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Montée -Leçon 24 Je Vous Annonce une Grande Joie

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture: "Il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit. mes yeux ont vu ton salut,

que tu as préparé à la face de tous les peuples." Luc 2.28 et 30-31

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Contenu

1 L'Introduction de Luc à la Bonne Nouvelle

2 Le Ministère en Galilée

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Vingt-quatrierne Leçon

Je Vous Annonce une Grande Joie

Psaume 67

Ce joyeux psaume d'action de grâces reflète la prière sacerdotale de bénédiction: "Que le Seigneur te bénisse et te garde, que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage...et t'apporte la paix" (Nb 6,24s). Ce que ce psaume a de spécial, c'est son invitation à tous les peuples du monde de pousser des cris et des chants de joie (v.4) devant les merveilles que Dieu a faites pour son peuple. Cela convient au ton de l'Évangile selon saint Luc: Jésus, le Seigneur, est la plus grande oeuvre accomplie par Dieu au milieu de son peuple pour toutes les nations du monde.

Objectif de la leçon Décrire les thèmes caractéristiques de l'Évangile selon saint Luc.

Luc, l'auteur de l'Évangile, est également l'auteur des Actes des Apôtres. Il est fort probable que son intention était d'écrire un gros livre en deux parties: l'Évangile présentant Jésus et sa Bonne Nouvelle et les Actes présentant l'Église qui répand la Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre. À un moment de notre histoire, les deux parties de l'oeuvre de Luc se sont trouvées séparées par l'Évangile de Jean. Pour montrer le lien étroit qui existe entre l'Évangile selon saint Luc et les Actes des Apôtres, nous passerons directe¬ment, dans ces quatre leçons (leçons 24,25,26,27), de l'Évangile de Luc aux Actes des Apôtres.

L'objectif principal de l'Évangile selon saint Luc est de présenter Jésus, le Christ, et sa Bonne Nouvelle. Lorsqu'il a écrit l'Évangile, Luc a utilisé les traditions sur Jésus qui étaient conservées par l'Église de son époque. C'est ce qu'a fait chaque évangéliste. Les évangélistes toutefois, sont aussi de vrais auteurs: ils ne se bornent pas à respecter les traditions de l'Église, ils apportent aussi leur touche personnelle à ces traditions. L'Évangile selon saint Luc illustre cela très bien: du début à la fin, c'est un mélange de fidélité aux traditions et d'originalité dans la manière dont ces traditions sont abordées. Dans ces leçons sur Luc, nous voulons faire particulièrement attention au génie particulier de Luc, sans perdre de vue l'objectif principal de son évangile. Les préoccupations et les intérêts spéciaux de Luc constituent ce que nous appelons ses "thèmes".

Pour simplifier votre étude, nous allons vous donner une brève description des thèmes sur lesquels nous nous concentrerons au cours de cette leçon. Ce ne sont pas les seuls thèmes possibles, mais ceux qui sont caractéristiques de Luc.

Le peuple de Dieu. Luc s'intéresse beaucoup à montrer comment la foi des chrétiens tire son origine historique du peuple de Dieu. Cette foi a commencé avec Abraham, a atteint sa perfection en Jésus et est portée au monde par le peuple recréé par l'Esprit que Jésus a envoyé. Dans la vie du peuple, Jérusalem et son Temple sont le lieu de rencontre de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance. Jean-Baptiste représente l'Ancienne qui annonce la Nouvelle; Marie, la mère du Seigneur, représente l'élite du peuple choisi d'où est né le nouveau peuple de Dieu. Elle est aussi le fleuron de ce nouveau peuple, le modèle de la foi dans le Seigneur.

L'Esprit-Saint. L'Esprit-Saint est la puissance de Dieu qui agit sur la terre. Toute l'histoire du peuple est l'oeuvre de l'Esprit. La naissance de Jésus, toute sa vie publique sont le résultat de la puissance de l'Esprit. Après son ascension, Jésus envoie l'Esprit pour emplir de vie le peuple qui vient d'être formé. Cette effusion de l'Esprit ouvre le peuple à toutes les nations du monde.

La Prière. Là où il y a l'Esprit, il y a prière; où il y a prière, il y a l'Esprit. Dans toute l'histoire du peuple, il y avait de la prière. Dans toute sa vie, Jésus était un homme de prière; à tout moment important de sa vie, il prie. Recevoir l'Esprit exige la prière, et des prières de louange et de jubilation sont toujours un signe de l'Esprit.

Le Prophète*. Jésus est /e prophète, qui accomplit en lui-même tout ce qu'étaient les anciens prophètes et tout ce qu'ils ont espéré. Parce qu'ils révélaient la volonté et le des¬sein de Dieu à une société endurcie, les prophètes ont été persécutés; pour révéler Dieu parfaitement, Jésus peut s'attendre à souffrir et à être rejeté. Le peuple de Dieu renouvelé par Jésus hérite de son rôle prophétique et peut s'attendre à souffrir comme lui.

Les Biens de la Terre. La Loi et les Prophètes insistaient sur le fait que les biens de la terre étaient importants et qu'il fallait que tous les manipulent avec justice et les partagent généreusement. Jésus accepte cet enseignement fondamental et fait même du bon usage des choses matérielles une condition pour entrer dans la vie éternelle.

Les Pauvres. Luc aborde ce thème à beaucoup de niveaux: les pauvres sur le plan économique sont spécialement importants. On est pauvre aussi dans le sens où on se tourne vers Dieu dont on attend le salut. On est pauvre si on admet dans la vérité son état de pécheur et qu'on est conscient de son besoin de pardon. Les humbles sont pauvres. Le vrai prophète devrait s'attendre à une vie de pauvreté.

Les Femmes. Plus que les autres évangélistes, Luc note la présence des femmes dans la vie de Jésus. Jésus les sert et, à leur tour, elles le servent ainsi que les autres disciples. Marie, qui est pauvre et humble, est élevée pour être donnée comme modèle non seule¬ment aux femmes, mais aussi à tous les disciples.

*Nous avons relevé le titre de "prophète" parce qu'il est caractéristique de l'Évangile selon saint Luc, non pas parce qu'il exprime la vérité la plus profonde sur Jésus. Saint Luc, comme saint Marc, fait très bien comprendre que le titre le plus important de Jésus est celui de "Fils de Dieu". Luc souligne cela à l'annonciation de Marie (1,32 et 35), au baptême (3,22), à la transfiguration (9,35) et au jugement de Jésus (22,67s). Jésus est le Fils de Dieu dès le premier instant de son existence terrestre dans le sein de sa mère. La dernière fois qu'il parait sur terre, Jésus est adoré par ses disciples (24,52), acte réservé à Dieu seul (4,8). La prise de conscience que Jésus est le Fils de Dieu conduit directe¬ment à le reconnaître comme Dieu le Fils. À côté de ce titre, celui de "prophète" ne fait pas le poids.

L'Évangile selon saint Luc se divise en quatre sections:

L'introduction de Luc à la Bonne Nouvelle (1,1 - 4,13)

Le ministère en Galilée (4,14 - 9,50)

La montée à Jérusalem (9,51 - 19,27)

Le ministère à Jérusalem (19,28 - 24,53)

1.Introduction de Luc à la Bonne Nouvelle (1,1 - 4,13)

Objectif Décrire les thèmes présentés en Luc 1,1 - 4,13.

Prologue (1,1-4

L'introduction personnelle de Luc à son évangile commence par un court prologue dans lequel l'évangéliste nous donne une idée de la façon dont il l'a rédigé et de la raison pour laquelle il l'a fait. Il nous dit qu'il a étudié toutes les traditions qui lui avaient été transmises et qu'il a entrepris de donner un récit organisé des événements concernant Jésus, pour que son lecteur voie nettement le fondement sur lequel repose la foi chrétienne.

Lecture Luc 1,1-4

Nous croyons que Luc ne s'est pas borné à étudier les traditions écrites et orales qui lui avaient été transmises, mais qu'il les a effectivement incorporées dans son évangile. La théorie que nous avons adoptée dans ces leçons est que Luc a utilisé l'Évangile selon saint Marc, en y faisant des changements minimes et en laissant de côté ce dont il jugeait ne pas avoir besoin. Luc avait aussi une autre source majeure, qui contenait surtout des paroles de Jésus. (Cette seconde source ou tradition a également été utilisée par Matthieu. Quant à Marc, soit qu'il ne l'ait pas eue, soit qu'il ait choisi de ne pas s'en servir.) Luc avait encore d'autres traditions qu'il est le seul à rapporter. Fort de tout cela, Luc a produit une oeuvre magistrale qui lui est propre, une oeuvre qui exprime magnifiquement la foi de l'Église.

Luc s'adresse à quelqu'un qui s'appelle Théophile (v.3). Ce nom veut dire "ami de Dieu" ou "cher à Dieu". Ce nom pourrait être symbolique; il pourrait aussi désigner un être historique. Le nom n'apparait qu'ici et en Ac 1,1; nous n'avons aucun renseignement sur Théophile si ce n'est que c'était peut-être un fonctionnaire important auquel convenait le titre de "illustre".

Qui est Luc? L'identité de l'auteur du troisième Évangile ne peut pas être établie avec une certitude absolue. Depuis l'époque de saint Irénée (v.185 de notre ère), l'évangéliste a été identifié avec Luc, le compagnon de Paul (Col 4,14). Il n'y a pas de sérieuses objec¬tions à cette identification, Quant à la date de la rédaction de l'Évangile par Luc, de bonnes raisons peuvent être avancées en faveur de dates comprises entre 65 et 85 de notre ère. En ce qui nous concerne, il n'est pas nécessaire d'être plus précis.

Jésus, Fils de Dieu, Fils de Marie (1,1 2,52)

Ces deux chapitres, habituellement appelés les récits de l'enfance, ont une qualité très particulière, sous beaucoup d'aspects, très différente du reste de l'Évangile. Ces chapitres sont un exemple extraordinaire de l'art au service de la foi. Luc fait avec des mots et des expressions ce qu'un artiste fait avec un pinceau et de la couleur. Autour des faits essen¬tiels de l'enfance de Jean-Baptiste et de Jésus, Luc compose des scènes d'une beauté et d'une profondeur exceptionnelles. Il utilise les "couleurs" de l'Ancien Testament pour nous montrer comment tout prend vie quand on le voit à la lumière du Christ. Pour apprécier ces deux chapitres, il faut que le lecteur connaisse l'Ancien Testament. Comme notre commentaire se doit d'être court, nous ne pourrons pas nous étendre sur chaque allusion à l'Ancien Testament. Nous indiquerons, cependant. les passages que Luc avait à l'esprit en écrivant.

Luc commence par nous placer au coeur de la vie du peuple de Dieu avant la venue de Jésus - à Jérusalem, dans le Temple. Tout le peuple est dehors à prier, tandis que, l'intérieur du Temple, le prêtre Zacharie offre un acte de culte. Puisque le sacerdoce était responsable du culte du vrai Dieu et de la proclamation de sa Loi, nous devons compren¬dre que Jean-Baptiste, qui va naître d'une famille sacerdotale, représente le sacerdoce et la Loi.

Note: Zacharie appartenait à la classe inférieure des prêtres; la plupart de ceux-ci vivaient en dehors de Jérusalem et gagnaient leur vie comme fermiers ou comme commerçants. lis servaient dans le Temple quand venait leur tour selon la coutume. À la différence des prêtres de la classe supérieure, ils n'étaient habituellement pas riches.

Lecture Luc 1,5-25

Toute la vie du peuple de Dieu était une préparatiOn pour la venue de Jésus. Luc nous montre que, dans la préparation éloignée comme dans la préparation immédiate de la venue du Christ, les voies de Dieu sont essentiellement les mêmes: comme il s'y était pris avec Abraham et sa femme stérile Sara pour la naissance d'Isaac, le fils de la promesse (Gn 18,1-15), avec Elqana et sa femme stérile Anne pour la naissance de Samuel (1 Sm 1-2), Dieu s'y est pris de la même façon avec Zacharie et Élisabeth pour la naissance de Jean, le plus grand des prophètes, qui préparerait le peuple de Dieu à la venue du Messie.

Le message de l'ange décrit Jean-Baptiste dans les termes des prophètes: "Lui-même le (le Seigneur) précédera avec l'esprit et fa puissance d'Élie..." (voir Ml 3,23-24). Jean-Baptiste représente les prophètes aussi bien que le sacerdoce et la Loi. Le rôle de Jean et de tous les prophètes avant lui était de préparer le peuple de Dieu en vue de la venue du Seigneur Jésus (v.17).

Zacharie a la foi, mais sa foi n'est pas assez forte pour qu'il croie complètement et rapidement le message de l'ange.

Dans le passage suivant (1,26-38), Luc passe à un autre aspect de l'Ancien Testament, les promesses faites à la maison de David (2 Sm 7). L'intervention de Dieu pour que se produise la naissance de Jean, si extraordinaire qu'elle soit, avait des parallèles dans l'histoire du peuple, mais l'intervention de Dieu dans la naissance de Jésus n'en avait pas. Le prophète Isaïe s'était vu accorder un aperçu de ce grand événement quand il a parlé de la naissance d'un descendant de la maison de David en ces termes: "la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu'elle appellera Emmanuel" (Is 7,14). A la lumière de cette prophétie, tirée des Septante (LXX), et à la lumière des autres prophéties sur l'Oint (Christ = Messie) qui réaliserait les promesses faites à David (ex. Is 9,5-7; 11,1-9; Mi 4,14s), Luc initie ses lecteurs au sens du nom "Jésus".

Lecture Luc 1,26-38

Le premier but de ce passage est de nous dire qui est Jésus. Il est celui dont le nom même veut dire "Dieu sauve" (Joshua = Jésus). Il est le vrai Fils de Dieu et le vrai fils de Marie. Il est le Christ qui réalise les promesses faites à David. Il est le roi des rois. La naissance de Jésus se présente comme l'acte suprême de Dieu: "la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre"(v.35). Cette expression évoque la présence de Dieu dans sa puissance dans la nuée à l'Exode (Ex 13,21) et dans le Temple (1 R 8,10s). La "puissance de Dieu" est l'Esprit-Saint.

Tandis que la foi du prêtre Zacharie était imparfaite, la foi de Marie est totale. Elle croit en cet acte de Dieu qui est sans précédent. Luc veut, toutefois, que nous voyions beaucoup plus en Marie: elle représente le peuple de Dieu auquel Dieu a donné la grande vocation de donner naissance au Messie. Les paroles de l'ange: "Rassure-toi, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu" (v.30) évoquent les paroles de Dieu à Moïse : "Je te connais par ton nom et tu jouis de ma faveur" (Ex 33,12-17). L'expression "le Seigneur est avec toi" se retrouve dans beaucoup des grands récits de vocation de l'Ancien Testament (ex. Ex 3,11s; Jr 1,8). La vocation de Marie se situe dans la grande lignée de la vocation du peu¬ple de Dieu et de ses plus fidèles serviteurs.

Toutefois, comme la venue de Jésus-Christ est extraordinaire en tout point, les paroles de l'ange à Marie montrent aussi que sa vocation est extraordinaire. L'ange (parlant pour Dieu) s'adresse à Marie avec des paroles qui n'ont d'équivalent dans aucun récit de voca¬tion de l'Ancien Testament, mais qui rappellent les promesses faites au peuple de Dieu par les prophètes: "Réjouis-toi (Salut)" est très inhabituel comme salutation. Cela évoque les promesses faites au peuple de Dieu sous l'image de la Fille de Sion (Jérusalem): "Réjouis-toi, fille de Sion, le Seigneur est roi d'Israël au milieu de toi" (So 3,14-15); "Exulte, fille de Sion!... voici que ton roi vient à toi" (Za 9,9; voir aussi les promesses faites à Sion en Is 62,1-5). "Comblée de grâce" pourrait se rapporter à la beauté physique, mais se comprend mieux comme une allusion à la grâce insigne que Marie recevait de devenir la mère du Sauveur. Marie représente l'apogée de la vocation du peuple de mettre au monde le Messie. En elle-même et dans son rôle, Marie personnifie toute la grâce, toute la faveur, que Dieu a accordées à son peuple.

Luc nous rappelle un des titres les plus honorables, et pourtant des plus humbles, donnés au peuple de Dieu et aux personnes spécialement choisies par Dieu: "Je suis la servante du Seigneur" (v.38). La foi humble, soumise du peuple et des grands serviteurs de Dieu se retrouve chez Marie (voir Nb 12,3 et 7 à propos de Moïse; Ps 78,70, de David; Is 42,1, d'Israël).

Dans la scène suivante, Élisabeth et Marie se rencontrent. Élisabeth est le type de tout ce qu'a été le peuple de Dieu qui conduit au Seigneur. Marie est le type de tout ce que le peuple de Dieu sera. La rencontre, suscitée par l'Esprit-Saint, est l'occasion d'une grande joie. Luc se sert de cette scène pour nous donner les plus beaux titres de Marie: "Bénie entre les femmes", "la mère du Seigneur", "celle qui a cru".

"En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers le haut pays, dans une ville de Juda..." Luc 1,39

Lecture Luc 1,39-45

Le passage suivant de l'Évangile de Luc nous donne le cantique de Marie (1,46-55). Il est composé de beaucoup de citations et d'allusions à l'Ancien Testament, beaucoup trop pour étre énumérées ici. C'est un résumé de la spiritualité la plus profonde de l'Ancien Testament: de l'Exode il tire les hauts faits de Dieu en faveur des pauvres; d'Abraham il tire les grandes promesses de Dieu de faire de lui une nation par laquelle seront bénis tous les peuples (Ex 14; Gn 12.1-4) Ainsi Marie personnifie-t-elle ce qu'il y a de mieux dans l'Ancien Testament, l'esprit qui fait confiance à la force de salut de Dieu, qui s'exerce en faveur des démunis, et l'esprit qui compte sur ses promesses.

Lecture Luc 1,46-55

Marie exalte le Seigneur parce qu'il a envoyé le Messie. Dieu est fidèle aux promesses faites au peuple de Dieu; il a répondu aux prières de tous les pauvres et de tous les humbles qui se sont tournés vers lui dans l'espérance du salut. Le cantique de Marie est aussi une prophétie. Le Messie lui-même sera, plus que quiconque, ce pauvre et cet humble que Dieu relèvera.

Ensuite, Luc attire à nouveau notre attention sur Jean-Baptiste. Il rapporte sa naissance, sa circoncision et le nom qui lui est donné.

Lecture Luc 1,57-66

Après avoir retrouvé la voix et l'ouïe, Zacharie confirme le nom qu'Élisabeth a donné à l'enfant. Alors, Zacharie, rempli de l'Esprit-Saint, éclate en un cantique de louange qui est une prophétie.

Lecture Luc 1,67-80

Comme celui de Marie, ce cantique comporte aussi beaucoup de références à l'Ancien Testament (voir surtout MI 3.1 et 20: Is 9,1; 40,3; 42,7). Le cantique de Zacharie confirme ce que l'ange lui avait dit au sujet de Jean. Avec le v.80, Luc met fin au récit de l'enfance de Jean. Jean-Baptiste était important surtout pour Israël, la nation du peuple de Dieu (ex. 1,77s); la naissance de Jésus, toutefois, a de l'importance pour le monde entier. Luc place la naissance de Jésus dans le contexte d'un événement mondial - un recensement décrété par l'empereur César Auguste, le souverain du monde entier. Luc souligne ainsi l'humanité de Jésus: il est né, a été compté parmi les millions d'habitants de l'empire romain; il a été soumis à la domination terrestre à sa naissance et mis à mort avec l'autorisa¬tion d'un fonctionnaire romain. Il était membre à part entière du genre humain, réel et historique, de son temps et de son pays. Sans le réaliser, César Auguste a permis que Jésus naisse à Bethléem, accomplissant les prophéties concernant le Messie, Fils de David (ex. Mi 5,1s).

Lecture Luc 2,1-7

Jésus est le fils "premier-né" de Marie. C'est un titre honorifique donné au premier gar-çon né dans une famille, qu'il y ait d'autres enfants après lui ou non. Que Marie n'ait pas eu d'autres enfants est une question de foi catholique que ne contredit donc pas la men¬tion de Jésus comme premier-né. Étant te fils premier-né, Jésus devra être consacré au Seigneur (2,22s). "L'enveloppa de langes" indique tout d'abord que Jésus était vraiment un bébé qui nécessitait et recevait les soins maternels de Marie. Selon la coutume du temps, un nouveau-né était enveloppé de bandes d'étoffe. L'impuissance et une liberté limitée sont sous-entendues dans l'emmaillottage: Jésus partageait la condition de tout bébé. Même s'il est roi, Jésus est soumis aux limites de tout être humain. (Voir Sg 7,1-6. Le v.2b, naturellement, ne s'applique pas à la naissance de Jésus.)

Les auberges * étaient des endroits pour les voyageurs. Ce dont parle Luc est probable¬ment un bâtiment avec des salles pour les gens, sur trois côtés, avec un mur et un portail sur le quatrième. L'enclos au milieu de ce bâtiment était pour les animaux qu'employaient les hôtes. Devant les salles, il y avait des poteaux pour attacher les animaux et des auges et des mangeoires* pour les nourrir. Toutes les salles étaient occupées, aussi Joseph et Marie durent-ils se servir de l'espace à l'extérieur avec les animaux.

*auberges ou hôtelleries; mangeoires ou crèches.

"Elle mit au monde son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie." Luc 2,7

L'ange (1,11 et 26) apparaît à nouveau (2,9). Cette fois-ci, c'est pour proclamer la bonne nouvelle aux bergers. Le travail des bergers était considéré comme très vil. C'était pour-tant à un berger de Bethléem que Dieu avait autrefois donné la couronne royale (1 Sm 16,1-13), et maintenant c'est à ces bergers que Dieu donne un signe du grand roi, le Christ Seigneur. Bien que cette nouvelle fasse chanter les cieux, le signe donné aux bergers est si humble, si à leur niveau, qu'ils s'en émerveillent. Même lors de sa naissance, Jésus, en un sens, est "la bonne nouvelle pour les pauvres" (Lc 4,18).

Lecture Luc 2,8-20

La naissance de Jésus et son humble caractère donnent gloire à Dieu dans les cieux et apportent la paix de Dieu à l'humanité. En Jésus, fils de Marie, Dieu s'est emparé du monde, et ceux qui y croient sont gratifiés de la grâce de Dieu (la faveur). La paix de Dieu donnée en Jésus est la paix promise par les prophètes (ex. Is 9,5s; 52,7).

Obéissants fidèlement aux préceptes de la Loi, Joseph et Marie font circoncire Jésus. Ils suivent aussi les règles concernant les femmes qui ont accouché et le rachat du premier-né (Lv 12,1-8; Ex 13,14-16). Luc fait remarquer que Jésus et Marie ont fait l'offrande des pauvres - des tourterelles et des colombes (Lv 12,8).

Lecture Luc 2,21-24

Luc nous présente maintenant deux personnes qui représentent ceux qui comptaient sur Dieu pour apporter le salut à son peuple. Syméon et Anne représentent les pauvres qui n'attendent plus la libération de moyens humains; ils savent qu'ils ne peuvent espérer recevoir la paix que de Dieu. Cet homme et cette femme sont des gens de prière, fidèles à Dieu en tout. Dieu leur a donné à tous les deux la connaissance de la vraie identité de Jésus. Il a également donné à Syméon un pressentiment de la passion et de la mort de Jésus et de la douleur que cela causerait à sa mère.

Lecture Luc 2,25-38

Par deux fois, Luc attire encore notre attention sur la vraie humanité de Jésus en nous informant de sa croissance (2,39s et 51s). La sagesse dans laquelle Jésus croissait désigne son aptitude à vivre de façon à plaire à Dieu - la plus haute forme de sagesse (voir leçon 10, p.4). Le passage suivant nous ramène à Jérusalem.

Lecture Luc 2,41-50

La scène (w.41-45) suppose les liens étroits qui unissent la famille, qui comprend les oncles, tantes et cousins du même village. Le passage montre que, même au début de sa vie d'adulte (12 ans) et alors qu'il était censé suivre toutes les règles de la Loi, Jésus était entièrement consacré à Dieu son Père et y trouvait l'orientation de toute sa vie d'adulte. De la même façon qu'il discuterait plus tard la volonté de Dieu avec des érudits de Jérusalem, de la même façon qu'il livrerait sa vie plus tard à Jérusalem à la Pâque et ressusciterait le troisième jour, dans cette scène il écoute et interroge les érudits, il est perdu et retrouvé au bout de trois jours.

Marie, la mère du Seigneur Jésus, est le modèle de la foi; elle est au Nouveau Testament ce qu'Abraham est à l'Ancien. Sa foi exclut le doute et est vécue par obéissance aux exigences de Dieu (1,38 et 45). Puisque la foi implique toujours la soumission à Dieu sans comprendre complètement ses voies, Marie nous est montrée comme acceptant la volonté de Dieu sans la comprendre complètement: elle médite les desseins de Dieu (2,19 et 33); elle accepte la conduite de Jésus sans la comprendre (2,50); elle médite le mystère dans son coeur (2,51).

Exercices pratiques

1.Choisissez la meilleure réponse pour chacune des questions suivantes:

Des phrases suivantes, quelle est celle qui exprime le mieux le message de Luc dans les paroles de l'ange: "Salut, comblée de grâce!" (Lc 1,28)?

___ a. Marie aura plus de joie que les autres chrétiens dans sa vie de foi.

___b. Marie est la servante obéissante de Dieu.

___c .Marie a plus confiance en Dieu que tous les autres chrétiens.

___d. Marie accomplit le rôle du peuple de Dieu qui était de donner naissance au Messie.

2.Lequel des textes suivants chez Luc montre que Jean-Baptiste représente les prophètes du peuple de Dieu?

___a."...il sera grand aux yeux du Seigneur" (1,15).

___b."Il ne boira ni vin ni liqueur fermentée" (1,15).

___c."il le précédera avec l'esprit et la puissance d'Élie" (1,17).

___d."l'enfant grandissait et son esprit se développait" (1,80).

3.Lequel des textes suivants chez Luc indique que Marie et Joseph appartenaient aux économiquement pauvres du peuple de Dieu?

___a."le coucha dans une crèche" (2,7).

___b."l'enveloppa de langes" (2,7).

___c."il a jeté les yeux sur son humble servante" (1,48).

___ d. "ils offrirent en sacrifice un couple de tourterelles ou deux jeunes coloMbes"

(2,24).

4.Des explications suivantes laquelle veut dire "Jésus"?

___a."Dieu sauve"

___b."Fils du Très-Haut"

___c."Paix de Dieu"

___d."premier-né"

5.Auquel des groupes suivants appartiennent Syméon et Anne?

___ a. Les pauvres qui n'espéraient qu'en Dieu pour le salut du peuple.

___b. Les lévites qui servaient dans le Temple.

___ c Les fidèles âgés du peuple (de Dieu).

___d Les prophètes du peuple de Dieu.

6.Lequel des groupes suivants Zacharie et Élisabeth représentent-ils?

___ a Les pauvres qui étaient fidèles à Dieu.

___b Le sacerdoce et la Loi de l'Ancien Testament.

___c Les fidèles âgés du peuple de Dieu.

___d. Le rôle prophétique du peuple.

Jésus, Fils de Dieu, Fils d'Adam (3,1 - 4,13)

Cette seconde partie de l'introduction de Luc nous amène à l'âge adulte de Jean et de Jésus. Le ministère public de Jean est annoncé comme était présenté celui des prophètes dans l'Ancien Testament; Jean est situé dans le contexte de l'histoire (3,1s; voir par ex. Jr 1,1-3). Dans ces versets, Luc nous rappelle aussi que Jésus faisait partie lui aussi de l'histoire du monde et que son oeuvre intéressait le monde entier. (Sur la date de la naissance et de la vie publique de Jésus, voir les notes de la Bible de Jérusalem sur Lc 2,1 et 3,1.)

Comme Marc, Luc présente Jean avec une citation tirée d'Isaïe. À la différence de Marc, Luc ajoute le verset suivant d'Isaïe pour bien indiquer que le rôle de Jean est de préparer la voie à Jésus qui révélera le salut de Dieu à toute l'humanité (Is 40,3-5).

Lecture Luc 3,1-6

Luc est le seul à rapporter les paroles de Jean que l'on trouve en 3,7-14. Jean prédit un sévère jugement sur le peuple. Il les avertit que de se soumettre au rituel du baptême sans un changement authentique de leur manière de vivre est tout à fait inutile. li les met aussi en garde contre la suffisance qui vient de l'appartenance au peuple de Dieu: le fait d'être des descendants d'Abraham ne leur donnera absolument aucun avantage quand ils seront confrontés au feu du jugement de Dieu. Seule une vie vraiment morale, juste et généreuse, comme l'exigeaient la Loi et les prophètes, les sauvera. Jean parle ici titre de représentant de l'enseignement moral de l'Ancien Testament.

Lecture Luc 3,7-14

L'utilisation des biens de la terre doit être réglée par la justice et le devoir de partager, que prêchaient à la fois la Loi et les prophètes; le salut dépend de la justice et de la générosité. C'est un message que Jésus adoptera sans rien y changer (ex. Lc 12,16-21; 16,19-31).

La prédication de Jean, en plus de préparer un peuple pour le Messie (1,77) en appelant à la conversion, visait à conduire au Messie. La seconde partie de la prédication de Jean, telle que Luc la rapporte, le montre parlant du Christ lui-même.

Lecture Luc 3,15-20

Luc met fin au ministère de Jean-Baptiste par son emprisonnement par Hérode. Il passe ensuite directement à la préparation immédiate de Jésus lui-même à son oeuvre publiqula différence de Jean, Jésus ne porte aucun jugement sur une nation pécheresse; il se joint à eux, en acceptant le baptême de Jean avec eux. Luc nous informe que Jésus était en prière quand il a entendu la voix de Dieu.

Lecture Luc 3,21-22

La personne qui se joint ici à la démarche des pécheurs repentants est en fait le Fils de Dieu. (Se reporter à la leçon 21 pp. 9-10, pour plus amples détails sur le baptême.) La généalogie que Luc place à dessein ici a un but. Elle est destinée à enseigner que Jésus parachève l'histoire sacrée comme l'histoire profane. En tant que "fils de David", Jésus réalise les promesses faites à David (2 Sm 7). En tant que "fils d'Abraham", il est cet enfant du peuple de Dieu qui porte l'histoire du salut à sa perfection. En tant que "fils d'Adam", il représente tout le genre humain fait à l'image de Dieu (Gn 1,26$). L'histoire sacrée et l'histoire profane sont ainsi unies et portées à leur achèvement en lui, qui est a la fois Fils de Dieu et fils d'Adam.

Lecture Luc 3,23-38

Jésus nous appartient. Il est membre à part entière de notre race. Il est appelé à servir toute l'humanité. Jésus, fils d'Adam, n'est pas destiné à être un être humain moyen, un parmi d'autres; mais la norme, le type, le modèle, l'exemple de toute l'humanité, le nouvel Adam, l'être humain parfait.

Dans le passage suivant, Luc montre Jésus triomphant des trois plus communes tenta-tions de l'humanité: l'abus des biens de la terre, l'abus du prochain et l'abus de Dieu lui-même. En étant vainqueur là où Adam a été vaincu, en résistant là où Adam a suc-combé, le second Adam restaure "la grande harmonie" que l'ancien Adam avait fait de son mieux pour détruire (voir leçon 1, pp. 15-22). Satan voulait que Jésus abuse de son pouvoir de fils de Dieu pour que l'image de l'homme authentique soit défigurée.

La première tentation recourt à l'image du pain. Le pain représente bien sûr ici tous les biens de la terre. Le diable tente Jésus pour qu'il oriente son ministère sur l'acquisition des biens et de la richesse.

Lecture Luc 4,1-4

Jésus répond par un passage de l'Écriture où Dieu met son peuple en garde contre les dangers de la richesse (Dt 8,3-20). Le pain n'est pas la seule chose dont l'homme ait besoin. Réduire la vie à une simple recherche de la sécurité matérielle est diabolique, parce que c'est un refus de mettre Dieu en premier. (Plus tard dans l'Évangile, Jésus aura beaucoup plus à dire sur ce mal.) Que la cupidité et l'abus des bonnes choses de la terre soient communs à tous les peuples de tous les temps n'a certainement pas besoin d'être prouvé. Le désir de la richesse et du luxe est la force agissante de ta civilisation moderne comme il l'était de l'empire romain.

La deuxième tentation est d'abuser des gens par la domination. L'oeuvre du démon s'accomplit dans les hommes et les femmes qui passent leur vie à essayer de dominer les autres soit par la force soit en recherchant leur admiration.

Lecture Luc 4,5-8

Le diable est maître du monde et de ses royaumes. Partout où un souverain terrestre domine les gens par la force et s'attend à en être honoré en retour, le mal est à l'oeuvre. Tous ceux qui imitent de tels souverains ou voient en eux l'idéal de la réussite humaine cèdent à Satan. Jésus rejette l'exercice du pouvoir par la force et la poursuite des honneurs. Dans ses dernières paroles aux chefs qu'il nommera, on trouve un sévère avertissement de ne pas imiter les rois et princes païens (22,24-27; voir aussi 9,24). Le principe païen est illustré par les Romains qui imposent leur autorité à la pointe de l'épée et assurent ensuite leurs sujets que c'est bon pour eux.

Nous abordons maintenant la troisième et dernière tentation.

Remarquez que, tandis que les deux premières sont communes à toute la race humaine, la dernière est spécialement la tentation du peuple de Dieu. C'est la raison pour laquelle elle se déroule dans le cadre de Jérusalem et du Temple. Pour la raison même que Dieu a sauvé son peuple si souvent dans le passé et en accomplissant des actes d'une telle puissance, la tentation la plus commune chez celui-ci serait d'abuser de la puissance de salut de Dieu. Les trois formes de tentation méritent d'être mentionnées. Par la première, le peuple s'attend à ce que Dieu intervienne là où l'effort humain personnel de ses membre suffirait. Par la deuxième, le peuple s'attend à ce que Dieu donne des signes spectaculaires qui l'exempteraient de vivre dans la foi. Par la troisième, le peuple s'attend à ce que Dieu l'exempte de la mort. Le fondement des trois est le désir d'avoir Dieu en main.

Lecture Luc 4,9-13

Se jeter d'une hauteur en comptant sur Dieu pour qu'il vienne à notre secours, c'est sup-poser que le Créateur doit répondre à l'ordre de la créature. C'est ignorer son dessein sur le monde. Le diable voudrait nous persuader que nous honorons le Créateur en nous attendant à ce qu'il change l'ordre de la création pour satisfaire nos caprices, pour nous protéger quelle que soit l'imprudence de notre comportement.

Le goût des signes et des prodiges est également manifeste dans cette tentation. Le diable voudrait que nous soyons continuellement à l'affût de preuves de la puissance de salut de Dieu pour pouvoir nous passer de la foi (11,16 et 29-32). Rappelez-vous des moqueurs au pied de la croix (23,35-38).

La troisième forme de cette tentation est le désir de s'accrocher à la vie terrestre comme si Dieu ne réservait pas autre chose pour son peuple (9,23s) et la croyance que Dieu ne peut nullement se servir de la mort pour nous faire passer à la vie (22,41-46).

De peur que nous ne soyons induits en erreur par la puissance de Jésus sur les esprits inférieurs dont il est sur le point de faire le récit (ex. 4,31-37), Luc a attiré ici notre atten-tion sur les manifestations les plus significatives de la domination de Satan - la soif des richesses, la quête du pouvoir et de la gloire terrestres, le désir d'avoir la haute main sur Dieu. En vivant simplement dans la pauvreté, en s'abandonnant comme victime du pouvoir et en acceptant de livrer sa vie, Jésus a renversé la domination de Satan.

Exercices pratiques

Au chapitre 3, Luc montre le lien de Jésus avec la communauté vétéro-testamentaire en présentant son activité par rapport à celle de Jean. Ci-dessous, la colonne A donne une série de textes tirés de Luc 3 et la colonne B, la signification de ces textes. Rapprocher la signification de la colonne B du texte de la colonne A. Note: Il n'y a qu'une réponse pour chaque texte de la colonne A. Les "significations" de la colonne B sont utilisées une fois ou pas du tout.

A. Textes

____a."L'an quinze du principat de Tibère César...la parole de Dieu fut adressée à Jean." (3,1-2)

____b."Engeance de vipères.., déjà même la cognée se trouve à la racine des arbres..." (3,7 et 9)

____c."Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas... N'exigez rien au-delà de ce qui vous est fixé." (3,11 et 13)

____d. "Il vient, celui qui est plus puissant que moi." (3,16)

____e."Or, quand tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui

aussi..." (3,21)

____f. "Tu es mon Fils bien-aimé; tu as toute ma faveur." (3,22)

B. Signification

i. L'enseignement de Jean est celui de la Loi et des Prophètes de l'Ancien Testament sur les biens matériels.

ii Le rôle de Jean est d'amener la communauté vétéro-testamentaire à Jésus.

iii Jésus ne condamne pas les siens comme Jean, mais accepte d'être compté au nombre de ceux-ci.

iv Comme les prophètes de l'Ancien Testament, Jean est placé dans le contexte politique de son époque.

v.Jésus est en tout supérieur Jean parce qu'il est le Fils de Dieu.

vi Jean met à nu les défauts moraux des siens et prêche le jugement.

vii Jésus est d'accord avec le message de Jean.

8.Indiquer si les affirmations suivantes sur Jésus tel que Luc le présente dans la généalogie et les tentations (Lc 3 et 4) sont vraies ou fausses:

____a Le but de la généalogie est de montrer que Jésus est vraiment humain et appartient à toute l'humanité.

____b La généalogie de Jésus montre que Jésus n'a aucun rapport particulier avec les Juifs de l'Ancien Testament.

____c.Les tentations de Jésus n'étaient pas comme les tentaions des êtres humains ordinaires.

____d. Jésus a été tenté dans sa relation à la terre, aux gens et à Dieu.

____ e. Jésus a été tenté d'employer son énergie à acquérir de l'argent et des biens pour lui-même.

____f. Comme tous ceux qui ont foi en Dieu, Jésus est tenté de compter sur Dieu pour qu'il intervienne dans sa vie d'une façon spectaculaire.

2 Le Ministère en Galilée (4,14 - 9,50)

Objectif Décrire les thèmes caractéristiques de l'Évangile selon saint Luc que l'on trouve en 4,14 - 9,50.

Note: Dans cette section de son évangile, Luc utilise une grande partie du matériel déjà vu chez Marc. C'est seulement quand Luc traite ce passages très différemment de Marc que nous nous y arrêtons.

La Bonne Nouvelle est proclamée aux pauvres (4,14 - 6,19)

Luc nous dit que Jésus était rempli de l'Esprit-Saint quand il a commencé à enseigner dans les synagogues. La Bonne Nouvelle commence dans la joie (4,14s). Mais Luc ne nous laissera pas aller beaucoup plus loin sans nous rappeler ce qui est arrivé par suite de l'ensemble du ministère de Jésus. Au début, on le tenait en haute estime, puis les siens se retournèrent contre lui, le tuèrent et la conséquence fut que la Bonne Nouvelle se mit à se répandre chez les Gentils. Dans son résumé de ce qui est arrivé dans le propre village de Jésus, Luc préfigure adroitement pour nous ce que toute la vie du Seigneur sera dans l'ensemble de son pays.

Luc a fort probablement formé ce passage à partir d'au moins deux traditions sur la réponse des habitants de Nazareth à Jésus. Une tradition (4,16-22a) représente une visite au début de son ministère, lors de laquelle les villageois lui ont donné leur assentiment avec enthousiasme. Une autre tradition (4,22b-30) est probablement basée sur une visite beaucoup plus tard, lorsque les gens commençaient à se retourner contre Jésus (Mc 6,1-6). Remarquer comment cette tradition présume le ministère de Jésus à Capharnaüm et les miracles qu'il y a faits (v.23); événements que Luc ne nous a pas encore donnés. C'est en le faisant découler de cette dernière tradition où les gens commençaient à prendre ombrage du ministère de Jésus que s'explique le mieux le changement d'attitude subit et inexpliqué de la part des villageois au verset 22. Nous n'essayons pas de dire que Luc a confondu les deux traditions, mais simplement qu'il a vu comment il pouvait nous faire mieux comprendre en se servant un peu des deux.

"Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui." Luc 4,20

Lecture Luc 4,14-30

Cette lecture nous montre Jésus comme le prophète qui a un "programme" pour le renouveau du peuple de Dieu. Le passage que Jésus lit (Is 61,1-4) parle du grand prophète-serviteur qui ferait l'oeuvre salvatrice de Dieu. Le rôle du prophète était de faire connaître la volonté de Dieu. Jésus déclare que ce passage tiré d'Isaïe s'accomplit "aujourd'hui" en lui: il est donc un prophète qui ne fait pas seulement connaître la volonté de salut de Dieu, mais la réalise effectivement.

Dans le passé, les prophètes avaient toujours eu en vue le renouveau du peuple de Dieu. lis voulaient que le peuple soit vraiment ce peuple sépare que Dieu voulait (Dt 4,6-8). Mais la vie du peuple avait le plus souvent été gâchée par son propre rejet de la justice qui entraînait la pauvreté, l'esclavage et l'oppression. Les prophètes dénonçaient ces abus. En conséquence, ils étaient presque toujours eux-mêmes sujets à une forme ou l'autre de persécution ou de rejet de la part de ceux qui bénéficiaient de l'injustice et tenaient les rênes du pouvoir. Il n'était pas surprenant que des prophètes comme Élie et Élisée soient acceptés plus facilement en dehors de leur propre peuple (Lc 4,25-27). Jésus, le prophète suprême promis par les anciens prophètes, peut s'attendre au même sort.

Pour faire connaître son "programme" Jésus emploie une expression qui suggère une grande fête que proposait la Loi pour le renouveau du peuple de Dieu; il proclame "l'année de grâce du Seigneur". Cette expression désigne l'Année du Jubilé, qui était la septième année sabbatique (leçon 6, pp. 15-17; voir Dt 15,1-11; Lv 25,1-55). L'année du jubilé commençait avec le Jour des expiations où Dieu pardonnait les péchés de son peuple. Les règles du Jubilé exigeaient la remise des dettes, la libération des esclaves et la restitu¬tion des terres à ceux auxquels elles étaient assignées à l'origine. L'idéal splendide de cette fête était de restaurer les grandes relations qui étaient l'oeuvre de Dieu: d'abord, du peuple à Dieu, ensuite entre les membres du peuple, en annulant les dettes et en libérant les esclaves, enfin du peuple à la terre elle-même. Le Jubilé absolvait les péchés, libérait les esclaves et supprimait les causes de la pauvreté. Jésus adopte cette fête, le Jubilé, comme son programme: il veut apporter la bonne nouvelle aux pauvres, libérer l'humanité de la culpabilité du péché devant Dieu, amenant le peuple à se libérer de l'esclavage et recréant le peuple de telle façon qu'il combatte la pauvreté matérielle parmi ses membres et lutte contre la pauvreté dans le monde. (Luc présente l'accomplissement de cela en Ac 2,42-47; 4,32-37.)

On nous montre Jésus se mettant immédiatement en route pour faire de sa présence même la bonne nouvelle des pauvres qui sont infirmes, malades et dans la souffrance. Il chasse les esprits mauvais qui aliènent les gens par la folie (4,31-41 ). Mais Jésus n'oublie pas sa véritable mission: recréer le peuple de Dieu. Le peuple de Dieu n'est pas une société purement spirituelle composée de personnes dont le coeur est tourné vers Dieu; ils for¬ment une société concrète en ce monde. Pour recréer le peuple, il ne suffit pas de conversions individuelles: il faut donner au peuple de nouveaux chefs, une nouvelle organisation, de nouveaux objectifs. En identifiant ses propres objectifs (4,17-19), Jésus a indiqué au peuple ses nouveaux objectifs. Dans les passages suivants, Jésus commence à choisir des disciples et des chefs et à donner au peuple un nouveau modèle d'organisation.

Lecture Luc 5,1-11

L'incident fait apparaître clairement l'autorité de Simon Pierre à l'avenir; l'énorme pêche prévoit la croissance du peuple de Dieu qui se produira par Jésus avec Simon et les autres jouant le rôle de "pêcheurs d'hommes".

Luc poursuit en rapportant encore d'autres oeuvres de guérison miséricordieuses qui révèlent la bonté de Dieu et il souligne le fait que Jésus va souvent seul à l'écart pour prier (5,12-16). La guérison du paralytique a pour but spécial d'établir que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (5,17-26).

Pour les Pharisiens, un pécheur était une personne qui méprisait la Loi de Dieu telle que la comprenaient les érudits dans lesquels ils avaient la plus grande confiance. Il était évident qu'un pécheur ne pouvait s'attendre à rien de la part de Dieu si ce n'est à sa désapprobation et ne devrait recevoir de la part de ses serviteurs que leur désapprobation. D'où le scan¬dale et le choc qu'ils éprouvaient à la conduite de Jésus, qui déclarait à qui voulait l'entendre qu'il enseignait la volonté de Dieu et qui, cependant, ne se contentait pas seule¬ment de ne pas condamner les pécheurs, mais les fréquentait, acceptant leurs invitations, comme s'il approuvait leur comportement de pécheur. Naturellement, ce que Jésus enseignait, par ses paroles et par son exemple, c'était que tout le peuple de Dieu doit reconnaître sa communion avec les pécheurs s'il veut attirer sur lui la miséricorde du Père. Et les premiers à avouer cela humblement, les premiers à avouer leurs propres habitudes de pécheurs, ce sont ceux qui sont pauvres en vérité. Les paroles de Jésus et encore plus sa compagnie sont, pour eux, la meilleure de toutes les bonnes nouvelles. Lui et eux voient dans le moment de sa venue, non pas une occasion de tristesse et de jeûne, mais de joie et de fête.

Aussi, ceux qui avaient l'habitude de penser que leur observance méticuleuse de la Loi et leurs traditions les rendaient tout à fait acceptables aux yeux de Dieu, trouvaient le comportement de Jésus d'une nouveauté et d'une différence alarmantes. Ils préfèrent leur "vieux vin" et ont un mouvement de recul en goûtant le nouveau (5,37-39). Le "vieux vin" était réconfortant et facile à accepter parce qu'il semblait simplifier la tâche de déter¬miner la volonté de Dieu et, par conséquent, de dire si on était vertueux ou non. Les exigences du repos du sabbat, par exemple, étaient si soigneusement définies par les Pharisiens que tous ceux qui connaissaient les règles pouvaient facilement décider s'ils faisaient la volonté de Dieu ou non. Jésus fait bien comprendre que cette poursuite con¬tinuelle de l'approbation divine déforme en réalité l'image de Dieu, faisant de lui un comptable avare qui ne se préoccupe pas vraiment que les besoins humains soient satisfaits tant que ses comptes sont en équilibre (6,1-11).

Jésus a maintenant beaucoup de disciples. Il est temps de prendre les mesures concrètes nécessaires pour refaire le peuple de Dieu. L'importance de ces mesures est telle qu'il passe toute la nuit en prière avant de les prendre. La première, le choix des nouveaux chefs, a lieu sur la montagne, le lieu de la rencontre avec. Dieu (6,12s); la seconde, le grand sermon qui établit la charte de la nouvelle vie du peuple, le lieu dans une plaine, le lieu de la rencontre avec le monde (6.17-19).

Le choix de douze apôtres indique que la nouvelle vie du peuple jaillit de sa vie précédente, celle des douze tribus d'Israël. Il est très révélateur pour le peuple que Jésus ignore l'autorité et l'organisation qu'il avait sous les prêtres et les scribes (leçon 16, pp. 26-27) et qu'il ne s'arrête pas non plus à l'autorité et à l'organisation qu'ils avaient connues sous les rois. En choisissant le chiffre "douze", Jésus remonte à une époque dans un passé lointain où le peuple de Dieu était dirigé et organisé comme des tribus ou familles. Le modèle que choisit Jésus laisse entendre que les membres du peuple doivent être entre eux comme le sont père, mère, frère et soeur (18,29).

Lecture Luc 6,12-19

Jésus a appelé les douze "apôtres" (v.13). Ce mot vient d'un mot grec qui veut dire "envoyer". Mais "apôtre" veut dire plus que messager; cela veut dire quelqu'un qui a été nommé et envoyé par Jésus avec son autorité et par lequel Jésus lui-même agit avec autorité (9,1). Les apôtres ont été choisis parmi les disciples et une fonction leur a été confiée qui sera spécialement importante après la résurrection: ils remplaceront Jésus et auront son autorité. C'est par eux que le Seigneur ressuscité agira dans le peuple de Dieu.

Le verset 17 nous donne une image de l'ordre et du but du peuple nouvellement fondé: Jésus est descendu de la montagne avec les apôtres et a rejoint ses disciples qui étaient là avec une grande foule de gens venus pour être guéris. Jésus - les apôtres - les disciples - le monde. Ce n'est pas pour lui-même qu'une nouvelle structure est donnée au peuple; le peuple est renouvelé pour que, par lui, le monde soit renouvelé.

Vrais prophètes, faux prophètes (6,20-49)

Après nous avoir montré les nouveaux chefs et l'organisation de base du peuple de Dieu, et après avoir laissé entendre que le but de tout cela est de servir ceux qui, dans le monde, n'appartiennent pas au peuple, Luc présente maintenant le sermon qui fixe les grandes lignes du genre de vie que doit mener le peuple (6.20-49). Ce premier sermon forme une unité: chaque section est liée aux autres et doit être comprise à la lumière des autres. Bien que le langage en soit simple, la pensée en est très profonde; les explications qu'on peut en donner ne peuvent jamais l'épuiser. Nous ne pouvons que retenir ce que nous considérons comme élémentaire à une bonne compréhension du texte.

Il y a quatre points à ne pas perdre de vue:

1. Jésus livre ces paroles à ses disciples. Le mot "disciple" veut dire "quelqu'un qui apprend", un "apprenti". Un dsiciple de Jésus est quelqu'un qui le suit. La condition de disciple dure toute une vie; on n'arrive jamais à un point où il n'est plus possible d'aller plus avant.

2. Les paroles de Jésus s'adressent à ses disciples en tant que membres de communautés du peuple de Dieu. Tout en étant destinées à chaque individu, elles n'ont vraiment de sens que si celui-ci vit dans une communauté du peuple, qu'il connaît effectivement et peut identifier. Ce n'est qu'au sein de la communauté du peuple de Dieu que la condition de disciple est possible, parce que c'est par la communauté et ses chefs que Jésus dirige. La plus grande partie du sermon traite des rapports des disciples entre eux au sein de la communauté, ou des rapports de toute la communauté avec ceux qui sont à l'extérieur.

3. La communauté des disciples est nécessairement une communauté mixte, compre-nant des disciples à différents stades de croissance, les uns avancés, les autres moins, et tous, sans exception, imparfaits et par conséquent encore pécheurs à divers niveaux. Ce n'est pas pour les justes que Jésus est venu; ce n'est pas pour les saints qu'il fonde son nouveau peuple. De même qu'il fréquentait librement les pécheurs pendant sa vie en Palestine, de même fréquente-t-il librement les pécheurs des communautés de disciples après sa résurrection.

4. Les communautés de disciples sont appelées à un rôle prophétique comme Jésus. Jésus, prophète, a fait connaître le dessein de Dieu. Un aspect essentiel de ce dessein est la vérité que le but de la vie humaine est le royaume de Dieu, qui est la vie éternelle avec le Christ en Dieu (Le 23,42-43). La route du royaume sur terre est de suivre Jésus dans son programme de recréation du peuple de Dieu et de lutte contre les grands maux identifiés plus haut, à savoir les abus des biens de la terre, des personnes et de Dieu.

"Heureux, vous les pauvres" (6,20-26). Les paroles de Jésus dans ces six versets veulent troubler ses disciples. Elles contiennent quatre "bénédictions" et quatre "malédictions" adressées aux disciples en tant que prophètes; les bénédictions sont pour ceux qui sont de vrais prophètes (vv.22s), les malédictions pour ceux qui sont de faux prophètes (v.26). Les prophètes authentiques vivent de telle façon que le dessein de Dieu est annoncé par leur façon de vivre. Ils proclament que l'argent, la nourriture, le plaisir et l'approbation du monde ne sont pas les buts de la vie humaine. L'humanité est destinée à la vie avec le Christ en Dieu - le royaume de Dieu. Les faux prophètes vivent de telle façon que l'argent, la nourriture, le plaisir et l'estime du monde apparaissent comme le but réel de la vie hu¬maine. Les disciples dont le genre de vie, parce qu'il est fidèle à l'enseignement du Christ, est source de pauvreté, de faim, de tristesse et de rejet sont "bénis" ("heureux"); ils font l'expérience qu'a faite Jésus le grand prophète. Jésus emploie le mot "béni" parce que, comme les sages de l'Ancien Testament (ex Ps 1,1; voir aussi Ps 73 sur le vrai bonheur), il sait d'expérience que c'est le moyen le meilleur et le plus efficace pour entrer dans le royaume. Les "malédictions" ("malheur") indiquent sa certitude que le moyen des faux prophètes est très triste en dépit des apparences et qu'il les exclura à jamais de la vie dans le royaume. Les "malheurs" ne sont pas des malédictions mais des constatations d'un fait appris par l'expérience.

Lecture Luc 6,20-26

Les mots "pauvre", "faim", "pleurez" doivent être pris littéralement, comme les mots de la quatrième formulation de chaque série de bénédictions et de malédictions. Ce n'est pas la pauvreté, la faim ou la tristesse spirituelles qu'il a à l'esprit. Les mots grecs employés signifient être privés des choses essentielles à la vie. Les béatitudes (bénédictions) et les malédictions sont à la deuxième personne du pluriel, elles sont adressées aux disciples en tant que membres des communautés au sein du peuple de Dieu. D'une part, Jésus veut ébranler toutes les communautés riches, bien nourries, satisfaites et respectées pour qu'elles reconnaissent la fausseté de leur vie "prophétique", changent et ainsi entrent avec lui dans le royaume. D'autre part, Jésus veut consoler les disciples qui sont vrai¬ment prophétiques en leur assurant que leurs souffrances actuelles seront amplement récompensées au ciel.

"Fils du Très-Haut" (6,27-35). Jésus appelle ses disciples à partager avec lui la dignité d'être comme Dieu le Père dans leur comportement, leur garantissant par là le titre de "fils du Très-Haut" (v.35). Il ne faut pas que les disciples s'imaginent leur façon de vivre comme un ensemble de règles et de règlements à suivre, mais comme une personne à suivre, Jésus qui est "le Fils du Très-Haut" (1,32). Un des plus grands dangers pour les communautés de disciples est la suffisance qui peut naître de leur succès à s'occuper des besoins de chacun. Jésus a promis que ceux qui quittent tout pour le suivre auront ce dont ils ont besoin en cette vie (18,28-30), mais, être disciple, ne se limite pas à assurer la satisfaction des besoins de la communauté. Beaucoup de sociétés païennes veillent sur leurs propres membres. Le souci des frères et des soeurs de la communauté ne suffit pas à justifier le nom de "fils du Très-Haut". Les paroles de Jésus s'adressent aux disciples qui, alors qu'ils écoutent, sont entourés d'une grande foule de gens malades et dans la peine (6,17s).

Lecture Luc 6,27-35

Le mot "aimez" est expliqué par ceux qui suivent: "faites du bien", "bénissez" (dire du bien), "priez". Jésus appelle ses disciples à vivre au-dessus et au-delà du niveau habituel de justice où les gens s'attendent à ce qu'autrui ait ce qu'il mérite, et rien de plus. La ligne capitale du passage est de faire à autrui ce que vous voudriez qu'autrui fasse pour vous (v.31). Ceci supprime tout ensemble de règles strict ou même explicite, tout légalisme étroit, en invitant les disciples à se voir jusque dans leurs ennemis et à se comporter vis-à-vis de ceux-ci comme vis-à-vis d'eux-mêmes. Ce que Dieu a d'extraordinaire, c'est qu'il aime ses ennemis, fait du bien à ceux qui le haïssent et est généreux envers ceux qui n'apprécient pas ce qu'il a fait pour eux (v.35). Le vrai disciple sera comme le Père. Comme l'union au Père est le but de la vie humaine, pour aller vers le Père, il faut essayer d'être comme lui, même ici-bas.

Jésus nous donne encore une autre description de Dieu le Père dans le passage suivant et nous invite à nouveau à imiter Dieu.

Lecture Luc 6,36-38

Jésus exhorte ses disciples à être généreux les uns envers les autres et envers ceux qui sont en dehors de la communauté. Il met en garde contre la croyance, si courante chez les gens religieux, que le monde comprend les bons et les mauvais, les coupables et les innocents, les dignes et les indignes. La phrase clé est: "car de la mesure dont vous mesurez on (Dieu) mesurera pour vous en retour" (v.38).

La section suivante comporte une série de paroles liées à l'autorité - l'autorité au sein de la communauté et l'autorité des disciples en général par rapport à ceux qui ne sont pas encore des croyants. La faute la plus commune des chefs (éducateurs) est d'exiger de leurs disciples plus qu'ils n'exigent d'eux-mêmes. Une connaissance de soi honnête est essentielle chez les chefs, autrement ils sont "aveugles" et leur autorité sera désastreuse pour eux comme pour leurs disciples.

Lecture Luc 6,39-45

Le rôle de chef et d'éducateur est doublement risqué: les disciples sont habituellement formés à l'image de leur maitre et s'élèvent rarement au-dessus de son niveau (v.40). Chaque frère et chaque soeur dans la communauté doit être profondément conscient de son défaut personnel avant d'entreprendre de guider les autres pour qu'ils surmontent leurs propres défauts. La "paille" désigne quelque chose d'aussi petit et léger qu'un fétu que le vent emporte: la "poutre", quelque chose d'aussi gros qu'une poutre portante dans un plafond ou un toit.

Ainsi ne peut-on connaître vite et immédiatement la vraie valeur d'un chef. Mais aussi sûrement que de bons arbres portent de bons fruits et de mauvais arbres de mauvais fruits, les chefs authentiques auront des disciples authentiques et les chefs hypocrites de faux disciples. Tôt ou tard, ce qui était caché depuis le début dans le coeur d'une per¬sonne apparaîtra au jour (v.45). Il faudra que les disciples apprennent à ne pas juger et à ne pas condamner rapidement.


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