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Montée -Leçon 4 Dieu Manifeste sa Puissance

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture: L'interprétation yahviste de l"Éxode © Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Contenu

1 Histoire

2 Les Récits de l'Exode

3 Sur la Constitution dogmatique du Concile Vatican II "La Révélation divine"

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A Propos de l'auteur

Psaume 114

Chant joyeux qui combine poétiquement la sortie d'Égypte et la traversée du Jourdain - le commencement et la fin de l'Exode. Chant qui se chante à la Pâque.

Vous aimerez peut-être aussi lire le Psaume 136, le "Grand Haller du repas pascal. Il loue et remercie le Seigneur pour l'amour qu'il a manifesté dans l'histoire du peuple de Dieu, depuis la création, en passant par l'Exode, jusqu'à l'occupation de la Terre promise.

Objectif de Discuter l'aspect historique et les récits de l'événement de l'Exode.

Introduction

L'Exode est l'événement central du peuple de Dieu avant la venue du Christ. Il tient la même place dans la foi du peuple de l'Ancienne Alliance que la Mort et la Résurrection de Jésus dans notre foi. Les deux événements sont caractérisés par un passage de l'impuissance à la liberté, de la mort à la vie. La 3e leçon décrivait l'état d'esclavage en Égypte et la préparation de Moïse comme chef que Dieu emploiera pour délivrer les enfants d'Israël. Dans cette leçon, nous traiterons en particulier de l'Exode lui-même.

1 Histoire

Objectif Expliquer le caractère et la signification historiques de l'événement de l'Exode.

Après le renversement des Hyksos, l'Égypte connut une grande période de puissance et de prestige. La 18e dynastie d'Égypte (v.1550-1306), qui remplaça les Hyksos, étendit sa domination jusqu'à l'Euphrate au nord-est et au sud jusqu'à la quatrième cataracte du Nil. C'est pendant cette période que le célèbre Pharaon Aménophis IV (v.1364-1347) introduisit sa "nouvelle religion" révolutionnaire. Il promut un culte exclusif au dieu Aton, représenté par le soleil. Aménophis IV semble avoir été si préoccupé de réforme religieuse qu'il fut incapable de maintenir la domination que l'Égypte exerçait sur ses voisins. L'empire s'affaiblit pendant son règne.

La transition de la 18e à la 19e dynastie fut assurée par un général du nom d'Horemheb. Cet homme commença à ramener l'Égypte à la puissance et au prestige qu'elle avait connus et à sa religion polythéiste traditionnelle.

La 19e dynastie (v.1305-1224) fut fondée par une famille qui, chose curieuse, faisait remonter ses ancêtres aux Hyksos. Le Pharaon de cette dynastie qui nous concerne le plus Ramsès 11 (v.1290-1224). Une grande partie de son règne se passa en guerre contre les Hittites au nord-est. Tandis que Ramsès se prétendait victorieux, le mot défaite aurait mieux convenu à l'issue de sa lutte avec les Hittites. Le jeu de puissance des deux empires s'acheva par un traité de paix. Ramsès tourna son attention vers les questions domestiques. Il fit entreprendre d'immenses projets de construction, dont l'un à Avaris, l'ancienne capitale des Hyksos. Ramsès en fit sa capitale et l'appela la "Maison de Ramsès". Avaris porta le nom de Ramsès (Pi-Ramsès) jusqu'au onzième siècle où elle prit le nom de Tanis.

Ex 1,11, on nous dit que les fils d'Israël étaient forcés de travailler à la construction de Pitom et de Ramsès. Pitom est un site au nord-est de l'Égypte, et Ramsès ne peut être qu'Avaris. Avaris était une ville très ancienne qui aurait pu être le site de nombreux projets de construction nécessitant des esclaves, mais elle ne s'est pas toujours appelée Ramsès. La référence biblique aux travaux à Ramsès peu avant l'Exode semblerait vouloir situer l'Exode sous le règne de Ramsès 11(v. 1290-1224). Une inscription appartenant au règne de Méneptah (v.1224-1211), successeur de Ramsès II, fait allusion à Israël comme étant un peuple de Palestine vers l'année 1220. Cette inscription, qui contient la référence connue à Israël la plus ancienne en dehors de la Bible, indiquerait qu'en 1220 le peuple était déjà sorti d'Égypte et établi en Palestine.

On peut donc dater l'Exode entre 1280 et 1224 av. J.C. Dans ces leçons nous utilisons 1250 qui est une date pratique. A mesure que l'on fera des découvertes sur l'Égypte et le Proche-Orient antique, on pourra peut-être arriver à dater les événements avec plus d'exactitude. Il nous suffit de savoir que les données du Livre de L'Exode concordent avec ce que nous savons de l'Égypte et que, à partir des données disponibles, il convient de dater l'Exode de la première moitié du 13e siècle avant J.C.

Les récits bibliques de l'Exode sont clairs et concordent sur la nature de l'événement. Un groupe mêlé d'esclaves, sous la conduite d'un homme appelé Moïse, part pour se libérer de l'esclavage égyptien. En route vers le désert à l'est de l'Égypte, ils rencontrent une masse d'eau et ils se trouvent pris au piège par les Égyptiens qui les poursuivent. Quelque chose d'extraordinaire se produisit pendant la nuit, car le matin, on a trouvé les Égyptiens morts sur le rivage. Les esclaves, maintenant libres de continuer leur marche, avaient réussi leur évasion. Tels sont les faits essentiels de l'événement à partir des données des récits bibliques. Le cœur de l'événement est la mort des puissantes armées égyptiennes par laquelle les esclaves impuissants ont reçu la vie. Dans le passage que vous allez lire, le verset le plus important est le dernier.

Lecture: Exode 13,17 - 14,31

Il y a deux choses à retenir de ce passage: le fait que l'événement a eu lieu et sa signification. L'Exode est la mort miraculeuse de l'ennemi et la libération de Moïse et de sa bande. Juste au moment où ils croyaient tout espoir perdu, ils ont vu les Égyptiens morts sur le rivage. Nous n'avons pas de témoignage de l'événement en dehors de la Bible, mais cela n'est aucunement surprenant. Le monde en général ne remarquerait pas un événement concernant un peuple si insignifiant. Même s'il le remarquait, il croirait à peine le témoignage de personnes si négligeables.

Dire que cela s'est produit ne suffit pas. Le dernier verset du récit de l'Exode est le plus important: "Ils virent. ..et ils eurent foi dans le Seigneur." Quand se produisent dans l'histoire des événements extraordinaires, ils peuvent passer pour des coïncidences, des accidents, de la chance, etc. L'Exode n'a pas été vu comme une coïncidence ou de la chance; il a été vu comme l'acte de Dieu que c'était. La confiance que Moïse avait dans le Seigneur s'est révélée bien fondée; le Seigneur a tenu sa promesse de les délivrer de la main de Pharaon.

On ne saurait trop insister sur l'importance de l'Exode comme fait historique, mais il ne faudrait jamais oublier que c'est un événement historique causé par Dieu. L'Exode unit

L'interprétation sacerdotale de l'Exode.

La foi et l'histoire. La foi qui est fondée sur l'Exode n'est pas une philosophie, ni un système d'idées, ni de l'imagination poétique; elle maintient qu'à un moment donné de l'histoire Dieu est intervenu pour sauver un groupe choisi d'esclaves, en fuite de leurs ennemis.

L'Exode n'était pas un événement qui pouvait s'expliquer facilement. Dès le moment où il s'est produit, c'était un événement étrange, étonnant, extraordinaire, qui ne pouvait pas s'expliquer par la raison humaine. La nature y était en quelque sorte mêlée. Dieu mobilisa les forces de la nature pour intervenir dans l'histoire.

L'Exode ne donna au peuple de Dieu aucune raison de se glorifier, si ce n'est dans la puissance de Dieu. Son oirigine en tant que peuple n'était due ni à de l'héroïsme, ni à une lutte acharnée de sa part pour obtenir la liberté. Dieu et Dieu seul pouvait s'attribuer le mérite de son existence.

Exercices pratiques

1 L'Exode s'est produit le plus probablement sous le règne de:

a. Le Pharaon Aménophis IV

b. Le Pharaon Ramsès II

c. Le Pharaon Méneptah

2 Une date commode et juste pour l'Exode est:

a. 1550 av. J.C.

b. 1350 av. J.C.

c. 1250 av. J.C.

d. 1200 av. J.C.

3 Indiquer si les affirmations suivantes sur l'Exode sont vraies ou fausses:.

a. L'Exode était une coïncidence historique interprétée plus tard comme un acte de Dieu.

b. L'Exode confirme la confiance que Moïse avait en Dieu.

c. L'Exode est une histoire poétique pour enseigner la haine qu'a Dieu de l'oppression.

d. L'Exode est un événement extraordinaire qui a eu lieu dans l'histoire.

4 Qu'est-ce que l'Exode et quelle est sa signification? (Deux phrases suffiront.)

2 Les Récits de l'Exode

Objectif Analyser les trois types de récits utilisés dans la proclamation de l'événement de l'Exode.

Si vous n'avez jamais été témoin d'un événement extraordinaire et inattendu, vous savez combien d'explications différentes les gens peuvent en donner. Personne ne met en question le fait que cela s'est produit, mais il y a habituellement de nombreuses versions de la façon dont cela s'est produit.

Il est très bizarre que nous n'ayons que quelques récits différents de la façon dont l'Exode s'est produit, l'un sous forme de chant poétique, l'autre sous forme d'une histoire très saisissante, et le troisième sous forme de drame liturgique. Nous allons maintenant étudier ces récits de l'Exode.

Par sa nature même, l'Exode était une "bonne nouvelle" à proclamer, à annoncer et à répandre à tous ceux qui entendaient. C'était un événement à transmettre d'une génération à l'autre. C'était le sujet de chants de réjouissance et d'action de grâce; c'était raconté quand la Pâque était célébrée; les conteurs disaient et redisaient le récit de l'Exode et ces récits furent finalement mis par écrit et devinrent les "lectures sacrées" du culte en divers hauts lieux. Quand le Temple fut construit et que sa liturgie se développa, l'Exode faisait certainement partie de son rituel. Les "professions de foi" du peuple comportaient l'Exode, le haut fait par excellence de Dieu (voir Dt 26,5-10). C'est à partir de sources comme celles-ci qu'a été composé le récit de l'Exode d'Exode 13,20 - 15,21.

Objectif 2.1 Analyser le type de récit utilisé dans la proclamation du récit de l'Exode en Ex 15,1-21.

Les éditeurs définitifs du récit biblique (qui travaillaient environ 550-450 av. J.C.) possédaient un très vieux chant (Ex 15) qui avait été chanté et allongé pendant des siècles avant d'être mis par écrit. Les plus anciennes parties de ce chant (vv. 1 et 21) pourraient remonter à l'événement lui-même, mais des ajouts successifs ont été faits au vieux refrain qui lient l'Exode à tout ce qui s'est passé après, jusqu'à l'époque où le Temple a été construit (v. 17).*

Lecture: Exode 15,1-21

En plaçant le chant ici, les auteurs sacrés rappellent aux lecteurs le sens de l'Exode. Ce qui a commencé avec l'Exode trouve son achèvement dans les grandes liturgies du Temple

Note:*D'autres descriptions poétiques de l'Exode se trouvent dans les Ps 78,52s; 106,9-12 et 136,13-15. L'auteur du Livre de la Sagesse (v. 50 av. J.C.) a également décrit l'Exode en poésie (Sg 10,18s et 19,7-9).

dans sa splendeur (v. 17), époque à laquelle le peuple de Dieu était au sommet de son prestige et de sa gloire (temps de Salomon), n'ayant plus rien de commun avec les esclaves effrayés, blottis les uns contre les autres au bord de l'eau. C'est un chant de louange, débordant de joie, d'émotion, glorifiant Dieu qui a détruit l'ennemi. Il insiste sur la noyade des Égyptiens qu'il explique de toutes sortes de façons: Dieu les a jetés à la mer, ils ont sombré comme des pierres; Dieu a soufflé sur les eaux et elles se sont soulevées, puis Dieu a soufflé à nouveau et les eaux ont englouti les Égyptiens. Il dit aussi que la terre les a avalés. Il n'est par sûr que le v. 12 même se rapporte aux Égyptiens. Les poètes sont des poètes et non pas des historiens. Le chant est extatique et il ne faut pas nous attendre à moins qu'une succession d'images pour décrire les merveilleux aspects de l'événement qu'il célèbre.

Exercice pratique

5 En présentant le chant de l'Exode, Ex 15,1-21, le but de l'auteur sacré est d'abord de donner:

a. un récit descriptif de l'événement historique.

b. un récit des services liturgiques célébrés dans le temple.

c. un récit des exploits des Israélites pendant la conquête de la terre promise.

d. une série d'images poétiques pour louer Dieu pour l'Exode et ses conséquences.

Objectif 2.2 Distinguer et analyser les versions yahviste et sacerdotale de l'Exode.

Les éditeurs définitifs avaient aussi deux versions écrite de l'Exode, dont l'une semble avoir été mise par écrit assez tôt après avoir longtemps appartenu à la littérature orale, et l'autre semble avoir été une représentation liturgique de l'Exode utilisée dans le rituel du Temple. Ces deux versions étaient anciennes et très vénérées par le peuple de Dieu; on ne pouvait pas les laisser tomber pour une nouvelle version que composeraient les éditeurs. Ces éditeurs, dans la mesure où nous les comprenons, étaient au service de la tradition et certainement pas des créateurs. Le fait d'avoir deux versions "saintes" d'un événement unique posait des problèmes pour les éditeurs qui voulaient donner à leur œuvre un déroulement historique. Ils ne pouvaient pas donner deux versions de L'Exode côte à côte, aussi les fusionnèrent-ils en un seul récit. Ex 13,20 - 14,31 en est le résultat. Ils réussirent si bien que des siècles se sont écoulés sans que personne ne remarque leur habile travail de compilation. C'est au cours des deux derniers siècles que les exégètes ont réussi à découvrir comment travaillaient ces éditeurs. La façon dont les exégètes sont arrivés à leurs conclusions est une histoire aussi fascinante que n'importe quel travail de détective peut l'être, mais nous ne pouvons pas vous la raconter ici. Toutefois, pour vous donner une petite idée de la façon dont ils travaillaient, nous proposons deux petits exercices: le premier sur une histoire créée pour les besoins de la cause, et le deuxième basé sur le texte de l'Exode.

Premier Exercice

1 Lire l'histoire qui suit avec attention:

Jeannot est rentré du temple. Sur son chemin, des gamins du voisinage ont ri de lui. Comme il quittait le lieu du culte, des enfants qui n'ont pas la foi se sont moqués de Jean. Son papa et sa maman sont arrivés à la maison après lui. Quand son père et sa mère sont arrivés chez eux, ils l'ont trouvé en larmes. "Pourquoi pleures-tu, Jeannot?" lui ont-ils demandé. Ils lui ont posé des questions et Jean a dit qu'on s'était moqué de lui pour avoir adoré le Seigneur. Jeannot dit: "Les gamins ont ri de moi parce que j'allais au temple". Son papa et sa maman ont dit: "Il vaut mieux que des gamins rient de toi plutôt que Dieu rie de toi". Ils dirent: "Le Seigneur éprouve ses enfants fidèles pour les purifier." (Et ils le consolèrent.)

2 Quels noms sont utilisés pour le garçon"

Quels mots sont utilisés pour les parents?

Quels mots sont utilisés pour les enfants?

Quels mots sont utilisés pour décrire l'action des enfants?

3 Certains des mots et expressions que vous avez écrits au numéro 2 sont familiers et argotiques, d'autres sont plus officiels et soignés. Groupez-les dans les colonnes voulues ci-dessous.

FAMILIER ET ARGOTIQUE OFFICIEL ET SOIGNÉ

____________ __________________

____________ __________________

____________ ___________________

4 Soulignez les phrases de l'histoire où se trouvent les mots familiers. Lisez la partie

soulignée.

Est-ce que les parties soulignées constituent une histoire complète?

5 Lisez maintenant les parties qui n'ont pas été soulignées.

Constituent-elles une histoire complète?

6 Pouvez-vous voir que l'histoire se compose vraiment de deux versions de la même histoire?

7 Y a-t-il une phrase ou deux dont vous n'étiez pas sûr de devoir souligner ou non?

Laquelle ou lesquelles?

_______________________________________________________________

_____________________________________________________________________

Il y avait à l'origine deux versions de cette histoire. Un éditeur qui voulait sauvegarder les deux histoires les a réunies pour n'en faire qu'une. Les phrases en caractères ordinaires appartiennent à la version populaire; les phrases en italique, à la version officielle:

Jeannot est rentré du temple. Sur son chemin,

des gamins du voisinage ont ri de lui.

Comme il quittait le lieu du culte, des enfants qui

n'ont pas la foi se sont moqués de Jean.

Son papa et sa maman sont arrivés à la maison

après lui.

Quand son père et sa mère sont arrivés chez eux,

ils l'ont trouvé en larmes.

"Pourquoi pleures-tu, Jeannot?" lui ont-ils

demandé.

Ils lui ont posé des questions et Jean a dit qu'on

s'était moqué de lui pour avoir adoré le

Seigneur.

Jeannot dit: "Les gamins ont ri de moi parce que

j'allais au temple". Son papa et sa maman ont dit:

"Il vaut mieux que des gamins rient de toi plutôt

que Dieu rie de toi".

Ils dirent "Le Seigneur éprouve ses enfants fidèles

pour les purifier." (Et ils le consolèrent.)

Il est difficile pour nous de décider maintenant où mettre "Et ils le consolèrent". Cela aurait pu appartenir à la première version, ou à la seconde. Ou peut-être les deux versions se terminaient de la même façon. Nous pensons que la phrase appartient à la première version qui fait plus appel aux sentiments; la seconde est plus impersonnelle, plus froide. Mais vous pourriez argumenter que "ils le consolèrent" est officiel et devrait donc appartenir à la seconde version. Nous ne le saurons jamais.

Certaines parties de la Bible ont été composées exactement comme cela: il existait deux, parfois même trois versions du même événement. Les éditeurs définitifs ne voulaient jeter aucune des anciennes versions, aussi les gardèrent-ils toutes et les entrelacèrent pour n'en faire qu'une seule histoire. L'histoire du Déluge (Gn 6-9) en est un exemple, le récit de l'Exode en est un autre. Les exégètes, par une étude approfondie, ont réussi à distinguer la version originale. Cela nous aide à comprendre la version finale combinée et à savoir comment traiter les contradictions apparentes de certains passages.

Mais dans certains cas, une expression ou une phrase sont contestées (comme "Et ils le consolèrent"). Les biblistes ne s'accordent pas sur la version à laquelle une phrase ou l'autre devraient appartenir. Nous ne le saurons peut-être jamais. Mais, en général, la séparation des versions est tout à fait nette, surtout quand on le lit en hébreu.

Deuxième Exercice

Note: Même si cet exercice ne reproduit pas exactement le travail des exégètes, cela vous donne une idée de la façon dont les traditions ont été séparées à partir du vocabulaire et du style. Les différences entre les versions ne peuvent être montrées avec exactitude que dans le texte hébreu.

Première étape. Dans le passage ci-dessous, souligner les phrases dans lesquelles un

ou plusieurs des mots ou expressions ci-après se retrouvent:

la main (de Moïse)

le peuple d'Israël

eau(x)

chevaux

cavaliers

Deuxième étape. Lire seulement les phrases soulignées et voir si elles forment un récit continu.

Troisième étape. Lire les parties qui ne sont pas soulignées. Forment-elles un récit continu?

L'Ange de Dieu qui marchait en tête des armées d'Israël changea de place et marcha à l'arrière-garde;

et la colonne de nuée se déplaça de l'avant à l'arrière, où elle se tint, elle prit position entre l'armée des Égyptiens et celle d'Israël.

La nuée était ténébreuse et la nuit s'écoula sans que, de toute la nuit, les armées se puissent rapprocher l'une de l'autre.

Moïse étendit sa main sur la mer;

et le SEIGNEUR refoula la mer toute la nuit par un fort vent d'est et il la mit à sec,

et les eaux se fendirent.

Et les enfants d'Israël s'engagèrent dans le lit asséché de la mer, avec une muraille d'eau à leur droite et à leur gauche.

Les Égyptiens les poursuivirent: tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers s'engagèrent à leur suite dans le lit de la mer.

A la veille du matin, le SEIGNEUR regarda de la colonne de feu et de la nuée vers l'armée des Égyptiens et jeta la confusion dans l'armée des Égyptiens,

il enraya les roues de leurs chars qui n'avançaient plus qu'à grand'peine;

et les Égyptiens s'écrièrent: "Fuyons devant les Israélites; car le SEIGNEUR combat pour eux contre les Égyptiens!"

Alors le SEIGNEUR dit à Moïse: "Étends ta main sur la mer, que les eaux refluent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers."

Moïse étendit la main sur la mer

et, au point du jour, la mer rentra dans son lit. Comme les Égyptiens, dans leur fuite, marchaient à sa rencontre, le SEIGNEUR les culbuta au milieu de la mer.

Les eaux, dans leur reflux, submergèrent les chars et les cavaliers de toute l'armée de Pharaon qui s'étaient engagés à la suite des enfants d'Israël, dans le lit de la mer;

pas un d'eux n'échappa.

Les enfants d'Israël, eux, marchèrent dans le lit asséché de la mer, avec une muraille d'eau à leur droite et à leur gauche.

Ce jour-là, le SEIGNEUR délivra Israël des mains des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens étendus morts sur la grève.

Les parties de ce passage que vous avez soulignées appartiennent à la version qui est appelée "P" (la tradition sacerdotale); les parties qui ne sont pas soulignées, à la version connue comme "J" (tradition yahviste). Vous avez été initiés à cela dans la 1ère leçon (p. 3). La tradition J vient du Royaume du Sud, vers l'époque de David et de Salomon, mais elle est vraisemblablement fondée sur des traditions orales ou écrites beaucoup plus anciennes. Il y avait une autre tradition, appelée E (élohiste), qui venait du Royaume du Nord d'Israël. A un moment donné de l'histoire, E et J furent réunies pour former une tradition composite. On remarque des traces de cette fusion dans le passage cité dans le 2e exercice. Quand on vérifie les deux premières phrases de ce passage, on voit une répétition de la même pensée utilisant des images légèrement différentes:

"L'Ange de Dieu .. . marcha à l'arrière-garde (E)"

"La colonne de nuée se déplaça... à l'arrière (J)"

Dans la tradition J, la présence de Dieu est rendue par la colonne de nuée (ou de feu), mais la tradition E préfère parler de l'ange (le messager) de Dieu.

Certaines phrases ou expressions ne peuvent pas être nettement attribuées à une tradition particulière, mais dans l'ensemble, les versions séparées sont tout à fait claires. Dans les pages suivantes, nous reproduirons Ex 13,20 - 14,31, en utilisant les caractères ordinaires pour J, les parties qui, pense-t-on, appartenaient à l'origine à E étant entre parenthèses, et l'italique pour P. Lire d'abord la version J (caractères ordinaires) avec les parties entre parenthèses (E), et lire ensuite le commentaire qui s'y rapporte.

13 20 Ils levèrent le camp de Sukkot et

l'établirent à Étam, en bordure du désert.

21 Le Seigneur les précédait, le jour sous la

forme d'une colonne de nuée pour leur

indiquer la route, et la nuit en la forme d'une

colonne de feu pour les éclairer: ils pouvaient

ainsi poursuivre leur marche jour et nuit.

22 La colonne de nuée ne manquait jamais

de précéder le peuple pendant le jour, ni la

colonne de feu pendant la nuit.

14 1 Le SEIGNEUR parla à Moïse en ces termes: 2

"Dis aux enfants d'Israël de revenir sur leurs pas et

de camper devant Pi-Hahirot, entre Migdol et la mer,

face à Baal-Çephôn. Vous camperez vis-à-vis de ce

lieu, au bord de la mer. 3 Pharaon se dira:

'Voici les enfants d'Israël qui errent de-ci de-là dans

le pays, le désert s'est refermé sur eux.' 4 Alors

j'endurcirai le cœur de Pharaon et il se lancera à leur

poursuite. Mais je me couvrirai de gloire aux dépens

de Pharaon et de son armée tout entière. Ainsi les

Égyptiens sauront que je suis le SEIGNEUR." Les

enfants d'Israël se conformèrent à cet ordre.

5 (Lorsqu'on informa le roi d'Égypte de la

fuite du peuple), le cœur de Pharaon et de

ses courtisans changea à l'égard du peuple.

Ils dirent: "Qu'avons-nous fait là, de laisser

partir Israël qui ne nous servira plus!"

6 Pharaon fit atteler son char et emmena ses

troupes. 7 II prit six cents des meilleurs chars

et tous les chars d'Égypte, chacun d'eux

monté par un équipage d'élite.

8 Le SEIGNEUR endurcit le cœur de Pharaon, roi

d'Égypte, qui donna la chasse aux enfants d'Israël

sortant du pays la main haute. 9 Les Égyptiens

les poursuivirent donc et les rejoignirent à leur

campement au bord de la mer - tous les chevaux,

les chars de Pharaon, ses cavaliers et son armée -

près de Pi-Hahirot, en face de Baal-Çephôn.

10a A l'approche de Pharaon les enfants

d'Israël regardèrent et, voyant les Égyptiens

lancés à leur poursuite, furent saisis d'un

grand effroi.

10b Les enfants d'Israël poussèrent des

clameurs vers le SEIGNEUR.

11 Ils dirent à Moïse: "Manquait-il de

tombeaux en Égypte, que tu nous as menés

mourir dans le désert? Quel service nous as-

tu rendu de nous faire sortir d'Égypte? 12 Ne

te disions-nous pas précisément en Égypte:

Laisse-nous tranquilles! Il nous plaît de servir

les Égyptiens! Mieux vaut pour nous les servir

que de mourir dans le désert!" 13 Moïse

répondit au peuple: "Bannissez toute crainte!

Tenez ferme et vous verrez ce que le

SEIGNEUR va faire pour vous sauver en ce

jour: car ces Égyptiens que vous apercevez

aujourd'hui, vous ne les reverrez plus jamais!

14 Le SEIGNEUR combattra pour vous: vous,

vous n'aurez rien à faire."

15 Le SEIGNEUR dit à Moïse: "Pourquoi

pousses-tu vers moi de telles clameurs?

Dis aux enfants d'Israël de reprendre leur

route. 16 Toi, lève ton bâton, étends ta main

sur la mer et fends-la en deux, que les enfants

d'Israël puissent pénétrer à pied sec dans son

lit. 17 Moi, j'endurcirai le cœur des

Égyptiens et ils s'engageront à la suite des

enfants d'Israël. Alors je me couvrirai de

gloire aux dépens de Pharaon et de toute son

armée, de ses chars et de ses cavaliers. 18

Les Égyptiens sauront que je suis le

SEIGNEUR, quand je me serai couvert de

gloire aux dépens de Pharaon, de ses chars et

de ses cavaliers."

19 (L'Ange de Dieu qui marchait en tête des

armées d'Israël changea de place et marcha à

l'arrière-garde.) La colonne de nuée se

déplaça de l'avant à l'arrière, où elle se tint.

20 (Elle prit position entre l'armée des

Égyptiens et celle d'Israël. La nuée était

ténébreuse et la nuit s'écoula sans que, de

toute la nuit, les armées se puissent

rapprocher l'une de l'autre.)

21a Moïse étendit sa main sur la mer.

21b Le SEIGNEUR refoula la mer toute la

nuit par un fort vent d'est et il la mit à sec.

Les eaux se fendirent. 22 et les enfants

d'lsraél s'engagèrent dans le lit asséché de la

mer, avec une muraille d'eau à leur droite et

à leur gauche. 23 Les Égyptiens les

poursuivirent: tous les chevaux de Pharaon,

ses chars et ses cavaliers s'engagèrent à leur

suite dans le lit de la mer.

24 A la veille du matin, le SEIGNEUR

regarda de la colonne de feu et de nuée vers

l'armée des Égyptiens et y jeta la confusion.

25 (II enraya les roues de leurs chars, qui

n'avançaient plus qu'à grand'peine.) Les

Égyptiens s'écrièrent: "Fuyons devant les

Israélites, car le SEIGNEUR combat pour eux

contre les Égyptiens."

26 Le SEIGNEUR dit à Moise: "Étends ta

main sur la mer, que les eaux refluent sur les

Égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers." 27a

Moise étendit sa main sur la mer.

27b et, au point du jour, la mer rentra dans son lit. Comme les Égyptiens, dans leur fuite, marchaient à sa rencontre, le SEIGNEUR les culbuta au milieu de la mer.

28a Les eaux, dans leur reflux, submergèrent

les chars et les cavaliers de toute l'armée de

Pharaon qui s'étaient engagés à la suite des

enfants d'Israél, dans le lit de la mer.

28b Pas un d'eux n'échappa.

29 Les enfants d'lsraél, eux, avaient marché

dans le lit asséché de la mer, avec une

muraille d'eau à leur droite et à leur gauche.

30 Ce jour-là le SEIGNEUR délivra Israël des

mains des Égyptiens, et Israël vit les

Égyptiens étendus morts sur la grève.

31 Israël fut témoin de la prouesse accomplie

par le SEIGNEUR contre les Égyptiens. Le

peuple craignit le SEIGNEUR. Il eut foi dans

le SEIGNEUR et en Moïse, son serviteur.

Commentaire sur le récit yahviste (et élohiste)

Cet auteur sacré met l'accent sur la présence et l'action de Dieu. Dieu est celui qui les conduit le jour comme la nuit sous forme d'une colonne de nuée le jour et d'une colonne de feu la nuit. Moïse a un rôle à jouer, celui de calmer le peuple et de lui donner confiance dans le Seigneur; mais c'est le Seigneur lui-même qui les sauvera; Moïse et les enfants d'Israël n'ont qu'à "tenir ferme...ne rien faire." Le yahviste présente aussi le peuple dans toute sa faiblesse, prêt à retourner à la sécurité de l'esclavage plutôt que de prendre le risque de la liberté. Sans Moïse, il se serait probablement rendu et aurait subi sa punition.

Quand les Égyptiens se rapprochent trop, la Présence qui est en tête passe à l'arrière pour les protéger en étant entre eux et les Égyptiens. Rien ne bouge la nuit, à l'exception d'un fort vent d'est venant du désert qui assèche les eaux. Le matin, au point du jour, le Seigneur met la panique dans le camp égyptien. Le texte semble indiquer que leurs chars étaient pris dans la boue alors qu'ils essayaient d'échapper au Seigneur. Ce sont maintenant les Égyptiens qui se sauvent, mais les eaux reviennent face aux Égyptiens et ils y culbutent. Au lever du jour, le peuple les vit tous morts sur le rivage et crut finalement en Moïse et dans le SEIGNEUR.

Cette version prend soin de faire remarquer que l'événement s'est produit au cours de la nuit, enveloppé par son mystère. Ce que le peuple a senti, c'est un fort vent d'est, ce qu'il a entendu, ce sont les cris de panique et de terreur dans le camp des Égyptiens, ce qu'il a vu, ce sont les morts étendus sur le rivage.

Le style du récit yahviste présente les caractéristiques d'un bon conte. Les scènes passent des esclaves en fuite au palais de Pharaon, puis à nouveau avec le peuple. Les personnages ont tous quelque chose à dire, ce qui donne vie et intérêt à l'histoire: le Pharaon dit qu'il regrette d'avoir laissé partir les esclaves; les esclaves disent qu'ils regrettent d'être partis, et Moïse leur dit de se calmer. Seul le Seigneur ne parle pas, mais il domine l'histoire par sa présence et son action. Personne ne bouge tandis que souffle le vent dans la nuit, jusqu'à ce que le silence soit rompu par les cris de panique dans le camp égyptien, "Fuyons..." L'ironie des puissants poursuivants qui s'enfuient dans la terreur tandis que leur faible proie tient bon n'échappait pas à ceux qui entendaient cette version de l'Exode. L'histoire s'achève sur le peuple qui ne craint pas les Égyptiens, mais le Seigneur.

Commentaire sur le récit sacerdotal

Lisez maintenant les parties du récit de l'Exode qui sont en italique (P). En lisant, remarquez la structure dramatique du récit, la façon dont il est présenté en trois actes, dont chacun commence par les paroles du Seigneur et s'achève avec l'accomplissement de ce que le Seigneur a prédit.

Les trois actes commencent par "Le Seigneur dit..." (vv. 1, 15, 26). Dans chaque acte, le Seigneur donne ses instructions à Moïse et, dans chacun, tout se passe comme le Seigneur l'a ordonné. Vous vous rappelez que Gn 1,1 - 2,4 appartenait aussi à la tradition P et se montrait également préoccupé de la puissance de la parole de Dieu. Dans le récit de la création de la tradition P, le Seigneur disait et "il en était ainsi". Ici aussi, le Seigneur parle et l'événement se produit.

Vous vous rappelez aussi que, dans son récit de la création, la tradition P faisait commencer la création par une masse informe d'eau que Dieu divise le deuxième jour. La puissance qu'a Dieu de maîtriser le chaos dans la nature, représenté par l'eau, se manifeste à nouveau dans l'Exode où l'eau est divisée et sert à détruire les forces du chaos dans l'histoire, représentées par les Égyptiens. Les thèmes de la création et de l'histoire du salut sont réunis dans la version P de l'Exode.

La création est le résultat d'un acte direct de Dieu, mais ici tout arrive par un homme, Moïse. Son rôle de médiateur de Dieu est souligné dans chaque phase de l'événement; Dieu n'agit pas directement, mais par son serviteur.

Le style du récit P semble indiquer l'art du dramaturge plus que celui du conteur. Il se pourrait fort bien que le récit de l'Exode P ait été à l'origine un récitatif liturgique qui avait même peut-être été mis en scène. C'est une simple conjecture, car nous n'avons aucune preuve tangible dans les rituels de l'A.T. de mise en scène de l'Exode. La théorie a une certaine force: nous savons que les peuples du Proche-Orient antique utilisaient l'art dramatique dans leur liturgie, et nous savons aussi que le peuple de Dieu en faisait également. La forme théâtrale de la version sacerdotale de l'Exode pourrait très bien s'être développée dans le cadre d'une représentation de l'Exode.

En résumé, Ex 13,17 - 15,21 comporte trois types de style littéraire qui communiquent le fait comme la signification de l'Exode. La poésie d'Ex 15 loue le Seigneur pour son haut fait; le récit yahviste n'y voit que l'œuvre de Dieu seul, tandis que la tradition sacerdotale souligne le rôle de Moïse. Tous trois s'accordent sur le fait essentiel - Dieu a détruit les Égyptiens dans l'eau, libérant ainsi les enfants d'Israël.

Exercices pratiques

6 Indiquer si les affirmations suivantes sur l'Exode se rapportent d'abord à

—l'auteur yahviste, J

—l'auteur sacerdotal, P

_______ a. L'auteur insiste sur sa préoccupation pour le désespoir des Israélites.

_______ b. L'auteur fait exhorter le peuple à la confiance par Moise.

_______ c. L'auteur fait de Moïse le médiateur de la puissance de Dieu.

_______ d. L'auteur décrit Dieu comme durcissant le cœur de Pharaon.

_______ e. L'auteur décrit Dieu comme causant la panique dans le camp des Égyptiens.

_______ f L'auteur indique la présence de Dieu par la colonne de feu.

_______ g. Le style de cet auteur a les caractéristiques d'un bon conte.

_______ h. L'auteur exprime la puissance de Dieu par le "bâton" (main) de Moïse.

_______ i. Le style de cet auteur a les caractéristiques de l'art dramatique.

7 Dans ce récit de l'Exode, l'auteur sacerdotal veut communiquer: (Note:deux des points suivants sont exacts.)

a. la sévérité de Pharaon et des Égyptiens.

b. la présence et l'action directe de Dieu.

c. la puissance de la parole de Dieu.

d. la faiblesse et le désespoir des Israélites.

e. la médiation de Moïse.

8 Sur quels aspects de l'Exode parmi les suivants les récits yahviste et sacerdotal diffèrent-ils le plus nettement:

a. le rôle de Pharaon dans l'Exode.

b. la description des armées égyptiennes.

c. la puissance de Dieu manifestée dans l'Exode.

d. le rôle de Moïse dans l'Exode.

e. la noyade des Égyptiens.

9. La signification essentielle de l'Exode qui apparaît dans les récits yahviste et sacerdotal est que Dieu:

a. intervient dans l'histoire pour libérer les Israélites de l'esclavage égyptien.

b. récompense la longue souffrance des israélites.

c. punit la cruauté sévère des Égyptiens.

d. établit Moïse comme chef indiscuté des Israélites.

Réflexions sur l'Exode en tant que Révélation

Par l'Exode, Dieu n'a pas seulement donné la vie à son peuple, mais il s'est aussi révélé à lui. Il s'est montré très différent de l'image que les gens se faisaient généralement de lui. La raison humaine seule arrivera le plus souvent à une notion de Dieu par l'ordre, la puissance, la stabilité et la permanence. La nature elle-même est la première à témoigner de son Créateur. Et il est sûr que l'ordre, la puissance, l'immuabilité appartiennent à Dieu. L'Exode révèle toutefois quelque chose du mystère de Dieu qui échappe aux notions d'ordre, de puissance et de stabilité. L'Exode révèle Dieu par rapport au désordre, à la faiblesse et au changement. Cette révélation trouble sérieusement le raisonnement humain normal et jette un éclairage nouveau et inattendu sur Dieu.

Quand nous regardons l'ordre, la puissance et la stabilité fondamentale de la création, nous pouvons légitimement en conclure que ces attributs reflètent Dieu. Cependant l'humanité ne se contente pas, habituellement, de voir Dieu dans l'ordre de la nature, mais elle le voit aussi dans l'ordre, la puissance et la permanence de la société humaine. Ces attributs de la société sont toutefois ambigus parce que l'ordre peut servir des fins mauvaises aussi bien que bonnes; il en va de même de la puissance et de la permanence. Plus simplement l'humanité a tendance à voir Dieu comme la cause et le soutien de ce qui est; l'Exode le révèle comme la cause et le soutien de ce qui devrait être. Par l'Exode, Dieu se révèle comme Celui qui a ses propres idées sur ce que devrait être la société humaine, et il se montre comme Celui qui interviendra dans l'histoire pour faire arriver ce qui devrait être. L'Exode révèle Dieu non pas comme Celui qui cause indifféremment ce qui existe, mais comme Celui qui a un désir, un plan, des attentes. L'Exode lie la morale à Dieu, non pas la morale dans un sens amoindri, mais la morale dans le sens de normes ou d'attentes de réalisations vraiment humaines.

L'Égypte était une société ordonnée, très puissante et se vantant d'une permanence que rien ne pouvait mieux symboliser que ses pyramides. L'Égypte était aussi un pays très religieux, où abondaient les dieux, les prêtres et les temples. Les dieux étaient considérés comme causant, soutenant et approuvant le fonctionnement régulier de cette sociéte forte et stable. Cela était considéré comme voulu des dieux que le Pharaon soit à la tête et que la société se développe sous lui avec une classe d'esclaves misérables. Le désordre était vu comme allant à l'encontre des divinités et de la structure qu'elles avaient ordonnée pour l'Égypte. L'Exode montre Dieu prononçant un jugement sur une société très puissante, ordonnée, cultivée et religieuse. Le jugement est rendu en fonction de la façon dont elle a traité les moins importants de ses membres. Nous voyons Dieu intervenir dans l'histoire, s'abaisser pour relever ceux qui sont les victimes d'un système de gouvernement très prospère. En outre, nous voyons Dieu poser les fondations de son plan de former un nouveau peuple, une nouvelle société par opposition à "l'Égypte, cette maison de servitude".

L'Exode nous dit que Dieu attache de la valeur aux êtres humains et qu'il n'est pas indifférent quand ils sont réduits à une condition abjecte et misérable. C'est, de fait, précisément dans leur état d'impuissance totale que Dieu les choisit pour les faire participer avec lui à la création d'un avenir nouveau et meilleur. Leur faiblesse provoque sa puissance. La puissance de Dieu n'évite pas la faiblesse de l'homme, mais se tourne avec compassion vers elle et l'invite à avoir part avec lui à la formation de l'histoire.

Quand Dieu se liera à son peuple dans l'Alliance, ce sera pour créer une société qui reflétera la révélation de lui-même dans l'Exode. Dieu leur donnera un plan, la Loi, pour en faire un peuple dont tous les membres ont de la valeur, du plus grand au plus petit, un peuple compatissant, un peuple qui ne s'accrochera pas désespérément à l'ordre, à la puissance et à la stabilité, mais un peuple qui s'accrochera à sa volonté et se transformera en fonction de celle-ci. Quand le peuple de Dieu permettra aux injustices de style égyptien d'exister chez lui, Dieu suscitera les prophètes pour condamner les abus et appeler le peuple à changer. Les prophètes les avertiront que la colère montrée aux Égyptiens descendra sur eux à moins qu'ils ne changent.

La bonne nouvelle de l'Exode mène directement à la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. "Bienheureux les pauvres" a ses racines dans l'Exode. A travers les âges, Dieu suscite la force à partir de la faiblesse. La pauvreté, la faiblesse et l'impuissance du peuple en Égypte ont fait agir la puissance de Dieu; l'abaissement, l'humilité et la paralysie du Crucifié suscitent le plus grand acte de salut de la part de Dieu. De l'Exode à la Résurrection, Dieu est constant, fidèle, comme le fait si bien ressortir la liturgie de la Vigile pascale. L'Exode demeure un mystère qui brille de la lumière qu'il jette sur Dieu, une lumière que le Christ intensifie, mais qu'il ne modifie pas.

"Marie dit alors...Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles. ll a rassasié de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides" (Lc 1,52s).

AUTRES TEXTES CHOISIS DU LIVRE DE L'EXODE

Moïse, Serviteur de Dieu

Au cours des siècles, le peuple de Dieu a réfléchi longuement et profondément sur les qualités du vrai chef. Ses réflexions l'ont toujours ramené à Moïse. C'est avant tout autour de son personnage qu'ils ont mis au point leur modèle du vrai chef. (Tout de suite après Moïse vient David.) Ce portrait du vrai chef est si extraordinaire qu'il faudra Jésus, le Nouveau Moïse, pour le parfaire. Vous vous rappelez qu'à la 3e leçon nous avons vu que Moïse, comme le SEIGNEUR lui-même, était sensible à la misère du peuple et que Moïse éprouvait personnellement ce que son peuple souffrait. Cette identification du chef avec son peuple est la première marque du vrai chef. A cela nous devons ajouter l'identité de sentiments entre le chef et Dieu: il voit et entend ce que Dieu voit et entend.

Nous allons maintenant regarder trois courts passages qui décrivent un peu plus le rôle et les qualités de Moïse, Serviteur de Dieu.

Lecture: Exode 17,8-16

Note: ne vous laissez pas distraire par l'inimitié entre les Amalécites et le peuple de Dieu; concentrez plutôt votre attention sur le rôle d'intercesseur de Moïse.

Commentaire

Le tableau émouvant de Moïse les bras étendus, épuisé à force de prier pour son peuple, est un puissant rappel du rôle que joue l'intercession dans la vie d'un chef du peuple de Dieu. Le rapport direct entre la victoire du peuple sur ses ennemis et la prière de son chef souligne l'importance de la prière d'intercession.

Moïse n'intercède pas seulement pour son peuple quand il est innocent, mais il plaide aussi pour lui quand il est coupable. La hardiesse de sa prière (presque du chantage) somme Dieu d'écarter le châtiment mérité et l'implore de faire preuve de miséricorde. Et Dieu l'écoute.

Lecture: Exode 32,7-14

Dieu a menacé de ne pas aller avec le peuple, mais d'envoyer "un ange" qui l'accompagnera dans sa marche (33,2s). Moïse, dans ce passage, ne veut pas entendre parler d'un substitut pour Dieu lui-même. Il arrache une promesse à Dieu: "J'irai, moi-même". Là encore, le SEIGNEUR fait ce que Moïse demande.

Lecture: Exode 33,12-23

Moïse est enhardi par ce sentiment de la puissance qu'il a sur Dieu. Il demande ce qu'il désire plus que tout, voir Dieu face à face. Même Moïse ne peut pas voir Dieu directement. (Cela prendrait des siècles avant que le peuple puisse dire: "Nous avons vu sa gloire" Jn 1,14-18.)

La Manne

De toutes les façons extraordinaires dont le Seigneur a nourri son peuple au cours de sa marche dans le désert, l'expérience de la manne était la plus significative. Elle a fait l'objet de chants (Ps 78,23-24); les sages ont médité dessus et y ont vu un signe éclatant de la providence divine (Sg 16,20-29), ils l'ont appelée "une nourriture d'anges"; prêtres et lévites, soucieux de prêcher la Loi, utilisaient la manne pour illustrer leur enseignement.

On trouve des restes de ces sermons en Ex 16.

Lecture: Exode 16

Le premier point qui est souligné au ch. 16 argumente contre l'avidité et l'accumulation inutile des richesses (w. 17-18). A partir de cela, les auteurs sacrés soulignent qu'il ne faut pas amasser. (L'enseignement de Jésus en Mt 6,19-34 et Lc 12,13-21 dit la même chose.)

L'incident de la manne sert aussi à illustrer l'idée qu'il ne faut pas travailler le jour du sabbat.

3 Sur la Constitution Dogmatique du Concile Vatican II,La Révélation Divine

Le peuple de Dieu aujourd'hui, c'est-à-dire l'Église, a des chefs qui ont le pouvoir d'enseigner avec autorité sur les questions touchant la vie du peuple. Ces chefs sont les évêques de l'Église, ayant à leur tête le pape, l'évêque de Rome. Puisque la Bible est d'une façon spéciale le Livre du peuple de Dieu et puisqu'elle est si nécessaire à la vie du peuple, ses chefs nommés ont à la fois le devoir et le droit de guider le peuple dans la compréhension et l'usage de la Bible.

Pendant le Concile Vatican II, les évêques du monde entier ont préparé et publié une déclaration sur la Bible. C'est la Révélation Divine. Elle a été approuvée et signée par le pape Paul VI et les évêques, et rendue publique le 18 novembre 1965. Ce document avait fait l'objet de débats passionnés de 1962 à 1965. Au cours de ces trois années, il avait été remanié et révisé sept fois. Le résultat est un document très court qui donne les idées et les recommandations essentielles, mais naturellement n'entre pas dans les détails.

Il convient de noter que la Révélation Divine est appelée constitution dogmatique, et pas simplement "constitution" ou "constitution pastorale", et non pas "décret" ou "déclaration". Les constitutions dogmatiques occupent le rang le plus élevé en tant qu'enseignements officiels du Concile. Il est bon de remarquer également que deux tiers des voix auraient suffi pour qu'elle soit acceptée comme document du Concile, mais que la Révélation Divine a obtenu plus de 99% des voix. Sur les 2350 évêques votant, 2344 étaient en faveur, 6 contre.

Pour obtenir une approbation presque unanime, la Révélation Divine devait être un compromis, et c'est ce qu'elle est. Les questions qui ne pouvaient être résolues de façon à satisfaire la majorité des évêques ont été soit omises soit laissées dans le vague pour pouvoir être réétudiées ultérieurement. Toutefois les déclarations positives et claires qu'elle contient sont très significatives et plus que suffisantes pour nous guider à l'heure actuelle.

Ces faits sont mentionnés pour préciser qu'il y a là un enseignement officiel solide sur la façon d'aborder la Bible. Nous ne sommes pas laissés à l'aventure comme des brebis sans pasteur, à la recherche de directives. A une époque où divers groupes et individus de par le monde interprètent la parole de Dieu à leur guise, il est consolant de savoir qu'il existe une façon sûre d'aborder la Bible.

Les évêques donnent des orientations; ils ne donnent pas d'interprétations officielles de chaque verset de la Bible. Leurs orientations, de fait, visent à assurer une interprétation riche et pleine des Écritures. Les orientations de la Révélation Divine veulent empêcher des interprétations de la parole de Dieu qui soient étroites, unilatérales, bornées et bon marché. Ces orientations sont données pour mettre l'interprète et les Écritures elles-mêmes à l'abri d'interprétations irrationnelles et stupides, et mettre en garde contre des interprétations qui arrachent la Bible à sa vie et à son histoire dans le peuple de Dieu.

La Révélation Divine a un avant-propos et six courts chapitres. Les deux premier' abordent les questions plus théologiques qui placent la Bible dans son propre cadre; les quatre autres abordent directement la Bible, son interprétation et son usage.

Plan de la Constitution (Dei Verbum)

Avant-propos (n° 1)

Chapitre 1: La révélation elle-même (n°5 2-6)

Chapitre 2: La transmission de la révélation divine (n°5 7-10)

Chapitre 3: L'inspiration divine de la sainte Écriture et son interprétation (n°5 11-13)

Chapitre 4: L'Ancien Testament (n°5 14-16)

Chapitre 5: Le Nouveau Testament (n°5 17-20)

Chapitre 6: La sainte Écriture dans la vie de l'Église (n°5 21-26)

L'avant-propos (paragraphe 1)

Dans la première ligne, les évêques du Concile se présentent comme écoutant la parole de Dieu et la proclamant. Ils ne disent pas qu'ils sont les maîtres de la parole de Dieu et qu'ils en imposent la signification, mais des étudiants de la parole qu'ils écoutent et qui les conduit.

Ils ont choisi de commencer par une citation de la Première Lettre de saint Jean qui parle de la révélation et de son but. La Révélation est ce qui a été vu et entendu et elle a été faite pour que nous soyons en communion avec le Père. Ils font ensuite allusion aux enseignements de l'Église datant de Conciles précédents, indiquant ainsi qu'ils se rappellent ce qui a été enseigné et qu'ils veulent continuer à partir de cela. Les dernières lignes de l'avant-propos, empruntées à S. Augustin, sont un rappel que le but ultime de l'enseignement sur la révélation et sur la Bible qu'ils vont donner, est l'affermissement de la foi qui conduit à l'espérance, et l'affermissement de l'espérance qui rend l'amour possible.

Note: Dans les leçons suivantes, de brefs commentaires seront faits sur les chapitres 1 à 4 du document. Les chapitres 5 et 6 seront étudiés dans les leçons 21 à 40 de "Montée".

Corrigé des exercices pratiques

1.b.

2 c.

3 a. F

b. V

c. F

d. V

4. L'Exode est la mort miraculeuse des Égyptiens et la libération des esclaves. L'Exode voulait dire que Dieu était réellement intervenu dans l'histoire pour sauver un groupe choisi.

5 d.

6 a. J

b. J

c. P

d. P

e. J

f. J

g. J

h. P

i. P

7 c. et e.

8 d.

9 a.

Test

1.L'Exode est à la fois un événement historique et un acte de foi. Commenter la façon dont Ex 14,31 confirme cette affirmation.

La façon dont Dieu est présenté dans les récits yahviste (J) et sacerdotal (P) de l'Exode s'exprime le mieux comme suit:

a.Les deux récits présentent Dieu essentiellement de la même façon, la seule différence est dans les termes employés.

b.Les deux récits sont incompatibles, Dieu s'y conduit différemment envers les Égyptiens.

c.Dans le récit yahviste, la puissance de Dieu est mise plus en évidence que dans le récit sacerdotal.

d.Dans le récit yahviste, Dieu agit seul, tandis que dans le récit sacerdotal Dieu agit par Moïse.

3.Une hypothèse essentielle aux récits yahviste et sacerdotal de l'Exode est la croyance que:

a.Dieu a le pouvoir d'agir à la fois dans la nature et dans l'histoire.

b.Les Israélites reçoivent l'aide de Dieu à cause de leur foi en lui.

c.Dieu veut punir les Égyptiens à cause de leur grande cruauté envers les Israélites.

d.Les Israélites reçoivent l'aide de Dieu à cause de leur désir de liberté.

4 La description de l'Exode en Ex 13,17 - 14,31 donne l'impression d'être:

a.le récit complexe d'un événement historique causé par Dieu.

b.le récit descriptif d'un événement fictif qui traduit la fidélité de Dieu.

c.une image poétique qui évoque la puissance de Dieu sur la nature et sur les Égyptiens.

d.un événement historique naturel.

Corrigé du test

1.Israël "fut témoin de la prouesse", c'est-à-dire de la mort des Égyptiens, indique le

fait historique qui était indéniablement sous leurs yeux; "accomplie par le Seigneur" indique qu'ils ont cru que le Seigneur était l'auteur de cette prouesse.

2 d.

3 a.

4 a.

Recommandations pour la réunion de groupe sur la 4e leçon

1 Le texte.

Discuter l'Exode en tant qu'événement historique, et les styles (poésie, conte, art

dramatique) employés pour le proclamer.

Discuter le sens de l'Exode: Dieu s'est révélé lui-même Celui qui sauve les pauvres de leurs oppresseurs.

2 Application pour aujourd'hui.

Discuter les points communs que l'on trouve entre la révélation de Dieu dans l'Exode et dans la vie et l'enseignement de Jésus.

Discuter les implications de la révélation de Dieu par l'Exode et en Jésus: ceux qui sont méprisés et considérés inutiles par les puissants de la terre comptent aux yeux de Dieu. Votre communauté reflète-t-elle les valeurs de Dieu?

3 Revoir l'information donnée sur la Révélation Divine. Discuter les implications d'une approche autorisée de l'interprétation de la Bible.

A propos de l'Auteur

Mgr Gervais est né à Elie au Manitoba, le 21 Septembre 1931. Il est le neuvième des quatorze enfants. Sa famille est venue du Manitoba à Sparta près de St. Thomas en Ontario quand il était juste un adolescent. Il est allé à l'école primaire de Sparta et a pris ses études secondaire à l'école Saint-Joseph à la ville de Saint-Thomas. Après le lycée, il est allé étudier pour la prêtrise au séminaire St. Pierre à London, en Ontario. Il a été ordonné prêtre en 1958.

Il a été envoyé à Rome pour les l'étude de l'Écriture Saintes. Cela a été suivi par des études à l'École biblique de Jérusalem. Il est retourné à London pour enseigner les Écritures Saintes pour les séminaristes au séminaire de Saint-Pierre.

En 1974, il a été demandé par l'évêque Emmett Carter de prendre en charge le Centre international de l'éducation religieuse du Verbe Divin. Ce Centre a été fondé par l'évêque Carter à fin de fournir une ressource pour l'éducation des adultes dans l'esprit de Vatican II.

Ce centre offrait des sessions de une ou deux semaines avec plusieurs des meilleurs spécialistes en théologie de l'époque. Les étudiants venaient non seulement du Canada et des États-Unis, mais de partout dans le monde, en Australie, en Afrique, en Asie et en Europe.

Au moment où le Père Gervais est devenu le directeur, le Centre du Verbe Divin était déjà dominée par l'étude de l'Écriture sainte à laquelle il a ajouté la justice sociale. Cet aspect du programme d'études a été présenté par des gens de toutes les parties du «tiers monde»; parmi lesquels se trouvaient le père Gustavo Gutierrez et le cardinal Dery du Ghana.

En 1976, la Conférence des évêques de l'Ontario ainsi que la Conférence canadienne des femmes religieuses ont demandé au Père Gervais d'offrir un cours d'étude par correspondance dans l'Écriture Sainte pour l'Église dans son ensemble, mais surtout pour les prêtres et les religieuses. C'est alors que le père Gervais a commencé à écrire "Montée", un ensemble de quarante leçons sur la Bible. Il était armé d'un trésor d'informations de tous les enseignants et les témoins de la foi qui avait enseigné au Centre du Verbe Divin.

Il était assisté par un grand nombre de collaborateurs enthousiastes: toutes les personnes qui ont présenté des exposés au Centre du Verbe Divin ont fourni du matériel ainsi qu'une équipe d' assistants.

Le travail a été terminé juste comme Père Gervais a été ordonné évêque auxiliaire de London (1980). Il a ensuite été nommé évêque du diocèse de Sault Sainte-Marie, et après quatre ans, archevêque d'Ottawa (1989).

Il a pris sa retraite en 2007, et au moment d'écrire ces lignes, il profite de sa retraite.



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