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Sous l’éternel ciel bleu

une nouvelle de Xavier Portebois

initialement parue dans l’anthologie Éclipse des Artistes Underground

copyright 2018

Le train ralentit sous nos yeux, une centaine de mètres en contrebas. Les chevaux renâclent un peu, dérangés par le grincement des freins malmenés sur l’acier. Les frères Jigme, montés à bord à la gare de Bulgan, ont donc réussi à gagner la locomotive et forcer l’arrêt.

Du haut de notre colline, je surplombe l’immensité des steppes mongoles. Un horizon de verdure que seuls traversent les rails gris de la ligne de chemin de fer. La quinzaine de cavaliers à mes côtés attend l’arrêt du train avec une patience nerveuse. Ils vérifient les charges des carabines, rajustent leurs bottes dans les étriers, s’agitent sur leur selle. Tout, plutôt que de se demander s’il y aura de la résistance aujourd’hui.

Les crissements cessent et les wagons s’immobilisent. Des cris s’élèvent, l’ordre de charger se propage et la troupe dévale la butte au galop, dans le grondement des sabots. Quelques-uns de mes frères vident leurs revolvers vers le ciel, autant pour se donner du courage que pour effrayer les voyageurs. Je reste seul à dominer le spectacle avec Xangaï à mes côtés, toujours aussi insouciant. Il doit s’occuper de la vieille mitrailleuse russe du clan mais se contente de jouer de la guimbarde, assis avec nonchalance à côté des bandes de cartouches entassées dans l’herbe. Après tout, cela fait si longtemps que nous ne l’avons pas utilisée, je ne suis même pas certain qu’elle fonctionne encore.

Il surprend mon regard soucieux et me répond d’un haussement d’épaules flegmatique, avant de replacer l’instrument à ses lèvres. Xangaï a probablement raison, je me tourmente pour rien. Il y a peu de chances que ce train contienne le moindre militaire ou la moindre brigade de police. Juste des passagers assez riches pour se payer un ticket de trans-mongolien. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’essuyer la sueur de mes mains sur mon manteau de cuir. Mes doigts reviennent sans cesse sur les rabats usés des trousses qui pendent aux flancs de ma monture, pour vérifier que mon matériel de guérisseur s’y trouve bien. Mon ventre se serre à l’idée que l’un de nous ne soit blessé durant le raid et périsse à cause de mes trop maigres talents de soigneur. Combien je voudrais qu’Oyugun, notre chaman, retrouve la santé, quitte son lit et revienne s’occuper des malades avec moi.

Le regard perdu dans le bleu du ciel, je formule une prière silencieuse au soleil.


Les cavaliers ont mis pied à terre le long des wagons. Les clameurs effrayées des voyageurs s’échappent des fenêtres entrouvertes, tandis que mes frères parcourent les compartiments et s’emparent de toutes les richesses qu’ils peuvent emporter. Les échos grinçants du métal que l’on tord et que l’on brise attirent mon attention vers l’avant du convoi ; l’un des frères Jigme doit déjà s’occuper de saboter la locomotive. Après notre départ, il faudra longtemps aux mécaniciens pour réparer les dégâts et mener le train jusqu’à la ville la plus proche. Quand ils pourront enfin avertir la milice de notre attaque, les traces de notre repli seront depuis longtemps poussières perdues aux vents des steppes.

Un cavalier s’éloigne du convoi, remonte la colline et m’adresse de grands gestes du bras. Il n’est pas difficile de reconnaître Baatu, l’aîné des Jigme, avec ses épaules larges et ses longues moustaches noires qui lui tombent de chaque côté du menton. Aucune détonation n’a retenti dans le train mais l’éventualité d’un coup de couteau me glace le sang. Je talonne mon cheval au galop puis réduis l’allure quand je m’aperçois que Baatu ne semble ni inquiet ni agité. Juste intrigué.

— Nerguï, il faut que tu viennes, il y a un passager… curieux. Il connaît nos noms, celui d’Oyugun, et le tien aussi. Il a demandé à te voir.

Je fronce les sourcils : comment un inconnu peut-il me connaître ? Je n’étais qu’un orphelin, abandonné et anonyme, jusqu’à ce que le clan me recueille et qu’Oyugun me donne un nom.

Baatu m’accompagne à la porte de la voiture puis m’indique le numéro du compartiment. À bord, les bourgeois aux ventres ronds pâlissent quand je dépasse leurs banquettes, et les mères de famille tremblent en serrant dans les plis de leurs robes blanches leurs enfants aux gilets de soie. Ils ne peuvent deviner que parmi notre troupe de bandits, je ne suis que le simple guérisseur.

L’un de mes compagnons monte la garde devant la porte du compartiment. Il s’écarte pour me laisser entrer. L’étranger dont Baatu m’a parlé est seul à l’intérieur, assis près de la fenêtre, les mains sur les genoux, la tête et le dos droits, bien trop calme pour un voyageur victime d’une attaque de pillards. Ses cheveux sont gris, presque blancs, bien qu’il ait l’allure et la peau lisse d’un jeune homme. Son teint est plus pâle que le nôtre, pourtant il arbore les mêmes traits que nous et est vêtu à la mode nomade, avec une longue chemise à rabat d’un bleu nuit que rehaussent des touches d’argent. Aucun bagage n’encombre les rangements de la cabine.

Il remarque ma présence et tourne vers moi deux yeux brillants, aussi bleus que le ciel.

— Te voilà enfin, Nerguï. Dis-moi avant toute chose, comment va le vieil Oyugun ?

Je m’immobilise dans l’embrasure, plus méfiant que jamais. M’a-t-il reconnu ou tente-il sa chance ? Sa question est-elle un hasard, une politesse ? Les secondes s’écoulent dans un lourd silence avant qu’il insiste à nouveau.

— Oyugun est malade, n’est-ce-pas ? Quel est son état ?

— Comment pouvez-vous savoir que…

L’étranger ne me laisse pas finir ma phrase. Il se lève, s’approche sans peur et continue.

— Plus tard, les raisons, plus tard. Oyugun, comment va-t-il ? Réponds-moi.

Les sourcils froncés, je prononce malgré moi la réponse à sa question.

— Notre chaman ne peut plus quitter sa yourte, et à peine son lit, il…

— Alors nous ne devons pas traîner. Il faut que tu me conduises à lui. C’est peut-être une question d’heures, maintenant.

L’inconnu tente de sortir du compartiment mais je m’interpose. Il paraît étonné de ma réaction, comme s’il ne se rendait pas compte de l’extravagance de sa requête, de l’invraisemblance de ses propos.

Baatu m’appelle. Il remonte le couloir à grandes enjambées.

— Nerguï, nous en avons terminé ici, il faut partir. Nos frères t’attendent.

Je dévisage une nouvelle fois l’homme aux yeux bleus. Il ne semble ni armé, ni dangereux, et il en sait tant sur nous que je ne peux me résoudre à le laisser ici. Ma décision est prise.


*


Nous rentrons au campement, les trousses enflées de butin. Je ferme presque la marche, ne précédant que Xangaï et la vieille mitrailleuse qui rebondit à chaque cahot. L’étranger me précède, chevauchant l’une de nos montures de réserve. Il maintient son allure sur la mienne, trois pas en avant ; le rythme soutenu du retour semble lui convenir.

Nul ne lui prête attention. Tous le considèrent déjà comme mon hôte et, dès lors, sous ma responsabilité. Tandis qu’il se retourne sur sa selle, je lui décoche un regard inquisiteur qui ne paraît pas le déranger. Peut-il être un ancien ami d’Oyugun ? Après tout, le vieux chaman est le doyen du clan et personne, à ma connaissance, n’a jamais su d’où il venait. Néanmoins, si l’étranger avait connu notre sorcier avant son arrivée dans le clan, il devrait être bien plus âgé qu’il n’en a l’air. Piqué par la curiosité, je force l’allure pour le rejoindre.

— Maintenant que nous avons le temps, répondez. Qui êtes-vous, et d’où venez-vous ?

— Si tu veux me donner un nom, tu peux m’appeler Zuchi, mais qu’est-ce qu’un nom pour un homme ? Comme vous tous, je suis né et je vis sur les steppes qui nous portent sous l’éternel ciel bleu. Qu’y a-t-il à connaître de plus ? Nous contemplons les mêmes étoiles, nous foulons la même terre.

Zuchi se tait sur ces quelques mots énigmatiques. Il semble sincèrement convaincu d’avoir répondu à mes questions et ne réagit pas au soupir résigné qui m’échappe alors que je claque les rênes pour me placer devant lui. Il ne me reste qu’à espérer qu’Oyugun puisse m’éclairer une fois au village.


Les yourtes s’étendent devant nous, blanches sur le vert des steppes, espacées le long de la maigre rivière que cachent les basses collines. Les hommes retrouvent le sourire à la vue du camp : nous avons migré ici il y a moins de trois semaines, mais puisque c’est ici que vit le clan, c’est ici qu’est notre foyer.

Les troupeaux de moutons et de yacks paissent ou se chauffent au soleil. Quelques bêtes lèvent la tête à notre passage et déjà les enfants qui jouaient un peu plus loin viennent piailler à notre rencontre. Ils ne manquent pas d’apercevoir Zuchi, sa tunique bleu nuit et son regard céruléen, et viennent lui tourner autour avec leur curiosité naturelle.

Les babillages des enfants s’estompent dans mon dos tandis que je remarque Lhamo, la femme de Baatu. Elle a entendu notre arrivée et est venue à nous. Debout face au vent qui agite les plis de sa robe pourpre, elle ne prête aucune attention à son mari et ne me quitte pas des yeux, la mine grave, les mains tordues d’inquiétude. Ma gorge se noue quand je m’arrête devant elle et pose le pied à terre. C’était elle qui devait veiller sur le chaman durant mon absence.

— Oyugun délire de plus en plus, m’avoue-t-elle sans tarder. Je ne sais plus quoi faire, Nerguï.

Zuchi me tire par la manche. Il a entendu Lhamo, il me presse de rejoindre le malade. J’hésite un instant à lui interdire de me suivre jusque-là mais y renonce. L’heure est à l’urgence et s’il peut aider, qu’il aide.

La yourte que je partage avec Oyugun est surchauffée. L’air miroite au-dessus du poêle central qui brûle à plein régime. Je me déchausse sans tarder de mes bottes de cavalerie, abandonne mon manteau sur mon sommier, puis rejoins le lit du fond. Sous d’épaisses couches de fourrures, notre chaman s’agite. Il roule sur lui-même, se tord, enfouit ses maigres membres sous les couvertures ou jette ces dernières au loin pour les reprendre aussitôt.

Sa peau ridée est plus froide que la veille. Frissons et spasmes le tourmentent et l’épuisent. Ses paupières s’entrouvrent par intermittence, dévoilant les deux billes scintillantes d’argent qui remplacent ses yeux. J’ai toujours connu Oyugun aveugle, avec ses faux yeux de métal, pourtant c’est la première fois que je le vois chercher autour de lui d’un air aussi paniqué. Agenouillé à ses côtés, je tâche de le rassurer. Je lui murmure des paroles apaisantes, réchauffe sa main entre les miennes. Rien n’y fait. Il semble perdu au loin, enfoui dans un cauchemar qu’il est seul à endurer. Mes mains se desserrent et lâchent ses vieux doigts glacés alors que je réalise combien il est faible. Je voudrais me laisser aller, m’effondrer sur les fourrures, mais il me faut chasser ces pensées néfastes. Je ferme les yeux, me force à respirer avec calme, et m’oblige à énumérer les ingrédients du remède que je dois préparer.

Zuchi s’écarte docilement quand je gagne la malle de voyage en bois où sont rangées les médecines. J’en sors les extraits d’armoise, les racines de saxaul et les pétales séchés d’ancolie dont j’ai besoin. Assis en tailleur contre le coffre, le mortier entre les jambes et le pilon dans les mains, je réduis le mélange en fine poudre puis déverse celle-ci dans la bouilloire.

Quand je me relève et la pose sur le poêle, je découvre avec surprise Zuchi, agenouillé au chevet d’Oyugun. Il tient la main parcheminée du chaman, posée sur les couvertures. Même si cela reste discret, presque insignifiant, celui-ci serre du peu de force qui lui reste l’index pâle de l’étranger, comme un nouveau né le ferait avec sa mère. Sa respiration est un peu moins irrégulière, ses traits moins tourmentés. Oyugun semble le reconnaître, alors qu’il ne s’était pas aperçu de ma présence quelques minutes auparavant. Comment est-ce possible ? Qui est cet inconnu ?

L’eau frémissante me détourne de ces interrogations. Je retire la bouilloire du feu et en vide le contenu dans un petit gobelet d’étain. J’attends une minute ou deux que le liquide refroidisse. Zuchi s’écarte quand je m’approche, sans pour autant lâcher la main d’Oyugun. Je verse l’infusion avec prudence, goutte à goutte, dans la bouche entrouverte du sorcier. Il réagit enfin. Sa langue grise lèche le remède sur ses lèvres exsangues. Un net soulagement me gagne aussitôt, me débarrasse du poids brûlant qui pesait jusque-là sur ma poitrine.

La dernière goutte avalée, Zuchi s’adresse à moi à voix basse, sans détourner le regard du malade. Il me conseille d’autres traitements, me décrit une décoction à base de dent-de-chien, de gentiane, de plantes des steppes et des montagnes. Je fronce les sourcils en l’écoutant : je me souviens qu’Oyugun m’a enseigné ce mélange il y a très longtemps mais j’avoue que je n’y aurais pas songé. Je quitte le chevet pour regagner la malle et préparer le remède selon ses indications, osant un timide sourire. Je ne sais toujours pas qui est Zuchi, mais peut-être pourra-t-il nous aider à surmonter cette épreuve, après tout.


Le temps passe. Le soleil décline, le vent fraîchit, mais l’état d’Oyugun ne s’améliore plus. Assis et rompu de fatigue sur mon lit, le rabat de ma chemise dégrafé, les pieds nus, je scrute avec inquiétude le malade perdu sous les fourrures. Il a cessé de remuer. Seule sa poitrine bouge encore, sa respiration sifflante se mêlant aux crépitements du feu. Ma mâchoire se contracte chaque fois qu’une plainte languissante s’échappe de sa gorge meurtrie. Elles sont de plus en plus faibles et espacées. Zuchi s’est reculé ; il demeure assis sur les nattes au sol à deux pas du lit, le dos voûté, et ne quitte pas le chaman du regard.

La voix timide de Lhamo me tire de mes angoisses. Victuailles à la main, elle attend sur le seuil que je l’invite à entrer. Elle apporte notre part du banquet que se partagent les autres, célébrant le succès du raid. Elle pose le plateau à côté de moi et, avant de repartir, m’interroge d’un murmure sur l’état d’Oyugun. Je me contente de répondre d’un haussement d’épaules incertain. Pouvoir en parler me ferait sans doute du bien, mais je refuse d’inquiéter le reste du clan pour le moment. Mieux vaut qu’ils continuent de le croire simplement malade.

Sur le plateau se serrent des tranches de fromage sec, deux bols de bouillon où nagent des morceaux de mouton, et une outre de thé au lait. La vue de ce festin me creuse l’estomac. J’encourage Zuchi à me rejoindre mais c’est à peine s’il tourne la tête vers moi. Je ne suis même pas certain qu’il ait remarqué le passage de Lhamo. N’y tenant plus, j’engloutis une part de fromage, plusieurs gorgées de bouillon et vide une tasse de thé brûlant.

Quelle heure peut-il être ? La lumière sous le linteau a viré de l’ambre à l’ocre, la nuit tombe déjà. Je me lève puis m’approche d’Oyugun pour inspecter une nouvelle fois son état. Zuchi détourne le regard et lève ses yeux inquiets dans ma direction. Le bleu de ses iris s’est assombri avec le soir.

— Sais-tu ce qui adviendra s’il meurt ?

Cela fait plus d’une heure qu’il n’avait pas prononcé le moindre mot. Sa soudaine question me laisse muet, un nœud douloureux dans la gorge. Pourquoi me force-t-il à envisager le trépas de mon père adoptif ?

— Depuis des décennies, continue-t-il, depuis qu’il est aveugle, Oyugun est le gardien du clan. Même dans son état, fatigué, éreinté, il s’acharne à braver les esprits néfastes, il les chasse au loin, les surveille de son regard d’argent. Mais s’il vient à mourir, il n’y aura plus de sentinelle pour les repousser, plus de barrière pour les contenir. Alors, ils viendront vous harceler, vous persécuter, vous assaillir. Crois-moi, Nerguï, ce sera la fin de ton clan.

Je reporte mon regard vers le lit où les couvertures montent et descendent au rythme de la respiration difficile du chaman. Il n’a jamais été si fragile. Les vieilles anecdotes du clan me reviennent, une à une : celles des raids, des exodes, des rencontres avec les sédentaires ou avec d’autres nomades. Je me rends compte que notre sorcier figurait dans toutes, même les plus anciennes. Il était là pour soigner, parlementer, instruire, guider, toujours décrit avec ses deux billes de métal à la place des yeux. Personne ne peut dire ce qu’était le clan avant Oyugun. Personne ne saurait dire ce qu’il sera sans lui.

— Êtes-vous chaman ?

L’étranger s’amuse de ma question, mais d’un rire un peu triste, creusé par le chagrin.

— Non, non, mais je l’ai bien connu il y a longtemps, très longtemps… Il avait encore des yeux pour voir, à l’époque.

C’est impossible. La différence d’âge est trop marquée entre le vieux sorcier à la peau parcheminée, ridée par le vent des steppes, et l’étranger au visage à peine rosi, aux joues et au front lisse. Il paraît plus jeune que moi. Je dois en apprendre plus, mais je sais que je ne tirerai rien de lui si je pose la même question.

— Comment saviez-vous qu’Oyugun était malade ?

Zuchi pointe un index vers l’évent de la yourte. Le ciel s’y noircit, constellé d’étoiles qui clignotent dans l’air miroitant au-dessus du poêle.

— Le ciel, les astres, il suffit de savoir les comprendre.

Zuchi juge m’avoir répondu, se relève et va choisir de nouvelles plantes dans le coffre, m’abandonnant là, seul avec mes questions. Ma main se lève un instant dans le but de le retenir mais retombe aussitôt. Je suis trop las pour argumenter, trop inquiet aussi par l’état d’Oyugun pour penser à autre chose. Tout ce qui compte à mes yeux est que cet étranger semble vouloir nous aider. Je ne suis pas en mesure de refuser son secours.

L’atmosphère surchauffée de la tente, lourde des odeurs des plantes et des décoctions, me monte à la tête et m’empêche de respirer. J’ai besoin de prendre l’air.

Dehors, la bouche grande ouverte pour avaler le froid de la nuit, je savoure l’herbe fraîche sous mes pieds nus et la brise qui s’engouffre dans le rabat de ma chemise. Plus loin, les hommes célèbrent encore leur triomphe, insouciants, assis autour des feux de camp. Je devine les silhouettes des chiens qui surveillent de leur museau tendu les osselets de ceux qui jouent. J’aperçois les reflets glissants sur les bouteilles qui passent de main en main. Xangaï couvre les rires de son chant et des joyeuses mélodies de son luth.

Je m’assois près de l’entrée de la yourte, seul, loin de la fête que je n’ai pas le cœur à rejoindre. Mes yeux se brouillent de larmes alors que je revois le visage ridé d’Oyugun et son regard d’argent scintillant. Il faut accepter l’évidence. Mon père adoptif, qui m’a appris à soigner, qui m’a enseigné les rudiments du chamanisme et voulait faire de moi son successeur, est en train de mourir. Incapable de le sauver, impuissant à le guérir, tous les remèdes que je lui ai prodigués le furent en vain. Mes derniers espoirs reposent désormais dans les mains d’un inconnu aux yeux bleus.

J’essuie du revers de ma manche mes pleurs silencieux, plonge la tête entre mes bras croisés puis écoute les clameurs de la fête. Mes épaules s’affaissent déjà, comme sous le poids de mes responsabilités à venir. Saurai-je me montrer à la hauteur de mes frères et de mes sœurs ? Saurai-je devenir leur chaman ?

Je ravale mes doutes autant que je le peux et relève la tête. Cette nuit, ma place est auprès d’Oyugun. Avant de retourner dans la yourte, je contemple les étoiles qui luisent par milliers au-dessus de nous ; tout ce que je peux faire ce soir, c’est les prier de nous venir en aide.


Zuchi a terminé l’infusion qu’il préparait quand je suis sorti. Il me tend une tasse fumante et vide d’un trait la sienne. Quelques feuilles tournoient au fond du liquide ambré d’où s’échappent des odeurs d’humus qui ne m’évoquent rien de connu.

— Les remèdes ne peuvent plus rien pour lui, il s’en est allé trop loin. Je vais le rejoindre dans le crépuscule pour tenter de le ramener.

La métaphore m’est connue. L’aube et le crépuscule, la double frontière, incertaine entre le monde des vivants et celui des esprits, là où se croisent les étoiles et le soleil. Je regarde ma tasse encore pleine : me pense-t-il capable de l’accompagner aux ultimes confins ?

— Oyugun m’a décrit ces voyages, mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’y suivre.

Zuchi ignore mon aveu impuissant ; il se contente de lever du bout des doigts ma tasse jusqu’à hauteur de mes lèvres.

— Bois. Je ne te demande pas de m’assister, pas tout de suite. Pour autant, si jamais j’ai besoin de ton aide là-bas, il faudra que je puisse t’appeler. Il faudra que tu sois prêt à me rejoindre.

Il n’attend pas ma réponse ni même que je goûte le breuvage. Zuchi part s’agenouiller derrière la tête de lit du mourant, pose ses mains sur le front ridé du vieux sorcier et entonne un mantra que je ne connais pas. Les paroles se mêlent, les phrases se disloquent, les mots se désagrègent ; ne reste qu’un cortège de sons caverneux, de bruits de gorge, de vibrations. Son corps se détend, il s’affale muscle après muscle sur le bois du sommier. Son esprit doit déjà s’envoler ailleurs, rejoindre l’éternel ciel bleu pour y chercher Oyugun.

Les effluves boisés qui s’échappent de ma tasse m’emplissent les narines. Sans guère d’hésitation, j’avale l’infusion amère d’une lampée. Refuser de la boire serait abandonner Zuchi. Ce serait aussi trahir Oyugun et lui refuser l’aide que je lui dois.

Il ne me reste plus qu’à attendre, attendre et prier le firmament. Je m’assois à nouveau sur mon lit, les membres trop lourds pour me tenir debout. Le regard tourné vers Oyugun, j’entonne alors un autre mantra pour me maintenir éveillé, chasser mes peurs, et apaiser mon cœur.


Plusieurs heures ont dû s’écouler quand je trouve enfin la force de bouger à nouveau. Le poêle sans entretien s’éteint doucement, pourtant je me découvre en sueur.

D’un pas hésitant, je sors de la yourte et accueille avec plaisir la brise fraîche sur mon visage moite. À ma stupeur, l’horizon rosit déjà. Les hommes achèvent leur veillée dans le calme, Xangaï leur joue désormais d’anciennes berceuses. Je ferme les yeux un instant pour savourer la beauté des notes que m’apporte le vent du matin.

Un claquement aigu, discordant, me fouette hors de cette accalmie éphémère. Une corde du luth vient de rompre. Le temps d’un battement de paupières, je crois voir un voile noir assombrir les dernières étoiles. Une peur brutale, inexplicable, me percute soudain et me plie en deux, le souffle court.

Je retourne dans la yourte d’un pas précipité, manque trébucher sur le seuil où je m’arrête. Zuchi a disparu. Oyugun est immobile, les fourrures ne bougent plus. Ma vue se trouble, mes jambes chancellent, je dois m’appuyer au montant de l’entrée. Je le sais, c’est terminé. Je suis orphelin.

— Nerguï ! Nerguï !

Xangaï m’appelle. Lui d’habitude si paisible, si insouciant, sa voix tremble d’effroi. Je me retourne pour lui faire face et découvre la raison de sa peur. Le soleil émerge avec lenteur de l’horizon, dévoré par une ombre noire. Une éclipse qui ne laisse paraître qu’une infime couronne de lumière, un fin liseré d’or pâle. Nous restons tous figés dans notre silence, tournés vers l’est, à attendre que le jour se lève. Le soleil s’élève par-dessus la ligne noire des steppes mais l’éclipse le recouvre toujours.

Autour des dernières braises, perdues dans les cendres grises et froides des feux de camp, les hommes s’agitent. Ils s’interpellent, hésitent, ont peur. Moi aussi. La nuit ne dure que trop, les étoiles elles-mêmes clignotent, déclinent et se dérobent l’une après l’autre. Je cherche ma respiration comme si je me noyais dans des abysses invisibles. Le firmament s’assombrit en un vaste dôme de ténèbres, noir, plus noir que jamais. Notre ciel éternel réduit à un néant absolu. L’immensité de nos steppes avalée par la nuit la plus vorace.

Mes jambes fléchissent, mon corps soudain trop lourd s’effondre sur ses genoux. Une rafale de vent traverse le campement, emporte dans son tourbillon les poussières et les odeurs de charbon. Les hommes et les chevaux se réduisent à des silhouettes indistinctes, des fantômes affolés entre les taches claires des yourtes. Parmi les piaffements des bêtes et les hurlements de mes frères, une voix se découpe, nette dans le tumulte et la panique, comme chuchotée à mon oreille.

Zuchi. Je me tourne à gauche, à droite, mais il n’y a personne. Il continue pourtant de m’appeler, tout près, invisible. Ses dernières paroles me reviennent en tête : « Il faudra que tu sois prêt à venir me rejoindre ». J’espère l’être.

Je me concentre sur son appel, un peu plus fort à chaque fois. Ses mots tirent sur mon esprit, l’extraient hors de ma chair et le guident jusqu’à lui. Mon corps finit par s’effondrer, le dos contre l’herbe couverte de rosée, les yeux grands ouverts sur le noir du ciel.


*


Le monde de l’aube et du crépuscule.

Pas besoin de lumière ici pour voir ramper les fantômes. Mes nouveaux yeux peuvent contempler l’horreur qui se déploie dans les ténèbres.

Des vers gras, énormes, aux membranes transparentes, sortent de la terre retournée et bousculent sous leur masse les hommes, les chiens, les chevaux, le bétail. Des nuées d’insectes nécrophages vrombissent jusqu’à leurs visages, les aveuglent de leurs ailes, les tiraillent de leurs mandibules, les étouffent sous leur multitude. Le ciel grouille de serpents, de dragons informes, de scolopendres sans tête. Leurs corps se tortillent, s’emmêlent en amas inextricables, occultent de leurs écailles graisseuses le moindre fragment de firmament. Il n’y a plus de ciel, rien que la masse pullulante des vers.

— Nerguï, par ici !

Je me tourne vers la voix de Zuchi. Il se dresse à quelques pas de moi, transfiguré : sa chair est translucide, à peine plus visible qu’une brume laiteuse, et ses yeux flamboient telles deux étoiles jumelles. Avec le paysage de vers carnassiers derrière lui, sa vue me rappelle les illustrations du monde du crépuscule qu’Oyugun m’avaient montrées des années auparavant. Les fantômes, tapis dans les ténèbres, terrifiés à la moindre étincelle. Les myriapodes cyclopéens qui hantent les abîmes gelés entre les astres. Et l’esprit gardien du clan, un fragment de ciel et d’étoile, descendu dans les steppes pour veiller sur nous et aider le chaman face aux esprits colériques, déments et malades. Voilà pourquoi Zuchi nous connaissait tant, voilà pourquoi il savait pour Oyugun. C’était évident. Zuchi est notre esprit gardien.

Je m’approche, veux lui poser mille questions, mais il lève déjà un index me réduisant au silence.

— Un autre jour, les explications. Pour l’heure, il y a plus urgent.

La manche de sa tunique est déchirée, un filet de sang argenté coule le long de son bras. Je réalise alors que Zuchi est estropié. Il porte son poids sur une seule jambe, sa gorge est creusée d’entailles, ses vêtements tailladés en lanières pendantes.

— La mort d’Oyugun les a libérés, explique-t-il dans un souffle. Il n’y a plus de lumière ici-bas pour chasser les esprits.

D’un geste épuisé, il désigne le village de la main. Des chevaux ont fui leur enclos, des moutons gisent déjà à terre, les hommes se débattent toujours face à des assauts qu’ils ne peuvent voir. Je frémis quand j’entends leurs cris terrifiés qui jaillissent dans l’air, stridents, puis s’évanouissent sans écho dans le désert des steppes.

— Je n’ai plus la force nécessaire. Tu dois le faire à ma place. Il te faut aller là-haut, écarter les démons, et ramener la lumière dans ton regard pour chasser l’ombre de l’éclipse. Sans quoi, ton clan est perdu.

L’esprit gardien me désigne le firmament. Je lève un œil sombre vers le ciel invisible, vers les innombrables monstruosités qui s’y agitent en une voûte chaotique. Ce qu’il me demande est impossible.

— Mais comment puis-je les atteindre ? Comment les repousser ? Comment ramener la lumière… ?

— Tu peux y arriver. Laisse-moi juste te guider.

Zuchi affiche un sourire assuré, il croit en moi. J’hésite, me retourne, et contemple avec épouvante l’horreur qui se joue autour des yourtes. Quel chaman serais-je si je ne venais pas au secours de mon clan ? si je ne faisais pas confiance à notre esprit gardien ?

D’un hochement de tête peu rassuré, j’accepte.


Zuchi me saisit par la taille, épuise ses dernières forces et me projette dans les airs. Comme les héros des contes anciens, je m’envole, léger comme une plume.

Nul frisson, nulle extase alors que les steppes noires s’éloignent sous mes pieds. Les ronds des yourtes rapetissent, les hommes en lutte contre les esprits se réduisent en lointaines fourmis, puis disparaissent pour ne laisser que la vaste plaine plongée dans les ténèbres. À mon aplomb s’approche le chaos grouillant qui s’étend à perte de vue. Des peaux d’écailles luisantes roulent les unes sur les autres, des anneaux gras se recouvrent et se nouent entre eux, laissant entrevoir parfois des museaux allongés aux yeux ophidiens, des mandibules claquantes ou des bouches voraces, tapies de rangées de dents.

Le mantra contre la peur s’impose à moi et s’articule de lui-même entre mes lèvres en un murmure fébrile. Je n’ai plus d’autre choix que de réussir.

Je me retourne d’un coup de rein. Mes jambes se lèvent, mes pieds amortissent le choc, flasque, spongieux. Mes mains se referment sur une énorme chenille. Mes doigts plongent dans ses poils, les agrippent, la tirent en arrière. La larve s’arrache à la masse dans un bruit de succion écœurant. Je la lâche dans le vide. Son corps se tortille et se précipite vers la grande terre.

Un infime fragment de soleil scintille par le trou que laisse son absence, mais très vite d’autres monstres le comblent. Il me faut continuer.

J’attrape un serpent, fin et long, aux écailles glacées, et l’extirpe de la nuée. Puis un mille-pattes à la chitine rugueuse, une sangsue moite aux crocs avides, un lombric gigantesque qui se contorsionne sous mon poing. Des arthropodes me grimpent dessus, enfoncent dents et dards dans ma chair. Des serpents s’enroulent contre ma gorge, m’étranglent, roulent sur mes bras et mes jambes pour m’immobiliser. Je les écarte avec de grands gestes violents, les tire de leur nid immonde. Le sang, mon sang, imbibe ma chemise, les morsures me brûlent la peau, le poison embrase mes veines. Malgré tous mes efforts, malgré toute ma douleur, les démons rebouchent la percée aussi vite que je ne la creuse.

Une idée désespérée me vient.

Je me jette dans la minuscule brèche que j’ai su ouvrir. Ma tête s’y engouffre, puis une épaule glisse sur une chitine, l’autre contre une carapace. À force de contorsions, je me faufile dans la masse grouillante des monstres. Leur étreinte se resserre sur mes côtes, je rampe parmi eux, comme eux. Le mucus et la bave collent mes cheveux sur mes tempes, les pattes arrachent mes vêtements, s’enfoncent dans mes chairs. Ils manquent m’asphyxier sous leur poids mais je progresse, pouce par pouce, à travers les couches de vers, de larves, de serpents, jusqu’à retrouver la liberté.

Une goulée d’air. L’air du ciel. L’air du firmament.

Au-dessous de moi, un océan rampant recouvre le monde, agité de vagues d’anneaux moirés. Au-dessus, il n’y a plus que les astres. Des milliards d’étoiles qui tourbillonnent et dansent, sauvages, autour du soleil nu, disque d’or en fusion, éclat pur au milieu de la nuit absolue.

Je ne peux lui faire face sans m’aveugler. Je m’en détourne et les paroles de Zuchi me reviennent : ramener la lumière dans mon regard. Je crois enfin comprendre. Oyugun, ses yeux d’argent poli, ses yeux qui semblaient toujours briller, toujours contenir un feu secret, une lueur plus éblouissante que n’importe quel brasier.

Un instant, je ferme les paupières et me laisse flotter dans le vide, en apesanteur, l’œil tourné vers le passé. Le sourire en coin de Xangaï, les moustaches frémissantes de Baatu, les visages de chaque membre du clan ; le bleu du ciel, le vert des steppes et le blanc de l’hiver. Tout ce à quoi je m’apprête à renoncer. Tout ce que je m’apprête à sauver aussi.

Je rouvre les yeux. Une ultime larme perle de mes cils, se détache, va se perdre dans l’espace et se mêle aux myriades d’étoiles. Je suis prêt désormais.

Sans prêter attention à la mer déchaînée sous mes pieds, je fais face au soleil. Sa flamme embrase mes pupilles, mes iris, mon horizon. Les étoiles dansent autour en spirales infinies, le rejoignent, se laissent dévorer par son feu sans limite. Sa couronne grandit, incendie la nuit, et il ne reste plus rien que lui, plus rien que la lumière dorée, brûlante et éternelle du soleil.

L’éclat trop intense me consume les yeux. Des pleurs – ou du sang – coulent et brûlent sur mes joues frémissantes. La douleur me transperce le crâne mais je refuse de fermer les paupières. Je dois attendre, encore un peu, jusqu’à ce que le feu du soleil roule dans mes orbites et remplace mes yeux fondus.

Un frisson de fièvre. Mon corps n’est plus qu’un creuset d’or en fusion qui retrouve son poids et sa lourdeur. Aveuglé, je me sens tiré vers le bas, retomber vers la terre. La lumière du soleil ne me quitte pas pour autant. Où que je me tourne, elle demeure au cœur de mon regard.

Les sangsues et les vers fuient au passage de ma chute. J’entends autour de moi leurs rampements effrayés, leur débandade confuse. Les écailles grincent et se contorsionnent, les mandibules claquent de terreur, les pattes s’affolent en courses désordonnées.

Le vent siffle dans mes oreilles, fouette ma chemise déchirée, gifle mes bras meurtris.

Puis vient le choc contre la terre, froide et humide.


*


— Nerguï ? Réveille-toi. Tu as perdu connaissance.

Je crois d’abord reconnaître Zuchi. Sa voix s’évanouit derrière celle de Xangaï comme un écho insaisissable. Je devine enfin le musicien, seul à côté de moi, mais je ne peux le voir. Je ne vois plus rien.

Sa main se pose dans mon dos, il me redresse du sol où j’étais allongé. Mes pieds effleurent l’herbe couverte de rosée. Les rayons du soleil réchauffent la peau de mon visage avec une tendresse que je craignais perdue à jamais.

Je ne vois plus rien, pourtant je suis étrangement calme, apaisé, serein même. Il n’y a presque aucun bruit dans le village. J’entends sans peine le piaffement tranquille des chevaux, les toiles des yourtes onduler sous la brise, le bruissement des pantalons des hommes qui vont et viennent.

— Est-ce que tout va bien ?

Ma voix est éraillée. Xangaï l’a perçue, aussi me glisse-t-il une outre pleine dans les mains. Je tâtonne pour enfoncer le goulot entre mes lèvres gercées et avale une longue rasade d’eau fraîche. Xangaï répond à ma question et ses mots confirment ce que je supposais. Le calme est revenu. Je peux le deviner dans la douceur de l’air, le souffle paisible du vent, l’odeur tiède de la terre. L’éclipse a disparu, le soleil brille de nouveau dans l’éternel ciel bleu. Son éclat a chassé les esprits loin de notre clan.

Xangaï m’aide à me relever. Mes doigts se portent à mes yeux. Deux billes d’argent, lisses et chaudes, que j’imagine aussi scintillantes que l’étaient celles d’Oyugun.

J’avais toujours cru mon père aveugle, plongé dans les ténèbres. Je ne peux m’empêcher de sourire en réalisant combien j’avais tort. Où qu’il portait son regard, il voyait toujours la lumière inextinguible de l’astre du jour.

Xangaï me prend le bras et je le laisse me guider vers les autres. Tous doivent avoir des dizaines de questions à me poser, mais pour l’instant je contemple, béat, l’or flamboyant du soleil que renferme mon regard.

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