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Montée -Leçon 19 Persécution et Espérance

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture:"J'ouvrie la bouche et il me fit manger le volume.." Ézéchiel 3,2

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.


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Contenu

1 Martyrs et Rebelles

2 Un Courage à la Hauteur de l'Époque (le livre de Daniel)

3 De la Liberté à l'Oppression

4 Espérance et Amour (le Livre de la Sagesse)

Corrigé_des_exercices_pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Psaume 96

Hymne de louange au Seigneur qui est roi et proclamation de l'avènement de son règne. Cette hymne était employée dans la liturgie du Temple, où il exprimait la foi du peuple en la royauté du Seigneur. Il reprend la pensée du Second Isaïe: les nations de la terre sont invitées à venir reconnaître la seigneurie de Dieu et à abandonner leur culte des dieux qui sont néant, rien (v.5; Is 40,18s; 41,29 ). L'ensemble de la création et des peuples de la terre sont invités à chanter la louange du seul et unique Roi qui gouverne avec justice et qui exigera la justice de toutes les nations.

Ce psaume exprime une des idées centrales de la présente leçon. Dans une période de grande agitation en Palestine et de tensions pour ceux qui sont en dehors de la Terre sainte, le peuple s'est mis à espérer de plus en plus intensément que Dieu ferait un geste qui donnerait un sens à l'histoire. Ils aspiraient au jour où le Seigneur, dont ils célébraient le règne dans le culte, établirait réellement son règne sur le monde entier.

Objectif de la leçon: Décrire les principaux événements qui ont affecté le peuple de Dieu et la littérature sacrée que le peuple a produite entre 175 et 20 av. J.C.

Introduction

Depuis le début, le peuple de Dieu a eu affaire aux cultures des peuples au milieu desquels il vivait. En entrant dans le Terre promise, il se heurta aux problèmes que présentaient les Cananéens. La royauté amena avec elle l'influence des modèles de monarchie cananéenne et égyptienne. La domination des Assyriens mit le peuple en contact avec cette culture. La période babylonienne et l'Exil à Babylone le mirent en contact forcé avec cette civilisation florissante. La domination perse lui donna ensuite la liberté de regagner son pays et avec cela la tentation d'adopter les habitudes et les coutumes perses. Après les Perses, vinrent les Grecs. C'est peut-être l'hellénisme, plus que toute autre culture à laquelle le peuple de Dieu avait eu affaire, qui constituait la menace la plus sérieuse parce qu'il y avait tellement de bon dans ce qu'il offrait. Toutefois, comme nous l'avons dit dans la dernière leçon, l'hellénisme ne se présentait pas sous ses formes les plus pures, les plus élevées.

L'hellénisme, comme le voyaient Alexandre et ses premiers successeurs, était la promotion du meilleur de la culture grecque au profit des masses "non civilisées" des nations nouvellement conquises de l'empire grec. Les peuples conquis ont, toutefois, un moyen de se venger de leurs conquérants. Tandis que de nombreux aspects de l'hellénisme attiraient les peuples conquis, le contraire était également le cas: il y avait de nombreux aspects de cultures de peuples conquis qui présentaient beaucoup d'attraits pour les Grecs. Dès l'an 200, l'hellénisme n'était plus cette chose magnifique et élevée qu'il devait être; c'était en réalité un mélange déroutant de choses grecques et de choses qui ne l'étaient pas. La conquête des parties orientales de l'empire perse avaient ouvert la porte à toutes sortes de pratiques religieuses orientales L'hellénisme devint en réalité un fatras de pensées et de coutumes grecques et orientales. Au niveau populaire de la vie quotidienne, ce n'était pas la pensée raffinée de Platon qui touchait les gens, mais les chapeaux, les coiffures et les robes de style grec, et les jeux athlétiques mêlés d'étranges et attirants cultes orientaux et d'astrologie.

En Palestine, le peuple de Dieu répondit à l'hellénisme essentiellement de deux façons prévisibles. Une aristocratie à l'esprit large à Jérusalem n'était que trop contente de suivre l'hellénisme. C'était la chose à faire et cela leur assurait une place de faveur auprès des souverains hellénistes régnants, les Séleucides. Puisque la fonction de grand-prêtre appartenait à cette classe privilégiée, elle était très influencée par l'hellénisme qu'elle encourageait par moments. Les grands prêtres étaient maintenant nommés par les Séleucides; c'était devenu une fonction qui se marchandait en gagnant la faveur des Séleucides. (Ce groupe aristocratique, à la tête duquel se trouvaient les prêtres, donnerait naissance en son temps au groupe connu sous le nom de Sadducéens.) Le Temple occupait une place centrale pour ce groupe.

Parmi le peuple de Dieu, probablement dans toutes les classes de la société, mais surtout chez les laïcs qui n'appartenaient pas aux classes dirigeantes, il se forma un mouvement très fort de protestation contre l'hellénisation qui se produisait. Ce groupe, connu sous le nom de Hasidim, défendait la pureté de la religion traditionnelle. Plus l'hellénisation se répandait, plus les Hasidim semblent être devenus stricts dans les pratiques de la Loi et dans les traditions des ancêtres. (Ce groupe deviendrait finalement ce qui se fit connaître sous le nom de Pharisiens.) Le mouvement Hasidim, tout en soutenant le culte au Temple, était en réalité centré sur les synagogues où les responsabilités étaient entre les mains des laïcs.

En Palestine, un temple rival avait été construit par les Samaritains. Il semble qu'Alexandre le Grand ou un de ses successeurs avait donné la permission de faire construire ce temple. Un second temple pour le Seigneur était de trop pour les fidèles dévots du Seigneur à Jérusalem. La rupture entre les Samaritains et le reste du peuple de Dieu devint permanente.

En dehors de la Palestine, surtout à Alexandrie, l'hellénisme s'infiltrait dans le peuple de Dieu et ceci, à son tour, causait une réaction semblable à celle des Hasidim en Palestine. Là encore, les riches de la communauté d'Alexandrie avaient tendance à accepter les dernières modes de costume et de pensée qui venaient de l'hellénisme. Et là encore, la réaction à ces adaptations venait surtout des pauvres du peuple. Nous pouvons supposer que les tensions à l'intérieur de la communauté d'Alexandrie se faisaient également sentir dans les autres communautés du peuple de Dieu. Dans beaucoup de villes des pays méditerranéens, il existait des communautés du peuple de Dieu dont les synagogues assuraient à chaque endroit l'unité.

Dans le monde en général, les choses avaient changé radicalement. Tandis que l'hellénisme continuait à faire rage sur le plan culturel, le vrai pouvoir dans le monde reposait entre les mains des Romains. Ils commençaient maintenant à dicter leur politique aux roitelets comme les Séleucides. La domination des successeurs d'Alexandre serait bientôt finie et les Romains seraient les maîtres de presque tous les royaumes et toutes les nations dans un rayon de mille milles de Rome.

Dans cette leçon, nous allons étudier les événements et la littérature qui sont nés autour de la question de l'hellénisation. Nous avons des écrits venant de Palestine (Daniel et 1 & 2 Maccabées) et un livre venant de l'extérieur de la Palestine (le livre de la Sagesse, écrit à Alexandrie). Les événements considérés dans cette leçon vont des derniers efforts amers faits par la dynastie séleucide mourante pour se maintenir au pouvoir à l'inévitable conquête de la Palestine par les Romains. A travers ces événements, nous verrons la tragédie des "partisans" dont les descendants deviennent des tyrans qui oppriment ceux-là mêmes que libéraient leurs pères.

1 Martyrs et rebelles

Objectif Décrire la persécution du peuple en Palestine et le début de la révolte contre le roi séleucide, Antiochus IV Épiphane.

Dans cette partie, nous prendrons des extraits du premier livre des Maccabées. Ce livre a été écrit vers 100 av. J.C. Il rend compte des événements de Palestine entre 175 et 134 av. J.C. Il a été écrit en hébreu par quelqu'un qui a probablement vécu la plupart des événements qu'il rapporte. Son livre n'est pas simplement un livre d'histoire (aucune des "histoires" de la Bible ne le sont); c'est une interprétation religieuse des événements. Tout en étant généralement digne de foi dans ses faits, il peut facilement omettre des détails qu'aimerait avoir un historien, ou en ajouter qui nuisent à l'histoire pure. Le second livre des Maccabées porte sur certains événements qui sont les mêmes que ceux du premier; ce n'est pas la suite de 1 Maccabées. 2 Maccabées est un abrégé d'un ouvrage en cinq volumes écrit en Égypte. Cet ouvrage en cinq volumes a été écrit autour de 140 av. J.C. L'abrégé (c'est-à-dire 2 Maccabées) a probablement été fait en 124 av. J.C. (voir 2 M 2,19-32). Le but de 2 Maccabées est d'augmenter la foi du peuple de Dieu par le récit des actions héroïques de ses martyrs. Il ne s'intéresse pas à l'histoire. Nous indiquerons des lectures dans 1 Maccabées et donnerons les références de 2 Maccabées quand les mêmes événements s'y trouvent.

Dans la dernière leçon, nous avons indiqué que, vers l'an 200, les Séleucides étaient devenus maîtres de la Palestine. Le peuple de Dieu à Jérusalem devait s'incliner sous l'autorité séleucide. Au début, sous Antiochus III, cette sujétion n'était pas trop humiliante. En fait, Antiochus III, pour un tyran, était plutôt accommodant avec le peuple. Les Séleucides exerçaient leur domination depuis Antioche, leur capitale, dans le nord de la Syrie. Ils essayaient désespérément de se rendre maîtres d'autant de territoire qu'ils pouvaient afin de pouvoir résister à la puissance de Rome. Mais il n'était pas possible de résister à Rome. Les Romains imposaient leur volonté aux Séleucides en exigeant un lourd tribut; et, pour s'assurer que le tribut serait payé, les Romains prirent le fils d'Antiochus III à Rome en otage jusqu'à ce que soit payé l'impôt. Antiochus III ne réussit pas à payer le tribut en entier. Son successeur Séleucus IV n'y réussit pas non plus, bien qu'il ait fait piller le Temple de Jérusalem dans ce but. Séleucus fut tué par un de ses hommes. Les Romains décidèrent de relâcher leur otage qui était maintenant aux rangs de l'accession au trône des Séleucides. L'otage prit le nom d'Antiochus IV Épiphane. Ce nom en disait long: Épiphane veut dire "manifestation", ici, la manifestation du dieu grec suprême, Zeus. il prétendait à un rôle divin, sinon à la divinité elle-même. (Ses sujets forcés en Palestine changèrent son nom d'Épiphane en Épimane, le fou.)

Antiochus IV Épiphane voulait unir tous ses sujets en une culture hellénistique commune. Il était heureux d'apprendre qu'à Jérusalem même, nombreux étaient ceux qui étaient favorables à l'hellénisme.

Lecture 1 Maccabées 1,10-15 (2 M 4,1 - 5,10)

Commentaire

Antiochus commença son règne en 175 av. J.C. La "génération de vauriens" (v.11) à Jérusalem avait à sa tête un certain Jason, le frère du grand prêtre Onias Ill. Ce Jason (remarquez le nom grec) était impatient de promouvoir l'hellénisme et de gagner la faveur d'Antiochus Épiphane (2 M 4). Jason "acheta" la fonction de grand prêtre en offrant une grosse somme d'argent à Antiochus Épiphane, déposant ainsi son frère Onias Ill. Mais la position de Jason n'était pas sûre; un homme du nom de Ménélas offrit à Antiochus un meilleur prix pour la fonction sacerdotale et l'obtint. Ménélas fit assassiner Onias, et Jason dut s'enfuir pour sauver sa vie. Jason rassembla une bande de mercenaires et attaque Jérusalem; après avoir fait couler beaucoup de sang, il perdit la bataille et dut s'enfuir une fois de plus pour sauver sa vie. (Voir 2 M 5.)

Le gymnase que la faction helléniste voulait construire à Jérusalem était un "palais des sports" et un centre culturel à la grecque, où se mêlaient l'athlétisme, le culte et l'étude. Pour les membres du peuple de Dieu qui étaient restés fidèles, un gymnase à Jérusalem était une chose choquante et scandaleuse.

Antiochus Épiphane n'était pas satisfait d'être maître de la Palestine. Il voulait être maître aussi de l'Égypte. Comme vous allez le voir dans le passage suivant, il attaqua l'Égypte et gagna la bataille, mais, d'après ce que nous apprennent d'autres sources, il ne lui fut pas permis de rester maître de l'Égypte - les Romains ne le permettaient pas. Il avait vaincu l'Égypte, mais sa victoire ne lui donnait pas toute la richesse qu'il voulait. Il décida de tirer tout le parti possible de son retour à Antioche par la Palestine.

Lecture 1 Maccabées 1,16-24 (2 M 5,11-21)

Commentaire

Cet événement eut lieu en 169 av. J.C. Les rois s'estimaient libres d'entrer dans les temples des peuples qui étaient leurs sujets. Maintenant que les classes supérieures de la société étaient favorables à l'hellénisme et que le grand prêtre Ménélas devait probablement encore de l'argent à Antiochus, le roi vint et s'empara de tout ce qu'il pouvait trouver ou déchirer qui avait de la valeur. (Piller les temples était un trait de famille chez les Séleucides. Le père d'Antiochus Épiphane a trouvé la mort en pillant un des temples.)

Antiochus Épiphane ne se contenterait pas de dépouiller le Temple de ses trésors. Il tramait une intrigue pour réprimer toute rébellion possible à Jérusalem et pour s'assurer que la cause de l'hellénisme triomphait en Palestine. Près de deux ans après le pillage du Temple, Antiochus envoya le commandant de ses mercenaires de Mysie, appelé le mysarque, Jérusalem. Ce qui est rapporté dans le passage suivant eut lieu en 167 av. J.C.

Lecture 1 Maccabées 1,29-35 (2 M 5,24-26)

Commentaire

Traîtreusement, l'homme d'Antiochus prit les gens de Jérusalem au dépourvu. Il mit la cité hors d'état de se défendre en abattant des morceaux de ses murailles. Il construisit aussi un fort, une fortification pour abriter une garnison de soldats séleucides et les renégats parmi les habitants de Jérusalem qui étaient passés du côté des soldats d'Antiochus.

Maintenant Jérusalem était gardée jour et nuit par les soldats du roi. La fortification était assez haute pour dominer le Temple. C'était une grande humiliation pour tous les fidèles du peuple de Dieu; mais ils n'avaient pas encore vu le pire.

Lecture 1 Maccabées 1,41-64

Commentaire

Beaucoup de membres isolés du peuple de Dieu avaient énormément souffert dans le passé; certains avaient même donné leur vie pour la vraie foi, mais il n'y avait jamais eu auparavant une telle persécution religieuse du peuple. On les persécutait maintenant précisément à cause de leur foi et de leurs pratiques religieuses. Ceux qui mouraient plutôt que de commettre l'idolâtrie étaient de vrais martyrs pour la foi. Par le décret décrit dans la lecture, Antiochus Épiphane révoquait la loi de Moïse en tant que loi officielle du peuple de Dieu en Palestine et imposait sa propre loi hellénistique. (Vous vous rappelez leçon 16, p.13 - que les Perses avaient donné la permission au peuple d'avoir la Loi de Moïse comme loi officielle. Antiochus III, le père de ce "Fou", avait également approuvé la Loi de Moïse.) Antiochus Épiphane révoquait la Loi de Moïse et en rendait l'observance illégale et passible de mort. En dépit de la cruauté de cet édit, il y avait encore des membres du peuple qui se rangeaient du côté des forces d'Antiochus (v.52).

L'indignité suprême était "l'abomination de la désolation" (v.54). Le 7 décembre 167 av. J.C., un autel païen fut élevé sur l'autel sacré des sacrifices devant le Temple du Seigneur (vv.54,59). Pour tous les dévots du peuple, c'était un sacrilège. Mais il s'en trouvait quand même parmi le peuple de Dieu qui s'en accommodaient. Si nous essayons de nous mettre dans la disposition d'esprit des hellénisants, nous comprendrons un peu mieux quelle était leur pensée. Ils voulaient que le peuple de Dieu soit "moderne" et "à la page"; ils estimaient que l'exclusivisme était mauvais (voir 1 M 1,11). Pour eux, les adeptes d'une stricte séparation entre le peuple et les païens étaient simplement têtus, des puristes à l'esprit étroit qui voulaient empêcher Jérusalem et ses habitants d'avoir une place importante dans le mouvement décisif de l'hellénisation. "Après tout", pensaient-ils, "le Dieu suprême est le Dieu suprême, que nous l'appelions Seigneur, Dieu de ciel ou Zeus." Le 17 décembre de l'an 167 av. J.C., un sacrifice fut offert sur l'abominable autel païen; abominable, du moins, pour les membres fidèles du peuple. Il n'y a pas de doute qu'il était tout à fait acceptable pour les hellénistes à l'esprit plus libéral.

Le mouvement en faveur de l'adoption des manières hellénistiques était plus suivi à Jérusalem que dans les petites villes, mais le décret d'Antiochus Épiphane affectait aussi bien les villages. Les premiers signes de résistance ouverte au décret vinrent d'une des petites villes.

Lecture 1 Maccabées 2,1-28

Commentaire

La Loi n'autorisait aucun sacrifice, même au vrai Dieu, en dehors de Jérusalem. Le prêtre Mattathias mourrait plutôt que d'offrir un sacrifice en dehors du Temple saint. L'histoire ne nomme pas le dieu auquel devait être offert le sacrifice, mais cela importait peu. Le sacrifice devait avoir lieu en dehors de Jérusalem et il était ordonné par un représentant du roi païen. Pour Mattathias, c'était de l'idolâtrie. L'autre homme qui vint offrir le sacrifice avait fait probablement toutes sortes de distinctions subtiles dans son esprit pour justifier ses actions. Mattathias s'enfuit au désert avec ses fils, abandonnant tout ce qu'il possédait.

Il y en avait d'autres qui refusaient de coopérer, mais qui n'étaient ni assez ambitieux ni assez courageux pour organiser un mouvement de résistance. Ces âmes dévotes s'enfuirent dans les collines elles aussi (1 M 2,29-30). Quand les hommes du roi apprirent qu'il y avait des déserteurs, ils les attaquèrent et, comme ces protestataires étaient des observateurs presque fanatiques de la Loi et que les hommes du roi les attaquèrent le jour du sabbat, ils n'offrirent aucune résistance et furent tous tués. Mattathias et son groupe entendirent cela et firent le vœu de se battre même le jour du sabbat (1 M 2,39-41). Une campagne terroriste commença contre ceux qui suivaient le décret d'Antiochus.

Lecture 1 Maccabées 2,42-48

Commentaire

A la violence répondait la violence. A Mattathias se joignit un groupe de Hasidim (ou Assidéens), pieux disciples de la Loi. La résistance, bien qu'encore très limitée et faible, s'organisait et sa gagnait une grande notoriété. Mattathias ne devait pas vivre pour voir une amélioration dans le sort des siens. Il mourut en 166 av. J.C., l'année après le décret. Il laissait la direction du groupe de résistance entre les mains de ses fils (1 M 2,65-70). Nous les retrouverons dans la troisième partie de notre leçon.

Exercice pratique

1 Indiquer si les affirmations suivantes concernant le traitement du peuple de Dieu en Palestine sous Antiochus Épiphane sont vraies ou fausses:

____a.Antiochus Épiphane voulait que tous ses sujets, y compris le peuple de Dieu, partagent la seule et unique culture hellénistique.

____b. Personne dans le peuple de Dieu à Jérusalem ne voulait adopter la culture hellénistique.

____c. Un gymnase de style grec fut construit à Jérusalem avec l'approbation du peuple de Dieu.

____d. Antiochus Épiphane fit construire une citadelle à Jérusalem et y posta ses troupes pour monter la garde devant la ville.

____e. Antiochus Épiphane publia un décret condamnant la pratique de la Loi de Moïse.

____f. "L'abomination de la désolation" se rapporte à la construction d'un autel païen sur l'autel sacré devant le Temple.

Pour certains parmi les fidèles, la résistance au décret se traduisait par la fuite dans le désert pour leur sécurité, pour d'autres, cela consistait à organiser une espèce de bande de terroristes pour punir ceux qui coopéraient avec Antiochus.

2 Un Courage à la hauteur de l'époque (le livre de Daniel)

Objectif Décrire les caractéristiques et le message de la littérature apocalyptique que l'on trouve dans le livre de Daniel.

Le peuple de Dieu en Palestine vivait du matin au soir sous la menace de la mort. Devraient-ils transiger et se faciliter la vie et au moins rester vivants jusqu'à ce que passent les temps de terreur? Devraient-ils se refuser à tout compromis et risquer la persécution et même la mort? Devraient-ils s'enfuir au désert et se joindre à ceux qui s'étaient échappés des villes? Devraient-ils se joindre aux "partisans" qui commençaient à s'organiser sous la direction des fils de Mattathias? Tous les membres fidèles du peuple de Dieu en Palestine devaient faire face à ces décisions. Mais c'étaient des questions d'ordre essentiellement pratique; une fois ces décisions prises, il fallait s'y tenir sans s'occuper des conséquences.

Il y avait les questions plus déchirantes, plus douloureuses: que dire de ces femmes qui avaient été mises à mort avec leurs nouveaux-nés morts autour du cou (1 M 1,60s; 2 M 6,10)? Pourquoi Dieu permettrait-il que soient traités ainsi ceux qui lui étaient le plus fidèles? Comment expliquer ces horribles événements? Dieu avait-il complètement abandonné son peuple? Quiconque avait le cœur qui saignait pour ses frères et ses sœurs et estimait qu'il fallait dire certaines choses sur ces questions, se trouvait devant encore un autre problème: comment parler à ses frères et sœurs à une époque d'espions, d'informateurs et de traîtres? Comment pouvait-on communiquer sans risquer à la fois sa vie et celle de ceux qui accepteraient ce qui était dit? Dire la vérité pouvait vous coûter la vie.

Les temps exigeaient des prophètes, mais un prophète qui aurait dit ouvertement ce qu'il pensait se serait fait couper la tête dès son premier oracle. Y avait-il une autre façon d'être un prophète, une façon qui donnait plus de chance de rester vivant et qui donnait à ceux qui acceptaient le prophète une bonne chance de survivre? Quelqu'un pensa à un moyen un moyen que connaissent tous les groupes minoritaires qui sont persécutés et qui luttent pour sauver leur vie sous de puissants oppresseurs - un message écrit dans un code secret.

Le livre de Daniel est précisément un message écrit dans un code secret. Le livre comporte deux parties et un appendice. La première partie (ch.1-6) se compose d'histoires sur Daniel et ses compagnons. La seconde partie (ch.7-12) se compose de visions rapportées par Daniel. L'appendice (ch.t3-14) contient deux contes populaires sur Daniel (Susanne; le Dragon).

Histoires ayant un but (ch.1-6)

La première partie du livre de Daniel (ch.1-6) contient six histoires. Elles sont toutes situées dans la période de l'exil à Babylone ou post-exilique. Elles sont liées à des rois soit babyloniens, soit perses.

Ch.1:histoire à propos de la fidélité aux règles sur les aliments purs et impurs.

Ch.2:histoire de Daniel, le sage qui interprète le rêve du roi.

Ch.3:histoire de la fidélité à la Loi qui exige le culte du seul Seigneur.

Ch.4:histoire dans laquelle Daniel interprète un rêve pour le roi.

Ch.5:histoire sur l'interprétation par Daniel d'une mystérieuse écriture sur un mur.

Ch.6:histoire sur la fidélité au culte du Seigneur et ce que cela coûte (la fosse aux lions).

Dans chacune de ces histoires, Daniel (et ses compagnons) occupent des postes élevés à la cour du roi. Dans chacune, Daniel fait preuve d'une sagesse et d'une habileté supérieures à celles de ses pairs qui sont païens; il réussit à maintenir sa position à la cour (et même à s'y élever) malgré sa fidélité à la Loi et aux pratiques traditionnelles de sa religion. Le Seigneur est présent dans chaque histoire par sa puissance de salut, donnant à Daniel une grande perspicacité et une grande sagesse et le sauvant en temps de persécution. (Ces histoires ont beaucoup de choses en commun avec les histoires de Joseph en Gn 37-41.)

Les origines des histoires (ch.1-6) sont incertaines. Il y a des signes qu'elles pourraient remonter à plusieurs générations au temps de la communauté du peuple de Dieu à Babylone, où elles auraient servi à enseigner à ceux qui détenaient des postes élevés dans le gouvernement perse (ou un gouvernement postérieur) que la fidélité au Seigneur était possible dans les postes élevés. Ce pourrait être des histoires plus récentes nées dans la communauté de Jérusalem à l'époque où croissait la menace de l'hellénisme. Elles auraient poursuivi le même objectif dans la communauté de Jérusalem - un appel à l'intégrité religieuse lancé à ceux qui occupaient des postes importants dans le gouvernement des Séleucides.

Le "code" dans ces histoires est simple: la situation de groupe minoritaire des fidèles disciples de la Loi à Babylone est essentiellement la même que la situation de groupe minoritaire des fidèles disciples de la Loi en Palestine. Les membres fidèles du peuple de Dieu à Jérusalem et en Palestine se trouvent dans une sorte "d'exil" dans leur propre pays. Les exigences irrationnelles et idolâtres des rois babyloniens ou perses et le rôle des mauvais conseillers des rois sont essentiellement les mêmes qu'au temps d'Antiochus Épiphane.

Certaines de ces histoires en disent, toutefois, plus long qu'on ne penserait à première lecture. Nous en prendrons une pour illustrer cela. Au chapitre 2, Nabuchodonosor a un songe troublant. Il veut en connaître la signification. Il a des doutes sur les compétences et la sincérité de ses sages, aussi insiste-t-il pour qu'ils lui disent d'abord ce que signifie son songe et qu'ils l'interprètent ensuite pour lui. Les sages savent que cela dépasse leurs capacités. La mort les attend s'ils échouent. Daniel était un de ces sages menacé d'exécution. Dieu accorde à Daniel une vision nocturne qui lui montre à la fois le songe et son interprétation. Tout cela ne semble être qu'un divertissement populaire, intéressant et inoffensif; mais c'est en réalité un piège, un petit prélude pour détourner l'attention du message prophétique contenu dans le passage qui suit.

Lecture Daniel 2531-45

Commentaire

Daniel décrit avec précision le songe du roi et l'interprète ensuite: la grande statue du songe représente les empires de ce monde. Quand l'auteur nous dit que la tête en or de la statue représente Nabuchodonosor, nous sommes à même de voir le sens des autres métaux. Chacun des différents matériaux représente un empire particulier: l'or, Babylone; l'argent, les Mèdes; le bronze, les Perses; le fer, les Grecs sous Alexandre et le fer mêlé à l'argile, les Séleucides et les Ptolémées (comparer 8,20). La pierre "que la main ne touche pas" (v.34) représente le Royaume de Dieu. Nous avons ici une caractéristique de la littérature apocalyptique: elle est symbolique. Les divers chiffres, métaux, animaux, bêtes, choses, personnes représentent quelque chose autre; ils sont symboliques. C'est au moyen de l'allégorie qu'on interprète les écrits apocalyptiques. On peut ne pas être d'accord sur le sens symbolique exact de l'argent et du bronze, mais ce ne sont pas ces deux métaux-là qui importent vraiment; ce qui importe, c'est que le dernier royaume (le fer mêlé à l'argile) soit le royaume des Séleucides (et des Ptolémées), c'est-à-dire le royaume établi en Palestine à l'époque où a été écrite la prophétie. Nous avons ici une seconde caractéristique des écrits apocalyptiques: ils sont prophétiques en ce qu'ils s'adressent aux contemporains de l'auteur. L'auteur de cette prophétie ne parle pas de Babylone, mais de la Palestine au temps d'Antiochus Épiphane. L'écrivain apocalyptique s'adresse aux siens, à son époque.

Une troisième caractéristique des écrits apocalyptiques apparaît dans ce passage: l'auteur situe son message dans le passé, comme s'il était dit par quelqu'un (Daniel) qui a vécu il y a longtemps. Cet "ancien" est présenté comme s'il faisait une prédiction portant sur un avenir lointain. C'est un truc pour que le message puisse circuler. Au premier abord, c'est un message, une prophétie, qui remonte à l'antiquité; seuls ceux qui connaissent le "code" peuvent en comprendre la signification réelle.

Quel est son message? Son message ou sa prophétie est que tous les royaumes de ce monde, y compris celui du monarque séleucide régnant, sont condamnés à une destruction totale et absolue. Malgré leur apparente permanence, ils passent tous. L'autre partie de sa prophétie, qui en est aussi la plus importante, est que Dieu va établir son Royaume et que, ce faisant, il réduira à rien tous les empires du monde. Le Royaume de Dieu mettra fin à l'histoire, c'est-à-dire à l'histoire telle qu'elle a été, avec des empires terrestres dominant cruellement les peuples et les nations. Le Royaume de Dieu sera l'œuvre de Dieu - auquel les mains humaines ne touchent pas - et il remplira toute la terre (vv.34,44-45).

Les histoires de la première partie de Daniel (ch.1-6) ne traitent pas les rois avec beaucoup de sévérité. les rois y sont présentés comme arbitraires, entourés surtout de conseillers stupides ou mauvais, et très très arrogants. Mais il y a un thème qui est repris tout au long de ces histoires et qui fait ressortir, à maintes et maintes reprises, l'espoir que même de tels rois pourraient en quelque sorte être convertis au vrai Dieu. (Voir 2,46s; 3,24s; 6,26s; aussi 14,10s.) Au ch.4, nous avons un nouveau développement sur le thème de la conversion des rois. Dans cette histoire, il est dit (d'une façon très apocalyptique) que les rois qui gouvernent sans la foi au vrai Dieu deviennent comme des animaux; ce sont des fous, bestiaux et laids. Ces histoires expriment une sorte d'espérance souvent manifestée dans le peuple de Dieu, l'espérance de la conversion d'une personne mauvaise. Cette attitude plus ou moins encourageante vis-à-vis des rois étrangers indique que ces histoires circulaient probablement avant le déclenchement de la persécution totale en 167 av. J.C. Les écrits que nous allons voir ne montrent toutefois pas un espoir aussi indulgent à propos d'Antiochus Épiphane,

Visions porteuses d'un message (ch.7-12)

La seconde partie du livre de Daniel (ch.7-12) se compose de quatre visions:

1.les bêtes et le Fils d'homme (ch.7)

2.le bélier et le bouc (ch.8)

3.les soixante-douze semaines (ch.9)

4.la fin des temps (ch.10-12)

Chacune des visions s'intéresse d'abord à la persécution sous Antiochus Épiphane. C'est dans ces chapitres que nous voyons le plus clairement les caractéristiques de ce qu'on appelle la littérature apocalyptique. Le mot apocalyptique vient d'un mot grec, apokalypsis, qui veut dire révélation. Comme verbe en grec, cela veut dire dévoiler, révéler, faire connaître ce qui n'était pas connu. Dans ces chapitres de Daniel, nous avons quatre visions qui révèlent, dévoilent des réalités jusque-là inconnues. La révélation a lieu au cours de songes ou de visions. Les songes donnent accès à un monde de secrets sur l'orientation et le sens de l'histoire. En vous rappelant l'interprétation allégorique des quatre métaux au ch.2, qui représentent les royaumes des Babyloniens, des. Mèdes, des Perses et des Grecs, vous devriez pouvoir réussir à "décoder" la vision suivante.

Lecture Daniel 7,1-8

Commentaire

"En l'an 1 de Balthazar, roi de Babylone" (v.1). La vision est reportée à la période de l'Exil et est présentée comme si cela était arrivé à Daniel, que l'on représente comme ayant vécu pendant l'Exil. Ce truc dissimule l'auteur véritable qui vivait sous la persécution d'Antiochus Épiphane. C'est le même truc qu'au chapitre 2 et essentiellement pour les mêmes raisons (en assurer la circulation). Daniel a un songe dans lequel il y a des visions. La vision est rédigée par écrit (v.1). Cela aussi est caractéristique de la littérature apocalyptique: elle n'est pas prononcée oralement, mais transmise par écrit.

"Les quatre vents du ciel soulevaient la grande mer" (v.2). Le chiffre 4 est généralement symbolique. Il signifie habituellement 'tout" ou "partout", comme dans l'expression "les quatre coins de la terre". Dans ce sens, les quatre bêtes ne représentent pas seulement quatre royaumes historiques, mais tous les royaumes de la terre. La "grande mer" qui est toute soulevée désigne le chaos. L'auteur pourrait vouloir que nous comprenions que les eaux déchaînées sont celles qui sont au-dessus du firmament du ciel (voir Ez 1,24). Ce sont les eaux du chaos que Dieu contrôle par sa très grande puissance. Mais de ces eaux déchaînées sortent quatre bêtes. La première est un lion ailé (la Babylonie), qui perd ses ailes et devient humain (c'est probablement une allusion à l'histoire du ch.4 dans laquelle Nabuchodonosor quitte son aspect animal pour prendre un aspect humain). La deuxième était semblable à un ours, ayant trois côtes dans la gueule. Cela représentait fort probablement les Mèdes qui avaient conquis d'autres royaumes. La troisième bête, un léopard ailé à quatre têtes, désigne l'empire perse. (Le sens des images - léopard, ailes, têtes - nous échappe.) La quatrième bête est seulement décrite comme terrifiante, forte et ayant des dents de fer avec lesquelles elle écrase tout ce qui est en vue. C'est l'empire d'Alexandre le Grand, qui a "produit" dix cornes, les rois de la dynastie séleucide, héritiers de diverses parties de l'empire d'Alexandre.

La "petite corne" à cause de laquelle trois autres cornes doivent être arrachées représente Antiochus Épiphane qui avait dû se débarrasser de ses rivaux au trône d'Antioche pour se faire roi. Cette corne monstrueuse a des yeux pour surveiller et voir tout ce qui se passe, et une bouche qui se vante de façon blasphématoire (allusion à la prétention d'Antiochus à la divinité et à son insolente profanation du Temple, voir 1 M 1,21 et 24-25). Les royaumes du monde sont représentés comme des animaux, d'apparence plus ou moins monstrueuse. Ils sont moins qu'humains, inhumains, bestiaux; ils sont nés du chaos (les eaux bouillonnantes). La vision continue dans le passage suivant.

Lecture Daniel 7,9-12

Commentaire

Regardant par-dessus les eaux par-dessus les cieux, le visionnaire entre en présence de Dieu lui-même (v.9; voir Ez 1,24s). Dieu est symbolisé par un vieillard aux cheveux blancs. L'idée n'est pas d'imaginer Dieu comme un vieillard; dans ce genre de littérature, nous devons lire les symboles et non pas prendre les images littéralement. Dieu est la sagesse même (symbolisée par l'âge et les cheveux blancs). Parce qu'il est sage, il est le seul qui puisse juger de son trône. Dieu est le roi et le juge. Les images du feu et des mille milliers qui entourent son trône rappellent Ez 1, la vision de la gloire de Dieu. "Les livres étaient ouverts" est symbolique des "comptes" que Dieu tient de tout ce qui se passe afin de porter un jugement sur le monde (voir Jr 17,1).

Le jugement se déroule; la bête à cornes est tuée et détruite. Les autres bêtes sont autorisées à survivre pour un temps assez court. Le règne d'Antiochus sera court; les règnes des autres royaumes seront tolérés un peu plus longtemps. Les royaumes bestiaux ne dureront pas, mais ce n'est pas la fin du jugement.

Lecture Daniel 7,13-14

Commentaire

"Venant sur les nuées du ciel". Bien que ce ne soit pas très clair dans le texte, il semblerait que celui qui est "comme un Fils d'homme" monte sur un nuage vers Dieu. La première chose à noter est que "Fils d'homme" veut simplement dire un être humain et comme tel symbolise une chose humaine par opposition aux choses bestiales qui précédaient. C'est à l'humain, au fils d'homme, que le royaume de Dieu est consacré complètement et perpétuellement. Comme la pierre que ne touche pas la main de l'homme en 2,34, il étendra sa domination sur le monde entier. L'auteur passe ensuite à l'explication plus détaillée de la vision.

Lecture Daniel 7,15-28

Commentaire

Dans ce passage, il est tout à fait clair que ce qui intéresse l'auteur c'est Antiochus Épiphane et sa persécution du peuple de Dieu en Palestine à son époque (vv.20-22 et 25). Son règne sera très court. C'est ce que signifie le chiffre trois et demi (v.25). Sept veut dire la plénitude; la moitié de sept est un temps très court en langage apocalyptique. Nous apprenons aussi dans ce passage que celui qui est "comme un Fils d'homme" était le symbole des "saints du Très-Haut", soit les membres fidèles du peuple de Dieu (v.27). Le royaume humain digne de l'homme que Dieu créera avec son peuple recevra une souveraineté éternelle (v.27; comparer le v.14).

Le chapitre 8 contient une autre vision qui emploie les symboles du bélier et du bouc. Le message est essentiellement le même que celui du ch.7. Le chapitre 9 entre dans une prophétie de style apocalyptique qui se sert des soixante-dix années d'exil qu'avait prédites Jérémie (Jr 25,11-12; 29,10). Par le chiffre soixante-dix, Jérémie voulait indiquer toute une vie. L'auteur de Daniel estime, toutefois, que l'Exil n'est pas encore réellement fini, aussi donne-t-il à la prophétie de Jérémie une nouvelle signification en l'étendant à sa propre époque. Il estime que ses camarades et lui-même sont à la fin des "soixante-dix ans". Soixante-dix est un symbole de plénitude comme le chiffre sept. Le sens est que le moment est propice pour la fin de la domination des puissances bestiales étrangères.

La dernière et la plus longue vision se trouve aux ch.10-12. Cette vision entre dans beaucoup plus de détails sur Antiochus Épiphane (ch.11). Ce qui est important ici pour nous, c'est la préoccupation de la fin des temps. Le désordre, la violence, l'horreur de la période de persécution est vue comme le temps du désastre nécessaire qui introduit la fin de toute l'histoire. C'est une préoccupation très ancrée dans la littérature apocalyptique.

Lecture Daniel 12,1-4

Commentaire

L'auteur vient de finir de présenter un récit assez détaillé du règne d'Antiochus Épiphane qui s'achève sur la prédiction de sa mort (11,45). La fin de cet épouvantable roi est envisagée comme le moment de la fin du monde et de l'établissement du Royaume de Dieu. Michel, l'ange qui est le patron du peuple de Dieu, sera là pour le représenter quand viendra la fin. Une époque de grand bouleversement viendra immédiatement avant la fin. Ceci est caractéristique de la pensée des écrivains apocalyptiques. Juste avant la fin, pense-t-on, il y aura une époque de terreur sans précédent. Mais quand viendra la fin, "tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre" seront épargnés. Ce sont ceux qui ont été jugés vertueux et fidèles dans le peuple de Dieu. Les justes qui seront encore vivants quand viendra la fin ne mourront pas d'après notre auteur; ils entreront dans le Royaume en continuant à vivre leur vie d'humains. Les justes qui sont déjà morts seront ramenés à la vie humaine et brilleront comme les étoiles dans le ciel. Les mauvais dans le peuple seront aussi ramenés à la vie, mais seulement pour vivre à jamais dans la honte et la disgrâce.

Finalement, après tant de siècles de lutte avec la question de récompense et de châtiment, nous trouvons des éléments de réponse. Ce passage n'enseigne pas une résurrection générale de tous les peuples de tous les temps, pas plus qu'il n'enseigne clairement un jugement général pour tous. Ce qu'il enseigne, c'est que les méchants dans le peuple, qui sont morts sans avoir reçu leur châtiment, le recevront à la fin des temps. Il enseigne aussi que tous les justes, surtout les martyrs qui sont morts pendant le règne d'Antiochus Épiphane, se relèveront pour recevoir leur récompense. L'auteur enseigne aussi que la vie des ressuscités durera toujours. Bien qu'il n'enseigne pas clairement que les justes seront "glorifiés", comme nous dirions, il imagine une vie qui est humaine, bonne et éternelle.

Dans le passage qui conclut le livre de Daniel (12,5-13), des essais sont faits pour calculer exactement quand viendra la fin. Le nombre de jours donnés ne concorde pas avec les précédents. Il se pourrait fort bien qu'à un moment donné, les chiffres aient été modifiés par les éditeurs ou les transcripteurs (8,14 parle de 1150 jours jusqu'à la fin; 12,11 dit 1290; 12,12 dit 1335). Puisque les visions du livre de Daniel ont été placées au temps de l'Exil, des siècles plus tôt, l'auteur poursuit la technique en faisant dire à Daniel de garder ces visions scellées et secrètes jusqu'à ce que vienne la fin. Puisque la mort d'Antiochus est proche et qu'elle marque la fin, les visions peuvent maintenant (soit vers 165 av. J.C.) être portées à la connaissance.

(Le livre de Daniel, dans la version acceptée comme inspirée par l'Église au Concile de Trente, comprend l'histoire de Suzanne et les histoires de Daniel et du Dragon (ch.13-14). Ces contes populaires illustrent les vertus de Daniel d'une manière très voisine des histoires des ch.1-6.)

Le livre de Daniel, surtout dans les chapitres 7 à 12, est une prophétie sous une forme nouvelle. Il contient un message de jugement et un message de consolation. L'auteur exprime le jugement de Dieu sur les royaumes de cette terre, en particulier, sur le règne d'Antiochus Épiphane. Il est condamné aussi carrément que les Assyriens et les Babyloniens l'étaient par les anciens prophètes. Les traîtres et les apostats dans le peuple de Dieu sont aussi condamnés pour leur conduite perfide. L'auteur console les fidèles avec le message que le règne de la terreur sera court et que Dieu détruira et condamnera le roi monstrueux. Il leur dit que le royaume de Dieu viendra sûrement et que les fidèles auront éternellement une place dans ce royaume bon et humain, qu'ils soient morts ou vivants quand il arrivera. Le peuple se fait dire que Dieu est mystérieusement mais sûrement maître de l'histoire; il faut qu'ils y puisent leur courage. Dieu mènera l'histoire à son accomplissement et ils auront part à cet accomplissement.

Exercices pratiques

2 Indiquer si les affirmations suivantes sur la littérature apocalyptique du livre de Daniel sont vraies ou fausses:

____a.La littérature apocalyptique est essentiellement une prophétie sous une forme nouvelle.

____b.La littérature apocalyptique recourt au truc de se présenter comme si elle avait été écrite il y a longtemps.

____c.La littérature apocalyptique se préoccupe plus de songes, de visions et d'anges que du sens et de la direction de l'histoire.

____d La littérature apocalyptique se présente souvent comme porteuse d'une révélation reçue de Dieu.

____e La littérature apocalyptique parle d'une arrivée progressive et paisible de la fin des temps.

3 Laquelle des trois affirmations suivantes explique le mieux la nature prophétique de la littérature apocalyptique?

a.Elle prédit des événements dans un avenir lointain pour rassurer le peuple en temps de persécution.

b.Elle modèle le mode de présentation du message de Dieu donné par les grands prophètes.

c.Elle apporte un message inspiré au peuple de son époque.

d.Elle annonce la prédication publique hardie des prophètes en temps de persécution.

4 Pourquoi l'auteur du livre de Daniel emploie-t-il des images d'animaux monstrueux pour les royaumes de la terre et l'image de quelqu'un "comme un Fils d'homme" pour le royaume de Dieu? (Une ou deux phrases devraient suffire.)

3 De la liberté à l'oppression

Objectif Décrire les principaux événements qui se sont produits dans la vie du peuple de Dieu en Palestine, de la révolte des Maccabées à l'invasion romaine (167 à 63 av. J.C.)

C'étaient des temps excessivement difficiles pour les membres du peuple de Dieu en Palestine qui refusaient d'accepter la manière de vivre et la culture hellénistiques. Leur refus se transforma en une révolution dé grande envergure lorsque Mattathias et ses fils eurent pris position à Macrin. La révolution, commencée comme mouvement, pour la liberté religieuse, se transforma inévitablement en une lutte pour l'indépendance politique. Elle prit cette tournure sous la direction du troisième fils de Mattathias, Judas Maccabée, guerrier doué d'inspiration, de courage et d'intelligence. (Cette période de l'histoire du peuple est très complexe. Nous ne pouvons qu'en faire ressortir et en décrire brièvement les points saillants. Le tableau de la p.21 sur les chefs religieux et politiques du peuple de Dieu en Palestine pendant cette période est donné pour plus de clarté.)

Le mouvement pour la liberté religieuse et politique est organisé sous Judas Maccabée à partir de 166 av. J.C.:

C'est son amour de la Loi et sa haine des politiques tyranniques d'Antiochus Épiphane et de ses partisans qui ont poussé Judas à poursuivre la rébellion. Antiochus Épiphane sous-estimait la force de Judas et de ses adeptes et, au commencement, Antiochus n'envoya que des effectifs restreints pour étouffer les troubles qu'ils créaient. Les forces séleucides furent facilement vaincues par Judas. Antiochus, réalisant la force des rebelles, envoya Lysias comme régent et plaça sous ses ordres une armée assez importante. Chacun des trois généraux de Lysias - Ptolémée, Nikanor et Gorgias - fut défait par Judas. Même lorsque Lysias en personne prit la tête d'une grande armée pour s'attaquer à Judas, il fut vaincu. Pressentant la faiblesse des Séleucides, Judas et ses adeptes firent leur plus audacieuse démonstration de force en décembre 164.

Judas s'empare du Temple et se rend maître d'une grande partie de Jérusalem en décembre 164 av. J.C.:

Lecture 1 Maccabées 4,36-61 (2 M 10,1

Commentaire

Pendant que quelques-uns des hommes de Judas détournaient l'attention des forces séleucides qui occupaient la citadelle (v.41), le reste entreprit de nettoyer le Temple de tout ce qui servait au culte païen. Ils démantelèrent l'autel païen et en érigèrent un nouveau (vv.43-47). Quand le travail de restauration du Temple fut achevé, les fidèles vinrent pour la dédicace du nouvel autel (v.54) et autres festivités qui durèrent huit jours (v.56), aussi longtemps que la fête des Tentes (Lv 23,33-36). (D'où le nom de fête des Tentes au mois de Kisleu. Voir 2 M 1,9 et 18. La fête était aussi appelée "fête des lumières" parce qu'on allumait des lampes durant les jours de fête. Les Juifs la célèbrent encore sous le nom de "Hanukka", qui veut dire dédicace.)

La purification du Temple donna du courage aux autres anti-hellénistes dans toute la Palestine et la Transjordanie. Ils se révoltèrent également dans un certain nombre de cités grecques, recevant souvent le soutien de Judas et de ses hommes.

Antiochus Épiphane mourut tard dans l'année 164 av. J.C. Sous son successeur, Antiochus V, Lysias se vit encore confier la responsabilité de mettre fin à la rébellion. Lysias vainquit Judas à Bethzechariah en 163 av. J.C. (1 M 6,43-46), mais Judas était encore en mesure de rester maître de Jérusalem et le peuple était autorisé à pratiquer la Loi ouvertement (1 M 6,59). Les persécutions s'arrêtèrent pendant quelque temps.

Ce n'était, néanmoins, pas le repos pour Judas et ses partisans. A l'intérieur de la communauté du peuple de Dieu, il y avait de nombreuses luttes de pouvoir entre Judas et la faction pro-helléniste, surtout à propos de la nomination d'un grand prêtre. Aux pro-hellénistes se joignaient les Assidéens anti-hellénistes et les scribes pour soutenir Alkime (163-159). Les Assidéens soutenaient Alkime malgré ses fortes tendances hellénistes parce qu'il appartenait à une famille sacerdotale. Par la suite, Alkime se retourna contre les Assidéens et en tua un certain nombre pour garantir sa position. Judas ne fit jamais confiance à Alkime et s'opposa à sa nomination comme grand prêtre. Si braves qu'ils aient été, Judas et ceux qui étaient avec lui ne pouvaient pas résister aux pressions qui augmentaient l'intérieur comme à l'extérieur de la communauté. Comme leur lutte pour la liberté religieuse se transformait en une guerre absolue pour l'indépendance politique, les Séleucides sous Démétrius I Sôter réagirent par un étalage complet de force. Sous la direction de son général Bacchidès et du grand prêtre Alkime, une grande armée séleucide se rencontra avec Judas et ses partisans en un combat au nord de Jérusalem en 160 av. J.C.

Lecture 1 Maccabées 9,1-22

Le fort leadership de Jonathan et de Simon fait de l'indépendance politique une réalité dès 142 av. J.C.-

Jonathan (160-143) était le frère de Judas Maccabée et son successeur à la tête du parti des Maccabées, qu'il continua à diriger avec courage et intelligence. Il y avait constamment des luttes de puissance dans les rangs des Séleucides. Jonathan réussissait à dominer la situation et, à la fin, il trouva moyen de miser sur celui qui gagna la lutte et devint le nouveau roi séleucide, Alexandre Baies. Alexandre récompensa Jonathan en lui donnant les postes de général et de gouverneur de Judée ainsi que celui de grand prêtre (1 M 10,20 & 65). Pour assurer ses positions d'autorité, Jonathan contracta des relations politiques avec d'autres puissances de cette partie du monde, y compris Rome et Sparte (1 M 12,1-23). L'habileté de Jonathan à marcher sur la corde raide en politique ne dura pas. Il fut emprisonné et, avant que son frère Simon puisse le libérer, il fut assassiné (1 M 13,23-30).

Simon (143-134) succéda à Jonathan et, en 142 av. J.C., le territoire appartenant au peuple de Dieu (Jérusalem et le territoire environnant) fut déclaré indépendant par Démétrius Il (1 M 13,41). Jean Hyrcan I (134-104 av. J.C.) succéda à son père Simon. La lignée de ses descendants a été appelée les Asmonéens (probablement du nom d'Asmon, l'arrière-grand-père de Mattathias).

Jean Hyrcan I étend le territoire dont il est maître pour qu'il englobe l'ldumée et la Samarie:

Pendant le règne de Jean Hyrcan 1 (134-104), les forces séleucides sous Antiochus VII envahirent la Judée et redevinrent maîtresses de la situation pendant un temps assez court. Le roi séleucide suivant, Démétrius II, était occupé par des soulèvements dans d'autres parties de son empire, permettant ainsi à Jean Hyrcan I de regagner le contrôle de son territoire et même de l'étendre jusqu'en Idumée au sud; il obligea les Iduméens à pratiquer la Loi, imposition qu'ils n'oublieraient jamais. Les forces de Jean Hyrcan I attaquèrent au nord jusqu'en Samarie, où elles détruisirent le temple samaritain du Mont Garizim. La Samarie s'ajoutait à son domaine en 107 av. J.C.

Aristobule I étend davantage le territoire sous son contrôle pour inclure la Galilée du Nord:

Aristobule I (104-103) s'interposa pour ne régner qu'un an après la mort de son père et il essaya de s'assurer le pouvoir en faisant emprisonner et même mettre à mort des membres de sa famille. Sa principale conquête militaire a été celle de la Galilée du nord. Il combattit l'hellénisme et fit de la Loi de Moïse la loi officielle du territoire (les effets de cette politique en Galilée duraient encore du temps du Christ). Alexandre Jannée, qui avait été mis en prison par Aristobule 1, fut libéré et devint le souverain suivant.

Les Asmonéens jouissent de leur plus grande puissance politique à cette époque mais sous un chef tyrannique et corrompu:

Alexandre Jannée (103-76) ne se contentait pas d'être maître des territoires dont il avait hérité. Il entraîna des citoyens et beaucoup de mercenaires étrangers dans de nombreuses guerres qui finirent par étendre le territoire jusqu'à sa plus grande taille depuis l'ancien empire davidique. Alexandre Jannée était détesté par les Pharisiens (les descendants des Assidéens) à cause de son avidité pour le pouvoir et ils recherchaient l'appui du roi séleucide, Démétrius III, pour le faire déposer. Alexandre faillit être défait, mais se retrouva avec assez de partisans pour détourner son opposition. Jannée chercha à se venger et se retourna rapidement contre les membres du peuple qui voulaient le détrôner, en tuant beaucoup de façons les plus cruelles qu'il pouvait inventer. Sa femme Salomé Alexandra (76-69) gouverna pendant un certain temps après sa mort. Elle donna le poste de grand prêtre au plus faible de ses fils, Hyrcan II. Il reçut l'appui des Pharisiens et ils jouirent de plus grands pouvoirs jusqu'à la mort de Salomé.

L'indépendance du peuple de Dieu en Palestine est perdue en 63 av. J. C.:

Un autre fils de Salomé, Aristobule II (69-63 av. J.C.), qui avait le soutien des puissants Sadducéens, emprisonna son frère Hyrcan II et se fit roi et grand prêtre. Les Iduméens au sud et leurs voisins, les Nabatéens, promirent de soutenir Hyrcan Il en échange de certaines concessions auxquelles il consentait. Ils ne réussirent pas, toutefois, dans leur tentative de détrôner Aristobule II à cause de l'intervention de Rome.

Pendant ce temps-là, les Romains étaient entrés en Syrie et se préparaient à faire passer le reste des territoires séleucides sous leur domination. Aristobule II et Hyrcan II cherchaient tous les deux à avoir l'oreille de Pompée, le commandant romain. Pompée finit par donner son appui à Hyrcan Il. Jean Hyrcan II resta à Jérusalem, mais seulement comme grand-prêtre. Pompée réunit la Palestine à la province romaine de Syrie (63 av. J.C.) et ce fut soudain la fin de toute indépendance politique dont jouissait le peuple de Dieu en Palestine.

Judas Maccabée et ses successeurs immédiats avaient lutté avec acharnement et courage pour obtenir la liberté religieuse et politique du peuple de Dieu en Palestine. Toutefois, cela n'avait pas pris très longtemps à ceux qui le suivaient (les Asmonéens) de perdre de vue les objectifs initiaux des partisans. A quelques exceptions près, les Asmonéens étaient d'âpres chefs de leurs propres frères, qui favorisaient l'hellénisme et faisaient semblant de promouvoir la Loi de Moïse en l'imposant de force aux Iduméens, aux Samaritains et aux peuples de la Galilée du nord. Ils s'intéressaient généralement plus au pouvoir qu'à l'intégrité de la vie religieuse du peuple. Pour les habitants de la Palestine, le passage de l'oppression par leurs propres chefs à l'oppression par les Romains n'entraîna que quelques adaptations mineures.

Exercice pratique

5. Toutes les affirmations ci-dessous sur les événements qui se sont déroulés en Palestine entre 167 et 63 av. J.C. sont vraies et données dans l'ordre. Choisissez les sept événements principaux qui ont été soulignés dans les pages précédentes.

___a.Judas Maccabée organisa une armée pour combattre les Hellénistes.

___b.Les armées de Ptolémée, Nikanor et Gorgias ont été vaincues par Judas Maccabée et ses partisans.

___c.Judas et ses partisans purifièrent le Temple et devinrent maîtres de Jérusalem en décembre 164.

___d.Jonathan et Simon continuèrent à diriger la révolte et la Judée devint finalement indépendante sous la direction de Simon en 142 av. J.C.

___e.Antiochus VII envahit la Judée mais dut battre en retraite avant de prendre Jérusalem à Hyrcan I.

___f.L'Idumée et la Samarie furent ajoutées au territoire contrôlé par Jean Hyrcan I.

___g.Aristobule I continua à étendre son territoire en ajoutant à son domaine la Galilée du nord en 104-103 av. J.C.

___h.Aristobule I mit en prison de nombreux membres de sa famille pour maintenir sa posi-tion au pouvoir.

___i.Alexandre Jannée agrandit le territoire plus qu'il ne l'avait jamais été depuis l'empire davidique, mais opprima le peuple en le faisant.

___j.Les Pharisiens jouirent de plus grands pouvoirs pendant le règne de Salomé Alexandra.

___k.Les Iduméens et les Nabatéens donnèrent leur appui à Hyrcan II pour l'aider à renverser Aritobule II.

___Le peuple de Dieu perdit son indépendance politique au profit des Romains quand ceux-ci conquirent la Palestine en 63 av. J.C.

Chefs religieux et politiques en Palestine de 190 à 41 av. J.C.

Chefs "religieux" Chefs "politiques"

(Grands prêtres) (Maccabées et Asmonéens) Séleucides

Onias III (190-174)

Antiochus IV Ephiphane (175-164)

*Jason (174-171) Mattathias (d. 166)

Judas (166-160)

*Ménélas (171-164)

Alkime (164-159) Antiochus V Eupator (164-162)

Démétrius I Sôter (162-150)

Vacance de la fonction

de grand prêtre (159-150)

Jonathan (160-143) Alexandre Balas (150-145)

(Grand prêtre et ethnarque)

Simon (143-134) Démétrius II Nikatôr (145-138)

(Grand prêtre de 142 à 134) Antiochus VI Dionysius (145-142)

Antiochus VII Sidétès (138-128)

Jean Hyrcan (134-104)

(Grand prêtre et ethnarque)

Démétrius II Nikatôr (128-125)

Aristobule (104-103)

(Grand prêtre et roi)

Alexandre Jannée (103-76)

(Grand prêtre et roi)

Hyrcan II (76-69) Salomé. Alexandra (76-69)

(Reine)

Aristobule 11 (69-63)

(Grand prêtre et roi)

Hyrcan II (63-41) Rome gouverne la Palestine

(Grand prêtre et ethnarque) à partir de 63 av. J.C.

*Ils ont acheté la fonction de grand prêtre au roi séleucide. -1-1Is ont été nommés gouverneurs (ethnarques) d'une province.

4 Espérance et amour (Be livre de la Sagesse)

Objectif Décrire l'enseignement du livre de la Sagesse sur l'immortalité, sur la sagesse et sur l'amour que le Seigneur porte à tout ce qu'il a fait.

Le livre de la Sagesse a été écrit en grec par un membre savant et dévot du peuple de Dieu, vers l'an 50 av. J.C. Il est fort probable que c'était un membre de la communauté d'Alexandrie en Égypte. Son livre est le dernier des livres saints écrit dans cette première partie de notre histoire (l'Ancien Testament).

Les objectifs principaux de son livre semblent être premièrement d'augmenter la foi de sa communauté et, deuxièmement, de fournir une preuve compréhensible et attirante de la foi à ceux qui sont en dehors du peuple de Dieu. Sa présentation suppose la bonté de la création, comme l'enseignent les autres écrivains sapientiels, et il est centré sur le grand événement de l'histoire, l'Exode. De cette façon, il résume les deux grands thèmes de la foi - la création et la rédemption.

L'auteur est un homme instruit de son temps; il connaît bien la philosophie grecque (par ex. Platon et les Stoïciens). Il emploie des mots et des expressions qui évoquent la pensée grecque et, à l'occasion, écrit comme s'il avait adopté les idées grecques (par ex. la distinction corps-âme en 9,15). Malgré ces traces de pensée grecque, l'auteur est foncièrement un homme de foi traditionnel. C'est plus un poète et un prédicateur qu'un penseur organisé. Il ne nous donne pas un résumé précis de toutes ses pensées; pas plus que toutes ses idées ne s'intègrent dans un système clair. Il n'est pas facile de dire ce qu'il pensait sur certains sujets.

Espérance d'immortalité

La persécution sanglante sous Antiochus Épiphane força l'auteur de Daniel à trouver une réponse à la question angoissante qui se posait de longue date sur la justice de Dieu: les gens vertueux sont-ils récompensés et les méchants sont-ils punis? Comme nous l'avons vu en Daniel 12,1-3, la réponse est venue sous la forme d'une croyance en la résurrection au dernier jour, où les justes se relèveraient comme êtres humains pour vivre heureux à jamais; les méchants se relèveraient pour une vie de honte et de disgrâce. L'auteur de Daniel pensait surtout aux siens et pas tant à une résurrection générale ou

Un jugement général au dernier jour.

L'auteur du second livre des Maccabées maintenait essentiellement la même position que celle qui est exprimée dans le livre de Daniel: les martyrs qui sont morts pour leur foi seraient appelés à une nouvelle vie qui ne finirait pas (2 M 7 vv.9,14,23,36). Dans ces deux livres, Daniel et le Second Maccabées, la pensée concorde étroitement avec la notion que la personne humaine est un corps plein de vie (le souffle, l'esprit). Si une personne doit être rendue à la vie pour recevoir récompense ou châtiment, il faut que cela comprenne le rappel à la vie du corps de cette personne.


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