Excerpt for Montée - Leçon 23-Le Roi by , available in its entirety at Smashwords

Montée -Leçon 23 Le Roi

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture: " . Et alors que Jésus circule dans le Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens viennent à lui et lui disent: 'Par quelle autorité fais-tu cela?" Marc 11,27-28

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Vingt-troisième Leçon

Le Roi (Marc 11,1 - 16,20)

Contenu

1 Jugement porté sur le Peuple

2 Fins

3 Jésus est jugé

4 Fin et commencement

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du Test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Psaume 118

Le psaume commence et finit par une action de grâces (vv.1-4, 28-29) et, entre les deux, le psalmiste, parlant au nom du peuple, loue Dieu qui les a arrachés à la mort (w.5-18, 22-24). Entremêlée à ce chant de victoire est une invitation à se joindre à une procession au Temple où doit être offert un sacrifice (vv.19-21, 25-27). En arrivant au Temple, les prêtres bénissent ceux qui sont venus au nom du Seigneur (v.26).

Cette prière convient bien à la 23e leçon dont le sujet principal est la mort et la résurrection de Jésus. Nous rendons grâces pour l'amour éternel de Dieu, qui a été révélé dans sa plénitude en Jésus. Nous louons Dieu pour sa victoire sur nos ennemis, dont les plus grands sont le péché et la mort qu'ont vaincus la mort et la résurrection de Notre Seigneur. La procession avec des rameaux (v.27) nous rappelle l'entrée de Jésus à Jérusalem (Mc 11,8), et l'acclamation de la foule en Mc 11,9, "Béni soit celui qui vient...", est tirée de ce psaume (vv.25s). En 12,10s. Marc cite le passage de ce psaume sur la pierre rejetée qui est devenue la pierre angulaire (vv.22s). Étant donné que le psaume 118 était chanté à toutes les grandes fêtes, il est fort probable que Jésus et ses disciples l'aient chanté à son dernier repas pascal (Mc 14,26).

Quand nous célébrons l'Eucharistie, nous utilisons le psaume 118,25s dans le "Saint, Saint, Saint" et, au temps pascal, notre liturgie emploie souvent le v.24: "Voici le jour que fit le Seigneur, pour nous allégresse et joie."

Objectif de la leçon Décrire la royauté de Jésus en Marc 11,1 - 16,8

Introduction

Un roi exerce normalement deux fonctions, celle d'assurer la sécurité de son pays et celle de veiller à la justice. Ce qui voulait dire que les rois étaient responsables de l'armée et des cours de justice. De tous les rois que le peuple de Dieu avait eus, celui qu'il avait le plus admiré était David. Il avait combattu pour vaincre tous leurs ennemis et bien administré la justice (2 Sm 5-8; voir leçon 9, pp. 12,14-19). À l'époque de Jésus. beaucoup dans le peuple attendaient un autre "David" qui renverserait le gouvernement tyrannique romain et établirait la paix et la justice dans le pays. Ils allaient être amèrement déçus s'ils espéraient que Jésus serait ce genre de sauveur royal.

Jésus acceptait d'être appelé "fils de David" (Mc 10,46s), bien que ce soit un acte de foi imparfait en lui. Il acceptait aussi d'être appelé "roi" (Mc 15,2), bien que cela, comme "fils de David", puisse facilement être mal compris. Jésus était beaucoup plus que "fils de David" et il n'était nullement le genre habituel de roi. Il ne faisait pas la guerre, n'avait pas d'armée, ne fomentait pas de révolution violente. Un roi qui est au service de ses gens et donne sa vie pour eux n'est pas un roi ordinaire.

Jésus est, toutefois, vraiment roi: il incarne la royauté absolue de Dieu, capable d'exiger l'obéissance et la loyauté totales de ceux qui le suivent. Il incarne aussi la justice et le jugement de Dieu Roi (voir Ps 93,96,97 et 98).

1.Jugement porté sur le Peuple marc 11,1 2,44)

Objectif Décrire le jugement royal que Jésus porte sur le peuple en Mc 11,1 - 12,44.

Dans la dernière leçon, nous avons suivi Jésus jusqu'à Jéricho où il avait été salué comme le "fils de David" (Mc 10,46s). Au commencement de cette leçon, Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem. Jésus veut nettement que son entrée dans Jérusalem soit un événement spécial; et il en est ainsi. Quelqu'un qui a la prétention d'être un roi ordinaire aurait au moins prévu de chevaucher une mule convenable (ex 1 R 1,38); quelqu'un qui a la prétention d'être le libérateur politique de sa nation aurait été accompagné d'une troupe sérieuse de partisans armés. À la place, nous avons une foule joyeuse qui chante et acclame un homme à cheval sur un poulain.

Lecture Marc 11,1-11

Le prophète Zacharie avait jadis annoncé un tel événement:

"Exulte de toutes tes forces, fille de Sion!

Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem!

Voici que ton roi vient à toi:

il est juste et victorieux,

humble et monté sur un âne, sur un ânon

, petit d'une ânesse" Ra 9,9)

Jésus accepte cette étrange "réception royale"; il laisse les gens exprimer leur espoir qu'il représente "le Royaume qui vient de notre père David" (v.10). Son entrée à Jérusalem est en fait une prétention au titre et à l'espoir exprimés dans les promesses faites à David (2 Sm 7). Contrairement à ce que beaucoup attendaient, Jésus n'entre, toutefois, pas avec la pompe et la cérémonie de mise pour les réceptions officielles. Il entre humblement, sur un modeste animal, comme quelqu'un qui est très proche des gens ordinaires. Et ceux-ci l'accueillent à leur manière, de tout cœur, avec un étalage spontané de ferveur désordonnée (voir 2 R 9.12s). Jésus semble aimer cela; il ne le rejette pas.

"Il entra à Jérusalem dans le Temple et regarda tout autour de lui" (v.11). Ce n'est pas le geste d'un touriste désinvolte, ni une simple inspection du Temple. Quand Jésus "regarde" ses disciples (3,16) ou le jeune homme riche (10,21) ou ici, quand il "regarde" le Temple, il revendique ce qu'il voit comme son bien.

Le Temple était le lieu le plus sacré pour le peuple (voir leçon 10, pp. 10-14). C'était le lieu de la rencontre avec Dieu, dans le culte communautaire et la prière personnelle. C'était aussi le centre économique le plus important de la nation; il tenait tout à fait lieu de banque, où se faisaient en sécurité les dépôts d'argent ou d'objets précieux (voir 2 M 3 ,1-23). Emprunts et transferts de fonds pouvaient aussi être réglés par les autorités du Temple. Sur le plan politique, le Temple avait un rôle stratégique parce qu'il était le symbole de l'identité nationale; quiconque était à la tête du Temple était à la tête de la nation.

Le Temple se composait principalement de parvis autour du bâtiment central qui abritait le Saint des Saints.

Le Parvis des Gentils permettait la présence des Gentils dans l'enceinte du Temple, mais indiquait aussi clairement qu'ils ne pouvaient pas participer réellement au culte: il y avait des écriteaux avertissant les Gentils qu'ils encouraient la peine de mort en entrant dans les parvis internes. La présence des Gentils était au mieux tolérée. Le parvis qui leur était réservé était, au temps de Jésus, "désacralisé" par la présence d'un marché pour la vente des animaux pour la liturgie du Temple. Il semble que ce marché ait été ouvert par un grand prêtre pour faire concurrence aux quatre marchés approuvés pour les offrandes sacrificielles sur le Mont des Oliviers.

Tous les hommes adultes devaient payer un impôt annuel pour le Temple; mais cet impôt ne pouvait pas être payé en pièces grecques ou romaines, parce que c'étaient des pièces païennes. Seules les vieilles pièces de monnaie palestinienne ou de Tyr, qui ressemblait beaucoup aux pièces palestiniennes, pouvaient être utilisées pour payer l'impôt. Comme la plupart des gens se servaient de pièces grecques ou romaines pour le commerce quotidien, il fallait qu'ils changent ces pièces contre la monnaie approuvée pour payer l'impôt du Temple. Il y avait, bien entendu, des frais à payer pour ce service. Ces changeurs d'argent avaient leurs tables installées dans les Parvis des Gentils. Cette pratique, en plus du marché dans le Parvis des Gentils, évoquait nettement une attitude très négative vis-à-vis des Gentils.

Marc veut nous faire comprendre la scène de Jésus au Temple à la lumière de l'incident du figuier qui lui a servi d'introduction et de conclusion à l'occupation et à la purification du Temple. Il convient de ne pas perdre cela de vue en lisant le passage suivant.

Lecture Marc 11,12-25

Jésus est indigné par ce qu'il considère comme un rejet des Gentils - le marché et les changeurs d'argent. Il interrompt leur activité et occupe l'enceinte du Temple (très probablement le Parvis des Gentils) et ne permet pas que cela serve de raccourci pour traverser Jérusalem (vv.15-16).

Après avoir pris possession du Temple, Jésus commence à y enseigner et le premier point de son enseignement est que la maison de Dieu était destinée à être l'instrument par lequel toutes les nations (Gentils) viendraient à connaître Dieu et apprendraient à le prier (v.17). Il cite Is 56,7, passage dans lequel la raison d'être du peuple de Dieu est l'accès de toutes les nations au culte du vrai Dieu. Ceux qui étaient responsables du Temple au temps de Jésus, le grand prêtre, les scribes et les anciens, empêchaient le Temple de jouer ce rôle.

Le second point de l'enseignement de Jésus sur le Temple est le même que ceux des prophètes Michée et Jérémie avant lui: "Vous avez fait de ma maison une caverne de voleurs" (voir Mi 3,9-12; Jr 7,1s; 26,1s). Jésus critique la manière dont les gens qui vivaient injustement utilisaient le Temple pour le culte comme si le culte pouvait les exempter du jugement de Dieu. Comme le Temple tenait lieu de trésor public, les gens qui s'enrichissaient justement ou injustement pouvaient mettre leur argent au Temple pour qu'il soit en sécurité. Le Temple était utilisé de la même façon que les voleurs utilisent leur cachette, comme un lieu sûr pour eux-mêmes et pour le produit de leurs vols.

L'incident du figuier qui encadre la scène dans le Temple est utilisé comme un acte symbolique, une sorte d'action sous forme de parabole comme en présentaient les prophètes (ex Is 20,1-6; Jr 13,1-11). Jésus se sert du figuier pour montrer le jugement de Dieu sur le Temple et sur les chefs de son peuple. Le Temple était aussi florissant que le figuier feuillu; il n'avait jamais été plus beau, jamais plus utilisé qu'au temps de

Jésus. Dieu, en la personne de son Fils, cherchait le fruit du Temple. (Le figuier était un symbole d'Israël, voir par ex. Jr 8,13; Os 9,10). D'un point de vue humain, tout moment que Dieu choisit pour rendre un jugement semble aussi mal choisi que de chercher des figues en dehors de la saison, mais c'est à Dieu qu'il revient de fixer le moment, pas à nous. Après l'occupation du Temple, on trouve le figuier desséché jusqu'à ses racines. Cela exprime le jugement sévère de Dieu sur le Temple et sur les chefs qui empêchaient le Temple d'atteindre son but.

Suivent quelques brèves mais puissantes remarques sur la foi et la prière (vv.20-25). Bien que Marc ne le précise pas vraiment, le fait qu'il ait placé ces affirmations ici après la parabole du figuier desséché semblerait suggérer que le nouveau culte du peuple de Dieu à l'avenir ne serait pas basé sur un édifice et sur le sacrifice d'animaux, mais sur la foi et la prière. Il est particulièrement significatif que Marc ait placé, à cet endroit de son récit, des propos énergiques de Jésus sur le pardon comme condition de l'efficacité de la prière. Le jugement de Jésus n'est pas dicté par la vengeance. Son attitude envers le peuple est toute de pardon; mais le pardon ne veut pas dire l'acceptation de ce qui est mal.

Dans la scène suivante, les chefs protestent auprès de Jésus, contestant son autorité pour faire ce qu'il a fait dans le Temple. Les gens simples sont nettement du côté de Jésus (11,18; 12.12 et 37; 14,2) et contre les chefs (11,32 ). Les grands prêtres, les anciens et les scribes craignent les foules. Jésus sait cela très bien et il profite du fait que les chefs n'ont pas l'appui du peuple.

Lecture Marc 11,27-33

Pour donner toute sa clarté au jugement, Jésus instruit les chefs avec une parabole très forte qui leur dit que leur autorité est sur le point de prendre fin. Il s'agit d'une parabole dans laquelle Jésus est présenté dans la longue lignée des prophètes et, comme les prophètes avant lui, il sera rejeté et tué. Jésus est, toutefois, plus qu'un autre prophète, il est le Fils du "Maître" de la vigne (la vigne = Israël, voir Is 5,1s). Les vignerons sont les chefs du peuple de Dieu.

Lecture Marc 12,1-12

Vous remarquerez que la vigne (c'est-à-dire le peuple de Dieu) ne sera pas détruite, mais les chefs (les vignerons) seront supprimés et leur rôle sera donné à d'autres. (Nous avons vu que la nouvelle autorité avait déjà été établie aux mains des Douze.) Le peuple de Dieu, renouvelé par Jésus, sera établi sur celui-là même, Jésus, que les anciens chefs rejetteront et feront crucifier (12,12; Ps 118,22s).

Les grands prêtres et autres chefs envoient les Pharisiens et les Hérodiens poser à Jésus une question hypocrite (12,13). Tandis que les Pharisiens et les Hérodiens étaient très importants en Galilée (3,6; 8,15), ils n'ont aucune influence à Jérusalem; ils y sont aux ordres des chefs officiels. La question est hypocrite parce que, pour se maintenir au pouvoir, les chefs devaient coopérer et coopéraient effectivement avec les Romains. Ils espèrent que Jésus va faire une gaffe et se placer dans la situation des Zélotes, groupe révolutionnaire anti-romain; ils pourraient alors charger les Romains de se débarrasser de lui.

Lecture Marc 12,13-17

Jésus voit clair dans leur complot et retourne leur argument. Ce qu'il dit: "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu", ne répond pas à leur question. C'est une affirmation qui fait comprendre que les rapports que nous entretenons avec l'autorité publique (César) n'englobent qu'une partie de notre vie, tandis que les rapports que nous entretenons avec Dieu régissent toute notre vie. Ce qui appartient à Dieu, c'est toute la personne (12,30s). Si l'autorité publique n'interfère pas avec notre consécration totale à la volonté de Dieu, il n'y a pas de raison de refuser ce qu'elle peut revendiquer légitimement (ex. les impôts); mais si l'autorité publique interfère avec notre consécration totale à la volonté de Dieu, alors il ne faut pas obéir à l'autorité publique. Jésus pose le problème et les principes pour le résoudre, mais il ne dit pas qu'on doit toujours donner ce qu'exige l'autorité civile, il ne dit pas non plus qu'on ne doit jamais le donner. Avec cette scène, les Pharisiens quittent la scène; il ne sera plus question d'eux.

Un nouveau groupe entre en scène, les Sadducéens. C'étaient des gens qui maintenaient que toute révélation de Dieu s'était arrêtée avec Moïse. Ils méprisaient les Pharisiens qui croyaient en l'inspiration divine de nombreux livres en dehors des cinq livres de Moïse.

Lecture Marc 12,18-27

Il défend la foi en la résurrection en soulignant que Dieu est le Dieu des vivants (v.27); comme tel, il se consacre à donner la vie même à ceux qui sont morts. Il enseigne aussi que la résurrection n'est pas un retour à la vie humaine ordinaire telle que nous la connaissons. La résurrection est une entrée dans une sorte d'état "angélique", une condition de vie dans laquelle il n'est plus question de naître ou de mourir et par conséquent de mariage comme nous le connaissons sur terre. En portant un jugement sur le peuple. Jésus ne condamne pas tout carrément; nous le voyons ici accepter et affiner la position des Pharisiens contre celle des Sadducéens. Dans l'incident suivant, nous le voyons faire une remarque très favorable à propos d'un scribe.

Lecture Marc 12,28-34

Le scribe pose une question sérieuse et sincère, à laquelle Jésus répond directement. Quand le scribe manifeste son accord avec la réponse, Jésus lui dit qu'il n'est pas loin d'être un de ses disciples, "pas loin du Royaume de Dieu" (v.34). Dans le dialogue entre eux, deux questions sont réglées - il n'y a qu'un seul Dieu et l'aimer et aimer son prochain est le commandement suprême. Le scribe ajoute encore quelque chose en disant que ces vérités sont plus importantes que tous les sacrifices offerts au Temple (voir Os 6,6; 1 Sm 15,22; Ps 40,6s). Les disciples de Jésus, qui constitueront le nouveau peuple de Dieu, conserveront les vérités fondamentales que maintenaient déjà depuis des siècles les meilleurs représentants du peuple de Dieu.

Marc présente maintenant deux brefs incidents dans lesquels Jésus critique l'enseignement des scribes sur le Messie et la conduite de nombreux scribes.

Lecture Marc 12,35-40

Le Messie (Christ) est beaucoup plus que "fils de David"; il est digne d'être appelé "Seigneur" (Voir leçon 3, p. 15). La conduite des scribes, qui sont au nombre des chefs du peuple, est exactement l'opposé de ce que Jésus veut pour ses nouveaux chefs (Mc 10,41-45). Jésus condamne la conduite de ces scribes qui n'avait rien de l'humilité de celle de leur maître Moïse (Nb 12,3) et les scribes eux-mêmes qui avaient la réputation d'escroquer les veuves, péché spécialement condamné par la Loi (ex. Ex 22,22). Le jugement de ces scribes sera très sévère (Ex 22,23s).

Une des fonctions qui était exercée par le Temple était la distribution d'argent pour aider les pauvres. Certains riches y contribuaient en donnant de l'argent dont ils n'avaient pas besoin, une veuve faisait un don très minime.

Lecture Marc 12,41-44

La veuve est comme un vrai disciple de Jésus qui a donné tout ce qu'il a (10,28-30). Jésus lui donne son approbation sans réserve. Elle représente les "pauvres" et le summum de la charité à laquelle atteignaient beaucoup dans le peuple de Dieu.

Dans ces deux chapitres (1 1-12), Marc nous a montré Jésus portant un jugement sur le peuple de Dieu. Le mauvais emploi du Temple est condamné, les chefs sont jugés indignes et à rejeter. Mais le jugement n'est pas que négatif: Jésus accepte l'appui des gens simples, il se range du côté des Pharisiens sur la question de la résurrection, il parle d'un ton approbateur d'un scribe et loue la générosité d'une pauvre veuve. S'il juge en roi, il juge avec justice et ne ferme pas les yeux sur la bonté et les grandes vérités qui étaient crues et vécues dans le peuple de Dieu à son époque.

Exercice pratique

1.Indiquer si les affirmations suivantes sur les jugements de Jésus sont vraies ou fausses:

____ a. Le peuple n'a pas réussi à amener les Gentils au vrai culte de Dieu. ... b. Le peuple sera rejeté par Dieu et remplacé.

____c. Le Temple est devenu un abri pour ceux qui exploitent les gens.

____d.Les chefs du peuple n'ont pas accepté la volonté de Dieu dans leur histoire et ils seront remplacés par de nouveaux chefs.

____e.Les Sadducéens sont dans le vrai à propos de la résurrection des morts. f Le peuple ne devrait pas payer d'impôts aux Romains.

2 Fins (Marc 13)

Objectif Décrire la venue définitive du Roi, les événements qui la précéderont et l'attitude des disciples vis-à-vis de ces événements.

Nous ne savons pas si Marc a agencé ce chapitre ou s'il en a hérité tel qu'il est de la tradition de l'Église. Mais ce que nous savons, c'est que ce chapitre n'est comme aucun autre chapitre de Marc. Il a beaucoup de caractéristiques de la littérature apocalyptique (voir leçon 19, pp. 9-15). Quiconque essaiera de trouver un sens clair et précis pour chaque ligne du chapitre 13 ne manquera pas d'avoir des déceptions. Mieux vaut accepter l'obscurité de certains versets et concentrer son attention sur ce qui est clair.

L'obscurité du chapitre provient du chevauchement de trois images: la destruction du Temple, la fin de Jérusalem, la fin du monde. Le chapitre 13 est comme un film qui superpose ces trois images. L'effet peut être déroutant, mais en se concentrant un peu, on peut voir clairement tantôt la fin du Temple, tantôt la fin de Jérusalem, tantôt la fin du monde. Les trois images sont, toutefois, généralement plus ou moins clairement présentes en même temps.

Ce qui est clair dans ce chapitre, c'est que, pour Jésus et pour Marc, a fin du Temple. de Jérusalem et du monde arriverait certainement. Pour Jésus et ses disciples, et très probablement pour Marc, la destruction du Temple et de Jérusalem appartenait encore à l'avenir. Pour nous, cependant, ces deux "fins" appartiennent au passé; le Temple et Jérusalem ont été détruits par les Romains en 70 do notre ère.

Ce qui demeure du domaine de l'avenir pour nous est la fin du monde et nous avons la certitude qu'elle se produira tôt ou tard. Le monde tel qu'il est ne durera pas éternellement. De même que le jour et l'heure de la fin du Temple et de Jérusalem n'étaient pas connus de Jésus et de ses premiers disciples, le moment précis de la fin du monde n'est pas certain pour nous. Seul le fait qu'il y aura une fin est certain. Tout essai de dater la fin du monde est stupide à l'extrême. Ce qui importe beaucoup, c'est l'attitude des disciples vis-à-vis de ces "fins", surtout vis-à-vis de la venue définitive du Seigneur.

Le Temple était une construction magnifique au temps de Jésus (voir leçon 10, p. 13). Jésus savait qu'il serait complètement détruit. Quand il le dit, ses disciples voulurent immédiatement savoir quand cela arriverait, mais Jésus ne satisfait pas leur curiosité.

Lecture Marc 13,1-8

Quand les guerres, les tremblements de terre et les famines marqueront le commencement des fins - la destruction du Temple, de Jérusalem et la fin du monde (vv.7-8) - ce ne sera pas encore la fin. Ce qui est beaucoup plus important que le moment, c'est la tentation à laquelle seront soumis les disciples: les faux messies prétendant "C'est moi". Les disciples ne doivent croire personne qui prétend amener la fin du monde.

Le moment des fins n'est peut-être pas certain, mais ce qui est certain, c'est que les disciples seront durement persécutés avant que les fins se produisent.

Lecture Marc 13,9-13

Les disciples devraient être vigilants, sur leurs gardes. La persécution est assurée, mais elle n'empêchera pas la proclamation de l'Évangile à tous les peuples du monde. Cette proclamation doit se faire avant la fin. Deux autres attitudes devraient marquer les disciples, surtout en temps de persécution, la confiance dans l'Esprit-Saint et la persévérance (vv.12s).

Dans la section suivante, Marc nous avertit, nous ses lecteurs, de ne pas nous laisser duper par ce qu'il écrit, "que le lecteur comprenne". Ce dont il nous avertit, c'est du fait qu'il écrit en style apocalyptique (voir leçon 19, pp. 9-15). Ce genre d'écrit utilise des images et des symboles pour s'exprimer. "L'abomination de la désolation" ou "l'Odieux Dévastateur" du verset 14 renvoie à l'érection d'une idole dans le Temple du temps d'Antiochus Épiphane (Dn 9,27; 11.31; 12,11) vers l'an 167 av. J.C. et fait allusion à la profanation du Temple et de Jérusalem qui eut effectivement lieu sous les Romains en 70 de notre ère. L'attaque de Jérusalem et de la Judée est envisagée comme une période des plus horribles pour tous, spécialement pour les disciples. Il leur est vivement conseillé de fuir la ville au premier signe que cette guerre aurait lieu.

Lecture Marc 13,14-23

Une fois de plus, Jésus met en garde contre la possibilité de se laisser tromper par de grands faiseurs de prodiges qui essaieront de faire croire aux gens qu'ils sont le vrai Messie. Jésus recommande un extrême scepticisme: "n'en croyez rien . soyez en garde".

À l'aide d'images familières à la littérature apocalyptique, sont décrites la fin du monde et la venue du Fils de l'Homme, qui marquera la fin de l'histoire. (Il vous serait peut-être utile de lire Daniel 7,13s, où la souveraineté, la gloire et la royauté sont conférées par Dieu au Fils de l'Homme.)

Lecture Marc 13,24-32

C'est l'événement qui donnera un sens 'a toute l'histoire humaine, l'événement dans lequel la justice et l'amour de Dieu apparaîtront clairement et ceux qui auront fait la volonté de Dieu seront emportés dans le Royaume pour toujours. C'est l'événement auquel aspirent tous les disciples et, sciemment ou inconsciemment, l'ensemble du genre humain. Le moment de cet événement n'est connu de personne en dehors de Dieu lui-même, qui ne l'a révélé personne, pas même Jésus de Nazareth, son Fils. Il s'agit naturellement ici de la connaissance humaine limitée de Jésus.

Ce chapitre s'achève sur un autre avertissement de veiller.

Lecture Marc 13,33-37

La façon de répondre ces paroles sur la fin n'est pas d'essayer de calculer quand cela aura lieu; la seule vraie réponse est de vivre comme des gens qui savent que ce monde et tout ce qu'il offre ne dureront pas toujours, et que tes disciples doivent être en garde contre tout ce qui pourrait les faire agir comme si le jour du jugement ne devait jamais avoir lieu.

Exercices pratiques

2.Indiquer si les affirmations suivantes sur les "fins" en Marc 13 sont vraies ou fausses:

____a Jésus enseigne que le monde tel que nous le connaissons aura une fin

____b Jésus savait quand viendrait la fin du monde.

____c.En étudiant attentivement les événements des derniers temps, il est possible de prédire quand se produira la fin du monde.

____d..Les disciples doivent vivre comme si le jour du jugement était proche.

____e..Le jugement de Dieu à la fin des temps sera pour condamner le genre humain.

____f Jésus nous dit d'avoir confiance en toute personne qui prétend être envoyée par Dieu.

3.Jésus se rend compte que la situation de ses disciples peut être difficile. il leur enseigne les attitudes nécessaires à un disciple fidèle. Rapprocher les attitudes d'un disciple fidèle de la colonne B des textes de la colonne A. Note: Il n'y a qu'une réponse pour chaque texte de la colonne A. Chaque attitude de la colonne B ne sera utilisée qu'une fois, quand elle le sera.

A. Textes

"Il surgira de faux prophètes qui opéreront des signes."

b. "Vous ne savez pas quand le

maître de la maison viendra."

c."Vous serez battus de verges dans les synagogues."

d. "Ne vous préoccupez pas de ce que vous direz."

e."Et alors on verra le Fils de l'homme venir dans des nuées avec grande puissance et gloire."

B. Attitudes d'un fidèle disciple

i la persévérance dans les épreuves

ii la confiance dans l'Esprit-Saint

iii le discernement

iv l'attente du Seigneur

v la crainte

vi la vigilance

3 Jésus est jugé (Marc 14,1 - 15,15)

Objectif Décrire la dernière Cène, la trahison e jugement et la condamnation de Jésus, e Roi-Messie.

Avec les premiers versets du chapitre 14, Marc nous amène aux derniers jours de Jésus. Il commence cette section en nous rappelant que la Pâque était sur le point d'être célébrée. (À propos de la Pâque, se reporter à la leçon 3, pp. 10-12.) Marc précise bien que, bien que les chefs du peuple aient voulu mettre Jésus à mort, ils n'étaient pas capables de le faire sans l'aide de quelqu'un. Cet "aide", bien sûr, est Judas. Toujours dans ces premiers versets, Marc nous rappelle que les gens simples sont du côté de Jésus.

Lecture Marc 14,1-11

Dans le récit de Marc, aucun motif n'est donné pour la trahison de Judas. Il est inutile de deviner. Le plus qu'on puisse dire est qu'il ne savait pas vraiment qui était Jésus. La femme qui n'est pas nommée et qui verse un parfum très cher sur la tête de Jésus semblait savoir que Jésus était très spécial et méritait cette marque extravagante d'appréciation. Certains des hôtes, à table avec Jésus, ne voyaient rien non plus d'extraordinaire en Jésus; ils auraient préféré donner le prix du parfum aux pauvres.

L'onction de la tète suggère une onction royale (voir 2 R 9,3). Il est très vraisemblable que Marc veut que nous reconnaissions dans tout ce passage que Jésus est le Roi-Messie. qui mourra et sera enterré, mais dont "l'Évangile" s'étendra jusqu'aux confins de la terre.

Marc ne perd pas une occasion de nous rappeler que la mort de Jésus a été rendue possible par la trahison "d'un des Douze"; pas simplement un des disciples, mais un des nouveaux chefs choisis pour le peuple de Dieu (14,vv.10,20,43). Ainsi, ce ne sont pas seulement les anciens chefs, les grands prêtres, les anciens et les scribes, ce n'est pas seulement le chef romain, Pilate, mais c'est aussi un chef chrétien, qui portent la responsabilité de la mort de Jésus. Dans ces chefs, l'humanité tout entière est impliquée dans la mise à mort de Jésus.

Avec l'approche de la fête, Jésus demande que le repas soit préparé. Au cours du repas, le dernier repas et la dernière Pâque, Jésus annonce qu'il sait qu'il est en train d'être trahi par un de ses Douze, qui ont toute sa confiance.

Lecture Marc 14,12-21

Ce que Jésus dit rappelle Ps 41,10: "Même l'ami sur qui je comptais et qui partageait mon pain a levé le talon sur moi." Ce modèle de trahison par ceux qui sont les plus proches d'eux est rapporté par les Écritures dans la vie des prophètes et autres justes (ex. Jr 11,18-23; 12,6; Ps 69,7-9). La trahison était à prévoir, mais Judas reste libre et responsable de ses actes. Jésus ne le distingue pas dans la conversation que rapporte Marc.

Au cours de ce repas, Jésus donne à ses disciples une façon de se rappeler de lui. Qu'il ait choisi un repas pour qu'on se souvienne de lui est tout à fait dans la ligne de sa vie: il s'était servi de repas de fête avec les pécheurs pour enseigner l'amour de Dieu pour tous, il avait nourri les quatre mille et les cinq mille personnes pour donner des signes que le Royaume était parmi toutes les nations (2,15s; 6,30s; 8,1s). Jésus ne voulait pas seulement qu'on se souvienne de lui; il voulait être présent à ses disciples quand ils se rassembleraient pour se souvenir de lui, et présent de la façon la plus intime et la plus personnelle.

Lecture Marc 14,22-25

"Et tandis qu'ils mangeaient": Marc veut que nous comprenions la dernière Cène à la lumière du repas pascal. (Du point de vue historique, la date réelle de la dernière Cène pose des problèmes, mais nous n'avons pas à nous y arrêter ici.) La Pâque était un rassemblement de la famille et des amis autour d'un repas joyeux en commémoration de la libération d'Égypte. Ce n'était pas un simple geste commémoratif comme nous pourrions le penser; c'était plutôt une célébration dans laquelle l'événement passé de l'Exode était rendu présent aux participants: "Le Seigneur a fait cela pour moi lors de ma sortie d'Égypte" (Ex 13,8; Dt 6,20-25). Quand nous regardons la dernière Cène comme le renouvellement de la Pâque à la lumière de Jésus, nous comprenons qu'il ne s'agit pas uniquement d'un souvenir, mais de rendre actuel l'acte de salut de Jésus, presque de la même façon que la Pâque rendait actuel l'acte de salut de Dieu à l'Exode.

"ll prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction...": Jésus dit une prière de louange et d'action de grâces à Dieu en tenant le pain dans ses mains. Ce geste et cette prière étaient communs lors des repas et faisaient également partie du rituel de la Pâque.

"Il te rompit et le leur donna...": La fraction et la distribution du pain était aussi un geste commun, mais qui commence ici à revêtir un sens plus profond. Ce n'est pas du pain qui est entier, mais du pain qui est rompu qui est ensuite donné à ceux qui sont présents. À la lumière des paroles qui suivent, nous pouvons voir dans ce geste un signe de la mort de Jésus qui se donne volontairement.

"En disant: 'prenez, ceci est mon corps"'. Jésus demande à ses compagnons de table de prendre et de manger le pain qu'il a rompu et leur a donné. Le mot pour "corps" (soma) désigne tout l'homme, toute la personne. Le sens est: "Ceci (ce pain) est moi", non pas "moi" en général, mais "moi" sous le signe du pain qui est rompu et donné, c'est-à-dire sous le signe de la mort.

"Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous": Ils ont tous part à une même coupe, bien qu'ils aient probablement eu chacun la leur. Une prière d'action de grâces accompagnait aussi la coupe de vin. Le vin était une boisson courante, mais les gens ordinaires n'en buvaient qu'aux repas de fête. Cela ne faisait pas partie de la Pâque à l'origine, mais on l'y avait introduit depuis de nombreuses années.

"Et il leur dit: 'ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui sera répandu pour une multitude"': Le sang représente la vie d'un être vivant (voir Gn 9,4). "Le sang . . . répandu" fait allusion à une façon violente d'ôter la vie. Les paroles de Jésus sur la coupe signifient que le vin est la vie de Jésus livrée sur la croix. "Pour une multitude" veut dire pas seulement pour quelques-uns; dans la plupart des langues modernes, nous dirions "pour tous".

Mais Marc veut que nous voyions quelque chose de plus: "Ceci est mon sang, le sang de l'alliance" Dieu a appelé Moïse à sceller l'alliance avec un rituel de sang (Ex 24,1-11; voir leçon 5, pp. 10-11). Par ce rituel était exprimé un engagement d'union qui se réalisait entre Dieu et son peuple, un lien vivant, vital qui était ensuite célébré par un repas sacré en présence de Dieu lui-même (Ex 24,11). La dernière Cène (l'Eucharistie) est l'alliance entre Dieu et son peuple renouvelé, qui se fait dans et par la mort de Jésus, son Fils, et qui se célèbre par un repas sacré en sa présence, et par la présence de son Fils.

Note: On pourrait en dire beaucoup plus sur ce passage, mais nous reviendrons sur la dernière Cène dans d'autres leçons. Tandis que Marc suggère que l'Eucharistie est un sacrifice en employant l'expression "le sang . . . répandu pour une multitude", c'est plus clair en Mt 26,28. Marc suggère aussi la nouvelle alliance, mais c'est plus explicite en Lc 22,20 (voir Jr 31,31s) et en 1 Co 11,23-32. Pour apprécier encore mieux la dernière Cène, vous pourriez aussi lire Is 52,13 - 53,12 sur le Serviteur souffrant qui donne sa vie pour les péchés des autres (leçon 15, pp. 29-33).

"En vérité je vous le dis, je ne boirai jamais plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu." Jésus sait qu'il va mourir et que c'est son dernier repas avec ses amis intimes: mais ce qu'il dit n'est pas qu'une constatation triste du fait qu'il les quitte, c'est un profond acte de confiance dans la certitude de l'avènement du royaume de Dieu. L'état parfait de paix avec Dieu, le moment où sa volonté serait totalement accomplie, était souvent décrit sous forme d'un grand banquet (ex. Is 25,6; So 1,7). Jésus attend avec impatience la grande célébration du Royaume à l'avenir. Pour Marc et pour nous, ses lecteurs, cela fait de la dernière Cène une célébration non pas de la mort de Jésus, mais de sa résurrection et de l'avènement définitif du Royaume qu'il a proclamé et pour lequel il a donné sa vie (voir 1 Co 11,25s), une célébration d'espérance.

Dans le récit de Marc, lorsque le chant des psaumes de la Pâque est fini (probablement les Ps 113-118), Jésus et ses amis partent. En chemin, la conversation montre bien que Jésus sait qu'ils vont l'abandonner. Il sait que, selon les Écritures (Za 13,7), il doit mourir seul; mais il sait aussi qu'après sa résurrection il les rassemblera à nouveau en Galilée, là où son œuvre a commencé. Il ne manifeste aucun ressentiment, même pas vis-à-vis de Pierre, dont il prédit le reniement. Jésus sait que ce n'est pas le moment pour ses disciples d'avoir part à la "coupe" qu'il va boire (10,38s).

Lecture Marc 14,26-31

Pierre, le chef des chefs (3,16), proteste avec toute la vaillance et le courage de celui qui ne sent pas l'horreur de ce qui va arriver. Les autres sont partiels.

Jésus, comme le montre le passage suivant, est seul à saisir toute la réalité de ce qui va arriver. Tandis qu'il est avec les trois favoris, une grande angoisse s'empare de lui, il est bouleversé, glacé d'horreur. Marc emploie des mots grecs très forts et difficiles à traduire; ils traduisent un état très conscient d'extrême anxiété et de grande tristesse (14,33-34).

Lecture Marc 14,32-42

"L'heure" est le moment de sa trahison, de son jugement, de ses souffrances et de sa mort. Jésus ne souhaite pas mourir, comme le prophète Jonas (Jon 4,8); il veut nettement vivre. Dans son abjection, Jésus prie avec les mots d'un enfant pour son père, "Abba", mot qu'emploient les petits enfants qui apprennent à parler. L'affection, l'intimité, la confiance s'expriment dans ce mot d'une façon qui est difficile à traduire dans d'autres langues. Les premiers chrétiens l'ont simplement gardé en araméen pour le conserver comme un titre spécial que Jésus avait utilisé pour s'adresser à son Père (voir Rm 8,15; Ga 4,6). ll est probable que Jésus employait "Abba" dans ses prières à d'autres moments et qu'il avait appris à ses disciples à l'utiliser dans le Notre Père.

Au moment de l'agonie, Jésus sait que Dieu, son Père, est tout-puissant, aussi l'implore-t-il de trouver une façon qu'il fasse sa volonté sans avoir à boire la "coupe" de souffrance et de mort. Si cela existait, c'est ce que Jésus choisirait. Toutefois, depuis le début, tout ce qui importe vraiment dans sa vie c'est la volonté du Père et maintenant, à la fin de sa vie, c'est aussi la volonté du Père qui a la prééminence dans son esprit. Une fois qu'il est devenu clair que le chemin de la croix était bel et bien la volonté du Père, Jésus a reçu la force de l'accepter. Et il l'a acceptée, non pas comme la volonté d'une divinité lointaine et insensible qui manipulait les événements, mais comme la volonté d'"Abba". Quand l'agonie est passée, Jésus est prêt à affronter ce qui l'attend (14,42).

L'arrestation suit immédiatement. Judas savait où trouver Jésus et il savait également qu'on pouvait l'y prendre sans difficulté et sans publicité. La trahison de Judas s'exprime dans le baiser et le peu de courage des autres, dans le pitoyable étalage de force qui se solde par une oreille coupée.

Lecture Marc 14,43-52

Jésus conteste la façon dont il est arrêté. Il n'a jamais agi en révolutionnaire comptant sur la violence, ni comme un voleur dans le secret: Il comptait sur le pouvoir de son enseignement et enseignait ouvertement. Il n'oppose aucune résistance. (Le jeune homme qui s'enfuit nu demeure un mystère pour tous.)

Les grands prêtres, les scribes et les anciens représentent la plus haute autorité; ils ont fait arrêter Jésus et ils vont maintenant le juger. Marc expose clairement que le verdict avait été décidé avant que le jugement ait lieu. Ce jugement et celui de Pilate sont une parodie du genre de justice que le peuple de Dieu et les Romains étaient habituellement capables de rendre.

Lecture Marc 14,53-65

Interrogé par le grand prêtre, Jésus dit ouvertement qu'il est effectivement le Fils de Dieu (v.61) et ajoute qu'il est le Fils de l'homme qui viendra dans la gloire juger à la droite de Dieu. ("Le Béni" et "ia Puissance" sont des termes pour dire "Dieu".) Le cruel traitement décrit au v.65 est tout à fait déplacé conformément à la procédure normale de la justice pratiquée par les grands prêtres et les anciens.

Avec fe jugement porté sur Jésus à l'arrière-plan et la torture à laquelle il se soumettait, on nous montre Pierre qui se chauffe. Pierre avait eu le courage de suivre Jésus jusque-là, même si c'était à une distance raisonnable, mais pas assez de convictions pour se faire reconnaître comme un disciple même par d'humbles servantes.

Lecture Marc 14,66-72

Pierre se rappelle ce que Jésus avait dit (14,30s). Il a encore assez de foi, assez de loyauté pour verser des larmes sur sa conduite honteuse.

"Et aussitôt, comme il parlait encore, se présente Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons.." Marc 14,43

Le lendemain matin, la scène se transporte chez Pilate, le gouverneur romain, qui juge Jésus. Maintenant que le jugement religieux a eu lieu et que Jésus a été accusé de blasphème (14,64) et condamné à mort, les grands prêtres, les anciens et les scribes s'adressent au gouverneur romain pour qu'il exécute la sentence de mort portée contre Jésus. Lors de la comparution devant Pilate, les accusations qui sont faites ne sont pas religieuses mais politiques. Jésus est amené à Pilate, ligoté comme le serait un rebelle dangereux. Jésus est présenté comme un révolutionnaire décidé à se faire le roi terrestre de la nation, ce qui est une menace pour l'occupation romaine.

Lecture Marc 15,1-15

La foule arrive sur les lieux, résolue à obtenir la libération d'un prisonnier, n'importe lequel, selon la coutume. Quand elle arrive, la foule n'est pas décidée à faire condamner Jésus. Ce n'est qu'après avoir été influencée par les grands prêtres qu'elle commence à insister pour qu'un rebelle authentique et un meurtrier, Barabbas, soit relâché et que Jésus soit crucifié. L'innocent est échangé contre le pécheur. La culpabilité de Pilate est exposée clairement par Marc qui fait remarquer que Pilate connaissait les motifs réels qui poussaient les grands prêtres à agir ainsi et qu'il a pourtant dénaturé la justice en ordonnant la libération d'un vrai criminel et la flagellation et le crucifiement d'un innocent.

Le fouet était fait de lanières de cuir garnies de petits morceaux de métal ou d'os; cela pouvait aussi être une chaîne. La flagellation était normalement infligée avant le crucifiement pour affaiblir le condamné en sapant sa force et en intensifiant sa douleur.

Exercices pratiques

4 Compléter.

a.Le repas pascal que Jésus et ses disciples ont célébré était un repas joyeux en

commémoration de ________________ d'Égypte.

b.La dernière Cène était comprise par Marc à la lumière de_________________.

c. Le dernier repas de Jésus nous rappelle les occasions où il_____________mille et les cinq mille personnes et aussi quand il mangea avec

d. L'Eucharistie est pour nous le renouvellement à la fois du repas __________et de__________

5.Rapprocher les explications de la colonne B du texte correspondant de la colonne A. Note: Il n'y a qu'une réponse pour chaque texte de la colonne A. Les explications de la colonne B ne serviront qu'une fois, si elles servent.

A. Textes B. Explications

____a."Tandis qu'ils mangeaient" i On commençait normalement

les repas par une prière d'action de grâces.

____b. "et apres avoir annonce ii Jésus choisit un repas pour

la bénédiction" qu'on se souvienne de lui.

____c. "il rompit le pain et iii Jésus identifie le pain à son

le leur donna" corps crucifié

____d."en disant: 'prenez, ceci iv Ce geste est un signe de la mort de

Jésus est mon corps" qui est volontaire.

v La dernière Cène était un repas pascal.

6.Indiquer si les affirmations suivantes sur la trahison, le jugement et les souffrances de Jésus sont vraies ou fausses:

____a.Les disciples voulaient trahir Jésus.

____b.Jésus pensait que Judas n'était pas responsable de la trahison parce que c'était arrangé par Dieu.

____c.Jésus avoue sa vraie identité devant le grand prêtre.

____d Au cours de son jugement, Jésus prédit qu'il viendra dans la gloire juger le monde.

____e.Les jugements de Jésus ont été justes conformément aux lois juives et romaines.

____f.Jésus a accepté la volonté de son Père parce qu'il avait confiance en sa bonté et en sa puissance.

4 Fin et Commencement Marc 15,16 - 16,8)

Objectif Donner la signification de la mort de Jésus d'après Marc.

Note: Pour ne pas allonger notre commentaire, nous ne nous étendrons pas sur les nombreuses références et allusions à l'Ancien Testament dans les sections suivantes de Marc. La lecture des textes suivants enrichirait, toutefois, votre méditation sur la Passion:

Psaume 22 — la prière d'un juste, souffrant et abandonné.

Psaume 69,19-21 — description de la souffrance d'un juste.

Livre de la Sagesse 2,10-20 — les paroles arrogantes de gens sans foi partis pour tuer un homme de foi.

Marc et la tradition qu'il a reçue ont utilisé ces passages et d'autres semblables pour aider à comprendre le mystère de la Croix.

La crucifixion était une forme d'exécution pratiquée couramment par les Romains et les autres nations de l'antiquité. Après avoir été flagellé, un homme était forcé de porter la traverse de la croix sur laquelle il allait être cloué ou attaché (ou les deux). Cette traverse était ensuite élevée et attachée à un poteau qui était déjà en place. La mort était souvent très lente et toujours très douloureuse. Les crucifiés étaient rarement ensevelis; on laissait leurs cadavres suspendus là, ils étaient la proie des insectes et des animaux.

Le crucifiement n'était pas seulement une façon d'exécuter les criminels, c'était aussi une façon d'effrayer les gens pour qu'ils obéissent aux lois des souverains. Les criminels étaient crucifiés dans des lieux publics, sur des collines visibles de loin, à l'entrée des villes ou même dans les amphithéâtres. Le crime pour lequel ils étaient accusés était affiché au-dessus de leur tête, constituant un sévère avertissement pour tous ceux qui pourraient envisager des crimes semblables.

Les Romains employaient le crucifiement pour maintenir les nations qui leur étaient sujettes sous leur domination. Ils crucifiaient quiconque montrait des signes de rébellion contre leur gouvernement. Les rebelles se recrutaient normalement parmi les pauvres; les riches étaient généralement riches parce qu'ils collaboraient avec les Romains. Les Romains crucifiaient donc en général tes pauvres indisciplinés, les esclaves rebelles et les hommes trouvés coupables de crimes graves comme le meurtre. C'était une mort particulièrement horrible, mais ordinaire à l'époque.

Une fois qu'un homme était condamné à mort, les soldats responsables pouvaient faire de lui ce qu'ils voulaient, tant que la sentence était exécutée. La scène de moquerie présentée par Marc montre des soldats blasés qui essaient de se distraire en faisant de Jésus une cruelle plaisanterie.

Lecture Marc 15,16-20

Les soldats tournent en ridicule l'idée même qu'un homme si pitoyable et si démuni pouvait vraiment prétendre être le roi des Juifs, menace pour la puissante armée romaine. Leur plaisanterie incarne toutefois une vérité très profonde: Jésus est roi, et roi non seulement de sa propre nation mais de tout le genre humain. Il est celui qui viendra dans la gloire à la fin des temps, comme juge et sauveur de tous.

Le passage suivant nous éclaire sur la communauté pour laquelle Marc écrit et nous donne aussi un petit soulagement. Il semblerait que la communauté de Marc connaissait Alexandre et Rufus, les fils de Simon, qui est engagé pour porter la croix de Jésus.

Lecture Marc 15,21-22

L'action de Simon est une expression spectaculaire de la condition de disciple, porter la croix (8,34).

Les soldats romains offrent à Jésus du vin relevé de myrrhe (produit de la résine d'un arbre) pour le droguer un peu avant le crucifiement. Jésus refuse d'être autre chose que conscient. Marc rapporte le fait de la crucifixion dans les termes les plus simples possibles.

Lecture Marc 15,23-27

Les soldats, tel était leur droit d'après la loi romaine, se partagent les vêtements de l'homme qu'ils ont exécuté. Marc ne note pas cela simplement parce que c'est arrivé, mais parce que cela indique l'accomplissement du Ps 22,18. Les hommes étaient crucifiés nus d'après la coutume romaine, mais la coutume juive insistait pour qu'ils aient un pagne de lin. Nous n'avons aucune certitude que cette coutume ait été observée, mais nous pouvons le supposer. Jésus a été cloué à la croix, d'abord les mains (avant-bras) sur la traverse, puis après avoir été élevé avec la traverse qui était ensuite attachée au poteau vertical, ses pieds ont été cloués ensemble, son corps étant partiellement soutenu par une sorte de cale sur le poteau vertical.

L'accusation contre Jésus, telle que les Romains l'avaient écrite, était qu'il avait prétendu être le roi d'un des peuples qu'ils avaient conquis, que c'était par conséquent un rebelle contre leur gouvernement. Le mot que Marc emploie pour les deux "bandits" crucifiés avec Jésus pouvait aussi vouloir dire qu'eux aussi étaient exécutés en tant que rebelles, pas seulement comme voleurs. De toute façon, Jésus est compté au nombre des criminels (voir lsa 53,12).

Jésus a été crucifié en dehors des murs de la ville, probablement près d'une des entrées principales, où les passants pouvaient le voir. Certains se moquent de lui, mais Marc appelle leurs insultes "blasphèmes" parce que celui qui était sur la croix était le Fils de Dieu. Leurs insultes et celles des grands prêtres et des scribes sont axées sur deux choses - la prophétie de Jésus sur la fin du Temple et les miracles de Jésus. Les deux groupes au milieu des huées demandent une manifestation de puissance, un signe spectaculaire comme celui que les Pharisiens avaient demandé une fois (8,11s). Il est inconcevable pour eux que Dieu puisse le moindrement se révéler dans la faiblesse, la négation de puissance de Jésus crucifié.

Lecture Marc 15,29-32

Les mots hurlés à Jésus d'un ton provocateur sont des insultes, mais ils n'en expriment pas moins la profonde vérité pour ceux qui ont foi en Jésus: le Temple aura effectivement une fin et, chose encore plus importante, le nouveau "Temple" pour le peuple de Dieu sera Jésus lui-même ressuscité des morts le troisième jour (v.29); ils l'appellent "le Christ" et le "roi d'Israël" en se moquant, mais c'est en fait la réalité sur Jésus.

Dès le début, Jésus s'est associé aux pécheurs (1,9s; 2,15s) et dans sa mort il accepte tout ce qui fait croire à l'humanité qu'elle est bonne à rien - la douleur, le rejet, la honte, la culpabilité, la mort. Il prend sur lui tout ce qui sépare l'homme de Dieu.

Lecture Marc 15,33-39

Le cri de Jésus sur la croix (v.34; voir Ps 22,1) est la prière de quelqu'un dont le vide, l'impuissance et la douleur ne peuvent que traduire l'abandon de Dieu, Mais même un cri vers un Dieu absent demeure une prière à Dieu.

Certains des assistants se méprennent sur les mots de Jésus "Éloi Éloi " et croient qu'il appelle Élie. Il semble que la piété populaire s'adresssait à Élie pour avoir du secours dans les difficultés; les assistants pensent que c'est ce que Jésus est en train de faire. Puisqu'il a accepté la croix comme la volonté du Père (14,32s), Jésus ne demande pas à en être descendu. L'offrande de "vinaigre", vin amer communément employé par les ouvriers pour apaiser leur soif, n'est pas un geste hostile, mais un essai de retarder la mort de Jésus pour voir si Élie va venir le sauver.

"Or, Jésus, jetant un grand cri, expira". Les crucifiés mouraient souvent d'une mort lente dans un état inconscient. Marc rapporte la mort de Jésus comme une mort violente et subite en pleine conscience.

Marc introduit et conclut le passage sur la mort de Jésus avec des signes qui nous éclairent sur le sens et l'importance de cet événement. Le premier signe est "l'obscurité sur le pays tout entier" (v.33) de midi jusqu'à la mort de Jésus vers trois heures. Cette obscurité n'a aucune explication naturelle, ce ne peut être ni une éclipse ni une tempête de sable; c'est une obscurité "surnaturelle". C'est l'obscurité du Jour du Seigneur, l'obscurité de la venue du jugement de Dieu, telle qu'elle est décrite dans Amos:

"En ce jour-là. . . je ferai coucher le soleil en plein midi,

je couvrirai la terre de ténèbres en plein jour..

Je ferai de ce deuil un deuil

de fils unique" (Am 8,9s).

La mort de Jésus est le jugement de Dieu sur "le pays tout entier", c'est-à-dire sur toute l'humanité, mais c'est un jugement que Dieu a voulu faire porter sur son propre Fils, et que le Fils a accepté pour faire de sa vie et de sa mort "le rachat" de tous (10,45), libérant tous les hommes du poids du châtiment qui est dû à tous. L'obscurité nous dit aussi que la mort de Jésus a une signification non seulement pour la terre mais pour tout l'univers et pour toute l'histoire jusqu'à la fin des temps. Quand le Fils reviendra enfin à la fin des temps, à la fin du monde comme nous le savons, le soleil s'obscurcira exactement comme lors de la crucifixion (13,24-27). Le jugement qui viendra alors sera un jugement dans la miséricorde à cause de la croix de Jésus. La mort de Jésus est l'événement central de l'histoire de l'humanité et de l'univers.

Le second signe que Marc rapporte est que "le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas" (v.38). Il ne faut pas réduire cela à une simple déchirure d'étoffe, parce que c'est un symbole de la plus grande importance, ajoutant encore à l'importance de la mort de Jésus. Il y avait deux rideaux dans le Temple, un à l'entrée du Sanctuaire, l'autre à l'entrée du Saint des Saints (voir plan, leçon 10, p. 11). Nous supposons que Marc veut dire le rideau intérieur à l'entrée du Saint des Saints, qui signifiait la présence de Dieu, bien qu'il soit possible qu'il se soit agi du rideau extérieur devant le Sanctuaire. Dans les deux cas, le sens est à peu près le même, bien que le signe soit plus clair si le rideau du Saint des Saints est déchiré en deux.

La déchirure du rideau de haut en bas est une destruction et désigne la fin du culte tel qu'il était rendu dans le Temple. La sorte de culte où seul le grand prêtre était autorisé à entrer en présence de Dieu et seulement une fois par an, avait pris fin (Lv 16,1s).

La déchirure du rideau est également symbolique d'une "ouverture", une révélation de ce qui était caché. Le "caché" était la présence de Dieu dans l'obscurité et la nuée de la pièce intérieure du Temple (Lv 16,1-2). Dans la vie de Jésus, dans son enseignement, dans ses œuvres de miséricorde et surtout dans sa mort sur la croix, mort qui authentifiait tout ce qu'il avait fait et dit, Dieu est révélé. Celui qui est suspendu à la croix est le Fils, qui révèle le Père.

La déchirure du rideau du Temple est aussi une ouverture qui donne accès à la présence de Dieu. Le Temple signifiait la présence de Dieu, mais seuls ceux qui appartenaient au peuple de Dieu avaient accès à cette présence. Mais le Temple était construit de telle façon qu'il était interdit aux Gentils de s'approcher, que les femmes étaient tenues à distance des hommes, que les hommes étaient tenus à distance des prêtres et les prêtres à distance du grand prêtre. Avec la mort de Jésus, tout cela est fini. La mort de Jésus donne à tous accès à Dieu. Le "nouveau temple" qui n'est pas construit de main d'homme (14,58; 15,29) est Jésus crucifié qui ressuscitera le troisième jour et dont le corps deviendra le Temple de Dieu pour tous. Le vrai culte sera en union avec lui en ayant part à son corps et à son sang (14,22-25).

Le troisième signe découle du deuxième: le centurion païen fait un acte de foi en Jésus Fils de Dieu; il représente tous les Gentils qui, par Jésus crucifié et ressuscité, se voient ouvrir l'accès à Dieu. (Le grec que Marc emploie pourrait se traduire par: "Vraiment cet homme était un fils de Dieu", qui signifierait qu'il était impressionné par la façon divine dont Jésus était mort. Cette traduction rapprocherait ses paroles de ce qui est écrit en Le 23,47. Mais il ne paraît pas possible que Marc, qui a tellement mis l'accent sur Jésus, le-Fils de Dieu, ait pu vouloir dire autre chose ici que "Vraiment cet homme était le Fils de Dieu". Comparer 1,1 et 11; 3,11; 9,8; 14,61s.

Les signes qui accompagnent la mort de Jésus nous enseignent que sa mort est significative pour toute l'humanité et tout l'univers (l'obscurité sur tout le pays), que sa mort marque la fin du Temple et le commencement de l'universalité de l'accès à Dieu par Jésus (le rideau du Temple déchiré en deux) et que les Gentils feront partie du peuple de Dieu par leur foi dans la filiation divine de Jésus (l'acte de foi du centurion).


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