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Excerpt for Le retour d’Astréia by , available in its entirety at Smashwords

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Le retour d’Astréia



Par

Jean-Luc Arseneau



ÉDITIONS SMASHWORDS

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Publié par :

Jean-Luc Arseneau sur Smashwords

Copyright © 2018 par Jean-Luc Arseneau



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I



Mon histoire vous semblera invraisemblable, je le crains. Je vous demande pourtant d’y croire. On a dit que je m’étais défilée. Ce n’est pas le cas ! Il est vrai que j’ai eu peur. Pour un instant, j’ai même regretté d’être partie… Cela doit être dit ! Mais jamais, je vous le jure, je n’ai songé à faire quoi que ce soit pour m’écarter de mon devoir.

Au reste, qui pourrait se permettre de critiquer les aventuriers que nous sommes, à partir du confort douillet de la Terre ? Pas plus qu’un autre, je n’ai pu échapper aux tourments et aux doutes qui nous assaillent, là-bas. La peur de la folie est la fidèle compagne des voyageurs en solitaire. Elle les pousse à observer leurs pensées et à s'alarmer dès qu'ils détectent la moindre anomalie, dès que leur esprit n'est pas réglé comme un métronome. Mais je suis persuadée de ne pas souffrir des troubles mentaux qu’on me suppose. Et je trouve injuste que l’on se questionne sur ma loyauté. L’exploration spatiale représente tout, pour moi… j’y ai sacrifié tellement… Mais laissons cela… Ce n’est pas pour ça que je m’adresse à vous.

Croyez bien que je suis respectueuse de la hiérarchie et que ce n’est pas à la légère que j’ai cru bon de m’adresser directement au haut commandement du Programme d’exploration des exoplanètes. Je ne le ferais pas si je ne me sentais pas prise au piège et dépourvue de tout espoir d’être entendue autrement. Mon but, aujourd’hui, est de vous raconter mon histoire sans faux-fuyants. Je vais tout récapituler, dans le moindre détail. Après, vous jugerez. Et vous interviendrez en ma faveur, si vous le pouvez.

Sachez d’abord que j’ai atteint la destination prévue. J’avais devant les yeux la cinquième planète du système Ursea Majoris 47. Et j’étais on ne peut plus enthousiaste face à ma mission.

Cette planète était d’une beauté féerique. Sa surface, en constante évolution, avait l’étrange propriété de changer de couleur. Un tourbillon d’un bleu d’azur se formait et grandissait peu à peu; il finissait par occuper la majeure partie de ce monde gazeux avant de céder la place à une nouvelle nuance. Il y avait ensuite un blanc laiteux, presque toujours suivi de l’apparition de mordoré et de rouge orangé, comme si soudainement, une partie de l’atmosphère s’enflammait. Le spectacle était fascinant !

J’ai observé cette délicate alchimie pendant quelques heures. Ceux qui m’ont connue auraient été étonnés de me voir rompre ainsi avec mon esprit cartésien habituel. J’éprouvai une telle émotion esthétique, face à ce spectacle, que je ne pus m’empêcher de verser une larme.

Mais cela n’est pas mon propos…

Depuis mon arrivée, je m’étais employée à comprendre les caractéristiques de cette atmosphère dense et colorée par l’envoi de plusieurs sondes. Chacune de ces petites sphères s'approchait de la planète à grande vitesse, créait un léger remous, en pénétrant l’atmosphère gazeuse, puis disparaissait sans que la moindre ride témoigne de son passage. Je me précipitais alors fébrilement vers mon écran pour scruter les données qui commençaient à s’y afficher. Je ne comprenais pas grand-chose au phénomène que j’observais là. Mais pour le moment, je me contentais d’accumuler des données en espérant que cela finirait par avoir du sens. Rien, en tout cas, ne m’interdisait de croire que certaines formes de vie pouvaient exister sur cette planète. Je me souviens avoir lu quelque chose sur la bioluminescence de certains phytoplanctons lorsqu’ils sont agités par les vagues. Pouvait-il s’agir ici d’un phénomène semblable ? Je n’avais pas d’indices me permettant d’étayer une hypothèse scientifique plausible, mais je trouvais cette idée séduisante.

Comme je n’avais pas pris de repos depuis mon arrivée, j’ai décidé de m’imposer huit heures de sommeil. Ensuite, j’y descendrais… j’étais résolue à poser le pied sur cette exoplanète.

Installée dans ma couchette, je repensais à mes observations de la journée en imaginant les multiples merveilles que je découvrirais bientôt. J’étais exaltée à l’idée de répertorier les différentes formes de vie de ce monde nouveau ; je me délectais à l’idée d’être la première à voir toutes ces choses…

Puis, tout a basculé…

D'où venait ce vaisseau ? Comment pouvait-il se trouver là ? Je ne comprenais plus rien à rien. Je découvrais, à mon réveil, qu’un autre vaisseau se trouvait à proximité de ma planète. Les yeux écarquillés, je contemplais ce mystérieux intrus.

Avec son module principal et la série de caissons secondaires qui s’y rattachaient, par une structure en armatures triangulaires, il avait l'apparence typique des vaisseaux servant aux expéditions scientifiques. Il devait avoir une longueur d’au moins cinquante mètres. Je remarquai, arrimé à son flanc, un étrange vaisseau tout noir. Il serait sans doute passé inaperçu, n'eût été ses feux de position.

Un message radio retentit : on m’invitait à monter à bord.

— Mais qui êtes-vous ? répondis-je. Et qu’êtes-vous venu faire ici ?

— Arrimez votre vaisseau. Nous vous attendons, répondit-on simplement.

Malgré l’agitation de mon esprit, je dois dire que ma curiosité l’emportait sur la prudence. J’ai donc décidé d’accepter l’invitation.

En m’approchant, j’ai pu lire le nom du vaisseau. Je crois que c’était : «Kerndoelen». Je suis presque certaine de m’en souvenir correctement. À quelques mètres du point de contact, je pouvais distinguer nettement l'étrange vaisseau noir qui l’accompagnait. Sa silhouette était maintenant bien visible, comme une ombre chinoise se détachant devant les nuages colorés de la planète. Il s'agissait d'un appareil de taille moyenne, mais comportant des propulseurs démesurément grands par rapport à son habitacle.

En entamant le processus d’arrimage, une fébrilité montait en moi. Songez que je m’étais préparée mentalement à ne plus voir d’humains pendant tout le temps que durerait ma mission. Ma formation m’avait aguerrie face à l’angoisse de la solitude atroce de l’espace infini. Mais là où il devait y avoir l’absence, je découvrais ces visiteurs inattendus. Et j’étais sur le point de mettre le pied sur ce vaisseau au moins vingt fois plus gros que le mien. Comment vous dire ? Je me sentais comme un marin, sur un radeau à la dérive, qui serait enfin secouru. Mais n’allez pas conclure par là… J’étais en pleine possession de mes moyens ! Comprenez que ce n’est qu’une image.

Quoi qu’il en soit, j’entrai dans le Kerndoelen. J’y découvris une scène stupéfiante : je faisais face à un équipage entièrement constitué de robots. Je ne parle pas là simplement de quelques robots de compagnie. Toutes les places étaient occupées par des robots, même celle du capitaine dont l’insigne du grade siégeait, bien en évidence, sur un veston d’officier.

Ils étaient bien une quarantaine à me fixer silencieusement. Je devais vite découvrir qu’ils disposaient d’une grande intelligence. Je veux dire de véritables fonctions mentales. Ce n’est pas d’hier que nous côtoyons des ordinateurs capables d’un discours parfaitement cohérent, au point d’en oublier que nous discutons avec une machine. Mais ceux-là étaient tout à fait différents. Ils «pensaient», comme nous.

Je m’avançai, un peu hésitante, en annonçant que j’étais une exploratrice en solitaire et que j’avais pour mission de découvrir et de répertorier toutes formes de vie qui pourraient exister sur la planète autour de laquelle nous gravitions.

— Nous savons cela, dit le robot capitaine. Nous vous connaissons, Astréia Mauri. Nous connaissons bien vos états de service et votre mission. Au fait, nous sommes venus ici précisément pour vous chercher.

— Mais c’est impossible ! m’écriai-je. Quand seriez-vous partis ? On ne peut avoir lancé une seconde expédition quelques jours après mon départ ? Cela semble impensable !

— Nous avons entrepris notre voyage bien après le vôtre. Les techniques de propulsion ayant fait de grands progrès. Grâce au principe de l’anti-gravité, il nous est possible de dépasser plusieurs fois la vitesse de la lumière. Notre voyage a duré à peine plus d’une semaine.

— Ça par exemple! Cette technologie m’aurait donc permis de me rendre jusqu’ici sans me mettre en hibernation ?

— Bien sûr ! L’hibernation est maintenant considérée comme une pratique archaïque. Cela dit, sans vouloir vous offenser.

— J'ai vu ici que des robots, n’y a-t-il donc pas d’humain pour diriger cette mission ?

— Non… Pas d’humain. Nous sommes capables d'un travail autonome, dit le capitaine.

— Mais alors, pourquoi être venu me chercher ?

— Nous allons vous proposer une mission beaucoup plus intéressante que l’étude de cette planète. Vous verrez que vous ne serez pas déçue. Nous sommes d’ailleurs déjà en route vers l'objet de notre recherche.

Le vaisseau sur lequel je venais de monter avait en effet repris sa route. Le départ s’était fait si doucement que je n’avais pas ressenti l’accélération. Mon propre vaisseau était déjà loin et, avec lui, mes instruments de recherche et mes précieux résultats d'analyse.

— Non ! Je ne peux y croire ! Mes données de recherche… Comment avez-vous pu ? J’exige que vous me rameniez à mon vaisseau immédiatement !

— Ne vous en faites pas; tout cela est sans importance, dit le robot capitaine en constatant mon désarroi. Nous allons vous donner l’occasion d’accomplir une mission héroïque à votre mesure. Venez que je vous explique.

— Pas question ! Je ne vous suivrai nulle part. Vous devez me ramener à mon vaisseau.

— Allons, allons ! Je ne vous demande qu’un peu de collaboration. Prenez au moins la peine de m’écouter jusqu’au bout. Votre recherche peut bien attendre un peu. Je suis persuadé que la mission que nous allons vous confier vous intéressera au plus haut point.

Tout en me conduisant dans une seconde salle, où un ensemble de diagrammes et de formules mathématiques étaient affichés sur de grands écrans, il poursuivit :

— Le rêve de centaines de scientifiques, depuis trois générations, sera réalisé dans à peine quelques jours : nous nous apprêtons à effectuer un voyage dans le temps.

— Le voyage temporel... Vraiment ? Ce sujet me passionnait lorsque j’étais étudiante. J’ai passé de nombreuses soirées à philosopher avec mes amis sur la nature du temps et de l’espace.

— Eh bien! Cela est réalisable ; des chercheurs sont parvenus à le démontrer mathématiquement. Voyez ! Tout est là.

Un ensemble de chiffres et de formules se trouvaient sur le panneau que me désignait le robot.

— C’est sans doute la plus grande conquête de l’humanité depuis la maîtrise du feu, poursuivit le robot. Comme il serait dommage que cette expédition ne soit pas dirigée par un humain.


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