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COALITION



Par Lora Ly







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© 2018 Men over the Rainbow


Couverture : Virginie Wernert

Maquette : MORe Studio


Édition : MOR Publications

25 rue des Templiers – 57590 Fossieux

http://mor.lgbt


ISBN papier : 979-10-96349-41-8

ISBN numérique : 979-10-96349-42-5

Dépôt légal : Mars 2018

TABLE DES MATIÈRES



RÉSUMÉ

PROLOGUE

CHAPITRE 1 : LA NOUVELLE

CHAPITRE 2 : LE ZÉPHYR

CHAPITRE 3 : ÉVALUATION

CHAPITRE 4 : LA PROPOSITION

CHAPITRE 5 : LE CHOIX

CHAPITRE 6 : MISE EN PLACE

CHAPITRE 7 : LA RENCONTRE

CHAPITRE 8 : FAIRE CONNAISSANCE

CHAPITRE 9 : S’APPRIVOISER

CHAPITRE 10 : LA MEUTE

CHAPITRE 11 : MISE À L’ÉPREUVE

CHAPITRE 12 : COLLABORATION

CHAPITRE 13 : EXCURSION

CHAPITRE 14 : PERTES

CHAPITRE 15 : L’UNION

ÉPILOGUE

REMERCIEMENTS

LEXIQUE

RÉSUMÉ





Quand le Président de l'Europe Unie révèle l'existence des métamorphes à la population, l'alpha de la meute d'Ambre et le chef des équipes d'interventions spéciales humaines en profitent pour créer un corps d'élite, mélangeant hommes et garous.

L'adjudant Kyle Derril était l'un des meilleurs snipers au monde. Suite à des problèmes familiaux, il décide d'arrêter les missions pour occuper un poste d'instructeur militaire. Lorsque le colonel Varat lui propose de faire partie de l’unité inter-espèces, l'étincelle dans ses yeux se rallume. Sa rencontre avec le bêta de la meute d’Ambre bouleverse toutes ses attentes.

Vinceslav est volontaire pour faire partie de cette coalition. Travailler avec des humains peut permettre à sa meute de s'intégrer en douceur. Ce défi lui offre également une bouffée d’oxygène bien nécessaire. Il émet cependant un doute quant à la rapidité d’exécution des hommes.

Le caractère et le physique de Kyle l'attirent d’emblée. Son loup s'agite et montre des signes d'intérêt pour la première fois depuis bien longtemps.

Est-il possible que cet humain soit le compagnon qu'il attend depuis si longtemps ?

PROLOGUE



Durant l'été 2038, les frontières tombèrent, créant l'Europe Unie.

Chaque continent était désormais dirigé par un Président. Tous les anciens pays comme la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne devinrent des états, gouvernés par une vingtaine de ministres ne servant à rien, pour changer. Aucune évolution à attendre de ce côté-là. Une langue unique fut mise en place, facilitant enfin la discussion entre les peuples. Chaque petit état gardait son dialecte d’origine, mais les écoles et les administrations utilisaient l’anglais comme langue de référence.

Il était temps de protéger la planète s’ils voulaient que leurs descendants puissent en profiter encore pendant de longs siècles. Les inventions vertes avaient fait un bond en avant, dans les années 2025. Les voitures roulaient à l'électricité, avec une autonomie de près de quatre cents kilomètres, l’électricité provenait de sources naturelles. Finies les centrales nucléaires. Chaque ménage dut s'équiper du système ELEKTROX, revisitant les panneaux photovoltaïques aux rendements exceptionnels, pouvant subvenir à leurs besoins. Les gens se chauffaient désormais à l’électricité propre, plus de gaz pour cuisiner ; au revoir le mazout et sa pollution. Quand les hommes utilisaient encore du bois de chauffage, c’était plus par plaisir que par réel besoin. Les forêts étaient continuellement réapprovisionnées. Depuis 2026, une loi internationale était appliquée par tous, sous peine de lourdes amendes. Pour un arbre coupé, ils devaient en replanter deux. Il fallut attendre 2060 pour voir enfin le résultat. Cette évolution en valait la peine. Les habitants de la terre vivaient enfin sur une planète en pleine guérison et l'air qu’ils respiraient était bien plus pur.

Les humains pensaient être au top de l’évolution grâce à ces prises de conscience. Ils allaient être lourdement détrompés. L’Homme n’était pas l’espèce la plus évoluée de la planète.

Comment ?

Si vous voulez le savoir, plongez dans l’histoire…



CHAPITRE 1 : LA NOUVELLE



AVRIL 2072



Oncle Kyle, oncle Kyle, viens vite ! cria Léa du haut de ses six ans, tirant énergiquement son oncle par le bras.

Bon sang, Léa, comment un si petit corps peut-il contenir une voix aussi perçante ! Je crois bien que tu viens de me vriller les tympans. Il ne faudra pas t'étonner si je fournis la facture de l'ORL à ta mère, dit Kyle, s'essuyant les mains pleines de savon. Tu ne peux pas attendre ? Tu vois bien que je termine la vaisselle et comme je déteste cette corvée, il y a plutôt intérêt à ce que je finisse vite fait. D'ailleurs, peux-tu me dire pourquoi c'est moi qui me tape les tâches ménagères alors que j'ai une fille sous la main ?

Fais pas ton macho avec moi, tonton. Pas besoin de prendre ta grosse voix, elle ne marche que sur tes hommes !

OK, ok, je vois que tu es aussi bourrique que ma sœur et que je n'aurai pas gain de cause. Pourquoi ai-je accepté de vous garder, ton frère et toi ? Valérie va m'en devoir une sacrée pour ce sacrifice, je te le dis ! En parlant de ton frère, où est-il encore fourré ? demanda-t-il, inspectant la pièce et tendant l'oreille.

De sa position, il avait une vue d'ensemble sur le salon et la cuisine américaine, ouverts au rez-de-chaussée. C'était une agréable pièce de trente-cinq mètres carrés, dans les tons beige et chocolat avec un mobilier simple, mais très confortable.

Justement, tonton, si tu m'écoutais à la place de dire des bêtises, s'écria Léa, les poings sur les hanches. C'est lui le problème. Il a voulu grimper dans l'arbre et ce couillon ne peut plus redescendre !

Surveille un peu ton langage, jeune fille, on ne dit pas « couillon », mais peureux, c'est plus poli !

Ouais, si tu le dis....

Kyle sourit devant l’expression impertinente de sa nièce. Léa ressemblait tellement à sa sœur quand, dans leur jeunesse, Valérie et lui se chamaillaient pour des broutilles. Le menton levé, les yeux plissés, la bouche légèrement tordue sur le côté, tout lui rappelait la petite sœur qu’il voulait protéger à tout prix. Il secoua la tête, revenant au présent.

Bon, allons vérifier l'ampleur du désastre et tant pis pour la vaisselle.

À peine le seuil franchi, Kyle aperçut Max perché sur une branche. Trois mètres le séparaient du sol. Il était agrippé de toutes ses forces au tronc, le visage sillonné de larmes.

Hé là, bonhomme, que se passe-t-il ?

Il prit sa voix d'instructeur, celle qui lui permettait de diriger les hommes sous ses ordres avec efficacité.

Max renifla bruyamment en essayant de se calmer.

Je... Je suis coincé, tonton… j'ai peur de tomber...

Un nouveau torrent de larmes fit son apparition. L’oncle s'approcha calmement et rétorqua d'une voix ferme :

Écoute-moi, Max ! Tu me fais confiance ?

Voyant son neveu acquiescer, Kyle continua :

Je suis là, bonhomme ! Ensemble, nous allons résoudre ce problème et te ramener sur la terre ferme, sans danger, d’accord ?

Max inspira vivement, déjà un peu plus calme.

Ouuui, tonton.

Peux-tu me dire ce que tu fais là-haut ?

Je jouais au ballon avec Léa et le chat du voisin est arrivé comme une fusée et a grimpé dans l'arbre. Il avait l'air d'avoir peur...

C'est à cause du chien de monsieur Duraud, tonton, je l'ai entendu aboyer et puis... intervint Léa, excitée :

Léa, peux-tu laisser ton frère me donner sa propre version, s'il te plaît ? demanda Kyle, lançant un regard d'avertissement à sa nièce. Pas la peine de bouder, tu sais bien que ça ne marche pas avec moi, petite ! Désolé, Max, continue, on ne te coupera plus la parole.

Le chat était dans l'arbre et il miaulait alors, on a essayé de l'appeler pour qu'il vienne près de nous. Comme il ne bougeait pas, j'ai grimpé pour le sauver, et lui, à mon arrivée, il est descendu comme si de rien n’était.

On pouvait entendre l’offense que la réaction du chat avait provoquée chez le jeune garçon.

Tonton, je suis coincé, répéta Max, des larmes dans la voix.

Kyle observa son neveu avec attendrissement.

Holà, p'tit mec, regarde-moi ! Il n’y a rien de grave, d'accord ? Si tu as réussi à monter, il n'y a pas de raison pour que tu ne puisses pas redescendre.

Mais c'est bien trop haut !

Ce n'est pas plus haut que lorsque tu as décidé de l'escalader, Max. La seule différence, c'est que tu étais tellement préoccupé par le chat que tu n'as pas fait attention à la hauteur. Comme il n'est plus là, tu te bloques sur ces trois mètres qui te séparent du sol.

J'ai peur, tonton.

Je vais te demander de respirer calmement, Max. Prends une grande inspiration...

Le jeune garçon s’empressa d’obéir, faisant totalement confiance à son oncle pour le sortir de là. Tous les enfants pensaient que les militaires étaient des héros et pour Max, Kyle avec toutes ses décorations pour services rendus à la patrie, était le meilleur d’entre eux.

Maintenant, souffle doucement, continua Kyle, gardant une voix calme. Encore, inspire... expire doucement. Très bien, tu te comportes comme un chef, je suis fier de toi !

Max lui sourit, se décrispant un peu.

Bien mon grand, maintenant je vais te demander de lâcher tout doucement le tronc pour t’allonger sur la branche sans te presser, un peu comme si tu étais un tigre voulant se prélasser au soleil. Aimerais-tu être un tigre, Max ?

Ah oui, ils sont trop beaux et rapides et dangereux et...

Très bien, j'ai compris. Tu adores les tigres, ricana Kyle, levant les bras devant son air adorateur.

Léa se mit à pouffer, entraînant son frère dans son fou rire. Après cet interlude déstressant, le garçon s'étendit sur la branche, passant ses bras et ses jambes de part et d'autre.

Génial, mon grand ! On dirait que tu as fait la grosse bête toute ta vie. Comme je sais que tu as de la force dans tes bras rachitiques...

Hé ! s’offusqua le garçon.

Bon, ils ne sont pas si maigrichons, reconnut-il en souriant. Donc, puisque tu es Musclor, agrippe tes mains à la branche et laisse pendre tes jambes du même côté puis, quand je te le dirai, tu lâcheras tout et je t’attraperai.

Max pencha la tête sur le côté, les yeux plissés, regardant son oncle.

Tu ne vas pas me laisser tomber, hein, tonton ?

Comment ça, moustique ? Tu mets en doute ma force herculéenne ? Je soulève dix microbes comme toi au petit-déjeuner et encore ! C’est quand je ne suis pas en forme, répliqua-t-il, d’un ton mi-vexé, mi-sarcastique.

Ouais, ouais, c'est ça, répondit le jeune garçon avec amusement. Kyle posa les mains sur ses hanches, bombant le torse pour faire saillir ses muscles.

Arrête de faire ton mariolle ou je te laisse tomber !

Et tu pourras l’expliquer à maman après, tonton, fit la voix moqueuse de sa nièce.

Kyle tourna vivement la tête en direction de l’impertinente. Léa était perspicace et savait que Valérie ne ferait qu'une bouchée de son frère, malgré son mètre soixante, s'il arrivait quoi que ce soit à ses enfants.

Non pitié, ne lance pas ta mère après moi, sinon elle va me trucider, dit-il d'un air effrayé assez convainquant vu l'état d'hilarité des deux monstres.

Bon, fini de rire, mettons-nous au travail ! C'est quand tu veux, p’tit mec, je suis juste en dessous, prêt à te rattraper.

Max s'agrippa de toutes ses forces à la branche et se laissa glisser tout doucement, jusqu'à se retrouver pendu par les bras.

Tu me rattrapes, hein ?

Je ne t'attendrai pas deux heures alors dépêche-toi si tu veux manger ton goûter avant que maman débarque.

OK, j'y vais !

Le garçon ferma les yeux et se laissa tomber dans les bras de son oncle.

Hmpf ! Hey ! Qu’as-tu mangé ce midi pour être aussi lourd ?

Je ne suis pas lourd ! C'est toi qui es moins fort que tu le pensais ! se moqua Max

Ah oui, je ne suis pas fort ?

Kyle chatouilla les enfants jusqu'à ce qu'ils reconnaissent sa supériorité et sa force légendaires. D’accord… c'était de la triche, mais pour gagner, tous les coups étaient permis.

***

Deux heures plus tard, les enfants regardaient des dessins animés, Kyle commençait à s'endormir, quand un flash spécial interrompit l'émission en cours.

Oh, non ! Pourquoi t'as changé la télé ? demanda la petite fille, se tournant vers Kyle.

Ce n'est pas moi Léa, dit-il en se redressant, tout à coup parfaitement réveillé. Essayez de rester calmes ou allez jouer dans le bureau, j’aimerais écouter ce que le Président va dire.

Les deux enfants partis, il fronça les sourcils, un peu intrigué, mais surtout inquiet. Un flash spécial du Président entraînait souvent des désagréments pour les militaires et même s’il ne faisait plus partie du service actif, il pensait souvent aux hommes sur le terrain qui mettaient en jeu leur vie chaque jour.

Le Président Durez apparut à l'écran.

Mes chers concitoyens… Tout d'abord, je tiens à vous rassurer. Ce flash spécial n'est en rien une mauvaise nouvelle. Si je m'adresse à vous aujourd'hui, c'est pour vous faire part d'une information connue de nos services depuis plus d’une cinquantaine d’années. Nous sommes au courant de la présence parmi nous, d'humains capables de se transformer en loups. Les métamorphes existent bel et bien. Je sais que certains vont me prendre pour un fou, pourtant la preuve de ce que j'avance vous sera fournie dans peu de temps. S'ils désirent aujourd’hui apparaître au grand jour, c'est parce que notre monde a évolué. Avec l'explosion de films sur le sujet et l'accueil favorable du public, nous pensons que vous êtes prêts à entendre la vérité. N'oublions pas aussi qu'avec les avancées technologiques, il devient de plus en plus difficile pour nos amis de rester discrets. C’est donc le bon moment ! Il y a longtemps que nous collaborons avec eux. Nous sommes absolument certains qu'ils ne représentent aucun danger pour notre société. Vous les côtoyez tous les jours sans vous en rendre compte. Ce sont peut-être vos voisins, vos collègues, ou encore vos amis. Il n'y a donc aucune raison de paniquer si vous vous apercevez qu'ils sont plus que ce qu'ils paraissent. De nombreux métamorphes font déjà partie de nos corps d’armée, de la police, des pompiers et autres métiers, où leur force et leur résistance aux blessures en font d'excellents éléments. Depuis un certain nombre d’années, ils interviennent en secret pour notre sécurité et je tiens à les remercier pour tout ce qu'ils ont accompli. Je vais laisser la parole à l'alpha Björk Rossel.

C’est quoi cette blague ?

Un homme magnifique surgit à l'écran. On aurait dit un Viking des temps anciens. Il était immense, pas loin des deux mètres pour cent-vingt kilos de muscles. Son jean le couvrait comme une seconde peau, on devinait les muscles puissants de ses jambes. Il arborait un tee-shirt blanc moulant, laissant voir ses tablettes de chocolat .Kyle s'y connaissait en hommes bien bâtis, ayant eu plus que sa juste part d'aventures. Il mesurait lui-même un mètre quatre-vingt-six pour quatre-vingt-quinze kilos. Son corps était sculpté par de longues heures de sport, mais l'alpha Rossel le faisait passer pour un gringalet. Le bleu de ses yeux illuminait son visage, de longs cheveux blonds attachés lâchement sur la nuque à l'aide d'un morceau de cuir, complétaient le tableau. L’homme était à tomber et il sentit son sexe s'éveiller. Bon sang, il pourrait se masturber et jouir pendant des heures avec l'image de ce bel homme en fond d'écran. Avec ses neveux jouant à cinq mètres de là, inutile d'y songer.

Allez, mini-moi, ce n'est vraiment pas le moment !

Kyle gigota pour trouver une position qui ne comprimait pas trop son érection. Il fixa son attention sur l’écran au moment où son fantasme prenait la parole.

...craintes à avoir de nous. Nous sommes un peuple pacifique, totalement intégré dans la société. Bien sûr, nous avons aussi des éléments perturbateurs dans nos rangs, mais ce n'est pas le genre, la couleur ou l'endroit d'où on vient qui détermine si un homme est bon ou mauvais. Jusqu'ici nous avons toujours su gérer et punir les métamorphes rebelles. Soyez certains que notre justice est bien plus implacable que la vôtre.

Mon Dieu, sa voix rauque, chargée d'un léger accent slave, n'arrangeait pas le problème de Kyle. Comme il n’avait pas eu d’aventure depuis au moins un mois, il était plus que temps qu’il y remédie en allant faire un tour au Zéphyr, afin de se trouver un joli petit lot pour se soulager. En attendant, il pressa fortement son sexe à travers le jean, essayant de calmer ses ardeurs.

... ne croit que ce qu'il voit donc le meilleur moyen est de vous faire une démonstration en direct.

L'adonis à l'écran commença son effeuillage…

Ce n'est pas vrai...

Il y eut un halo de lumière et l'alpha se transforma en un magnifique loup blanc, aux yeux bleus qui se retrouva face à l'écran. Le haut de sa tête devait bien dépasser le mètre vingt, il dégageait une aura de puissance phénoménale. Quelques secondes plus tard, Kyle vit une lumière entourer le loup et son Viking réapparut dans toute sa gloire. Ils avaient flouté la partie basse de son corps par égard pour les enfants, car à cette heure, l’audience était à son plus haut niveau.

Le Président continua son discours en certifiant qu'il n'y avait aucun trucage, que les métamorphes vivaient bien parmi nous. La population ne devait donc pas paniquer. L'alpha répliqua qu'ils resteraient aussi discrets que par le passé et que son peuple ne commencerait pas à se transformer sans raison. Les citoyens n'auraient peut-être plus jamais l'occasion de voir l'un d'entre eux, mais ils étaient prévenus de leur existence.

Se désintéressant du reste de la conversation, Kyle alla vérifier ce qui se passait dans le bureau. Ses neveux étaient affalés sur le tapis, ne lâchant pas le film des yeux.

Tout va bien les enfants ?

Hmm… hmm !

J'ai compris ! Ne pas déranger ! dit-il en riant avant de s'éloigner.

***

Une heure plus tard, sa sœur Valérie déboulait dans la cuisine, toute excitée.

As-tu regardé les infos, Kyle ? Waouh ! C’est incroyable. Tu le savais ? Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Tu crois qu'on en connaît ? Tu...

Kyle plaça les mains sur les épaules de sa sœur, essayant de la tenir immobile.

Holà sœurette, on se calme ! De quoi suis-je censé être au courant ?

Des métamorphes, voyons ! Tu es militaire et tireur d'élite, avec un degré de sécurité important alors tu dois être informé de plus de choses que le citoyen lambda.

Certainement ! répliqua-t-il d’un ton sarcastique.

Valérie plissa les yeux en le pointant d’un doigt menaçant.

Ne fais pas ton malin avec moi, grand frère ou je te botte les fesses. C’est quand même fou le flash spécial du Président et la transformation de ce monsieur Rossel en loup.

On l'appelle alpha Rossel, d'après ce que j'ai entendu dire.

Oui, peu importe, reprit-elle, en agitant les mains. C'est surprenant. Même si j’adore la bit-lit, je n'aurais jamais imaginé que les métamorphes existent réellement. Tu crois que les vampires sont réels aussi ? Et les démons et...

Kyle leva les bras au ciel.

Stop ! Là tu pars en plein délire. Je pense que si d'autres espèces existaient, on nous en aurait parlé en même temps.

Peut-être...

Tout à coup, Léa fit éruption comme une furie.

Maman, maman ! Max est resté coincé dans un arbre et tonton l'a sauvé. Il n'est pas si fort, car il a dit que Max était trop lourd et il a failli le faire tomber et...

Kyle haussa un sourcil, fusillant sa nièce du regard.

Holà, holà quand est-ce que j'ai failli le faire tomber ? Je suis l'homme le plus fort de cette maison que je sache. Je n'ai même pas senti son poids de moustique.

Se tournant vers ma sœur, il adopta une attitude défensive.

Je t'assure qu'ils n'ont jamais été en danger. Tu me connais quand même ! s’exclama-t-il, avec un soupçon de crainte dans la voix.

Valérie pouffa. Ne serait-elle pas en train de se moquer de lui ? Apercevant son expression du coin de l’œil, elle rit tellement fort qu'elle se retrouva sur les fesses.

Bien fait, Dieu te punit pour ta méchanceté !

Blessé dans sa fierté, Kyle croisa les bras sur son torse, faisant saillir ses biceps.

Valérie se cacha le visage entre ses mains pour ne plus voir l’air renfrogné de son grand frère, tout en essayant de reprendre contenance.

Oh, frérot, tu devrais voir ta tête ! Un grand costaud comme toi, impressionné par un petit bout de femme d'un mètre soixante ? Je fais la moitié de ton poids et on a l'impression que je vais te manger tout cru. C’est hilarant ! dit-elle en se relevant.

Tu oublies que nous avons passé vingt-deux ans sous le même toit. Je connais tes colères et tes vengeances, petite chipie ! Tu es vraiment effrayante quand tu t'y mets.

Tu as bien raison de te méfier, répliqua-t-elle, s'avançant jusqu'à ce que leurs pieds se touchent, levant la tête pour le fixer du regard.

Kyle refusa de baisser les yeux, ignorant superbement Valérie. Il avait sa fierté ! Pour se venger, elle attrapa ses oreilles et les tira vers le bas, le forçant à lui prêter attention.

Tu es la personne en qui j'ai le plus confiance. Je te confie toujours mes enfants les yeux fermés, sachant parfaitement qu'ils sont en sécurité. Ce n'est pas la première fois que Max grimpe dans un arbre et ne sait plus en redescendre, seulement j'utilise une échelle pour le sauver, car je n'ai pas un grand costaud sous la main, moi.

Tu m'as, moi, quand tu veux. Tu cries et j'accours. Pas besoin de ce connard qui n'a que le nom de père.

Pff ! Je préfèrerais me couper les deux jambes plutôt que de le revoir. On est bien mieux sans lui, affirma-t-elle d'un air déterminé.

Valérie avait vécu une tragédie avec son ex. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle se retrouve enceinte de Léa. Son imbécile de mari ne voulait pas d'un deuxième enfant et lui avait laissé deux choix : soit, elle avortait et il restait avec elle, soit, elle gardait le bébé et devrait s'en occuper seule. Même si cette grossesse était un accident, elle était incapable de s'en défaire. Elle s’était tournée vers son frère pour être conseillée et soutenue. Kyle ne trouvait déjà pas beaucoup de qualités à son mari, cela ne fit que confirmer son impression. Il l'avait donc assurée de son soutien en cherchant un poste fixe comme instructeur et même si l'adrénaline lui manquait, être là pour sa famille était plus important. Les premières années n'avaient pas été faciles. Valérie avait cumulé trop d'heures de travail pour joindre les deux bouts et avait fait un petit séjour à l'hôpital pour surmenage. Il avait dû s'énerver pour l'obliger à accepter son aide financière. Après tout, son patrimoine reviendrait à ses neveux lorsqu’il ne serait plus là, donc autant qu'elle en profite pour le bien de la famille.

À l’heure actuelle, tout allait mieux, elle s'était épanouie et prenait soin d'elle. Il lui arrivait de sortir avec des hommes de temps en temps. Kyle en avait effrayé plus d’un, mais seulement ceux qui ne la méritaient pas. Lors de ses rares sorties, il jouait au baby-sitter avec ses deux monstres.

Kyle souleva sa sœur du sol et l'embrassa bruyamment sur les deux joues.

Lâche-moi tout de suite, grosse brute ! Neandertal !

Pour intensifier le jeu, il la hissa sur ses épaules et tourna à toute vitesse.

Au secours, à l'aide ! hurla Valérie, le frappant de ses poings minuscules.

On arrive, maman....

Ses neveux se jetèrent dans la bagarre avec enthousiasme. Ils finirent tous les quatre sur le sol, à rire aux larmes, les membres éparpillés et emmêlés. Une demi-heure plus tard, la maison retrouvant son calme, Kyle prit une douche et se prépara pour la soirée.

CHAPITRE 2 : LE ZÉPHYR





Kyle se planta devant le dressing pour réfléchir à la tenue qu’il allait porter. Il avait bien l'intention de profiter de sa soirée, donc un truc sexy était de mise. Du coin de l'œil, il aperçut les rideaux de sa voisine bouger. Elle était à l'heure. Madame Bouvier était une petite dame de soixante-sept ans, veuve depuis trois ans. Elle n'avait pas beaucoup de vie sociale, et adorait jouer les voyeuses. Il laissa donc tomber la serviette sans fermer les tentures, autant qu'elle profite du spectacle pendant qu’il préparait ses habits. Comme le temps était sec et pas trop froid, il prendrait sa moto. Il devrait faire attention à l'alcool, ce qui ne l'empêcherait pas d'en profiter.

Kyle enfila un pantalon de cuir noir sans sous-vêtement, car il adorait la texture du tissu sur sa peau nue, passa un tee-shirt noir ajusté, laissant deviner son torse musclé et ses abdos, puis s'inspecta d'un œil critique. Malgré ses trente-sept ans, il était plutôt bien conservé. Sa taille et son corps bien proportionné en attiraient plus d'un. Complétez le tableau avec une mâchoire carrée, un nez légèrement recourbé, des lèvres pleines et de courts cheveux noirs brillants, savamment décoiffés et vous aurez une image assez fidèle de l'adjudant Kyle Derril. Son plus bel avantage : ses yeux. D’une teinte marron assez peu courante, avec en leur centre, des éclats dorés, ils changeaient en fonction de son humeur et s’avéraient très expressifs. Il devait faire attention quand il ne souhaitait pas dévoiler ses états d’âme à ses interlocuteurs. Une légère touche de parfum et des bracelets en cuir vinrent compléter son look de Bad Boy. Oh oui, il avait bien l'intention d'être très vilain ce soir... Après avoir mis un blouson de cuir, il attrapa son casque et enfourcha sa moto.

C'était une Harley noire, 883 Iron, au look insoumis, un modèle qu'ils avaient ressorti en 2060 avec les modifications nécessaires pour respecter les nouvelles règles de pollution. Elle possédait désormais un moteur électrique. Elle n'était pas conçue pour la vitesse, uniquement pour le plaisir de la route. Elle le représentait assez bien. Fiable et rebelle !

À cette heure, le Zéphyr était assez calme. Kyle trouva une place à côté de l’entrée.

Hé, mec, tu as sorti ta femme aujourd'hui ? l’apostropha le videur.

Comme tu peux le voir, Pascal !

Les deux hommes se serrèrent énergiquement la main. Pascal était un grand malabar qui occupait la fonction de videur depuis sa réforme des forces d'intervention, ayant refusé de terminer sa carrière derrière un bureau. À cinquante-cinq ans, il était en grande forme. Le salopard s'entretenait tous les jours et soulevait bien vingt kilos de plus que la plupart des jeunes. Malgré sa taille, il était très rapide. Il ne tenait pas sur de longues distances, mais dans son job, il se montrait bien assez efficace.

Ça te dérange de garder un œil sur ma bécane ? demanda Kyle.

Ne t’inquiète pas, mec, je vais te la chouchouter et le premier qui pose ses paluches dessus, je lui ferai voir des étoiles.

Super, je t'en dois une !

Oh, j'y compte bien ! Je cherche justement quelqu'un pour un petit combat mercredi prochain. Tu es partant ?

Le sourire carnassier du videur faisait un peu peur à voir.

Eh merde ! La dernière fois que nous nous sommes battus, j’ai été incapable de marcher pendant une semaine. J’ai découvert des muscles dont j’ignorais l’existence, répondit Kyle, se grattant l’arrière de la tête avec un sourire, contredisant ses dires.

Pascal émit un petit bruit dédaigneux de la bouche.

Ouais, bien sûr ! Tu aurais pu me foutre la raclée du siècle si tu ne t'étais pas retenu, gamin.

Kyle sourit d'un air entendu.

Tu sais bien que Léo m'aurait massacré si je t'avais fait un bleu, papy

Hmm… effectivement ! Mon homme peut être féroce quand il s'agit de ma santé, répondit Pascal en s'esclaffant.

Pascal et Léo, mariés depuis plus de trente ans étaient tellement différents que Kyle ne savait pas comment ils avaient réussi à vivre ensemble aussi longtemps. L’ancien militaire ressemblait à un ours gigantesque alors que Léo semblait fragile et délicat. Le plus féroce des deux n'était pas vraiment celui qu'on croyait. Léo était l'un des meilleurs avocats de l'État, et sa langue acérée en avait fait pâlir plus d'un. Sa confiance et sa prestance le faisaient apparaître bien plus imposant qu'il ne l'était en réalité. Kyle préférait éviter de le mettre en colère.

Brrr, j'en frémis rien que de l'imaginer.

Pascal éclata de rire.

Regardez le méchant militaire effrayé par mon homme. Allez, gamin, je te promets de ne pas lâcher Léo sur toi.

Kyle le poussa de la main.

Appelle-moi encore une fois « gamin » et malgré ton mec, je t'éclate la tronche.

Tu es un môme par rapport à moi, il faudra t'y habituer, car je n'ai pas l'intention de changer. Allez, va tirer un coup, tu as l'air d'en avoir besoin. Et peut-être que tu tomberas sur un type gentil qui sera assez courageux pour te supporter cette fois. Il est plus que temps que tu te cases Kyle. Les coups d'un soir, c'est bien quand on est jeune, mais passé un certain âge, il est agréable d'avoir quelqu'un pour réchauffer ton lit et prendre soin de toi !

Le videur avait retrouvé son air sérieux, s'inquiétant vraiment pour son ami.

Trop tard ! La chance est passée. Aujourd’hui, les gars que je rencontre sont déjà casés ou trop jeunes pour retenir mon attention assez longtemps. Je ne veux pas d'un prépubère dont je devrais m'occuper. C’est compliqué à mon âge de trouver un partenaire sur qui compter, répondit l’adjudant avec fatalisme.

Pascal lui serra le bras et murmura à son oreille :

Il n'est jamais trop tard, Kyle. Tu es un mec génial et la vie nous offre parfois une chance supplémentaire quand on ne s'y attend pas.

Puis en le repoussant, le videur adopta un air mystérieux et ajouta :

On vient bien d'apprendre l'existence des hommes-loups alors, il y a encore de l'espoir pour toi !

Kyle lui tourna le dos et lui adressa un doigt d’honneur, se dirigeant vers l’entrée d’un pas assuré.

Enfoiré ! J'y vais avant que tous les jolis culs ne soient pris. À mercredi et préviens Léo qu'il devra te ramasser à la cuillère quand j'en aurai fini avec toi !

Avec plaisir !

Kyle entra dans la boîte de nuit et déposa ses affaires au vestiaire. Il adorait le Zéphyr. La salle était encore à moitié vide, ce qui ne durerait pas. Comme c'était assez calme, il en profita pour parcourir le décor d'un œil appréciateur. Les murs étaient décorés dans des tons beiges et gris anthracite, le mobilier noir. Le long des murs, on devinait des alcôves pour s'isoler tout en profitant du spectacle des corps échauffés, à moitié dénudés. L'étage était réservé à ceux qui voulaient plus d'intimité et où on pouvait discuter sans hurler. Au fond se trouvait une salle plus sombre et intime. Un bar immense en acajou couvrait une grande partie du mur opposé à la piste de danse et derrière, cinq serveurs se préparaient à accueillir les clients. L’un d'eux lui envoya un geste de la main que l’adjudant lui rendit bien volontiers, s’approchant rapidement.

Alors, beau gosse, on a décidé de s'encanailler ce soir ? Cela fait un bail que je ne t'ai pas revu. J'ai cru que tu t'étais enfin rangé, dit le serveur avec un sourire.

Kyle s’accouda au bar et lui fit un clin d'œil.

Eh non, Théo, pas de gentil petit homme à la maison pour réchauffer mon lit. La place est toujours libre, si tu es intéressé.

Hmm… c'est une proposition alléchante, s'exclama Théo, parcourant son corps d'un air appréciateur. Par contre, je ne suis pas sûr que mon homme apprécie. Il est plutôt du style « chasse gardée ».

Tu ne sais pas ce que tu rates. Laisse tomber cette vieille chose qui te sert de compagnon et viens avec moi. Je te ferai atteindre le paradis, répondit le militaire, se penchant, approchant le haut de son corps du serveur.

Celui qui va rejoindre le paradis plus vite que prévu n'est pas celui que tu crois, s'exclama une voix tonitruante derrière lui, suivie d'une claque retentissante sur ses fesses. Laisse mon mec tranquille si tu ne veux pas finir au cimetière avant l'heure.

Kyle se retourna vers le nouveau venu en se frottant la fesse.

Aïe, merde, Tommy ! Évite d'abimer la marchandise ! Imagine le désarroi du gars que je vais me faire ce soir en voyant ma perfection entachée d'un bleu, grimaça l’adjudant. Et puis, je ne sais pas si vous allez vraiment bien ensemble, Théo et toi. Je crois que nous formerions un meilleur couple. Tu es d'accord avec moi, hein, mon mignon ?

Kyle se tourna vers le barman avec un regard enjôleur.

Arrête d'embêter mon homme ainsi. Un jour, il t'interdira l'entrée du Zéphyr pour de bon, riposta Théo en posant une pression devant Kyle. Je ne te sers rien de plus fort puisque tu es venu en moto.

Tu es un ange, bébé. Viens là que je te fasse un bisou, répliqua Kyle, attrapant le serveur par son tee-shirt pour l’attirer jusqu’à ses lèvres.

Une main s'interposa rapidement entre eux, le faisant éclater de rire lorsqu’il l’embrassa à la place de la bouche du barman.

Ce n’est pas ce baisemain qui ne va pas m'empêcher de te foutre dehors si tu essayes encore une fois de goûter à ce qui m'appartient, s'exclama Tommy d'un air menaçant.

Kyle leva les mains en geste de paix.

OK, OK, il est à toi, j'ai compris. Quoique… tu me connais, je suis têtu. J'ai perdu cette bataille, pas la guerre, répliqua-t-il d'un air espiègle avant d’envoyer un baiser imaginaire vers le serveur.

Que vais-je faire de toi ? murmura Tommy en soupirant. Bon, trêve de plaisanteries, mon pote. Comment vas-tu ? Toujours pas trouvé d'homme prêt à supporter ton caractère de chien ?

Mais qu’avez-vous tous aujourd'hui à vouloir me caser ? demanda Kyle, un peu exaspéré devant l’ingérence de ses amis dans sa vie amoureuse. Je ne peux pas faire une chose pareille. Imaginez la déception de tous ces beaux mâles devant la perte de l'homme parfait. Je ne peux que me dévouer afin de leur permettre de goûter à ma magnificence....

Quel clown ! Toi et tes conneries, vous m’avez manqué. Allez ! Je t'autorise à revenir ici, si tu évites de draguer mon mec, répondit le patron du Zéphyr.

Oh ! Tu es jaloux ? Je peux changer de cible.

Kyle s'approcha de Tommy en battant des cils.

Bas les pattes, j'ai tout ce qu'il me faut ! lâcha-t-il en riant, les deux mains posées sur la poitrine du militaire, l’empêchant d’approcher davantage. Va donc faire profiter quelques beaux spécimens de ton humour spécial.

Le patron s'éloigna ensuite pour aller discuter avec d'autres clients, laissant Kyle se tourner vers la piste de danse à la recherche de sa prochaine victime.

Tout en sirotant sa bière, il passa en revue les corps en mouvements. Le Zéphyr était bien plus bondé désormais, et quelques mâles retinrent son attention. Il ne s'arrêta pas sur ceux qui lui paraissaient trop jeunes. Il avait une éthique à respecter, hors de question de se taper un mec à peine majeur. Tout à coup, il repéra quelqu'un dans la foule. Un beau brun d'un mètre soixante-dix, de plus au moins vingt-cinq ans. Sa manière lascive d'onduler sur la musique promettait une soirée intéressante. De quoi passer un bon moment.

Kyle s'adossa au bar, appréciant la vue, tout en finissant calmement sa bière. Leurs yeux s’accrochèrent. Le plus jeune continua à danser en l’aguichant, passant la langue sur ses lèvres, levant les bras en caressant son corps. Le regard de Kyle s’assombrit alors qu’il s’approchait de sa proie d’une démarche de prédateur. Ils dansèrent face à face, les mains du militaire posées sur la taille du brun qui s’accrocha à son cou. Petit à petit, l'excitation envahit leurs corps. Ils se rapprochèrent, frottant leurs bassins l'un contre l'autre. Kyle attrapa le jeune homme par les cheveux et tira en arrière pour lui faire pencher la tête avant de poser sa bouche brutalement sur celle de son futur amant. Aucune douceur dans ce baiser, juste l'expression d’un désir brut et conquérant. Leurs langues s'affrontèrent un peu jusqu'à ce que la cible de Kyle capitule et le laisse intensifier le baiser. Le manque d'oxygène l'obligeant à s'écarter, l’adjudant entama la conversation.

Comment t’appelles-tu ? 

Sa voix rauque et chaude provoqua un frisson de désir dans le corps du plus jeune, le faisant sourire.

Jean et toi ? répondit celui-ci d'une voix essoufflée.

Moi, c'est Kyle. Tu es partant pour faire plus ample connaissance ?

Oh, ouais.

Jean ne tenait plus en place, tellement excité que Kyle décida d’abréger ses souffrances.

Alors, viens, mon mignon !

Il le poussa devant lui, à la recherche d'un coin tranquille, pendant qu’il admirait ses fesses à loisir. Ce balancement des hanches exacerbait son désir et son envie de s'enfouir profondément dans la chaleur de son fourreau. Il faisait sombre, cependant pas au point de devoir tâtonner pour trouver le chemin. Tout en cherchant une place, ils aperçurent des corps en action et des gémissements qui les échauffèrent davantage. Au premier endroit libre, Kyle plaqua le brun face au mur et lui grignota la nuque en frottant son érection sur ses fesses.

Oh oui ! Plus, s'il te plaît ! gémit Jean, poussant son bassin vers l’arrière.


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