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Excerpt for J'ai été sous l'emprise d'une perverse narcissique pendant 4 ans (Analyse des Manipulateurs émotionnels) by , available in its entirety at Smashwords














J’ai été sous l’emprise d’une perverse narcissique pendant 4 ans



Analyse des manipulateurs émotionnels











































































Merci à ma grande sœur Natacha pour son soutien indéfectible et sa présence dans ma vie qui est un rayon de soleil chaque jour



Merci à mon père pour ses mots bienveillants et apaisants



Merci à ma mère pour son aide dans ma vie



Merci à mes amis pour leur soutien



Merci à mes petit-frère et sœur, Yann et Laura, qui malgré leur jeune âge savent me soutenir














Julien Mauvoisin






Introduction

J’ai tenu à écrire ce livre pour rétablir mon honneur et ma dignité que cette fille que vous allez découvrir a bafoués. Je l’écris également pour ma famille, mes amis, qui à mon sens n’ont pas conscience des tortures psychologiques que j’ai subies (bien pire qu’une douleur physique, des blessures narcissiques qui marquent au fer rouge), ni même des souffrances endurées. Ce sont des choses qui leur échappent. Mais je l’écris surtout pour venir en aide aux personnes touchées par ce mal.

Même si je ne regrette pas cette rencontre, qui m’a permis de me forger une carapace, d’avancer dans ma vie et de devenir plus solide, cette histoire me marquera vraisemblablement à vie. J’ai dû me rendre compte de qui j’avais affaire par moi-même, et mes différentes lectures m’ont permis d’y voir plus clair. La prise de conscience est indispensable dans ce genre de « relation » pour ne pas devenir fou. Le livre et les échanges avec Hatem Oueslati, qui a écrit son propre témoignage, m’ont aussi permis de me faire rentrer dans le crâne que j’avais affaire à une personne atteinte d’une pathologie qui, je le pense, l’ignore elle-même malgré les différentes victimes successives depuis son jeune âge. Hatem m’a d’ailleurs encouragé à écrire ce livre, pour « aller jusqu’au bout », me disait-il. J’ai longtemps hésité, mais il m’a convaincu de prendre la plume. Je tourne un film sur cette histoire aussi. Passionné de cinéma et cinéaste, c’était là l’occasion de faire mon premier long métrage. Mais pris par les contraintes de durée d’un film qui ne pouvait faire quatre ou cinq heures, je reviens finalement sur peu de choses marquantes sur la perversion de cette personne et l’aspect toxique de la « relation » dans ce film. Par conséquent, j’ai fini par prendre la décision d’écrire ce livre.

Les médias ont trop tendance à laisser penser que le pervers narcissique est un homme. Car pourtant, nombreuses sont les femmes perverses narcissiques (j’en tiens à plusieurs témoignages, dont le livre de Hatem). Quand on prend en considération qu’à la base la femme est plus perfide que l’homme (faut-il citer Nietzsche?), je peux vous assurer que la perverse narcissique est une véritable vipère qui fera tout pour détruire sa proie, choisie habilement, et ce quelles que soient les conséquences chez sa victime.

J’espère également que ce livre sera l’occasion pour certaines personnes - victimes – d’y voir plus clair, d’ouvrir les yeux, et de prendre conscience des choses, étape indispensable dans la rémission. Il ne s’agit pas de se victimiser, mais de prendre conscience de la situation, de cerner à qui l’on a affaire, pour prendre les choses en main et tout faire pour se sortir de ce cercle infernal. Sortir de la dépendance affective étant la dernière étape, mais la plus difficile.

A titre d’information, cette histoire se passant à 90 % à distance (subtilement imposée), lorsque je mettrai * cela signifiera un échange virtuel, soit SMS ou Facebook, et lorsque je mettrai – cela traduira un échange dialogué, fût-il physique ou par téléphone.

Pour des raisons de compréhensions évidentes, certains noms seront changés.



































































PREMIÈRE PARTIE





La vampirisation

























































En 2013, j’allais sur mes trente ans. En pleine période de doute sur le plan professionnel, ayant choisi de suivre ma passion, à savoir une vocation de cinéaste, je ne trouvais rien sur ce plan. J’avais pourtant tout fait pour me faire un CV visuel, à savoir une Bande démo de réalisateur. J’y ai même investi de l’argent dans mes courts métrages (à perte). Grâce à certaines qualités, j’ai réussi à faire des projets et à réunir des talents pour mes films. J’ai eu de belles images. Mais le monde du cinéma, la « grande famille » du cinéma français n’est que népotisme et copinage. Malgré de bons retours, je n’avais ni nom ni contact pour faire carrière. J’aurais beau eu remué ciel et terre, je finirais par me faire une raison plus tard. Quoi qu’il en soit, j’étais tout simplement chômeur la plupart du temps. Une vraie instabilité. Je vaquais de temps à autres à des emplois alimentaires, mais rien de plus.

A 25 ans, j’avais déjà eu une histoire rugueuse avec une femme de dix ans mon aînée, une histoire d’amour platonique (j’insiste) que j’ai écrite et publiée sous la forme de livre numérique (une novella, un court roman de 60 pages). Cela avait déjà entaché mon image auprès de ma famille et de mes amis. Trois ans pour m’en remettre, du deuil au manque en passant par les querelles familiales. Je n’entrerai pas dans les détails de cette histoire, celle-ci demeurant disponible dans ma novella Pourquoi pas je t’aime. Tout cela pour dire que j’étais donc la proie idéale d’une perverse narcissique, le jeune homme émotif, se cherchant émotionnellement, fragile et au grand cœur. Je reviendrai plus tard sur ces critères.

A 29 ans, j’avais eu peu de copines, et aucune relation substantiellement longue. Sans mal le vivre, naturellement, je recherchais à m’épanouir dans une relation amoureuse. J’avais été ça et là sur des sites de rencontres depuis quelques temps, sans jamais réellement rien trouver. J’étais en somme un cœur à prendre, une âme bienveillante, le bon gars. L’on m’a toujours considéré bon mec, la main sur le cœur. Lucie aura donc trouvé sa proie idéale rapidement. Car Lucie, c’est son prénom, la perverse narcissique. La fameuse.

Tout a commencé courant début 2013. Sur Facebook, j’avais débuté plusieurs amitiés virtuelles. Timide adolescent, je m’étais exprimé vers 18 ans alors en Terminale au Maroc à travers une personnalité prononcée. Artistique et passionné. Comme tout le monde, j’avais mes forces et mes faiblesses. Et mes faiblesses, Lucie les aura parfaitement cernées puis exploitées. Mon hypersensibilité m’avait déjà joué des tours, notamment à 25 ans où j’avais eu affaire à des gens somme toute mauvais. Ils n’y sont pas allés « mollo » avec moi. Le style de gens pas bien, pour faire simplement. Je m’en suis remis et je suis ouvertement passé à autre chose, et je ne souhaite plus les voir. Ne plus les avoir dans ma vie est un soulagement et une bénédiction, même si l’on m’a proposé de les revoir, ce que j’ai refusé. Au-delà de ma fragilité sensible, j’avais et j’ai aussi des forces. Un mental à toute épreuve. Je suis capable de me plonger à 200 % dans n’importe quelle aventure, n’importe quel projet. Mon côté passionné et mes « talents » (je le dis modestement) seront d’ailleurs une source du pourquoi Lucie m’aura choisi. Quoi qu’il en soit, dans ces amitiés virtuelles, j’avais une femme du nom de Elodie. Nous rigolions bien, notamment avec mes « excès » humoristiques de l’époque sur la sulfureuse Zahia qui avait captivé mon attention, aussi bien pour ses courbes que le ridicule de cette fille peu morale. Bref, je venais commenter sur le mur de cette Elodie, avec qui je suis toujours en contact, et je vois une Lucie parler de ses canards. Grand et fin amateur d’humour, ne me prenant jamais au sérieux (contrairement à ce que pourra dire Lucie dans le futur), je lui dis alors que j’adore les canards. Ce qui était vrai, j’aime tous les animaux. Je rajoute que j’aimerais voir des photos des siens. Cette Lucie me dit alors prestement « Je t’ai fait une demande d’ami tu peux venir les voir » (les photos). Les dés étaient lancés, ou pipés. J’acceptai sa demande, et allai voir ses canards. Ça en restera là pour le moment.

La vie suit son cours, entre mon chômage inhérent mais insidieux, mes recherches incessantes de trouver soit une production pour mes scenarii, soit un emploi dans l’audiovisuel, ou encore de vendre mes films (éternel rêve dans la magie du « cinéma » français, cela mériterait également un livre). Puis un jour, de ma personnalité parfois excentrique (je le reconnais), je publie ma page YouTube de compositions musicales. Car vous devez savoir, comme je vous l’ai dit, je suis un garçon passionné et artistique. J’ai écrit, j’ai réalisé et composé des musiques. Pas moins de dix-huit chansons étaient dans mon catalogue à ce jour. Mais à l’heure actuelle où je vous parle de cette période, beaucoup étaient sans paroles, car j’écrirais plus tard certaines pour Lucie, à qui je dédierais des chansons. Et je reste dans l’intime conviction dans son envie d’être aimée par moi (entre autres) que cela l’aura beaucoup fait jouir, mais de manière perverse et insidieuse. De cette publication, j’aurais un commentaire de cette Lucie avec qui pour le moment je n’avais eu aucun échange. Elle laissera simplement « Il y a des paroles ? :)», avec le smiley, sous forme d’interrogation. Je lui répondis « Oui, je ne laisserai pas une fan tomber :) ». L’approche était aussi bonne qu’efficace. Elle me caressait dans le sens du poil, à flatter mes « talents ».

Résultat, peu de temps après, je lui envoyai en message privé les paroles d’une de mes chanson. D’emblée, elle adora. Elle me disait que c’était très beau, et que j’écrivais bien. Elle m’a demandé de suite si j’en avais d’autres. Je reçus les mêmes compliments. Elle me demandait pourquoi je ne chantais pas dessus. Je lui répondis que je ne m’en sentais pas la trempe. Plus tard, après la rupture, non par rapport au fait de ce qu’elle venait de me dire ni à l’amour que j’éprouverais pour elle, je m’équiperais d’un micro pro pour chanter sur mes musiques. Je lui dédierais trois chansons.

De fil en aiguille de cette première conversation Facebook qui marquera tout un cycle, et ce pour les deux protagonistes, je lui envoyai une vidéo que j’avais montée en hommage à une chienne qui me fût proche, et qui était partie trop vite. Car Lucie avait 5 chiens ! Au début, je me disais : « Ça fait beaucoup de chiens quand même, n’est-elle pas une marginale ? ». Mais souvent, lorsqu’une jolie fille se présente à un garçon célibataire, on n’est guère trop regardant. Et puis, il faut vivre dans la vie.

Lucie était avec une amie et me fit signe le lendemain. Sa meilleure amie Lola, qui selon elle, et je le pensais aussi, était épris d’elle. C’était comme si Lucie avait besoin d’être aimée et désirée par tout son entourage. Nous eûmes la conversation suivante :

* J'ai regardé la vidéo, jolie braque :)

* Oui :) Elle était super cette chienne. La maman à gauche et la fille à droite, Fuchsia.

* C'est beau les braques allemands !! C’étaient les chiennes de tes parents?

* Oui, de ma mère.

* Je m'en doutais. Je viens de laver mes chiens, ça n'a pas plu à tout le monde.

* Lol. Oui ils n’aiment pas la douche, mais ils se laissent faire car ils savent que tu prends soin d'eux.

* C'est ça. Enfin c'est surtout que je les attache et qu'ils savent qu'ils n'ont pas le choix.

* ^^

* Fifi a vieilli, d'habitude je dois me battre avec elle et là elle n’a pas trop bronché.

* Moi aussi j'ai une chienne qui vieillit, celle de mon père.

* Quel âge?

* 14 ans, caniche.

* Ah oui ça commence à faire.

* Voici Ricca, la chienne de mon père dont je te parlais.

* :) et toi tu n’as pas de chien?

* Non. Je vis seul et dans un studio à Paris, donc ce n’est pas très propice. Mais mon beau-frère voudrait que je prenne un futur chiot de leur chienne Rockette. J'y réfléchis, j'ai encore le temps pour ça. Prendre un chien change la vie.

* Oui, c'est certain…

* Tu as des très gros chiens quand même :) Elodie m'a dit que tu vivais dans le centre de la France, du coup tu as une maison et jardin et tout ?

* Oui je vis près de Blois, je suis en location dans une maison avec 1000m² de terrain et je paie le même prix que mon dernier logement étudiant, un studio 18m² dans le 93 dans lequel je vivais avec 3 chiens, 1 lapin et 2 cochons d'inde...je me sens mieux ici :)

* Tu m'étonnes.

Bref, jusque-là, un jeune homme et une jeune fille qui font connaissance, tout est normal, sans qu’il n’y ait encore des attentes. Une simple conversation Facebook entre deux personnes qui se découvrent, comme des millions chaque jour sur le premier réseau social au monde. Lucie était avenante, jolie, amoureuse des animaux. Elle avait tout pour plaire. Et visiblement, elle s’intéressait à moi. Mais les choses n’allaient pas vraiment s’arrêter là.

Je l’informai de mes plans d’acheter un appartement à Nantes, car depuis des années j’envisageais de quitter Paris. Je n’en pouvais plus du stress parisien, du métro, des cagibis aux prix exorbitants. Depuis que j’avais visité il y avait bien trois ans de cela ma grande sœur à Lausanne, dans une grande ville à dimension humaine en Suisse, avec une haute qualité de vie, il trottait dans ma tête des plans de quitter Paris. Mais je fus retenu par mes amis. En effet, je n’avais jamais franchi le pas, de peur de m’isoler, et de se retrouver sans amis. Il me fallait en fait un électrochoc pour franchir ce palier. Et cet électrochoc, je l’aurais avec Lucie dans pas si longtemps que cela…

Rapidement, et c’est bien normal, Lucie me demanda ce que je faisais dans la vie. Je lui dis alors que j’étais réalisateur et que je travaillais dans l’audiovisuel. J’avais effectivement réalisé deux courts métrages dont j’étais fier, un pilote de série (dans le but de vendre le projet) et un clip vidéo musical (pour un ami, naturellement). Avec le recul et le profil de la perverse narcissique, je pense que ce fût l’élément déterminant à davantage entrer en contact avec moi, et à envisager quelque chose de plus qu’une simple amitié Facebook. Suite à ses questions, je lui appris les différents métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Elle semblait aimer apprendre ces choses-là. Très très vite, elle émit le souhait de voir mes films (dans la même journée, dans la même conversation en fait).

Lucie se rendit vite compte qu’elle avait affaire à des films professionnels, pas un petit court métrage en DVCam. Elle m’accorda rapidement ses plus vives félicitations, visiblement impressionnée (car en fait, je l’apprendrais plus tard, les potes de Lucie s’essayaient au court métrage, mais de manière nettement moins pro – plus frivole). J’avais eu effectivement entre 15 et 26 personnes à manager sur mes deux courts métrages. Je peux vous assurer que concernant le deuxième court métrage, où j’avais, par chance, eu une aide financière de la part d’une mécène, gérer 26 personnes et tout un projet à hauteur de 9 000 euros avait de quoi vous forger une expérience, même si celle-ci n’était retenue que dans le monde audiovisuel ou cinématographique – ce qui est une hérésie tant on apprend à monter et à gérer tout un projet de A à Z. Mais les choses sont ainsi.

J’avais fait faire des Making Of aussi de mes films, mis en ligne. Et Lucie me trouvait très sérieux. Plus tard, après la rupture rapide, lors du début des rabaissements et des humiliations, elle dira de moi que je me prenais « trop au sérieux ». La demoiselle ne comprenait pas que j’essayais tout simplement de faire carrière, et non un film vite fait à l’arrache comme ses potes qui le faisaient pour le « fun ». Mais vous l’apprendrez plus tard, la perverse narcissique fait tout pour rabaisser les productions de sa victime, jusqu’à l’humilier. Et pour ce faire, tout est permis.

Lucie était alors vraiment impressionnée par mon travail. Cela est toujours agréable de voir le travail récompensé par des louanges, surtout lorsque l’on est passionné. Elle n’avait juste pas trop aimé le pilote de série. Je le comprends et le conçois, c’est mon projet le moins bon. Il s’agissait d’un projet de série humoristique, et bien que très créatif, je me suis rendu compte que faire rire était peut-être ce qu’il y avait de plus dur. Tout du moins, je n’excellais pas en la matière, bien que je fus accompagné par deux amis via des sessions Skype pour écrire ce projet. Je me sentais plus à l’aise, plus dans mon élément dans le drame. Et j’allais émouvoir Lucie.



**

*



Alors que l’on parlait de mes films, devant la bouche béate de Lucie, celle-ci passa du coq à l’âne et me demanda pourquoi je voulais emménager à Nantes. Elle s’excusa de me poser tant de questions (mais c’est normal pour un pervers narcissique de poser tant de questions, ils attendent avec intérêt vos réponses), avec humour naturellement. Visiblement, elle s’intéressait de plus en plus à moi, je n’avais jamais vraiment connu cela. Bien entendu, j’en étais ravi, voire flatté. Bref, je me sentais bien à lui parler. Elle m’écoutait, me lisait attentivement, et avec grand intérêt. Pour information, à ce moment de sa vie, Lucie ne travaillait pas et revenait d’une grosse gifle professionnelle. Mais j’y reviendrai plus tard, lorsque Lucie décidera de se confier, prête à tout me dire et à m’accueillir les bras ouverts dans sa vie.

Le fait d’évoquer mes raisons de quitter Paris allaient dans son sens. Elle me disait : « Tu prêches une convaincue ». Lucie détestait tout bonnement la capitale, et lorsqu’elle avait été contrainte à y faire ses études, elle pensait en « crever » (elle faisait beaucoup de RER). En gros, je rejoignais de plus en plus son monde. Car Lucie me confiera qu’elle n’aimait pas les personnes « normales » ; celles-ci ne faisaient pas parti de son « monde ». Comme si elle se confiait à se créer un « monde » (dont elle me parlera souvent).

Lucie cibla que j’étais un garçon artistique et sportif (à l’époque, j’avais un peu de poids donc je faisais du running en cardio et de la musculation). Je pense que cela lui plaisait grandement. J’ai toujours aimé l’outil Facebook, tant pour le fun que le sérieux comme la politique, ou la musique, et je publiais le nombre de pompes que je faisais (j’ai un esprit de compétiteur). Et Lucie le relevait, elle me disait que j’avais du courage. C’est comme si je finissais par avoir tout pour lui plaire ! Lucie était aussi une grande adepte de l’orthographe parfaite. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à me rabaisser à la moindre petite faute que j’eusse pu faire après la rupture, sous son emprise, pour me faire mal. Même si c’étaient des fautes d’inattention. Car lorsque la perverse narcissique a bien ferré sa proie, qu’elle sent qu’elle lui est dévouée, irrémédiablement attachée, elle ne se prive pas de jouir de votre souffrance, sachant pertinemment comment vous faire horriblement mal, et s’en nourrir. Et ce jour-ci, je lui appris quelque chose dans ce domaine : le pluriel de scénario n’est point des scénarios, mais des scenarii. Décidément, « ce mec est formidable » devait-elle se dire ! En tout cas, selon ses écrits par messages Facebook, son comportement le traduisait ouvertement.

Une chose également. L’été 2013 fut pour moi pénible à un égard : j’avais des maux de tête, et de sinus. Je ne savais pas encore ce que j’avais mais cet état finissait par être invalidant. Je pensais le pire à force de voir des médecins qui ne trouvaient rien, comme le sida (!). Alors qu’il n’y avait aucune raison d’avoir contracté ce virus. Finalement, j’apprendrais que j’avais une polypose. Les polypes sont des tumeurs bénignes, une excroissance des muqueuses des sinus. D’où les affreux maux de tête et douleurs aux sinus. Cette maladie est considérée comme invalidante, mais elle se stabilisera avec le temps. Elle est souvent associée à l’asthme sur un terrain allergique que j’avais depuis l’enfance (mais aucune crise depuis mes 6 ans). Mais entre la souffrance amoureuse qui sera abordée, les traitements et la douleur de la polypose, je vous promets un vrai régal dans ce livre !

Je finis par faire part à Lucie de ces maux de tête. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, mais tout ce qu’elle aura à dire c’est « Ça a l’air chiant ce que t’as », ou plus tard juste après la rupture « J’espère que j’aurai jamais ça ». Ma parole, quelle empathie pour les autres ! Je ne relevais pas le début de la vraie facette de cette fille, qui, pardonnez-moi d’être vulgaire, ne pensait en fait qu’à sa gueule. D’ailleurs, avant la rencontre, elle me demandait « Ça va aller mieux ? ». Alors, comment interpréter cette question ? Ça va aller mieux car j’envisage d’être avec toi, ou j’espère que ça ira mieux pour toi ? Je me pose vraiment la question aujourd’hui. Et je pense avoir ma réponse.

En parlant de ma polypose avec elle, je lui fis part que le vin n’était pas conseillé (à cause de la présence en abondance de sulfites). Elle me demanda alors : « Et t’aimes bien ça ? ». Je lui répondis simplement, surpris par cette question : « Comme tout bon français oui ». En fait, Lucie était anti alcool. Mais je ne mesurais pas encore à quel point elle allait aller loin avec ça…

Quoi qu’il en soit, Lucie restait avenante, et avait parfois une dose d’humour, ce qui me plaisait grandement. Elle était agréable. La perverse narcissique montre toujours cette facette AVANT. Mais c’est une illusion, loin de la réalité.

Elle me confia bien aimer découvrir ce que je faisais. Puis elle me dit qu’au début, avec l’histoire des canards, elle pensait que j’étais une fille (j’avais un pseudo sur Facebook). Mais elle s’était vite rendu compte du contraire. Cela m’amusait. Décidément, je passais du bon temps avec cette fille. Ce n’était pourtant que le début du début.

La fin de matinée du 4 août 2013 allait sonner le glas. J’écrivis à Lucie : « Tu es une jolie jeune fille ». Ça y est, les choses étaient lancées. Elle me remercia du compliment et me retourna : « Tu n’es pas mal non plus :) » avec un smiley. C’est alors qu’il me fallait à mon tour m’intéresser à elle. J’avais vu qu’elle avait un Master, et qu’elle avait fait une école Paris Agrotech, que je connaissais car une cousine la faisait. Je demandais à Lucie ce qu’elle faisait dans la vie. Elle me répondit qu’elle avait fait un Master d’éthologie (comportement animal) et qu’après tout ça elle était actuellement en vacances. Bien, donc elle ne travaillait pas. Un peu comme moi en fait. Sauf que Lucie était de quatre ans ma cadette, mais ça je ne m’en rendrais compte qu’une fois chez elle. Plus tard. Mais pas si tard que ça.

Petit à petit, l’on se rapprochait. Une connexion se créait. Nous eûmes l’échange suivant le 5 août 2013 :

* Au collège je connaissais une Lucie xxxxxxxx.

* Ça m’étonne pas, y’en a plein. Mais je suis la meilleure :)

* Pas de doute possible :)

* :D

C’était presque comme si une intimité s’instaurait. Nous parlions chaque jour, à toute heure de la journée (ou même de la nuit). Alors qu’elle me parlait de ses nouveaux piercings, je lui dis : « Ça te fait du charme sous la bouche ». C’était le début des compliments, des petites flatteries, en d’autres termes un semblant de jeu de séduction. C’était une phase très agréable, comme toujours avec la perverse narcissique. Une sorte de rêve en somme. Un voile d’illusions avant le cauchemar.

Alors que je venais de me tromper de fenêtre Facebook privée sur un message, comme j’y parlais en anglais, je lui demandais si elle parlait cette langue, dont j’étais passionné depuis l’adolescence. Et en réalité, non seulement Lucie parlait anglais, mais elle adorait cela ! C’était un nouveau point de connivence, nous allions beaucoup échanger en anglais et Lucie me confiera même après la rupture qu’elle adorait parler anglais avec moi.

Toujours le 5 août 2013 (quand je vous disais que nous parlions chaque jour à toute heure de la journée ou de la nuit), Lucie me dit qu’elle avait vu mon deuxième film de court métrage. Elle avait trouvé ça triste, mais avait beaucoup aimé. Elle me confia qu’elle fût à la limite de pleurer. Elle avait bien compris que le petit garçon allergique et asthmatique du film...c’était moi. Même si le film n’est pas autobiographique. Les pervers narcissiques choisissent toujours une personne qui a un « talent », une créativité. Ils cherchent des proies passionnées, pour justement se nourrir de leur passion, et combler leur vide. Car généralement, les pervers narcissiques ne s’aiment pas à la base.

En écrivant ce livre, j’ai relevé cet échange sur Facebook du 7 août 2013 vers 19 heures. Je le commençai.

* C'est juste que je suis quelqu'un de plutôt gentil, mais que passée une certaine limite je deviens très dur et ne suis pas enclin au pardon. Lol. Ça fait dark ^^

* Un peu ouais ! Moi aussi je suis gentille pendant longtemps et après plus du tout.

* Oui, faut pas être trop gentil, sinon certaines mauvaises personnes exploitent ça comme une faiblesse.

Donc Madame – pardon, Mademoiselle – est « gentille » trois semaines, mais longtemps ! Les pervers narcissiques ne peuvent conserver longtemps leur façade, et ils le savent. Dès lors que vous les aimez, vous leur en demandez beaucoup trop. Je constate qu’elle aura pu parfaitement discerner dans cet échange mon grand cœur, car les pervers narcissiques choisissent toujours une personne altruiste, au grand cœur justement. Et quand elle dit qu’après elle n’est plus gentille, ma parole, c’est un euphémisme. Elle est capable de la pire méchanceté du monde, mais vous le verrez plus tard. D’usage, des témoignages que j’ai pu recevoir ou lire, ou de mes lectures, les pervers narcissiques sont capables du meilleur comme du pire. Mais avec le recul, j’analyse la chose suivante : ils sont adorables au tout début, et l’on croit qu’ils sont dotés de belles capacités, et l’on veut y croire, pendant des années pour moi. En réalité, comme je l’ai déjà évoqué, ce n’est qu’une illusion. Une imposture. C’est leur manière à eux de faire croire à un rêve silencieux mais bien réel, pour vampiriser leur proie. Une fois celle-ci bien ferrée, le délaissement a lieu, et ce rapidement. Malgré le fait que je me pensais lucide sur l’exploitation de « faiblesses », il me faudra encore cette lourde expérience et ces années de souffrances pour vraiment avoir les épaules solides, et faire face à ces personnes.

Lucie m’annonça dans cette soirée du 7 août 2013 qu’elle allait être occupée puis partir à la mer, là où il n’y aurait pas Internet. Puis nous débouchâmes sur une histoire plus personnelle. Alors que j’avais évoqué que la mienne n’était pas quelque chose à discuter sur un « chat », elle finit par me parler progressivement de « fantômes ». Mais alors qu’elle me disait qu’en général les fantômes ce sont des histoires d’amour qui ont mal fini, cette fois il s’agissait d’une histoire davantage professionnelle, avec des coups de pression sur sa page de chiens. Tiens donc. Puis elle se confia. On entrait vraiment dans le vif du sujet, la découverte intime de l’autre, la grande confiance accordée à l’autre. Mon tour viendrait après le sien. Elle me conta alors que depuis plusieurs mois son avenir professionnel (alors qu’elle souhaitait travailler avec les animaux, même « du côté des animaux », selon ses propres dires) s’était effondré d’un coup, et qu’elle avait du mal à s’en remettre. Je lui répondis alors qu’une fille aussi brillante qu’elle (je l’avais martelé plusieurs fois) allait rebondir. Je lui assurais que j’étais là pour en parler si besoin, et que j’accorderais le temps nécessaire (le fameux grand cœur, proie idéale). Elle fut donc totalement réceptive. Puis elle se confia, m’assurant que cela allait prendre du temps à raconter. Mais j’étais bel et bien là, pour elle.

Lucie était tombée il y avait quatre ans de cela (donc en 2009, logiquement) sur un site d’éducation canine qui l’intéressait. Suite à un coup de fil au « mec » qui proposait des formations pas chères, elle se leva à 5 heures du matin et alla à Amiens. Elle le rencontra ainsi que donc Parle avec ton chien (nom changé pour des raisons de compréhension évidentes). Elle prit une formation de deux semaines et resta en contact avec lui. Cependant, ce Dominique arrêta tout du fait de son divorce. « C’était la merde dans sa vie », m’assura-t-elle toujours ce 7 août 2013 au soir, 21 heures passées désormais. Dominique était retourné à l’usine à plein temps, et Lucie l’avait soutenu et motivé pour garder les chiens. Huit mois plus tard, il reprenait du service. A l’époque, Lucie était avec un jeune homme également intéressé par les méthodes de Parle avec ton chien (n’ayez crainte, vous entendrez parler de ce jeune homme plus tard, à mon grand désarroi…). Ce jeune homme, que l’on qualifiera d’ex pour le moment, proposa de lui faire son site pour Parle avec ton chien. Il en fit visiblement un « pas mal » selon les dires de Lucie. Cette dernière en assura tout le contenu. Simplement, l’ex de Lucie (avec qui elle était en couple à l’époque) avait fait le site en Flash, et ils se sont rendu compte qu’il fallait le faire en html. Au bout de trois mois, Dominique décida d’abandonner, car c’était trop dur. Lucie était à ce moment en première année d’agro à Paris, et préparait un autre concours en parallèle. Elle reprit le site, apprenant sur le tas. Dès qu’elle avait un moment de libre, elle travaillait dessus. Un véritable investissement, donc. Deux ans plus tard, le site affichait 3 500 visites par mois, ce qui n’est pas rien. Elle monta des vidéos avec Adobe Premiere Pro, fit des flyers, et apprit à se servir de Photoshop. C’était elle-même qui répondait aux mails des clients car Dominique écrivait mal en français. Elle contactait les fournisseurs, et a même créé une boutique pour vendre du matériel canin. Entre autres. Et tout cela en parallèle de ses études. L’accord étant que ce Dominique la paierait quand il le pourrait. A partir de 2013, année de notre rencontre, donc, cela fut possible car Lucie était parvenue à organiser des stages avec 12 chiens en provenance de toute la France et même de l’étranger. Elle m’assura que tout s’était toujours bien passé. Je l’écoutais attentivement, ou plutôt je la lisais attentivement. Lucie était sur le point d’avoir son diplôme d’éthologue et de travailler à plein temps pour Parle avec ton chien. En somme, un aboutissement, voire un rêve pour une fille amoureuse de la cause animale qui voulait travailler de leur côté, et ne pas être un « bon petit soldat » de AgroParisTech comme elle me le confiera (des soldats formés qui ne se posent guère de questions, ce que j’approuve aujourd’hui – mais nous verrons ces points de vue plus tard, Lucie ne m’apportera pas que de la souffrance sur le point personnel et évolutif).

Elle me confia qu’ils s’appelaient trois à quatre fois par jour avec Dominique. Il lui racontait sa journée, les clients, et aussi les embrouilles avec sa copine qu’il avait rencontrée il y avait deux ans de cela. Lucie la traitera de « barrée », car elle semblait le menacer dès qu’il voulait la quitter avec des « trucs très nuls ». Dominique demandera à Lucie de la bloquer sur la page de Parle avec ton chien pour qu’elle ne s’occupât point de leurs affaires. Chose réalisable car c’était Lucie qui s’occupait de la page Facebook. Mais en Avril 2013, tout avait basculé d’un coup. La copine de Dominique avait réussi à le faire douter d’elle. Elle lui avait mis dans la tête que Lucie n’était là uniquement pour l’argent, et qu’elle avait tout organisé pour le ruiner. Grande question : une PN (perverse narcissique) insultait-elle une autre femme de sa propre espèce ? Avec le recul, permettez-moi de trouver cela fort amusant. Même si relater cette histoire n’est en rien amusant, croyez-moi. C’est un simple exutoire pour se libérer, et regagner son honneur et sa dignité, je ne le rappellerai jamais assez. Ne serait-ce que pour mes proches, fussent-ils famille ou amis.

Quoi qu’il en fût, cela semblait avoir marché. La « copine » de Dominique lui avait monté la tête contre Lucie. Cette dernière fût jetée « comme une merde », « comme la dernière des ordures ». Tiens donc, comme cela me sera familier. Lucie dut carrément dormir dehors, sur le terrain d’éducation canine. Elle n’existait plus de Parle avec ton chien. La copine de Dominique se mit à gérer les affaires. Lucie rajoutera ce 7 août 2013 à 21h26 concernant cette femme qu’elle faisait faire « des démonstrations avec les chiens à sa gamine névrosée de 15 ans qui se prend pour un top model... ». Lucie qui me parlait d’une fille « névrosée »...Vous verrez comme elle est belle l’affaire ! Bref. Ma future bien-aimée l’espace d’un temps en terminera avec : « moralité : dans la vie, c'est les connasses qui gagnent ». Il en va sans dire…

Une fois que j’eusse tout lu, je fus effondré. Jeune futur trentenaire célibataire, absent de relations longues, ayant déjà souffert, de ceux qui me disaient quelqu’un de gentil, j’étais effondré pour ma chère Lucie. Je m’éprenais d’elle, tout marchait à merveille. J’avais envie de la soutenir ; j’avais envie de l’aider, voire de la sauver. Alors je lui dis que tout cela ne m’étonnait guère, que certaines femmes pouvaient être comme ça. Je pensais sans doute à mon passé somme toute assez récent, en confiant « des garces, des perfides ». Lucie me dit alors que cette femme voulait contrôler tout. Comme cela m’amuse aujourd’hui de la part d’une perverse narcissique qui a su savamment tout contrôler avec moi depuis le début, avec l’emprise et les futures manipulations, ainsi que les humiliations répétitives. Et tout cela pour jouir de mon futur amour inconditionnel, se nourrir de ma souffrance. Tiens donc. Je vous le dis assez tôt, mais sachez-le ; ce n’est pas moi qui le dis, mais je l’ai constaté à mes dépens : les pervers narcissiques inversent toujours les rôles.

Lucie me dira, en parlant de ce Dominique, qu’il y a des « mecs faibles ». Effectivement, c’est vrai. Et visiblement, elle savait très bien les cibler. Je vous rappelle que les pervers narcissiques choisissent leur victime, et non l’inverse. Il faut reconnaître que ces personnes opèrent sur des gens sur qui leur néfaste projet va marcher. Je lui posais des questions pour tenter de savoir si elle pouvait faire quelque chose juridiquement, tout en lui apportant des conseils (j’ai une mère avocate). Lucie me disait qu’avec la justice elle pourrait récupérer de l’argent, mais ce n’était pas ce qu’elle voulait. Ce qu’elle avait perdu, elle ne le récupérerait jamais. Un avenir dans cette entreprise, le sourire des clients, la reconnaissance de Dominique, et bien sûr, le respect de son travail : son honneur en somme. Je ne crois guère au Karma, mais admettons : n’était-ce pas là un premier retour de bâton ? A cette époque, je sentis à quel point Lucie fut meurtrie par toute cette histoire.

A ajouter à cela, elle avait un déjà un procès en cours. Un « « autre connard » (ils sont toujours nombreux dans le passé des PN, j’y reviendrai dans les analyses lors des deux dernières parties) à qui elle avait fait « confiance », me disait-elle. Il s’agissait d’un garagiste à qui elle avait intégralement payé un camion au cours de l’année 2012. C’est qu’elle en avait tout de même de l’argent sans n’avoir encore jamais travaillé ! Plusieurs mois plus tard, ce camion n’était toujours pas prêt. Ledit garagiste lui prêta alors un camion, mais ils ont eu un accident avec et auraient pu « se tuer », me confiera-t-elle. Pendant neuf jours, le garagiste garda ses affaires en otage dont son ordinateur, donc toute sa vie. Elle ne dormit point pendant deux semaines, à passer ces deux semaines de vacances de Noël à aller à la gendarmerie tous les jours. L’affaire était en cours. Elle attendait alors. Quand j’y pense aujourd’hui, en écrivant ce livre, je me dis que lorsque cette fille me confiait tout, sa vie était véritablement un grand bordel. Après la rupture, elle ne me confiera plus de choses de cet ordre. Peut-être sa vie est restée en désordre.

Face à la confiance qu’elle m’accordait, et une réelle complicité intense s’installant, je décidai de lui confier mon histoire difficile de 25 à 28 ans. Ce fût assez long à expliquer. J’essayai alors d’être concis le plus possible.

Je lui dis tout. Et je réalisai alors que je me sentais si bien avec elle, que j’étais tout bonnement en train de raconter ma vie à une fille que je n’avais encore jamais vue. Et cela lui plaisait. L’inconvénient, mais je ne le saurais que des années plus tard, c’est que les pervers narcissiques vous posent beaucoup de questions, pour vous analyser, cerner vos failles, et utiliser le tout dans le futur dans l’unique dessein de vous faire du mal.

J’avouerais à Lucie que j’avais commencé à écrire sur toute cette histoire et que j’envisageais de le publier un jour en eBook (livre numérique). Mais je me demandais qui allait bien pouvoir avoir envie de le lire. Elle me dira : « Moi je le lirai :D ». Bien entendu, elle ne le lira jamais et n’aura rapidement aucun intérêt pour mes productions. Nous parlerons jusqu’à tard dans la nuit.

Après que Lucie m’eut envoyé une chanson où elle jouait de la guitare et chantait sur une chanson du groupe The National que je ne connaissais pas encore, mais que je découvrirais avec grand plaisir dans les années qui allaient suivre, je lui proposai de chanter sur ma chanson Fool To Me. Lucie accepta. Pour qu’elle connaisse le rythme du chant, je lui envoyai ma version où je chantais par-dessus. Lucie fut toute enthousiasmée d’entendre ma voix. C’était comme un Conte de Fées, un début d’idylle. Et ça allait continuer.

Par la suite, Lucie décida de m’envoyer une chanson où elle chantait sur la musique d’un « pote » (que je soupçonne d’être en fait l’ex dont elle me parlera plus tard, et qui aura une importance cauchemardesque dans le scénario qu’elle me réservera rapidement). Elle me dira : « Là ça commence à toucher à mon intimité ». Je n’ai pas réécouté la chanson, je n’ai pas envie, mais sans doute devait-elle avoir écrit des paroles qui revenaient sur lui. En tout cas, objectivement, quelque chose de ce genre.

Lucie me posera alors une question étrange : « Tu n’as pas une amoureuse imaginaire ? ». A vrai dire, sur le coup, je n’avais pas bien compris la question. Je dirais simplement que je fus jadis « amoureux » de l’actrice anglaise Keira Knightley. Puis Lucie me parlera de son amoureux imaginaire, un mec qu’elle avait inventé. Elle disait qu’elle pouvait changer ses cheveux, son style dans sa tête, bref, se faire des films. « Bienvenue dans ma tête ! ». Effectivement, c’était déjà confus au premier abord.

Alors que nous échangions toujours autant, à partir du 9 août 2013 je serais sans nouvelles d’elle pendant trois jours. Elle refera surface le 12 août 2013. Lucie était en fait à la mer. Elle m’avait parlé qu’un « pote » (dont j’en saurais davantage plus tard) avait une maison là-bas et l’avait invitée avec les chiens. Je lui donnerais mon numéro, tout en lui confiant qu’elle m’avait manqué, avec le sourire. J’avais écouté à plusieurs reprises une chanson qu’elle m’avait envoyée pendant ce temps. J’étais à fond. J’avais besoin et envie d’écouter sa voix qui me laissait transi. Elle me confiera avoir eu la mienne dans la tête. Le 12 août 2013, dans la nuit, j’étais sur la route depuis Paris avec mon meilleur ami Maxime puis Adrien, direction le Cap d’Agde dans la maison des grands-parents de ce dernier. Par conséquent, je ne pus rester longtemps avec elle.

Cinq jours s’étaient écoulés depuis le 12 août 2013. J’avais passé du bon temps au Cap d’Agde avec Adrien et Maxime. Le soleil, la plage, les moments entre bons potes, les pompes, et la course. Bien entendu, je leur avais fait part de Lucie, et j’avais eu cette dernière en tête. J’étais dans une phase d’épanouissement et de bien-être (malgré les maux de tête dus à la polypose). Cette phase avec les pervers narcissiques est toujours exceptionnelle en termes de ressentis (surtout pour les hommes).

Le 17 août 2013, nous reprenions donc nos échanges. Nous parlions entre autres de la série américaine Dawson, dont je regardais la première saison. Lors de sa sortie, Lucie était une grande fan et avait tout vu. Elle trouvait cela « mignon » de trouver des gens qui regardaient encore cette série aujourd’hui. Bref, toujours des moments très sympa, et un échange constant et prenant.

Une chose m’a frappé lorsque je suis revenu sur toutes nos conversations lors de cette étape cruciale de la vampirisation pour écrire ce livre si important pour moi aujourd’hui. J’ai alors dit à Lucie, à la suite de nos discussions sur la série Dawson, que derrière mon cœur brisé se cachait un jeune romantique. Elle me répondit « Ben ça je l’avais vu ». C’est un élément très intéressant, voire déterminant dans le sens où l’on sait que les pervers narcissiques ciblent et choisissent leur proie, les analysent pour mieux les utiliser ou les manipuler selon leur bon vouloir. Cela me frappe au moment où j’écris ces mots.

C’est à ce moment-là que Lucie choisit de me parler d’une chose essentielle la concernant, tout du moins à l’époque. Alors qu’elle parlait d’avoir honte d’aimer tant la série Dawson, et que je lui disais que moi je n’avais honte de rien, elle me parla de ses « hontes » concernant des choses précises. Elle parlait de politique. Elle m’avouera être fan de Dieudonné, Soral, et avoir des amis royalistes. A l’époque, j’étais très loin de tout cela, mais suite à notre rencontre, cela changera. Je m’y intéresserais par la suite. Loin de vouloir la défendre sur quoi que ce soit, Lucie m’aura tout de même, peut-être par amour, ou peut-être cela serait arrivé sans elle, ouvert les yeux sur certaines choses. Je me rendrais compte de certaines choses un moment après notre rencontre. Je pense malgré tout qu’étant donné ma curiosité et mon goût pour la politique, cette nouvelle clairvoyance serait par un moyen ou un autre arrivée au moment opportun, quand j’eusse été prêt. Passons. Pour terminer, Lucie me dira qu’elle est « anti-sioniste » et « contre la politique d’Israël », qu’elle « emmerde ». A l’époque de 2013, cela ne me parlait pas du tout. Donc je passai outre, sans comprendre ou chercher à comprendre. J’étais déjà envoûté par le Succube.


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