité » placée là d’où l’on ne revient pas,

là où l’on ne se rachète pas, et le feu éternel de la punition.

Une mort immatérielle et surnaturelle,

la vie condamnée à « là-bas » ;

« la vie a été privée de sa gravité ». Une âme immortelle ?

Antinaturelle. Spectrale. « Personne ne me sauvera du mal ».









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OFFRANDE EN VIE



« (...) il faut qu’un sens, premièrement (...), ait déjà été introduit »



Réalité et vie : in statu nascendi

l’essence même de l’être et sa compréhension.

Son mouvement naturel, qu’il fait de par soi-même – la psyché.



Le fondement. En tant que réalité et tant qu’il est réel.

Interpréter ! Assumer, responsable de soi

et indépendant, conséquemment.



« Les instances de génération, de genèse ;

somme toute, de Vie » (Gilvan Fogel).

Offrande, don, tension, considér/a(c)tion !









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SÉLECTION EN TANT QUE SALUT



« toutes les valeurs auxquelles l’humanité rattache maintenant sa désirabilité la plus haute sont celles de la décadence »



Pourquoi l’homme est-il si corrompu ?

demande Nietzsche, suggérant la réponse :

« lorsqu’il perd ses instincts (...), lorsqu’il

préfère ce qui lui est pernicieux ».

Pour lui, la vie vaut bien comme « un instinct de croissance,

d’allongement, d’accumulation de forces, de puissance.

Le déclin a lieu où il manque la volonté de puissance ».

Le nihilisme, « sous les noms les plus saints », on le domine.

Le christianisme dépressif et compatissant ;

la force dépérie, le sentiment communicatif et passif.

Aristote « considérait la compassion comme

un état maladif et dangereux ».

« Schopenhauer a raison : vu la compassion,

la vie est niée, elle devient plus digne d’être niée,

la compassion étant la praxis du nihilisme ».

La sélection serait donc le salut de l’individu.



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OFFRANDE EN VIE



« (...) il faut qu’un sens, premièrement (...), ait déjà été introduit »



Réalité et vie : in statu nascendi

l’essence même de l’être et sa compréhension.

Son mouvement naturel, qu’il fait de par soi-même – la psyché.



Le fondement. En tant que réalité et tant qu’il est réel.

Interpréter ! Assumer, responsable de soi

et indépendant, conséquemment.



« Les instances de génération, de genèse ;

somme toute, de Vie » (Gilvan Fogel).

Offrande, don, tension, considér/a(c)tion !









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DIEU ANTHROPOMORPHE



« La croyance au corps est mieux fondée que la croyance à l’esprit »



Dieu « est-il » un esprit à la ressemblance de nous autres ?

Est-il un homme, un garçon ou une femme ?

Est-il vrai ou ne fait-il que passer pour vrai ?

Laisser nos raisons de côté et « nous élever » par nos émotions :

« à l’aide des sentiments et non pas des raisons ».









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INTERTEXTUALISANT



« la volonté inconditionnée de ne rien simuler et de voir la raison en réalité, et non pas dans la “raison” comme telle ni, moins encore, dans la “morale”... »



Nietzsche, apparenté à Thucydide et à Machiavel.

(Existe-t-il une cure à l’idéalisme et au christianisme ?)

Il était disciple

du philosophe Dionysos : il aimait mieux être un satyre

que de passer pour un saint... Ecce Homo.

La satire Ménippée, les satires de Varron... Nietzsche se défiait

des Juifs, mais il critiquait plus encore le romantisme

exacerbé des Allemands. Ce fut par des Juifs que Platon apprit,

en Égypte, un préchristianisme... L’idéalisme. « Un pont qui

menait à la croix ».

« Celui qui, prêt à souffrir, / chercha pour vous des abris

et qui, souffrant à grands cris, / en vint pour vous à mourir ! (...)

Ah si, de tout ce tourment / qu’il avait soutenu,

Le moindre cri seulement / vous était parvenu... »

(Gregorio de Mattos)









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CONVICTIONS, NOS PRISONS



« C’est quelque chose qui ne voit pas suffisamment loin... »

« La conviction en tant que moyen. À l’inverse, la nécessité d’une croyance, d’un inconditionné du oui et du non (...), une nécessité d’être faible »



Disconvenance, dépendance et obéissance...

Incapable « de se proposer comme une fin (...), de proposer

des fins en partant de soi-même ». Privation de soi ;

mais cela nous envoûte dès la banqueroute.

Il y a beaucoup de leaders, de convaincus et de fanatiques.

Il y a des dogmatiques, des « invaincus », des martyrs.

« Foi aveugle, couteau tranchant » – dit Joao Cabral.

Porter des visières, c’est moi qui le dis.

Les sceptiques sont des esprits libres.

Zoroastre, avec emphase : « Le “croyant” ne s’appartient pas ».









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MENTIR CONSCIEMMENT



« Un enfant (...) ment avec toute son innocence » « (...) il dit toujours, de façon involontaire, ce qui correspond à son intérêt »



Mentir toujours, à dessein, et croire

à son propre mensonge. Reconnaître qu’on ment

toujours et qu’on est sincère en cela ! Et c’est pour cela

que nous sommes humains... Par pure convenance, notre survivance.

Croire à l’âme immortelle, à la divine providence,

à l’existence d’un dieu et ainsi de suite.

Et le dogmatisme qui s’ensuit « est proportionnel

à l’ignorance » – pressent Flavio R. Kothe.

Nietzsche résume, lui : « Le mensonge principal

est celui que nous racontons à nous-mêmes ».









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AGIR (CONSCIEMMENT ?)



« Pour quelles raisons agit-on dans le champ moral ? »

« Pour quelles raisons doit-on agir, c’est ce que nous demandons, nous »



Nous avons des raisons d’agir : nous sommes donc actifs.

Quels appellatifs, quels lénitifs ?

Les moralistes se différencient :

les uns observent comment les êtres humains agissent.

Les autres réagissent :

pour quelles raisons agissent-ils, proactifs ?

« Un paysage moral : agit-on

et en a-t-on besoin ? », ce fait-là n’explique rien.

Un présupposé commun : « Qu’on agisse pour quelque raison ».

Nietzsche doute qu’on agisse pour quelque raison :

on agit parce qu’on vit. Survivance.

Conscience ? Avenir. À venir.

« Nous avons tous une raison majeure d’agir ».









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COGITO



« La croyance au corps est mieux fondée que la croyance à l’esprit »

« Par la voie cartésienne, on n’arrive pas à une certitude absolue »



J’existe, donc je pense. Je n’en sais pas le pourquoi :

si je pense, c’est par voie de dénomination, de domination.

Un être qui constitue le « moi ».

Il n’existe pour nous que les choses auxquelles nous pensons...

Nous nous défions d’autre chose.

« Il existe » ce que je représente, c’est-à-dire

qu’il existe aussi cette chose représentée. Si elle est permanente,

je la crois véritable...

Réel comme véritable. Le réel est une existence

de valeur (véritable) ou sans trop de valeur.

Est-ce qu’à chaque action correspond un auteur ?

Je ne connais que l’effet... Où en est la cause ?









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CHOISIR ? LEITMOTIV



« Les morales sont aussi une mimique des affections » « Les morales, comme des pantomimes des affections (...) »



Qu’est-ce qu’un individu cherche parmi les actions morales ?

C’est Nietzsche qui le demande, c’est à toi de choisir :

« justifier l’auteur par-devant les autres » ;

« le calmer et le laisser satisfait » ;

« se clouer soi-même sur la croix » ;

« exercer sa vengeance sur les autres » ;

« se cacher » ;

« on se procure la gloire,

par-devant soi-même ou les autres » ;

« on veut obéir » (...) ;

« on veut dominer et humilier » ;

toutes les options précédentes.









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CE QUE JE VOIS DE JUSTICE



« Là où je vois de la bonté, j’y vois autant de faiblesse. Là où je vois de la justice et de la compassion, j’y vois autant de faiblesse » ZARATHOUSTRA



On s’est changé en animal domestique

et l’on anticipe sur la bonté en échange de la bonté.

On dit que c’est une vertu (échangée...).

Zarathoustra, ce sans-Dieu-là, en quête de son semblable.

Aimant son prochain et s’aimant lui-même.

Il espère qu’on lui fera confiance, fortuné

« comme les poètes, déchiffreurs d’énigmes

et rédempteurs du hasard : je leur ai appris à créer

l’avenir et tout ce qui s’en était allé, à se rédimer en créant ».

« Et c’est seulement pour créer que vous devez apprendre ».

Ainsi parla Zarathoustra.









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TU DOIS, IL TE FAUT



« mon torrent d’errances et de carences » « un “il faut” inconditionné, ce n’est que rarement que je puis m’en réclamer... c’est la vanité qui veut qu’un seul “il faut” soit le besoin de tout le monde ! »



On ne prenait pas les êtres humains totalement au sérieux.

Pourquoi ? Dans quel but ? Que la forme ne soit pas

uniquement uniforme.

Que « je veux » ne se transforme pas en « il me faut ».

Au lieu de la préservation de l’espèce,

la supplantation de l’espèce ! Un puits sans fond,

des astres qui gravitent tout autour de nous,

en prêtant leur voix à l’instinct. « Pensée et sentiment ».



TAGS DE NUAGE 6




















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JE ME SUIS DÉPASSÉ



« pour moi, j’ai inventé une flamme plus claire » « Je me suis dépassé » « Tu es encore pour moi un prisonnier qui pense à sa liberté »

ZARATHOUSTRA



Dans les terres que Zarathoustra, ce nomade-là, parcourut,

il trouva des œuvres (valeurs)

de ceux qui aiment, mais pourvues d’un sens.

Celui qu’on consent. « Chez qui s’est élevé,

l’âme devient gaie ». Et qui se veut délivrée.

« Les vents viennent de l’avenir

avec de mystérieux battements d’ailes ».

Nietzsche, le pessimiste, se rachète :

« c’est de vous, qui vous élirez vous-mêmes,

qu’un peuple élu descendra ».

Ainsi parla Zarathoustra.









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PAR-DELÀ LE BIEN ET LE MAL



« je ne saurais pas vivre si je n’étais pas un visionnaire de ce qui est encore à venir »

ZARATHOUSTRA



Répondre avec des questions. Et un poète, qu’est-ce qu’il devient ?

« Je marche entre les hommes, comme s’ils étaient des fragments

de l’avenir, de cet avenir-là que je vois ».

Énigme et hasard. Qu’est-ce qui nous enchaîne encore ?

« ... maintenant je suis dévoré par une soif,

par une aspiration qui ne cessera jamais ».

Aucune volonté éternelle. Et qu’on se délivre

de la servitude des fins : « Tout mon bon et tout mon mauvais

ont crié en moi ». Ainsi parla Zarathoustra.









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OMBRE ET CLARTÉ



« Ô Zarathoustra, tu es plus dévot que tu ne le crois, malgré une telle incroyance ! Ce fut quelque Dieu en toi-même qui te convertit à l’athéisme »



Dieu de soi-même. Moi, le Dieu :

« ta loyauté démesurée te conduira encore

au-delà du bien et du mal ».

Un sans-Dieu, un dieu de soi-même,

prophétisant, lui, la croyance « aux paroles et valeurs ».

« Où est-elle, cette mensongère innocence

que j’ai une fois possédée ? » Celui qu’il a déjà été,

il reconnaît, résigné : « J’ai pensé maintes fois

à mentir et, voyons donc, ce n’est qu’alors

que j’ai trouvé la vérité ».

Puis, il conclut :

« Hélas, celui qui sait où il se rend

est le seul à savoir quel vent est propice

et quel est le vent de son voyage ».

« Avez-vous dit une seule fois oui à quelque plaisir ?

Alors, mes amis, vous avez dit oui également

à toute la douleur ».

D’Ainsi parla Zarathoustra









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VOLONTÉ DE PUISSANCE



« Toute force impulsionnelle est la volonté de puissance » « L’essence intime de l’être » Pathos.



Transmission des valeurs : « transvalorisation ».

En plus de la volonté de vérité... Vérité ?

Ce désir-là, celui d’aller en delà, de se dépasser.

Conforme à la nature, à la société, impérieux et informe qu’il est.

Vital comme il l’est, mais déterminé,

pour ce qui est de la connaissance, et final !

Biologique, organique en fonction de la vie – à la fin, logique.

Non seulement exister... mais pourquoi exister ? Et augmenter.

Rien de passif ni de réactif : proactif, actif...

Il ne tend à se domestiquer soi-même ni n’est seulement individuel.

Non, il est duel ! Une force universelle !

Plus qu’elle n’est vitale. Par-delà le bien et le mal.

Ce n’est pas un principe ni une force physique. Point final...

Quanta de force. Dynamique. Devenir en plus d’exister.









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SENS



« Une chose en soi est quelque chose d’aussi absurde qu’un sens en soi » (...) « il faut toujours qu’un sens ait déjà été préalablement introduit »



Le sens, cela vient de ce que j’ai senti.

Passé, vécu, pressenti.

Le sens, c’est l’orientation ;

l’orientation indique l’orient,

l’orient, où le jour commence, c’est le commencement,

c’est un fondement défini à priori,

aporie sur laquelle je m’appuie.

Possibilité d’exister en existant,

en allant vers soi-même, en partant

de soi-même, d’avoir été en étant. Je comprends !

En voilà un non-sens que de vivre sans sens.









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INTER(PRÉT)A(C)TION



« On n’a pas le droit de demander “Qui interprète ?”, mais l’interprétation elle-même, en tant que forme de volonté de puissance, a sa propre existence (non pas comme un être, mais comme un processus, comme un devenir) en tant qu’affection »



Une propre façon d’être vivant

et de se mouvoir. Non pas au hasard.

Pro-mouvoir ! Existence, essence.

Interpréter : un verbe, une activité, une action.

Être ! La vie en tant qu’interprétation.

Être en action, en étant ; interpréter en interprétant.

L’interprète, l’interprétable, l’interprété.

Entendement et savoir, l’histoire de la vie.

En-tend(r)e-ment de l’être interprétant,

de la chose comme telle, dans un sens interposé.

Dans son propre sens originel.

Jamais imposé au texte sous aucun prétexte !







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LA MORALE



« la vie ne doit pas être niée, car la morale n’est pas au-dessus de la vie » « Il faut nous délivrer de la morale pour que nous puissions vivre moralement »



Il n’existe pas, pour Nietzsche,

de phénomènes moraux,

mais seulement une interprétation morale des phénomènes.

Il y en a encore moins : une espèce de ventriloquie...

une espèce d’alchimie relative à la chimie

qui parle pour nous, mais sans notre aval.

La morale amorale, ce n’est pas si mal...

« Les personnes morales ont leur vanité

dans leurs scrupules ».







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VESTALES MORALES



« évaluer la morale... en accord avec quoi ? » « aucune échelle de valeurs n’est restée debout » « Toute morale n’est en fait qu’un raffinement des règles de mesure (...) »



Des contradictions aux superstitions...

Cela servirait seulement à louer et à inculper...

L’obéissance et la loi sont imposées toutes deux, d’où la pénitence.

Va-t-on renoncer à la vie en raison de l’insatisfaction morale ?

Mais Kant a prêché les paramètres du Bien et du Mal.

« On ne doit pas chercher de morale

chez les auteurs d’écrits moraux »... (Nietzsche !)

Moralistes déprimés, « impuissants rancuniers »...

L’instinct devient un monument sur son piédestal :

ce furent les guerres religieuses qui engendrèrent des vestales.









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INSTINCT DE TROUPEAU



« Le pasteur est un instrument doré du troupeau » « (...) c’était moi qu’on méprisait, et le troupeau s’élevait au-dessus de tout » « Oublie-toi en faveur du troupeau ! Aime le pasteur et honore la morsure du chien »



« Je suis » mon chemin. Ou je meurs pour mon individualité !

Ou faut-il obéir ? Croire et suivre le troupeau,

ou « être au-dessus de l’humain » et « avoir un but ».

Un but personnel. Une « reconstruction créative ».

Et la souffrance « de qui cherche à connaître » ?

Me transformer ! Et, en guise de conclusion :

« Autrefois, j’étais caché au sein du troupeau ;

maintenant, le troupeau est encore caché en moi ».

Moi, pouah ! Dire : ça vaut pas la peine d’y fourrer mon nez...









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SE MARIER ?



« Vouloir aimer, cela révèle de la fatigue et de la saturation en soi » « (...) celui qui veut être aimé voudrait qu’on lui fasse cadeau de lui-même »



Que l’amour ne soit pas un « péché »

dans ses origines ni dans ses finalités.

La chasteté ? Oui à la sensualité !

Affection en tant que « repos », irrationalité.

Que « se marier » ne vienne pas avant

de « s’aimer », rappelle-nous Nietzsche.

Que cela ne soit pas une « sujétion »... une obéissance...

Qu’on ne se marie qu’au bout de sa furie...



TAGS DE NUAGE 7
























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SOUFFRANCE ET RÉMISSION



« L’ascète considère la vie comme un chemin erroné »



La vie doit être vécue. En vain ?

Souffrance en tant que rémission ? Mission ?

Valeurs de conservation, idéaux ;

obéissance inconditionnée, renonciation.

Chasteté vs sexualité.

Reproduction égotiste, à dessein...

Amortissement du sentiment

de vie, apprivoisement et sujétion...

Un bonheur amoindri, un être grégaire.

Finitude et indignité.

L’énorme agonie du martyr bienheureux :

soulager sa douleur en assumant sa faiblesse,

harassé comme il l’est de sa pénitence.









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AUTOSUPPRESSION (Selbstaufhebung)



« Tous les instincts qui ne se tournent pas en dehors s’en retournent en dedans – (...) l’intériorisation de l’homme »



Nietzsche : auteur et personnage

– l’homme est un animal malade –

acquiesce : un animal en transformation.

Une action continue, expérimentale ; une émulation.

L’homme veut dominer l’homme,

la nature et même les dieux !

La foi qui prétend démolir...

la foi. L’autoconnaissance ? Qu’est-ce que c’est ?

Paradoxe : chercher l’autoconservation.

Sujet au hasard, à l’instinct,

« le plus malade, le plus indécis, le plus changeable,

le plus flexible des animaux » !

Une humanisation stressante, ressentie ;

la conscience de sa culpabilité.

Sa souffrance. Son expiation.

Sa transformation en « pécheur ». Sa douleur.

Un troupeau apprivoisé, pénitent.

Un enfer sur terre : en dedans...









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ANIMA / A(C)TION



« Le style doit prouver que le sujet croit à ses pensées, en les pensant et qui plus est, en les ressentant »



Des signes conventionnels nous unissent et nous séparent.

Opérationnels. Connaître pour s’organiser, s’ordonner,

pour se donner une direction/un sens. Des nécessités vitales, instru

mentales. Le corps a besoin de se traduire, de se communiquer,

de se comprendre. Et l’inconscient ? Il est immanent.

Des forces organiques divergentes. Qui garantit

« que tous pensent avec les mêmes mots » ?

Différentes interprétations : pas de vérités universelles.

Des suppositions, des superstitions.

Des formulations conscientes.

Divergentes.









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LE CORPS PENSE



« Tout ce qu’on appelle conscience est un commentaire à peu près fantastique sur un texte inconnu, voire inconnaissable »



Le corps pense tout entier, le corps s’approprie le monde.

Le corps se transforme en langage intelligible.

Moyennant des codes, des symboles, des signes.

Des impulsions, des instincts, des interprétations.

Le corps en tant que texte appréhendable et déchiffrable.

Placé au-delà de la conscience, sujet à l’instinct.

Impulsions vs fonctions conscientes.

Au-delà de nos connaissances.

Les mots ne suffisent pas. Mais

« un même nombre d’expériences

récurrentes (...) sur la base de cette

prompte compréhension, les personnes s’unissent (...) ».









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PENSER AVEC DES PAROLES



« Nous exprimons toujours nos pensées avec des paroles qui sont à la portée de nos mains »



On pense avec des paroles que l’on connaît.

Dans les langues qu’on maîtrise,

extension de l’apprentissage et de la mémoire.

Familiarité avec les paroles, capacité

d’expression ; possibilités... Diversité

et styles ; singularité. Fablier.

Les paroles repoussent les limites de la communication.

(Nous élargissons, nous aussi, le sens des paroles

ou bien nous les réinventons, ou nous en crions de toutes neuves...).

Que nous sauvent les métaphores ! Interprétations,

sensations, états extrêmes de nos corps.

La pensée sans le centre physique

d’appui. Aporie. La pensée sans fondement,

des signes qui apparaissent organiquement :

un intellect sans la base physique définie.

Un mystère insondable. Et les images ?

Des mirages, des gestes, des onomatopées.

Pré-jugés dans leur perspective.

Quand on est en train d’oublier ou qu’on n’a plus de paroles...









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SIGNE, SIGNIFICATIF, SIGNIFICATION



« Le monde (...) est interprétable de plusieurs façons : il n’y a aucun sens caché là-dedans, mais d’innombrables sens »



Relation institutive de l’interprète.

L’interprétable donne lieu à des interprétations.

I n f i n i e s.

Il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations !

Impulsions.

Nos impulsions nous guident aux interprétations.

Puis aux actions.

De l’inconscient au conscient.


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