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Montée -Leçon 27 Jusqu'aux Extrémités de la Terre

par Marcel Gervais, archevêque émérite du diocèse d'Ottawa, Canada

Nihil obstat: Michael T. Ryan, B.A., M. A., Ph.D.

Imprimatur: + John M. Sherlock, évêque de London

London 31 Mars, 1980

Le contenu de ce livre a été publié la première fois en 1977 dans le cadre de la série Journey par les Programmes d'études de la foi catholique et est maintenant réédité en Smashwords par les Publications d'Emmaüs, Ottawa, ON, Canada sur Smashwords

Couverture:"Ils rompaient le pain dans leurs maisons.. louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple."Actes 2,46-47

© Programmes d'études de la foi catholique, une division du Centre international d'éducation religieuse 1977. Reproduction dans tout ou partie est interdite.

Contenu

1 La Renaissance du Peuple (Actes 1.1 - 5,42)

2 Le Bien qui Naît du Mal (Actes 6,1 - 12,25)

3 L'Évangile est annoncé aux Nations (Actes 13,1 - 28,31)

Corrigé des exercices pratiques

Test

Corrigé du test

Recommandations pour la réunion de groupe

A propos de l'auteur

Vingt-septième Leçon

Jusqu'aux Extrémités de la Terre

Psaume 87

Ce psaume proclame l'amour de Dieu pour Jérusalem, c'est-à-dire pour son peuple. Le psalmiste prédit le jour où les nations, petites et grandes, seront comptées au nombre des habitants de la Ville sainte. La prophétie s'accomplit quand la puissance de Dieu descend sur les disciples à la Pentecôte et les guide pour qu'ils deviennent un peuple dans lequel toutes les nations se trouvent chez elles. Ce mouvement extraordinaire pour faire entrer toutes les nations dans le peuple de Dieu est un• des principaux thèmes des Actes des Apôtres.

Objectif de la leçon Décrire l'œuvre de l'Esprit-Saint dans l'Église d'après les Actes des Apôtres.

Les Actes des Apôtres sont un livre d'espérance, une présentation enthousiasmante de la vie du peuple de Dieu qui surmonte obstacle après obstacle en portant l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre. Luc, qui a écrit l'Évangile, a composé les Actes plus tard. Son but est de montrer comment c'est l'Esprit de Dieu et rien d'autre qui a conduit la première communauté de disciples à chaque tournant dans son voyage de Jérusalem à Rome. Il nous faut, toutefois, noter dès le départ que l'intention de Luc n'est pas de faire un récit exact sur le plan historique, mais de nous instruire sur le mystère de l'Église. Et l'Église, quelle qu'en soit l'apparence, n'est pas une simple chose humaine, une autre petite secte d'enthousiastes. Non, c'est 4 peuple de Dieu rempli de l'Esprit envoyé par Jésus, le Seigneur ressuscité. Luc est d'abord un éducateur de la foi et seulement accessoirement un historien. C'est vraiment un maître dans la tradition biblique. Il ne nous donne pas une série sèche de principes, de doctrines et de lois, mais tout un tas de scènes vivantes, inoubliables par lesquelles se révèle le mystère de Dieu à l'œuvre au milieu de son peuple. Si Luc se sert d'événements historiques, et il le fait, entre ses mains ceux-ci deviennent des paraboles qui communiquent la foi. En ce sens, lorsqu'il écrit les Actes, Luc continue à être un évangéliste.

Dans cette leçon, nous concentrerons notre attention sur trois aspects de "l'Évangile selon les Actes". Le premier est comment l'Église fonctionne par la puissance de Dieu, l'Esprit-Saint envoyé par le Seigneur ressuscité. Luc concentre notre attention, non pas sur une puissance divine d'ordre général, mais spécifiquement sur la puissance de Dieu envoyée par Celui qui est mort et ressuscité. C'est l'Esprit qui fait sortir la vie de la mort. C'est par la puissance de Dieu que la force jaillit de la faiblesse, le bien du mal, la vie de la mort. Le second aspect de l'œuvre de l'Esprit est ceci: bien que le Seigneur Jésus soit monté vers Dieu, par l'Esprit il est encore uni à ses disciples. Dans l'enseignement des apôtres, c'est Jésus qui enseigne; dans leurs miracles, c'est Jésus qui guérit; dans la persécution de n'importe lequel de ses membres, c'est Jésus qui souffre. Le Messie ne fait qu'un avec tous ceux qui le suivent. Finalement, nous suivrons Luc qui montre la puissance de Dieu, c'est-à-dire son Esprit, qui donne la force aux disciples de vivre l'Évangile de bon cœur, généreusement, courageusement; qui les conduit à travers toutes les difficultés, jusqu'à ce que la Bonne Nouvelle se répande dans le monde entier, en fait un peuple catholique, universel.

Luc a composé les Actes à partir de traditions qui s'étaient transmises pendant plusieurs décennies oralement ou par écrit. Ces traditions étaient très variées, elles comportaient des histoires sur les premières années à Jérusalem, les exploits de Pierre, d'Étienne et de Philippe, des schémas de sermon suivis par les premiers prédicateurs. Les récits d'événements survenus dans l'Église d'Antioche, une série d'histoires sur Paul et même une sorte de carnet de route tenu par quelqu'un qui avait accompagné Paul dans une partie de ses voyages. Ces matériaux n'avaient jamais été organisés; Luc dut y mettre de l'ordre. Pour ce faire, il eut recours aux meilleures données historiques disponibles, mais il convient de répéter que son but principal était d'évangéliser. Par exemple, en présence de quatre schémas de sermon attribués à Pierre, Luc ne se cassait pas la tête pour savoir celui que Pierre avait utilisé le premier; à la place, il mettait en premier le sermon qu'à son avis ses lecteurs devraient voir en premier pour mieux comprendre les autres. On pourrait en dire autant d'incidents que Luc a reçus sans date exacte. Quand il avait des données historiques détaillées, il y était ,fidèle. Déterminer quels passages rapportent les faits tels qu'ils sont arrivés est le travail des historiens, et les Actes constituent une mine d'or pour eux. Notre but n'est pas toutefois de reconstituer l'histoire, mais d'enseigner ce que Luc a voulu enseigner.

Et voici comment Luc procède: l'Église qu'il présente est un modèle pour tous les temps; les crises qu'il décrit veulent montrer comment faire face aux épreuves; en présentant Pierre, il établit un idéal d'autorité parmi les apôtres; Paul n'est pas simplement un missionnaire historique, mais l'exemple que doivent suivre tous les missionnaires. C'est la façon dont l'Esprit-Saint a inspiré Luc pour qu'il soit notre maître.

1 La Renaissance du Peuple (Actes 1,1 - 5,42)

Objectif Décrire la nouvelle vie donnée au peuple par la puissance de Dieu.

Les onze premiers versets constituent la propre introduction de saint Luc. Il rattache ce livre à son premier ouvrage en reprenant le dernier récit de l'Évangile à la scène où les Onze et d'autres disciples sont instruits par Jésus avant son ascension au ciel. Il rappelle ce qui avait été dit à cette occasion: "Voici que je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-Haut" (Lc 24,49; Ac 1,4). De cette façon, Luc identifie "l'acteur" principal de son livre, l'Esprit-Saint, la Puissance de Dieu, la Promesse du Père. Dans ces mêmes versets d'introduction, Luc présente la période sur laquelle porte son œuvre: c'est le temps qui va de l'ascension de Jésus au ciel à son retour dans la gloire. Ce n'est pas une période de l'histoire pendant laquelle les disciples doivent rester là à regarder le ciel en attendant le retour du Seigneur; c'est un temps de travail missionnaire intense par lequel l'Évangile doit être porté jusqu'aux extrémités de la terre.

Lecture Actes 1 , 1 -1 1

Deux questions sont posées auxquelles il est donné une réponse: quand le Seigneur reviendra-t-il dans la gloire? Le royaume de Dieu sera-t-il limité à Israël, le peuple de Dieu tel qu'il existait alors? Ces questions ne sont pas destinées à montrer l'ignorance des disciples, mais à nous donner les renseignements nécessaires pour lire le livre de Luc. D'abord, il veut que nous sachions qu'if a écrit parce que le temps entre l'ascension de Jésus et son retour est indéterminé, et donc un ouvrage tel que les Actes est nécessaire pour guider l'Église. Deuxièmement, l'auteur sacré veut nous dire, dès le début, que le thème central de son œuvre sera les terribles conflits soulevés par le fait que le peuple de Dieu commençait à sortir de son cadre restreint de race.(Israël) pour devenir une authentique communauté universelle. Le royaume ne doit pas se limiter à Israël. Petit à petit, Luc va nous montrer comment l'Évangile s'est répandu de Jérusalem jusqu'à. la Samarie, l'Afrique, la Syrie, l'Asie mineure et finalement Rome les extrémités de la terre (1,8).

L'ascension de Jésus marque la fin de sa présence visible, tangible sur terre. Désormais, le Seigneur sera présent par les apôtres, les disciples, le peuple entier renouvelé par l'Esprit. Le temps de l'Église doit être un temps de confiance et d'espérance: confiance parce que Jésus a mis son ministère entre les mains d'êtres humains limités, sûr qu'ils répondraient à la puissance de Dieu; un temps d'espérance parce que tout le ministère du peuple se vit face à l'incertitude de l'heure du retour du Seigneur, où tout ce qui aura été fait en son nom trouvera son achèvement.

La scène suivante évoque le début de son évangile. Le peuple est en prière à Jérusalem, mais pas dans le Temple (Lc 1,10). Il se produit quelque chose de nouveau. La bande de disciples qui a suivi Jésus à Jérusalem est rassemblée dans une chambre haute dans l'attente de l'effusion de "la puissance d'en haut". Luc nomme les onze apôtres fidèles et ajoute les femmes qui ont suivi Jésus (voir Lc 8,1-3) et porte ensuite la liste à son point culminant en mentionnant "Marie mère de Jésus, et avec ses frères" (voir leçon 21, pp. 32s). De même que Marie représente la maternité du peuple de Dieu dans l'ancienne alliance, elle représente le peuple rené de l'Esprit, l'Église. Mais Marie n'est pas seulement "mère"; ici, dans la compagnie des apôtres et des disciples, elle est notre sœur dans l'Église. Luc veut nous faire comprendre que ces jours de prière durent quelque temps après l'ascension. Le groupe est calme, en état seulement de prier et d'attendre. Un seul devoir se présente à eux et ils s'en acquittent. Puisque le Seigneur voulait qu'il y ait douze chefs, ils s'emploient à rétablir ce chiffre vital.

Lecture Actes 1 ,1 2-26

Ce passage est précieux parce qu'il fixe les qualifications nécessaires pour faire partie des Douze: avoir été avec Jésus depuis le début de sa vie publique jusqu'à son ascension et avoir été témoin de sa résurrection. Le groupe choisit deux candidats pour remplir la place abandonnée par Judas; mais la petite communauté hésite à faire le choix définitif entre les deux. En tirant au sort, les disciples veulent laisser ce choix à Dieu lui-même. Des hésitations de ce genre disparaîtront avec la venue de l'Esprit-Saint. Maintenant qu'il y a à nouveau douze apôtres, tout est prêt pour la venue de celui que le Père a promis.

La Pentecôte (2,1-41)

Le passage sur la venue de l'Esprit A la Pentecôte (2,1-13) a un caractère profondément poétique; il est plein d'images évoquant les promesses de Dieu en train de se réaliser. Nous en énumérons les plus significatives:

1.La promesse dans la prière de Moïse. Quand Moïse était accablé par la tâche de conduire le peuple, Dieu a partagé l'esprit qu'il avait donné à Moïse entre les soixante-dix anciens nommés pour l'aider. En recevant l'esprit, ils se mettent à prophétiser comme en extase. Moïse prie: "Puisse tout le peuple du Seigneur être prophète, le Seigneur leur donnant son Esprit!" (Nb 11,29).

2. Le prophète Joël attendait le jour où cette prière serait exaucée (JI 3,1s)*. Le Seigneur répandrait son esprit sur tous pour en faire des prophètes.

3. Ézéchiel a promis qu'un jour Dieu purifierait son peuple, changerait leurs cœurs de pierre en cœurs de chair et les remplirait tous de son esprit (Ez 36,24-28).

4.U est possible que Luc ait également voulu évoquer la promesse sous-entendue dans l'histoire de la Tour de Babel (Gn 11,1-9). L'unité fondée sur l'uniformité y est détruite et les peuples sont dispersés. Cet incident est suivi de la promesse faite à Abraham: "En toi toutes les nations seront bénies" (Gn 12,1-4).

La fête de la Pentecôte est importante pour Luc parce que c'était la grande fête des récoltes (Ex 23,14-17; Dt 16,9s). De même que les produits de la terre sont le don généreux de Dieu, l'Esprit est son don suprême, qui englobe toutes ses bénédictions. L'effusion de l'Esprit est la récolte de toutes les œuvres de Dieu, dont la plus grande a été la résurrection de Jésus. Certains exégètes pensent que la Pentecôte était importante pour Luc pour une autre raison. Ils maintiennent qu'au premier siècle de notre ère la Pentecôte n'était pas seulement la fête des récoltes, mais également une célébration de l'ancienne Alliance et du don de la Loi à Moïse sur le Sinaï. S'ils ont raison, il se pourrait bien que Luc veuille que nous trouvions dans le don de l'Esprit l'accomplissement du don de la Loi; et de la même façon que nous reconnaissions dans la nouvelle Alliance écrite par l'Esprit dans le cœur des disciples la moisson de la première Alliance écrite sur des tables de pierre (Ez 36,24-28).

*Dans certaines Bibles, JI 2,28s.

Lecture Actes 2,1-13

"Ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu": les disciples (probablement les 120 mentionnés en 1,15) forment un seul groupe. L'événement qui se produit donne vie à l'Église en tant que communauté unique, unifiée. "Vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent." En grec, les mots pour "vent", "souffle" et "esprit" sont étroitement liés. L'Esprit vient du ciel (Dieu) comme le souffle vivifiant de Dieu (voir Gn 1,1; 2,7) qui va faire renaître son peuple. Dans le bruit d'un violent coup de vent, l'Esprit emplit l'endroit où la communauté est rassemblée. L'Esprit devient ensuite visible sous la forme de "langues de feu": c'est le baptême "dans l'Esprit-Saint et le feu" dont avait parlé Jean (Lc 3,16). Un groupe de langues de feu apparaît et se sépare en langues qui vont se poser sur chaque disciple: le même Esprit est donné à tous et à chaque personne présente. La même communauté est remplie du même Esprit. Les langues de feu se manifestent par l'aptitude à parler en langues étrangères. A ce point de son récit, Luc ne cherche pas à nous faire comprendre les langues telles qu'elles sont décrites par Paul (1 Co 12-14). Les langues parlées sont clairement comprises sans qu'il soit besoin d'interprètes. Ce que Luc veut enseigner, c'est que l'Esprit a le pouvoir de rassembler les hommes de toute nation en un tout vivant, de sorte que les grandes œuvres de Dieu (Jésus lui-même au centre) puissent être proclamées à tous sans porter atteinte à la langue, à la culture de chacun. L'Esprit ne produit pas la culture uniforme de Babel, fondé sur une seule langue, un seul pays, un seul projet humain. L'Esprit crée un peuple à la diversité éclatante, qui reflète le pouvoir créateur illimité de Dieu. Animée par l'Esprit, l'Église écarte les limites étroites du nationalisme et devient vraiment 'catholique", universelle. Telle est la signification de la longue liste de nations (2,9-11) qui fait penser à un défilé triomphant des nations "conquises" par l'Esprit.

Maintenant Luc considère les "langues" comme un discours extatique (2,13; voir 1 Sm 10,9-12). Les mots suggèrent ici l'extase prophétique des anciens en Nb 11 et la joie presque délirante du don des langues dont les chrétiens peuvent faire l'expérience (Ac 10,46; 11,15; 19,6). Ce débordement de paroles enthousiastes en amène certains à accuser les disciples d'être ivres. Luc fait remarquer que cela apporte une grande joie de prophétiser sous la poussée de l'Esprit. Les membres du peuple deviennent des prophètes comme Jésus était un prophète. Le sermon de Pierre expliquera ce qui se produit.

Lecture Actes 2,14-41

Pierre enseigne que, selon les promesses faites par Joël (Jl 3,1s), le peuple de Dieu est devenu "prophète" empli de l'Esprit-Saint de Dieu. Cela est arrivé à cause de Jésus, qui a été condamné et crucifié et est ressuscité des morts et élevé à ta droite de Dieu. Du ciel, Jésus a envoyé l'Esprit-Saint, acte de puissance divine, parce qu'il est Seigneur et Christ (v.36). Le résultat du sermon de Pierre est que beaucoup acceptent l'appel à la conversion et sont baptisés (v.41).

La vie nouvelle (2,42 - 4,3

Luc poursuit en nous donnant un résumé général du nouveau style de vie du peuple. Ils sont maintenant les prophètes que Jésus les a appelés à être (leçon 24, pp.22-25): ils ont compris leur vraie relation à Dieu, à autrui et aux biens de la terre.

Lecture Actes 2,42-47

Les disciples étaient fidèles à l'enseignement des apôtres, à la communauté, à la fraction du pain et à la prière. "L'enseignement des apôtres" désigne les instructions données par les apôtres à ceux qui s'étaient joints à la communauté. Puisque les apôtres parlent et agissent avec le pouvoir et l'autorité de Jésus lui-même (Lc 9,1), du fait même qu'ils apprennent des apôtres, les membres deviennent disciples de Jésus lui-même. (Le mot "disciples" est un des mots favoris de Luc pour décrire les membres du peuple rené de l'Esprit, ex. Ac 6,1 et 27 autres fois dans les Actes.)

"La communion fraternelle" (koinonia) signifie avant tout une vie de partage et d'amitié comme dans une famille. Les membres du peuple sont entre eux comme frères et sœurs. Pierre s'adresse à eux en disant "Frères" (1,16) et ce mot devient celui que Luc emploie le plus fréquemment pour décrire la communauté (30 fois dans les Actes). La vie commune n'exprime pas seulement les rapports familiaux, mais aussi l'attention qui est portée à éliminer la pauvreté. Les commandements et les promesses de Jésus dans l'Évangile sont vécus (Lc 16; 18,28-30).

"La fraction du pain" signifie deux choses: les repas en commun qu'ils prenaient dans les maisons et la célébration de l'Eucharistie, la nouvelle alliance dans le sang du Christ (Lc 22,19s; 24,28-35). Luc note que cela ne se fait pas dans la tristesse comme un devoir pénible. mais dans la joie (v.46).

"Les prières- étaient de différentes sortes; ce qui importe, c'est que la nouvelle vie du peuple soit caractérisée par la prière (Lc 18,1) et, plus spécialement, par la prière de louange (v.47). Luc fait remarquer que, pendant les premiers jours à Jérusalem, la communauté se rencontrait ouvertement au Temple, y prenant part aux prières et aux offices, mais qu'ils se rencontraient aussi dans leurs maisons (v.46).

Le Temple est le cadre des scènes suivantes (3,1-26). Au nom de Jésus, Pierre guérit un boiteux. Luc montre que Pierre et les autres chefs font ce que Jésus avait fait avant eux. L'œuvre de Jésus se poursuit dans les miracles et aussi dans la parole que Pierre prêche. Dans son second sermon (3,11-26), Pierre rappelle aux gens la terrible action qu'ils ont commise en mettant Jésus à mort. Il enseigne que c'est pour eux que Dieu a permis ce crime horrible, pour que leurs péchés et les péchés de tous les peuples soient pardonnés. Pierre les invite à entrer dans ce pardon et à jouir des bénédictions que Dieu leur destine.

Pierre et Jean sont arrêtés par les mêmes autorités qui avaient arrêté Jésus (4,1-3). Malgré leur arrestation, le nombre des disciples augmente.

Lecture Actes 4,1-31

L'inimitié réelle vient des chefs qui sont Sadducéens. Ils nient la résurrection des morts (Lc 20,27-40). Comme Jésus l'avait promis, Pierre et Jean sont remplis d'une sagesse et d'un courage extraordinaires quand ils sont questionnés devant les plus hautes autorités (Lc 12,11-12, 21,12-19). Les chefs sont aussi hostiles envers les apôtres qu'ils l'étaient envers le Seigneur Jésus, mais les gens ordinaires sont tous en faveur d'eux et de la nouvelle communauté (4,21). Quand ils sont relâchés, Pierre et Jean retournent dans la communauté et tout le groupe éclate en une prière de louange (4,23-30), signe certain qu'ils sont remplis de l'Esprit-Saint (v.31).

La communauté et la propriété (4,32 - 5,42)

Luc revient maintenant à une description générale de la vie du peuple. Aussi certainement que la louange spontanée de Dieu est un signe de l'Esprit, pourvoir aux besoins matériels de chacun est un signe manifeste qu'il est à l'œuvre. Dans le passage que vous allez lire (4,32-35), Luc commence par nous dire que la communauté des croyants n'avait "qu'un cœur et qu'une âme". Ceci était naturellement l'unité essentielle, une unité au niveau le plus profond. Ils sont unis ensemble par leur espérance commune en la résurrection (le royaume) proclamée par les apôtres. A cause de cette unité dans la confiance, la promesse de Jésus se réalise: "Cherchez son royaume et cela vous sera donné par surcroît" (Luc 12,31).

Lecture Actes 4,32-37

Quand il mentionne l'unité de cœur et d'esprit, Luc peut bien avoir en vue le monde grec; certains des grands philosophes grecs voyaient dans cette unité le modèle de la fraternité (ex. Platon et Aristote). Si l'allusion à une seule âme au v.32 évoque un modèle grec, le v.34 renvoie nettement à l'idéal de l'Ancien Testament: "Qu'il n'y ait donc pas de pauvre chez toi" (Dt 15,4). Ce que la Loi recommandait vivement mais ne pouvait pas obtenir est maintenant accompli par l'Esprit. La pauvreté n'a pas été éliminée par la vente de tous ses biens par chaque membre; la vente des biens a été dictée par la nécessité, pas par la loi. Il était accepté par tous les disciples que la propriété privée était destinée au service de la communauté. Pour organiser la lutte contre la pauvreté, il fallait que les chefs aient des données justes sur les possessions de chaque membre. L'action de Barnabé est reconnue pour son authenticité - il a vendu tout et a tout donné. Sa générosité est une exception, non pas la règle; son acte révèle la puissance de l'Esprit surmontant complètement la cupidité. Barnabé mérite le sens donné à son nom, "fils d'encouragement".

Le passage suivant (5.1-11) révèle de façon dramatique l'extrême importance attachée à la gestion des biens. L'histoire d'Ananie ("Dieu est miséricordieux") et de sa femme Saphire ("la Belle") est un bon exemple d'une tradition qui a servi pendant des années à instruire. Tous les détails historiques que nous aimerions connaître pour déterminer ce qui s'est passé en réalité ont fait place à la leçon sévère du conte. Il avait été dit et redit, devenant de plus en plus sévère pour mieux choquer. Luc a di) le recevoir tel qu'il est dans les Actes. Puisque la plupart des détails ont disparu, il est inutile de soumettre ce passage à un rigoureux examen historique. On pourrait, par exemple, demander: Pourquoi Pierre n'a-t-il pas donné à Ananie la chance de se repentir? Pourquoi ont-ils enterré Ananie sans le dire à sa femme? Qui sont "les jeunes gens" qui apparaissent soudain? On ne peut pas répondre à de telles questions parce que les faits nécessaires pour y répondre n'ont pas été conservés; et ils ne l'ont pas été parce qu'ils n'avaient aucune portée sur la leçon donnée ici. Ce petit récit d'une supercherie a revêtu le caractère d'une parabole; c'est ainsi qu'il faut le lire.

En tant que parabole, le passage parle de la confrontation entre Satan et l'Esprit-Saint. Satan est celui qui tente les gens à être avides et à rechercher les honneurs (Lc 4,1-8). Satan pousse aussi les gens à tromper et à trahir pour l'amour de l'argent (Lc 22,3-6). C'est par la puissance de l'Esprit-Saint (Lc 4,1) que Jésus lui-même a affronté Satan et a surmonté les tentations de la recherche de la richesse et de l'honneur.

Le conflit entre Satan et l'Esprit-Saint se résout chez les disciples. Les vrais disciples, mus par l'Esprit comme l'était Jésus, acceptent même la pauvreté et le fait d'être rejetés pour rester fidèles (Lc 6,20-26). Ce sont eux qui sont prêts à perdre cette vie pour trouver la vie éternelle (Lc 9,23-26). De tels disciples font tomber Satan du haut des cieux (Lc 10,18). Satan a toutefois enregistré des victoires, comme dans le cas de Judas (Lc 22,1-3). Même dans les premières années de l'Église, de vrais disciples comme Barnabé vivaient dans les mêmes communautés que les faux comme Ananie et Saphire.

Note: En Actes 5,11, Luc utilise le mot "Église- pour la première fois. Il l'utilisera fréquemment par la suite. Le mot grec traduit un mot hébreu (qahal) qui veut dire ceux qui se rassemblent sur l'appel de Dieu. Luc comprend bien sûr l'appel comme venant de Dieu par Jésus qui est Seigneur et Messie.

Lecture Actes 5,1-11

L'histoire suppose que les membres étaient censés révéler ouvertement leur situation financière au moins aux chefs de la communauté. Cela était nécessaire à ia fois en vue d'une bonne organisation et d'éviter toute générosité imprudente qui risquerait de créer plus de pauvreté qu'elle n'en éliminerait. L'histoire suppose aussi que les disciples n'étaient pas obligés de vendre tout ce qu'ils possédaient et que, s'ils vendaient quelque chose, ils n'étaient pas tenus d'en abandonner tout le produit; un sacrifice aussi total était en réalité rare. Un disciple exceptionnel comme Barnabé devenait naturellement l'objet d'une profonde admiration. C'est ce prestige et cet honneur qu'Ananie et Saphire voulaient s'assurer sans en courir les risques. Leur péché a été de falsifier un des plus grands signes de la puissance de l'Esprit - le don total. Leur crime, en fait, est même allé plus loin. Ils ont agi comme si Pierre et les disciples formaient une organisation simplement humaine. Pour Ananie et sa femme il n'y avait rien de divin dans la communauté. C'est pourquoi Pierre s'est écrié: "Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu." L'Église est unie à Dieu par l'Esprit-Saint; une offense contre le peuple est un péché contre Dieu. La mort de l'homme et de sa femme indique le sérieux de leur crime et la mort éternelle que de tels péchés méritent. Le mal n'est pas toutefois sans avoir un bon effet; la communauté et tous ceux qui entendent l'histoire de ce qui est arrivé sont profondément frappés par la terrible leçon que contient l'incident (5,11).

La communauté continue dans la paix pendant quelque temps. Elle ne forme pas une société secrète, mais se réunit tout à fait ouvertement dans le Temple (5,12-16). Les gens ordinaires sont impressionnés par les disciples, surtout par les nombreux miracles que font les apôtres. Mais le grand prêtre et ses partisans sont hostiles. Ils emprisonnent les Douze, mais un ange les délivre (5,17-21). Une seconde fois, les apôtres sont détenus (5,21-33) et une fois de plus ils sont libérés, mais seulement après avoir reçu le fouet et de sévères avertissements. Cette fois-ci, leur liberté est due à l'intervention d'un membre du Sanhédrin. Son argument est simple: il n'y a rien à gagner à persécuter les disciples de Jésus; si leur œuvre vient des hommes, elle s'éteindra; si elle vient de Dieu, s'y opposer veut dire s'opposer à Dieu.

Lecture Actes 5,34-42

Gamaliel est un pharisien; son discours suppose que la résurrection des morts est possible. Il mentionne deux agitateurs qui avaient rallié de nombreux partisans. Dans chaque cas, fait-il remarquer, après la mort du chef, ses partisans se sont dispersés. Son argumentation sous-entend que, puisque les disciples de Jésus ne se sont pas dispersés après la mort de leur chef, il se pourrait peut-être bien qu'il soit effectivement ressuscité des morts, auquel cas leur cause est celle de Dieu et il ne faut pas s'y opposer. On accepte son conseil. Les apôtres sont relâchés après avoir été fouettés. ils ne sont aucunement découragés par cette humiliation; ils sont fiers d'avoir eu l'honneur de souffrir pour le

Seigneur (5,41). Au lieu d'aller se cacher comme on s'y attendrait, ils continuent audacieusement à se réunir dans le Temple (5,42). La puissance de l'Esprit en eux surmonte l'instinct humain normal de survivre. Si l'Église était l'œuvre des hommes, elle chercherait à se sauver à tout prix, mais puisqu'elle est l'œuvre du Seigneur Jésus, la mort ne lui fait pas peur.

Exercices pratiques

1. Identifier le sens de la citation prise dans le récit de la Pentecôte (2,1-13) en faisant correspondre une interprétation de la colonne B avec une citation de la colonne A.

A. Citations

a."Le jour de la Pentecôte étant arrivé..."

b "Ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu."

c."Vint du ciel, tout à coup, un bruit tel que celui d'un violent coup de vent."

d. "Ils virent apparaître des langues de feu qui se posèrent sur chacun d'eux."

e. "La foule s'assembla et fut bouleversée, car chacun les entendait parler sa propre langue."

f."D'autres encore disaient en se moquant: Ils sont pleins de vin doux!"

B. Interprétations

i L'Esprit vient de Dieu et il va faire renaître son peuple.

ii Dans l'assistance, certains sont témoins de la joie qu'apporte l'Esprit et l'attribuent à la boisson.

iii Jean-Baptiste avait prédit que Dieu enverrait son Esprit sous forme de langues de feu.

iv Le don de l'Esprit est la "moisson" de toute l'œuvre de Dieu.

v Chaque membre de la communauté reçoit le même Esprit-Saint.

vi Les témoins s'émerveillent parce que l'Esprit peut créer l'unité parmi des nations sans faire violence à leur culture.

vii Le groupe recevra l'Esprit comme don commun pour les unir.

viii L'Esprit fait parler les disciples extatiquement.

2.Énumérer les quatre choses auxquelles le peuple était particulièrement fidèle.

a.__________b.______________c._____________d__________________

3. Outre la prière de louange spontanée, Luc indique un second signe clair de l'œuvre de l'Esprit-Saint dans la nouvelle vie du peuple (4,32-35).C'est

2 Le Bien qui Naît du Mal (Actes 6,1 - 12,25)

Objectif Décrire l'œuvre de l'Esprit-Saint dans l'Église telle que la présentent Actes 6,1 - 12,25).

Comment aborder une crise (6,1-7)

Cette section des Actes nous donne de nombreux exemples de l'Esprit-Saint qui fait sortir le bien du mal et la vie de la mort. Le premier incident décrit un problème grave au sein de la communauté. Les veuves de langue grecque sont négligées dans la distribution quotidienne de nourriture. Le mal qui se manifeste ainsi est un préjugé contre les Hellénistes. Ceux-ci étaient des Juifs qui avaient passé la plus grande partie de leur vie en dehors de la Palestine et étaient par conséquent plus grecs (hellénistes) que palestiniens. Certains de ces Juifs hellénistes s'installèrent à Jérusalem pour passer leurs derniers jours dans la Ville sainte. Ces Juifs avaient leurs propres synagogues à Jérusalem et semblent avoir formé une communauté distincte de celle des Juifs du pays (voir Ac 6,8s). Les Palestiniens avaient tendance à regarder de haut les Hellénistes et ce préjugé semble être passé dans la communauté chrétienne. Loin de leurs propres familles, coupées de leur propre communauté helléniste et de toute part à la caisse de secours du Temple (Lc 21,1s) à cause de leur conversion, les veuves hellénistes se trouvent maintenant négligées par leurs propres frères et soeurs dans la foi.

Une fois de plus, Luc ne s'intéresse pas aux détails historiques; ii centre notre attention sur une seule vérité - comment l'Esprit peut faire sortir beaucoup de bien d'une mauvaise situation.

Lecture Actes 6,1-7

Les Douze convoquent une réunion plénière et proposent que sept hommes soient nommés pour surveiller la distribution des biens. La communauté choisit des hommes de "bonne réputation", auxquels on pouvait se fier pour la gestion de l'argent; "remplis de l'Esprit", esclaves ni de la cupidité ni de la tromperie; doués de "sagesse", c'est-à-dire capables de s'occuper des choses matérielles, de bons organisateurs (voir leçon 10, p.4). Puisque les sept hommes portent tous des noms hellénistes, le préjugé semble avoir été surmonté. Nous pouvons remarquer qu'il n'y a pas de prudent tirage au sort (1,26), mais une prière confiante et une imposition des mains rituelle.*

La solution d'un problème (injustice et préjugé) amène la solution d'autres problèmes et laisse l'Église plus forte et plus impressionnante que jamais. Les apôtres trouvent qu'ils sont maintenant libres de faire la tâche qui ne peut pas être déléguée à d'autres (la prière et l'enseignement); sept hommes de bien sont officiellement engagés au travail de l'Église. Tout le ministère en est grandement amélioré. En conséquence, le nombre des disciples augmente considérablement; et un grand nombre de prêtres juifs (le bas clergé) entrent dans l'Église. Dans le passage qui suit, nous verrons un bien encore plus grand et inattendu sortir de la solution de ce cas d'injustice.

*Ce geste évoque la transmission de l'autorité (ex. de Moïse à Josué, Nb 27,18 et 23), la consécration des Lévites pour le service du Temple (Nb 8,10). L, Église l'utilisait aussi au baptême (Act 19,6), à la confirmation (8,17), à l'ordination (1 Tm 4,14), à l'envoi en mission (Ac 13,3) et pour guérir (Ac 9,17).

Le premier martyr (6,8 - 8,3)

Étienne, un des sept Hellénistes désignés pour surveiller la distribution des secours, ne sera pas limité à cette tâche. L'Esprit lui a donné la sagesse, l'éloquence et le courage, dons dont il fallait faire usage. Il entame une discussion avec des Juifs hellénistes et se trouve arrêté et emmené devant le Sanhédrin (6,8-15). Il y fait un discours extraordinaire, qui résume toute l'histoire du peuple et montre comment la souffrance et le rejet sont toujours la marque des vrais serviteurs de Dieu. Au cours des siècles, la marque des chefs du peuple, par contre, a été la résistance à l'Esprit-Saint et les chefs actuels prouvent qu'ils ne font pas exception (7,51-53). Tandis que ces paroles exaspèrent le Sanhédrin, elles ne le scandalisent pas autant que la description qu'Étienne fait du ciel.

Lecture Actes 7,55 - 8,3

Le Sanhédrin comprend très bien qu'Étienne est en train d'affirmer la divinité de Jésus qui est "debout à la droite de Dieu". C'est un blasphème pour eux et ils réagissent en conséquence. Étienne est traîné hors de la ville et lapidé. Luc nous montre que, par sa mort, Étienne a part à la mort de son Seigneur: où Jésus a dit: "Père, entre tes mains, je remets mon esprit" (Lc 23,46), Étienne invoque le Seigneur Jésus et lui recommande son âme (Ac 7,59); où Jésus a prié: "Père, pardonne-leur..." (Lc 23,34), Étienne tombe à genoux et s'écrie: "Seigneur, ne leur impute pas ce péché" (Ac 7,60). Jésus est le Seigneur et parce qu'il est le Seigneur il ne fait qu'un avec ses disciples dans la vie et dans la mort.

On penserait que cette mise à mort et l'intense persécution qui a suivi (8,1-3) ralentiraient au moins la croissance de l'Église. En réalité, c'est le contraire qui se produit.

Les bénédictions qui découlent de la persécution (8,4-40)

Il semble que la persécution ait surtout visé les disciples hellénistes. Les Douze ne semblent pas avoir été chassés de Jérusalem, probablement parce qu'ils étaient tous originaires de Palestine. Mais Philippe, un des sept Hellénistes désignés pour s'occuper des pauvres, qui dut fuir, voit sa fuite se transformer dans le premier voyage missionnaire chrétien. Philippe qui, par l'imposition des mains, c'était vu associer à l'œuvre des apôtres, devient comme l'un des soizante-douze disciples envoyés par le Seigneur devant lui dans les endroits qu'il voulait lui-même aller voir (Lc 10,1s). Philippe baptise beaucoup de Samaritains, mais n'achève pas la tâche de leur entrée dans l'Église. Les apôtres eux-mêmes doivent venir compléter le baptême des nouveaux convertis, exactement comme le Seigneur lui-même avait à compléter l'œuvre des soixante-douze."

*Les deux sacrements d'entrée dans l'Église, baptême et confirmation, expriment la distinction entre l'œuvre de Philippe et celle des apôtres. Le baptême est normalement la tâche du chef de la communauté locale (paroisse), mais la confirmation, celle de l'évêque.

Lecture Actes 8,14-17

Luc raconte les rencontres de Philippe et des apôtres avec un magicien à moitié converti du nom de Simon. (D'où notre mot de "simonie" pour désigner le désir d'acheter ce qui est sacré.) Après avoir menacé Simon de la damnation s'il ne changeait pas ses façons de faire, les apôtres repartent pour Jérusalem. Sur leur chemin, ils prêchent aussi la Bonne Nouvelle aux Samaritains (8,25). Pendant ce temps, Philippe, poussé par l'Esprit, emprunte une route qui entre dans un désert, direction fort inattendue pour un missionnaire. Il ne se rend pas compte qu'il va recevoir le premier Africain dans l'Église.

Note: "L'Ange du Seigneur" (8,26) désigne l'Esprit-Saint (voir vv.29 et 39). Un Éthiopien: un noir africain de Nubie ou du Soudan. Un eunuque: haut fonctionnaire de la cour d'une reine; il n'était pas nécessairement castré. L'Éthiopie était alors gouvernée par des reines désignées par le nom de "Candace".

Lecture Actes 8,26-40

C'est sans avoir fait aucun projet que Philippe commence à réaliser les espérances que Dieu avait données à son peuple (ex. Ps 68,31; 87,4). Luc ne nous dit pas si le voyageur éthiopien est un converti au judaïsme, mais il nous dit qu'il est allé en pèlerinage à Jérusalem et qu'il connaît bien le livre du prophète Isaïe. Il n'arrive pas à comprendre le passage du Serviteur souffrant Os 52,13 - 53,12). En commençant par ce passage. Philippe lui annonce la Bonne Nouvelle. L'homme reçoit la foi, est baptisé et poursuit sa route tout joyeux. La Bonne Nouvelle est portée à l'Afrique. Poussé par l'Esprit, Philippe se retrouve à prêcher l'Évangile d'une ville à l'autre jusqu'à Césarée. Les desseins de l'Esprit vont bien au-delà des plans et des prévisions des hommes. Il faut toujours compter avec l'inattendu, mais rien n'était aussi inattendu que l'événement narré dans le passage suivant.

Un instrument de choix (9,1-31)

Certains commentateurs par le passé ont essayé de trouver des explications psychologiques à l'incroyable transformation décrite dans la lecture suivante. Ils suggèrent que Sauf commençait à se fatiguer de sa propre fureur et en même temps à soupçonner qu'il pouvait y avoir une certaine vérité dans ce que les chrétiens croyaient. Mais on ne trouve rien de la sorte dans les Actes. Tel que Luc le présente, Seul est un Pharisien strict, enflammé de zèle pour la pureté de la foi de ses ancêtres, impitoyable dans sa détermination d'écraser le nouveau mouvement hérétique. Pour lui, les groupes encore fidèles à Jésus sont une insulte vivante à la haute cour sacrée qui a déclaré que c'était un imposteur; en prêchant le blasphème comme une bonne nouvelle, ils sont traîtres à leur propre peuple, qu'ils menacent de l'intérieur comme une infection mortelle.

C'était de lui-même qu'il avait demandé l'autorisation de procéder à sa campagne d'annihilation. Alors qu'il se dirige vers Damas, "ne respirant que menaces et carnage", il est tout sauf un homme peu sûr de lui, c'est un homme décidé qui est convaincu de la noblesse de sa croisade. Il n'est d'aucune façon prêt à ce qui va arriver. (Voir Ga 1,11-16; Ph 3,5-12.)

Note: "Seul" est son nom araméen; son nom grec est "Paul". "La Voie" est un des noms que Luc emploie pour désigner le Christianisme (9,2; 19,9 et 23; 22,4; 24,14 et 22). Cela suggère que la condition de disciple est un cheminement dans les pas de Jésus; thème que Luc développe dans son évangile.

Lecture Actes 9,1-21

Le Seigneur a d'autres plans pour Saul. Le destructeur deviendra un bâtisseur, le persécuteur un instrument de choix, celui qui infligeait les souffrances, un martyr pour son Nom. Le changement s'abat sur lui comme un éclair: "soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté". Sauf tombe à terre; il est incapable de résister. La voix qu'il entend est celle de Jésus, de Jésus uni à ses disciples qui souffrent: "pourquoi me persécutes-tu?" Elle lui ordonne de continuer jusqu'à Damas où on lui dira que faire. Les yeux ouverts, ses compagnons ne voient personne; mais Saul, les yeux fermés, a vu le Seigneur ressuscité. Et "quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien": le persécuteur clairvoyant et décidé est maintenant aveugle et sans défense; il a besoin d'être conduit par la main (v.8). Au bout de trois jours de jeûne, le Seigneur lui révèle sa volonté dans une vision pendant sa prière. Ananie, disciple de Jésus, doit venir, imposer les mains à Saul et le baptiser. C'est ce qui se produit et Saul recouvre la vue.

Pour Luc la conversion de Paul est si importante qu'il la rapporte trois fois (9,1s; 22,3s; 26,9s). L'événement est une illustration frappante de la puissance qu'a l'Esprit de transformer un ennemi en un loyal serviteur du Seigneur Jésus. C'est aussi un exemple frappant de la façon dont la puissance de Dieu peut conduire l'Église à l'avenir par des voies totalement inattendues. On aurait cru que les Douze suffisaient pour les plus grands efforts missionnaires, mais ce n'est pas le cas. L'Esprit va en dehors des fondateurs officiels de la communauté et choisit comme instrument spécial l'homme le plus inattendu possible. Luc prend soin, toutefois, de faire remarquer que cet homme n'était pas un dissident qui entreprend de lui-même une mission à la suite d'une rencontre personnelle avec le Christ. Ii fallait que Paul soit présenté aux apôtres et à la communauté de Jérusalem et accepté par eux (9,26-30). (On trouve des précédents de l'Esprit à l'œuvre en dehors du cercle des serviteurs de Dieu nommés officiellement en Nb 11,25-28 et Lc 9,49-50.)

L'aspect le plus significatif de la conversion de Paul est, toutefois, qu'elle marque le commencement d'un changement radical dans les membres du peuple de Dieu. Dans le ministère de Philippe, nous avons vu un premier effort pour déborder le cadre des Juifs palestiniens et hellénistes de Jérusalem (8,4-40). Au chapitre 10, Pierre recevra le premier Gentil dans la communauté. Mais la grande mission auprès des païens est placée entre les mains de Paul: "cet homme m'est un instrument de choix pour porter mon nom devant les païens" (v.15). Plus que tout autre, il remplira son mandat de prêcher à toutes les nations (Lc 24,47). Peu après son baptême, Paul commence hardiment et avec conviction à proclamer "Jésus est le Fils de Dieu" (v.20). Ce premier ministère s'adresse aux Juifs*; c'est un ministère qui lui apprend immédiatement combien il est appelé à souffrir pour l'amour du Seigneur Jésus. Sa prédication rend furieux ceux qui ont été ses partisans. Quand ils menacent de le tuer à Damas, il s'échappe en se faisant descendre le long de la muraille dans un panier; quand une menace analogue survient à Jérusalem, on l'envoie dans sa ville natale, Tarse. Il y attendra jusqu'au moment fixé pour que commence son œuvre extraordinaire.

*Luc ne fait aucun effort pour nous donner des renseignements chronologiques exacts sur le début du ministère de Paul. De la lettre de Paul aux Galates nous pouvons déduire que cela a duré plusieurs années. Avant d'aller à Jérusalem, il a travaillé en Arabie (la Jordanie actuelle) et à Damas pendant trois ans ou plus. Voir Ga 1,17.

Pierre et le premier Gentil (10,1 11,18)

Luc prend soin de nous dire que, tandis que Paul sera la figure centrale de la mission auprès des païens, il faut que ce soit Pierre qui baptise le premier un Gentil. En tant que chef des Douze, Pierre est conduit par une révélation spéciale à recevoir Cornélius, centurion romain, dans l'Église. À chaque pas, il est guidé d'en haut. Tandis que Pierre était en train d'instruire Cornélius et sa famille, l'Esprit est descendu sur eux tout à fait comme sur l'Église à la Pentecôte. Si le Seigneur avait ainsi conféré son Esprit à ces Gentils, soutenait Pierre, comment pouvait-on leur refuser le baptême. Il les baptisa, sur le champ et sur les lieux. On peut supposer qu'il ne les a pas obligés à être circoncis.

Note: La vision décrite dans le passage suivant comporte l'enseignement sur la Loi à propos des aliments purs et impurs. Sur le sens et le but de ces règles, voir Marc 7, leçon 22, p.9.

Lecture Actes 10,1 - 11,18

La nouvelle de ce qu'il avait fait atteignit Jérusalem avant le retour de Pierre. Il explique calmement ce qui l'a conduit à prendre cette décision. La communauté est satisfaite de ses raisons pour l'association des Gentils 'impurs" aux autres et pour leur baptême. en rédigeant cela (11,1s). Luc nous a donné une indication des difficultés à prévoir: "Les Juifs" critiquaient Pierre parce qu'il fréquentait les Gentils et surtout parce qu'il mangeait avec eux. Ces Juifs sont des chrétiens qui continuent à observer les règles les obligeant à éviter tout contact avec les païens. Ces disciples acceptent la conduite de Pierre, en partie parce qu'il est, après tout, le chef des Douze, et en partie parce qu'il ne s'agit que d'une famille de Gentils. À mesure que le nombre des Gentils convertis augmentera, nous verrons que ce problème sera à nouveau soulevé et causera beaucoup plus de difficultés.

Antioche proclame la Bonne Nouvelle (11,19 - 12,25)

Luc nous montre maintenant un autre effet extraordinaire de la persécution dans laquelle Étienne a été tué. Nous avons déjà vu comment Philippe, un des nombreux disciples hellénistes qui s'étaient enfuis de Jérusalem, avait prêché l'Évangile aux Samaritains et à un Éthiopien. Nous découvrons maintenant que d'autres réfugiés hellénistes faisaient l'œuvre du Seigneur. Tout d'abord, ils ne prêchent qu'aux Juifs, mais avec le temps ils commencent à proclamer l'Évangile aux Grecs, c'est-à-dire aux Gentils, et beaucoup viennent à la foi au Seigneur Jésus. Avant longtemps, la nouvelle atteint Jérusalem et, tandis que Luc ne le dit pas, nous pouvons supposer d'après les mesures prises que cela a fait du bruit. la communauté-mère envoie un de ses membres les plus en vue, Barnabé (Ac 4,36s), pour investiguer et faire un rapport. Ce qu'il trouve à Antioche lui plaît, les Gentils convertis ont manifestement reçu la grâce de Dieu. Pour Barnabé, c'est un signe évident que le moment est venu d'aller chercher Saul à Tarse avant de retourner à Jérusalem.

Lecture Actes 11,19-30

Il existe maintenant des assemblées de disciples à Jérusalem, en Judée, en Samarie et en Galilée (9,31). C'est le moment de répandre la Bonne Nouvelle au-delà des frontières de la Palestine. C'est de fait ce qui arrive: une "Église" est fondée à Antioche, grande ville dans le nord de la Syrie à 500 kilomètres (env. 310 milles) de Jérusalem. Les communautés palestiniennes sont toutes sous la surveillance de l'Église mère à Jérusalem. Cette nouvelle Église d'Antioche doit aussi être en contact avec l'Église de la Ville

"Pierre monta sur la terrasse pour prier. Il sentit la faim et voulut prendre quelque chose; or, pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase. . . " Actes 10,9-10

sainte. C'est d'autant plus nécessaire que la vigueur et le zèle de la communauté d'Antioche rendaient celle-ci de plus en plus indépendante de Jérusalem. Comme nous l'avons vu, la réception de grands nombres de Gentils dans l'Église d'Antioche amène la communauté de Jérusalem à envoyer Barnabé comme représentant officiel. C'est le premier d'un certain nombre de cas dans les Actes où Luc attire l'attention sur la nécessité de contacts officiels entre les communautés pour maintenir l'unité. Il nous montre la nécessité de délégués soigneusement choisis dont la fonction est de maintenir le lien d'unité, une unité qui est sévèrement menacée à toute époque de croissance et de changement rapides. Barnabé travaille avec Paul pendant toute une année à Antioche. A la fin de laquelle Paul est si bien accepté par les disciples d'Antioche qu'il est choisi pour être leur délégué officiel auprès de l'Église de Jérusalem. L'unité de la nouvelle Église d'Antioche avec l'Église mère s'exprime également tangiblement par de l'argent. (N'avoir qu'un cœur et qu'une âme veut toujours dire partager l'argent quand c'est nécessaire. Voir 4,32.) Une famine qui menace tout le monde a déjà commencé à affecter la vie des disciples de Jérusalem, aussi l'Église d'Antioche fait-elle une collecte qu'elle fait porter par Barnabé et Paul (11,27-30).

Luc conclut cette section des Actes par un récit de la persécution de Pierre. Hérode, le neveu de celui qui a fait décapiter Jean-Baptiste, a d'abord fait décapiter l'apôtre Jacques (12,2) et a projeté ensuite de se débarrasser de Pierre. Mais le temps n'est pas encore venu pour Pierre d'offrir sa vie.

Lecture Actes 12,1-25

L'ennemi dans le récit de Luc ne semble se préoccuper que des apôtres. Barnabé et Saul ne sont touchés. Ils retournent à Antioche, emmenant avec eux un autre membre de la communauté de Jérusalem, Jean Marc. Ils entreprendront bientôt tous les trois le premier vraiment grand voyage missionnaire.

Exercices pratiques

4.En Actes 6,1, Luc décrit un problème qui existait dans la communauté de Jérusalem. Compléter les affirmations suivantes sur le bien que l'Esprit-Saint a fait naître de la solution de ce grave problème.

a.Les disciples ont surmonté le problème du préjugé contre les _______.

b. Les disciples ont établi une méthode pour assurer la juste distribution des __________.

c.Les apôtres ont été libérés pour remplir la tâche qui ne pouvait pas être déléguée à d'autres, à savoir __________ et__________.

d. Par suite de la nomination des Sept, il y eut une grande amélioration dans l'ensemble du _________de l'Église.

e. Par suite de la nomination des Sept, il y eut une grosse augmentation du nombre de__________.

5.Indiquer si les affirmations suivantes portant sur Actes 6,1 - 12,25 sont vraies ou fausses:

____a.La persécution dans laquelle Étienne a été tué a fait cesser l'Église de proclamer l'Évangile pendant un temps.

____b Jésus, le Seigneur ressuscité, ne fait qu'un avec ses disciples dans la vie et dans la mort.

____c Grâce à des plans soignés, Philippe prêchait l'Évangile à ceux qu'il rencontrait.

____ d. L'Éthiopien que Philippe a baptisé était un Juif qui avait un poste élevé à la cour d'Éthiopie.

____e.L'Esprit-Saint avait préparé Paul à sa conversion en le faisant douter de la vérité de sa mission de persécution des chrétiens.

____f.La conversion de Paul est un exemple frappant de la façon dont l'Esprit peut changer un ennemi en fidèle serviteur du Seigneur.

____g.La mission de Paul est un exemple de la façon dont un individu peut recevoir une mission personnelle qui n'a pas besoin de l'approbation des chefs de l'Église.

____ h. La mission de Paul est un exemple de la façon dont l'Esprit peut choisir des serviteurs en dehors du cercle des chefs officiellement désignés.

____i.Tandis que Paul se voyait confier la mission auprès des païens, c'était à Pierre de baptiser le premier Gentil.

____j.Les rapports entre les Églises de Jérusalem et d'Antioche étaient si amicales que point n'était besoin de délégués officiels.

3 L'Évangile aux nations (Actes 13,1 - 28,31)

Objectif Décrire l'action de l'Esprit-Saint dans l'Église d'après Actes 13,1 - 28,31.

Cette section de notre leçon porte sur seize chapitres des Actes. Inutile de dire qu'il nous faudra choisir pour notre commentaire. Et nous avons choisi de concentrer notre attention sur quelques passages dans lesquels nous verrons comment l'Esprit de Dieu guide l'Église pendant des temps difficiles mais enthousiasmants. À mesure que le nombre des disciples augmente et que de nouvelles communautés se multiplient au-delà des limites de la Palestine, l'unité est menacée et de nouveaux défis sont lancés. Comment des disciples qui sont encore de stricts observateurs de la Loi de Moïse peuvent-ils vivre avec des païens qui n'observent pas ces règles? Comment prêche-t-on l'Évangile à des Gentils qui ignorent l'Ancien Testament? Comment un missionnaire chrétien établit-il de nouvelles communautés et comment les entretient-il? Telles sont les principales questions auxquelles il sera répondu dans cette partie de cette leçon.

Nous devons nous tourner vers les Gentils (13,1 - 14,28)

Dans la première lecture, Luc nous montre que l'Esprit-Saint a conduit l'Église d'Antioche à une maturité totale: la communauté a cinq chefs qui ont le don de prophétie et d'enseignement et elle prend maintenant l'initiative de sa propre activité missionnaire.

Lecture Actes 13,1-5

Le don de "prophétie" permet à une personne d'interpréter la direction dans laquelle Dieu veut que la communauté aille. Le maître est celui qui a l'aptitude d'instuire dans la foi. Ces deux dons viennent immédiatement après le charisme d'apôtre (voir 1 Co 12,28). L'Église d'Antioche atteint l'âge adulte quand elle est poussée par l'Esprit à envoyer ses propres missionnaires. Barnabé et Saul reçoivent ce mandat et se mettent en route avec Jean Marc vers Chypre, le pays d'origine de Barnabé.

La politique des missionnaires est de prêcher l'Évangile d'abord aux Juifs. Après avoir rapporté les circonstances extraordinaires qui ont conduit à la conversion d'un fonctionnaire romain (Ac 13,6-12), Luc nous donne le premier de trois sermons majeurs de Paul*; il s'adresse aux Juifs.

Lecture Actes 13,13-43

Paul donne une vue d'ensemble de l'histoire du peuple culminant avec la venue de Jésus. L'accent est mis sur la résurrection du Seigneur et le pardon des péchés qui en découle. Les paroles de Paul sont fermes mais douces. Elles sont bien reçues. Mais l'opposition naît presque aussitôt.

Lecture Actes 13,44-52

*Les deux autres: son discours à des païens cultivés à Athènes (17,16-34) et son adieu aux anciens d'Éphèse (20,17-38).

L'Église d'Antioche a prêché l'Évangile d'abord aux Juifs puis aux païens de la Ale (11,19s). Ses missionnaires font maintenant leur cette politique. Quand les Juifs rejettent la Bonne Nouvelle, ils se tournent vers les païens. Dans chaque ville, Paul et Barnabé trouveront des Juifs comme des Gentils qui sont prêts à recevoir la foi et, dans chaque ville, il y a ceux (à la fois Juifs et Gentils) qui refusent le message, se retournent contre les missionnaires et les forcent à partir (13,50s; 14,4s; 14,19s).

Quelque chose d'inhabituel est rapporté au chapitre 14: une foule de païens, impressionnée par un miracle accompli par Paul, se prépare à adorer Paul et Barnabé comme des dieux à forme humaine. L'intérêt de Luc dans ce passage se porte sur les paroles que Paul crie à ses admirateurs malavisés (14,15-17). Dès que Paul a fini, Luc interrompt son récit brusquement (v.18). Le court sermon de Paul est important pour Luc parce qu'il illustre la façon dont il convient de commencer l'évangélisation de païens sans éducation, de gens qui ignorent à la fois l'Ancien Testament et la littérature grecque.

Lecture Actes 14,8-18

Paul s'écrie qu'il n'est qu'un être humain, mais qu'il parle au nom du Dieu vivant, le créateur de tout ce qui existe. Il dirige l'attention de la foule sur les merveilles de la nature qui témoignent de la bonté du Créateur de toutes choses (Ps 104,13-15). L'accent sur la vie (le Dieu vivant qui donne et soutient la vie) évoque la façon dont devrait commencer l'instruction des païens pour que leurs esprits soient préparés à accepter finalement la résurrection de Jésus dans la plénitude de la vie. (Au chapitre 17, Luc donnera un sermon destiné à des païens qui ne connaissent pas l'Ancien Testament, mais ont étudié la littérature grecque.)

D'une scène dans laquelle les missionnaires sont presque adorés, Luc passe à une autre où Paul est lapidé et abandonné parce qu'on le croyait mort (14,18-20). Inébranlables, les deux apôtres continuent leur œuvre. Ils décident de retourner vers leur communauté d'Antioche (en Syrie), mais sur le chemin du retour ils vont voir les Églises qu'ils avaient fondées (14,21-28). Paul et Barnabé affermissent ces nouvelles communautés en leur disant tout ce qui est arrivé et en nommant des anciens (chefs) dans chacune d'elles. Quand ils arrivent chez eux, toute l'Église d'Antioche se rassemble pour les accueillir et pour entendre un récit de leur voyage. La nouvelle la plus stupéfiante est que Dieu a "ouvert aux païens la porte de la foi" (14,27). Tandis que la communauté d'Antioche accepte très bien cette nouvelle - elle avait en effet déjà reçu beaucoup de Gentils (19,11s) - certains membres de l'Église de Jérusalem en sont très troublés.

Le premier "Concile" de l'Église (15,1-35)

Le chapitre 15 nous montre comment l'Esprit-Saint guide l'Église qui doit faire face à un problème pastoral grave. Il s'agit dans ce cas de l'admission des païens incirconcis dans le peuple de Dieu, mais ce dont il est réellement question, c'est de l'unité de l'Église, Comment l'Église de Jérusalem peut-elle rester unie à l'Église d'Antioche et à toutes les Églises nouvellement fondées dans les îles et en Asie mineure? Luc a soigneusement composé ce chapitre pour nous montrer comment l'Église devrait se comporter afin de résoudre des problèmes qui menacent son unité. C'est dans ce sens que la grande assemblée qu'il décrit devient un modèle pour tous les Conciles de l'Église - jusqu'à nos jours.-

*Après un examen attentif de ce chapitre, la plupart des exégètes concluent que Luc a rassemblé en une seule scène ce qui a probablement eu lieu à différents moments. Luc a fait de ce qui aurait pu être un compte rendu ennuyeux et confus de décisions et d'événements divers un récit concis et puissant.

La controverse qui a causé un tel émoi dans l'Église était centrée sur deux questions: La première était une question de doctrine: comment est-on sauvé? La foi au Seigneur Jésus et la fidélité à l'Évangile suffisent-elles, ou doit-on aussi accepter tout ce que la Loi de Moïse exige? Un des camps du débat soutenait que la foi au Seigneur Jésus était tout ce que Dieu demandait; l'autre camp maintenait qu'il fallait être circoncis et suivre toutes les règles de la Loi de Moïse. La seconde question était pratique et touchait un point très sensible. Beaucoup de Juifs qui étaient maintenant d'ardents disciples du Christ s'étaient tenus à l'écart des païens toute leur vie; ils avaient scrupuleusement évité de manger avec eux ou de les fréquenter. La pensée d'appartenir à une seule et même communauté avec des païens, l'idée même de manger avec eux, de partager l'Eucharistie avec eux, leur était odieuse. Certaines pratiques païennes (ex. de manger ou de boire du sang, de se marier entre proches parents) étaient si répugnantes qu'aucun Juif fidèle qui était devenu chrétien ne pouvait même supporter la compagnie de quiconque faisait de telles choses.

Luc commence son récit du grand "Concile de Jérusalem" en situant la scène (15,1-5). De la façon dont Luc la décrit, l'Église idéale n'échappe aucunement à la controverse ou à des discussions passionnées. L'Église qu'il présente n'est pas un modèle parce qu'elle échappe aux dissensions, mais parce qu'elle sait régler les différends entre ses membres. Dans les premiers versets, Luc nous donne les deux points de vue.

Lecture Actes 15,1

"Certaines gens descendus de Judée..." (v.1): Luc veut que nous comprenions que ces hommes n'avaient aucune autorité venant de l'Église de Jérusalem; c'étaient des délégués qui s'étaient nommés eux-mêmes. Ce qu'ils essaient d'imposer à l'Église d'Antioche, ce sont leurs propres opinions personnelles. "Si vous ne vous faites pas circoncire, vous ne pouvez être sauvés"; la circoncision avait été un signe de l'appartenance au peuple de Dieu depuis les tout débuts; Abraham la pratiquait (Gn 17). Comment les Gentils pouvaient-ils être dispensés de la circoncision alors que c'était si manifestement la volonté de Dieu pour son peuple? Après un débat long et passionné, il est décidé d'envoyer une délégation officielle aux seules personnes capables de résoudre la question: les apôtres et les anciens à Jérusalem (v.2). Paul et Barnabé, ceux-là même dont le ministère avait mis la question à l'ordre du jour, sont désignés avec quelques autres pour porter les vues de l'Église d'Antioche aux chefs de l'Église de Jérusalem.

Luc souligne (v.3) qu'ils ont été envoyés par l'Église d'Antioche et non par une faction de la communauté. En chemin, les délégués racontent leurs succès auprès des Gentils aux communautés de Phénicie et de Samarie et s'attirent l'appui de ces communautés (v.3). Aussi, à leur arrivée à Jérusalem, les envoyés d'Antioche peuvent parler non seulement pour leur propre Église, mais pour les autres communautés aussi. Quand ils arrivent dans la Ville sainte, ils sont accueillis "par l'Église, les apôtres et les anciens"; les représentants authentiques d'Antioche sont reçus par la communauté de Jérusalem et ses chefs. Les délégués d'Antioche exposent leur cas, faisant le récit de "tout ce que Dieu avait fait avec eux" (v.4). Ils sont persuadés que Dieu est la source de leur succès. Les Pharisiens qui étaient devenus des disciples présentent l'argument contraire (v.5). Les deux camps exposent leur cas ouvertement.


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