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Excerpt for Scandale dans une petite ville : un roman d’enquête LGBT by , available in its entirety at Smashwords


Scandale dans une petite ville

© 2017 J.J. Brass

 

Tous les droits sont réservés.

 

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, lieux, personnages et incidents sont soit le produit de l'imagination de l'auteur, soit sont utilisés de façon fictive, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou morts, des organisations, des événements ou des lieux est une coïncidence.

 

Avertissement: la reproduction ou la distribution non autorisée de cette œuvre protégée est illégale.

 

Conception de la couverture © 2017

Première édition 2017

 

 

Scandale dans une petite ville

 

Un roman d’enquête LGBT

 

de

J.J. Brass


Chapitre un

 

Ne me demandez pas pourquoi j’y passe trois heures par semaine à prendre soin d’Agathe Vanderjadt. Bien sûr, elle était ma maîtresse à l'école, mais je ne l'aimais pas à cette époque-là et, pour être honnête, je ne l'aime pas particulièrement maintenant. Oui, je sais que c'est terrible à dire à propos d'une vieille femme faible. En fait, ce n'est pas le genre de chose que je ne dise à personne. Mais c’est le genre de chose que je pense à moi … à l'occasion fréquente.

Agathe ne ferme jamais sa porte à clé, alors je me laisse entrer tous les lundis, mercredis et vendredis après mon quart de travail au chenil.

Habituellement, quand elle entend la porte ouvrir, elle crie: «J’espère que tu ne promènes pas sur mon tapis dans tes bottes boueuses!» Alors je lance mes bottes dans l’escalier et j’entre dans son salon à deux niveaux pour la trouver assise dans son fauteuil, hurlant contre les accusés de Judge Judy.

La première chose que je demande, c'est si elle a mangé ce jour-là.

Elle me dit que j’ai le parfum des chiens.

Donc, je lui prépare un repas et je le mets sur le plateau de table pour qu’elle puisse manger devant la télé.

Si je fais du thon au pain grillé, elle dit qu'elle voulait un sandwich au fromage fondu.

Si je fais un sandwich au fromage fondu, elle voulait des spaghettis.

Il suffit de dire que c'est une tâche ingrate.

Quoi qu'il en soit, c'est ce qui se passe habituellement quand j’arrive chez Agathe.

Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé le vendredi dernier ...

J'ai ouvert la porte et il n'y avait aucune mention des bottes boueuses. Aucune récrimination de Judge Judy ne sortait du salon. « Oh mon Dieu, » j’ai pensé, « elle est tombée! Elle a eu une crise cardiaque! Elle a finalement succombé à la vieillesse! »

C'est pourquoi j'ai monté les escaliers sans enlever mes bottes.

Agathe n'était pas morte, mais je ne l'avais jamais vu si fantomatique. Sa peau avait l'air gris alors qu'elle regardait le courrier, qui était réparti à travers la table de salle à manger.

Elle m’a jeté un coup d'œil quand je me suis approché, ce qui était étrange. Habituellement, elle me disait de rester hors de la salle à manger. Elle était convaincue que j’allais renverser le cabinet. J'étais un éléphant dans son magasin de porcelaine.

Agathe?, j’ai demandé. Vous allez bien?

Elle m’a regardé comme si elle n'avait même pas réalisé que j'étais là. Ses yeux semblaient plus enfoncés que d’habitude. Agathe semblait étrangement impuissante alors qu'elle pressait ses mains arthritiques sur une pile de photocopies repliées.

Après un moment, elle a dit:

Christophe, vous êtes un queer, n'est-ce pas?

Tout autre jour, j'aurais pris cette question comme insulte, mais il y avait quelque chose de différent ce jour-là. J’ai tout simplement dit :

Queer, c’est une façon de le dire.

Bien, a-t-elle déclaré. Alors, vous pouvez m'aider avec cela. Je ne demanderais à personne que vous.

Cela ressemble presque à un compliment.

Elle a ignoré mon commentaire, et m'a regardé tout droit.

Je peux vous aider avec quoi, Agathe?

Avec un profond soupir, Agathe a retiré ses mains des papiers qu'elle couvrait.

Quelqu'un l'a envoyé par la poste, elle m’a dit. Je ne sais pas qui. Il n'a pas signé la note.

Agathe a posé ses mains sur ses genoux et les regardaient fixement, semblant qu’elle se sentait de la même façon dont je me sentais toujours quand elle m'avait grondé à l'école.

J'ai ramassé la pile de photocopies pliées et les ai aplaties contre la table. Au début, je ne pouvais pas comprendre ce que je voyais. Je me suis assis soigneusement sur l'une des chaises délicates d'Agathe. Je me suis approché du document, mais je ne pouvais toujours pas comprendre ce que je regardais.

Agathe doit avoir senti ma confusion parce qu'elle a atteint à travers la table pour faire retourner les photocopies.

Je les regardais à l'envers.

Sang sacré, j’ai dit en jetant un coup d'œil de l'image à la femme à travers la table. C’est ce que je pense?

Agathe a acquiescé gravement, montrant un sentiment de honte je n'avais jamais vue depuis toutes les années que nous nous connaissions.

Vous êtes laquelle, entre ces deux jeunes femmes?, j’ai demandé.

Elle a souligné celle aux cheveux noirs, qui était difficile à concilier avec la femme aux cheveux blancs devant moi.

Tout ce que je pouvais dire était:

Incroyable.

J'ai regardé la prochaine image, et la suivante et la suivante. Elles n'étaient pas vraiment choquantes, pas selon les normes d'aujourd'hui, mais c'était vraiment bizarre de voir mon ancienne prof dans une position aussi compromettante. Dans une variété de positions compromettantes, je devrais dire.

Plus étrange encore d'imaginer Agathe Vanderjagt en tant que jeune. Les caméras doivent avoir été récemment inventées lorsque ces photos ont été prises ! Je me demandais combien de temps Agathe et son amante devaient tenir chaque pose !

Il y avait des rumeurs à l'école, j’ai dit. Peut-être c'est pourquoi j'avais toujours un sentiment d'allégeance avec vous. Même quand vous étiez méchante avec moi, je savais que nous étions du même.

Agathe a soulevé un sourcil douteux. « Qu'est-ce que tu racontes? Nous ne sommes rien semblables. »

Bon Dieu, Agathe !

La vieille a poursuivi en disant:

Toute ma vie, j'ai porté des jupes et des robes comme une bonne femme.

Ouais, eh bien, je n'ai jamais été une très bonne fille, même quand j'ai essayé de l’être.

Je ne pouvais pas m'empêcher. J'ai dit aussi:

Bien, Agathe, je remarque que vous ne portez pas de jupe ni de robe dans ces photos. Vous ne portez rien du tout!

Ses lèvres étaient pincées de colère, mais ses épaules ont tombés tout aussi vite.

Ne me jugez pas trop sévèrement, Christophe. Vous êtes témoin d'une indiscrétion. J'étais très jeune quand ces photos ont été prises.

Oui je peux voir cela.

Elle aurait à peine eu vingt ans, selon mon estimation. Même chose pour la femme blonde qui apparait également dans les photos.

D'où sont venues ces images?, j'ai demandé.

Cela, je ne peux pas vous dire.

Elle m'a remis l'enveloppe dans laquelle les images sont arrivées, mais il n'y avait pas d'adresse de retour: seul le nom et l'adresse d'Agathe étaient imprimées directement sur le devant.

Agathe m'a également remis autre chose: une lettre de chantage non signée. La lettre demandait un montant d'argent non négligeable en échange des photos originales et de la discrétion de l'écrivain.

Tu ne vas pas remettre l’argent, j’ai dit à Agathe.

Je dois le faire, a-t-elle déclaré en retour. Vous avez lu la note. Si je ne paye pas, cette personne dira à toute la ville que je suis ... » Elle a regardé tout autour, comme s'il y avait quelqu'un d'autre dans la maison qui pourrait nous entendre. « Ils vont dire à tout le monde que je suis une gouine. »

Quoi, alors?, j’ai demandé en haussant les épaules. Comme vous l’avez dit : moi, je suis queer et tout le monde dans la ville le sait.

Oui, mais vous êtes jeune. C'est différent. Et vous n'avez pas passé quarante années de votre vie en tant que maîtresse d'école.

Qu'est-ce que cela a à voir avec quoi que ce soit?

Il a tout à voir avec quoi que ce soit! Les profs d'école sont tenus à une norme plus élevée que les personnes qui travaillent avec des chiens.

Elle avait raison à ce sujet.

Mais vous êtes à la retraite, j’ai dit. Qu’est-ce qu’ils peuvent faire, vous mettre à la porte rétroactivement?

Non, mais révoquer ma pension, peut-être.

J’en doute.

Vous êtes jeune, a-t-elle dit. Vous ne savez pas comment pensent les personnes plus âgées.

Qui se soucie de ce que pensent les autres?

Je m’en soucie!, elle a dit en sifflant les mots comme un chat en colère. Les enfants ont des esprits malléables. Si le monde entier connaissait mon passé sordide, ils penseraient que j'ai forcé mes étudiants dans une certaine direction.

Agathe, j’ai dit en essayant de ne pas rire. Les enfants ne peuvent pas être endoctrinés dans la nature.

Mais regardez à vous, a-t-elle dit d'un ton de mendicité. Vous êtes maintenant un transgenre, et voilà, vous venez chez moi pour me préparer le diner, pour m'aider. Les gens vont penser ...

Que nous sommes amants?, j'ai demandé.

Les yeux d'Agathe se sont élargis. « Quoi? Non! Pouah ! Non, jamais !

Pardon!, j’ai dit, en train de ne pas trop rire. Les gens vont penser quoi, alors?

La vieille femme a laissé tomber sa tête entre ses mains. «Ils vont penser que je vous ai transformé. Je vous ai converti. Après tout, j'étais votre prof pendant trois ans.

Personne ne penserait jamais cela, Agathe. Je suis trans parce que je suis trans. C’est pas à cause de vous ou de n’importe qui.

Le conseil scolaire n'est pas aussi ouvert d’esprit que cela. Ils ne peuvent pas se renseigner sur ma vie privée.

L'intensité d'Agathe m'a fait sentir de l’empathie pour elle, même si je pensais qu'elle réagissait d’une façon excessive.

Je pouvais voir que ses mains tremblées et j'ai demandé :

N’avez-vous rien mangé aujourd'hui?

Elle ne m’a pas répondu.

Je vais préparer quelques sandwiches au fromage fondu et on va parler de tout ça.

J'aimerais plutôt un sandwich de la tomate et du fromage.

Je me suis levé et j'ai vérifié son réfrigérateur. « Vous n’avez pas de tomate. »

Elle a soupiré. « Très bien alors. Le fromage fondu suffira. »

Au lieu d'apporter nos sandwichs à la salle à manger, je les ai mis sur la table dans la cuisine. Elle avait regardé ces photocopies pendant tout le temps que je faisais cuire notre repas, et je voulais l'écarter de ses soucis pendant une minute ou deux.

Plus facile à dire qu'à faire.

Agathe regardait par la fenêtre en mangeant son sandwich. De toute évidence, le chantage pesait sur son esprit, mais je savais qu'elle fonctionnerait mieux après avoir eu quelque chose à manger.

Ce n'est pas la fin du monde, j’ai dit. Même si la ville entière et l'ensemble du conseil scolaire découvrent que vous êtes lesbienne, la vie continuera. Regardez-moi. Je suis un homme trans et j'ai beaucoup d'amis, j’ai un travail que j'aime ...

Vos parents vous ont repoussé?

Aie. Coup bas.

Pas tout à fait, j'ai dit, assis un peu plus droit. Ils m’ont dit qu'ils ne me reconnaîtraient jamais comme leur fils. Ce n'est pas comme si mes parents ont cessé de m'inviter pour Noël. Seulement ... ils écrivent Christine au lieu de Christophe sur mes cadeaux. Et ils m’envoient encore des cartes d'anniversaire adressés à notre chère fille.

Agathe m’a regardé à plat. « Si vous vivez votre vie comme un homme, mais vos parents n’empêchent pas vous appeler leur chère fille, n’est-ce pas la même chose que de vous repousser?

Non, j’ai dit par impulsion, parce que je ne voulais pas réfléchir à la question. De toute façon, nous avons de plus grands problèmes. Vous avez ce chantage à faire face.

Ne me rappelle pas, a-t-elle gémi.

Elle a pris une bouchée de son sandwich, alors j'ai compté cela comme une victoire.

J'avais presque fini le mien.

Qui aurait pu faire cela, Agathe?

Je ne sais pas. Je m'en fous. Je vais simplement payer l'argent comme il l'indique dans la lettre.

Vous allez laisser tout ce fric dans le moulin abandonné?

Cela va épuiser mes ressources financières, mais quel choix ai-je?

Vous avez le choix de dire non !

Agathe m'a donné un regard dur, comme si elle ne recommencerait pas cette discussion.

D'accord, d'accord, j’ai dit. Donc, vous remettrez tous vos épargnes. Alors, quoi?

Vous avez lu la note, elle m’a dit. Je laisse mon argent dans le moulin abandonné et cet homme, quiconque il soit, il m'envoie les photographies originales et ferme la bouche.

— Et s'il ne le fait pas?

Les yeux d'Agathe se sont élargis, comme si la pensée ne lui était pas venue. « Que voulez-vous dire? »

Pour une vieillarde, Agathe pourrait certainement être naïve. Alors, j'ai dit:

S'il ne vous remet pas les photos? S'il envoie une autre note de chantage, s’il demande plus d'argent?

Eh bien, je n'aurais plus d'argent, a déclaré Agathe comme c'était un problème résolu.

Je me suis frotté le visage, oubliant que mes doigts étaient lisses avec de la graisse de fromage fondu. Je me suis levé pour prendre une serviette en papier et Agathe a déclaré:

N'utilisez qu'une demi-feuille. Ces choses ne poussent pas sur les arbres.

Eh bien, en fait, c’est précisément ou ils poussent.

Mais l'argent ne pousse pas sur les arbres, et vous n'êtes pas celui qui paie pour mes articles en papier.

J’ai cherché dans ma poche pour de la petite monnaie, et je l'ai claqué sur sa table de cuisine. « Cela devrait le couvrir. »

Elle m’a harcelé un peu, mais a finalement adouci.

Vous pensez vraiment que celui qui m’a envoyé cette lettre de chantage me tromperait comme ça?

Absolument, j'ai dit. Agathe, qui vous ferait cela? Allons-y, dites-moi simplement à qui vous soupçonnez.

Je vous ai déjà dit que je ne sais pas. Je n'étais pas la plus gentille des enseignants, ce que vous pouvez certainement attester. Et j'ai enseigné des centaines d'étudiants au cours des années, alors prenez votre choix.

Ouais, mais qui va porter une rancune contre un prof tout au long de l'âge adulte? Non, il doit s'agir de quelqu'un de votre vie personnelle.

J'ai fait mon chemin de retour dans la salle à manger et j'ai pris les photocopies scandaleuses de la table.

Vous devez admettre que ce sont de belles images, j’ai dit. Vous aviez un corps très sexy à l’époque.

Agathe m'a frappé.

C'est une conversation pervertie, elle m’a dit

Hé, je ne suis pas le protagoniste de mon propre série de pornographie lesbienne.

La vieille mastiquait médiatement sur son sandwich.

Eh bien, qui est-elle, pour commencer?, j’ai demandé en tenant une des photocopies et en montrant la blonde en face de mon ancienne maîtresse d'école.

Ne vous inquiétez pas qui c’est.

J'ai essayé de ne pas rouler les yeux, mais je ne pouvais pas m’empêcher.

Agathe, j’ai dit. Je ne peux pas vous aider si vous ne répondez pas à mes questions. Était-elle votre petite amie?

Non!, Agathe s’est écriée. Nous n'avons jamais ... nous n'aurions jamais utilisé ce terme.

Mais elle était votre amante.

Quand Agathe a déclaré «Évidemment » elle semblait presque adolescente.

Votre relation était-elle purement physique ... ?

Agathe ne m'a pas répondu tout de suite, mais quand elle l'a fait, elle a dit:

Nous avons partagé un amour comme rien que je n’ai connu. Si jamais je me suis sentie de cette façon à propos d'un homme, je l'aurais marié en un clin d'œil.

Laissez-moi deviner: elle s'est mariée avec un homme et ils ont vécu heureux pour l’éternité.

Avec un rire naissant, Agathe a dit:

Marthe était déjà mariée quand je l'ai rencontrée. Qui, pensez-vous, a pris les photos?

Je n'avais pas vraiment pensé à ça.

Vous dites que le mari de cette femme était le photographe ?

Agathe n'a pas répondu, mais je savais que j'avais ma réponse.

Etes-vous encore en contact avec cette femme Marthe ?

Agathe a secoué la tête.

Marthe et Josef se sont éloignés peu de temps après la naissance de leur deuxième enfant. Josef a reçu une offre d'emploi qu'il ne pouvait pas refuser, et c'était essentiellement la fin.

Alors commençons par les suspects évidents, j’ai dit. Marthe et … vous avez dit que son mari s'appelle Josef?

— C’est ça.

Pensez-vous que la note de chantage vient d’eux? Après tout ce temps? Je suppose que ces photos étaient toujours en leur possession.

Agathe a secoué la tête résolument.

Ca ne pourrait pas être eux, elle m’a dit

On ne sait jamais. S'ils sont aussi vieux que vous, peut-être qu'ils doivent aller en maison de retraite. Ces endroits sont bien chers.

Non, vous comprenez guère, a déclaré Agathe. Ca ne pouvait pas être Marthe et Josef puisque Marthe et Josef sont tous les deux morts !

Ah, j’ai dit. Je vois.

Marthe est morte il y a plus d'une décennie. Josef, quelques années après sa femme.

Agathe, je suis désolé.

Elle a répondu avec dédain. « Les gens vieillissent et meurent. Voilà comment ça se passe. »

Tant pour les suspects évidents.

Vous avez dit que Marthe et Josef avaient d’enfants, j’ai poussé. Est-ce qu’ils auraient hérité toutes les affaires de leurs parents?

Agathe a haussé les épaules.

Je suppose que oui, elle m’a répondu. Comme je l'ai dit, je n'ai pas été en contact avec eux.

Savez-vous au moins où Marthe et Josef ont déménagé quand ils sont quittés Pierre-sous-Pied?

— Bien sûr.

Vous vous souvenez du nom de leurs enfants?

Elle m’a regardé à plat.

Toute la famille a déménagé d’ici il y a presque soixante ans, elle m’a dit.

J'ai déplacé son sandwich à moitié mangé hors de la voie et j'ai tourné une des photocopies devant elle. Il y avait des stylos partout et j'ai mis l’un dans sa main.

Ne pensez pas, j’ai dit. Écrivez tout simplement : Marthe, Josef, le nom de leurs enfants, où ils sont déménagés ...

Agathe semblait douteuse au début, mais cela a bien fonctionné. Une fois qu'elle s'était libérée, les informations sont venues facilement. Nous avons eu une ville et les noms des enfants.

Parfait, j’ai dit.

J’ai saisi l'un de ses cinq millions de téléphones. Elle avait au moins deux dans chaque pièce. Non pas que quiconque ne l'appelait jamais.

Ce n’est pas un appel interurbain, j'espère.

Pensez-y de cette façon, j’ai dit. Il est moins cher de dépenser quelques dollars sur un appel interurbain que de céder votre compte d’épargne à un chanteur.

Elle a répondu, bien sûr, mais à ce moment-là, j'avais déjà appelé la téléphoniste. J'ai regardé les noms qu’Agathe avait écrits et j’ai demandé pour le plus âgé d'abord:

Salut. Je cherche le numéro d'Eva Opavova dans la ville de Terrebonne.

La téléphoniste a simplement dit:

Un moment, s'il vous plaît.

Pendant que j'attendais, j'ai dit à Agathe:

Opavova, ce n'est pas un nom que vous entendez tous les jours.

— Josef était tchécoslovaque.

Cela devrait rendre les enfants plus faciles à retrouver.

La téléphoniste est revenue :

Désolée, mais je ne trouve aucune Eva Opavova. J'ai un numéro pour Milo Opavova.

Milo était là sur ma liste, le fils de Marthe et Josef.

Parfait, j’ai dit. Ça marchera.

La téléphoniste a proposé de me connecter, mais j'ai plutôt demandé le numéro. De cette façon, si je ne réussissais pas la première fois, je pourrais rappeler.

Agathe a grogné comme si cet appel coûterait des milliers de dollars, comme chaque minute de temps téléphonique était la torture.

Une femme a répondu et j'ai demandé :

Est-ce la résidence de Milo Opavova?

Nous ne sommes pas intéressés, a déclaré la femme avant de m’accrocher.

Ma réaction étourdie semblait amuser Agathe, qui souriait d'oreille à oreille.

J'ai essayé à nouveau.

Ne raccrochez pas cette fois! Je vous assure que je ne suis pas un télévendeur!

Il y avait un silence de l'autre côté, puis un peu gêné, elle m’a dit :

Désolée.

Je m’appelle Christophe. Je suis ici avec Agathe Vanderjadt. Elle était une chère amie des parents de Milo.

Les parents de Milo sont morts depuis des années, a répondu la femme.

Elle semblait ne pas être sûre si elle voulait me faire confiance.

Je sais, je l’ai dit. Et je suis désolé pour votre perte. Mais voici : nous essayons de trouver des photos qui pourraient être en la possession de Milo Opavova.

Pourquoi?

Bonne question. Je ne savais pas vraiment comment y répondre. Je ne pouvais pas très bien dire : «Nous soupçonnons que votre mari envoi souvent des notes de chantage aux vieilles femmes. »

Quand je n'ai pas répondu, la femme m’a demandé:

Est-ce qu'ils valent de l'argent, ces photos?

Je ne savais pas non plus comment répondre à cette question, alors j'ai dit:

Je me sentirais plus à l'aise discuter cette affaire avec votre mari, si cela vous convient.

Mon mari?, la femme a demandé. Qu'est-ce que mon mari a à faire avec ça?

Maintenant, j'étais vraiment confus.

Vous n'êtes pas la femme de Milo Opavova?

Non, a-t-elle dit. Je suis sa fille.

Je ne m'attendais pas à ce que l'homme ait des enfants adultes.

Eh bien, j’ai dit. J'aimerais toujours parler avec Milo.

Il y avait un étrange silence sur la ligne, puis un bruit étouffé. Ce n'est que lorsque la femme a parlé à nouveau que j'ai compris qu'elle pleurait.

Je crains que mon père ne puisse pas vous parler en ce moment.

Sa voix était stoïque et pourtant remplie d'une crise d'émotion.

Mon père ne peut plus parler à personne. Il a eu un AVC et ...

La fille de Milo a éclaté en sanglots qui, franchement, ont déchiré mon cœur. Je souhaitais pouvoir passer par les lignes téléphoniques et la tenir. Je ne suis pas sûr de ce que son mari dirait à ce sujet. J'avais appris de la manière la plus difficile que la plupart des maris n’apprécient pas des hommes bien intentionnés qui réconfortent leurs femmes.

Je suis vraiment désolé, j’ai dit. Je ne voulais pas agiter les choses.

Je vis pratiquement ici, ces jours-ci, la femme a murmuré dans le téléphone. Ma mère ne peut pas prendre soin de mon père toute seule. Il y a une infirmière qui vient trois heures par semaine, mais ce n’est pas assez.

— Je suis vraiment désolé.

Je n'ai jamais pensé à mon père comme vieil homme jusqu'à maintenant. Je veux dire, il n'est même pas vieux. Cinquante-sept ans! Ce n'est pas vieux. Il était toujours si fort, et maintenant il est faible comme un chaton.

Cette femme pourrait utiliser une bonne séance de thérapie. Tout autre jour, j'aurais écouté tant qu'elle voulait parler, étrangère ou non. Mais Agathe était assise à travers la table en regardant l'horloge, puis m’en braquer ses regards.

Je suis désolé d'interrompre, j’ai dit. Mais j'ai vraiment besoin de découvrir ce qui est arrivé à ces images. Y a-t-il quelqu'un d'autre dans la famille qui pourrait peut-être savoir?

En sanglots, la femme m’a dit :

Ma Tía Eva, probablement. Elle était là il y a quelques semaines, mais maintenant elle est de retour chez elle.

— Eva Opavova?

Eva Barbosa maintenant. Elle a pris le nom de son mari. J’en ai pas. Mais c'était un moment différent, je suppose.

La fille de Milo m'a donné le numéro de téléphone de sa tante et je lui ai souhaité le plus grand bien, puis j'ai raccroché et j'ai raconté à Agathe ce que j'avais appris.

Petit Milo a eu un accident vasculaire cérébral?, Agathe a dit en secouant la tête.

Il n'est plus si petit. Cinquante-sept ans, sa fille m’a dit.

Sa fille ... la petite-fille de Marthe. Bonté ! Je me souviens quand ce bébé est né, et maintenant il a ses propres enfants.

Les enfants adultes, j’ai ajouté. Mariés, peut-être avec des enfants eux-mêmes. Je n'ai pas demandé.

Maintenant vous essayez de me faire sentir vieille, a déclaré Agathe.

En tout cas, j'ai un numéro pour la fille, Eva. Je l'appellerai maintenant.

Très bien, a déclaré Agathe doucement. Mais faites attention au sablier cette fois.

J'ai regardé l'horloge et réagi en deux temps quand j'ai réalisé qu’il était presque 20h. Agathe était habituellement au lit à cette heure, et après avoir travaillé un double quart au chenil, j'étais prêt à coucher.

À la réflexion, peut-être que nous devrions continuer tout cela au matin.

Non!, a crié Agathe. Fais le maintenant!

Comment pourrais-je disputer? J'ai composé le numéro et Eva elle-même a répondu. N'aurait pas pu être plus facile.

Je me suis présenté de la même façon qu’avec la fille de Milo, et elle m’a demandé avec enthousiasme :

Mlle Vanderjadt est là avec vous? Pouvez-vous la mettre sur le haut-parleur?

J'ai cherché le bouton.

Est-ce que ça marche?, j’ai demandé.

— Vous pouvez m'entendre?, a demandé Eva.

Agathe a répondu:

Je peux vous entendre très bien, alors quittez de pleurnicher.

J'ai regardé Agathe. Il est préférable de ne pas énerver une étrangère avant de demander son aide.

Mais Eva semblait à l'abri de la méchanceté d'Agathe. Elle a dit:

Je me souviens de vous, mam’selle, de quand j'étais petite fille. Vous êtes l'un de mes premiers souvenirs!

Agathe semblait peur d'entendre ça.

Quel genre de mémoire parlons-nous?, Agathe a demandé.

— Vous m'avez pris pour un tour de poney.

— Est-ce vrai?

Oui, a déclaré Eva avec un joli coup de rire. Il y avait une sorte de cirque ... un carnaval ... quelque chose comme ça. Un spectacle de tournée. Tata et maminka m’ont dit qu'il y avait plus que des poneys, mais tout ce que je me souviens c'est que vous étiez inquiète de la petite robe à volants que mes parents m'ont mise.

Sans blague ?

Vous ne vous souvenez pas? Vous étiez tellement inquiète que je tomberais dans la boue. Je m'en fichais, bien sûr. J'étais ravi de monter sur un poney.

Agathe a haussé les épaules.

J'ai même une photo, a ajouté Eva. Moi sur un poney. C'est l'une de mes photos préférées.

Drôle que vous mentionnez des photos, j'ai dit. Parce que c'est ce dont nous voulons parler.

Oh, j'ai toute une montagne de photos! Permettez-moi de les saisir.

Eva semblait quitter la pièce, alors j'ai profité de l'occasion pour dire à Agathe:

Avez-vous entendu le ton de sa voix?

Quel ton?, Agathe a demandé.

On ne parle pas comme ça, toute heureuse et insouciante, lorsqu’on parle des photos pornographiques mettant en vedette sa mère et son amante lesbienne.

Parlez moins fort, Agathe m’a dit à travers la table.

Just pour satisfaire ma curiosité, j’ai demandé :

Que veut dire « tata » et « maminka » ?

C’est le tchèque pour « papa » et « maman » je crois.

Sur le haut-parleur, je pouvais entendre Eva qui revenait dans la pièce.

J'aimerais vous montrer personnellement ces photos, mam’selle Vanderjadt, a dit Eva. Vous habitez toujours à Pierre-sous-Pied?

Oui, a répondit Agathe. Et vous êtes en Terrebonne?

Non, non, a déclaré Eva. Je vis maintenant à l'Ouest. Mon frère vit toujours à Terrebonne, dans la maison de mes parents, en fait. Il s’est installé avec tata après la mort de maminka. Il donnait l'impression de le faire pour aider tata, mais je suis sûr qu’il l’a fait pour que tata lui laisse la maison et la grande majorité de la succession.

J’ai hoché la tête, non pas que la femme puisse me voir par téléphone.

Quoi qu'il en soit, la seule chose que tata a spécifié à moi, c'était sa photographie. Moi, je suis photographe par métier. Tata était amateur, mais c'est lui qui m'a inculqué l'amour de la photographie. Bien sûr, quand je suis arrivée à l'école d’art, j'ai découvert que tout ce qu'il m'avait enseigné était faux, mais les habitudes peuvent être désapprissent. Ce qui importe, c'est la joie qu'il a planté dans mon cœur ...

Il m'a fallu quelques tentatives avant de pouvoir interrompre avec succès.

Alors Eva, j’ai dit. Parlez-moi des photographies de votre père.


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