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Excerpt for Les pyroleptes by , available in its entirety at Smashwords

Les pyroleptes

une nouvelle de Xavier Portebois

initialement parue sous le titre Pyrolepsie dans Gandahar #1

copyright 2018



Valérian atteignit le bas de l’échelle de corde et leva un dernier regard au-dessus de lui. La lumière du jour ne perçait plus qu’en un minuscule point blanc, perdu au sommet de la cheminée naturelle qu’il venait de descendre. Il lâcha le barreau et se laissa tomber sur le sol, heureux d’en avoir terminé. Il se retourna, augmenta le gaz de la lampe vissée sur son casque, puis rejoignit sa sœur aînée dans le tunnel adjacent.

Lenaïde y vérifiait son équipement. Elle ouvrit la sacoche rembourrée qui pendait à son flanc. Du bout des doigts, elle s’assura que les cartouches de verre qui s’y entassaient ne s’étaient pas fêlées durant la descente. Valérian l’imita, replaça les bandes de gaze enveloppant ses propres ampoules et contrôla celles que contenait le barillet de son revolver.

— Tu crois vraiment que ces munitions vont fonctionner ? Théorian n’a eu que quelques heures pour les fabriquer.

Sa sœur lui répondit d’un haussement d’épaules. Elle attrapa une des balles entre le pouce et l’index et la leva à hauteur de son regard. Le liquide bleu qu’elle contenait roula contre le verre en minuscules vaguelettes luminescentes quand Lenaïde la pencha d’un côté puis de l’autre.

— Je fais confiance à grand frère. S’il dit que la solution qu’elles contiennent réagira au contact de la lave et qu’elle les ralentira, alors je le crois. De toute façon, avec un peu de chance, on n’en aura même pas besoin.

Valérian ne répondit que d’un grommellement, étouffé par l’écharpe nouée sur sa bouche et son nez. Les effluves de souffre l’insupportaient déjà. Il rajusta ses épais gants de cuir, sortit une grosse craie blanche pour baliser leur chemin, et attendit que Lenaïde prenne les devants dans le passage qui s’offrait à eux.


*


Abrité du soleil sous la vaste tonnelle de coton, Théorian Cambol s’appuyait sur sa canne avec raideur, les sourcils froncés d’inquiétude. Il ne prêtait aucune attention aux rumeurs lointaines qui montaient des faubourgs d’Albeville, cinq kilomètres derrière lui, dressés contre les flancs de la Mer turquoise. Toute son attention se focalisait vers le Mont Tonnerre au devant, colossale masse de roche noire découpée dans le ciel azur de cet été parfait. Il était incapable de réfléchir convenablement ; ses pensées s’interrompaient sans cesse pour revenir à son frère et à sa sœur, plongés dans quelque grotte là-bas.

Tous ces risques pour cinq mille ducats, songea-t-il avec amertume : quatre mille cinq cents pour résorber les éruptions du volcan, et cinq cents pour retrouver Bernelier, leur prédécesseur. Leur contrat le plus rentable à ce jour, Théorian devait l’admettre, mais il n’ignorait pas que le montant de l’accord était directement proportionnel aux dangers et à l’urgence de la situation. Ils n’avaient pas eu trois jours pour préparer l’expédition. Ce n’était pas la première mission périlleuse qu’ils acceptaient, loin de là, mais il ne pouvait s’empêcher de regretter leur choix. L’entreprise était trop précipitée à son goût.

Théorian retourna au bureau mis à sa disposition sous la tonnelle. Il posa sa canne sur le bord, sortit ses bésicles de son gilet et déroula une longue bande de papier métré qu’il cala entre deux pierres. Une foule de petits symboles et d’annotations manuscrites raturaient les graduations imprimées de la frise chronologique. Il s’éclaircit la gorge et se tourna avec une courtoisie forcée en direction des notables qui les avaient recrutés.

— Pourriez-vous me confirmer, monsieur de la Claire-Harmont, les dates et les caractéristiques des éruptions précédentes ?

Le bourgmestre, à moitié enfoncé dans le feutre des coussins de son ample fauteuil, termina sans hâte sa gorgée de bourbon. Il se contenta d’esquisser un signe de la main à l’adresse du capitaine de Frécourt, debout à ses côtés. Le militaire claqua les talons, releva le menton, serra un peu plus fort le casque à cimier qu’il tenait sous le bras puis s’avança d’un pas pour répondre.

— Nos vigies ont observé plusieurs jets il y a trois semaines, aussi…

— Combien de jets ? De quelle nature ? Et quel jour exact ?

La signature de l’officier ne figurait pas en bas de leur contrat ; Théorian n’allait pas s’embarrasser en affabilités avec un militaire qui ne faisait pas partie de leur clientèle. De Frécourt toussota, cachant à grand peine son antipathie, puis il tira d’une poche de sa tunique noire un feuillet qu’il déplia et qu’il entreprit de lire à voix haute.

— D’après nos observations, trois, quatre, et sept projections. De la vapeur et des cendres à chaque fois. Jamais plus d’une heure durant, et apparues il y a vingt-et-un, onze et six jours.

Le capitaine replia son papier d’un geste sec et le rangea. Théorian n’y prêta pas attention. Il rajusta ses lunettes et se pencha sur la frise : les informations concordaient bien avec celles qu’on lui avait fournies. Pour une fois, pensa-t-il, la rigueur militaire a du bon.

Un des notables de la ville s’approcha pour compléter l’exposé. Théorian n’avait pas retenu son nom ; il était le plus jeune du conseil municipal, s’arrangeait toujours pour assortir sa cravate à celle que portait de la Claire-Harmont et, comme Théorian l’avait très vite deviné durant les négociations du contrat, cherchait toutes les occasions pour rentrer dans les bonnes grâces du bourgmestre. Autant de raisons pour le trouver énervant.

— Face à l’augmentation du phénomène et de sa fréquence, le conseil d’Albeville a décidé, à l’unanimité, d’accéder à la requête de monsieur Bernelier de se rendre au Mont Tonnerre afin d’essayer sa machine insolite et de résoudre le problème.

Théorian serra le poing et ne put réprimer un grognement agacé à la mention de Ferdinand Bernelier. Il ne revenait pas de la stupidité du conseil de la ville. Comment avaient-ils pu accepter que ce damné savant fou aille dans le volcan pour en calmer les pyroleptes, sans qu’aucun notable ne fût ensuite capable de lui détailler ce qu’était censé faire son invention ? Si encore ils étaient parvenus à lui remettre les notes de Bernelier, mais il attendait toujours. De ce qu’il savait, les soldats fouillaient encore ses appartements ce matin.

Le jeune édile continua ses explications, soucieux de paraître le mieux informé de tous.

— Enfin, il y a quatre jours, à la date de la disparition de monsieur Bernelier, s’est produite une vaste éruption. Vous pouvez toujours observer la coulée refroidie qui en a résulté sur le flanc nord-est. Depuis, le volcan semble aller de mal en pis.

Théorian joua d’un doigt distrait avec ses longs favoris alors qu’il fixait la dernière ligne sur la bande chronologique, noire et baveuse, qui correspondait à l’événement en question. Il n’y comprenait rien : les explosions ne présentaient aucune régularité, aucune motif temporel connu.

Sans un mot de remerciement pour l’officier ou l’édile, il leur tourna définitivement le dos et s’empara d’un épais registre de cuir craquelé, ses pages noircies de tableaux de chiffres et de courbes minutieuses. Il avait déjà vérifié plusieurs fois mais il n’avait rien de mieux à faire maintenant qu’un dernier contrôle de ses abaques, par acquis de conscience.


*


Le boyau qu’ils descendirent s’avéra pentu, bas de plafond, et trop étroit pour être parcouru à deux de front. Lenaïde ouvrit le chemin, sa lampe n’éclairant qu'une vingtaine de mètres devant elle. Au-delà s’amoncelaient des ténèbres ensuifées.

— Ce n’est pas normal, marmonna-t-elle, depuis le temps qu’on marche, on devrait déjà en avoir rencontré un ou deux. Où sont-ils donc ?

Pour toute réponse, le sol trembla, et un grondement caverneux roula dans leur dos. Lenaïde se retourna d’un bond nerveux et aperçut la créature par-dessus l’épaule de Valérian. Elle ressemblait à un conglomérat anguleux de roches et de gravats, sculpté en contours vaguement humanoïdes. Des coulées flamboyantes de magma striaient les fissures de ses membres comme autant de veines ardentes.

Lenaïde et son frère eurent un geste instinctif de recul face à la chaleur que dégageait l’élémentaire. Les gravures naïves que Théorian leur avait montrées les avaient préparé à cette rencontre, mais voir un pyrolepte en vrai se révélait une toute autre épreuve.

La chose s’effondrait plus qu’elle ne marchait dans le tunnel. Ses pieds de pierre raclaient le sol, dérapaient à chaque foulée, entraînaient de lourds nuages de gravillons dans leur passage. Le pyrolepte ne paraissait pas vouloir ralentir. D’ici quelques secondes, il les piétinerait comme de vulgaires insectes.

— Tire, Valérian, tire ! Il va nous écraser !

Plusieurs détonations résonnèrent dans le tunnel. Les balles fusèrent en points éblouissants, leurs ampoules se brisèrent à l’impact. Le verre éclata, le contenu gicla en pluie lumineuse sur la lave du monstre. Des rouleaux de vapeur brûlante s’élevèrent et noyèrent la masse sombre de l’élémentaire. Des odeurs de poudre et d’électuaire masquèrent celle du soufre.

Lenaïde tendit l’oreille. Le bourdonnement dans ses tympans s’atténua, les battements de son cœur se calmèrent, le silence revint peu à peu et elle ne devina plus que le chuintement de la vapeur. Plus aucun fracas de pierraille ne résonnait dans le boyau.

La fumée se dispersa. Des gouttelettes chaudes perlèrent du ciel de pierre alors qu’ils s’approchaient du pyrolepte désormais inoffensif. L’élémentaire s’était effondré sur ses quatre membres, parfaitement immobile sinon quelques gravillons qui tombaient encore de ses aspérités. Sa roche n’était plus que tiède, les filons de lave avaient perdu leur éclat, réduits à de timides veinules mordorées.

— Les dieux soient loués, se réjouit Valérian dans un soupir de soulagement. Tu avais raison, Théorian a fait du bon boulot. Ses cartouches fonctionnent à merveille.

Lenaïde se contenta d’opiner du chef, le regard figé sur le pyrolepte paralysé à leurs pieds.

— Et puis, plus de quoi s’inquiéter : on les a trouvés, finalement.


*


— Je me permets d’insister, mes hommes et moi-même restons à votre disposition, monsieur de la Claire-Harmont.

Théorian haussa un sourcil en entendant la proposition du capitaine de Frécourt. L’officier avait amené une petite troupe constituée, selon lui, de ses meilleurs éléments. N’ayant pas l’honneur d’être invités à l’ombre de la tonnelle, ils attendaient sous le soleil de midi, en sueur, imperturbables dans leurs tuniques noires sans le moindre faux pli. Leur garde-à-vous demeurait d’une rigidité impeccable, fusil le long du corps, doigt sur la couture du pantalon.

— Monsieur le bourgmestre, continua l’officier, je m’autorise à vous rappeler que j’avais déjà fait pareille proposition avant l’expédition de monsieur Bernelier. Il s’était empressé de refuser l’aide de soldats de métier, endurants, intrépides, entraînés aux situations périlleuses. Et aujourd’hui, seuls les dieux pourraient nous dire où monsieur Bernelier se trouve.

L’édile interrogea Théorian du regard. Il devait l’avouer, quelques militaires auraient pu se montrer utiles lors de l’expédition précédente. À défaut de Bernelier lui-même, ils auraient peut-être été capables de ramener sa machine ; il aurait alors eu le loisir de l’étudier et de la comprendre. Néanmoins, partant de la prémisse qu’ils n’étaient toujours pas à même de lui retrouver les notes du savant, sans doute égarées quelque part dans sa demeure, Théorian en tirait des conclusions peu valorisantes quant à leur efficacité en plein cœur d’un volcan.

Il ne pouvait toutefois pas se permettre de froisser ouvertement la fierté du capitaine. Après tout, de Frécourt avait un revolver à sa ceinture, lui pas, et l’expérience lui avait appris à se méfier du corps militaire en toute occasion. Théorian fit donc mine de peser le pour et le contre de la suggestion, de compulser quelques-uns de ses feuillets d’un air absorbé, puis d’inspecter en détails les militaires présents. Théorian eut même la politesse de cacher son sourire amusé derrière une toux de circonstance lorsqu’il aperçut le front un peu trop proéminent du sergent de cette troupe d’élite tant vantée.

— Merci pour votre aide, capitaine, mais il est préférable que vos hommes restent ici. Les pyroleptes ne sont pas agressifs par nature, à moins que nous ne venions interférer avec le cycle tellurique. Plus nous serions nombreux là-dedans, plus nous passerions à leurs yeux pour des perturbateurs à expulser.

L’officier se détourna avec un reniflement dédaigneux. Il était sans doute fâché d’apprendre une fois de plus que ses fusils n’avaient aucune utilité face à la fureur du volcan.

Le bourgmestre s’agita sur les coussins de son fauteuil. Le bois craqua sous son embonpoint. Il tendit son verre vide et un serviteur s’empressa de le remplir aussitôt de plusieurs doigts de bourbon. Après une petite rasade, il se lécha les lèvres et plissa les yeux à l’attention de Théorian.

— Dites-moi, monsieur Cambol, qu’est-ce que vous et votre famille comptez faire maintenant, pour résoudre notre fâcheux problème ? Vous nous aviez promis des résultats, nous vous avons fait la politesse de venir jusqu’ici, mais je ne vois rien, et j’avoue m’impatienter.

Théorian s’appuya sur sa canne et s’approcha d’un pas raide. Les autres notables resserrèrent les rangs autour de lui pour l’écouter.

— Eh bien, monsieur de la Claire-Harmont, c’est ma foi assez simple. Permettez-moi de vous rappeler que le volcan et les pyroleptes constituent un tout. Le premier produit les seconds dans sa matrice, une vaste chambre centrale creusée d’un puits de lave, si je schématise. Les pyroleptes entretiennent la structure de la montagne : tunnels, cheminées, cavités, strates successives. Puis, lorsque l’un d’eux est trop endommagé pour servir, il retourne à la matrice. Celle-ci utilise le feu et la pierre ainsi revenus pour en créer un nouveau. Dans le cas d’une montagne idéale – d’un point de vue mathématique, s’entend - il n’y a jamais ni éruption, ni fumée, car l’équilibre magmatique est conservé dans le temps de manière constante. Hélas, la réalité n’a jamais la courtoisie de se plier exactement aux règles parfaites de nos livres. Il se peut, par exemple, que trop de pyroleptes retournent ensemble à la matrice, y provoquant un surplus de matière que le volcan doit évacuer, ou au contraire…

Le notable se redressa du dossier fatigué de sa chaise et interrompit Théorian d’un geste impatient de la main.

— Monsieur Cambol ! Je constate que vous aimez professer, comme tout savant, mais je vous en prie, répondez à ma question. Qu’allez-vous faire exactement pour empêcher le volcan de ravager ma belle cité et pour retrouver Ferdinand Bernelier ?

Théorian perdit un peu de sa superbe. Les bourgeois haussèrent les sourcils dans l’attente de sa réponse ; de Frécourt s’approcha également, un petit rictus amusé par la dernière pique du bourgmestre.

Il se retourna vers le Mont Tonnerre, les doigts crispés sur le pommeau de sa canne. Hors de question qu’il leur avoue sa propre ignorance. Il soupçonnait l’appareil de Bernelier de n’avoir fait qu’empirer les choses mais, sans connaître son but exact, ils n’avaient pu que se préparer au mieux à toutes les improvisations possibles. Théorian savait néanmoins qu’une telle réponse avait peu de chance de plaire à son auditoire.

— Nous tenons toujours nos promesses, messieurs, commença-t-il sans la moindre trace d’hésitation dans la voix. Pour monsieur Bernelier, nous retrouverons l’itinéraire de sa propre expédition et remonterons ainsi jusqu’à sa dernière position. Quant au volcan, soyez rassurés, mon frère et ma sœur savent parfaitement ce qu’ils font.


*


Valérian suivait Lenaïde, appliqué à marquer les murs de grosses flèches de craie. Les boyaux étroits débouchèrent sur des corridors, les corridors sur des tunnels dégagés, tunnels qui les conduisirent tout droit à la chambre magmatique. D’après Théorian, c’était là qu’ils avaient le plus de chances de découvrir les causes des éruptions intempestives.

Devant eux s’ouvrait une vaste caverne circulaire. Des dizaines de cheminées en perçaient la voûte, certaines libres, la plupart encrassées par la fumée qui roulait au plafond. Un large escarpement aux parois abruptes longeait le mur et dominait d’une vingtaine de mètres le puits de lave qui creusait le centre de la chambre. Plusieurs pics irréguliers sortaient du magma comme autant de tuyaux d’orgues mal agencés. L’air miroitait tout autour d’eux, puant le soufre et la fumée. Des escarbilles voletaient et retombaient en cendres à leurs pieds. Valérian essuya la sueur de ses yeux et enfila ses grosses lunettes rondes.

Entre les fumerolles qui s’échappaient des fissures et les tremblements de l’air, ils aperçurent les silhouettes lentes et lourdes de quelques pyroleptes. Aucun ne leur prêtait attention, comme Théorian l’avait supposé. Certains s’affairaient à tailler de nouvelles galeries à la force de leurs poings, d’autres dégageaient les éboulements qui encombraient les passages, et deux d’entre eux…

— Regarde ceux-là, s’étonna sa sœur en tapant Valérian du coude. À quoi se livrent-ils ?

Du doigt, elle indiquait un long promontoire qui surplombait le puits. Un couple d’élémentaires vacillaient juste à son bord, les bras tendus vers le vide. Sans marquer de pause, ils s’avancèrent de leur démarche traînante et firent le pas de trop. Vingt mètres plus bas, le magma avala leurs corps en un instant, ne laissant aucun relief de leurs carcasses.

Lenaïde se souvint des leçons de leur frère un fragment de seconde plus tôt que Valérian. Il allait parler quand elle le tira contre la paroi de la chambre.

— Abrite-toi, ça va secouer !

Valérian tâcha de se faire le plus petit possible. La tête entre les genoux, les bras croisés sur son casque, il attendit. Il devina une vibration, timide, légère, qui s’amplifia très vite. Le sol trembla, puis les murs, le plafond, l’air lui-même. Des vagues de chaleur brûlèrent la sueur de ses joues. Le crissement de la pierre contre la pierre lui vrilla le crâne. Il ploya plusieurs fois sous les débris qui lui tombèrent sur les épaules. Le chaos parut durer une éternité, une assourdissante éternité, durant laquelle le monde autour n’était plus que feu et poussière.

Le séisme cessa, petit à petit. Ils purent enfin se relever, gris de la cendre qui les recouvrait. Valérian essuya la saleté de ses verres. Il balaya la salle du regard et découvrit que la secousse avait abattu plusieurs piliers dans la lave bouillonnante.

Lenaïde s’époussetait encore quand il les aperçut, désormais visibles dans ce paysage remodelé. Un ou deux pas en contrebas du promontoire, sur le pic qui en était le plus proche, gisait une forme humaine et une sorte d’œuf de métal brillant, d’un bon mètre de diamètre, qui chatoyait à ses côtés et accrochait le regard.

Valérian fronça les sourcils. Il crut d’abord à des reflets sur ses lunettes, mais même une fois celles-ci retirées, il vit toujours la même chose. L’air tremblait en rythme autour de la machine, jusqu’à une dizaine de mètres. Les cendres et la poussière en suspens s’y agitaient en cercles parfaits, comme si des ondes éthériques s’échappaient du dispositif.


*


Monsieur de la Claire-Harmont et le capitaine de Frécourt y allaient de leurs petits commentaires sur la nouvelle explosion. Théorian serrait la mâchoire à devoir les entendre en discuter comme d’un simple phénomène volcanologique. C’était peut-être le cas, certes, mais son frère et sa sœur se trouvaient actuellement en plein cœur dudit phénomène.

Il les avait formés autant qu’il le pouvait, et il ne doutait pas qu’ils sauraient se débrouiller. Avec le temps, il avait dû reconnaître à ses cadets un instinct de survie de l’ordre des valeurs aberrantes dans les tableaux de probabilité. Pourtant, Théorian s’énervait à devoir attendre ici, impuissant. Il ne pouvait qu’attendre. Attendre la prochaine secousse, le prochain geyser de scories, et leur retour.

Sa jambe le tiraillait de nouveau. Théorian claqua des doigts à l’adresse du serviteur qui devina son désir sans qu’il n’eût à prononcer un mot. Il vida le verre de bourbon offert d’une traite. La chaleur de l’alcool lui dénoua la gorge et apaisa quelque peu ses muscles crispés.

— Monsieur Cambol, monsieur Cambol ! Ça y est, nous l’avons trouvé.

Il se retourna à son nom. Un jeune militaire rouge d’avoir couru venait de faire son entrée sous la tonnelle, serrant un épais livre sous son bras. Le messager salua son supérieur d’un claquement de talons, puis se dirigea vers Théorian et lui tendit le carnet.

Enfin, soupira Théorian, ils ont su retrouver les notes de Bernelier.

Sans plus d’attention pour le soldat, il s’empara du journal, en tourna la couverture de cuir usé et feuilleta les dernières pages à la hâte. Les croquis de l’invention correspondaient plutôt bien avec la description que les membres du conseil lui en avaient faite. Une grosse boule d’acier, hérissée de quelques valves de réglage et d’un levier d’activation. Des parois de résonance montées en parallèle amplifiaient les ondes éthériques produites par de ce qui devait être un générateur. Enfin, une pile à orichalque démesurée alimentait l’ensemble.

Quelle écriture de sagouin, pesta Théorian alors qu’il déchiffrait les pattes de mouche en marge du schéma. Les mots y étaient si serrés, si minuscules, qu’il n’eut d’autre choix que de quitter l’ombre de la tonnelle pour lire à la lumière crue du soleil. Il demeura de longues minutes à démêler les commentaires de son confrère, le carnet presque sous le nez, le front perlant déjà de sueur. Il abaissa enfin le livre et jeta un regard perplexe en direction du volcan.

Les attirer ? Bernelier aurait trouvé un moyen d’attirer les pyroleptes ?

Théorian dut reconnaître que l’idée, si elle était réalisable, avait du bon. Judicieusement localisé, l’œuf aurait pu canaliser les élémentaires et réguler les flux incorrects, limitant ainsi les éruptions.

Il écarquilla soudain les yeux, figés sur les fumées noires du Mont Tonnerre. L’autre possibilité s’imposait désormais à lui dans toute son horreur.

Mais si l’œuf était mal, très mal placé ? Si, au lieu d’empêcher les pyroleptes de gagner la chambre magmatique, il les y dirigeait, tous ensemble ?


*


— Dieux, qu’est-il allé se percher dans un pareil endroit ?

Valérian ne cessait de jurer sous son foulard alors qu’il s’encordait avec Lenaïde.

— Je n’en sais rien et je m’en fiche. Je suis même contente de le trouver ici. Ça nous évite de devoir chercher à travers tous ces boyaux. L’important maintenant, c’est qu’on ramène un de ses effets personnels, n’importe quoi. On va pas se trimbaler son corps mais, avec un peu de chance, on pourra négocier une partie des cinq cents ducats en prouvant sa mort.

Valérian acquiesça. Ils ne savaient toujours pas comment calmer le volcan mais l’autre partie du contrat devenait au moins réalisable. La chaleur de la lave en contrebas l’étouffait. Sous le cuir épais des gants, ses mains nageaient dans une sueur trop brûlante à son goût. Il était pressé d’en finir et de repartir au plus vite à l’air libre.

Il s’élança, bondit au-dessus du vide et retomba à quatre pattes au sommet du pic dans un nuage de poussière.

— Alors ? Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? demanda sa sœur depuis le promontoire.

Valérian inspecta le corps du scientifique gisant à ses côtés. Le vieil homme n’avait pris qu’un bien maigre équipement pour s’aventurer ici : une chemise légère, un pantalon d’été à la flanelle couverte de poussière, et de fins souliers aux semelles carbonisées. Ni sac, ni nourriture, ni corde ne traînait près de lui. Sa peau était sèche et jaunâtre, parcheminée comme celle d’une momie. La dépouille dégageait peut-être des odeurs de putréfaction mais, derrière l’épaisseur de son écharpe, Valérian avait toujours les narines saturées des relents infects du soufre.

— Déshydratation, je crois. Tu parles d’une mort stupide.

— Pas étonnant. De ce que j’ai entendu sur lui, Bernelier n’avait pas toute sa tête. Bon, tu peux en profiter pour arrêter sa machine ? Tant qu’on ignore ce qu’elle fait, je serais plus rassurée si elle était éteinte.

Valérian se tourna vers l’œuf. Il était brûlant au toucher, son métal surchauffé depuis des jours dans cette atmosphère caniculaire. La coque vibrait, chassant en petites avalanches la cendre que les vents brûlants ramenaient sans cesse vers l’appareil. Ce dernier émettait un ronronnement singulier, continu, tout juste perceptible derrière la sourde rumeur du magma. Valérian ne pouvait dire si ce qu’il ressentait sur son visage étaient les ondes que propageait la machine, s’il les devinait lui frôler les tempes et lui caresser les poils de ses favoris, ou s’il s’agissait simplement des rafales suffocantes qui jaillissaient de la fournaise, vingt mètres plus bas.

Il avisa le levier qui ne pouvait être selon lui que l’interrupteur du dispositif. Il l’agrippa avec fermeté et tira dessus. La manette refusa de tourner.

— Alors, qu’est-ce que tu fiches ? trépigna Lenaïde dans son dos.

Valérian grogna, agacé par l’impatience de sa sœur. Il réitéra, à deux mains cette fois, la machine calée sous ses bottes. Il jura entre ses dents, le visage cramoisi, alors que de grosses veines pulsaient sur son front.

Le levier céda. Il rompit et lui resta entre les mains. Valérian fut projeté un mètre en arrière, l’invention roula à l’opposé et tomba de l’aplomb. Incrédule, il considéra la poignée que ses doigts serraient toujours, avant de lever un regard intrigué autour de lui. Quelque chose venait de changer, comme si une bourrasque nouvelle balayait soudain la caverne.

Valérian se releva d’un bond fébrile puis se pencha au-dessus du rebord. L’œuf gisait, intact, en équilibre sur un petit îlot de roche qui flottait sur le magma. Les ondes éthériques en jaillissaient toujours, plus puissantes que jamais. Elles creusaient de larges cercles concentriques à la surface de la lave. Les vibrations se propageaient aussi dans les airs, elles déformaient les fumées contre la voûte, secouaient les gravillons contre les parois de la chambre. Elles creusaient des plis dans les vêtements de Valérian et agitaient les mèches de cheveux qui dépassaient de sous son casque.

— Dieux, ne me dis pas que c’est possible ! jura Lenaïde. Ne me dis pas que tu l’as bloqué à plein régime !

Valérian ne pouvait plus rien y faire. Il se contenta de baisser son foulard et adressa un sourire gêné à sa sœur. Elle lui décocha un regard noir de colère jusqu’à ce qu’elle sursaute au grincement de roche qui résonna de tous côtés.

Autour du puits, les pyroleptes s’animaient. Ils s’ébranlaient un à un et convergeaient à pas pesants vers la machine, les bras tendus devant eux.

— Eh bien, on sait désormais à quoi sert ce maudit œuf, tenta de plaisanter Valérian.

Lenaïde ne partagea pas son trait d’humour. Revolver au poing, elle tira sur la créature la plus proche. Les balles fusèrent en un éclair aveuglant, les ampoules explosèrent et l’élémentaire s’immobilisa à quelques pas du gouffre dans un geyser de vapeur brûlante. Son frère l’imita, mit en joue le monstre suivant et le refroidit à son tour. Il tira une poignée de cartouches de sa sacoche, rechargea son barillet d’une main tremblante puis leva à nouveau le regard vers la légion qui s’approchait en silence. Des dizaines de pyroleptes se dressaient à seulement quelques pas du puits, sur le point de tomber. D’autres émergeaient déjà en rangs serrés des galeries derrière. Jamais ils n’auraient assez de munitions pour les ralentir tous.

Un premier pyrolepte chuta le long de l’escarpement. Ses pieds glissèrent contre la paroi en une avalanche de gravier puis la lave l’engloutit dans un geyser bouillonnant.

Le sol trembla.

Valérian se mordit les lèvres. Nul besoin d’une grande imagination pour prévoir le séisme que leurs morts conjuguées allaient provoquer d’ici peu. La voix perçante de sa sœur couvrit le grondement de la montagne.

— On décampe ! Maintenant !


*


Le Mont Tonnerre se fendait en deux. Théorian serrait à deux poings sa canne qu’il aurait voulu tordre. Son regard ne quittait pas les nuées de cendres qui déchiraient le ciel.

Dans son dos, les petits seigneurs s’agitaient. De la Claire-Harmont le tiraillait de questions qu’il se contentait d’ignorer. Le capitaine de Frécourt harcelait les notables pour obtenir l’ordre d’évacuer la ville. Théorian, lui, se moquait d’Albeville, de ses citoyens, de l’édile, même de leur contrat. Il se tourmentait pour son frère et sa sœur, la boule au ventre.

— Capitaine ! appela la vigie qui se tenait à l’écart de leur petit groupe. Deux civils en approche, au pied du mont.

Sans un mot, Théorian bondit sur le soldat, lui arracha la longue-vue et la porta à son œil. Ses mains tremblaient, sa vision tressautait, mais il balaya avec méthode le paysage chaotique qui se découpait à travers la lentille. Des roches noires, des amoncellements de cendres, des coulées de lave, rougeoyantes ou déjà refroidies. Et là, au milieu de cet enfer de feu et de fumée, il les découvrit. Valérian et Lenaïde défiaient une fois de plus toutes les statistiques. Ils couraient vers eux à en perdre haleine, la moitié de leur équipement abandonnée dans leur sillage.

Le capitaine lui retira la longue-vue d’un geste furieux puis observa à son tour les deux aventuriers. Ses lèvres se pincèrent en une moue incertaine alors qu’il rajustait patiemment la focale.

— Curieux, commenta-t-il avec un détachement tout militaire. Il me semble qu’ils nous apostrophent.

— Que disent-ils ? demanda le bourgmestre.

De Frécourt ne répondit pas de suite, toujours plongé dans son observation. L’édile s’impatienta et frappa du poing les coussins de son siège à l’agonie.

— Capitaine, je vous ordonne de me répondre sur le champ !

L’officier ouvrit la bouche mais se ravisa, doutant encore de ce qu’il lisait sur les lèvres des Cambol. Théorian, fébrile, essuyait la sueur de son front blême. Pour la première fois, il était suspendu aux paroles du capitaine.

Celui-ci parla enfin. D’un seul souffle froid.

— Ils nous disent : fuyez.


*


À bord du trois-mâts qui filait entre les vagues, chargé de réfugiés, le Mont Tonnerre n’apparaissait plus que comme une minuscule bosse à l’horizon. Le contremaître hurlait en vain, tentant de disperser les trop nombreux passagers amassés à la poupe. La fratrie Cambol, elle, s’employait à demeurer à l’écart des autres voyageurs. Accoudés au bastingage, ils contemplaient d’un regard désenchanté la colonne de fumée noire qui traversait le ciel.

— Encore un contrat raté, soupira Lenaïde.

Pour se soulager les nerfs, elle enfonça son doigt entre les côtes de Valérian.

— Qu’est-ce que j’y peux, se défendit-il, si l’invention de Bernelier a mis la pagaille chez les pyroleptes ? Pas ma faute s’ils se sont tous jetés en même temps dans la lave.

Sa sœur ne rétorqua pas. Depuis qu’ils avaient fui Albeville ventre à terre et embarqué sur ce navire avec la plus grande discrétion, profitant de la confusion générale pour échapper aux miliciens qui devaient les rechercher, elle n’avait eu de cesse de lui faire la liste de ses griefs, auxquels Valérian trouvait toujours une excuse.

— Tout de même, avoua Théorian, je ne me serais jamais attendu à ce que Bernelier sache fabriquer un tel engin. Imaginez, contrôler des élémentaires ? Le rêve de tous les savants !

— Dommage que nous n’ayons pas eu l’occasion de récupérer sa machine, répliqua sa sœur. On en aurait tiré une belle fortune.

Elle s’affala contre la rambarde et baissa la tête vers ses bottes usées jusqu’à la semelle. Cette opération s’était révélée un autre gouffre financier. Non seulement ils n’avaient rempli aucune part de leur contrat, mais ils avaient dû abandonner leur matériel à l’hôtel, peu enclins à y attendre de la Claire-Harmont ou de Frécourt.

Théorian afficha un sourire insolent. Il tapota l’épaule de sa sœur mélancolique, ouvrit sa sacoche et en exhiba un épais carnet de cuir.

— Vous n’avez pas pu rapporter la machine, soit, mais j’ai ici tous ses plans, accompagnés des notes et des théories de Bernelier. En présentant bien les choses et en faisant le tri, nous devrions pouvoir réussir à vendre tout ça à prix d’or.

Les trois Cambol s’échangèrent des sourires canailles. Les yeux brillants, ils regardèrent les panaches encrassés qui noircissaient toujours l’horizon.

Certes, ils n’étaient pas parvenus à calmer le volcan, ni à ramener la dépouille de Bernelier, encore moins à sauver la ville. Mais, tout compte fait, c’était une bonne journée.

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¡ Santa Muerte !

Depuis l’Éxtasis , les nouvelles technologies rendent la mort presque impossible, sauf si l’on se comporte comme un abruti. C’est donc tout penaud qu’Esteban se retrouve au royaume des morts après avoir trop bu. On a beau lui faire bon accueil, il refuse sa situation en bloc et s’empresse d’accepter le marché que lui propose la Santa Muerte en personne. Il a cinq jours pour accomplir la mission qu’elle lui confie, sans quoi il deviendra résident permanent du pays des esqueletos.


Eko

Eko et Towan sont pourchassés par les drones du gouvernement, et le centre commercial où ils se sont engouffrés ne leur offrira qu’un court répit. Towan tentera de leur trouver une issue de secours grâce à ses talents de hacker, mais ce sont les pouvoirs chamaniques d’Eko qui pourraient faire la différence. Hélas, à quoi bon fuir ses problèmes quand ceux-ci vous suivent jusque dans le plan astral…


Gnôle. Colt. Bison.

Jacob et Rebecca sont chasseurs de prime dans un Far West décimé par le Grand Cataclysme. La terrible maladie ne les a pas épargnés, non, mais ils ont eu la chance de ne pas être mis au ban comme les parias qu’ils pourchassent. Pourtant, à toujours confier leurs décisions au hasard, à toujours croire que la bonne fortune a décidé de les prendre sous son aile, leur dernière traque pourrait prendre un tour inattendu.


Les pyroleptes

Le bourgmestre d’Albeville a embauché la fratrie Cambol pour une mission de haut vol : empêcher le volcan qui surplombe la cité d’exploser. Théorian, l’aîné, a tout mis en œuvre pour que Lenaïde et Valérian ne partent pas sans équipement dans les tunnels emplis de soufre de la montagne. Mais comme il est délicat de prévoir l’imprévisible, et que personne ne sait à quoi devait servir la machine que ce savant fou de Bernelier a emportée avec lui dans le volcan, il leur faudra faire preuve d’ingéniosité et de débrouillardise pour s’en sortir.


Sous l’éternel ciel bleu

Que doit faire Nerguï, l’apprenti chaman, quand le train que pillaient ses frères lui ramène un étranger qui semble tout connaître de lui et de son vieux maître mourant ? Et doit-il lui faire confiance quand celui-ci veut le conduire là où se rencontrent le jour et la nuit pour y affronter les démons qui menacent son clan ?


Monologue

Zachary Adamson est l'homme le plus riche et le plus puissant de la Terre, mais même les meilleurs médecins ne peuvent plus repousser l’inéluctable : il va bientôt mourir. Reclus dans sa villa orbitale privée, il discute avec celui qui devra hériter de son empire à sa mort. Lui-même.


Mémoires mortes dans l’anthologie Quantpunk chez Realities Inc.

La clé du paradis, à vous, pour toujours. Voilà la promesse de Geist, l’entreprise spécialisée dans les rencontres post-mortem virtualisées, que Félix et Volker doivent infiltrer pour y dérober le caisson mémoriel de Gottschalk, le fondateur même de la société. Mais qui est Ada, leur mystérieuse commanditaire, et quels sont ses propres plans ?


Le sang et l’acier dans l’anthologie Réalités 1 chez Realities Inc.

Laër, un synth vivant dans la haine des humains, doit plonger dans la décadence et la saleté de l’une de leurs cités pour découvrir ce qui est arrivé à son ami Horatio. Changements de corps, vols de souvenirs, fusions de mémoire, il ne reculera devant rien dans sa quête aveugle de vengeance.


Les enfants d’Avalon

Cette nouvelle vous racontera l’histoire de Gareth, un développeur en prise avec les avatars des intelligences artificielles qu’il est censé contrôler. À moins que toute cette histoire ne soit qu’un prétexte de la part de ce curieux narrateur un peu trop présent…


Robô dans l’anthologie Mort(s) chez les Artistes Fous Associés

Robô, c’est le surnom que trois gamins des favelas de Rio donnent à ce qu’on pourrait décrire au mieux comme un ancien mercenaire / cyborg / zombie / IA démente. Un ajout étonnant à ce trio de choc qui lutte au quotidien pour sa survie parmi les ordures et les rats.



Couverture de la nouvelle : illustration de Tithi Luadthong, fonte de Dieter Steffmann


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