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Montée -Leçon 21 Le Mystère du Royaume

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture"Les scribes du parti des Pharisiens, le voyant manger avec les pecheurs et

les publicains, disaient a ses disciples: 'Pourquoi mange-t-il avec les pecheurs et les publicains?"' Mc 2,15-16

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Contenu

1 Comment a été formé l'Évangile Selon Saint Marc

2 Le Mystère du Royaume (Mc 1,1 6,6a)

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du Test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Psaume 85

Prière demandant à Dieu de sauver son peuple, de lui pardonner ses péchés et de lui montrer son amour, suivie d'un acte d'espérance que Dieu va effectivement sauver son peuple (vv.8-13). Quand les chrétiens utilisent ce psaume et les autres, ils sont invités à y voir un sens beaucoup plus profond, parce que les psaumes deviennent les prières du Christ, au sujet du Christ ou qui s'adressent au Christ. Alors que nous prions ce psaume, on nous rappelle qu'en Jésus Dieu nous a pardonné nos péchés, a détourné sa colère (vv.2s) et nous a montré son amour (v.7). En Jésus, amour et fidélité se rencontrent, justice et paix s'embrassent (v.10). Jésus, le Fils de l'Homme, est notre fidélité qui germe de la terre, notre "Amen" comme l'écrit Paul (2 Co 1,20s). Jésus, le Fils de Dieu, est la justice bienveillante de Dieu qui se penche du ciel (v.11). C'est en Jésus que Dieu nous donne la Bonne Nouvelle (vv.12-13).

Objectif de la leçon Décrire comment s'est formé l'Évangile selon saint Marc et décrire l'enseignement de saint Marc sur Jésus, sur le Royaume de Dieu et sur le peuple que Jésus forme.

Comment a été formé l'Évangile Selon Saint Marc

Objectif Décrire le rôle de Jésus, de l'Église et de l'évangéliste dans la formation de l'Évangile selon saint Marc.

Quand nous étudions et prions sur l'Évangile de saint Marc, il est très facile d'en arriver à croire qu'il a été écrit à l'endroit même, sur place, par un reporter. Il y a de nombreux passages qui sont si vivants, si réalistes qu'ils semblent supposer des témoins oculaires. Il est certain que les témoins oculaires ne sont pas étrangers à la formation des Évangiles, mais il y a plus que cela. Les Évangiles n'ont pas été écrits du vivant de Jésus, mais de nombreuses années plus tard. Fondamentalement, nous pouvons parler de trois étapes dans la formation de l'Évangile selon saint Marc: Jésus, l'Église, l'évangéliste.

Jésus

Au cours des années de sa vie publique, Jésus enseigna et fit beaucoup de choses, tant et tant que le monde entier ne pourrait probablement pas contenir tous les livres qu'il faudrait écrire si tout était rapporté (Jn 21,25). Mais Jésus était un excellent maître. Il instruisait bien ses disciples, leur expliquait les choses. Jésus savait écrire (Jn 8,6s), mais, pour autant que nous le sachions, il ne laissa aucun de ses enseignements par écrit. Il s'est reposé entièrement sur ses disciples et sur l'œuvre de l'Esprit-Saint (Jn 14,26). D'après ce que nous savons, personne n'a mis par écrit les paroles et les actions de Jésus, de son vivant sur terre.

Jésus a laissé à l'Église, guidée par l'Esprit-Saint, le soin de décider ce qu'il fallait conserver par écrit. Et c'est ce que l'Église a fait au cours des années qui ont suivi la résurrection de Jésus. Toutefois, ce que l'Église a sauvegardé de la vie du Christ dans ses prédications ne l'était pas nécessairement dans le but de le mettre par écrit. A mesure que se développait sa vie, l'Église préservait ce qui était essentiel à la connaissance du Seigneur et à sa vie d'union avec lui.

L'Église

La prédication. L'Église ne se mit pas immédiatement à écrire les Évangiles dès la résurrection de Jésus d'entre les morts. La toute première chose que firent les Apôtres fut de prêcher sur Jésus (par ex. Ac 2,14s). Quand nous employons le mot prédication ici, c'est dans un sens spécial: proclamer l'essentiel sur Jésus, le. Seigneur, pour amener les gens à croire en lui. Ils proclamaient que Jésus était réellement le Fils de Dieu, celui qui était promis, le Messie; que par lui les péchés étaient pardonnés. Ils proclamaient sa mort, sa résurrection et la venue de l'Esprit-Saint pour former l'Église, le peuple de Dieu renouvelé. Ils recevaient dans la première communauté chrétienne tous ceux qui en venaient à croire leur prédication. En tout cela, ils étaient conscients que c'était Jésus, présent parmi eux, qui parlait et agissait par eux.

L'enseignement. Ne faire que prêcher ne suffisait pas. Pour connaître Jésus, présent et agissant au milieu d'eux, il était nécessaire, surtout pour ceux qui entraient dans l'Église, d'en apprendre plus sur lui et sur ce qu'il avait dit et fait. C'est ainsi que ses paraboles étaient enseignées, que des récits des différents événements de sa vie étaient racontés. Dans ces premières années de prédication et d'enseignement, nous avons surtout affaire à des témoins oculaires. Mais à mesure que le temps passait et que de nouveaux membres, qui n'avaient pas connu Jésus personnellement en chair et en os, devraient prêcher et enseigner, il fallait que ceux-ci se reposent sur le témoignage de ceux qui les avaient précédés.

Les besoins pastoraux. La première et la seconde génération de prédicateurs et d'instructeurs devaient s'occuper des besoins pastoraux de leurs communautés. Par exemple, quand des problèmes se posaient à propos du mariage, ils se rappelaient ce que Jésus en avait dit; quand la cupidité et l'égoïsme surgissaient, ils enseignaient ce que Jésus avait dit sur ce sujet. Quand les non-Juifs commencèrent à entrer dans l'Église, les chefs des communautés durent se rappeler ce que Jésus avait dit et fait qui pourrait les aider à aborder cette nouvelle question pastorale. Ce qui donnait de la valeur à leurs paroles n'était pas tant le fait que telles avaient été les paroles mêmes de Jésus que la conscience qu'ils avaient que Jésus était alors présent parmi eux, parlant en eux et par eux.

La liturgie. Dès le tout début, les communautés chrétiennes ont célébré la liturgie. Elles se réunissaient pour la Fraction du Pain (l'Eucharistie), où elles évoquaient la mort de Jésus. Elles se réunissaient pour baptiser de nouveaux membres, pour prier pour les malades et les oindre avec de l'huile. Lors de chacune de celles-ci et d'autres liturgies, ils se servaient d'un événement ou d'un enseignement de Jésus, beaucoup comme nous le faisons aujourd'hui. À l'Eucharistie, on rappelait la dernière Cène, peut-être faisait-on un récit de la passion et de la mort de Jésus. À un baptême, on évoquait le baptême de Jésus ou la façon dont Jésus pardonnait aux pécheurs, guérissait les malades et chassait les esprits mauvais. On pourrait donner beaucoup d'autres exemples. Toutes ces paroles et ces récits servaient à intensifier leur conscience du Seigneur invisible dont ils célébraient la présence avec eux dans ces moments importants de leur vie.

La Tradition Orale. C'est ainsi que les paroles et les actions de Jésus étaient utilisées et conservées. Les besoins de la vie de l'Église dictaient ce dont on se souviendrait. Dans les premières années, il n'y avait pas de réelle nécessité de tout mettre par écrit. Cela suffisait que des gens puissent raconter ses paraboles et ses gestes par cœur. Il est également important de remarquer qu'il n'y avait pas d'ordre particulier dans toutes les paraboles et les actions de Jésus qui étaient conservées dans cette tradition. Par exemple, il n'était pas spécialement important de préciser quand et où Jésus avait mis les bras autour des petits enfants, tout ce qui comptait, c'était qu'il l'ait fait. Il n'était pas important que ce soit en Galilée ou à Jérusalem que Jésus ait donné un enseignement sur le mariage, tant que son enseignement sur le mariage était rapporté avec exactitude. De cette façon, la vérité sur Jésus était sauvegardée, mais il n'était pas vraiment nécessaire de se rappeler exactement où et quand il avait fait et dit tout ce qu'il avait fait et dit. Ce qu'il était essentiel de savoir, c'était ce qu'il disait et faisait, au moment présent, au milieu d'eux.

Il semble, au début, que presque tout ce qui concernait Jésus ait été conservé dans le souvenir des chefs et des communautés. Beaucoup d'incidents et de paroles de Jésus étaient appris par cœur; les gens pouvaient les redire mot à mot comme ils leur avaient été enseignés. Comme on pouvait s'y attendre, à mesure que se formaient de nouvelles communautés et que se transmettaient ces traditions orales sur Jésus, des changements pouvaient avoir lieu dans la tradition. Mais il est bien connu que les gens avaient de bien meilleures mémoires alors, que la plupart d'entre nous aujourd'hui. Pourtant, il n'est pas surprenant qu'une communauté ait pu se rappeler une parole de Jésus d'une façon et une autre, de façon différente. Une uniformité absolue dans chaque détail n'était pas importante tant qu'était sauvegardée la vérité sur Jésus.

De l'araméen au grec. Dans les premières décennies après la résurrection de Jésus, l'Église commença à se répandre dans des peuples parlant le grec. La plupart des traditions concernant Jésus avaient été conservées en araméen, la langue de Jésus, tant que la plupart des chrétiens parlaient l'araméen. Mais, lorsque des gens de langue grecque se mirent à répondre à la prédication et à l'enseignement des chefs de l'Église, il fallut tout traduire en grec. Comme on s'y attendrait, certains changements ont naturellement été nécessaires pour s'assurer que les gens de langue grecque comprenaient bien ce que Jésus avait dit et fait.

D'une tradition orale à une tradition écrite. Personne ne sait exactement quand on a commencé à mettre par écrit les traditions sur Jésus. Il est très compréhensible que les communautés chrétiennes, à mesure qu'elles s'écartaient de plus en plus des témoins oculaires et comme elles trouvaient qu'il y avait un danger que se produisent trop de changements dans la tradition orale, aient commencé à mettre des choses par écrit. Les paraboles, les événements importants de la vie de Jésus furent mis par écrit tels qu'ils avaient été transmis aux communautés. La passion et la mort de Jésus ont dû faire très tôt l'objet d'un texte écrit parce que c'était si important. Il est très possible que les gens aient commencé à faire de petits recueils de ses paraboles ou de ses actions, de ses discussions avec les Pharisiens, etc. Mais ces écrits étaient tous séparés. Ils n'avaient pas tous été rassemblés pour constituer un récit continu et harmonieux. C'est là que les évangélistes entrent en scène.

L'évangéliste

Marc a été un des tout premiers à s'atteler à la tâche de rassembler, de sélectionner et d'organiser les traditions orales et écrites sur Jésus. Il s'en est merveilleusement tiré. La tradition lui fournissait un cadre historique général - Jésus avait commencé sa vie publique en étant baptisé; il avait commencé son ministère en Galilée où il était très populaire au début. Avec le passage du temps, l'opposition se mit à prendre forme. Il fit un dernier voyage à Jérusalem alors que la tension y était à son comble. Il reçut un accueil enthousiaste de la part des foules, mais les autorités se sentaient très menacées. Elles prirent des mesures contre lui, l'arrêtèrent, le jugèrent et le firent crucifier. Tel était le genre de cadre général de la vie publique de Jésus dont Marc avait hérité, mais ce vaste aperçu ne lui disait pas exactement quand et où Jésus avait dit cette parabole-ci ou celle-là, ni, par exemple, quand et où il avait discuté avec un Pharisien au sujet de ceci ou de cela. C'est Marc qui dut décider d'un temps et d'un endroit convenables dans son évangile pour toutes les paroles et tous les événements qui n'avaient pas de contexte précis.

Certains événements étaient situés dans un cadre précis (par ex. la profession de foi de Pierre eut lieu à Césarée de Philippe, Mc 8,27). Chaque fois que la tradition lui donnait une indication nette de temps et de lieu, Marc l'utilisait, bien entendu.

L'évangéliste Marc a dû relier tous ces éléments de la tradition; il a dû écrire des "maillons" pour les faire s'enchaîner. Il lui a aussi fallu composer des passages lui-même, à partir de sa connaissance personnelle de la foi. Marc était un compilateur et un éditeur, mais, plus qu'un compilateur ou qu'un éditeur, c'était un auteur authentique. Il était au service des traditions de l'Église - il n'était pas libre d'inventer tout ce qu'il voulait - mais il était libre d'insister davantage sur certaines choses que sur d'autres; ses propres intuitions du sens de Jésus lui vinrent dans son travail. Marc était également conscient des besoins spéciaux des communautés qui liraient et étudieraient son évangile.

Comment Marc a-t-il organisé ses documents? Son petit livre a-t-il un plan clair? Voilà des questions difficiles. Saints et érudits ont sondé pendant des siècles, l'ouvrage de Marc et ont proposé des douzaines de plans différents qu'aurait pu suivre Marc. Nous en suggérons un. Ce n'est pas le seul possible, mais il est général et il ne semble rien imposer à l'Évangile.

Le plan que nous proposons tourne autour de la réponse à la question la plus importante de Marc: "Qui est Jésus?" Marc nous donne deux sortes de réponses, qui disent toutes les deux la même chose - Jésus de Nazareth est le Messie, le Fils de Dieu. La première sorte de réponse est révélée par le Père et par Jésus lui-même. Ceci se produit au début, au milieu et à la fin de l'Évangile.

Le baptême de Jésus La transfiguration (9,7) Le jugement de Jésus (14,61s)

(1:11) "Tu es mon Fils" "Celui-ci est mon Fils" "Je le suis (le Fils de Dieu)"

La seconde sorte de réponse à la question "Qui est Jésus" vient de l'Église dans les mots de Marc lui-même représentant sa communauté, les mots de Pierre, le chef de l'Église, et les mots du soldat romain au pied de la croix, représentant les gentils. Celles-ci aussi se trouvent au début, au milieu et à la fin de l'Évangile.

Marc (1,1) Pierre (8,29) Le soldat romain (15,39)

"Jésus Christ, "Tu es le Christ" "C'était le fils de Dieu"

Fils de Dieu"

Marc semble avoir donné à son évangile un commencement clair, un milieu et une fin. Ils comportent chacun une révélation de l'identité de Jésus et une réponse de l'Église se faisant l'écho de cette révélation.

Nous considérerons l'Évangile de Marc en trois parties:

Leçon 21: Marc 1,1 - 6,6a. Cette partie est lancée par les paroles de Marc et la voix du Père, qui déclarent que Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu (1,1 et 11). Jésus commence à annoncer le Royaume de Dieu en paroles et en actes de puissance. il commence à rassembler des disciples pour constituer le nouveau peuple de Dieu. Sa popularité est grande, mais l'opposition commence à prendre forme. L'action est centrée sur la Galilée.

Leçon 22: Marc 6,6b - 10,52. Cette partie va en crescendo jusqu'à la confession de Pierre (8,29) et aux paroles du Père (9,7) et résulte des deux. Jésus passe plus de temps avec les disciples et les Douze en particulier. U commence à les enseigner sur la nécessité pour lui de souffrir, de mourir et de ressusciter. Son enseignement est entendu, mais il n'est pas accepté. Les qualités du peuple de Dieu renouvelé y sont décrites plus clairement. L'action se passe à la fois en Galilée et en dehors de la Galilée; vers la fin, Jésus approche de Jérusalem.

Leçon 23: Marc 11,1 - 16,8. Nous employons cette leçon à décrire la royauté de Jésus. Cette partie de Marc culmine avec les paroles de Jésus à son jugement, lorsqu'il admet ouvertement qu'il est le Fils de Dieu et avec les paroles du soldat romain (14,61s; 15,39). Les derniers jours de Jésus se passent à ou près de Jérusalem. Le point culminant de tout l'Évangile est dans les simples mots de l'ange près de la tombe vide" "Il est ressuscité" (16,6).

Qui était Marc? Nous aimerions tous beaucoup le savoir avec certitude, mais il nous faut simplement vivre avec une certaine incertitude. La réponse traditionnelle à la question est qu'il était le Marc (Jean Marc) qui accompagnait saint Paul et qui était avec saint Pierre pendant un moment (Ac 12,12 et 25; 13,13; 15,37s; Col 4,10; Phm 24; 2 Tm 4,11; 1 P 5,13). Il nous faut, toutefois, admettre, que Marc était un nom très commun et que ce pourrait être un autre Marc qui soit l'auteur de l'Évangile. Ce dont nous sommes sûrs, c'est que Marc était un homme qui possédait d'extraordinaires talents, talents que l'Esprit-Saint, au service de l'Église, porta à leur perfection.

Quand l'Évangile de Marc a-t-il été écrit? Nous ne sommes pas non plus certains de ça. Il pourrait avoir été écrit dès 55 de notre ère ou pas avant l'an 70; n'importe quelle date intermédiaire est satisfaisante. Quelle qu'en soit la date exacte, nous traitons l'Évangile selon saint Marc comme le plus ancien de nos Évangiles écrits. C'est une théorie qui est très largement soutenue depuis une centaine d'années. Mais ce n'est qu'une théorie, pas un fait prouvé. Toutefois, elle réunit plus de suffrages que n'importe quelle autre sur le plus ancien des Évangiles et elle s'est révélée très précieuse pour l'explication des Évangiles.

Exercice pratique

Indiquer si les affirmations suivantes sur la formation de l'Évangile selon saint Marc sont vraies ou fausses:

____a.Jésus a mis par écrit ce qu'il voulait qu'on se rappelle.

____b.Les apôtres ont écrit les Évangiles immédiatement après la mort et la résurrection de Jésus.

____c.Les problèmes pastoraux dans l'Église primitive ont été les occasions de se rappeler certains des enseignements et des événements de la vie de Jésus.

____d.En écrivant son évangile, Marc sauvegardait les traditions de l'Église sur la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

____e.Lorsqu'il écrivait son évangile, Marc avait devant lui de petits recueils des paroles et des actions de Jésus.

____f.Marc a laissé certains besoins de sa propre communauté influencer la rédaction de son évangile.

____g.La prédication des premiers chrétiens sur Jésus était basée sur la conviction que Jésus était vivant et présent avec eux.

2 Le Mystère du Royaume (Marc 1,1 - 6,6a

Objectif Décrire l'enseignement de Marc sur Jésus, sur le Royaume de Dieu que Jésus proclame et sur le peuple que Jésus commence à former pour servir le Royaume.

Le commencement 1,1-20)

Objectif 2.1 Décrire l'introduction que Marc donne à Jésus, au Royaume de Dieu et au peuple que Jésus commence à former.

Note: Bien que Marc n'emploie pas l'expression le "peuple de Dieu" dans son évangile, nous avons choisi de nous en servir tout au long et ce, pour deux raisons: 1) parce que nous voulons faire ressortir la continuité avec les vingt premières leçons de MONTÉE, et 2) nous voulons rendre très explicite ce qui n'est qu'implicite ou sous-entendu chez Marc.

Pendant plusieurs siècles avant la venue de Jésus, le peuple de Dieu n'avait pas eu de grand prophète: et il en était très conscient. Pour le peuple, c'était comme si Dieu l'avait abandonné, le laissant sans aucun signe ni prophète (Ps 74,9). Il attendait avec impatience le jour où Dieu lui enverrait à nouveau un prophète authentique (1 M 4,46; 14,41). Beaucoup parmi le peuple croyaient que Dieu lui renverrait le prophète Élie. Puisqu'Élie avait été enlevé au ciel sur un char de feu, la croyance était qu'il était encore vivant et qu'il reviendrait un jour sur terre. (Voir 2 R 2 et MI 3,23.)

Beaucoup parmi le peuple croyaient aussi que, lorsque Dieu leur enverrait un authentique prophète, ce serait un signe infaillible qu'il était sur le point de leur envoyer le Messie, celui qu'il avait promis et qui devait mettre fin à tous leurs ennuis. Aussi, quand Jean-Baptiste apparut, les foules se précipitèrent pour le voir et l'entendre. Tout le monde voulait savoir s'il pouvait être le prophète attendu.

Jean était un homme qui parlait comme un prophète, avec puissance et conviction. Son message avait tous les signes du prophétisme: il avait la hardiesse de convaincre le peuple de son péché, il en appelait tous les membres à se convertir, il les menaçait du jugement de Dieu. Il s'habillait même comme un prophète. Il semblait clair qu'en la personne de Jean-Baptiste Dieu avait fini par rompre ses siècles de silence en envoyant un authentique prophète. Le Messie devait être très proche.

Lecture Marc 1,1-8

Marc et tous les chrétiens au service desquels il était voyaient en Jean-Baptiste le commencement de la réalisation de tous les espoirs du peuple de Dieu. Il utilise deux courtes citations à titre d'exemples: "Voici que j'envoie mon messager...", qui est tirée du livre de Malachie (3,1s). La seconde citation est une adaptation d'un passage du livre d'Isaïe (40,3-9): "Une voix crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur..." Jean est, de fait, celui par lequel Dieu a renouvelé le prophétisme.

Jean lui-même s'attendait à ce que quelque chose de plus se produise après lui. Il espérait aussi que Dieu enverrait quelqu'un de plus grand que lui, le Messie. Son œuvre à lui était d'apporter le pardon par un simple geste humain, en lavant avec de l'eau; mais le Messie accomplirait l'œuvre même de Dieu, une purification avec l'Esprit-Saint de Dieu.

En Jean-Baptiste, Dieu semblait s'être à nouveau rapproché de son peuple. Ils attendaient qu'apparaisse le Messie. Marc est, toutefois, sur le point de nous montrer que ce que Dieu a fait, était beaucoup plus que ce qu'attendait le peuple. De fait, cela dépassait les plus grandes espérances des prophètes. Ézéchiel avait espéré que Dieu lui-même viendrait s'occuper de son peuple (Ez 34,11); Isaïe avait espéré que Dieu finirait par être avec son peuple (Is 7,14). Un autre prophète attendait avec impatience le jour où Dieu "déchirerait les cieux et descendrait" (Is 64,1 ou 63,19). Marc va nous montrer que Dieu a fait tout cela et plus encore.

Lecture Marc 1,9-11

Utilisant les quelques mots de Jean-Baptiste en guise d'introduction, Marc présente Jésus "venant de Nazareth en Caillée". Il est clair que Jésus est le "Seigneur" dont Jean préparait le chemin. Mais Jésus est un homme, un homme qui vient du petit village de Nazareth, un endroit réel sur cette terre. Comme si cela n'était pas assez surprenant en soi, Marc souligne le fait que Jésus aussi est allé écouter Jean prêcher, que Jésus a été mu à recevoir le baptême de repentir avec tous ses compatriotes. Bien que nous sachions que Jésus était personnellement sans péché (He 4,15 - 5,10), il ne se pensait pas au-dessus des siens. Il estimait qu'il faisait un avec le peuple de Dieu. Tout le monde en général dans le peuple avait besoin de se convertir et Jésus, en tant que membre de son peuple, faisait ce qui était demandé aux autres. Jésus n'avait pas honte de s'unir aux pécheurs et d'être pris comme l'un d'eux. Cette attitude a marqué toute sa vie publique, dès le début ici de son baptême jusqu'à la fin sur la Croix où il meurt comme criminel.

"...il vit les cieux se déchirer." Le peuple de Dieu pensait à Dieu trônant au-dessus des eaux au-dessus des cieux (voir le tableau de la 1ère leçon, p. 10). Les cieux étaient conçus comme une sorte de dôme ferme qui maintenait les eaux qui étaient au-dessus et séparait l'humanité de Dieu. La vraie barrière n'était pas, toutefois, le firmament des cieux, mais le péché de l'humanité. C'est précisément lorsque Jésus s'identifie à l'humanité pécheresse à son baptême qu'il voit "les cieux se déchirer"; la barrière entre Dieu et l'humanité se déchire. En Jésus, Dieu montre son amour, son acceptation de l'humanité telle qu'elle est.

Il aurait été plus facile de croire que Dieu commencerait par purifier, enlever les péchés de l'humanité avant de s'associer le genre humain. L'acte inattendu, surprenant d'amour pour le genre humain consiste en ce que Dieu nous a aimés tandis que nous étions encore pécheurs (Rm 5,8). Cela nous est révélé dans le tout premier acte public de Jésus, son baptême.

"...et l'Esprit comme une colombe descendre sur lui." L'Esprit de Dieu qui a oint Moïse et les anciens (Nb 11,16-30), les Juges (Jg 6,34), David (1 Sm 16,13), les prophètes (ex. Ez 11,5), oint maintenant Jésus. Le nouveau chef parfait (le Messie, l'Oint) dont Isaïe avait espéré la venue et sur lequel l'Esprit de Dieu descendrait dans sa plénitude (Is 11,1s) est Jésus.

"Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur." Jésus n'est pas simplement le Messie, le grand homme que Dieu enverrait pour sauver son peuple, comme il avait jadis envoyé David. Jésus est le Fils de Dieu lui-même. Dans le psaume 2, v.7, David avait été appelé le "fils" de Dieu par adoption; ici, en Jésus, nous avons le vrai fils de Dieu. Dans le livre d'Isaïe, le prophète avait promis qu'un jour Dieu déclarerait à son élu: "Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu, que préfère mon âme"(Is 42,1). Voilà que maintenant, au baptême de Jésus, cette déclaration est faite: Jésus est le Fils de Dieu, le Serviteur de Dieu.

Il est très possible que Marc et ses lecteurs aient vu quelque chose de plus profond dans les paroles du Père au baptême. "Tu es mon Fils bien-aimé" fait penser aux paroles de Dieu à Abraham: "Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, et va-t'en au pays de Moriyya, et là tu l'offriras en holocauste" (Gn 22,2). SI c'est le cas, nous avons, dès le tout début, au baptême de Jésus, une allusion au sacrifice de Jésus sur la croix. (Le mot grec traduit par "bien-aimé", agapetos, peut se traduire soit par "bien-aimé", soit par "fils unique". C'est le même mot qui est utilisé en Mc 1,11 et dans la version grecque de Gn 22,2.)

Jésus, après son baptême, subit la tentation dans le désert. (Le chiffre 40 est symbolique et signifie "assez de temps pour faire ce qui est nécessaire".) Marc ne nous donne pas de détail sur la nature de ces épreuves. Il se borne à dire que c'était une rencontre avec Satan, l'ennemi de tout ce qui est de Dieu. Jésus sort victorieux de cette lutte avec Satan.

Lecture Marc 1,12-13

Tout le ministère public de Jésus sera un combat contre le mal sous toutes ses formes. (La leçon 24 donnera plus de détails sur les tentations de Jésus.)

Le message de Jean-Baptiste insistait sur l'état de pécheur du peuple et sur le fait que son œuvre à lui n'était qu'une préparation en vue de celui qui devait venir après lui. Par contraste, Jésus met tout l'accent sur l'action de Dieu: la Bonne Nouvelle venue de Dieu! La Bonne Nouvelle venue de Dieu est que maintenant, en la personne de Jésus, le Royaume de Dieu est proche. Cela veut dire que la volonté de Dieu va enfin être accomplie sur terre. Puisque Dieu est bon et que sa volonté ne se préoccupe que de ce qui est pour le bien du genre humain, l'accomplissement de sa volonté en ce monde est une Bonne Nouvelle.

Lecture Marc 1,14-15

Jésus commence son œuvre en Galilée, des milles et des milles au nord de Jérusalem. Il annonce la venue du Royaume de Dieu. La foi du peuple avait parlé de Dieu comme roi, un roi qui est connu pour sa bonté, sa fidélité, sa miséricorde, son amour de la justice et de l'intégrité (voir Ps 97, 98 et 99). Quand la souveraineté de Dieu sera reconnue, la bonté, la fidélité, la miséricorde, la justice et l'intégrité seront des réalités dans le peuple. La souveraineté de Dieu n'est vraiment réelle, il ne règne vraiment comme roi, que lorsque les gens de la terre se soumettent à sa volonté. Quand les êtres humains obéissent à la volonté de Dieu, le Royaume, le Règne ou la Souveraineté de Dieu sont révélés.

Jésus invite son auditoire à accepter la grande vérité que Dieu est en train d'imposer sa volonté sur la terre. Nous savons, comme Marc et ses premiers lecteurs le savaient, que c'était en la personne de Jésus que la volonté de Dieu était parfaitement incarnée, de telle sorte que nous pouvons dire que le Royaume ou la Souveraineté de Dieu entre dans notre histoire en Jésus. Nous savons aussi que l'expression totale du Règne de Dieu ne viendra qu'à la fin des temps, quand la bonté de Dieu portera à la perfection ce qu'il a fait. Mais ce grand jour final a commencé à se faire sentir sur terre en Jésus. En Jésus, le Royaume de Dieu est arrivé. Jésus invite les gens à croire que cette Bonne Nouvelle est vraie et qu'ils devraient la recevoir et vivre en conséquence.

Marc nous amène immédiatement à l'appel des premiers disciples; ils sont les premiers à accepter la Bonne Nouvelle. Chez Marc, ces quatre disciples se mettent à suivre Jésus même avant qu'aucun miracle ne soit rapporté. Trois de ces premiers disciples, Pierre, Jacques et Jean, sont le noyau du groupe qui formera le peuple de Dieu renouvelé.

Lecture Marc 1,16-20

Jésus appelle et ces hommes suivent. L'action de Jésus et la réponse immédiate des quatre disciples sont décrites de telle façon qu'elles semblent indiquer que Jésus agit avec la puissance et l'autorité de Dieu lui-même, comme lorsque Dieu appelait Moïse, les prophètes ou d'autres chefs. Il est clair d'après la façon dont Marc a placé cet appel des premiers disciples immédiatement après sa déclaration de la prédication de Jésus (vv.14-15), qu'il veut nous faire comprendre que le repentir et l'adhésion à la Bonne Nouvelle ne font qu'un avec l'engagement à la suite de Jésus.

Pierre, Jacques et Jean partageront les expériences les plus personnels de Jésus; ils seront les témoins de son œuvre depuis les débuts de sa vie publique. Plus tard, après la résurrection de Jésus, ils seront connus comme les "piliers" de l'Église (Ga 2,9).

Exercices pratiques

Dans les premiers versets de son évangile, Marc nous dit de nombreuses vérités sur Jésus. Faites correspondre les vérités sur Jésus de la colonne B avec le texte de Marc dans la colonne A qui les exprime. Note: Il n'y a qu'une réponse à chaque texte de la colonne A. Chaque vérité de la colonne B, si elle est utilisée, ne le sera qu'une fois.

A. Texte de Marc B. Vérités sur Jésus

____a."Lui vous baptisera avec i Jésus est le vrai

l'Esprit-Saint." fils de Dieu.

____b."Jésus...fut baptisé par ii Jésus est soumis à de

Jean dans le Jourdain." vraies expériences humaines.

____c."Il vit les cieux se iii En Jésus, la barrière

déchirer." entre Dieu et l'homme

est brisée.

____d."Tu es mon Fils bien-aimé,

tu as toute ma faveur." iv Jésus accomplit la

promesse de Dieu d'envoyer

____e."II fut tenté par un nouveau Moïse.

Satan."

v..Jésus est plus grand

qu'Élie.

vi Jésus accepte d'être compté

au nombre des pécheurs.

vii Jésus fera l'oeuvre de Dieu

lui-même.

3. Indiquer si les affirmations suivantes sur le Royaume de Dieu et sur le peuple que Jésus commence à former sont vraies ou fausses:

____a.Jésus enseignait qu'il établirait un royaume de justice et d'amour en Palestine de son vivant.

____b.Le Royaume de Dieu sera réel quand les gens observeront les lois et les règles qui se trouvent dans la Loi de Dieu donnée par Moïse.

____c.Jésus enseignait que la loi d'amour de Dieu, qui sera pleinement réalisée à la fin des temps, commençait à s'instaurer par son œuvre.

____d.Pierre, Jacques et Jean formeraient le noyau du peuple de Dieu renouvelé. Les disciples de Jésus devaient d'abord recevoir le baptême de Jean.

____e.Suivre Jésus est essentiellement la même chose que de se repentir et de croire à la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.

Un enseignement nouveau et puissant (1,21-35)

Objectif 2.2 Décrire comment le Royaume de Dieu commence à s'instaurer dans l'œuvre de Jésus.

Les expressions "Royaume", "Règne" ou "Souveraineté" de Dieu ont essentiellement le même sens: les désirs de Dieu pour le genre humain sont en train de se réaliser. Quand, à la fin des temps, Dieu régnera complètement, toute souffrance humaine, toute infirmité, toute maladie prendra fin pour ceux qui sont entrés dans le Royaume. Dans notre monde actuel, la souffrance, la maladie, la mort et le péché indiquent que la Souveraineté de Dieu n'est pas totale. Dans le langage des Évangiles, la souffrance, la maladie, le péché et la mort ne sont pas l'œuvre directe de Dieu, mais l'œuvre de l'ennemi de Dieu, Satan et ses démons.

Du temps de Jésus, les gens qui souffraient d'épilepsie, d'aliénation mentale ou de troubles émotionnels graves étaient considérés possédés d'esprits mauvais (démons), qui rendaient impur celui qui était atteint, c'est-à-dire inapte à la compagnie des hommes et de Dieu. De tels malades étaient considérés avec soupçon et à peine tolérés. Aujourd'hui, nous n'aurions pas recours au même langage, nous n'appellerions pas "possession d'esprits mauvais" une maladie de peur d'aggraver encore la souffrance des malades en question. Néanmoins, nous devrions retenir de cela que la maladie n'est pas ce que Dieu veut pour le genre humain. Quand Dieu fera vraiment ce qu'il voudra, "toute larme sera effacée" (Is 25,8; Ap 7,17). La maladie ne représente pas la Souveraineté de Dieu, mais celle de Satan, l'ennemi de Dieu.

Quand Jésus entreprend d'instaurer le Règne de Dieu, il le fait en guérissant, en chassant les démons qui maintiennent les gens enchaînés à la maladie et la folie. Il triomphe de ta souveraineté de Satan et commence à instaurer sur terre le futur Royaume de Dieu.

Jésus rend présent le Royaume de Dieu par la puissance de son enseignement. Marc nous dit qu'il enseignait avec une telle autorité, une telle puissance que tout le monde en était étonné (1,22). Jésus n'enseignait pas comme les scribes, les érudits qui avaient été formés aux interprétations traditionnelles de la Loi de Moïse. Ces scribes ne faisaient que répéter les opinions de leurs maîtres, mais Jésus enseignait avec la force de la conviction personnelle, avec une autorité qu'il tenait de Dieu. L'enseignement de Jésus était puissant non seulement à cause de la force avec laquelle il parlait, mais du fait que, quand ii commandait aux esprits mauvais, sa parole chassait l'esprit et guérissait la personne qui en était atteinte. Jésus n'enseignait pas seulement par ses paroles, mais par ses actions: un simple geste pouvait produire une guérison.

"S'approchant, il la prit par la main et la fit se lever. Et la fièvre la quitta, et elle les servait." Marc 1,31


Lecture Marc 1,21-31

La guérison de la belle-mère de Pierre a probablement été conservée simplement parce que Pierre était très important dans l'Église primitive. L'incident fait remarquer que la parenté des chefs comme Pierre ne devait pas s'attendre à être servie comme si elle était de la noblesse, mais était appelée elle-même à servir: "elle servait" Jésus et les disciples (v.31).

La saisissante nouveauté de son enseignement et son grand pouvoir de guérison attiraient des foules immenses vers Jésus. Il en guérissait autant qu'il en venait pour faire comprendre que l'Empire de guérison de Dieu faisait son entrée dans l'histoire.

Lecture Marc 1,32-39

La popularité dont il jouissait à Capharnaüm ne conduisit pas Jésus à en profiter. Il passait les petites heures du jour en prière et décida de laisser les foules inquiètes pour faire le tour des autres villes qui n'avaient pas encore éprouvé la puissance de son enseignement. Marc indique qu'un assez long voyage eut lieu, qui dura peut-être des mois (v.39).

Le dernier événement de cette courte section tourne autour d'un lépreux. La lèpre était et demeure encore aujourd'hui une des pires maladies humaine. (Vous trouverez une description de la lèpre et des démarches à suivre pour prouver une guérison en Lv 13,9-17; 14,1-32.) Les lépreux étaient obligés de vivre à l'écart des villes. Il ne fallait pas les toucher et la plupart des gens ne les approchaient tout simplement pas. La personne dont le cas était diagnostiqué comme la lèpre était déclarée "impure", c'est-à-dire qu'il lui était défendu de fréquenter les gens "purs" et surtout de prendre part au culte dans le Temple. Tandis que ce règlement avait du bon sens parce qu'il empêchait à la lèpre contagieuse de se répandre, il en résultait que la situation déjà pénible des lépreux le devenait encore doublement: un lépreux était gravement malade et abandonné par sa famille et ses amis. Les rabbins considéraient que la guérison d'un lépreux était un miracle aussi grand que la résurrection d'un mort. Quand Jésus guérit le lépreux, cette guérison cause une telle agitation que Jésus se retrouve aussi limité dans ses mouvements que l'avait été le lépreux (v.45). Néanmoins, l'œuvre de Jésus se poursuivait parce que les gens venaient à lui.

Lecture Marc 1,40-45

Jésus ordonne au lépreux guéri d'aller trouver le prêtre afin de vérifier sa guérison conformément à la Loi. Cela lui permettrait d'être réintégré dans la vie sociale et religieuse du peuple. En dépit de l'ordre sévère de Jésus de se taire, l'homme diffuse partout la nouvelle. Jésus ne recherchait pas la popularité; il ne faisait pas de miracles pour attirer les foules. Il faisait des miracles pour montrer clairement que Dieu n'est pas indifférent à la souffrance humaine, et que le Règne de Dieu amène ce qui est bon pour le genre humain. Le futur Royaume de Dieu faisait des avancées dans le temps, dans l'œuvre de Jésus.

Exercice pratique

Des affirmations suivantes, quelles sont les deux qui expriment le mieux la façon dont le Royaume de Dieu commence à s'instaurer?

a. Jésus commence à instaurer le Royaume de Dieu par sa prière.

b. Jésus commence à instaurer le Royaume de Dieu par la puissance de son enseignement.

c. Jésus commence à instaurer le Royaume de Dieu par ses actes de guérison.

d. Jésus commence à instaurer le Royaume en disant au lépreux guéri de se montrer au prêtre.

Le conflit commence (2,1 - 3,6)

Objectif 2.3 Décrire comment le conflit avec les chefs religieux et civiques survient et comment il est utilisé pour rendre plus clair le sens du Règne de Dieu.

Jésus était très populaire, aussi fallait-il que les chefs religieux et civiques le prennent au sérieux. Nul doute qu'il était surveillé étroitement. Les gens les plus importants et les plus influents de la vie religieuse du peuple de Dieu, en Palestine comme dans tout l'Empire romain, étaient les Pharisiens. Les Pharisiens formaient une sorte de mouvement, principalement parmi les laïcs. Ils encourageaient la piété et tenaient à certaines traditions qui s'étaient développées au cours des siècles. Leur centre d'activité était la synagogue, une organisation laïque qui s'était répandue dans presque toutes les communautés du peuple de Dieu (voir leçon 16, p. 27).

Les Pharisiens se consacraient entièrement à faire la volonté de Dieu en toutes choses. Ils étaient très religieux, très pieux. Pour eux, Dieu était très important et toute chose de leur vie quotidienne devait lui plaire. Ils comprenaient la volonté de Dieu comme étant d'abord ce que Dieu avait révélé dans la Loi, et ensuite tout ce qui découlait de la Loi, conformément à la tradition de leurs grands maîtres. Ils encourageaient la générosité à suivre la Loi et les traditions de leurs grands maîtres (les rabbins). Ils n'aimaient pas les gens qui faisaient le minimum pour ne pas désobéir à la Loi; ils encourageaient à faire le maximum.

Quand Jésus commença à prêcher que le Règne (Royaume) de Dieu était proche, Us furent sûrement intéressés. Cela voulait dire que le moment où la volonté de Dieu serait totalement accomplie arrivait. Puisqu'ils se vouaient tellement à la volonté de Dieu, ils tenaient beaucoup à avoir Jésus de leur côté. Il se peut même qu'il ait semblé que Jésus allait être de leur côté; après tout, il allait à la synagogue le jour du sabbat et prenait part à leurs services.

Dès 2,1, Marc nous donne une série d'histoires qui illustrent le conflit qui commençait à se former au milieu de la grande popularité de Jésus. Les chefs religieux, Pharisiens et scribes, trouvent à redire aux choses que Jésus dit et fait. Le premier conflit tourne autour du pardon des péchés. Les chefs religieux maintenaient que seul Dieu lui-même pouvait pardonner les péchés, ce qu'il ferait au dernier jour, le jour du jugement. Dieu pardonnait aussi les péchés, selon eux, dans le cadre de certains sacrifices et rituels dans le Temple (ex. Lv 17,1s). La prétention de Jésus dans l'incident suivant est très choquante pour eux. Mais Jésus l'appuie par un acte de guérison que tous peuvent voir.

Lecture Marc 2,1-12

Pour la première fois chez Marc, Jésus se désigne comme le "Fils de l'homme". En soi, cela signifie simplement un être humain, quelqu'un qui est né, qui vit et meurt (voir Ez 2,1 - 3,3; leçon 14, p. 10). Jésus se sert de cela pour souligner son humanité. Il veut être reconnu comme l'un de nous. Après la mort et la résurrection de Jésus, l'expression le "Fils de l'homme" en vint à revêtir un sens beaucoup plus profond pour les chrétiens: le "Fils de l'homme" était Jésus, qui est mort, est ressuscité et reviendrait dans la gloire, sans perdre son humanité.

Jésus prétend qu'en tant que "Fils de l'homme", il a l'autorité ici sur terre de pardonner les péchés. H déclare les péchés de l'homme pardonnés par une simple parole. Jésus ne nie pas qu'il faut un pouvoir divin pour pardonner les péchés; ce qu'il dit, c'est que l'autorité divine a été placée entre ses mains humaines.

Les scribes (les experts dans la Loi) qui étaient probablement des Pharisiens (2,16) sont scandalisés; ils accusent Jésus de blasphème. Quand Matthieu rapporte le même incident, il montre très clairement que ce qui est en cause, ce n'est pas seulement l'autorité qu'a Jésus de pardonner les péchés sur terre, mais l'autorité donnée à ses disciples de faire de même (Mt 9,8). L'enseignement de ce passage, qui s'exprime partiellement dans le Sacrement de Réconciliation, choque encore aujourd'hui ceux qui veulent croire que le pardon vient directement de Dieu sans le moindre agent humain.

Dans leur anxieux désir d'être purs, saints et sans tache devant Dieu, les Pharisiens évitaient tous les pécheurs autant que faire se pouvait. Il fallait surtout éviter les collecteurs d'impôts parce qu'ils coopéraient avec les Romains, païens et impurs, en collectant pour eux les taxes détestées. Lévi, dans le passage que vous allez lire, collecte les droits de douane qui étaient imposés sur les biens transportés d'une ville à l'autre. Un pécheur • était quelqu'un qui enfreignait publiquement une partie de la Loi de Moïse ou une des coutumes que les Pharisiens s'attendaient à voir les gens pieux pratiquer. Dans le bref passage suivant, Marc rapporte le plus brièvement possible une des habitudes de Jésus que les Pharisiens trouvaient des plus troublantes.

Lecture Marc 2,13-17

Comme au moment de son baptême, de même au cours de son ministère, Jésus ne montre aucune haine des pécheurs, mais s'identifie avec eux. Puisqu'il avait une telle attitude vis-à-vis de ceux que les Pharisiens considéraient comme rejetés de Dieu, il n'est pas surprenant que les pécheurs se soient plus en la compagnie de Jésus; ils se sentaient à l'aise avec lui. Les repas avec les collecteurs d'impôts et les pécheurs n'étaient pas des repas rapides, pris dans un silence priant, plein de sentiments de tristesse à cause des péchés. Marc emploie un mot grec qui veut dire "être couché à table" (v.15), un repas tranquille. Prendre un repas de fête avec quelqu'un exprimait la plus grande intimité. Pour les Pharisiens, prendre ce genre de repas avec des pécheurs était choquant.

Le grec du v.15 est un peu difficile à traduire, mais il semble que l'idée soit qu'il y avait beaucoup de collecteurs d'impôts et de pécheurs parmi ceux qui suivaient Jésus. "Suivre Jésus", c'est être un disciple. Marc semble souligner le fait que, exactement de la même façon que, du vivant de Jésus, les pécheurs le suivaient, au temps de l'Église, il y aura des pécheurs parmi ceux qui suivent Jésus. Pour ceux qui se savent pécheurs, la présence de Jésus à table avec eux est source d'étonnement, humble mais joyeux, et donne de la force pour continuer ses efforts de conversion. Ceux qui se considèrent sans péché pensent que c'est Jésus qui devrait être reconnaissant de leur compagnie. Les gens vertueux ne peuvent pas supporter l'idée que Jésus soit présent ailleurs que dans une communauté parfaite; ce n'est que dans ce genre de communauté que les gens vertueux se trouvent à l'aise. Il est toujours difficile de croire que Dieu aime vraiment les pécheurs. Il est beaucoup plus facile de croire que Dieu n'aime que les gens bons et vertueux.

Marc passe ensuite de la scène de Jésus à table avec les pécheurs à une discussion sur le jeûne. Il n'y avait qu'un jour de jeûne obligatoire selon la Loi (Lv 16), mais beaucoup de Pharisiens jeûnaient deux fois par semaine, cent fois de plus que ne te demandait la Loi. Les Pharisiens encourageaient à faire beaucoup plus que ce qui était requis par la Loi; ils y voyaient une manifestation de générosité. Si un jour de jeûne était agréable à Dieu, sûrement que cent jours lui seraient cent fois plus agréables. Jésus perce ce raisonnement faux, Il n'est pas en faveur d'une pratique exagérée qui fait paraître Dieu comme une mauvaise nouvelle.

Lecture Marc 2,18-22

Jésus venait annoncer la Bonne Nouvelle. On ne peut pas donner un tel message dans le cadre de tristes coutumes de jeûne. La Bonne Nouvelle que Jésus annonçait, il la vivait aussi d'une manière qui se rapprochait plus d'une noce que de quoi que ce soit d'autre. Jésus ne condamne pas le jeûne totalement, mais il laisse entendre que le temps de son ministère sur terre est un temps de joie où il n'y a pas de place pour la tristesse.

Dans les derniers versets du passage (vv.21s), Jésus fait une déclaration très énergique sur les différences dans la vie et les pratiques religieuses qu'introduira dans le peuple de Dieu sa venue. Jésus apporte une nouveauté qui touche toute la vie du peuple; sa venue, son ministère n'est pas une pièce neuve sur un vieux vêtement; ce n'est pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Jésus n'apporte pas une nouvelle manière de vivre qu'il faut faire entrer dans les vieilles pratiques des Pharisiens. Un nouveau genre de vie signifie de nouvelles coutumes. Les Pharisiens saisiraient certainement le message que comportaient ces mots: leurs coutumes, leur manière de vivre prenaient fin avec le ministère de Jésus.

Le jour du sabbat était devenu l'objet de toutes sortes de règles et de coutumes. Les Pharisiens voulaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour s'assurer qu'ils accomplissaient parfaitement la volonté de Dieu. Dieu avait ordonné de se reposer le jour du sabbat. La question pratique, selon les Pharisiens, était "qu'est-ce que le repos?" et "qu'est-ce que le travail?". Ils avaient mis au point une longue liste de choses qui étaient défendues le jour du sabbat. L'une d'entre elles était la moisson. Mais les Pharisiens ne s'intéressaient pas à une observance de la volonté de Dieu qui soit réduite au minimum et mesquine. Si moissonner était défendu, froisser des épis dans ses mains et souffler sur la balle l'étaient également.

Lecture Marc 2,23-28

Pour les Pharisiens, Dieu est le centre unique de leur vie; sa volonté est tout pour eux. En réalité, Dieu est si important que lui plaire passe avant toute autre chose. Dieu a ordonné le repos, aussi le repos et seul le repos est important le jour du sabbat. Jésus prétend aussi que la volonté de Dieu (son Règne) est de toute première importance pour lui; mais, pour Jésus, il n'y a absolument aucun moyen d'imaginer que la volonté de Dieu puisse rivaliser avec les besoins des hommes. Jésus rappelle aux Pharisiens que Dieu lui-même a donné le sabbat à son peuple, pas pour qu'il soit vénéré et gardé, mais pour le bien des êtres humains. Le sabbat a été donné pour l'homme; l'homme n'a pas été créé pour le sabbat (leçon 5, p. 8). Pour les Pharisiens, donner toute l'importance à Dieu signifiait considérer les gens comme secondaires; pour Jésus, donner toute l'importance à Dieu signifiait se consacrer à faire le bien pour les hommes, parce que Dieu lui-même se voue à faire le bien pour eux.

Tel que Dieu l'avait donné (voir Dt 5,12-15), le jour du sabbat était un jour qui célébrait la liberté humaine. Cela voulait être un jour où tous - des esclaves aux maîtres - jouiraient du repos qui attestait que les êtres humains sont importants en eux-mêmes et pas seulement à cause du travail qu'ils peuvent faire. Il était clair que Dieu, qui avait ordonné le sabbat, ne l'avait pas ordonné pour lui-même, mais pour le bien de son peuple. Au lieu d'être un jour qui célébrait la vie et la liberté, le sabbat était devenu, entre les mains des Pharisiens, un jour d'esclavage abaissant la vie. Cela ne faisait qu'empirer les choses de dire que c'était Dieu qui voulait un jour pareil, accablant et rempli de règlements, parce que cela faisait de Dieu quelqu'un qui était contre la vie, contre la liberté, contre ce qui est bon pour les hommes. En fait cela transformait Dieu en un "dieu" déraisonnable et totalement centré sur lui-même, qui recherche uniquement de l'attention et ne se préoccupe pas du tout des humains. (Voir "La genèse du péché", leçon 1, pp. 18-19.) Pour les Pharisiens, guérir était du travail, c'était donc interdit le jour du sabbat.

Lecture Marc 3,1-6

D'un air de défi et de colère, Jésus guérit la main desséchée. Son acte proclame la bonté de Dieu, l'amour de Dieu pour les humains, la volonté de Dieu de guérir, de libérer. Si tel est Dieu, il convient à merveille qu'une personne soit guérie, libérée, rendue à la "vie" le jour du sabbat, ce jour qui devait refléter la volonté de salut de Dieu.

C'est là que les Pharisiens comprennent la distance qui les sépare de Jésus. Ils se rendent compte qu'il n'y a aucun moyen de gagner Jésus à leur cause. Si Jésus ne peut pas être un allié, il faut s'en débarrasser le plus tôt possible. Jésus ne faisait pas que contredire les enseignements et les coutumes des Pharisiens, mais, par la puissance de ses enseignements et de ses guérisons, il les discréditait aussi complètement. Il constituait une menace sérieuse pour les Pharisiens. Il constituait également une menace sérieuse pour le roi, Hérode Antipas, qui gouvernait la Galilée. La politique et la religion sont inséparables; les Pharisiens s'adressent aux partisans d'Hérode pour qu'ils travaillent avec eux à se débarrasser de Jésus.

Exercices pratiques

5.Un conflit survint entre les Pharisiens et Jésus. Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les trois qui décrivent le mieux les raisons de ce conflit?

a.Jésus se servait des synagogues pour y enseigner.

b.Jésus prétendait avoir le pouvoir de pardonner les péchés.

c.Jésus guérit un homme à l'intérieur de la synagogue.

d.Jésus manquait à beaucoup des règles imposées par les Pharisiens.

e.Jésus mangeait et buvait avec les riches.

f.La popularité de Jésus augmentait à leurs dépens.

6.Les conflits aidaient à clarifier le sens du Règne de Dieu parce qu'ils fournissaient à Jésus l'occasion d'enseigner. Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les deux qui décrivent le mieux l'enseignement de Jésus qui est né de ces conflits?

a.Dieu voulait que toute sorte de travail ou d'activité cesse le jour du sabbat.

b.Dieu voulait que Jésus ne fréquente que les gens pieux et vertueux.

c.Dieu voulait être connu comme celui qui a donné ses lois pour le bien de l'humanité.

d.Dieu voulait soutenir les nombreuses règles que les Pharisiens observaient.

e.Dieu voulait montrer son amour pour les pécheurs.

f.Dieu voulait que les gens jeûnent souvent pour devenir plus saints.

Renouveler le peuple de Dieu (3,7-35)

Objectif 2.4 Décrire les façons de Jésus de renouveler le peuple de Dieu.

La popularité de Jésus continue à grandir. Dans la brève section suivante, Marc nous montre d'énormes foules qui viennent de partout. Il y a tant de gens et ils veulent tellement s'approcher de Jésus qu'il y a un danger qu'il soit écrasé. Les mauvais esprits essaient de faire échouer l'œuvre de Jésus en révélant la vérité à son sujet au mauvais moment.

Lecture Marc 3,7-12

Marc présente les esprits impurs comme s'ils avaient une connaissance supérieure de la vérité: Jésus est Fils de Dieu. À cette occasion, comme précédemment (1,24-25 et 34), Jésus les fait taire, parce qu'il ne convient pas que la vérité sur Jésus soit proclamée publiquement avant qu'il ait fini toute son œuvre. Ce n'est que lorsqu'il aura fait la volonté du Père jusqu'à sa mort sur ia croix que sa filiation divine pourra être annoncée (15,39). Les esprits impurs veulent que le titre de "Fils de Dieu" soit lié, non pas à la croix, mais aux miracles et à la grande popularité de Jésus.

Jésus décide de ne pas profiter de sa popularité pour s'imposer aux gens. Il résiste à la tentation de devenir un réformateur en vogue, soulevant l'enthousiasme des foules et passant ensuite à d'autres foules. Jésus accepte la tâche, beaucoup plus difficile mais nécessaire, de renouveler le peuple de Dieu en tant que peuple, pas en tant que masse d'individus. Il y a des foules qui le suivent et, au milieu de ces foules, il y a quelques disciples. Jésus introduit maintenant une structure dans le groupe de disciples, une structure de toute première importance du point de vue symbolique.

Lecture Marc 3,13-19

Si Jésus avait simplement voulu renouveler individuellement des membres du peuple de Dieu, comme un prédicateur itinérant ou un Jean-Baptiste, il n'aurait pas eu besoin de faire attention aux structures du pouvoir. Jésus a, toutefois, clairement l'intention de renouveler le peuple de Dieu en tant que communauté, que peuple, aussi l'organisation est-elle essentielle.

Le choix des douze apôtres est rendu solennel par le fait que Jésus se retire dans la montagne à l'écart des foules et qu'il appelle ensuite à lui ceux qu'il destinait à être les fondateurs de l'Israël renouvelé, les douze nouveaux patriarches. De même que Dieu avait appelé Moïse et toute les tribus d'Israël sur la montagne, de même Jésus, le Fils de Dieu, appelle les fondateurs du peuple renouvelé à lui sur une montagne. (Le mot grec, souvent traduit par "colline", veut en réalité dire "montagne". Aucune montagne particulière n'est désignée. C'est seulement évocateur comme symbole faisant penser à Dieu appelant Israël sur la montagne. Voir Ex 19,3.)

L'honneur le plus insigne fait aux Douze est d'être "ses compagnons", c'est-à-dire d'être particulièrement près de lui, ses intimes. Leur tâche, comme celle de Jésus, est d'être au service du Royaume de Dieu en prêchant la Bonne Nouvelle et en combattant contre les forces du mal, en chassant les démons.

Le premier nom sur la liste est celui de Simon, "auquel il donna le nom de Pierre". Changer le nom d'une personne, c'est exercer une autorité particulière sur cette personne (voir leçon 2, p. 17). L'action de Jésus souligne l'autorité spéciale que Jésus aura sur Pierre (le Roc), le chef des Douze. Quand Dieu change le nom d'une personne, c'est pour lui donner une tâche spéciale, un rôle spécial dans son travail (voir Gn 17,5, leçon 2, p. 8). Bien que Marc ne s'étende pas sur le rôle de Pierre ou sur le sens de son nouveau nom, il est clair que la tradition qu'il employait y voyait une importance particulière. Matthieu précisera beaucoup cette tradition (Mt 16,13s).

Jacques et Jean reçoivent un nom pour deux, "fils du tonnerre". Cela semble indiquer pour eux un statut spécial parmi les Douze avec Pierre. Ce sont les trois qui seront témoins de la Transfiguration (9,2-8) et de l'agonie au jardin des Oliviers (14,32-42). Pierre, Jacques et Jean sont aussi admis quand Jésus ressuscite la fille du chef de la synagogue (5,37).

Il est des plus intéressants de noter un trait de ce groupe de douze hommes. Ils représentent la plus vaste gamme d'opinion que l'on puisse trouver dans le peuple de Dieu. Nous avons Matthieu, qui était collecteur d'impôts, un "impur" qui collaborait avec les Romains à extorquer de l'argent aux gens (Mt 9,9). Dans le même groupe se trouve Simon le Zélé, représentant les ennemis jurés des Romains à l'époque, qui croyaient à l'éviction des Romains par la violence. Nous pouvons supposer que les dix autres représentaient diverses positions intermédiaires. Quand on nous dit que les Douze discutaient entre eux sur celui qui était le plus grand (ex. Mc 9,33s), nous pouvons imaginer que certains de leurs arguments étaient violents et très politiques. Marc souligne aussi la présence du traître, Judas Iscariote.

Nous avons vu les grandes foules, les disciples et le choix des Douze. Marc passe maintenant à un domaine plus délicat, celui des parents de Jésus qui viennent de Nazareth. Marc fait remarquer que les foules étaient si nombreuses et que Jésus était si occupé qu'il négligeait de s'occuper de lui-même. Puisque la responsabilité de veiller sur un des leurs qui ne subvenait pas à ses propres besoins incombait à la parenté de celui-ci, sa famille décide de faire son devoir vis-à-vis de Jésus.

Lecture Marc 3,20-21

Sa négligence en ce qui le concerne porte les gens à croire que Jésus a perdu la raison. Mus par l'intérêt qu'ils portent à Jésus, ses parents se proposent de voir par eux-mêmes et d'agir si c'est nécessaire. Les bruits qui couraient laissaient entendre que Jésus était fou; de là, il n'y avait qu'un pas à insinuer qu'il était possédé d'un esprit mauvais. Un groupe d'érudits venus de Jérusalem portent exactement cette accusation.


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