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Excerpt for Au Seuil d'une porte by , available in its entirety at Smashwords

AU SEUIL D’UNE PORTE

Édition française

By Pauline Lapointe-Chiragh

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Published by:

Éditions Héritage du cœur at Smashwords

© 2019 by Éditions Héritage du cœur

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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada


Lapointe-Chiragh, Pauline, 1942-, auteur


Au seuil d’une porte / Pauline Lapointe-Chiragh.


Nouvelle édition.


Publié en formats imprimé(s) et électronique(s).

Lapointe-Chiragh, Pauline, 1942-


ISBN 978-2-9814374-4-0 (couverture souple)

ISBN 978-2-9814374-5-7 (EPUB)


1. Actualisation de soi. 2. Rêves - Aspect psychologique. 3. français

Lapointe-Chiragh, Pauline, 1942-. I. Titre.


BF637.S4L36 2018b 158.1 C2018-942458-3

C2018-942459-1



Conception et illustration de la couverture

Massoud Golriz


Dessins

Pauline Lapointe-Chiragh


Pour joindre l’auteure :


Les Éditions Héritage du cœur

10, 8e Avenue, suite 802 Deux-Montagnes (Québec) J7R 0L7

www.heritageducoeur.com

heritageducoeur@outlook.com


© Tous droits réservés

ISBN 978-2-9814374-4-0


Dépôt légal : 4e trimestre 2018

Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada



Autres versions de cet ouvrage :


Au seuil d’une porte (nouvelle édition)

Lapointe-Chiragh, Pauline 2018

ISBN 978-2-9814374-4-0 (imprimé)

ISBN 978-2-9814374-5-7 (édition numérique EPUB)


On the way in Édition anglaise

Lapointe-Chiragh, Pauline 2018

ISBN 978-2-9814374-9-5 (imprimé)

ISBN 978-2-9814374-8-8 (édition numérique EPUB)


Au seuil d’une porte Tome 1

Lapointe-Chiragh, Pauline 2014

ISBN 978-2-9814374-0-2 (imprimé)


La version française du présent titre Au seuil d’une porte a fait l’objet d’une adaptation en format audionumérique DAISY pour les personnes ayant une déficience perceptuelle.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) : http://banq.qc.ca www.vuesetvoix.com


The French version of this title On the Way in has been adapted in the DAISY audio-digital format for the visually impaired.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) : http://banq.qc.ca www.vuesetvoix.com



Autres ouvrages des Éditions Héritage du cœur :


Revivre de sa vie

Pyer, Jean 2015

ISBN 978-2-9814374-2-6



À mes petits-enfants, Eve et Gabriel avec le désir de prolonger l’existence de leur grand-papa parti sans les connaître.



TABLE DES MATIÈRES



Pour dire vrai…

Avant-propos


PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE 1

Une porte s’ouvre

CHAPITRE 2

L’enfance retrouvée

CHAPITRE 3

Le départ

CHAPITRE 4

Une rencontre déterminante

CHAPITRE 5

L’écho de mes nuits


DEUXIÈME PARTIE


Une entrée dans mes rêves

Survol de mes rêves

Remerciements

Biographie de Pauline Lapointe-Chiragh

Biographie de Massoud Golriz

Épilogue



Pour dire vrai…



Voici l’histoire d’une vie attentive à tous les signes que lui offrent les événements ; certains sont prévus, d’autres sont insolites…

C’est aussi l’histoire du quotidien de nos vies. Le plus ordinaire devient lieu de pensée, de recherche de l’essentiel jusque dans les détails plus intimistes. Tout devient histoire dès qu’il y a attention à faire bien ce que l’on a à faire.

C’est l’histoire d’une recherche de sens à même les joies et les épreuves, en dialogue avec un idéal de fraternité sagement affirmé.

C’est l’histoire des amitiés et des rencontres, même des voyages, qui font que l’amour demeure vivant autant que créateur de liens.

C’est l’histoire de la nuit qui rêve du jour et du jour qui rêve de la nuit, pour une recherche de la liberté improvisée selon les événements qui affirment la même recherche d’idéaux.

C’est l’histoire d’une frontière à deviner entre le savoir de l’esprit et le défi de l’observateur alerté par sa propre démarche…

C’est, en fin de compte, l’heureuse rencontre d’un bon voisinage entre l’art du récit et l’art du conte, entre la réalité et la mémoire, entre le corps et l’esprit, comme entre les mots et la mémoire vivante.


Signature du père Benoît Lacroix




Avant-propos



Ce livre est le produit d’une longue réflexion. En remontant le fil du temps, j’ai vu le chemin de ma vie, une aventure dans le silence des mots.

J’ai cherché à préciser mes souvenirs, à rattraper ceux qui s’étaient estompés. J’ai revu des paysages colorés et riches en émotions.

J’ai entrepris cet ouvrage en souvenir de Yousaf, mon conjoint pendant quarante années, et en hommage à mes enfants, Sonia et Réjean, grâce à qui j’ai découvert le miracle de la vie. À France aussi, la conjointe de Réjean, qui sait répandre l’amour.



PREMIÈRE PARTIE




CHAPITRE 1


Une porte s’ouvre



Née pour provoquer, charmer,

Née pour oser, s’amuser, épater,

Née pour déplacer des montagnes,

Née pour s’exprimer, rêver, briller,

Née pour répandre le goût de vivre.


Voilà le texte de la carte d’anniversaire que j’ai reçue pour mes 65 ans. La vie est-elle provocation, questionnement et source de défis ? Suffit-il parfois de laisser émerger les sentiments et d’accueillir leur magie ou d’ouvrir de nouvelles portes, tout en laissant les inspirations se tourner vers le renouveau et l’espoir ? Nous faut-il affronter la vie pour grandir et évoluer ou simplement nous réaliser selon notre personnalité ? Je crois qu’au fil de ses expériences et des émotions suscitées, chaque personne se découvre et trouve sa véritable raison d’être.

Ces questions essentielles continuent de résonner dans ma tête.

Une nuit, j’ai fait ce rêve :

Quelqu’un ouvre une porte, me conduit dans une pièce à l’ambiance sereine. Je m’assois et observe la flamme haute et brillante d’une bougie. Progressivement, je me concentre sur ma respiration.

• Je sens les murmures de l’air entrer et sortir.

• Je sens le calme et la paix s’installer en moi.

• Je sens ce souffle envahir toutes les fibres de mon corps.

• Je sens mon corps vivant, unifié avec l’Univers.

Au réveil, une paix inhabituelle m’habite et une pensée résonne en moi. Pour mieux vieillir, pourquoi ne pas laisser jaillir ce qui vibre au fond de mon être ? Assise devant l’ordinateur, je tape ces mots : Pourquoi ne pas écrire ? Je répète l’énoncé et je fais un copier-coller. Sans raison apparente, à partir de cette simple opération, l’ordinateur s’emballe et se remet à travailler. Lorsque je veux fermer le dossier, l’écran m’annonce le risque de perdre mes données. Donc, je patiente jusqu’au moment où je comprends la cause du ralentissement : cette phrase se retrouve sur 720 pages !

Quelle coïncidence ! Même les phrases à l’écran de l’ordinateur semblent être en harmonie avec moi. Je les vois comme un signe du destin, une réponse annonciatrice d’un nouveau départ. Certaines idées s’enflamment, me donnent des élans. Je deviens une boule de feu pleine d’enthousiasme. Ce projet d’inventorier mes expériences pimente ma vie.

En passant par le poids des mots, je m’initie à leur puissance. Ils réchauffent mon cœur. De nouvelles pensées germent en moi et mon esprit s’anime. Cet élément déclencheur active ma soif de communiquer, soulève une force, un désir de me dépasser.

Ce défi ouvre un passage pour apprivoiser la petite fille qui demeure en moi, cette enfant si mal connue, à l’apparence forte, mais si fragile de l’intérieur. Tant de souvenirs m’habitent. Tout en les égrenant, je les sens porteurs d’espoir et de délivrance. Ainsi, par le pouvoir des mots, je désire démystifier certaines étapes de sa vie.

L’écriture ouvre une porte sur de nouveaux territoires intérieurs, me conduisant vers une quête de ma vérité en passant par la magie des mots, en les laissant vibrer, résonner pour mieux entendre leur écho. La plus noble conquête de l’Homme n’est-elle pas la conquête de lui-même ? Tout comme le dit Confucius : « Qui ne connaît la valeur des mots ne saurait connaître les hommes ».


***


Je suis convaincue qu’il nous arrive à tous, un jour ou l’autre, des circonstances qui nous obligent à apporter des changements majeurs, et ce, de façon radicale. Ainsi, lorsque mon conjoint est décédé, je n’ai pas perdu uniquement un mari, mais un ami, un confident, quelqu’un avec qui je partageais mon quotidien depuis quarante ans.

Yousaf, cet homme venu d’ailleurs, m’a ouvert grand les portes de son cœur. C’est en unifiant la beauté de son monde avec le mien, en goûtant les saveurs de l’Orient et de l’Occident, que nous avons tout appris l’un de l’autre. Nos univers différents étaient, en même temps, complémentaires.

Me retrouvant seule à 63 ans, j’ai dû apprendre à vivre différemment, à prendre le temps d’assimiler cette transition et la vivre par étapes.

En plus de faire face à la mort d’un être cher, je me suis rapprochée de ma propre destinée, des détachements physiques et psychologiques qui s’ensuivirent. J’ai dû faire le deuil d’une profession exercée pendant plusieurs années, quitter mon école de naturopathie et tous mes étudiants et amis si précieux. L’écriture s’est alors révélée une façon de fermer la boucle, de saisir l’essence de ma solitude, de lui donner un nouveau souffle, un peu comme la chenille qui devient papillon.

Un autre désir m’était cher : celui de laisser un souvenir à mes petits-enfants qui n’ont pas eu la chance de connaître leur grand-père, cet homme si spécial à mes yeux. Je souhaitais leur transmettre ce qui émergeait de lui, son courage et sa dignité, tout en leur permettant de nourrir leurs racines.

Mais avant d’y arriver, je devais franchir une autre étape. Il me fallait apprivoiser la ville, choisir mon lieu de résidence, découvrir le secteur et l’endroit répondant le mieux à mes besoins… Tout en prenant le chemin de la liberté, en me laissant porter par le flux naturel de l’existence, en enlevant le plus de contraintes possible et en faisant de ma demeure un havre de paix.

Je devais apprendre à ne plus être une femme de banlieue. Il me fallait dire adieu à mon auto, m’habituer à me déplacer en transport en commun, porter mon sac à dos, bref devenir piétonne. Même si vivre signifie s’adapter, tous les ajustements perturbent momentanément l’existence.

Avec l’accord de mes grands enfants, cette période de deuil et de transition s’est faite également à travers les voyages. En allant rendre visite à ma famille par alliance, j’ai décidé de partir en solitaire et de parcourir une partie de l’Europe et de l’Orient. J’avais besoin de me retrouver parmi les siens, de m’entourer de ceux qui l’avaient aussi aimé. Près d’eux, j’ai retrouvé une partie de lui, sentant sa présence qui me réconfortait.

Ce besoin d’appartenance, autant que ce rapprochement culturel et ce soutien moral m’apparaissaient nécessaires. J’éloignais de moi ce sentiment de solitude où j’étais une femme sans conjoint, vivant avec mes enfants Sonia et Réjean sans père dans un pays étranger. J’ai vécu ce qu’une émigrante vit à travers mon mari. À mon retour, j’ai pu leur dire que nous avions une belle famille dispersée dans le monde et qu’elle était là, prête à no us accueillir. Ce pèlerinage m’aida à aller de l’avant.

Comme ces changements s’étaient effectués très rapidement, je me sentais épuisée ; une régénération s’imposait. C’est alors qu’un souvenir me vint à l’esprit : ma mère avait déjà séjourné en Roumanie dans un centre thermal. À son retour, elle était resplendissante, métamorphosée.

Tout en continuant de m’interroger, je me mis en quête d’un renouveau, non pour partir à la découverte de la route des épices, mais plutôt celle d’anciennes méthodes thérapeutiques. Ma destination fut la Roumanie. Je voulais saisir l’occasion de profiter des richesses de la mer, de ses ressources balnéaires, tout comme Cléopâtre l’avait fait dans son temps. Et me voilà repartie ! Des paysages grandioses, des montagnes et des cascades majestueuses resteront à jamais gravés dans ma mémoire, tout comme ces monastères réputés pour leurs fresques murales du XVe siècle. Passer quelque temps là-bas m’a alors permis de faire le vide. Ce fut une immersion totale, à la fois culturelle, historique et mystique.

Pendant mes moments de solitude, j’avais eu le temps de filtrer une partie des événements de mon passé afin de mieux percevoir ce qui me faisait vibrer ou qui me fascinait. Pourquoi ne pas faire un pas de plus et vivre une passion secrète, celle du voyage ? Pourquoi ne pas organiser des séjours dont le but serait la prévention et la promotion de la santé, de la détente, de la culture et du plaisir ?

Pour faire suite à cette réflexion, je vous invite à vous laisser imprégner par ces mots qui peuvent vous encourager pleinement :

• Provoquer, non pour susciter une réaction, mais pour surprendre en exposant un point de vue pertinent.

• Charmer ceux que l’on aime en laissant émerger la source lumineuse cachée en soi.

• Oser devenir entreprenante, se dépasser en faisant le pas déterminant de plus, celui de réaliser ses rêves.

• S’amuser au jeu de la vie, l’agrémenter, oublier le temps pour se distraire et se récréer.

• S’épater, se surprendre par ses talents, ses réussites.

• Déplacer des montagnes. Rester à l’écoute de la petite voix intérieure qui privilégie l’inspiration personnelle pour étonner au gré du hasard.

• Exprimer ses idées, élaborer sa pensée, se laisser inspirer par son imagination et sa créativité.

• Rêver à l’inattendu, laisser les pensées vagabonder, parcourir des mondes, aller où le soleil éclaire d’autres cieux.

• Briller, laisser jaillir la flamme intérieure présente en chacun de nous comme un phare lumineux.

• Répandre la joie de vivre, irradier par son regard tout ce qui se dégage du cœur.

• Ouvrir ses pensées et ses croyances pour accueillir des sentiments de paix, d’abondance et d’amour en devenant maître de sa vie.

L’impossible devient possible à celui qui explore la vie en s’inspirant des lois de l’Univers, tout en se donnant du temps, en s’offrant la liberté d’apprendre, de grandir, de donner, de recevoir, de rire et d’aimer…




CHAPITRE 2


L’enfance retrouvée



Du côté paternel


Mon grand-père, Léandre Audet dit Lapointe et Eugénie Simard, sa femme, arrivés de Baie-Saint-Paul à la fin du XIXe siècle, s’établirent à Saint-Cyriac, petite localité située au nord du lac Kénogami. En 1924, la paroisse fut inondée à la suite de la construction de barrages par La Pulperie de Chicoutimi. À 22 ans, Jos-Nil (mon père) quitta alors son village natal et emménagea avec ses parents à Saint-Cœur-de-Marie.

Les années 1920 étant prometteuses, mon grand-père investit dans l’achat de terres, espérant voir ses enfants s’établir près de lui. Pendant que lui et mes oncles allaient travailler aux chantiers, mon père s’occupait de la ferme. Rapidement, il prit goût à son travail. Les activités de la terre l’intéressaient, mais c’étaient davantage les à-côtés qui lui plaisaient : l’organisation, les échanges avec les gens, les achats, les ventes.

La ferme, la forêt et les affaires… De 1928 à 1931, Jos-Nil connut à son tour la vie de chantier et le travail de bûcheron. Lui et son cheval s’engagèrent comme « transporteurs de bois ». De cette époque, il garda le souvenir d’un travail dur et exigeant, où la manière de faire était souvent plus importante que la force brute. Grâce à la contribution de chacun, la famille Lapointe termina, au début des années 1930, le paiement de ses terres.

Les années 1930 furent difficiles ; l’économie mondiale suffoquait. Mon père réussit tout de même à développer sa ferme. Lentement, il apporta des changements, transforma certains bâtiments et finit par posséder un abattoir. Il créa, avec ma mère Germaine, une recette de boudin qui devint très tôt une denrée recherchée. D’abord limité aux épiceries des secteurs Saint-Cœur-de-Marie, Alma et Saint-Bruno, son commerce de viande en gros s’étendit jusqu’à Jonquière, puis à Chicoutimi. Cette progression ne le satisfaisait pas ; le comté du Lac-Saint-Jean Ouest l’attirait aussi.

L’année 1951 constitua une autre étape importante dans la diversification de son entreprise. Jos-Nil acheta une épicerie, un abattoir, une boucherie et une charcuterie à Normandin. Ajoutant le commerce de détail à ses activités de marchand de viande en gros, la maison de commerce Jos-Nil Lapointe et fils comptait alors une vingtaine d’employés. La compagnie de chaînes d’épicerie Steinberg lui attribua en 1954 un prix d’excellence pour son boudin. L’abattoir de Normandin devint pendant les douze années suivantes le seul fournisseur des magasins Steinberg au Saguenay. Le marché de détail progressa aussi pour s’ajuster aux besoins de la communauté. Son commerce, d’abord traditionnel, s’agrandit peu à peu pour devenir un commerce moderne.

Avec ses employés, mon père était amical. Tous assistaient à ses déjeuners-causeries du mercredi matin. Il parlait de tout et de rien, mais toujours avec beaucoup d’animation. Pendant deux mandats, il siégea au conseil de ville de Normandin.

Mon père était un fervent amoureux de la nature. Son animal préféré était le cheval. Il en a toujours possédé au moins un. De 1936 à 1954, il s’intéressa aux courses de chevaux. À cette époque, il était propriétaire de trois jeunes étalons qui couraient sur les pistes de Jonquière. À maintes reprises, il fut lui-même jockey. Quelques semaines avant de mourir, il se sépara de son dernier poney.

Il avait aussi un don naturel de météorologue ; il savait lire dans le ciel et reconnaître les dessins que Dame Nature préparait pour les jours à venir. Il possédait également une telle habileté manuelle qu’il nous suffisait de lui présenter une paire de ciseaux et un morceau de carton pour se voir offrir un cheval. Il était toujours plein de nouveaux projets.

Épris de liberté, il croyait aux vertus de la libre entreprise. Sa ténacité l’entraîna à faire éclaircir la loi québécoise régissant la vente de la bière. Les autorités hésitaient à l’époque à permettre cette vente dans les épiceries ou encore à la soumettre au contrôle des municipalités. Après avoir affronté la justice à trois reprises, mon père eut gain de cause. Ce règlement faisant jurisprudence, l’ensemble des épiciers et des citoyens québécois en profitèrent et en profitent encore de nos jours.

Mon père fut membre des Chevaliers de Colomb au 4e degré pendant une vingtaine d’années. C’est avec plaisir qu’il partait en carriole pour participer à la guignolée du temps des Fêtes. Tout en ramassant paniers de Noël, nourriture, jouets et gâteries, il prenait une shot de caribou (boisson alcoolisée) ; c’était la coutume. Son retour à la maison se faisait toujours de façon joyeuse.

Il me laissa le souvenir d’un homme aimant la vie.



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