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Alexandre Roger
















En Vers et Contre Toutes



Copyright © 1985-1992 Alexandre Roger

Copyright © 2001 Le Manuscrit

Copyright © 2019 Alexandre Roger, pour la présente édition, tous droits réservés pour tous pays



TABLE DES MATIERES



En vers et contre toutes

Biographie

Bibliographie

Aperçu



1



Comme un être condescendant

Qui régit l’espace et le temps

Défie les visées de Satan

Et guide ses propres enfants


J’inaugure mon œuvre enfin

A vous pour moi pour vos envies

Portée par la main du destin

Comme le hasard dans nos vies


Ces poèmes pris un à un

Restent secrets et sans grand lien

Placés comme du sable fin

Déversé au fond d’un ravin


Et pourtant l’œuvre est cohérente

Le sort a désigné sa place

A chaque rêverie errante

Au sein d’un jeu semblant fugace



2



Ma nature se meurt elle n’est plus en fleur

Mon harmonie brisée a semé le brouillard

Qui transforme mon corps en un vaste trou noir

Je suis perdu sans fin au milieu de mes heurts


Mon harmonie brisée a semé le brouillard

Poète dans l’âme sur la terre rêveur

Je suis perdu sans fin au milieu de mes heurts

Je cherche mais en vain celle perdue un soir


Poète dans l’âme sur la terre rêveur

Ma vie s’est oubliée dans son charnel nectar

Je cherche mais en vain celle perdue un soir

C’est depuis des heures où j’évite ses leurres


Ma vie s’est oubliée dans son charnel nectar

Le tiroir du néant est ma simple demeure

C’est depuis des heures où j’évite ses leurres

Ma vie et le monde ne sont que des miroirs



3



Je suais sur le mur du chemin de ronde

A faire les cent pas coffré dans mon armure

Eloigné de la mer bientôt je serais mûr

Si l’astre ne cessait de m’envoyer ses ondes


Je cuisais je souffrais bien plus qu’une torture

Mes yeux sur la plaine ne quittaient plus le monde

Mais pourtant le brouillard me montrait une blonde

Et ivre mort je m’accoudais aux armatures


La plaine s’inondait les vagues m’emportaient

Une femme accourait mais seul je me portais

Nue elle se baignait pour elle j’ai plongé


Tous les membres rompus devant la ville en flammes

Assis parmi les assaillants qui me longeaient

Mes amis mouraient pour un mirage de femme



4



Sur la route l’air était chaud lourd et pesant

Sur mes pauvres épaules vêtues d’un gilet

Et ce n’est plus qu’un vague souvenir distant

Sur la table déserte du morne souper


En silence la lueur floue et déguisée

D’une chandelle larmoyante dessinant

Le contour des meubles froids sur les murs absents

Où s’amassent de gros gras nuages grisés


Et en un craquement soudain et violent

Tombe une pluie glaciale mêlée de grand vent

De grêle d’éclairs fulgurants et de tonnerre


La lumière tremble dans la pénombre close

Brûlant mes veines gonflées dans cette nuit j’erre

Me demandant si ce n’est mon cœur qui explose



5



Petit cow-boy de la mer

Tu n’aimes que ton bateau

T’oublierais plutôt ta mère

Que de perdre ton radeau


Petit cow-boy de la mer

Quand tu files droit sur l’eau

Là tu regardes ta mer

Qui te caresse le dos


Petit cow-boy de la mer

Tu pries et tu la bénis

Car c’est elle ton vrai père

Elle t’a donné la vie


Petit cow-boy de la mer

Tu te nourris de sa vie

Que ce soit pair ou impair

Tu en as toujours envie


Petit cow-boy de la mer

Même pris dans tes filets

Tous les poissons sont tes frères

Pour l’heure du déjeuner


Petit cow-boy de la mer

Tes plaines ce sont les eaux

Ton cheval c’est ton bateau

Et ton air lui c’est ton aire



6



Je me demande encore

Pourquoi mes lèvres brûlent

Je me demande encore

Pourquoi mes poumons hurlent


Un méandre voilé

S’élève de ma tête

Un méandre voilé

Soulève un air de fête


Je me demande encore

Si ma plume s’agite

Je me demande encore

Si elle reste un gît


Cette envie enfantine

De vouloir goûter tout

Cette envie enfantine

Me noie dans le dégoût



7



Traînant comme un fardeau le long de la montagne

Erodant les rochers le guide tire à lui

Les hommes qui suivent vers le mât de cocagne

La colonne comme un méandre cruel luit


Du haut du piédestal au milieu de la nuit

Il domine la ville avec beaucoup d’épargne

La vaste nature le sommet qui le fuit

Jusqu’au jour où ici l’éclair sème la hargne


La montagne grandit l’homme porte l’enseigne

De son humanité comme d’une prouesse

Le guide continue et jusqu’à ce qu’il saigne

De marcher sur son frère ainsi qu’une déesse



8



Comme une huître nacrée je m’ouvre et me referme

Aux rythmes de mon cœur aux ressacs des marées

Ma perle est un secret comme un trésor sacré

Qui guette la venue d’une Vénus à terme


Soudain elle jaillit d’un geyser azuré

Avec ses tons fauves et sa robe alezane

Son quinquet alanguis son quinquina tisane

L’ascète que j’étais enivra le curé


Ce désir soudain ce viol d’intimité

Chez cet intoxiqué en son for intérieur

Est le réfréné reflet d’un collectionneur

D’arômes fiévreux regards d’ébriété


La reine du harem sorcière de Salem

Capturée vénale dans l’île de Pigalle

Paraît l’unique mie d’un pêcheur illégal

O lacryma-christi pressé de diadèmes



9



Laissons la guerre

Au militaire

Laissons-le faire

Pourrir la terre

Laissons-le fier

Loin de sa mère

Laissant son frère

Au cimetière

Laissant son père

Dans la misère

Laissant l’enfer



10



Et alors je voyage emporté par Eole

Sur des mers topaze vers des contrées lointaines

Vers d’autres horizons aux issues incertaines

Où j’espère aborder un rivage créole


Et des peuples entiers comme sortis de contes

Inconnus disparus recueillent à l’aurore

Le naufragé à vie nomade de son sort

Etranger avide dissimulant sa honte


Voici les cités d’or aux reflets du soleil

Les Andes les Iles et la Terre de Feu

Les Incas les Indiens aux passés malheureux

Et les Amazones guerrières nonpareilles


Voici l’Archipel d’atomes ses Samouraïs

Ses Geishas ses kimonos et ses arts martiaux

Destinées de sagesse des orientaux

Ce soleil se levant au-dessus des bonzaïs


Voici les étendues des féaux kangourous

Ces terres immergées à des mille des villes

Ces cultures ces coutumes ces elfes vils

Sont les faces taboues de nos propres gourous


Alors je voyage poussé par un instinct

Un besoin d’évasion oubli des interdits

Un goût d’autres mondes de nouveaux paradis

Je veux partir ailleurs loin longtemps loin loin loin


Voici ma naïade Vénus d’eucalyptus

Vahiné nue d’atoll qui effeuille mon arbre

Dont les seins acajou pressent mon corps de marbre

L’habillent de vertu et me vole un rictus


Alors je voyage sur un berceau de rêves

Je me laisse guider par des voix éternelles

Et d’une rive à l’autre entre rêve et réel

Je glisse inconscient comme une coulée de sève


Alors je voyage en un carmin palanquin

De courtisanes en royaumes ô délices

O solstices calvaire menant au calice

Et puis tous ces manants songeant au baldaquin



11



Ce train qui m’emmène sa fumée qui s’échappe

Comme les sourires ou nuages grisâtres

Parsemés sur les voies sous un ciel d’albâtre

S’étire depuis toi comme une longue écharpe


Ce train qui m’emmène tire derrière lui

Comme des souvenirs arrachés sur les quais

Ce train qui m’emmène semble un fil qui relie

Le passé au présent ainsi qu’un perroquet


Ce train qui m’emmène sa fumée qui essaime

Recouvre peu à peu ton corps que je désire

Qui s’éloigne de moi au rythme des soupirs

Est un sanglot sans fin pour dire que je t’aime



12



Où se terre le dieu de cette triste terre

Pour voir nos misères pour ouïr nos prières

Cet homme du nadir englouti sous des pierres

Songe-t-il à jadis pour oublier naguère


Regarde qui je suis noyé de souvenirs

Un fantoche affable une façade de fables

Mais aussi un être séduit par ton sourire

Fervent admirateur d’une femme fatale


Elle a d’une nagi ce qui me fait rêver

Elle a d’une fathma la sagesse d’Allah

Mais pour sortir avec hors de sa favela

Ce fut ma faiblesse de vouloir la sauver


Mon esprit fertile s’écrie-t-il ô fatum

Joue-t-il de sa fierté comme un joyau factice

Fashion fallacieuse et fictives faveurs tissent

Un abri de fautes consignées en factum


J’aimerais de nouveau venir te rencontrer

J’aimerais te troubler pouvoir te désirer

Que tu m’ensorcelles et que tu me fascines

Mais tout recommencer ce dessein m’assassine


Car j’en oublie le temps irréversible hélas

Et tous mes faux-semblants et tous mes faux-fuyants

Néfaste fellation accouplement saillant

Qui attira deux corps deux fesses face à face


Si tous ces rêves noirs échappés de ma caste

Veulent t’ôter ton charme et te rendre moins chaste

Ils sont nés des faubourgs et de pensées obscènes

Je suis un musicien peintre metteur en scène


Amour hermétique le semeur de malheur

Permet-il de vivre permet-il de mourir

Qui peut me secourir qui veut me secourir

Où es-tu toi que sans cesse implorent mes pleurs



13



Petite brune à la peau blanche

Brebis frisée mais égarée

Ainsi qu’une reine parée

Vois-tu sens-tu un cœur qui flanche


Tes yeux tous deux cernés de noir

Comme deux trous clairs et béants


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