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LE REPAIRE MAUDIT



L’ordre des Tuniques Rouges livre 2







De François, Vincent, et Pier-Luc Thireau



Le repaire maudit est une œuvre de fiction. Tous les personnages et événements de ce livre sont fictifs. Les ressemblances à des personnes vivantes ou mortes sont des coïncidences.



Auteurs : François et Vincent Thireau

Illustrations : Pier-Luc Thireau

Révision linguistique : Élise Thireau



Copyright © 2018 Frères Thireau

Tous droits réservés

www.sacdecontes.ca

Première édition : juillet 2018



CHAPITRE 7 – Le légendaire repaire


Ultor arriva avec ses troupes devant l'entrée du légendaire repaire. Le commandant prit un moment pour observer attentivement les lieux.

– J’ai trouvé la cause du brouillard, annonça Ultor en positionnant son pied sur une roche et en bombant le torse pour faire effet.

En cette ère de Jézibel, rédacteur du livre sacré, et 3423 ans après la chute de la cuve divine, on noterait dans les archives qu’Ultor le magnifique découvrit que la boucane verte sortait du repaire des Sachazins.

– Au moins nous ne serons pas venus pour rien, marmonna Barton juste pour lui-même, pas encore convaincu.

– Soyez sur vos gardes, les avertit le commandant en sortant son épée.

Le légendaire temple Sachazin existait donc. Il aura fallu tous ce spectacle vert dans les Almens pour qu’une expédition sérieuse le déniche. Cette découverte tardive ne surprenait pas vraiment Ultor. Une fois que l’ordre des Tuniques Rouges eut déclaré que le repaire des Sachazins n'existait pas, aucun habitant de la Capitale ne l’aurait aperçu même s'il avait été situé tout simplement de l'autre côté du pont-levis devant l'entrée de la cité.

D'un pas déterminé, Ultor mena ses troupes et la 1re division s’engouffra dans le domaine enclavé au sein même de la montagne. Les statues et gravures sur les murs qu'on apercevait donnaient un air sinistre à l'endroit, néanmoins d’une beauté inouïe.

Le chef de la 1re division s’arrêta devant une gravure représentant un groupe mystifié par un objet : on aurait dit une spirale. Un personnage au milieu dominait l’assemblée et portait un accoutrement solennel. Il montra la gravure à Tancrède.

– C'est un rituel d’évocation d'une Source, dit Tancrède presque en tremblant. Ils ne peuvent avoir vraiment réussi…

Le prêtre ne termina pas sa phrase, comme s'il la reconsidérait au moment même où il la prononçait. Tancrède regarda attentivement les personnages de l’image et eut une soudaine appréhension. S’agissait-il du légendaire sorcier? Léonf s’approcha de Tancrède et d’Ultor.

– C’est impossible! s’exclama Léonf.

– Rien ne dit qu’ils ont réussi, enchaîna Tancrède en étudiant la fresque. Cette scène est tout de même intrigante. Même inquiétante, pensa-t-il.

– Dans les écrits de Jézibel on peut lire : « Et seuls les dieux ont accès aux Sources et dans leur grâce ils en répandront les fruits sur ce monde », continua Léonf.

– Tu vas aller dire aux Sachazins que seuls les dieux peuvent ouvrir une Source? renchérit Tancrède exaspéré par la mince ouverture d’esprit de son collègue alors même qu’il prenait la pleine mesure de ce moment historique.

– Ils avaient beaucoup d’imagination c’est tout, poursuivit Léonf. Jézibel est formel à ce sujet.

– Une qualité qui peut parfois être utile… fuma Tancrède.

Le commandant détourna son regard de l'image et laissa les deux prêtres se confondre sur la possible signification de cette fresque. Celui-ci réalisa par ailleurs qu'il n'était pas le premier à fouler ce lieu de légende. Des torches soigneusement ordonnées éclairaient le repaire devant eux. Le commandant les pointa discrètement aux soldats, qui avaient bien sûr tous déjà remarqué ces sources évidentes de lumière.

La 1re division descendit un escalier qui déboucha sur une grande salle qui semblait former le cœur de ce domaine. Des corridors de part et d’autre venaient se connecter à cette pièce centrale.

Ultor et quelques soldats choisirent le premier corridor à gauche. Après une certaine distance, ils découvrirent avec dégoût une salle où se trouvaient des ossements de toutes sortes de créatures, y compris des os d’humains. Deux personnes s’y trouvaient, visiblement en état de choc, blanches comme des draps et désemparées. Après avoir entendu les pas des soldats, ces jeunots terrifiés n’avaient visiblement eu nulle part où aller. Le commandant et le soldat le plus proche les empoignèrent.

Les soldats ramèneraient ces prisonniers à la Capitale. Des revenants faibles, des individus en détresse dans des ruines, l’instinct d’Ultor lui fit pressentir que quelque chose d’autre se trouvait derrière tout ça. Le commandant retourna vers la chambre centrale avec ses prisonniers. C'est alors qu'un troisième individu sortit d'un autre corridor et courut à toute vitesse vers l'escalier au bout de la salle. Le suspect en fuite avait encore assez d'esprit pour se sauver. Le commandant ne manquerait pas de lui faire subir un interrogatoire en règle.



CHAPITRE 8 – L'habitant des ruines



Jyle échappa aux soldats, passa entre les deux gargouilles et dévala les escaliers à toute vitesse en direction des chambres souterraines. Dans sa hâte, il trébucha et son visage heurta le dur plancher de pierres froides. Quelle catastrophe!

Le maître n'aurait-il pas pu l'aviser que, en passant, il serait parti cueillir des champignons lorsque la puissante armée de la Capitale envahirait leur sanctuaire? Si au moins il lui avait donné des directives!

Jyle entendait les échos des voix des soldats et leurs pas derrière lui. L’apprenti courut pour sa vie, comme on court dans un cauchemar où l'on se fait poursuivre par une immonde créature, et son cœur battait à tout rompre. Heureusement, l’apprenti était un très bon coureur. Il prit un grand risque en se mettant à découvert, mais il n’avait pas le choix. Il devait assurer la défense du repaire lui-même. À bout de souffle, il entra dans la dernière chambre et positionna la lourde planche de bois afin de barrer la massive porte de bois derrière lui. Son unique espoir reposait sur une grande plate-forme au centre de la pièce : la fameuse création du maître.

Le maître… il aurait pu les défendre et faire regretter à ces maudits soldats leur venue. À son retour, Jyle pourra lui expliquer qu’il attendit vraiment jusqu’au dernier instant avant d’activer son œuvre. L'apprenti maîtrisait assez bien son animation. Il suffisait d’entourer la montagne d’os de son esprit, et de psalmodier quelques incantations. Un violent coup ébranla la porte : « Capturez-le! », put-il entendre. Jyle ouvrit les paumes vers l'entité. Le temps pressait. « Imin amos sca… », bredouilla l’apprenti.


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