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Excerpt for Eclats de Silence by , available in its entirety at Smashwords






Eclats de silence





Poésie





Grégoire Kouassi FOLLY





Solara Editions



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Eclats de silence



© Copyright 2019 - Grégoire K. Folly



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Toute reproduction, distribution ou partage interdits sans accord et autorisation de l’auteur et de l’éditeur.

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Solara Editions

New York, Paris, Cotonou


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Couverture: Dallys-Tom Medali


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Page web: www.livres.us

Editeur: editeur@livres.us

Auteur: folly@livres.us

Facebook: @ArtLit7

Twitter: @AfroBooks


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À

Hônon Houssou, la mère…

pour m’avoir permis de m’écrire et de me nommer

dans la polysémie du jour



L’œil fraternel,

Assion,

Fiacre,

Parfait,



Jacqueline,…

qui veut manger la moelle du sureau

ne doit pas sucer le miel stérile d’une florule



À

Djamile MAMA GAO,

Et Fabrice OGA,

dans le labour de mon silence

repose une parole native





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Vers le bas je me tourne, vers la sainte,

l’ineffable, la mystérieuse Nuit.

Le monde est loin

sombré en un profond tombeau

déserte et solitaire est sa place.

Novalis, Hymnes à la Nuit



 Je ne donne vie

Qu’au poème qui m’aide à espérer 

Fernando d’Almeida, En attendant le verdict



 C’est ici que coulait la source des origines

la sécheresse a érodé le silex

aucune lame de couteau ne se rappelle

le passage des chasseurs

c’est au vent de redire les traces 

Alain Mabanckou, Tant que les arbres s’enracineront dans la terre 



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Liminaire

<Lettre ouverte aux buveurs de mots et de blancs>

Très chers buveurs, Je prends l’initiative de vous serrer la main avant que vous ne buviez tous les mots et les blancs qui émaillent cette somme poétique. Mais c’est une décision qui ne fut pas du tout facile tout simplement parce que je la considérais au départ comme un risque. Risque de m’interposer entre votre puissante perception de la poésie et ma sublimation de la parole. Car, je me dis : il eût été simple de vous laisser seuls à votre curiosité, sans introduction, ni conclusion. Oui, seuls à votre entreprise de lecteur potentiel et averti, du moment où le conscient et l’inconscient vous appartiennent de droit.

Un beau risque à courir, devrais-je aussi dire, qui ne vous plaît pas plus qu’à moi. Et vous connaissez la raison de ma réticence. Simple : il s’agit de la poésie. Un terrain de relativité où chaque œil esthète ausculte le timbre des mots selon sa fréquence de captage. Je suis tenté, à raison, de dire que c’est ce qui surprend le plus dans le domaine des arts. D’aussi longtemps que mes cellules cervicales hument cette terre de belles polysémies et de beaux mots, je réalise, au-delà du festin du signifiant qu’offrent les synalèphes de la vie, que ma quête orphique réside dans la nostalgie d’une parenté originelle où lharmonie était maintenue entre le visible et l’invisible, le jour et la nuit, l’exploré et l’inexploré, l’endroit et l’envers…etc. On peut feindre de l’ignorer : il y a que j’aime à dire à qui veut l’entendre, que le poète est un ardent aérolithe point, qui s’immole dans la totalité et l’intimité des mots ; puis traversant l’espace de la vie et remuant le front, son chant, qui est réceptacle de parentés originelles et originales, prend son pied pour porter les gerbes de feu dans l’austérité cosmique des hommes…

A travers ce recueil, j’ai voulu scander le souffle du silence jusque dans la chair des mots. Epreuve de silence en effet, c’est une petite marmite de poésie qui ne tient pas sur un seul foyer. Elle est la résultante de toutes les paroles qui grondent à lintérieur de mon ventre. Elle a été et aspire encore à être promenée sur tous les visages comme un miroir. Elle se veut porte-étendard de toutes les frustrations du passé mais aussi de toutes les crispations de l’avenir. Elle est comme le raphia qui brasille l’air venu de tous les horizons, de tous les coins du monde. Dans ma recherche d’un juste rapport au quotidien, j’ai voulu concentrer mes mots, mes émois, mes silences voire mes ellipses dans un souffleur qui puisse faire le ménage de mon ’’ Je’’ dans ce grabuge existentiel.

Mais il faut que je vous dise avant tout : il n’est de poète, tel un Prométhée, dont l’ambition ne serait pas d’être un voleur de présages au profit des gens d’ici et d’ailleurs. Quoique soutient Baudelaire (en parlant de ‘’poésie pure’’), le poète a pour mission de galvaniser la vie de cette frange à la merci de la dictature de l’intégrisme et des éclats d’obus, de faire entendre distinctement l’onomatopée d’une terre aux abois, et surtout l’enlacement de cette société de séduction dont l’industrie fabrique les meilleures armes de destruction massive à partir de l’espèce humaine ! Ma poésie – en fait qui n’est pas prophétique – ne cherche point à savoir à quoi ressemble la liberté, ni à montrer le chemin – non, il y a encore du chemin à tresser. Elle est Liberté. Elle s’ouvre plutôt simple à la vie comme pour faire surgir et rendre palpables des visions qui défilent constamment sous les yeux du monde mais échappent à lindifférent.

Eclats de silence se révèle donc être l’expérience de ce qu’il y a d’immanent et en même temps d’imminent dans notre rapport au monde, plaçant la géologie des mots sous le sceau d’une véritable immunisation contre la sagesse de l’indifférence sous toutes ses formes et le néant de l’abdication devant la vie. En foi de quoi, prenez les mots et les blancs de ce recueil comme le cœur vous en dit. Eparpillez-les dans votre quotidien si vous en sentez le besoin. Mais accordez-moi au moins la faveur d’être toujours « l’écouteur à l’écart » de ces arcanes lointains, de ces rêves distants et éteints, cousus de pièces et de lambeaux, de ces sourires gris et quotidiens qui enluminent notre voie commune.

L’auteur.

Porto-Novo, Silence du vendredi 25 janvier 2019





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je vais bientôt écumer

la saison des orages

hâter mon rêve qui ne s’oublie point

pour réduire les frontières de la nuit

même dans la structure des pierres

même dans l’herbier

que caresse le vent

je vais te retrouver au confluent

du jour et de la nuit

te retrouver pour invoquer le limon de l’asile

te retrouver dans le bercail du soleil

même dans la veste d’intérieur

que froisse la brume, j’irai te concevoir

jusque dans les racines de l’espérance

j’irai te palper au vent de fer-blanc rétameur

palper la pulpe chaude de ton corps

comme une gousse qui tombe un soir

ô latérite

au cœur des falaises ardentes de ma soif



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regarder l’aube

qui naît et apporte un surcroît d’écume

à la proue de notre vie

sous la jupe de l’asile

je réalise ce que montre

l’émail translucide du temps

pour m’éloigner du cauchemar des reliefs

nul ne sait d’où monte l’ouragan de l’infâme

nul ne sait quand l’espérance pavoisera le monde

je ne sais par quel sentier de l’humanité

atteindre l’humus de l’espérance

mais je la cherche maintenant

dans la mémoire de l’outre

pour en rallumer les étincelles

jusqu’à la lisière de la mer

je la cherche encore

au large détour d’une rivière séculaire

pour marquer la malice féconde

de ceux qui tortillent le soleil

sur les sentiers de la mémoire



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au creux du silence

je transmue en commencement l’espace

me voici au seuil de l’asile

qui ne s’oublie point

me voici à la bordure de l’abysse

qui sonde le rêve de tous les hommes

vivre intensément en son sein

l’obscurité du jour

en moissonner les mots

dans le ventre de la jarre native

comme l’option nécessaire

qui déliera l’orchestre de la lumière

pour consigner l’orient de la renaissance

dans notre labyrinthe quel rêve

et la semence promise à la mer

ma parole détoure le poitrail

du rêve qu’il nous faut

au large de l’épreuve

qui nous mènera à l’inverse clarté

de l’aurore

et les mots d’asile auront plus d’incandescence



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l’asile qui se fraie un chemin dans la décharge

un matin de couvre-feu

tient sa dorure de l’espérance

sous l’attelage de sa calèche je rêve

de la vie pour enluminer

les chevelures de ces âmes

qui les soirs attendent curieusement au vestibule

et moi depuis le sinciput de ma tente

je dénoue l’altitude ardente du langage

pour ceux qui fendent le ciel

je sonde l’indifférence qui vole à leurs pieds

j’amorce le portrait du vertige

d’un monde profané

de ceux qui n’ont point de retraite ici-bas

et dont les corps échappent

au registre du beau linge



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maintenant je cherche une étincelle

dans mon asile

même dans le jusant de mon sommeil

désormais je ne vois plus que ce pays exsangue

qui convoie son humus

au gibet de l’avanie

et porte son outre encline au sérail du vide

or l’envers de la pierre

nous hante aux ronces du soleil

depuis le chant de cette vie abyssale

et nous montre les brisants de cette chair d’argile

qu’arrosaient en voûtes de jets

les brumes de l’aurore



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dès que l’aurore pétrit de ses rayons mon asile

je mets pied simplement

au cœur de l’hydre du jour le plus long


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