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Excerpt for Management par le Kongossa by , available in its entirety at Smashwords




MANAGEMENT
PAR LE KONGOSSA







Soh James





MANAGEMENT
PAR LE KONGOSSA

UNE PRÉFACE DE ROLAND MISSE

















Living Books Publishing
Makepe, rue des avocats









Copyright © 2018 par Soh James.

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre.

ISBN : 978-0-4638-5174-6 (Ebook)

ISBN : 978-1-9829-7720-7 (Livre Imprimé)


Publié par

LIVING BOOKS PUBLISHING

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Catalogue : Entreprise, Management, Société, Éditeur, Auteur, Titre.



REMERCIEMENTS



ce livre s’inspire largement d’expériences vécues par l’auteur et par d’autres personnes, hommes et femmes, de divers secteurs d’activité, du privé et du public. Tous ont généreusement partagé leurs souvenirs en entreprise, où les managers pratiquent ce que j’ai choisi d’appeler « Management par le Kongossa ».

Merci aussi à ces managers, parce que grâce à eux, nombre de jeunes apprenants qui reçoivent des cours théoriques sur le management de qualité, sauront en lisant ce récit que la réalité sur le terrain peut ne pas toujours répondre à leurs attentes.

Dans un monde où les pauvres payent le prix de leur pauvreté, et les riches celui de leur arrogance, j’ai écrit ce récit pour contribuer à changer les choses.

Je remercie vivement ces managers-là qui, sans le vouloir, m’ont inspiré.



PRÉFACE



Voici un merveilleux livre qui révèle les tabous des employés quant au processus de prise de décision dans nos entreprises. Quand vous érigez la médiocratie en système de management, vous gagnerez sporadiquement quelques batailles, mais vous perdrez inéluctablement la guerre.

Le sujet central de cet ouvrage est particulièrement cité dans l’un des 7 principes de management de la qualité qui ont été mis à jour, il y a juste 3 ans. Voici ces 7 principes présentés en mode « Kongossa » :

  1. Orientation client : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si je n’écoute pas mes clients, si je ne sais ni ce qu’ils attendent de moi, ni s’ils sont satisfaits de mes prestations ?

  2. Responsabilité de la Direction : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si les dirigeants se moquent de l’esprit, des valeurs et de l’ambiance qui règnent dans leurs organisations ?

  3. Implication du personnel : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si le personnel travaille sans aucune conscience professionnelle et ne s’implique pas dans ses missions ?

  4. Approche processus : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si nous gérons nos ressources sans s’occuper des résultats qu’elles génèrent et sans surveillance d’aucune sorte ?

  5. Amélioration : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si nous faisons toujours la même chose sans jamais progresser ?

  6. Prise de décisions fondée sur des preuves : Comme disait Euclide, « ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve ». Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si nous décidons en fonction des rumeurs qui circulent et du kongossa ?

  7. Management des relations avec les parties intéressées : Est-ce que performance et succès seront au rendez-vous si nous achetons n’importe quoi à n’importe qui ?

A l’évidence cet ouvrage n’est pas un recueil de bonnes pratiques de management. Pourtant on y trouve des anecdotes et des réflexions qui permettront à chaque adulte en activité, ou en recherche d’emploi, de comprendre l’océan rouge dans lequel il nage ou nagera bientôt.

Chaque cas présenté dans ce livre est un cas vécu en entreprise et plus généralement dans notre société. Vous doutiez probablement de trouver le « Management par le Kongossa » comme principal système de management dans une entreprise de cette planète au 3ème millénaire, dans un contexte de mondialisation accélérée et de règne du « Data Driven Management » (DDM) ? Eh bien, c’est que vous n’étiez pas encore confrontés aux dirigeants du 237 !

Alors consommez et proposez ce délicieux dessert à qui vous savez !


Roland MISSE

Expert Certifié en Excellence
Stratégique et Opérationnelle



INTRODUCTION



Le peuple Bantou, nous a-t-on enseigné sur le plan anthropologique, se nourrissait de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Il avait un mode de vie lié à l’eau. C’est un peuple qui vivait dans la forêt, entouré d’arbres et de collines.

Savoir ce qu’il y a derrière la colline ou au-delà de l’horizon des arbres ne le préoccupait pas suffisamment. Les bantous ne savaient pas voir au-delà de la forêt, pas plus loin que le bout de leur nez, car ils étaient un peuple agriculteur et sédentaire.

Du point de vue historique, ce peuple a subi de plein fouet les méandres de la domination culturelle d’autres civilisations. Peut-être que cela explique, en partie, pourquoi certains parmi eux sont prédisposés de nos jours, en entreprise, à être des béni-oui-oui, et pourquoi certains sont prêts à mentir et à tricher pour être dans les petits papiers du patron.

Ce peuple fier et travailleur a eu la faiblesse d’être jadis une société à tradition orale. Peut-être la transmission de la mémoire cellulaire de ce savoir-être ancestral n’a pas été bien assimilé par les descendants des futures générations.

On a même tendance à croire que l’âge de la sagesse côtoie celui de la déraison. On remarque de plus en plus que certains bantous sont faibles devant l’argent, et sont prêts à trahir pour la faveur du prince. Ils sont prêts à détruire tout ce qui se met en travers de leur chemin pour le pouvoir, l’avoir et la gloire.

Notre monde évolue de nos jours plus vite que jamais. Le baril de pétrole est en dessous de 50 dollars. L’économie des pays de la sous-région est en chute libre. Les gens ont faim. Ils sont au chômage. Ils vivent chichement et deviennent pathologiquement égoïstes et égocentriques. Le langage de l’hypocrisie et les replis identitaires se développent à vitesse grand V. Tout ceci fait les choux gras de certains promoteurs d’entreprises. Dans de telles circonstances, ils sont enclins à réaliser des profits encore plus obscènes. Ils veulent profiter des personnes psychologiquement affaiblies et des choses sans en payer le prix convenable. Voilà comment les conditions d’existence du management par le kongossa ont été réunies.

Le kongossa est le fait de colporter les ragots et les bruits de couloir sans pour autant avoir reçu quitus de le faire. Le kongossa est aussi le fait de travestir une information dans le but de ternir irrémédiablement la réputation, professionnelle ou non, de quelqu’un d’autre. C’est un couteau à double tranchant que les uns et les autres utilisent pour les règlements de compte en entreprise, milieu dans lequel, les coups bas alimentent à profusion le quotidien des employés.

La question que l’on peut se poser est celle de savoir à qui profite le management par le kongossa en entreprise ? Autrement dit, quelles sont les conséquences sociétales de ce système managérial qui semble avoir le vent en poupe dans notre socle sociologique ? Pourquoi certains managers adorent chaque jour un peu plus le kongossa et l’utilisent comme outil de gestion ? Comment comprendre que même certains intellectuels qui ont fait de longues études en gestion, une fois devenus managers, s’accommodent à ce style managérial de l’ancienne technologie ? Ne découlerait-il pas d’un environnement qui se veut propice et favorable à son émergence ? Comment se dépêtrer de ce bourbier ?

Comme signe avant-coureur des entreprises qui pratiquent ce management, vous verrez la forme juridique de l’entreprise. Généralement, une SARL ou une SA unipersonnelle (actionnaire unique) est un indice fiable qui montre que cette entreprise soit un sujet à risque.

Dans un tel milieu, le patron fait la pluie et le beau temps. À l’entretien d’embauche, on vous fera patienter durant des heures avant de daigner vous recevoir comme prévu. Et si jamais votre candidature est retenue, ce genre de manager, marchand de rêves et vendeur d’illusions, cherchera, dès le départ de votre future collaboration, à trouver un moyen de vous contrôler en retenant, par exemple, votre passeport.

Comme symptôme avant-gardiste d’une entreprise déjà minée, vous verrez que les employés ont la mine usée par le chagrin. On peut aussi déceler la tristesse au fond de leurs yeux.

Le plat d’entrée est constitué des mois de paie de 45 jours en moyenne. Ce qui veut dire que le patron essaie, tant bien que mal, de les tenir en laisse. Personne ne dit ce qu’il pense ou ne pense ce qu’il dit. Entre ce que les gens disent et ce qu’ils éprouvent réellement, il y a un vrai gap. Les violences verbales sont légions. Les convenances tribales prennent le dessus sur le talent. L’autorité statutaire prédomine sur l’autorité de compétences et ceux qui écrivent les lois sont les premiers à les enfreindre.

Le plat de résistance quant à lui, est un mélange bien assaisonné de jeux de pouvoir qui bloquent le fonctionnement de l’entreprise. Il est aspergé d’une absence totale de recul dans la prise de décisions incroyablement subjectives, et est mitonné par des individus qui se font des messes basses à longueur de journée. Il est surtout bien pimenté par des collaborateurs qui se carottent mutuellement, offrant ainsi au manager, un spectacle ahurissant dans lequel il fait asseoir sa suprématie et trouve sa jouissance dans le mal qu’il fait autour de lui.

Le dessert du jour est une humiliation fourrée d’amertumes et caramélisée par une injustice à ciel ouvert, invitant certains employés, qui comme des abeilles, butinent de fleurs en fleurs, à la recherche de potins et de ragots à colporter.

Dans ce système, le manager fait très souvent dans la navigation à vue, et a une indiscipline budgétaire caractérielle. Il confond souvent les fonds propres de l’entreprise à son patrimoine personnel. Il est allergique à l’instruction et aux autres cultures. Raison pour laquelle, l’expansion d’une telle entreprise à l’échelle internationale est rarissime. Le goût du risque est très souvent limité sur le plan géographique, ils adorent les commères et les persifleurs. La mort du promoteur entraîne souvent le déclin de l’entreprise parce que tout se résume à sa personne.

Il est conscient du fait que le marché du travail ne vous offre pas plusieurs options. Il n’est pas très dynamique. Il y a de fortes chances que vous démissionniez d’un poste de travail où vous dénonciez le management par le kongossa, pour tomber sur un management par le kongossa bien pire encore.

Au mieux, le salarié en souffre. Au pire, il broie du noir et galère. Avec ce management, le salarié a du mal à garantir la stabilité financière de sa famille nucléaire.

N’est-ce pas aller trop vite en besogne que de tirer à boulets rouges sur ces managers-là ? Ne voyons-nous pas qu’ils courent chaque jour le risque d’exploitation et de faillite ? Nous autres, êtres humains, sommes suspendus à la roue de la fortune et notre façon de diriger est fortement influencée par notre culture. Doit-on évoluer en marge de notre culture ?

Avant de jeter l’opprobre sur ces dirigeants qui pratiquent ce management par le kongossa, regardons un peu autour de nous et questionnons les attitudes et les habitudes des uns et des autres. Nous pouvons observer que nombreux sont ceux qui aiment régler leurs factures à la dernière minute, même lorsqu’ils ont la possibilité de procéder autrement. Lorsqu’il y a un accident de circulation, certaines personnes préfèrent d’abord secourir les portes monnaies des accidentés que les humains qui sont en train de passer de vie à trépas par défaut d’assistance. D’autres personnes préfèrent jeter les ordures dans la rue ou vendre des denrées comestibles à même le sol en bordure de nos routes poussiéreuses, qui pour la plupart, ne sont même pas baptisés du nom de nos héros nationalistes.

Nos modèles dans la société consistent d’une part, de ceux qui ont eu des grosses cylindrées du jour au lendemain, et d’autres parts, de ceux qui ont détournés les fonds publics. Ils ont créé un grand fossé entre les riches et les pauvres. Une oligarchie qui nargue l’écrasante majorité indigente de la population, donnant ainsi l’impression aux uns, d’être venus accompagner les autres sur la terre. Or, pour atteindre l’émergence dans les pays du quart-monde, le politique doit développer des stratégies pour réduire cet écart. Il doit maîtriser le taux d’inflation et le taux de croissance démographique, en favorisant un taux de croissance à deux chiffres. Une classe moyenne doit pouvoir exister.

Quand on y pense, nombreux sont ceux parmi nous qui sont de temps à autre allergiques à l’ordre et réfractaire à l’autorité. Il y a beaucoup de salariés qui manquent de gravité, qui ont un problème de discipline dans leur vie sociale et professionnelle. Le manager doit conjuguer avec tous ces aléas dans son environnement socioéconomique et socioculturel. Très souvent, l’homme fait ce que son environnement lui fait faire.

Le management par le kongossa se serait-il donc imposé comme soluté dans un environnement aussi complexe que celui que je viens de décrire ?

Inutile d’en dire plus maintenant, je vous invite à plonger avec moi dans les chapitre qui suivent.


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