Excerpt for Montée - Leçon 16 - Les nouvelles Orientations by , available in its entirety at Smashwords

Montée - Leçon, 16, Orientations Nouvelles

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture: "Venez! Reconstuisons le rempart de Jérusalem et ils affermirent leurs mains pour ce bel ouvrage." Néhémie 1,17-18

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.



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Contenu

1 Ceux Que l'Esprit de Dieu a Éveillés

2 Mon Messager

3 Les Scribes

4 La Bonne Loi Vécue Par Un Bon Étranger

5 Qu'ils Viennent Vers Nous

6 Allons Vers Eux

7 Orientations Prises

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Introduction aux leçons 16 à 20

Dans le programme de MONTEÉ, nous avons jusqu'ici, considéré les deux premières catégories des livres de l'Ancien Testament: la Loi (leçons 1-6) et les Prophètes (les Prophètes antérieurs: leçons 7-10; les Prophètes postérieurs: leçons 11-15). Nous allons maintenant commencer les livres qui ont été groupés ensemble pour former les Écrits. Selon la Bible hébraïque, les Écrits sont tous les livres qui ont été rassemblés en un tout parce qu'ils n'entrent pas dans la catégorie de la Loi ou dans celle des prophètes. Même si beaucoup des livres qui appartiennent à cette catégorie des Écrits remontent beaucoup plus loin dans l'histoire du peuple, ils ont tous en commun le fait d'avoir été connus et acceptés plus tard, pendant ou après l'Exil.

La 16e leçon marque la transition entre les prophètes et les livres postérieurs (les Écrits). Cette leçon comportera des lectures de la dernière partie du livre d'Isaïe, ainsi que quelques passages choisis des prophètes Zacharie et Malachie. Elle comprendra également le livre de Jonas. Cette leçon marque la fin du prophétisme tel que nous avons appris à le connaître dans les cinq dernières leçons. Vous allez commencer à voir les prêtres, les scribes et les érudits prendre la place des prophètes. On commence à attacher une importance nouvelle à ce qui est écrit, à la parole qui est fixée et a besoin d'être interprétée. Dans la leçon 19, on vous initiera à un nouveau genre littéraire, appelé "apocalyptique", qui est une sorte de forme écrite du prophétisme (leçon 19).

Au nombre des Écrits figurent des livres qui comptent parmi les plus profonds et les plus générateurs de réflexion de la Bible. Les livres des sages, les intellectuels du peuple de Dieu, abordent certains des problèmes les plus pénibles et les plus harcelants de l'existence. L'Ecclésiaste (aussi appelé Qoheleth) demande si la vie a un sens; Job questionne l'intégrité de Dieu lui-même vu la manière dont il envoie la souffrance au juste. U ya également des écrits plus paisibles et moins torturés. Les Proverbes et le Cantique des Cantiques traitent des joies et des tristesses que l'on rencontre dans la vie quotidienne (leçons 17 et 18).

Les intellectuels d'une époque plus récente combinent les rôles d'écrivains sapientiaux et de prophètes (l'Ecclésiastique, appelé Sirac, et le livre de la Sagesse, leçons 18 et 19). C'est une nouvelle race d'écrivains, qui ne vivent même pas en Palestine.

La période de l'histoire qui va environ de l'an 400 à l'an 175 av. J.C. est une période qui ne nous donne presque aucun renseignement sur la vie du peuple de Dieu, que ce soit en Palestine ou à l'extérieur de la Palestine. Nous connaissons les événements majeurs de l'histoire mondiale de cette période: l'empire perse est tombé, les Grecs avec Alexandre le Grand (336-323 av. J.C.) ont conquis tout ce qui était jadis l'empire perse et ont même étendu leurs frontières jusqu'aux régions occidentales de l'Inde. Tous les membres du peuple de Dieu, où qu'ils vivent, étaient sous l'autorité grecque.

Au début, cette domination grecque n'était pas trop affreusement tyrannique, mais avec le temps elle devint un cauchemar. Le peuple de Dieu en Palestine était en butte à la persécution à cause de sa foi et de son rejet des coutumes et des dieux grecs. Une révolte nationaliste et religieuse s'organisa (Livre des Maccabées, leçon 19), qui entraîna l'effondrement de l'autorité grecque sur la Palestine et l'avènement d'une forme d'autonomie pour les membres du peuple qui y vivaient. La persécution et la révolte produisirent des écrits qui seront considérés dans la leçon 19 (Daniel).

Nos vingt leçons s'achèveront sur une étude du livre des Psaumes. Vous aurez eu une courte présentation de 19 des 150 prières du livre des Psaumes dans la première partie de chaque leçon. A la leçon 20, nous regarderons les Psaumes comme les prières indiquant que la révélation que le Seigneur a faite à son peuple, est vraiment entrée dans la vie de celui-ci. Les prières auxquelles ils attachaient le plus de prix dans toute leur histoire montrent que Dieu et tous ses messagers n'avaient pas travaillé en vain. Les Psaumes montrent nettement que l'histoire du peuple de Dieu du début jusqu'au temps de Jésus est une histoire empreinte d'une grande victoire pour le Seigneur et pour son peuple.

Psaume 126

Cette prière exprime la grande joie des fidèles qui sont retournés à Jérusalem à la fin de l'Exil. Elle parle de l'Exil comme d'un temps d'attente de la moisson qui va venir après une amère époque de semailles; la fin de l'Exil est comme le temps de récolter une moisson abondante. Au v.4, il y a une prière pour demander au Seigneur de rendre la prospérité au peuple. (La BJ donne les "captifs"; d'autres donnent les "fortunes".) Le Négeb est une région sèche de la Palestine, qui ressemble à un désert; à la saison des pluies, les lits de ses fleuves à sec débordent. Cette demande indique que tout n'était pas si merveilleux pour ceux qui prenaient le risque de retourner à Jérusalem.

Objectif de la leçon Décrire l'évolution que subissent l'organisation et le partage de l'autorité et les changements d'attitude vis-à-vis des gentils qui se produisirent dans le peuple de Dieu après l'Exil.

Introduction

Les choses ne pourraient jamais redevenir ce qu'elles étaient. Le peuple ne pouvait pas même rêver de restaurer tout ce qui avait été perdu par la destruction de Jérusalem et l'Exil. A la fin de l'Exil, il leur fallait faire face, une fois de plus, à des changements radicaux. La première fois qu'ils étaient arrivés dans la Terre promise, ils avaient été forcés de s'adapter à une situation entièrement nouvelle; il leur avait fallu, d'un groupe errant dans le désert, devenir un peuple installé. Ils devinrent une fédération de tribus peu stricte. Alors que ce système commençait juste à être bien établi, les pressions des Philistins les obligèrent à trouver une nouvelle manière de s'organiser et une nouvelle forme d'autorité. Aussi, d'une fédération de tribus avec des Juges suscités par le besoin, se transformèrent-ils encore en un royaume, formé de deux groupes de tribus (celui du nord et celui du sud) sous un seul roi, David. Cette organisation et cette forme d'autorité ne dura qu'un bref laps de temps. Après la mort de Salomon, le royaume se divisa en deux. Puis, 200 ans plus tard, le royaume du nord fut détruit, pour ne jamais se relever, ne laissant que le royaume de Juda au sud. Ceci prit également fin au bout de plus de 400 ans d'existence. Et maintenant, avec la fin de l'Exil, les questions fondamentales d'organisation et de partage de l'autorité se posaient encore à eux..

A peu près tout le monde semblait savoir qu'il n'y avait aucun moyen de restaurer les anciennes formes. Les tribus avaient presque toutes disparues à des fins pratiques, il ne restait que Juda et une partie de Benjamin. Les rois de la lignée de David, même s'il en existait encore des descendants, n'étaient pas autorisés à régner dans l'empire perse. Le territoire que les exilés avaient en Juda au moment de leur retour était un tout petit îlot qui ne s'étendait pas à plus de 40 km (25 miles) de Jérusalem dans n'importe quelle direction.

Ézéchiel leur avait donné quelques conseils pratiques pendant l'exil. Il les avait incités à devenir une nation dominée par les prêtres, centrée autour du culte du Seigneur dans le nouveau Temple qui serait construit à Jérusalem. Le Second Isaïe leur avait donné un rêve plutôt différent, plus idéaliste et moins pratique. Il les avait exhortés à être ouverts à l'avenir, à oublier le passé et à créer le nouveau que le Seigneur avait en vue. Il leur avait dit qu'ils étaient appelés à être serviteur du Seigneur. Ils étaient appelés à être des prophètes auprès des nations à apporter à toutes les nations Ia bonne nouvelle de Ia vie que le Seigneur leur avait donnée.

Les deux prophètes de I ‘Exil semblaient tirer le peuple dans des directions opposées: Ézéchiel soulignant le rôle liturgique du peuple avec son insistance sur le fait que le peuple devait être séparé et différent de toutes les autres nations. Le Second lsaie soulignant leur besoin d'accepter d’être sauves par un païen et d'accepter d’être l’instrument par lequel les païens eux-mêmes seraient sauves.

Le peuple avait appris une leçon difficile par des moyens difficiles. Le fait de devenir "comme les autres nations" (1 Sm 8,5) avait amené un désastre sur eux. Ils étaient devenus tellement comme les autres nations qu’ils méritaient à peine d’être sauves en tant que peuple spécial de Dieu. Ézéchiel leur avait donne des noms comme Sodome (Ez 16,46s). Cela avait servi de leçon a Ia plupart des membres du peuple de Dieu: il fallait qu'ils s'abstiennent des pratiques abominables des nations païennes. Pour s'empêcher d'adopter les manières païennes, ils se mirent à pratiquer des coutumes qui assuraient leur séparation des païens- par ex. les aliments purs impurs, Ia circoncision et !'observance du sabbat.

C'étaient des choses qu'ils faisaient pour maintenir leur propre identité, leur personnalité face aux païens parmi lesquels ils vivaient en exil. Mais ils ne pouvaient pas faire ce que le Second lsaie leur disait de faire en se bornant à rester à l’écart des païens. Comme prophète du Seigneur, le peuple était appelé à aller vers les gentils et à les faire entrer dans le peuple de Dieu pour jouir des dons du Seigneur. C’est l’origine de Ia tension, Ia lutte du peuple dans les années qui suivent I ‘Exil - être séparé, libre de toute influence païenne et être le serviteur des païens; Ia première condition semblait exiger Ia séparation des païens, Ia seconde, la présence au milieu d’eux.

Le partage de l'autorité, !'organisation et les rapports avec les païens (les gentils), tels sont les trois thèmes principaux de cette leçon. Vous remarquerez que ceux-ci sont presque identiques aux préoccupations exposées dans les leçons 7 à 10 (voir leçon 7, p.2).

Note: Comme nous vous demanderons dans cette leçon de lire des passages tires de différents livres, dont beaucoup sont très courts, cela pourrait vous aider à situer et à marquer, des maintenant, tous les livres dont nous lirons des extraits dans cette leçon. Ce sont Esdras, Malachie, Ruth, lsaie (chapitres 56 et 60), Zacharie et Jonas.

1 Ceux que I ‘Esprit de Dieu a Éveilles

Objectif : Décrire l‘Édit de Cyrus et le travail de ceux qui en ont profité.

Vers le Temple

Babylone tomba aux mains de Cyrus en 539 av. J.C.II prit Ia ville sans combat; une majorité des habitants lui firent bon accueil. Cyrus se révéla un conquérant mondial d'un type vrai­ ment nouveau et différent. Les Assyriens et les Babyloniens avaient maitrise les royaumes qui leur étaient soumis, par Ia crainte et Ia force, mais Cyrus gagnait leur loyauté en leur faisant des concessions. II y avait deux choses que Cyrus permettait Ia première était d'autoriser tous les exilés que les Babyloniens avaient déportés, sans distinction, à retourner dans leur pays s'ils le désiraient, la seconde était d'autoriser, même d'encourager, chaque royaume ou nation à reprendre le culte de son ou de ses dieux une fois de retour dans son pays. Cette seconde concession donnait la permission aux différents groupes nationaux qui étaient en exil de rentrer chez eux et de reconstruire les temples que, selon toute probabilité, les Babyloniens avaient détruit.

Cette nouvelle avait été publiée dans ce qu'on a appelé l'Édit de Cyrus. Cet édit a été proclamé à tous les groupes d'exilés sans distinction de leur pays d'origine. Une version de cet édit se trouve dans la première lecture.

Lecture Esdras 1,1-11

Commentaire

"La première année de Cyrus" serait 538 av. J.C. d'après notre calendrier. Cyrus fait exactement ce que le Seigneur avait prophétisé par la bouche de Jérémie (et du Second Isaïe). Cette version de l'Édit de Cyrus s'adresse aux exilés de Juda, qui sont identifiés par leur Dieu - YHVH, le Seigneur Dieu du ciel. Il semble que Cyrus donnait cette permission même aux exilés du royaume du nord (que les Assyriens avaient déportés quelque deux cents ans plus tôt) parce qu'il dit "Quiconque parmi vous fait partie de tout son peuple. Qu’il monte à Jérusalem" (v.3). Mais il ne semble pas qu'il se soit trouvé des exilés du royaume du nord pour répondre à l'invitation; on dirait que seuls des gens du royaume du sud (Juda et Benjamin, v.5) aient commencé à s'organiser pour retourner à Jérusalem.

Cyrus autorise ceux que "l'esprit du Seigneur avait éveillés" (v.5) à ramasser les dons de leurs voisins pour contribuer au voyage et au projet de reconstruction du Temple (w.4,6). De plus, Cyrus leur rend généreusement les précieux ustensiles que les Babyloniens avaient pris dans le Temple.

"Sheshbaççar, le prince de Juda" (v.8), aux mains duquel sont remis les ustensiles est peut-être Zorobabel désigné sous son nom perse (voir Esd 2,2). C'est un descendant de la maison royale de David, quelqu'un en qui une partie au moins des exilés mettaient leurs espoirs pour une restauration de la royauté davidique. Mais il ne devait pas en être ainsi. S'il y avait une chose qui ne figurait pas dans l'Édit de Cyrus, c'était la permission de rétablir la monarchie. Cyrus traitait ses sujets humainement, mais il ne voulait certainement pas encourager des espoirs d'indépendance dans les petits royaumes. Cyrus était généreux, mais il n'était pas insensé sur le plan politique.

Le chapitre 2 d'Esdras donne une liste de tous ceux qui faisaient partie de la première vague. (Les chiffres donnés semblent combiner la première vague et les vagues suivantes d'émigrants.) Il semblerait qu'il en soit retourné entre plusieurs centaines et quelques milliers peu après la publication de l'Édit. Il semblerait que la majorité soit cependant restée à Babylone ou autour de la ville. La vie y était devenue tout à fait aisée pour eux. Ils préféraient envoyer leur argent que d'aller eux-mêmes à Jérusalem. (Cette communauté de Babylone a continué à exister pendant bien plus d'un millénaire. De fait, on en connaît l'existence jusqu'au Moyen Âge de l'ère chrétienne.)

Les premiers à retourner étaient sous la conduite de deux personnes: Zorobabel, de la maison royale, et Jésus (ou Josué), prêtre de la lignée de Sadoq. Cette autorité à deux, est très intéressante. Comme vous allez le voir, elle n'a duré qu'un certain temps.

Peu après leur arrivée au milieu des ruines de leur ville sainte, le travail de reconstruction d'un lieu de culte avait commencé. Ce qui était nécessaire pour le culte, c'était l'autel du sacrifice et autour duquel se trouvait un espace ouvert pour le rassemblement du peuple.

Lecture Esdras 3,1-6

Le travail sur le Temple lui-même n'avait pas encore commencé. Quand ils eurent assez de fonds, ils engagèrent des gens de Tyr et de Sidon, les descendants des ouvriers de Hiram de Tyr, qui avaient bâti le premier Temple, pour poser les fondations. Une fois cet important travail accompli, il y eut une grande célébration. La plupart se réjouirent, mais certains, qui se rappelaient la merveille que Salomon avait construite, pleurèrent.

Lecture Esdras 3,7-13

Des larmes coulaient au milieu des cris de joie. Le second Temple ne serait pas l'imposante structure qui avait été élevée à l'apogée de la puissance et de la splendeur de leur passé. Ce second Temple était plus petit, plus humble que le premier.

"...alors note bouche s'emplit de rire et nos lèvres de chansons." Ps 126,2

Ceux que l'esprit de Dieu avait poussés à retourner à Jérusalem avaient trouvé la vie très difficile en arrivant dans leur pays. Tout d'abord, les ruines de Jérusalem, à elles seules, auraient suffi à déprimer tout individu qui avait le cœur solide. Ensuite, il y avait ceux qui avaient été laissés en arrière au moment des déportations. Ceux-ci n'avaient pas été jugés assez importants par les Babyloniens pour être emmenés en exil. Ils étaient restés en arrière et avaient réussi à survivre au milieu des ruines. Pour beaucoup, sans aucun doute, l'arrivée des re bâtisseurs enthousiastes de Juda et de Jérusalem signifiait qu'il leur faudrait quitter les fermes et les propriétés qu'ils en étaient venus à considérer comme leur bien. Il est douteux que le comité d'accueil de Jérusalem ait été sincèrement chaleureux. Nous n'en entendons pas beaucoup parler. Mais nous entendons beaucoup parler d'un autre groupe - les Samaritains.

Vous vous rappellerez que, lors de la chute de Samarie aux mains des Assyriens en 721 av. J.C., l'aristocratie a été déportée dans différentes parties de l'empire assyrien. Les Assyriens se mirent à remplacer les déportés par des exilés venant d'autres régions de leur empire. Les habitants du royaume du nord qui n'avaient pas été exilés s'allièrent naturellement par le mariage aux familles des étrangers que les Assyriens avaient placés au milieu d'eux (voir 2 R 17,24-41). Aussi maintenant, au bout de deux siècles, les Samaritains étaient-ils une race mêlée. Qui pis est, leur culte avait continué et était devenu encore plus impur avec le temps - ou c'était, semblerait-il, la façon de voir des nouveaux arrivants de Jérusalem. Quand les Samaritains vinrent trouver les exilés à leur retour à Jérusalem et leur offrirent de les aider à rebâtir le Temple, ils se virent refuser catégoriquement leur aide.

Lecture Esdras 4,1-5

Les Samaritains, irrités par ce refus, entreprirent de rendre la vie encore plus difficile pour les rebâtisseurs du Temple. Ils accusèrent les nouveaux habitants de Jérusalem de traîtrise à l'égard du trône de Perse. Jusqu'à ce qu'un autre roi ait réussi, plus tard, à trouver un exemplaire de l'Édit de Cyrus, le travail sur le Temple fut arrêté. Il semble que, même après le renouvellement de la permission de construire le Temple (Esd 6,1-12), le travail sur ce projet ait mis longtemps à se remettre en marche. Les prophètes Zacharie et Aggée durent prononcer des oracles assez violents avant que le travail reprenne sérieusement (par ex. Ag 1,1-15). Dès 515 av. J.C., plus de vingt ans après le retour des premiers exilés, le second Temple, modeste mais solide, était fini et une grande Pâque était célébrée à Jérusalem.

Lecture Esdras 6,13-22

Tout est fait "comme il est écrit dans le livre de Moise" (Esd 6,18). C'est une nouvelle expression, et une expression qui revêt une importance considérable. Quand le Seigneur avait donné, pour la première fois, la loi (Tora, instructions) à Moïse, cela semble avoir consisté en une orientation fondamentale en vue de bâtir une société juste et fraternelle sous la direction du Seigneur (tel que c'est donné dans les Dix Commandements). La loi fondamentale, ou orientation, donnée par le Seigneur, évolua au cours de l'histoire comme une chose vivante, qui grandit et qui s'adapte. (Voir leçon 6, p.4.) Maintenant, avec la fin de l'Exil, la Loi n'est plus en évolution, elle ne change plus, c'est une Tora fermement établie par écrit.

Exercice pratique

Indiquer si les affirmations suivantes sur l'Édit de Cyrus et le travail de ceux qui en ont profité sont vraies ou fausses:

___a. La majorité des exilés à Babylone retournèrent dans leur pays.

___b. Cyrus autorisa tous les membres du peuple de Dieu qui avaient été déportés de leur pays par les Assyriens et les Babyloniens à y retourner s'ils le voulaient.

____c. Les exilés du royaume du nord et ceux qui étaient éparpillés au milieu des nations répondirent rapidement à l'Édit de Cyrus et se mirent en route vers Jérusalem.

____d. Ceux qui voulaient retourner à Jérusalem ne reçurent aucune aide, ni pour le voyage, ni pour commencer les travaux de reconstruction.

____e. Le peuple s'abstint d'offrir des sacrifices jusqu'à ce que tout le Temple ait été terminé.

____f. L'enthousiasme de ceux qui étaient revenus d'exil suffit à achever le Temple.

____g. Les exilés qui étaient revenus refusèrent l'aide des Samaritains principalement à cause de leur culte qui était contaminé.

____h. Les exilés qui étaient revenus établirent des services liturgiques tels que les prescrivait le livre de Moise

2 Mon Messager

Objectif Décrire le message du livre de Malachie à la communauté postexilique de Jérusalem.

Le Temple était maintenant reconstruit et on pouvait maintenant se livrer au culte conformément à la Loi. Les sacrifices y étaient offerts comme prescrits. Mais tout n'allait pas bien. Ceux "qui avaient été éveillés par l'esprit de Dieu" pour retourner à Jérusalem et pour rebâtir le Temple ne comptaient pas forcément parmi les plus nobles et les plus généreux du peuple de Dieu. Apparemment, au nombre des premiers à rentrer d'exil se trouvaient des aventuriers et des opportunistes qui voyaient dans ce retour des possibilités d'aventures et de s'enrichir rapidement. Il y avait des terres à récupérer, des propriétés à saisir, des affaires à commencer à Jérusalem qu'il fallait maintenant repeupler. Ces ambitieux s'étaient plus intéressés à lambrisser leurs propres maisons qu'à bâtir le Temple (Ag 1,4). Maintenant que le Temple était construit, il trouvait suffisant d'offrir au Seigneur en sacrifice des animaux malades, infirmes et aveugles, le rebut de leurs troupeaux: cela revenait tellement moins cher.

Le Seigneur suscita un prophète, un des derniers, pour annoncer sa parole sans ménagements et nettement à ces grippe-sous. Nous ne savons pas le nom du prophète; il est simplement appelé Malachie, qui veut dire "mon messager ". (Nous suivrons la coutume et nous le désignerons sous le nom de Malachie.) Pour Malachie, ce genre d'attitude parcimonieuse, mesquine et révoltante vis-à-vis du culte de Dieu montrait clairement où étaient réellement les cœurs de ces fidèles. Il leur dit que le Seigneur refuse leurs sacrifices. De fait, il leur dit que le jour viendra où un sacrifice authentique sera offert dans le monde entier - une offrande pure - et que celui-ci sera offert par les gentils:

"Mais, de l'orient au couchant,

mon Nom est grand chez les nations, et

en tout lieu un sacrifice d'encens est présenté à mon Nom

ainsi qu'une offrande pure.

Car grand est mon Nom chez les nations!

déclare le Seigneur des armées."

(Malachie 1,11)

Fatigué des nombreuses imperfections dans la façon dont son peuple l'adore, le Seigneur annonce un jour où tous les peuples lui rendront un culte parfait. (Il y a beaucoup d'interprétations possibles pour ce verset; celle qui est donnée ci-dessus est courante.) Le jour du sacrifice parfait, universel et sans fin, nous estimons que c'est le sacrifice du Seigneur Jésus.

Malachie n'était pas simplement bouleversé par la mesquinerie du culte offert dans le Temple. Comme les prophètes avant lui, il pensait que la liturgie reflétait la vie et valait ce que valait la vie des fidèles aux yeux du Seigneur. Pendant la période qui suivit la reconstruction du Temple, les chefs de Jérusalem semblent avoir été très faibles. Les gens se débrouillaient tout seuls comme ils le pouvaient et, pour beaucoup, cela voulait dire s'enrichir et devenir puissant coûte que coûte. Les hommes divorçaient d'avec leurs femmes quand ça les arrangeait; on exploitait les veuves, on escroquait leurs biens aux orphelins; les étrangers qui s'étaient établis dans la région se voyaient enlever également leurs biens. Jérusalem était loin d'être la "Ville-Justice" qu'elle aurait dû être.

Par la bouche de Malachie, le Seigneur dit: "Je hais la répudiation" (2,13-16) et promet ensuite un jour de jugement quand il enverra son messager pour préparer la route à sa venue en personne à Jérusalem et dans son Temple.

Lecture Malachie 2,17 - 3,5

Nous voyons cette prophétie s'accomplir en Jean Baptiste qui est le messager préparant la route à la venue du Seigneur vers son peuple. (Voir Mt 11,2-19.) Le temps des prophètes touchait à sa fin. Un petit appendice au Livre de Malachie sert de conclusion non seulement à ce livre, mais à l'ensemble des douze petits livres des prophètes. Ce petit ajout reflète la croyance populaire du peuple qu'Élie n'était jamais réellement mort: puisqu’il avait été emporté dans un char de feu en présence de Dieu (2 R 2), il était toujours vivant et pouvait revenir et rapporter le prophétisme au peuple de Dieu.

Lecture Malachie 3,22-24

Note: Dans certaines Bibles, qui suivent les Septante, ceci correspond à Malachie 4,4-6.

Répétons que nous voyons cette prophétie sur le renouveau du prophétisme accomplie en Jean-Baptiste. (Voir Mt 11,13-15.)

Les critiques que Malachie fait de la population de Jérusalem et des alentours font bien comprendre que les choses n'allaient pas sans heurt après le retour d'Exil. Il est clair que la justice promue par la Loi n'était pas accomplie; à vrai dire, il est clair que la plupart des habitants ne connaissaient pas même la Loi. Il y avait un besoin sérieux d'éduquer le peuple de Dieu qui était à Jérusalem et en Juda. Les membres du peuple de Dieu qui étaient encore en Babylonie eurent connaissance de ce besoin. Ils décidèrent de prendre des mesures pour remédier à la situation.

Exercice pratique

2.Indiquer si les affirmations suivantes sur le message de Malachie à la communauté post- exilique sont vraies ou fausses:

____a. Les imperfections des sacrifices postexiliques à Jérusalem donnent une occasion à Malachie de prophétiser un jour où le Seigneur sera adoré de façon parfaite.

____b. Malachie critique la facilité avec laquelle les hommes divorcent d'avec leurs femmes dans la Jérusalem postexilique.

____c. Malachie prophétise que le Seigneur lui-même viendra dans le Temple.

____d. Les sacrifices de la communauté postexilique étaient imparfaits en partie parce qu'ils utilisaient des animaux malades et infirmes.

____e. Malachie était contrecarré par la forte autorité des chefs de la communauté postexilique de Jérusalem.

____f. La Jérusalem postexilique était essentiellement une "Ville-Justice".

3 Les Scribes

Objectif Décrire le travail qu'ont fait Esdras et Néhémie.

Les premiers exilés à retourner à Jérusalem étaient sous la direction de Zorobabel, membre de la maison de David, et de Josué, prêtre de la lignée de Sadoq. Ce qui advint de leur autorité n'est pas clair. Il y a des preuves que les habitants de Jérusalem ont essayé de restaurer la dynastie de David en faisant couronner Zorobabel (Ag 2,21-23; Za 4,6-10). Il y a même un passage dans Zacharie qui semble avoir été appliqué, à l'origine, au couronnement de Zorobabel, mais qui est maintenant appliqué au prêtre Josué. (Nous allons revenir là-dessus dans le cours de cette leçon.) Ce qui est certain, c'est que les Perses n'auraient pas toléré de roi à Jérusalem. Si les habitants avaient essayé de faire de Zorobabel leur roi, il n'aurait pas pu régner longtemps. Ce qui est également certain, c'est que les habitants de Jérusalem n'étaient pas en bonne forme; ils n'avaient pas la connaissance de la Loi et, surtout, ils manquaient de chefs. Leurs frères et sœurs en Babylonie sentirent que c'était leur devoir de venir à leur secours, ce qu'ils firent en la personne d'Esdras et de Néhémie.

Pour comprendre qui ils étaient tous les deux, il nous faut d'abord dire quelques mots sur la Loi. Quand la Loi était encore en évolution, il était assez facile d'ajouter ou de retrancher à la Loi elle-même, selon les exigences de la situation historique. Par exemple, après avoir eu l'expérience du règne de Salomon, il était clair pour le peuple qu'il fallait dire quelque chose de ce que le Seigneur pensait de la conduite de Salomon. C'est ainsi que fut écrit Dt 17,14-20, avertissant les rois des excès qu'ils devaient éviter s'il devait exister sous un roi, une société vraiment fraternelle, fidèle au Seigneur. Mais maintenant la Loi était par écrit et on ne pouvait d'aucune façon toucher à cette Loi écrite. Plus de changement, plus d'adaptation de la Loi elle-même.

Les situations historiques continuaient pourtant à changer et la Loi continuait à avoir besoin d'être adaptée aux circonstances nouvelles. Comment pouvait-on faire cela sans changer, de fait, un mot du texte de la Loi? Réponse: en interprétant la Loi. C'était le travail des scribes. Il fallait des experts qui connaissaient extrêmement bien la Loi écrite et qui pouvaient déduire de la Loi ce qu'il convenait de faire dans une situation donnée nouvelle qui n'était pas envisagée dans la Loi écrite.

Et c'est ainsi qu'un nouveau type d'autorité commençait à se faire jour dans le peuple de Dieu - l'érudit qui interprétait la Loi écrite, c'est-à-dire le scribe. (Notre mot français "scribe" vient d'un mot latin qui veut dire "écrire". Les scribes étaient nécessairement des hommes instruits; leur premier talent était leur habileté à lire et à bien écrire.

Les nouveaux chefs seraient des personnes imprégnées de la Loi écrite de Dieu, des interprètes compétents de sa volonté auprès du peuple. Il ne s'en trouvait pas à Jérusalem, mais en Babylonie. Le peuple de Dieu en Babylonie n'avait pas seulement sauvegardé et édité la Loi telle qu'elle lui avait été transmise au cours des siècles, mais il avait formé une classe d'experts dans l'interprétation de la Loi. Jérusalem avait terriblement besoin de gens de la sorte. La communauté en exil y envoya deux de ses érudits les plus compétents, le prêtre-scribe Esdras et Néhémie. Néhémie était un homme très attaché à la Loi qui servait à la cour du roi de Perse. Il avait lui-même était nommé par le roi pour mettre de l'ordre à Jérusalem et en Juda (Ne 1-2). Esdras et Néhémie n'étaient pas de simples savants, qui passaient leur temps dans leurs parchemins. C'étaient aussi des hommes pratiques et pastoraux qui savaient que Jérusalem avait besoin d'être reconstruite matériellement aussi bien que renouvelée moralement.

Il règne une grande confusion sur les dates et la succession des événements qui concernent Esdras et Néhémie. Nous n'essaierons même pas d'expliquer les problèmes. Tout ce qui importe pour notre leçon, c'est que les événements décrits dans les livres d'Esdras et de Néhémie aient effectivement eu lieu; quand et sous la direction de qui, n'importe pas ici.

Esdras et Néhémie participèrent à la reconstruction matérielle et au renouveau moral de leurs frères et sœurs en Juda. La ville a été reconstruite et repeuplée (Ne 2-7) et la Loi y a été proclamée à fond et expliquée. En ce qui nous concerne, ce qui est le plus important dans l'œuvre d'Esdras et de Néhémie, c'est qu'ils ont donné une nouvelle définition de l'appartenance au peuple de Dieu: celle-ci devait être établie d'après l'observance de la Loi et la descendance.

Appartenance par la Loi et le sang

Esdras, qui était un prêtre-scribe, probablement à un poste assez élevé à la cour perse, celui de "chargé des Affaires juives", demanda et obtint une permission des plus extraordinaires. Ceci est rapporté dans le passage que vous allez lire. 11 convient de noter trois points dans ce décret:

1.Il autorise tous les membres du peuple vivant encore à l'extérieur de la Palestine à y retourner (Esd 7,13s).

2.. Il prévoit qu'une aide financière soit envoyée à Jérusalem par ceux qui vivent à l'extérieur de la Palestine (7,15-20).

3. Il fait de la Loi de Moïse ia loi officielle pour tous les membres du peuple de Dieu vivant en Palestine et dans les régions de l'empire perse situées à l'ouest de l'Euphrate (Transeuphratène).

Cette dernière concession est la plus importante, parce qu'elle implique qu'une personne qui vit en dehors de la Palestine, en dehors de Juda et de Jérusalem, peut tout de même être membre du peuple de Dieu parce que, même en dehors de son pays, elle est régie par la Loi de Moise. En fait, le peuple de Dieu est devenu international.

Lecture Esdras 7,11-26

Commentaire

Esdras reçoit le pouvoir de nommer des scribes et des juges et de leur donner, à son tour, le pouvoir de faire respecter la Loi, en recourant même à la peine de mort si besoin est, par ceux qui sont membres du peule de Dieu (w.25-26). Il existait des communautés du peuple de Dieu dans différentes parties de l'empire perse. Nous savons avec certitude qu'il y en avait dans la région autour de Babylone et aussi en Égypte. 11 y en avait très vraisemblablement d'autres dans d'autres parties de l'empire dont nous ne savons rien ou très peu de choses. Nous savons, par contre, qu'en l'espace de quelques centaines d'années, des communautés s'étaient formées par centaines dans tout le Moyen-Orient et dans différents pays méditerranéens. Vivant comme elles le faisaient au milieu des gentils, leur existence était sérieusement menacée par des mariages avec les gentils. (L'expérience de Salomon et de ses épouses étrangères leur avait donné à tous une leçon parlante.) Il semblait très clair pour Esdras et Néhémie que la pureté de sang était essentielle à la pureté de la foi.

Le travail d'Esdras et de Néhémie à Jérusalem et le fait que la ville soit le seul et unique lieu du culte sacrificiel pour tout le peuple de Dieu ont fait de la ville le centre pour toutes les communautés du peuple. Il était des plus importants que les habitants de Jérusalem et de Juda donnent l'exemple sur la pureté de leur lignée. Une campagne de rupture des mariages avec les païens fut lancée. Ce programme de purification radicale et apparemment sans merci pénétra dans les foyers, des plus riches aux plus pauvres (Esd 8-10). Une liste des personnages les plus importants qui étaient touchés par ce programme d'opposition aux mariages mixtes se termine par le verset: "Ceux-ci avaient tous pris des femmes étrangères: ils les renvoyèrent, femmes et enfants" (Esd 10,44).

Le renouvellement de l'Alliance

Esdras et Néhémie savaient bien à quel point le peuple était ignorant de la Loi de Moïse. La Loi écrite était une chose relativement nouvelle. Il fallait la faire connaître et il fallait que le peuple s'engage vis-à-vis de cette Loi. Une grande assemblée fut convoquée à Jérusalem pour proclamer la Loi et pour la faire accepter sincèrement par le peuple. La Loi avait été écrite en hébreu, mais maintenant la plupart ne parlaient qu'araméen (langue apparentée à l'hébreu). Avec le flair d'un metteur en scène et le bon sens d'un instituteur, Esdras proclame la Loi.

Lecture Néhémie 8,1-18

Ne 8,9-12 donne le ton qu'Esdras voulait que la célébration ait -'Ne pleurez pas...la joie du Seigneur est votre rempart...Soyez à l'aise..." La rupture des familles qu'entraînait cette proclamation de la Loi ferait nécessairement de cette fête une triste affaire pour beaucoup. Néanmoins, les festivités étaient réelles, car on nous dit que les gens commençaient à "se livrer à grande liesse" (v.12). Pendant sept jours, Esdras lut dans le livre de la Loi de Dieu (v.18). Après cela eut lieu une cérémonie de repentir et d'expiation (ch.9). Ensuite un engagement fut formellement signé, qui liait chaque famille aux paroles de la Loi proclamées par Esdras (Ne 10,1-28).

Dans le passage que vous allez lire, vous trouverez que certaines règles sont formulées explicitement.

Lecture Néhémie 10,29-34

Note: Dans certaines Bibles, la numérotation des versets peut varier d’un.

Commentaire

Les mariages mixtes doivent être évités à l'avenir (v.31); aucun commerce ne doit être fait le jour du sabbat ou un jour saint (v.32); les règles de la septième année doivent être observées (v.32; voir leçon 6, p.15); la liturgie du Temple doit être soutenue financièrement par un impôt et différents autres règlements (w.34-40).

Quoi que nous puissions penser aujourd'hui des actions de nos prédécesseurs qui ont légiféré contre les mariages avec des étrangers, nous devons au moins avouer que les temps étaient extrêmement difficiles et semblaient demander que soient prises des mesures énergiques. La situation complètement nouvelle du peuple de Dieu, partagé entre ceux qui vivaient dans leur patrie et en dehors, sans aucune organisation politique unifiante sous un roi commun, incapable même de se rassembler pour le culte à Jérusalem - cette situation nouvelle exigeait des mesures fermes. On peut même douter que le peuple de Dieu aurait survécu sans de telles mesures contre son assimilation par des familles et des cultures étrangères.

Qu'était-il advenu des exilés de Samarie au bout de quelques siècles? Ils semblent simplement s'être volatilisés dans les cultures et les religions des nations au milieu desquelles ils avaient été déportés par les Assyriens. Et ce processus se produisit plus que probablement par la voie ordinaire des mariages avec des étrangers. Au temps d'Esdras et de Néhémie, le peuple de Dieu n'était pas nombreux et il commençait à vivre dans diverses communautés éparpillées dans tout l'empire perse. Tout en y voyant une mesure rigoureuse, nous ne pouvons oublier la détermination de survivre sous-jacente aux règlements établis par Esdras et Néhémie.

La règle contre les mariages mixtes souligne aussi une toute nouvelle prise de conscience de l'importance du foyer, et spécialement du rôle de la mère, dans la transmission de la foi. Leur expérience leur avait nettement appris qu'une femme, mère païenne non convertie, élèverait inévitablement ses enfants en dehors de la foi du peuple de Dieu. Mais il y avait l'autre possibilité - la femme païenne qui acceptait la foi de son mari israélite. La lecture suivante porte sur cette dernière possibilité.

Exercice pratiques

3. La chose qui unissait le plus le peuple de Dieu malgré sa dispersion dans tout l'empire perse était que:

____a. le peuple adhérait à la Loi qui défendait d'épouser des étrangers.

____b. la Loi était interprétée dans sa propre langue.

____c. la Loi de Moïse devenait la Loi officielle de tout le peuple de Dieu.

4 Esdras et Néhémie étaient des hommes de Dieu pratiques qui, au cours d'un certain nombre d'années, mirent au point des objectifs précis en vue de rebâtir et de renouveler le peuple de Dieu en Juda. Faites correspondre leurs tactiques à droite avec leurs objectifs à gauche.

Objectif Tactiques

___a. La loi comme lien i les mariages avec des païens sont rompus.

d'unité pour tout ii Esdras proclame la Loi et une alliance est

le peuple de Dieu faite.

___b. La communauté de iii La Loi est rendue officielle pour

Palestine comme centre l'ensemble du peuple

du peuple de Dieu.

___c. Le repeuplement de la communauté iv une aide financière sera envoyée à

de Palestine Jérusalem par tous les membres du peuple

___d. Faires connaitre de Dieu qui vivent en dehors de la

et accepte la loi Palestine.

écrite de Dieu v le peuple en Palestine pourrait constituer

___e Établir une communauté une armée permanente pour se protéger.

pure de fideles vi les membres du peuple de Dieu vivant en

dehors de la Palestine peuvent rentrer dans

leur pays.

4 La Bonne Loi Vécue Par Un Bon Étranger

Objectif Discuter le livre de Ruth par rapport à l'œuvre d'Esdras et de Néhémie.

L'ouverture aux païens (les gentils) qu'avait prônée le Second Isaïe n'était pas complètement fermée. Quelle qu'ait été la résistance aux règles d'Esdras et de Néhémie, elle ne pouvait pas s'exprimer très fort ou très publiquement. Esdras et Néhémie agissaient au nom de la Loi de Dieu et avec l'autorité du roi de l'empire perse. Mais il y avait une sorte de "mouvement clandestin". Il conserva certaines vieilles histoires et en créa de nouvel les qui exprimaient une attitude très différente vis-à-vis des gentils. Une des histoires qui a survécu à la purge d'Esdras et de Néhémie sur les mariages avec des femmes étrangères, est l'histoire de Ruth.

On ne sait pas avec certitude quand cette très belle histoire a été écrite. Il y a de fortes chances qu'elle existait sous forme d'histoire qui était contée à maintes reprises dans le peuple de Dieu longtemps avant d'être mise par écrit. Elle se déroule du temps des Juges (v. 1150 av. J.C.) et parle d'un des ancêtres du roi David qui avait épousé une femme étrangère. Cette femme est un modèle de tout ce qui est reconnu comme noble et beau par la Loi de Dieu. Elle possède toutes les qualités du meilleur possible des membres de la communauté de l'Alliance - loyauté, fidélité, tendresse. Nous ne savons absolument pas la date à laquelle a été écrit le livre de Ruth, mais il semblerait très sûr de dire qu'il existait au temps d'Esdras et de Néhémie et que certains membres du peuple de Dieu y ont trouvé non seulement un réconfort, mais une protestation discrète contre une application trop rigide et cruelle des règles contre les mariages avec des épouses étrangères.

Le livre de Ruth est une nouvelle aussi artistique qui n'ait jamais été écrite. Avec délicatesse et une grande discrétion, l'auteur ne nous montre pas seulement une femme étrangère exemplaire, mais aussi un exemple de la vie et de ce qu'elle peut être même pour les plus déshérités quand la Loi est observée par des gens généreux. Dans toute l'histoire, les personnages principaux sont sensibles aux objectifs de la Loi; ils ne se bornent pas à observer la lettre de la Loi, mais la dépassent pour en atteindre l'esprit réel qui imprègne toute la Loi. Ruth obéit au quatrième commandement ("Honore ton père et ta mère"), non pas chichement et parcimonieusement, mais avec une chaleur et une affection au-dessus et au-delà de la Loi; elle traite Noémi comme sa vraie mère. La Loi exhortait les fermiers à ne pas ramasser jusqu'au dernier, les épis de blé dans leurs champs, mais à en laisser quelques-uns pour les pauvres (Dt 24,19s); Booz dit à ses ouvriers d'en laisser généreusement. Strictement parlant, la Loi n'exigeait pas qu'un parent aussi éloigné que Booz soit tenu de donner des enfants à un parent qui était mort sans descendant, mais Booz et Ruth sont heureux d'étendre la Loi pour qu'Élimélek, le mari de Noémi, ait une progéniture (Dt 25,5-10). Le livre de Ruth fait ressortir deux points importants: la Loi, quand on y obéit généreusement, crée une belle société dans laquelle il est agréable de vivre; et une épouse étrangère peut être aussi bonne et aussi généreuse dans l'observance de la Loi que n'importe quelle femme qui a du sang israélite dans les veines.

"... Elles arrivèrent à Bethléem au début de la moisson des orges." Ruth 1,22

Lecture Le livre de Ruth

Le fait que Ruth fut l'ancêtre du grand roi David donnait encore plus d'impact à cette histoire. Il est tout à fait probable que les origines de David aient remonté au pays de Moab. Quand Saül poursuivait David pour le tuer, David envoya ses parents en Moab pour qu'ils soient en sécurité (1 Sm 22,3-4). Ce geste semble indiquer qu'il avait des liens avec les Moabites.

Le livre de Ruth s'achève sur une allusion à une autre païenne, Tamar la Cananéenne. Qui insista sur ses droits à donner des enfants à son mari défunt et amena par la ruse son beau-père à lui donner ces droits (Gn 38). Tamar la Cananéenne et Ruth la Moabite font partie de l'arbre généalogique du roi David; du sang païen coule donc dans les veines de tous ceux qui sont apparentés à la maison de David. St Matthieu, dans sa généalogie de Jésus, inclut Tamar la Cananéenne et Ruth la Moabite et ajoute une troisième païenne, Bethsabée, la femme d'Urie le Hittite, qui devint la mère de Salomon (Mt 1,3-6).

Exercices pratiques

5 Faites correspondre le sens donné à droite avec le texte approprié pris dans le livre de Ruth, à gauche.

Textes Sens

___a. (Booz dit)"Vous êtes témoins que Ruth fait un acte de foi dans

j'acquiers Ruth. . . pour le Dieu d'Israël.

perpétuer le nom du défunt." (4,9-10)

___b.. Booz engendra Obed, Et ii.Ruth vit de l'esprit du quatrième

Obed engendra Jessé et Jessé commandement

engendra David." (4,21-22) iii Ruth a été achetée comme esclave.

____c (Les femmes dirent) ". .. ta iv.Booz use de son droit de rachat et assure

bru. . . t'aime, elle qui vaut mieux une descendance à Élimélek.

pour toi que sept fils . " (4,15) v.Du sang païen coulait déjà dans les veines

____d.(Ruth dit) "Ton peuple sera du peuple

mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu." (1,16)

6 Laquelle des affirmations suivantes explique le mieux le rapport entre le livre de Ruth et l'œuvre d'Esdras et de Néhémie sur le sujet du mariage avec des païens:

a..La foi dans le Dieu d'Israël et le mariage avec des païens peuvent être justifiés malgré le décret d'Esdras et de Néhémie.

b..Les mariages entre des membres du peuple et des païens ne peuvent se justifier que dans le cas de païens d'une qualité morale exceptionnelle.

c. Les mariages entre des membres du peuple de Dieu et des païens pouvaient être justifiés avant mais non pas après le décret d'Esdras et de Néhémie.

d. Le fait de refuser le mariage entre des membres du peuple de Dieu et des païens de la part de Néhémie et d'Esdras va à l'encontre des enseignements des prophètes.

5 Qu'ils Viennent Vers Nous

Objectif Discuter les rapports entre le peuple de Dieu et les gentils préconisés dans les passages du Troisième Isaïe et du livre de Zacharie.

L'attitude à l'égard de ceux qui n'étaient pas membres du peuple de Dieu c'est-à-dire les gentils, que représentait Esdras, était plutôt sévère. La meilleure chose à faire avec les gentils était de les éviter autant que faire se pouvait. Mais le Second Isaïe avait donné un message d'un genre tout à fait différent, et il semble que certains avaient entendu son enseignement: le peuple de Dieu a une mission vis-à-vis des gentils, les nations attendent la Loi du Seigneur (Is 42,4). Parmi ceux qui prenaient ce message à cœur se trouvait l'écrivain (ou les écrivains) des derniers chapitres du livre d'Isaïe (ch.56 à 66). Nous n'avons pas de noms pour eux, mais il est très clair que c'étaient des disciples du Second Isaïe qui portèrent son message à Jérusalem quand ils y retournèrent après l'Exil. Ils adaptèrent ses paroles à la nouvelle situation, faisant bien comprendre que la moindre des choses que le peuple devrait faire serait de permettre aux étrangers (gentils) d'entrer dans le peuple de Dieu s'ils le désiraient. (Ces derniers chapitres du livre d'Isaïe sont souvent désignés du nom de Trito-isaïe ou Troisième Isaïe.)

Lecture Isaïe 56,1-8

Commentaire

Aux vv.2s, le prophète appelle "heureux" celui qui, sans distinction de race, "s'attache au Seigneur Dieu". Celui-ci ne doit pas être exclu du peuple de Dieu, même s'il est étranger; même un eunuque qui s'attache au Seigneur doit être admis à faire partie du peuple. Les hommes châtrés étaient considérés comme indignes de prendre part à l'assemblée cultuelle du peuple de Dieu (LM 23,2). Le prophète fait très bien comprendre que, dans le plan de Dieu, le Temple est destiné à être une "maison de prière pour tous les peuples" du monde (v.7) et que Dieu se propose d'amener dans sa maison (vv.7-8) à la fois les parias de son propre peuple (comme les eunuques) et beaucoup d'étrangers. (Voir la purification du Temple par Jésus, Mc 11,17.)

La même idée se retrouve dans d'autres passages du Trito-Isaïe. Au chapitre 60, nous avons une vision de l'avenir de Jérusalem, lorsque des gentils de toutes sortes afflueront vers Jérusalem, y apportant leurs présents. On peut lire le poème à deux niveaux:

1. comme disant littéralement que les gentils viendront pour se faire les serviteurs du peuple et que le peuple s'enrichira matériellement; ou

2. plus figurément comme disant que le peuple de Dieu verra le jour où les gentils ne feront plus qu'un avec lui, s'instruisant à son contact, se soumettant à son enseignement sur le Seigneur et, ce faisant, le peuple lui-même s'enrichira grandement par la présence de tant de nations différentes entrées dans la famille de Dieu.

Lecture Isaïe 60,1-11

Commentaire

C'est un poème qui déborde de joie. Les nations ne sont pas réduites et gagnées au Seigneur et à son peuple par la force; dans ce poème, on voit les gentils se précipiter joyeusement vers la lumière, qui est la lumière du Seigneur présent au milieu de son peuple. Les portes de Jérusalem resteront toujours ouvertes, jour et nuit, pour accueillir tous les étrangers qui affluent vers le peuple (v.11ab). (On pourrait dire que ce passage, avec le Psaume 87, est à mi-chemin entre le désespoir des nations dans l'histoire de la Tour de Babel en Genèse 11 et la jubilation des nations dans l'effusion de l'Esprit à la Pentecôte, dans Actes 2.)

Un autre prophète de la période après l'Exil est Zacharie. Ses prophéties sont conservées dans la première partie du livre de Zacharie (ch.1-8). (Les autres chapitres sont un ensemble d'écrits appartenant à différentes périodes après Zacharie.) Dans le passage de Zacharie que vous allez lire, l'auteur médite sur les conditions que le peuple aura à remplir pour attirer les gentils à lui.

Si les gentils doivent se hâter pour faire partie du peuple de Dieu il faudra qu'il y ait quelque chose pour les attirer. Il y a peu de chances que des étrangers soient attirés dans la joie de se joindre à un peuple qui pratique l'oppression, le mensonge, dont le système de justice (les portes) est entaché de corruption et d'incompétence, pour qui la parole donnée, même sous serment, ne compte pas. Les nations auront également assez de bon sens pour ne pas se hâter de se joindre à un peuple dont les chefs ne cessent d'appeler au jeûne et au deuil. La seule façon dont les gentils viendront de bon gré est s'ils voient dans le peuple de Dieu une nation joyeuse, un peuple qui pratique la Loi, qui chérit la justice, l'honnêteté, la fidélité et qui, par conséquent, jouit du plus grand des dons - la paix. Le Seigneur veut que son peuple soit une bénédiction pour les nations (Gn 12,1-3; Za 8,13).

Lecture Zacharie 8,14-23

Commentaire

Si le peuple de Dieu "aime la vérité et la paix", il n'y a pas de doute que les étrangers se rassembleront autour d'un membre du peuple de Dieu, le tireront par la manche et lui diront: "Prenez-nous avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous." Le prophète est certain que, si le peuple de Dieu obéissait vraiment à la Loi de son Seigneur, s'il la prenait à cœur, il serait une communauté très attirante.

Exercices pratiques

7."Je les réjouirai dans ma maison de prière (Is 56,7). De qui en particulier le Trito-isaïe parle-t-il? (Plus d'une réponse peut convenir.)

a. les pauvres du peuple de Dieu

b. les eunuques

c. les disciples du Second Isaïe

d. le peuple de Dieu qui n'habite pas en Juda

e. les gentils

8. Des affirmations suivantes, laquelle est l'interprétation la plus exacte des rapports entre le peuple de Dieu et les gentils en Isaïe 56,3ab?

a.le peuple doit rechercher activement la conversion des gentils.

b.le peuple devra accueillir les gentils quand viendra le "jour du Seigneur".

c.le peuple doit accueillir les gentils quelle que soit leur nationalité.

d.le peuple doit accueillir les gentils qui font preuve de loyauté vis-à-vis du Dieu d'Israël et de la Loi d'Israël.

9.D'après Zacharie (8,14-23), quelle(s) caractéristique(s) du peuple de Dieu attirera(ront les gentils?

a.une vie liturgique bien organisée.

b.une vie de prière et de jeûne.

c.une nation riche et puissante.

d.une nation qui aime la vérité et la paix.

6 Allons Vers Eux

Objectif Décrire le livre de Jonas en fonction de son genre littéraire et de son message.

Nous arrivons maintenant à une des plus délicieuses histoires de la Bible. C'est comme une boisson savoureuse que l'on prend avec plaisir et c'est seulement après, qu'on réalise que c'était un médicament plein de force. Nous n'allons pas gâcher l'histoire en révélant le message avant que vous la lisiez. Nous aimerions, cependant, que vous reconnaissiez le genre littéraire que vous avez dans le livre de Jonas. D'abord, c'est une histoire, ou une pièce, bien construite, en deux actes, avec un interlude musical entre les actes et une sorte de finale pour conclure. Les deux actes sont conçus de façon analogue:

_______

_______

_______

_______

_______

_______

_______

_______

_______

_______

Acte 1 Acte 2

L'ordre du Seigneur i L'ordre du Seigneur

La réaction de Jonas n La réaction de Jonas

La colère de Dieu (Tempête) t La réaction de Ninive

La réaction des païens e La colère de Jonas

Jonas sauvé par Dieu r Jonas protégé par Dieu

l

u

d

e

(2,2-10)

Finale: Dieu et Jonas

dominant la ville

Aucun mot n'est de trop; tout ce qui pourrait distraire du message est omis (par ex. le nom du roi de Ninive). Le déroulement de l'histoire est mesuré avec soin pour soutenir l'intérêt (par ex. aucune raison n'est donnée pour expliquer la première désobéissance de Jonas jusque vers la fin de l'histoire). L'auteur emploie des contrastes frappants et des exagérations (par ex. la conduite des païens par rapport à celle de Jonas). Les contradictions du tempérament de Jonas sont astucieusement mises en évidence (par ex. Jonas essaie d'échapper au "Dieu qui est partout et en tout").

Pour mieux apprécier l'histoire, vous pourriez vous rappeler ce qui suit:

- Ninive était l'ancienne capitale de l'empire assyrien. Le peuple de Dieu avait fait l’

expérience de l'horrible cruauté et des manières barbares des Assyriens quand ceux-ci

avaient pris le royaume du nord (Samarie) en 721 (2 R 17; voir leçon 11, p.29). Les

Assyriens représentaient une nation haïe.

- Ninive était presque en plein est par rapport à la Palestine; Tarsis était en Espagne, droit

vers l'ouest.

- Comme ils n'avaient pas de bonnes installations portuaires, les habitants de la Palestine

n'ont jamais été de bons marins. Quand Salomon avait voulu une marine marchande, il

avait fallu qu'il engage des Phéniciens pour construire et pour armer ses navires (1 R

9,26-28; 10,22). Les Palestiniens de naissance comme Jonas avaient peur de la haute

mer et il fallait qu'ils soient très décidés pour monter dans un bateau.

- Quand le Seigneur est appelé le "Dieu du ciel et de la terre", cela veut dire qu'il est le

Dieu de tout et de partout.

Lecture Le livre de Jonas

Note: Il se présente sous son meilleur jour quand on le lit à haute voix, avec un certain sens du théâtre.

Commentaire

L'histoire peut être lue à deux niveaux, d'abord comme une parabole, ensuite comme une allégorie. Une parabole est une histoire qui communique un message général. Une allégorie est une histoire qui communique un message général en faisant incarner quelque chose d'autre par les personnes, les événements et les choses qu'elle présente. En tant que parabole, le livre de Jonas communique un message qui a trait à l'amour miséricordieux de Dieu pour tous les peuples, même les plus méchants. En tant qu'allégorie, le livre de Jonas a un certain nombre d'interprétations possibles. D'une manière générale, il peut être vu comme une allégorie sur le rôle du peuple de Dieu comme messager de l'amour miséricordieux de Dieu auprès de toutes les nations, la réponse rebelle du peuple à sa mission et l'extrême patience de Dieu à la fois avec son peuple et avec les païens. D'une manière plus particulière, Jonas peut incarner les prophètes qui étaient appelés à aller vers les nations (par ex. Jr 1,5), mais qui ne leur ont jamais montré la miséricorde de Dieu à leur égard.

Ou encore, on peut prendre le livre de Jonas comme une allégorie sur l'histoire du peuple de Dieu: les trois jours dans le ventre du poisson étant l'Exil. L'histoire devient une nouvelle interprétation de la raison de l'Exil: l'Exil a eu lieu parce que le peuple de Dieu refusait de partager son Seigneur avec les nations païennes, mission qu'ils avaient reçue depuis le début puisqu'ils avaient été appelés à être une bénédiction pour toute les nations (Gn 12,1-4). Après l'Exil, le peuple, tout comme Jonas après son séjour dans le poisson, est appelé, une seconde fois, à porter le message de Dieu aux nations.

Dans cette dernière interprétation allégorique, l'auteur sacré dirait à ses lecteurs que la vraie raison pour laquelle ils ne veulent pas aller vers les nations est qu'ils ont peur que Dieu leur montre sa miséricorde et que celles-ci n'aient pas à souffrir comme elles le mériteraient. Autrement dit, l'auteur dit que le peuple de Dieu veut que son Dieu haïsse comme il hait, fasse des ennemis du peuple, ses ennemis, et laisse le peuple décider quand et où exercer sa colère. Le peuple veut posséder et contrôler Dieu, et non le partager et lui permettre d'être libre de son amour et de sa miséricorde.

C'est un message très fort, mais qui est donné avec bonne humeur. Il mérite de figurer au nombre des livres prophétiques, car c'est du prophétisme sous une nouvelle forme; ou mieux encore, du prophétisme avec une variante plus développée de la parabole prophétique (par ex. la parabole de Natân sur la brebis favorite en 2 Sm 12,1-14). L'auteur du livre est inconnu. Comme le livre a un certain nombre d'expressions araméennes, la plupart des commentateurs croient qu'il a été écrit après que cette langue ait été adoptée couramment (après le 8e siècle). L'auteur de l'histoire est nettement familier avec les prophéties de Jérémie, d'Ézéchiel et même du Second Isaïe; il semblerait donc qu'il ait écrit soit vers la fin de l'Exil ou après, pendant les débats sur les gentils qui tournaient autour de l'œuvre d'Esdras et de Néhémie. C'est là que nous avons placé la rédaction du livre de Jonas.

L'auteur sacré a choisi de bâtir son histoire autour d'un homme appelé Jonas, peut-être parce qu'il y avait eu un prophète du nom de Jonas, fils d'Amittaï, qui avait prophétisé dans le royaume du nord peu avant qu'il tombe aux mains des Assyriens (2 R 14,25). Il est également possible que le nom de Jonas ait attiré son sens de l'humour: le prophète furieux, vindicatif porte un nom qui signifie "colombe", le symbole de l'amour, de la douceur et de la paix (par ex. Ct 5,2; Gn 8,8-12).

L'auteur sacré a déployé un tel talent en écrivant ce petit chef-d’œuvre qu'il est possible de le lire et de le méditer encore et encore. Son message revêt une grande importance et a une portée universelle. Le peuple de Dieu a toujours besoin d'entendre, la parole prophétique que son message contient. Notre Seigneur a mentionné le séjour de Jonas dans le ventre du poisson comme un symbole des trois jours qu'il passerait dans le tombeau. Après son séjour dans le ventre du poisson, Jonas a accompli sa mission auprès des Ninivites; la mission de Notre Seigneur auprès des nations commencerait après sa sortie du tombeau (voir Lc 11,29-32).


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