include_once("common_lab_header.php");
Excerpt for Montée - Leçon 7 - Le don de la terre by , available in its entirety at Smashwords

Montée - leçon, 7, Le Don de la Terre

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture: "Voici le pays que j'ai promis à Abraham, Isaac et Jacob. Dt. 34,4

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Contenu

1 La Vie dans le Désert

2 L'Établissement sur la Terre

3 La Lutte pour Survivre

4 Sur le Chapitre 3, paragraphe 11 de la Révélation Divine (Dei Verbum)

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Introduction aux leçons 7 à 10

Les leçons 1 à 6 ont traité des cinq livres qui sont appelés La Loi (On, Ex, Lv, Nb, Dt). C'est la première des trois divisions traditionnelles des livres de l'Ancien Testament. La seconde s'appelle Les Prophètes et elle comprend les livres de Josué, des Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les Douze petits prophètes. La troisième division des livres de l'A.T. s'appelle Les Écrits et en comprend tous les autres livres. Comme le Livre des Psaumes est le principal livre de cette troisième catégorie, on lui donne parfois le titre Psaumes plutôt que Écrits (voir Lc 24,44).

Dans les leçons 7 à 15, nous étudierons les Prophètes. Les livres de cette catégorie se répartissent en deux groupes: les Prophètes antérieurs c'est-à-dire Jos, Jg, 1 et 2 Sm, 1 et 2 R; les Prophètes postérieurs, tous les livres des prophètes. Les leçons 7 à 10 étudient surtout les Prophètes antérieurs. Ce groupe de livres, les Prophètes antérieurs, est extraordinaire sous beaucoup d'aspects. On ne trouve, dans toute la littérature connue de l'antiquité, aucun essai analogue d'histoire continue d'un peuple. Ces livres traitent 600 ans d'histoire, depuis l'entrée en Canaan (v.1220 av. J.C.) jusqu'à la destruction de Jérusalem (586 av. J.C.).

Nous ne pouvons, toutefois, apprécier ces livres si nous n'y voyons que de l'histoire. Ils sont appelés livres "prophétiques" pour une raison. Les auteurs sacrés et les éditeurs qui les ont rassemblés s'intéressaient avant tout au jugement de Dieu sur leur histoire. Le travail des auteurs sacrés est, par conséquent, marqué par une approche très critique des documents qu'ils ramassaient. Les éditeurs définitifs, qui ont composé ces livres pendant ou après l'Exil, pouvaient faire un retour en arrière et voir ce qui était bien et mal dans leur passé. Leur approche de l'histoire ressemble beaucoup à l'approche du Livre du Deutéronome. De fait, de nombreux spécialistes en parlent comme de l'Histoire deutéronomique.

L'histoire de la rédaction de ces livres est trop compliquée pour être décrite ici. Ils contiennent d'anciennes traditions qui représentent les positions de différents groupes dans le peuple; par exemple, des traditions pour et contre la monarchie, des traditions favorables et défavorables à David, et ainsi de suite. Aucun effort minutieux n'est fait pour niveler les différences dans les traditions.

Nous remarquons aussi un changement de style dans ces livres, un passage d'un genre littéraire populaire, folklorique à un genre simple de témoin oculaire, à une histoire sèche, documentée, riche en faits. Avec David et Salomon, des bibliothèques (archives) se sont constituées dans lesquelles étaient gardés les rapports officiels des affaires des rois. Il y est fait allusion constamment dans 1 et 2 R (voir, par exemple, 1 R 11,41).

Il y a beaucoup de questions qui sont débattues dans ces livres. Nous en choisirons trois qui nous semblent des plus significatives: le chef, l'organisation du peuple et les effets de la coexistence avec les Cananéens. Ces préoccupations peuvent nous sembler très lointaines aujourd'hui, mais elles reflètent de sérieuses luttes qui sont toujours dans une certaine mesure présentes dans toute communauté vivante. Le peuple de Dieu aujourd'hui se débat encore avec des questions de leadership, d'organisation et de danger de se faire avaler par les sociétés dans lesquelles nous vivons. L'expérience du peuple de Dieu dans le passé peut contribuer à une compréhension plus approfondie de ce qui, sur certains plans, se passe encore aujourd'hui.

Psaume 94

C'est une prière qui peut sembler un peu âpre, mais qui reste loyalement attachée à la croyance que le Seigneur est le défenseur des opprimés. Bien que le titre de "roi" ne soit pas employé, les fonctions royales du Seigneur sont décrites: juge et défenseur de son peuple. Le Seigneur fait respecter et appliquer la Loi de justice, et venge ceux qui sont écrasés par des gens injustes et méchants.

Objectif de la leçon Décrire le peuple qui passe de la vie dans le désert à la vie dans la Terre promise.

1 La Vie dans le Désert

Objectif Décrire deux interprétations de la vie dans le désert.

Le peuple de Dieu avait la Loi de l'Alliance pour y conformer sa vie, mais cette Loi n'imposa jamais clairement une forme de leadership et n'exigea pas non plus une forme d'organisation pour le peuple. Il n'est donc pas surprenant que, .sur le plan du leadership et de l'organisation, le peuple ait traversé plusieurs phases différentes. On peut en distinguer au moins quatre: la première est celle des tribus désertiques errantes, la deuxième est la période de transition des Juges où les tribus du désert commençaient à s'installer en Canaan, la troisième est la période des rois et la quatrième, la période après l'Exil, où le peuple est organisé sous l'autorité des prêtres dont le centre est le Temple de Jérusalem.

Le peuple n'était jamais unanime sur la valeur d'aucune de ces formes de leadership et d'organisation. Il y eut des groupes pour et des groupes contre chacune des quatre structures sociales de base. Certains soutenaient que le style de vie dans le désert était la meilleure expression de la volonté de Dieu; d'autres le considéraient primitif et arriéré. Le même genre de pour et de contre se trouverait pour chacune des trois autres formes de société que le peuple connut au cours de son histoire. Dans cette section, nous allons étudier certains des principaux traits de la vie dans le désert et nous prendrons deux passages de l'Écriture pour illustrer les positions pour et contre le modèle du désert.

Abraham et les autres patriarches, aussi bien que les tribus sous la conduite de Moïse, menaient une vie de semi-nomades. Un nomade est celui qui vit complètement dans le désert et élève habituellement des chameaux pour vivre. Un semi-nomade est celui qui élève des moutons et des chèvres et, par conséquent, doit vivre, non pas complètement dans le désert, mais sur les bords du désert, là où la terre n'est pas assez bonne pour la culture, mais assez bonne pour faire paître de petits animaux. Les semi-nomades doivent être prêts à se déplacer sur de meilleurs pâturages quand c'est nécessaire. Ils doivent vivre sous des tentes et pouvoir ramasser toutes leurs affaires et les transporter assez facilement.

Le peuple vécut de cette façon pendant de nombreuses années après l'Exode et l'Alliance au Sinaï. Il était organisé en tribus, composées de clans, et Moïse était leur chef à tous. Chaque clan avait son chef (ancien) et chaque groupe de clans constituant une tribu avait son chef. Les chefs des clans et des tribus constituaient la structure qui avait le pouvoir sur les tribus. Les devoirs des anciens comprenaient l'administration de la justice ¬l'application de la Loi.

Dans le passage du Livre de l'Exode que vous allez lire, nous trouvons une déclaration très positive sur ce genre d'organisation et de leadership. L'auteur sacré considère le modèle du désert comme l'idéal, avec quelques modifications. Il donne des arguments contre tout système d'administration de la justice exagérément centralisé comme ça pourrait être le cas sous les rois, mais il fait aussi remarquer que Moïse n'a pas simplement choisi les anciens des clans et des tribus, mais qu'il a choisi des hommes capables, que ce soient des anciens ou non.

Lecture Exode 18,13-26

Ce passage affirme que l'administration de la justice ne devrait pas connaître de restriction; il ne devrait pas y avoir d'arriérés de causes qui doivent être entendues en cour. Le modèle du désert sert à montrer comment cela est faisable - la solution est dans la décentralisation. Le passage affirme également que des personnes compétentes devraient être nommées par un "juge" général pour s'occuper des causes ordinaires, et que seules les plus difficiles devraient être référées au juge principal (Moïse).

La vie dans le désert était centrée sur la famille et avait un caractère très fortement communautaire. Pour survivre, il fallait rester ensemble, travailler ensemble, se déplacer ensemble. La vie dans le désert exigeait que l'on se soucie les uns des autres, et surtout que l'on s'occupe des plus faibles. Le souci et la protection des faibles (femmes, enfants, orphelins, vieillards, malades) sont des caractéristiques marquées de la plupart des groupes tribaux, de même que l'hospitalité vis-à-vis de l'étranger qui arrive dans une tribu. Une personne ne peut pas survivre seul dans le désert, l'hospitalité est donc essentielle. Comme on l'a vu dans la sixième leçon, la Loi reflète beaucoup de ces préoccupations qui étaient des traits de la vie dans le désert et insiste dessus même lorsque les tribus ont cessé d'être nomades et se sont mises à l'agriculture et à la vie urbaine.

La primauté de Moïse, étudiée dans les leçons précédentes, était jugée idéale. Ce n'était pas un roi, mais c'était un vrai chef par l'intérêt altruiste dont il faisait preuve vis-à-vis du bien du peuple. Ce n'était pas exactement un prêtre, mais le médiateur, l'intercesseur pour le peuple. Ce n'était pas un chef militaire, mais il priait pour le peuple engagé dans le combat. Moïse était un juge dans le sens qu'il administrait la justice. C'était un prophète en ce qu'il interprétait la volonté de Dieu pour le peuple. La qualité essentielle du chef idéal, comme on le voit en Moïse, est sa proximité de Dieu et du peuple.

Dans la lecture suivante, tirée du Livre des Nombres, nous voyons la figure du grand chef chez Moïse, mais nous voyons aussi la vie au désert sous son jour le plus sombre. L'auteur sacré, qui écrit longtemps après l'installation du peuple sur la Terre, dit que le peuple était aussi rebelle, aussi stupide et aussi ingrat dans le désert qu'il l'est dans la Terre promise; il était, est et sera un peuple à la nuque raide, têtu et rebelle. La vie dans le désert et sur la Terre se ressemblent beaucoup. La vie dans le désert n'était pas un idéal à imiter. Seul Moïse lui-même constitue un idéal; c'est le meilleur des chefs.

Lecture Nombres 13,25 - 14,24

Note: Le peuple a envoyé des espions pour reconnaître le pays de Canaan. Ils allèrent à la reconnaissance du pays et revinrent faire leur rapport.

Le peuple y est dépeint comme craignant tout ce qui est nouveau. Il préférerait se donner son propre chef et retourner en Égypte, plutôt que de se lancer vers un avenir inconnu. Il préférerait faire marche arrière plutôt que d'aller de l'avant. D'après l'opinion des auteurs, la vie dans le désert était nettement mauvaise puisque Dieu a puni le peuple et n'a laissé que Josué et Caleb entrer dans la Terre promise.

Malgré les arguments contre la vie dans le désert, la majorité du peuple conservait quand même du respect pour cette période de son histoire. C'était vraisemblablement la célébration de la Pâque qui les rapprochait de cette partie de leur passé. La Pâque était une fête de semi-nomades, célébrée à la maison et conduite par le chef de famille. Cela n'exigeait ni sacerdoce officiel, ni temple, ni lieu saint, ni autel (voir 3e leçon). Cette célébration du désert ne nécessitait ni édifice coûteux, ni vêtements spéciaux, ni matériel somptueux. La simplicité de la vie dans le désert avait en elle-même un certain attrait et elle demeura pour beaucoup comme une sorte d'idéal, longtemps après l'installation sur la Terre. Les prophètes évoqueraient le désert et y verraient un idéal de justice et de simplicité, la "lune de miel" de Dieu et de son peuple. Des groupes réactionnaires comme les Rékabites (Jr 35) et des groupes comme les Qénites (Jg 1,16) recréèrent la vie du désert, vivant sous la tente et refusant de s'établir comme cultivateurs et citadins.

Quand le groupe du désert entra en Canaan, la Terre qui leur avait été promise, la seule forme de leadership et d'organisation qu'il avait était tribale et semi-nomade. Une fois que son style de vie eut commencé à changer et qu'il se fut mis à la culture et à la vie dans les villes, il fallut que ce style de vie du désert change. Il fallut découvrir de nouvelles façons de vivre et de nouveaux styles de chefs. Le peuple vers lequel se tourner pour chercher les nouvelles formes de vie qu'exigeait la vie de cultivateurs et de citadins, était évidemment les Cananéens.

Exercices pratiques

1 En réfléchissant sur l'expérience du désert, les générations postérieures du peuple qui occupaient la terre en aboutissaient à deux interprétations différentes. Indiquer, parmi les affirmations suivantes, celles qui représentent:

A, une interprétation favorable de l'expérience du désert.

B,une interprétation défavorable de l'expérience du désert.

____a. Le peuple est présenté comme rebelle et ingrat.

____b. Le peuple est décrit comme craignant les occupants de la Terre promise.

____c. Moise est présenté comme le chef idéal qui partage sa fonction de chef avec des hommes capables.

____d. Dieu punit les Israélites infidèles en les empêchant d'entrer dans la Terre promise.

____e. Aucun sacerdoce officiel n'est nécessaire dans le désert- pas de temple, pas de lieu saint, pas d'autel.

____f.Beaucoup appréciaient la simplicité de la vie dans le désert avec son idéal de justice pour tous.

2. Divers auteurs sacrés reconnaissent une grande différence entre le culte de Dieu dans le désert et dans les temples et les lieux saints de la Terre. Parmi les passages suivants, lesquels semblent préférer le style de culte dans le désert?

a. Ps 78(77),12-19*

b. Ps 95(94),8-11

c. Jr 7,21-26

d. Os 2,16-17

e. Am 5,21-25

*Note: La numérotation de la Bible hébraïque est en avance de un sur la Vulgate et la Bible grecque. Voir l'introduction de votre Bible pour plus ample explication.

2 L'Établissement Sur la Terre

Objectif Décrire la vie des Cananéens et la façon dont le peuple s'est installé au milieu d'eux.

Canaan, la terre promise aux descendants d'Abraham, était une terre d'abondance aux yeux de ceux qui vivaient dans le désert (Dt 8,7-10). Elle avait le bonheur d'avoir des pluies régulières, des vallées et des plaines fertiles, de bonnes collines pour les vignes et les forêts, des carrières de pierre à bâtir et quelques mines de bronze. Les olives, les céréales et le vin s'y trouvaient généralement en abondance. Certaines régions avaient de bons pâturages pour l'élevage du bétail. C'était certes une bonne terre, comme le jardin de Gn 2, avec ses cours d'eau et ses arbres fruitiers.

La Terre était occupée par toutes sortes de peuples dont la plupart appartenaient à la même souche sémitique que le peuple. La langue des Cananéens et celle du peuple devaient se ressembler beaucoup. D'après nos normes actuelles, la population du pays de Canaan serait jugée très clairsemée. Il y avait des régions, surtout dans les collines boisées du centre autour de Sichem, qui comptaient très peu d'habitants avant l'arrivée du peuple.

La culture était l'occupation principale des Cananéens et, par conséquent, la fertilité, leur préoccupation principale. Ils dépendaient de la saison des pluies pour leurs récoltes, aussi leur religion était-elle axée sur les périodes de pluie et de sécheresse si indispensables à la réussite des cultures. Leurs dieux étaient principalement des dieux de la fertilité. (Quand le peuple se mit à la culture, il en apprit l'art des Cananéens, il était donc difficile de rejeter la religion qui allait de pair avec la culture.)

Sur le plan géographique, des régions vallonnées et des plaines se partagent le pays de Canaan. Il n'est pas étonnant qu'à l'époque où le peuple commença à s'installer en Canaan, les Cananéens n'avaient pas de gouvernement général, central. Le pays comptait plusieurs cités-états séparées, qui avaient chacune à sa tête un "roi" ou "prince". Chaque souverain exerçait sa domination sur une zone s'étendant autour de sa cité. Les souverains cananéens n'étaient pas politiquement unis entre eux dans un gouvernement central, bien qu'ils coopèrent en cas d'urgence.

Ils avaient un système féodal avec l'aristocratie vivant dans les villes, et les paysans et les serfs dans les faubourgs, tributaires de la ville. Entre les cités-états, il y avait des zones qui ne relevaient pas nettement d'un souverain donné. Ces mêmes terrains pouvaient très facilement être adoptés par de nouveaux groupes qui voulaient être des pionniers et se tailler une place au soleil à la périphérie des cités-états. Puisque la plupart des Cananéens étaient des sémites, comme les Hébreux qui sortaient du désert, et puisque les Cananéens n'étaient pas beaucoup plus que des esclaves des rois cananéens, il n'était pas surprenant que ces peuples opprimés se mettent rapidement à la "nouvelle religion" apportée par Josué et son groupe. Le Seigneur qui avait libéré le peuple de l'esclavage en Égypte avait toutes les chances d'être un Dieu très séduisant pour des esclaves et des paysans opprimés en Canaan.

Il est très difficile de reconstituer la façon dont le peuple a occupé Canaan. Le Livre de Josué donne l'impression que la Terre promise a été prise d'assaut, conquise morceau par morceau à la suite de batailles successives et rapprochées. Le Livre des Juges, toutefois, donne une version différente de l'occupation. Il n'est pas possible dans l'espace dont nous disposons ici d'examiner à fond toutes les explications possibles des renseignements donnés dans la Bible, aussi présentons-nous une théorie qui a le mérite d'être satisfaisante: le peuple prit possession de la Terre de trois façons: par infiltration, par des conversions et des traités et par des batailles contre les cités-états.

1. Par infiltration. Certains groupes sortirent du désert et s'installèrent simplement dans les régions peu peuplées en bordure du désert (par ex. au sud) ou dans les régions situées entre les territoires des cités-états, ou dans le pays vallonné au centre qui était aussi très peu peuplé.

2. Par des conversions et des traités. Le peuple se lia d'amitié ou arriva à des accords avec ceux qui y vivaient. Il est même possible que les quelques habitants de ces régions aient été victimes de la domination sévère des cités-états. "L'évangile" de l'Exode aurait pu être très séduisant pour ces Cananéens et ils auraient été tentés de se joindre aux groupes de l'Exode récemment arrivés et qui avaient la promesse de posséder tout le pays. Certains natifs de Canaan auraient été "convertis" et auraient été intégrés au peuple en entrant dans l'Alliance. (Jos 24 est probablement le récit de l'entrée d'autochtones dans l'Alliance.) Certains groupes d'autochtones, conquis par des traités, des accords de coexistence pacifique (voir Jos 9).

3. Par des batailles contre les cités-états. Josué et ses hommes prirent certaines villes en leur faisant la guerre. La conquête de Jéricho restée dans les mémoires comme la toute première cité à être prise, fut célébrée pendant des générations dans la liturgie des lieux saints locaux. D'autres cités-états furent conquises au cours des générations suivantes, jusqu'à ce que la dernière, Jérusalem, le soit par David.

Il est clair d'après le Livre des Juges que le peuple ne tua pas beaucoup de Cananéens, mais vécut plutôt au milieu d'eux.

Lecture Juges 1,17-35

Note: Ne vous souciez pas de vous rappeler tous les noms. Cette lecture n'est destinée qu'à souligner le fait de la coexistence du peuple avec les natifs du pays de Canaan.

Exercices pratiques

3 Indiquer si les affirmations suivantes sur les Cananéens sont vraies ou fausses.

____a. L'économie des cités-états cananéennes était basée sur l'agriculture.

____b. La pratique religieuse cananéenne était centrée sur les cultes de fertilité.

____c.Le pays de Canaan avait une forte population surtout dans la région vallonnée du centre.

____d.Les Cananéens avaient en commun avec le peuple à la fois des origines sémitiques et une langue semblable.

____e Les Cananéens étaient unis en une fédération de cités-états.

____f. Les cités-états cananéennes étaient dominées par les rois ou les princes locaux.

____g. Le système cananéen des cités-états exerçant un contrôle sur les régions environnantes couvrait tout le pays.

____h. Les paysans cananéens qui pratiquaient des rites de fertilité ne seraient probablement pas attirés vers le Seigneur de l'Exode et de l'Alliance.

4. Une théorie de l'occupation de la Terre par le peuple formule que cela s'est produit de trois façons. Expliquer comment le peuple aurait occupé la Terre de chacune des façons suivantes:

Par infiltration

a. Par des conversions et des traités

-----

c. Par des batailles contre les cités-états

----

3 La Lutte Pour Survivre

Objectif Décrire le comportement des tribus à l'époque des Juges.

L'établissement en Canaan et la mainmise sur tout le pays ne s'achevèrent qu'au bout de nombreuses générations. Si nous reprenons notre date de 1250 av. J.C. pour l'Exode, nous pouvons estimer que l'occupation de Canaan commença vers 1220 av. J.C. Au cours des cent années qui suivirent ou à peu près, les tribus s'emparèrent chacune de leur propre territoire, mais les Douze tribus ne dominèrent complètement tout leur territoire qu'au temps de David, vers 1000 av. J.C.

Chacune des tribus était plus ou moins autonome. Il n'y avait pas d'unité politique, ni de gouvernement central, mais elles avaient en commun la Loi de l'Alliance et un lieu saint central, là où l'Arche de l'Alliance était gardé. (On en dira plus là-dessus à la leçon 8.)

Les tribus croyaient que le Seigneur était leur roi. Le Seigneur faisait pour elles ce que les rois faisaient pour les autres nations; il livrait leurs batailles et leur donnait leur loi. Tandis que les tribus jouissaient d'une certaine unité religieuse réelle, elles avaient tendance à être indépendantes les unes des autres sur la plupart des points.

Leur unité de foi, cependant, semblait les conduire inévitablement à d'autres expressions d'unité. L'Alliance les liait au Seigneur, mais elle les obligeait aussi à s'entraider, surtout quand l'une ou l'autre des tribus était dans la difficulté. A l'époque des Juges (v. 1220-1000 av. J.C.), nous voyons des héros locaux qui conduisent leur tribu à la victoire sur ses ennemis, mais nous voyons aussi des héros qui appellent beaucoup de tribus ensemble pour combattre l'ennemi. Le processus d'unité politique entre les tribus commença ainsi et c'est parmi les tribus du nord qu'on le remarque d'abord.

Objectif 3.1 Décrire la manière dont les tribus du nord obtiennent et maintiennent le contrôle de leur territoire.

Pendant ces années qui vont de l'entrée en Canaan au règne du roi David, le peuple eut à faire un rude travail de pionnier. Cela ne suffisait pas qu'ils aient à lutter pour leur vie, il fallait encore qu'ils apprennent tout ce qui concernait la culture de leurs voisins païens. Il n'est pas étonnant que nous trouvions des coutumes très primitives, des pratiques et des superstitions païennes même dans les vies des grands héros. Les auteurs sacrés du Livre des Juges rapportent le bon avec le mauvais et se contentent de dire au lecteur de ne pas juger trop sévèrement ces héros, parce que, après tout, ils ont fait ce qu'ils pensaient être le mieux et n'avaient pas de rois pour les guider (Jg 21,25). C'étaient des temps difficiles: le peuple se mit à adorer les dieux cananéens, le Seigneur le punit en envoyant des ennemis; il cria vers le Seigneur, le Seigneur eut pitié et lui envoya des héros pour battre les ennemis. Ce modèle - péché, châtiment, le peuple qui crie vers le Seigneur et le Seigneur qui envoie un juge pour le délivrer - se retrouve dans tout le Livre des Juges.

Dans les passages que vous allez lire maintenant, vous verrez le grand juge Débora et son général Baraq qui appellent les tribus du nord à se rassembler pour combattre les rois cananéens. Le passage présente la victoire d'abord en prose (ch. 4) et ensuite en poésie (ch. 5).

Lecture Juges 4-5

Commentaire

Sans la moindre excuse ou explication, Débora, une femme, est présentée comme juge, prophétesse en Israël. Dans ce contexte, "juge" et "prophétesse" ont presque le même sens. Débora applique la Loi aux causes qui lui sont apportées et interprète la volonté de Dieu pour le peuple, à la fois pour les questions de justice et en y apportant le jugement de Dieu sur les ennemis du peuple, en l'occurrence, les souverains cananéens des cités-états dans le nord du pays.

Elle siégeait sous le palmier de Débora ,Jg 4,5a

La victoire appartient au Seigneur et aux deux femmes: Débora va au combat avec Baraq et donne l'ordre d'attaquer; Yael tua le commandant sur le coup en le frappant avec un piquet de tente. (Le mari de Yael est un Qénite, groupe qui ressemble de très près aux Rékabites déjà mentionnés dans cette leçon. Ils vivaient sous la tente, refusant de s'installer sur la Terre. Même s'ils n'avaient pas part à l'Alliance, les Qénites adoraient le Seigneur (YHVH) et entretenaient des relations amicales avec les Israélites.)

En se basant sur le vocabulaire et la grammaire du poème du ch. 5, les spécialistes estiment que c'est un des passages les plus anciens de la Bible. Il remonte probablement au temps des Juges. Les vv. 6-8 décrivent la situation désespérée dans laquelle se trouvaient les Tribus avant la victoire de Débora sur les rois cananéens.

Les vv. 13-15a louent comme les héros du peuple de Dieu les six tribus qui ont répondu à l'appel au combat. Aux vv. 15b-17, celles qui n'ont pas répondu à l'appel se voient traiter de lâches, paresseuses ou indifférentes. En tout, les dix tribus du nord sont mentionnées.

Les six tribus courageuses Les quatre tribus blâmées

qui se sont unies pour combattre de n'avoir rien fait pour

Ephraïm soutenir la cause

Benjamin Ruben

Makir (clan de Manassé) Galaad

Zabulon Dan

Issachar Asher

Nephtali

Les tribus du sud, Juda et Siméon, ne sont pas mentionnées. Il se peut qu'elles n'aient pas été appelées parce qu'elles étaient trop loin ou, comme nous le verrons, parce qu'elles n'étaient pas en mesure de fournir beaucoup d'aide.

Note: Les Douze tribus ne sont pas toujours énumérées de la même façon. Des tribus pouvaient disparaître, ou être assimilées par d'autres, ou une grande tribu pouvait même se diviser en deux. Les listes des Douze tribus peuvent différer, selon la période que les récits présentent. Vous pourriez comparer, si vous le désirez, les tribus mentionnées en Gn 49 et celles de Nb 1. Les listes appartiennent à des périodes différentes et ne sont pas identiques.

Dans la victoire de Débora et de Baraq, nous voyons certaines tribus du nord qui se rassemblent pour obtenir le contrôle de leur territoire. Dans les lectures suivantes, nous verrons Gédéon, un grand juge, qui défend les territoires des tribus contre les raids des nomades sortant du désert. Les Madianites et les Amalécites étaient des nomades, éleveurs de chameaux, qui vivaient dans le désert et faisaient des incursions chez les fermiers chaque fois qu'ils en sentaient le besoin.

Lecture Juges 6,1-10

Commentaire

Nous remarquons le modèle typique du Livre des Juges dans ce passage, péché, châtiment, cris vers le Seigneur. Le modèle est complété dans le passage suivant.

Lecture Juges 6,33-35

Commentaire

L'esprit du Seigneur revêtit Gédéon. En général, quand l'esprit du Seigneur est donné à une personne, cette personne est alors prête à tout ce que le Seigneur a à l'esprit, que ce soit de prophétiser, de régner en roi ou d'être juge. L'esprit du Seigneur s'empare de Gédéon pour lui donner force, courage, audace et finesse pour son travail de juge. Il est préparé à faire la volonté de Dieu, qui est comprise ici comme la défaite des Madianites.

Au v.35, Gédéon, comme Débora, fait appel à d'autres tribus pour l'aider et elles répondent à son appel. Une fois de plus, ce sont des tribus du nord.

Le fait que l'esprit du Seigneur soit sur Gédéon en fait un chef charismatique, mais ce charisme ne le rend pas saint ou n'en fait pas un bon théologien. Gédéon est un fermier qui n'a pas seulement appris des Cananéens l'art de cultiver, mais a aussi absorbé un peu de leur religion. On le montre croyant en des pratiques superstitieuses (6,36-40) et faisant une idole (8,22-27). Malgré ses imperfections, il est quand même l'homme du Seigneur pour sauver son peuple des Madianites. Recourant à des méthodes que nous ne comprenons plus (7,1-8), Gédéon choisit un petit groupe de 300 hommes et organise une attaque genre guérilla sur le camp des Madianites. Son attaque par surprise et ses tactiques exaspérantes terrifient les Madianites.

Lecture Juges 7,16-22

La défaite du camp des Madianites est complète, mais Gédéon poursuit ceux qui se sont enfuis et fait appel aux autres tribus (7,23-25) pour qu'elles viennent à son aide. Les gens d'Éphraïm expriment leur ressentiment de ne pas avoir été invités à participer à la bataille initiale et de ne l'être que pour exterminer les déserteurs (8,1-3). Gédéon les apaise et poursuit son chemin pour livrer bataille à l'armée des "fils de l'Orient" (les Madianites). Il traverse les villes de Sukkot et Penuel dans la vallée du Jourdain et demande de la nourriture pour ses hommes. On lui refuse l'hospitalité et Gédéon ne l'oublie pas. La conduite de Gédéon dans le passage que vous allez lire est tout à fait celle du chef militaire-partisan: coopérez avec moi dans la lutte pour la liberté sinon . .!

Lecture Juges 8,4-21

Gédéon ne plaisante pas une fois qu'il a entrepris de défendre son pays, et il arrive ses fins. Les gens d'Israël (quelques tribus du nord) sont si impressionnés qu'ils demandent à Gédéon d'être leur roi. Le juge n'exerçait son pouvoir autant que cela était nécessaire. Les juges reprenaient leurs occupations après la défaite des ennemis. Les gens du nord demandent maintenant une institution plus permanente pour les défendre contre leurs ennemis. Ils veulent un roi, un roi qui fonderait une dynastie.

Lecture Juges 8,22-35

Commentaire

"Règne sur nous, toi et tes fils . . " C'est une demande pour l'établissement d'une royauté dynastique, dans laquelle les fils succèdent à leur père sur le trône. Gédéon donne la réponse de ceux qui tiennent à la vieille forme de leadership et d'organisation tribale qui était celle du désert: le Seigneur est le roi. Tandis que Gédéon retourne chez lui (v.29), il agit comme un roi: il ramasse une partie du butin provenant des gens d'Israël et il prend de nombreuses épouses. Le fait de prendre des femmes dans différentes villes et de leur donner des enfants était une façon d'asseoir son autorité. Gédéon en refuse le titre, mais il ne s'abstient pas complètement d'agir en roi. On dit qu'il a eu soixante-dix fils, c'est-à-dire beaucoup, beaucoup de fils, dont l'un est Abimélek, le fils d'une femme de Sichem. Nous en entendrons reparler à la huitième leçon.

Exercices pratiques

5. Quel est le modèle commun qui décrit la conduite des Tribus à l'époque des Juges? (Note: quatre parties décrivent le modèle complètement.)

6 Indiquer, parmi les remarques suivantes, celles qui décrivent:

A.Débora

B.Gédéon

C.à la fois Débora et Gédéon

____a. Fait appel à plusieurs tribus ensemble pour combattre l'ennemi.

____b. Punit les villages qui refusent de s'associer au combat contre l'ennemi.

____c. Règle des litiges en faveur des Israélites.

____d. Met en déroute les nomades du désert qui font des razzias.

____e. Fait une idole en or avec le butin de la guerre.

____f. Bat les rois cananéens.

____g. Emploie des tactiques inhabituelles dans les batailles.

____h. Réussit à obtenir que six Tribus coopèrent au combat contre les ennemis.

____l Prophétise au nom du Seigneur.

____j.Contribue à raffermir les Tribus du nord.

Objectif 3.2 Décrire la vie des Philistins et la manière dont les Tribus du sud s'adaptèrent à eux.En abordant les tribus qui vivent dans le sud, il n'est pas exagéré de dire qu'elles étaient dans un triste gâchis. Les Juges qui avaient été élevés parmi celles-ci sont loin d'égaler Débora, Gédéon et les autres héros du nord. Otniel (Jg 3,7-11) marque une victoire sur les Édomites, et Shamgar tue des Philistins. (Shamgar est appelé "fils d'Anat", une des déesses cananéennes de la fertilité et de la guerre; s'il faisait tant soit peu partie du peuple de Dieu, il se vantait d'étranges liens de parenté.) Ce que les tribus du sud ont de mieux dont elles puissent se glorifier, c'est Samson. Samson est du clan de Dan, qui était une tribu du sud avant d'être obligé d'aller vers le nord (Jg 18). Bien qu'il soit dit à maintes reprises que Samson avait reçu l'esprit du Seigneur, il n'en reste pas moins un héros de pacotille, d'une grande puissance physique, vindicatif, avec un faible pour les belles femmes. Il ne rassemble jamais une armée au nom du Seigneur, il ne mène jamais un groupe de fidèles adeptes pour défaire l'ennemi. Il est le héros de gens si désespérément empêtrés de leurs oppresseurs qu'ils ne peuvent que rêver de les blesser, jamais de les défaire. A travers Samson, nous pouvons nous faire une idée de la situation des tribus de Dan, Juda et Siméon au temps des Juges.

Leurs oppresseurs étaient les Philistins, les descendants des peuples de la Mer, venus en bateau des îles de la mer Égée pour conquérir de nouvelles terres. Ils attaquèrent l'Égypte sans succès et une partie d'entre eux finirent par aboutir sur la côte de Canaan. Leur arrivée correspond de près à l'arrivée du peuple à la sortie du désert.

Les Philistins occupaient la meilleure terre entre la côte et la région des collines de Juda. Les plaines onduleuses leur donnaient de l'orge et de la bière à satiété. Ils avaient de belles cités-états—Asdod, Ascalon, Eqron, Gat, Gaza—dont chacune était gouvernée par un chef nommé `seren'. Les cités-états des Philistins étaient bien organisées et constituaient un tout qui pouvait fonctionner, surtout en temps de guerre. Leur puissance militaire était fondée sur l'emploi de chariots et renforcée par leur monopole sur le fer (1 Sm 13,19-22).

Ils dominaient vraiment les tribus du sud. Bien qu'elles aient la haine des Philistins, ces tribus n'avaient ni les ressources, ni les effectifs, ni les chefs dont elles avaient besoin pour les défaire. Les tribus du sud s'adaptaient à leur situation d'opprimés pour survivre. On pourrait dire que ce qu'elles pouvaient faire de mieux, c'était d'endurer leur triste sort en buvant la bière des Philistins et en contant l'histoire d'un héros qui donnait vraiment aux Philistins ce qu'ils méritaient. L'histoire de Samson est à prendre pour ce qu'elle est en réalité, soit un bon divertissement.

Lecture Juges 13, 14, 15, 16

Samson inflige des pertes aux Philistins, mais ne les défait pas. Les Tribus du sud étaient comme un petit garçon nu face à un géant portant armure. Un certain temps s'écoulerait avant qu'elles espèrent voir le petit garçon faire tomber le géant de fer. David serait celui qui soulèverait cet espoir et le réaliserait.

Exercices pratiques

7. Indiquer si les affirmations suivantes sur les Philistins sont vraies ou fausses:

____a. Les Philistins faisaient partie des premiers habitants de la Terre promise.

____b. Les Philistins occupaient la meilleure terre entre la côte méditerranéenne et les collines de Juda.

____c. Les belles cités-états des Philistins étaient groupées politiquement en une fédération.

____d.Les Philistins disposaient d'armes militaires supérieures à celles des Tribus.

____e.Les Philistins n'avaient pas beaucoup de mal à dominer les Tribus du sud.

8. Identifier trois passages en Juges 15 qui dépeignent l'attitude des Tribus du sud à l'égard des Philistins.

a.

b.

c.

3 Sur le Chapitre 3,

paragraphe 11, de la Révélation Divine

Tout ce qui se trouve dans l'Écriture s'y trouve parce que Dieu l'y a voulu. Par l'action de l'Esprit-Saint (inspiration), Dieu a mis dans la Bible ce que nous y trouvons maintenant. Ceci s'applique à tous les livres, de la Genèse à l'Apocalypse sans exception. Cela importe peu que nous soyons impressionnés ou non par l'un ou l'autre livre, l'une ou l'autre expression; pas plus qu'il importe que nous voyions le rapport d'un passage ou de l'autre. Si ces livres ou ces passages font authentiquement partie de la Bible, ils sont inspirés par l'Esprit-Saint et sont l'œuvre de Dieu. Il se peut que Dieu soit le seul qui sache réellement pourquoi certains passages se trouvent dans la Bible. Dire qu'un passage est inspiré ne veut pas dire qu'il nous élève l'âme, mais que Dieu a voulu qu'il soit conservé pour faire partie de sa parole écrite.

Dieu n'a pas travaillé tout seul. Tout au long du processus de création de la Bible, des gens ont été à l'œuvre, ont écrit comme de vrais auteurs humains. Dieu ne s'en est pas servi comme de simples magnétophones ou d'instruments impersonnels. Leurs facultés et leurs talents humains, grands, médiocres ou petits, ont été employés au maximum. Les auteurs humains, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ont mis par écrit ce que Dieu voulait et uniquement ce qu'Il voulait.

Il devrait être clair, d'après les leçons déjà vues, que les livres saints ont une histoire qui leur est propre. Dans la plupart des cas, il est trop simple de dire qu'un livre donné a été écrit par un auteur humain. Beaucoup de livres de la Bible nous sont parvenus par un processus qui a pris des années, parfois même des siècles. Certains livres ont commencé comme le récit d'événements préservés pendant longtemps dans la tradition vivante du peuple avant d'être consignés. D'autres, comme des catalogues de lois, la narration d'événements, des sermons et des histoires, qui finirent par être mis par écrit, augmentés et édités avant de prendre la forme définitive sous laquelle ils nous ont été transmis. Nous pouvons dire que l'Esprit-Saint était présent à ce processus du début la fin. En ce qui concerne la Révélation Divine, cependant, il suffit de dire que l'inspiration biblique s'applique aux auteurs réels des mots qui ont été acceptés comme faisant partie de la Bible.

Quel est le principal effet de l'inspiration? Le principal effet est ce qui est consigné dans la Bible, la vérité dont nous avons besoin pour notre salut. Cette expression a fait l'objet de très nombreux débats au Concile. Tout d'abord, l'expression fait allusion à la vérité consignée dont nous avons besoin. Les Pères du Concile ne voulaient pas sous-entendre que la Bible ne contiendrait pas tout ce dont nous avons besoin en vue du salut. La question n'est pas tranchée.

La vérité qui est enseignée avec certitude dans la Bible est la vérité dont nous avons besoin en vue de notre salut. L'inspiration garantit que l'Écriture transmet sans erreur, la vérité consignée dont nous avons besoin pour arriver à l'union à Dieu. Le salut est le but de l'Écriture; la vérité que contient l'Écriture (la Bible) ne peut être mesurée qu'en fonction de ce but, et d'aucun autre.

Il faut comprendre la vérité dans un sens large. Cela implique des idées, des principes moraux, et aussi beaucoup plus. La vérité peut être communiquée dans les émotions qu'un texte peut faire naître; dans la beauté d'un passage ou dans le fastidieux d'un autre. La vérité peut comporter des données historiques nécessaires à notre compréhension de la parole de Dieu et de son historicité factuelle. (Cela ne veut pas dire nécessairement des dates et une chronologie exactes.) Ce qu'il faut se rappeler, c'est que la vérité que garantit l'inspiration de la Bible se rapporte à ce dont nous avons besoin pour le salut.

L'Esprit-Saint n'a pas inspiré les auteurs bibliques pour nous fournir la vérité sur toute question qui n'est pas nécessaire à notre salut. L'Esprit-Saint n'a pas inspiré les auteurs sacrés pour faire de nous des historiens, ou des géographes ou des experts sur l'évolution, les plantes ou les animaux. Nous avons une intelligence donnée par Dieu pour chercher et trouver les réponses à ces choses-là nous-mêmes. La Bible, du fait qu'elle est inspirée par l'Esprit-Saint, enseigne avec certitude tout ce dont nous avons besoin et qui y est consigné pour nous amener à l'union avec notre Père. Il n'y a aucune garantie de vérité libre d'erreur sur les questions qui ne sont pas nécessaires à la réalisation de cette fin.

Corrigé des exercices pratiques

1 a. B

b. B

c. A

d. B

e. A

f.A

2 c. d. e.

3 a. V

b.V

c.F

d.V

e.F

f.V

g.F

h.F

4 Occupation de la Terre:

a. Par infiltration—dans le peuple, nombreux sont ceux qui se sont établis dans les régions peu peuplées aux confins du désert et dans les collines du centre, aussi bien que dans les régions inoccupées entre les cités-états.

b. Par des conversions et des traités—serfs et paysans cananéens étaient attirés à la foi des groupes de l'Exode et entraient volontairement dans l'Alliance avec eux (Jos 24); d'autres concluaient des traités de coexistence pacifique avec le peuple (Jos 9).

c. Par des batailles contre les cités-états—en commençant avec la célèbre bataille de Jéricho, Josué occupe une partie du pays par force. Au cours des siècles, de nombreux chefs hébreux se sont levés et ont conquis d'autres cités-états.

5. Le modèle est le suivant:

1. Le peuple pèche—c.-à-d. adore des dieux cananéens.

2. Le Seigneur punit son peuple—c.-à-d. le livre aux mains de ses ennemis.

3. Le peuple appelle le Seigneur pour qu'il le délivre.

4.Le Seigneur lui envoie un Juge pour le délivrer de ses ennemis.

6. a.C f. A 7 a. F

b. B g. B b. V

c. A h. A c. F

d. B i. A d. V

e. B j. C e. V

8 a. Juges 15,3: "Je ne serai quitte envers les Philistins qu'en leur faisant du mal."

b. Juges 15,7: "Puisque c'est ainsi que vous agissez, eh bien! je ne cesserai qu'après m'être vengé de vous."

c. Juges 15,11: "Ne sais-tu pas que les Philistins sont nos maîtres?"

Test

1. Décrire l'harmonie et la discorde illustrées respectivement en Exode 18,13-27 et Nombres

13,25 - 14,24.

(Trois phrases suffiront pour chaque description.)

____________________________

____________________________

____________________________

2 Le modèle du désert pour l'administration de la justice, illustré en Exode 18,13-27, se soldait par:

a. des retards dans le règlement des cas difficiles exigeant une décision judiciaire par Moïse.

b. la perte de son prestige pour Moïse.

c. une ingérence excessive de Jéthro dans l'Alliance mosaïque.

d. la décentralisation de la procédure judiciaire mosaïque.

e. une perte de confiance dans les qualités de chef de Moïse.

3. La réaction du peuple à l'expérience du désert que nous voyons en Nb 13,25 - 14,24 est surtout:

a. un manque de foi dans le Dieu de l'Exode et de l'Alliance.

b. une crainte sans fondement dans la force des occupants de la Terre promise.

c. une insatisfaction de la façon dont Moïse s'acquittait de son rôle de chef.

d. une insatisfaction de la simplicité de la vie semi-nomade du désert.

4. La théorie de l'occupation de la Terre décrite dans cette leçon établit que la Terre a été

occupée de trois façons. Donnez-les.

a.

____

b.

____

c.

____

5 Indiquer si les affirmations suivantes sur le comportement des Tribus du nord au temps des Juges sont vraies ou fausses:

____a. Dès le début, les Tribus avaient en commun la Loi de l'Alliance et l'unité politique.

____b. Les Tribus croyaient que le Seigneur était leur Roi qui luttait à leurs côtés.

____c. Toutes les Tribus du nord s'unissaient pour faire face à un ennemi commun.

____d. Les Tribus adoptaient les techniques de culture mais non les pratiques religieuses des Cananéens qui y étaient associées.

____e. Le Seigneur permettait que les Cananéens vainquent le peuple quand celui- ci adorait des dieux cananéens.

____f. Quand le peuple appelait le Seigneur, il lui envoyait généralement un Juge pour le délivrer.

____g. La stratégie de Débora et de Baraq était de faire croire à Sisera qu'il était écrasé par le nombre.

____h. La stratégie de Gédéon était de livrer aux Madianites une guerre genre guérilla.

____i. Les Tribus du nord voulaient établir une royauté dynastique commençant avec la maison de Gédéon.

6 Indiquer si les affirmations suivantes sur le comportement des Tribus du sud au temps des Juges sont vraies ou fausses:

____a. La réponse globale des Tribus du nord à l'oppression des Philistins était une adaptation à contrecoeur afin de survivre.

____b. De façon générale, les Tribus du sud n'avaient ni les chefs, ni les effectifs, ni les ressources voulues pour défaire les Philistins.

____c. Samson, Juge pendant vingt ans, conduit les Tribus du sud à la victoire sur les Philistins.

Corrigé du test

1 L'harmonie montrée en Ex 18,13-27:

1. Moïse administre la justice pour les siens.

2. Moïse partage son rôle de chef en choisissant des hommes capables d'administrer la justice en tout temps.

3. Moïse représente les gens devant Dieu .. . il décide des questions plus importantes . les gens repartent satisfaits.

La discorde montrée en Nb 13,25 - 14,24:

1. Le peuple, subjugué par la crainte des Cananéens, fait preuve d'ingratitude pour sa délivrance de l'esclavage en Égypte et veut retourner en Égypte.

2. La discorde est exprimée dans les rapports entre le Seigneur et son peuple—"Jusques à quand ce peuple va-t-il m'insulter?"

3. Moïse intercède pour le peuple, . .. il est pardonné, mais les Israélites infidèles ne verront pas la Terre promise.

2 d

3.a..

4 La théorie de l'occupation du pays—trois façons:

a. Par infiltration

b. Par des conversions et des traités

c. Par des batailles contre les cités-états.

5. a. F

b. V

c. F

d. F

e. V

f. V

g. F

h. V

i. V

6 a. V

b. V

c. F

Recommandations pour la réunion de groupe sur la 7e leçon

1. D'âpres le portrait de Moise comma chef donne dans les leçons et 4 et en Nb 14,11-19, brosser les caractéristiques essentielles d'un chef sans distinction d'époque ou de circonstances particulières d'une communauté.

2. D'âpres Ia description des chefs dans le désert et pendant Ia conquête de la Terre promise, discuter comment les changements dans les conditions de vie de la communauté entraînent un besoin de changement dans son organisation et dans sa direction.

3. Discuter Ia signification de l'inspiration et de la vérité de la Bible dans le paragraphe 11 de la Révélation Divine.

A propos de l'Auteur

Mgr Gervais est né à Elie au Manitoba, le 21 Septembre 1931. Il est le neuvième des quatorze enfants. Sa famille est venue du Manitoba à Sparta près de St. Thomas en Ontario quand il était juste un adolescent. Il est allé à l'école primaire de Sparta et a pris ses études secondaire à l'école Saint-Joseph à la ville de Saint-Thomas. Après le lycée, il est allé étudier pour la prêtrise au séminaire St. Pierre à London, en Ontario. Il a été ordonné prêtre en 1958.

Il a été envoyé à Rome pour les l'étude de l'Écriture Saintes. Cela a été suivi par des études à l'École biblique de Jérusalem. Il est retourné à London pour enseigner les Écritures Saintes pour les séminaristes au séminaire de Saint-Pierre.

En 1974, il a été demandé par l'évêque Emmett Carter de prendre en charge le Centre international de l'éducation religieuse du Verbe Divin. Ce Centre a été fondé par l'évêque Carter à fin de fournir une ressource pour l'éducation des adultes dans l'esprit de Vatican II.

Ce centre offrait des sessions de une ou deux semaines avec plusieurs des meilleurs spécialistes en théologie de l'époque. Les étudiants venaient non seulement du Canada et des États-Unis, mais de partout dans le monde, en Australie, en Afrique, en Asie et en Europe.

Au moment où le Père Gervais est devenu le directeur, le Centre du Verbe Divin était déjà dominée par l'étude de l'Écriture sainte à laquelle il a ajouté la justice sociale. Cet aspect du programme d'études a été présenté par des gens de toutes les parties du «tiers monde»; parmi lesquels se trouvaient le père Gustavo Gutierrez et le cardinal Dery du Ghana.

En 1976, la Conférence des évêques de l'Ontario ainsi que la Conférence canadienne des femmes religieuses ont demandé au Père Gervais d'offrir un cours d'étude par correspondance dans l'Écriture Sainte pour l'Église dans son ensemble, mais surtout pour les prêtres et les religieuses. C'est alors que le père Gervais a commencé à écrire "Montée", un ensemble de quarante leçons sur la Bible. Il était armé d'un trésor d'informations de tous les enseignants et les témoins de la foi qui avait enseigné au Centre du Verbe Divin.

Il était assisté par un grand nombre de collaborateurs enthousiastes: toutes les personnes qui ont présenté des exposés au Centre du Verbe Divin ont fourni du matériel ainsi qu'une équipe d' assistants.

Le travail a été terminé juste comme Père Gervais a été ordonné évêque auxiliaire de London (1980). Il a ensuite été nommé évêque du diocèse de Sault Sainte-Marie, et après quatre ans, archevêque d'Ottawa (1989).

Il a pris sa retraite en 2007, et au moment d'écrire ces lignes, il profite de sa retraite.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Download this book for your ebook reader.
(Pages 1-28 show above.)